Traduction : Tressym383

Relecture : Emiko Yure (AO3)

Résumé : Bakugo ne déteste la thérapie qu'à environ 90% par rapport à ce qu'il s'attendait.


Il savait que c'était inévitable, mais ça ne le rendait pas plus préparé à lui faire face.

"C'est quoi ce bordel, Katsuki !"

"Ravi de te voir aussi, maman." Il garda son visage neutre, la voix légère avec son manque de respect habituel, et fit de son mieux pour prétendre que ça ne l'atteignait pas. Et s'il s'approchait un peu plus d'Aizawa, ce n'était l'affaire de personne.

"Tu leur as dit que tu allais te tuer ?!" Elle criait déjà dès le départ.

"Non !"

"Je sais que t'es dramatique, mais bordel, Katsuki !"

"C'est Deku qui leur a dit ça !" il protesta désespérément.

"Mon Dieu, qu'est-ce que t'as fait au pauvre Midoriya maintenant ?!"

"Rien !"

"Alors je t'en prie, dis-moi, pour quoi tu aurais potentiellement essayé de te tuer ?" Elle écarta dramatiquement les bras. "Ta nouvelle école ne t'admire pas autant que l'ancienne ? Quelqu'un a eu une meilleure note en gym ?"

"Va te faire foutre." C'était faible, triste et semblait assez pathétique.

"Madame Bakugo." Aizawa intervint de façon presque impassible, avec juste un léger soupçon de dangerosité dans la voix.

"Eraser, ravie de vous revoir !" Mitsuki salua, son ton changeant instantanément. "Je suis tellement désolée pour mon fils, il vous cause toujours des soucis. Il était adulé dans son ancienne école, toute l'attention était sur lui alo- "

"Votre fils n'a pas fait ça pour attirer l'attention."

"Je vous demande pardon ?" Elle leva un sourcil, incrédule.

"En tant que parent, vous devez prendre cet événement au sérieux."

Bordel, personne n'avait jamais parlé à sa mère comme ça.

"Je sais que ça a l'air d'être une situation sérieuse." elle reprit. "Mais mon fils est du genre à se réveiller énervé et à commencer à crier sur sa brosse à dents. Si je prenais au sérieux tout ce pour quoi il fait des crises, c'est tout ce que je ferais tous les jours de ma vie."

Okay, ça, ça faisait mal. Parce qu'elle n'a pas tort, il sait que son tempérament est incontrôlable.

"Il a de sérieux problèmes de colère non résolus, c'est vrai." Aizawa concéda. "Mais Midoriya l'a trouvé en train de se mutiler le poignet seul, et je suis dans la profession depuis suffisamment de temps pour faire la distinction entre un caprice et quelque chose de plus profond."

Sa mère commença à le regarder avec cette étrange expression, comme si elle le voyait pour la première fois. Ou comme s'il était un potentiel imposteur, mais qu'elle n'en était pas tout à fait sûre.

"Je ne comprends pas." elle finit par déclarer. "Tu cries que tu es meilleur que tout le monde à longueur de journée, mais maintenant tu veux mourir ?"

"Pas maintenant !" il se défendit. "Bien que cette conversation m'y redonne vraiment envie."

"C'est quoi, la raison ?" elle demanda avec exaspération. Comment diable était-il censé répondre à ça ?

"Évidemment, c'est le seul moment où tu restes silencieux." Elle soupira, mais elle n'avait pas l'air d'être fâchée. Elle rapprocha une chaise et donna l'impression qu'elle… s'y intéressait vraiment. Il ne savait cependant pas quoi répondre, alors il se contenta de faire rebondir sa jambe et de triturer l'un de ses ongles. "C'est à cause de Kamino ?"

"En partie." il marmonna.

"Ils t'ont fait du mal ?" Sa voix était si douce, d'une manière qu'il n'avait pas entendu adressée à lui depuis une décennie.

"En quoi tu t'en soucis, putain ?" Sa voix est rauque alors que la colère éclate en lui, jusqu'à ce qu'elle se heurte à quelque chose d'autre. Quelque chose de plus vulnérable et qu'il méprise. "De toute façon t'as dit que c'était de ma faute s'ils m'avaient capturé !"

