Traduction : Tressym383
Relecture : Emiko Yure (AO3)
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Résumé : Bakugo reprend l'entraînement avec une aide inattendue.
NP : J'ai enfin traduis tous vos commentaire pour l'auteur, NotWithThatAttitude (AO3). Ils lui ont tous fait beaucoup plaisir, il est vraiment content que l'histoire ait une sorte de deuxième vie dans une autre langue et qu'elle plaise aussi dans celle-ci ! Je le redis, mais n'hésitez jamais à commenter (même si vous le faites pour la première fois au chapitre 40 ou autre, c'est jamais trop tard, et même si vous avez déjà commenté les 10 précédents chapitres, vous n'êtes pas lourds), que ce soit sur cette fic ou sur une autre. Le pouvoir que ça a sur l'humeur et la motivation de l'auteur ou du traducteur et les personnes qui les aides est immense.
NAO : Beaucoup de personnes m'ont demandé comment je faisais pour écrire aussi vite, et honnêtement... la réponse est que je suis putain d'obsédé. Je pense aux intrigues pendant mes tâches quotidiennes, quand je compte les médicaments au boulot par exemple, et je note toutes les idées pendant mes pauses. En général je me demande ce que j'aimerais lire pour savoir vers où diriger l'intrigue. Après je mets à jour AO3 et y voit tous les kudos et commentaires et mon cerveau est juste en mode « HOLY SHIT, DOPAMINE ». Et pour finir je transforme mes notes en chapitre avant d'aller me coucher.
Bakugo ne fut pas surpris lorsque la bande de nerds l'attendit à nouveau avec le petit déjeuner, bien que plus simple que la dernière fois. Bacon et crêpes à l'américaine, c'était définitivement l'idée de Kirishima.
"Vous avez réussi à vous débrouiller par vous-mêmes deux jours de suite ?" il railla. "Je suis impressionné."
"Haha, ferme-la juste et mange." Kaminari lui poussa une assiette devant lui.
"On dirait que Bakugo déteint sur toi sur plusieurs aspects." Jiro plaisanta.
Jiro.
Son existence même le stressait. Elle était si calme et modeste, mais elle savait tout. Il n'était même pas certain qu'elle ait besoin d'utiliser son alter la moitié du temps, les gens lui faisaient simplement confiance ou oubliaient juste qu'elle était là. Ajoutez à ça sa super audition et Jiro savait tout sur tout le monde. Il ne pouvait même pas en être énervé parce qu'elle n'avait jamais relégué des potins. On lui disait juste quelque chose, n'importe quoi, et elle répondait, « Ouais, je sais ».
Qu'est-ce que tu sais, exactement ?
Était-ce vraiment important si elle ne le disait à personne ?
Oui, ça l'est.
"Nah, ça c'était pas Bakugo." Kaminari nia. "C'était plutôt mon père. Bakugo serait plus du genre, « Tu le veux ou pas, espèce de merde ?! »."
"Exact." il confirma.
C'est vrai, le père merdique de Kaminari existait. Il voulait interroger Pikachu sur leurs expériences communes, mais... comment ? Il n'avait pas l'habitude de bavarder de manière si naturelle. Ça ne pouvait pas être aussi simple, si ?
Sa chance vint lorsque Kaminari s'installa avec sa propre assiette à ses côtés, à une distance décente et en face des autres.
"Hey, Duracell." Il pouvait le faire, il suffisait juste d'inhaler de l'air et faire sortir des mots du trou de son visage. "Quand ton père t'oubliait... Est-ce que quelqu'un en a déjà profité pour t'emmerder ?"
"Pas vraiment." il répondit, avant d'y réfléchir un peu plus. "Enfin, un peu, j'imagine. Une fois j'ai dit à un type que j'attendais mon père et il voulait vraiment pas me laisser tranquille."
Dieu merci, c'est facile de parler avec lui.
"Il arrêtait pas de dire des trucs du style, « Je pense pas que ton papa va revenir » et il a proposé de me « ramener ». J'avais peur qu'il fasse quelque chose donc j'ai laissé tombé et j'ai marché six kilomètres jusqu'au métro juste pour m'éloigner de lui. D'autres m'ont déjà proposé des médocs suspects, mais ça a jamais été au-delà."
