Traduction : Tressym383
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Résumé : Nakamura passe une journée en ville avec les garçons.
NAO : Ce chapitre-là est assez court aussi. À l'origine, il ne devait faire qu'un avec le précédent, mais les choses m'ont un peu échappé.
"Eiji !" Sa mère l'enlaça dans une étreinte serrée. Elle n'était pas imposante, mais elle était forte et pouvait le soulever du sol aussi facilement qu'il le pouvait pour elle.
"M'man, tu m'as vu il y a pas longtemps !" il rit.
"C'était il y a plusieurs jours !" elle pleurnicha. "Genre, au moins trois."
"Merci de faire ça." il reprit plus calmement.
"Pas de ça." Elle lui ébouriffa les cheveux par habitude mais regretta aussitôt d'avoir collé ses doigts dans les pics de gel. "Je suis là parce que je veux l'être- Oh mon Dieu, ce truc a une texture horrible, tu mets ça sur ta tête tous les jours ?!"
"Je souffre pour la beauté, m'man." il ricana.
"Tu es très mignon." Elle lui pinça vicieusement la joue. "C'est juste toi et moi aujourd'hui ?"
"Bakugo m'a dit qu'il viendrait." il informa, à la fois heureux et nerveux.
"C'est super." Son expression espiègle se changea en quelque chose de plus doux. Chaleureux. "T'es un bon ami, mon fils, tu sais ?"
Il haussa les épaules.
"Nan, tu l'es, et je continuerai à le dire jusqu'à ce que tu le crois." elle insista.
"T'as parlé de lui à Nanako ?"
"Oui. J'espère que ça ne te dérange pas ?"
"Elle... Elle peut pas divulguer quoi que ce soit, hein ?"
"C'est une gardienne de secrets professionnelle." elle confirma. "Sortir avec une pédopsychiatre a ses avantages. Et puis je ne lui ai pas mentionné son nom."
"Elle a dit quoi ?" il demanda avec espoir. Peut-être qu'une professionnelle pourrait lui donner quelques conseils sur la façon de gérer quelque chose d'aussi sérieux.
"J'ai peur qu'il n'y ait pas vraiment de remède miracle à ça, mon cœur." Elle lui serra l'épaule. "Il faut beaucoup de temps et de patience pour aller mieux."
"J'ai juste peur que ça s'aggrave au lieu que ça s'améliore." il admit avec crainte.
"Une guérison n'est pas linéaire." elle le rassura. "Tu te rappelles de la période où j'étais triste après avoir quitté ton père ? Parfois j'allais très bien pendant un moment, puis j'avais une très mauvaise journée. Mais cette très mauvaise journée ne signifiait pas pour autant que je ne m'améliorais pas dans l'ensemble. Les cerveaux, c'est compliqué. Ne te laisse pas trop abattre par les aléas."
Lorsque Bakugo les rejoignit, il avait l'air mieux. Pas bien, vraiment, mais un peu plus détendu qu'il ne l'était depuis des semaines. Kirishima avait oublié les problèmes médiatiques du blond avant de remarquer son bonnet noir uni et son sweatshirt gris. Il pensait que l'intérêt public envers Bakugo s'était calmé, mais celui-ci privilégiait aussi beaucoup les sweats ces derniers temps, donc il ne pouvait pas vraiment être sûr de la véritable raison.
"Baku-cheri !" Nakamura s'exclama. "Contente de te revoir."
"Mon Dieu, c'est vraiment votre fils." Bakugo grommela, un sourire ironique glissant sur ses lèvres à sa remarque.
"J'ai essayé de planifier la journée. Mais hélas, je suis une fille de la campagne et je ne suis vraiment pas douée pour faire correspondre les horaires des différents métros, donc n'hésites surtout pas à modifier." Elle lui tendit une feuille de notes griffonnées qui ressemblaient vaguement à un tableau d'horaires et de lieux.
"Todashi est surcoté." il déclara. "Et je vous assure que vous voulez pas être près du quartier commerçant pendant les heures de pointe. Et ça c'est dans le quartier Est de la ville, c'est à l'opposé de votre hôtel et vous voulez pas non plus y être après la tombée de la nuit. Punaise, j'ai besoin d'un stylo."
"Partagez vos connaissances, grand maître." Elle lui sortit un stylo de son sac à main.