Il ne pouvait pas la regarder, il ne survivrait pas à une autre série de reproches s'il ne prenait pas de la distance.

"Putain." Le dégoût agacé dans son ton qu'il connaissait si bien s'effondrait. "C'est pas ce que je... merde."

Il releva finalement les yeux sur elle et elle... pleurait ? Pas tout à fait, mais presque. Elle n'était pas du genre à le faire, il avait hérité ses satanés tendances aux larmes de son père.

"D'accord." Son souffle trembla lorsqu'elle expira. Était-ce vraiment si facile ? Quelques mots d'une figure d'autorité qu'elle respectait, et tout était désormais différent ? Impossible... "Ton père a mentionné bientôt aller en thérapie avec toi. Je pensais que c'était stupide parce qu'on avait déjà testé et ça n'avait rien fait, mais... J'imagine que je peux essayer d'y donner une autre chance."

Ça avait l'air horrible et terrifiant, mais il se retrouva malgré tout à répondre, "D'accord."

"Il a d'ailleurs un rendez-vous seul dans quelques minutes." Aizawa leur rappela sa présence. "Nous pouvons finir cette conversation une autre fois."

"Je peux attendre." elle répondit d'une manière effrayamment calme.

"Heureux de l'entendre."

Elle le scruta du regard, la mâchoire serrée. "Puis-je avoir un moment seule avec mon fils ?"

"Non." Aizawa répondit sans semblant d'excuse dans la voix.

"Hein ? Comment ça « non » ?"

"Il est maintenant sous protection juridique. Vous n'êtes pas autorisée à être près de lui sans la présence d'une autorité légale. Vous partirez également quand il le voudra."

Katsuki avait à peine pu admirer le visage choqué de sa mère avant qu'il ne soit escorté hors de la pièce. Sa tête tournait trop pour qu'il puisse se soucier d'où il allait.

"Est-ce que ça va ?" Aizawa demanda.

"Ça s'est trop bien passé." il répondit, confus.

"En vérité, ton rendez-vous est dans une heure, mais je pensais que tu devrais probablement avoir un peu de temps pour récupérer avant ça. De plus, tu n'as toujours pas mangé, ne pense pas que je n'ai pas remarqué."

Le petit déjeuner était étrange. Ils étaient dans un coin isolé de la salle des professeurs, qu'Aizawa avait établi comme une zone soumise à la règle du « tais-toi et dégage ». Il y avait juste quelques chaises autour d'une table basse, mais c'étaient des chaises confortables et apparemment ça valait la peine de venir s'y installer malgré les menaces et les coups de son professeur.

Il n'allait pas se laisser battre par un putain de toast.

Mais c'était si difficile de manger avec son estomac constamment noué. Quelques bouchées d'œuf, une pause. Un peu de toast, une pause.

Merde.

Pourquoi était-ce si difficile ? Ça devrait être simple de manger, bordel, une fonction humaine de base que chaque putain d'être vivant existant réussissait à faire d'une manière ou d'une autre. C'était pathétique.

"Quoi que tu penses, arrêtes ça." Aizawa commanda.

"Quoi, vous faites la putain de police des pensées maintenant ?"

"Je sais que c'est frustrant que des choses simples soient aussi difficiles à faire." Aizawa le lut comme un putain de livre ouvert. "Ça deviendra plus facile, donne-toi juste un peu de temps."

"Vous ressemblez à ces putains de posters qui disent que « ça ira mieux »." il grommela.

"Non, ça ne va pas toujours mieux- "

"C'est vraiment pas ce que vous êtes censé dire."

" -mais ça deviendra plus facile."

"Qu'est-ce que ça veut dire, même, bordel ?" Il jeta sa fourchette, qui résonna dans son assiette.

"La vie est dure, ça ne va pas changer parce que tu grandis. Tu vas encore devoir faire face à beaucoup de conneries." Aizawa élabora. "Mais tu finiras par mieux les gérer. Tu apprendras à vivre avec tout ce qui craint dans la vie et ça finira peut-être par ne plus te déranger autant."