"C'est putain d'embarrassant." Bakugo grimaça, repoussant ses propres souvenirs. "D'être en galère comme ça."
"Ouais, carrément." Kaminari acquiesça. "C'est aussi tellement injuste, c'est pas comme si on avait choisi d'être là."
"Ouais, c'est sûr."
"Est-ce que tu le lui as déjà reproché ?"
"Bakugo." La voix le sortit de ses pensées.
"Qu'est-ce que tu veux, Double face ?"
"S'entraîner." il répondit simplement. "Être le numéro un de la classe est lassant sans le numéro deux dans les parages. En plus, tu ne veux pas te rouiller, n'est-ce pas ?"
"Je vais t'exploser !"
Il voyait l'intention cachée derrière la provocation. Todoroki le faisait définitivement pour lui, mais il pouvait au moins faire semblant de ne pas le savoir. Lorsqu'ils atteignirent le terrain d'entraînement, son opposant... resta planté là où il était.
"Allez, Le bicolore, j'ai pas toute la journée."
"Si." il fit remarquer, ce à quoi Bakugo ne pu que grogner.
"Ramène-toi, bordel !"
"Pas encore."
"Putain, tu m'as trainé ici pour m'ennuyer jusqu'à ce que mort s'en suive ou quoi ?"
"Avant, j'ai besoin de savoir. Quels sont tes déclencheurs ?"
"Va te faire voir !" il cria pour toute réponse. Il était sur le point de s'en aller en vitesse lorsque Todoroki reprit la parole dans son dos.
"Les miens sont l'eau chaude, les utilisateurs de feu et à peu près tout ce qui me vient au visage."
Il s'arrêta net.
"Je suis également en difficultés face à des adversaires masculins plus âgés, en particulier ceux qui ont un avantage significatif au niveau de la taille."
Oh bordel.
"Tu m'es difficile à combattre." Todoroki continua sa confession avec une honnêteté crue et douloureuse. "Ton fort tempérament et ta nature passionnée, combinés à un alter produisant de la chaleur et du feu, me rappellent inconfortablement Endeavor."
"Alors pourquoi je suis là ?" il grommela.
"Parce que plus je te ferai face, moins je serai effrayé."
…Merde.
De la même manière que Momo comprenait sa honte et ses regrets, Todoroki comprenait sa peur. La terreur profonde qui surgissait sans préavis le tourmentait lui aussi.
Oh, putain.
La chambre de Todoroki est à côté de celle de Sero.
"Qu'est-ce que t'as entendu ?" il exigea.
"Tu n'es pas la première personne à réveiller Sero avec ses cauchemars. Ou en brûlant des draps, même."
Bordel. Il ne pouvait pas être sur la défensive quand tout ce qui le faisait se sentir vulnérable était quelque chose que Todoroki avait aussi personnellement vécu. Mais ça lui semblait dangereux, d'avoir des cicatrices aussi profondes à l'air libre.
"M'agrippe pas et me plaque juste pas au sol." il répondit finalement. Todoroki hocha la tête, comme s'il comprenait vraiment. Tout était tellement bizarre ce week-end.
Il se propulsa sur son adversaire et plaça rapidement ses mains en direction du sol pour esquiver le mur de glace en formation et en envoyer quelques morceaux vers Double face au passage.
Dans les airs, visant plus bas-
Les flammes s'éteignent alors que le chagrin et la peur prennent le pas sur la détermination. Il allait gagner, mais il ne voulait pas que ce soit de cette façon.
-il recula.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?" Todoroki cria en glissant dans la poussière pour s'arrêter.
"Je comprends maintenant." Bakugo se reprit. "Pourquoi tu t'es arrêté à ce moment là."
"Je suis désolé que ce soit quelque chose que tu comprennes." il répondit solennellement.
"Affronte-moi." il défia. "Je me retiendrai pas cette fois !"
Il leur fallu quarante-cinq minutes pour s'épuiser complètement l'un et l'autre.
"Je n'aime pas non plus être agrippé." Todoroki haleta, allongé sur le dos à côté de lui. "Mon père avait l'habitude de beaucoup me traîner par les bras, les poignets, les cheveux... Tout ce qu'il pouvait attraper."