"On va d'abord aller à Market Square." il annonça. "Puis on ira au quartier commerçant après vers treize heures, mais comptez pas du tout sur moi pour vous emmener dans le quartier Est, les campagnards."
"Oui, monsieur." elle ricana.
Alors que Bakugo menait le chemin vers la station de métro, Kirishima se pencha pour chuchoter. "Est-ce que t'as fait exprès de faire un planning médiocre ?"
"Je ne sais pas de quoi tu parles." elle feignit l'ignorance en affichant un itinéraire parfaitement raisonnable et bien organisé sur son téléphone pour le supprimer.
"Merci m'man."
Market Square abritait la bibliothèque la plus cool que Kirishima ait jamais vue. Il s'était attendu à un bâtiment avec quelques livres, mais avait à la place tout un centre multimédia sur sept étages. Les niveaux supérieurs étaient bordés de balcons emplis de plantes et jardins, tandis que le sol sur lequel ils se trouvaient était entièrement rouge, des fontaines aux poignées de portes.
"Est-ce que tout est codé par couleur comme ça ici ?" il demanda avec enthousiasme.
"Ouais, il y a un truc organisé sur Le Masque de la mort rouge* en ce moment."
La passerelle sur laquelle ils étaient arrivés traversait le haut plafond à ciel ouvert, les laissant suspendus dans une sorte de couloir en verre fermé.
"Oh punaise." Kirishima s'exclama alors que ses nerfs se faisaient titiller par à la perspective d'une chute mortelle. "Tu vois ça, m'man ?"
"On l'a perdu." Bakugo l'informa, lui montrant la salle rouge derrière eux.
"Partez devant, les garçons." Nakamura encouragea, regardant l'endroit où le sol opaque devenait transparent.
"Vous êtes pas plus haut juste parce que vous pouvez voir en dessous." Bakugo la raisonna. "Ne regardez juste pas en bas."
"Tu vois," Elle ferma les yeux. "Le problème, c'est que je ne suis pas courageuse."
"Allez, tu peux le faire m'man !" Kirishima la rejoignit et lui offrit son bras.
"Ça va être comme avec les montagnes russes, hein ?" elle prédit avec effroi. "Tu passes toujours un bon moment pendant que je tombe dans les pommes."
"Tu veux que je te porte ?" il proposa.
"Non." elle pleurnicha en enroulant ses deux bras autour du sien et enfouissant son visage contre l'arrière de son épaule. "Guide-moi juste."
Lorsque Kirishima reporta son attention devant lui, Bakugo souriait. L'expression d'un amusement qu'il ne s'autorisait qu'en privé illuminait son visage alors qu'il regardait le tableau ridicule qu'ils offraient. Quel que soit le « privilège » que tout le monde pensait qu'il avait en tant qu'acolyte de Bakugo, il avait l'air génétique.
"Je suis contente que l'un d'entre nous passe un bon moment." Nakamura releva avec un agacement simulé lorsqu'elle remarqua le sourire narquois du blond en atteignant l'autre côté.
"Où on va exactement ?" Kirishima demanda.
"Il y a un restaurant thaï qui fait du très bon curry de l'autre côté du grand pont suspendu." Bakugo répondit.
"Attends..." Nakamura coupa avec hésitation. "C'était pas ça le grand pont suspendu ?"
"Ça c'était juste un hall dans la bibliothèque." il l'informa. "Le grand pont traverse la septième avenue."
"Oh mon Dieu." Elle se cacha à nouveau dans l'épaule de son fils. "Il essaie de me tuer."
Elle accepta cette fois-ci l'offre de Kirishima et lui sauta sur le dos le temps de la traversée.
"T'es en sécurité maintenant, tu peux redescendre." il annonça.
"Alors, de quoi est fait ce curry ?" Elle trébucha un peu avant de se stabiliser à nouveau. "D'araignées et de scorpions ?"
"Seulement si vous en avez envie." Bakugo répondit avec ironie.
"Tu es une menace, Bakugo Katsuki." La plaisanterie était légère et immanquablement taquine.
"Je sais." Il se détourna avec juste un soupçon de la tristesse qui s'accrochait à lui ces dernières semaines. "Je vais nous trouver une table."