"J'imagine que ça fait sens." Il se renfrogna devant son assiette, souhaitant que ça devienne putain de plus facile maintenant, s'il-vous-plaît.

"Bakugo." Aizawa l'appela d'un ton autoritaire, comme s'ils se préparaient pour une mission d'entraînement. "Tu peux le faire."


Lorsque Bakugo s'assit face à Six, la lueur autour de lui prit les couleurs d'un hématome. Un rouge intense se battait avec des bruns, des mauves et des bleus plus soutenus pour la domination. Il contrastait douloureusement dans la pièce presque vide que Six avait empruntée pour son bureau actuel.

"Tu vas détester ça." elle l'informa sans détours. "Mais les questionnaires sont un bon point de départ, ils permettent d'en savoir un peu plus sur ce à quoi nous avons affaire."

La feuille qu'elle lui donna avait l'inscription PHQ-9* en haut -il n'avait aucune idée de ce que ce truc pouvait bien dire et s'en fichait de toute façon- et présentait des questions avec quatre options de réponse :

1. Jamais

2. Plusieurs jours

3. Plus de la moitié du temps

4. Presque tous les jours

Au cours des deux dernières semaines, avez-vous expérimenté les problèmes suivants :

Peu d'intérêt ou de plaisir à faire les choses ?

Peut-être ? Un quatre avait l'air trop exagéré, ce n'était pas aussi grave, mais il ne voulait pas exister au moins cinquante pour cent du temps. Alors un trois ?

Un sentiment de tristesse, de déprime, ou de désespoir ?

C'était l'unique fois où il avait paniqué et pensé que tout était sans espoir. Il ne se sentait pas bien la plupart du temps récemment, mais le désespoir semblait être une exagération. Zéro.

Des difficultés à s'endormir, rester endormi, ou le fait de trop dormir ?

D'accord, très bien, c'était un quatre.

De la fatigue ou un manque d'énergie ?

Seulement le matin jusqu'à ce qu'il se traîne hors du lit. Puis de nouveau lorsqu'il prenait une pause pour le déjeuner... Grosso-modo, seulement s'il s'arrêtait de bouger assez longtemps pour perdre son élan. Deux.

Peu d'appétit ou trop d'appétit ?

...Quatre.

Une mauvaise perception de soi, l'impression d'être un échec ou de ne pas avoir satisfait ses propres attentes ou celles de sa famille ?

"C'est stupide, putain !" Le papier explosa.

"Quelle question a suscité cette réaction ?"

"Eh bien, le numéro six a le don de me faire chier aujourd'hui !"

"Je vois." Elle attrapa un morceau brûlé qui retombait doucement à côté d'elle, apparemment encore lisible. "On dirait que tu as du mal à dormir ?"

"Ouais, et alors ?" il grogna.

"Le problème est-il de s'endormir ou de rester endormi ?"

"...Les deux."

"À cause de cauchemars ?"

"C'est pas vos putains d'affaires."

"Bakugo, pour que cette thérapie puisse aider, tu dois accepter que tes pensées et tes émotions sont mes affaires." Elle lissa le bout de papier. "Tu n'as pas l'air de manger non plus. Recovery Girl m'a mentionné que c'était un problème."

Il détestait ça.

"J'ai pas besoin de vous pour lister tout ce qui va pas chez moi ! Je le sais déjà putain, d'accord ?" Il était sur ses pieds, tremblant de rage. "Je suis tombé tellement bas que je peux plus me relever. Cet idiot de Deku était rien et maintenant il a prit de l'avance, putain ! Et peu importe ce que je fais ou à quel point j'essaye, j'arrive pas à le rattraper !"

"En quoi penses-tu avoir pris du retard ?" elle demanda calmement.

"Absolument... tout ! J'ai paniqué à l'entraînement. Je me souviens pas de la moitié des cours auxquels je vais. Et ma mère est sur mon dos à cause de mes putains de notes."

"Que se passe-t-il avec tes notes ?"

"J'ai juste eu quelques semaines de merdes." il se défendit instinctivement. "Mais je vais consacrer plus de temps à réviser pour les améliorer avant la fin du semestre."