Kirishima avait à peine entamé son assiette lorsque sa mère commença à lui voler ses crevettes à la noix de coco.
"Si tu voulais une entrée, pourquoi t'en as pas commandé une ?" il se plaignit.
"Parce que j'en veux juste un peu ! En plus, ça te prépare à la vie que tu auras avec une petite copine."
"M'man- "
"Ou petit copain." elle ajouta.
"Maman !"
"On ne juge personne dans la famille."
"Est-ce que Nanako vole ta nourriture ?"
"Non." elle admit. "Mais elle ne se plaint jamais quand je vole la sienne."
"Tu devrais l'emmener la prochaine fois." il conclut. "C'est une victime plus consentante."
"Et toi, Bakugo ?" Elle glissa une main au dessus des mystérieux nuggets que le blond mangeait.
"Je vous assure que c'est pas ce que vous voulez faire." il avertit.
Elle le regarda droit dans les yeux alors qu'elle amenait la portion à sa bouche. Après environ deux secondes de mastication, elle réalisa son erreur.
"Oh mon Dieu." Son visage commença à viré au rouge, les larmes lui montant aux yeux. "Oh punaise, tu prends plaisir à manger ça ?!"
"Il t'avait prévenu." Kirishima ricana. "Bakugo aime les plats qui donnent l'impression de manger du verre pilé chauffé."
"Je vais mourir." Elle tapota une serviette sous ses yeux avant de se moucher.
Elle commanda un curry aussi doux que ceux des occidentaux après ça.
"C'est tout ce que tu manges, Bakugo ?" elle demanda alors qu'il continuait à picorer son entrée, refusant un véritable plat.
"J'ai mangé avant qu'on parte."
C'était vrai. Ils ne devraient probablement pas le pousser plus alors qu'il dépassait déjà leurs attentes.
"Eh bien, je vais commander quelque chose à emporter au cas où tu changerais d'avis." Elle reporta son attention sur le menu. "Qu'est-ce que tu aimes ?"
"Ça va." il insista, irrité.
"T'inquiète pas, elle en volera la moitié de toute façon." Kirishima plaisanta, gagnant un léger coup de coude dans les côtes de sa mère. Alors que Bakugo faisait son choix à contrecœur parmi les compléments, la télévision au coin de la pièce attira l'attention du carmin lorsqu'il reconnu le nom de « Yamamoto Haruki ». Le son était coupé, alors il le tapa sur son téléphone sous la table.
Un garçon disparu retrouvé et amené en urgence à l'hôpital.
10/12 22:45
Yamamoto Haruki a été retrouvé sous-alimenté et gravement déshydraté, au point d'hallucinations et de pertes de conscience.
Il se souvint de l'observation d'Aizawa sur le lien entre les dynamiques familiales et les cas de personnes disparues et grimaça.
"Donc vous dites que j'étais un enfant très kidnappable ?"
Ce qu'il avait vécu avec son père avait été difficile, mais il se sentait tellement gâté à côté de Bakugo, Todoroki et Kaminari. Le sentiment de stabilité et de sécurité que sa mère lui procurait, qu'il avait longtemps tenu pour acquis, était pour eux un concept oublié. Il devrait penser à aussi inviter Kaminari lors d'une prochaine sortie avec mère. Il méritait l'expérience de se sentir véritablement en sécurité et chouchouté, même si c'était juste pour une journée.
Un trajet en métro plus tard, le quartier commerçant était bondé.
"T'avais pas dit que c'était un moment où il allait pas y avoir trop de monde ?" Kirishima se lamenta.
"C'est le cas. C'est le plus respirable qu'on puisse avoir."
"C'est un marché en plein air, je pensais que le fait que ce soit respirable était le principe ?!"
"Et vous vouliez aller dans le quartier Est." Bakugo se moqua, incrédule.
Kirishima s'adapta rapidement à la foule, l'attention vite attirée par les magasins, qui étaient tous tellement cools.
"Attention." Bakugo avertit, le tirant vers le bas avant qu'un poisson de dix kilos ne vole au-dessus de sa tête, envoyé d'un marchand à un autre.
"C- C'était un poisson mort volant ?"
"Tu dois regarder où tu vas, idiot." il réprimanda. "Les choses s'arrêtent pas juste parce que tu sais pas ce que tu fais."
"Oh mon Dieu !"
Kirishima se retourna au son de la voix horrifiée de sa mère. Elle était environ quatre mètres derrière eux, les yeux fixés sur un mur de briques.
"Comment ont-ils même pu en mettre jusque là ?"
Des chewing-gums parsemaient le mur dans des dizaines de couleurs différentes, jusqu'à trois mètres de hauteur.
"Whoa." il s'émerveilla.
"C'est dégoûtant." sa mère ajouta d'un air impressionné.
"C'est juste des chewing-gums sur un mur." Bakugo leva les yeux au ciel. "Les gens font ce genre de trucs bizarres."
Kirishima était sur le point de répondre lorsqu'un inconnu bouscula Bakugo en passant. Il s'attendait à des cris colériques du style « regarde où tu vas putain », mais à la place, Bakugo tressaillit et siffla entre ses dents.
L'aspect cool du marché commença à s'estomper alors qu'il regardait les épaules tendues de Bakugo s'éloigner d'un nouveau contact qui semblait inévitable. Une rue et demie plus loin, il en avait assez.
"Désolé, Bakugo, je suis vraiment pas un gars de la ville." il attira son attention. "Il y a un peu trop de monde pour moi. Tu penses qu'on peut y aller ?"
"Peu importe." Il haussa les épaules, essayant sans succès de cacher son soulagement. "C'est votre journée, moi je vis ici."
La baie n'était qu'à deux arrêts. Un large chemin de pierres entourait les quais et offrait un espace où se poser entre le centre des sciences, le musée historique et l'aquarium.
"Vous vouliez aller quelque part, les garçons ?" Nakamura demanda avec hésitation.
"C'est assez cher, m'man."
"Je sais." Elle s'affaissa un peu en soupirant. "Mais bon, si vous- "
"Je connais déjà tout." Bakugo l'interrompit. "On reviendra une autre fois."
"D'accord." Elle sourit doucement, appréciant la porte de sortie. "Puisque tu es l'expert ici, est-ce que faire un petit tour autour de la baie à la place vaudrait le coup ?"
"Il y a pas grand chose à voir." il déclara, avant de se lancer dans une explication détaillée de l'histoire et de la fonction des quais. Kirishima essaya de suivre la conversation, mais sa mère était une bien meilleure auditrice. À la place, il respira l'air de l'océan et faillit pleurer lorsqu'il se rendit compte qu'il ressentait quelque chose qui s'apparentait à de la paix.
Ils s'arrêtèrent finalement dans une petite échoppe qui vendait à la commande des glaces à l'italienne avec d'étranges spatules. Encore une fois, il fut le seul à regarder la télévision. Le texte en bas de l'écran informait que Yamamoto s'était réveillé après douze heures passées sous perfusions intraveineuses, mais ne parlait pas beaucoup. Il ne voulait pas gâcher l'ambiance, alors il garda ses interrogations pour lui-même. Il n'arrivait cependant pas à se sortir de la tête l'étrange citation.
« Les humains sont composé à quatre-vingt pour cents d'eau. »
•*Le Masque de la mort rouge : nouvelle fantastique d'Edgar Allan Poe parut en 1842. (Une histoire qui semble un peu lugubre sur un prince Italien qui terrorise et humilie ses paysans au Moyen-Âge avant de donner un bal aux événements glauques et étranges chez lui).
NAO : Je n'ai jamais été au Japon, je n'ai même pas de passeport à vrai dire, donc je modélise Musutafu selon des villes Américaines que je connais vraiment.
Le système de métro est à peu près celui de New York (en particulier celui de Manhattan, Chealse et Brooklyn), avec un réseau de métro plus superficiel et étalé vers là où habite Kirishima, comme il l'est à Newark (banlieue de NY) et à Philadesphie. Market square et le quartier commerçant sont comme Seattle parce que c'est sur l'eau, comme Tôkyô, et en plus c'est super asiatique. La baie viens de ce que je me souviens de Inner Harbor à Baltimore, avec une touche du centre ville de Philadelphie. Le quartier Est de la ville n'a pas été exploré dans ce chapitre parce que c'est un chapitre joyeux, bordel, mais je l'imagine selon les quartiers Est de Pittsburgh et les quartiers Sud de Chicago.