"Tu as mal compris ma question." Elle secoua la tête avec ce regard frustrant, comme s'il manquait un point essentiel. Je ne suis pas débile, putain. "J'ai vu tes notes et elles sont bien, elles ne sont juste pas typiques de celles que tu peux avoir habituellement. Je veux savoir ce qui a causé ce changement."

Il lui lança un regard incrédule.

"Si tu as besoin de temps libre pour prendre soin de toi, il n'y a pas de soucis." elle assura. "On trouvera avec Aizawa un moyen de s'arranger si tu as besoin de manquer un peu de cours. Mais si tu as du mal à te concentrer, c'est un problème que nous devons résoudre ici."

Bakugo traversa une série d'émotions, allant de la suspicion à la confusion.

"Tu es très focalisé sur le fait de corriger tes performances." Six observa. "Je pense que tu sous-estimes à quel point tes capacités quotidiennes sont affectées par la façon dont tu te sens. Je sais que donner la priorité à tes sentiments n'est pas quelque chose auquel tu es habitué, mais pour le moment, prendre soin de ceux-ci est le moyen le plus efficace de te redonner des notes optimales."

"Mais pourquoi ma tête fait ça ?!" Il donna un coup de pied dans son bureau avec un grognement frustré. "C'est débile, putain !"

"Eh bien, pense à la façon dont tu surmontes des expériences traumatisantes." Elle ajusta le bureau vers l'endroit où il avait heurté son genou sans rompre leur contact visuel. "Lorsque tu es dans une situation stressante dont tu ne peux pas sortir, rompre tes sens et tes émotions te permet de la supporter plus facilement. Plutôt que de gaspiller de l'énergie dans un choix entre le combat ou la fuite en permanence, ton esprit et ton corps s'éteignent. C'est un mécanisme de défense pratique. Le problème, c'est qu'une fois que ton cerveau apprend à éviter le stress de cette façon, il se dissocie même quand tu ne veux pas qu'il le fasse."

"Comment faire en sorte que ça s'arrête ?" il demanda désespérément.

"Tu dois te laisser exister ici. Expérimenter ce que tu ressens en ce moment, dans le présent, et faire avec au lieu de tout refouler."

"Mais comment ?"

"Eh bien, essayons." Elle se recala dans le fond de son siège et jeta son bloc-notes sur le bureau désormais vraiment de travers. "Qu'est-ce que tu ressens en ce moment ? Je parle physiquement. Des bruits, des textures, une crampe étrange aux jambes... tout."

"Mes épaules me font mal." il réalisa. "Ma mâchoire aussi. Et ma tête."

"Ce sont tous des endroits communs où le stress se manifeste sous forme de douleur. Quoi d'autre ?"

"Il fait trop chaud ici."

"Je peux ouvrir une fenêtre." Elle se leva et alla faire glisser la vitre pour laisser entrer une brise fraîche.

"J'ai la nausée, tout le temps." Sa gorge se serra si soudainement qu'il n'eut même pas le temps d'essayer de se contrôler. "Et je suis fatigué."

"Eh bien, pas étonnant que tu sois autant sur tes gardes. Tu te sens terriblement mal."

"Et cette thérapie est censé m'aider ?"

"On ne peut pas traiter le problème si on ne sait pas ce qui ne va pas." elle raisonna. "Tu n'as qu'à considérer tout ça comme une sorte d'investigation."

"Je déteste me sentir comme ça." Il se laissa finalement retomber dans son fauteuil. "Je veux juste que ça s'arrête."

"C'est l'objectif." Six affirma avec sympathie. "Mais la seule manière de l'atteindre est d'y faire face."

"Horrible."

"Tu penses pouvoir essayer de faire un autre questionnaire pour moi ? Et si tu te sens vraiment généreux, de ne pas faire exploser celui-ci."

"« De ne pas faire exploser celui-ci »." il se moqua avec une voix de tête. Il prit le papier en mains, avec un porte-document cette fois pour inciter à sa survie. Au moins, les réponses étaient juste oui ou non cette fois-ci.

Souvenirs ou rêves répétés et angoissants. Oui.

Se comporte ou se sent comme si l'événement se reproduisait (flashbacks ou sentiment de le revivre). Oui.

Détresse physique et/ou émotionnelle intense lorsque je suis exposé à des éléments qui me rappellent l'événement. Oui.

Ça puait et il n'aimait pas où ça allait.

Évite les pensées, les sentiments ou les conversations à ce sujet. Oui.

Évite les activités, les lieux ou les personnes qui le rappellent.

Alors quoi, putain ? Qui n'évitait pas ce qui craignait ?

Manque de souvenirs importants concernant l'événement.

Putain, il n'y avait même jamais pensé jusqu'à présent. Il y avait définitivement des choses dont il ne se souvenait pas, mais d'autres facteurs étaient à prendre en compte, et ce n'était pas comme s'il essayait de s'en souvenir de toute façon.

Pensées négatives sur soi-même, les autres, le monde et sur la cause ou les conséquences de l'événement.

C'était censé signifier quoi, bordel ? C'était évident qu'il y pensait négativement, il avait été enlevé et pire. Était-il censé se comporter comme si tout n'était que soleil et arcs-en-ciel, putain ?

Se sent détaché des autres.

...Peut-être ? Il ne se souvenait pas se sentir proche de qui que ce soit à la base, alors peut-être qu'il était juste comme ça naturellement. Mais il se sentait plus seul que d'habitude lorsqu'il était entouré, alors peut-être.

Incapacité à ressentir des émotions positives.

Que ce quiz aille se faire voir.

État émotionnel négatif persistant.

Tu viens juste de me le demander, bordel !

Problèmes de sommeil. Oui.

Irritabilité ou excès de colère.

Okay, il n'était pas vraiment une personne réfléchie, mais il n'était pas stupide.

Comportement imprudent ou autodestructeur.

...Peut-être un peu.

Problèmes de concentration.

Y avait-il un rapport avec le reste ?

Se sent « sur ses gardes ». Oui.

A des réactions de surprise exagérées. Putain, oui, c'était le cas.

Il jeta le porte-document sur les genoux de Six. Elle regarda ses réponses et il détesta l'expression de pitié qui se forma dans ses yeux.

"Vous voulez dire quelque chose, Mood Ring ?" il défia.

"Je voulais juste avoir des réponses objectives pour confirmer ce que je soupçonnais déjà."

"Et qu'est-ce que c'est ?" Il plaça le plus d'agressivité possible dans ces cinq mots.

"Tu as un syndrome de stress post-traumatique, un SSPT*."

Merde.

Une partie de lui s'était déjà demandée si ses cauchemars et sa panique étaient en lien avec quelque chose, mais n'était-ce pas un peu... exagéré ? Il n'avait pas vécu l'Irak et les vilains ne l'avaient pas torturé ou quoi que ce soit.

"Venant de quoi ?!" il demanda avec incertitude.

"Je pense que tu es le mieux placé pour répondre à ça, Bakugo. Tu es celui qui est dans ta tête, pas moi." elle lui rappela. "À quoi pensais-tu quand tu répondais à ces questions ?"

"À plusieurs choses." il grogna.

"Un traumatisme répété nous rend plus susceptible de développer un SSPT." elle acquiesça, comme si toute la merde croulant autour de sa tête prenait tout son sens. "Ton corps et ton esprit ont appris que ça pouvait se reproduire et réagissent de manière excessive à des situations sans risques parce que tu n'es pas capable de croire que ton environnement peut véritablement l'être."

"On s'entraîne pour devenir des héros. Bien-sûr que toute cette merde n'est pas sans risques !"

"Ton esprit ne peut pas considérer être en danger aussi longtemps, il finit par se surmener. Aussi, la surutilisation de ta réponse au stress rend son fonctionnement plus difficile."

"Cette thérapie va vraiment m'aider à redevenir le meilleur dans tous les domaines ?" il demanda, suspicieux.

"Comme je l'ai dit, le seul moyen d'en sortir est d'y faire face."


•* PHQ-9 : Patient Health Questionnaire. Questionnaire en neuf questions donné aux patients en milieu de soins primaires pour dépister la présence et la gravité d'une dépression.

•*SSPT : Le terme anglais vous est peut-être plus familier (PTSD : Post-Traumatic Stress Disorder).