"Ma mère aussi. Le pire, c'est que je peux rien supporter autour de mon cou. Mais ils ciblent tous que ça."
"C'est terrible." Todoroki souffla.
"Le boueux de merde me noyait et personne a rien fait à part le putain de Deku."
"Je t'ai vu être traîné à travers le portail." il lui rappela. "Moi non plus je n'aimerais pas avoir quelque chose autour de mon cou après ça."
"Ça remonte à plus loin que ça." il admit doucement.
"Je vois, tu ne parles pas d'un affrontement avec un vilain." l'autre garçon déduit.
"Pas de ceux qui passent à la télé, en tout cas." il confirma.
"Qu'est-ce qu'il a fait ?"
"Ça ferait pas mal si tu te détendais juste, putain !"
Il frotta le côté de son cou, chassant la pression fantôme.
"Le bâtard kiffait m'étrangler et faire d'autres trucs du genre. Je crois que ça l'excitait de me voir suffoquer." Stop, stop, pourquoi tout ça sortait devant Todoroki, de toutes les personnes possibles ? "Il aimait que je sois effrayé, que je pensais que j'allais crever. C'était tout un kiff de pouvoir. Il m'a pas juste ignoré et pris ce qu'il voulait, il voulait me faire mal. Et il voulait me faire plier à son volonté."
Silence.
"Mon Dieu." Todoroki, le riche adolescent modèle, jurait rarement. Ce fut tellement inattendu que Bakugo faillit éclater de rire. "Bakugo, je- Je suis vraiment désolé."
Les endorphines causées par le combat atténuaient la panique qu'il s'attendait à ressentir après en avoir autant dit à haute voix.
"Ça craint, ouais." Il se sentait un peu étourdi et il n'arrivait pas vraiment à savoir si c'était dû à leur affrontement ou à ce qu'il avait confié. Il y avait une déconnexion étrange entre sa mémoire sensorielle, qui était généralement écrasante, et la conversation désinvolte qu'il tenait. "Je sais pas pourquoi je te dis ça. J'en avais jamais parlé avant, bordel."
"Nos esprits sont peut-être liés ?" Todoroki proposa.
"Qu'est-ce que j'en sais." Il se rassit, posant un bras sur son genou. "Quand je suis en thérapie, comprendre des choses sur mes parents donne au moins l'impression que ça pourrait aller quelque part. C'est bizarre que ce taré random ait autant foutu en l'air ma vie alors que je l'ai rencontré qu'une fois dans celle-ci."
"Ça doit être difficile. Personnellement je n'arrivais pas à réaliser ce qu'il s'était passé avec ma mère jusqu'à ce que je la revoie à l'hôpital. Pendant toutes ces années, j'avais peur qu'elle me regarde avec haine et veuille encore me faire du mal. Il s'est avéré que rien n'était effrayant comme je l'avais imaginé." Il se redressa sur ses coudes, regardant Bakugo comme si rien d'autre au monde n'existait. "Il y a peu de chance que ça se finisse ainsi avec ce qui t'es arrivé."
Bakugo haussa les épaules, mal à l'aise.
"C'est tellement éloigné du reste de ma vie. J'aurais aimé pouvoir juste... supprimer tout ça de ma tête. Ça serait comme si c'était pas arrivé. Des fois je me demande si j'y pense pas un peu trop et empire les choses."
"Tu ne peux pas juste ignorer un traumatisme jusqu'à ce qu'il disparaisse." Todoroki contesta.
"Pas avec cet état d'esprit, c'est sûr." il rétorqua avec ironie.
"En parler est un bon début. Tu devrais être fier de toi pour ça."
"Tais-toi." il grommela, pas prêt à être aussi niais à ce sujet. "Je suis venu ici pour me battre."
"Reprenons ça demain, alors. Tu seras là à l'entraînement ?"
"Je pense." il hésita de manière inhabituelle. La veille, il avait été submergé par l'existence de personnes qui ne l'attaquaient pas, sera-t-il vraiment capable de se battre ?
Il devait aller voir Aizawa.
Bakugo se débrouilla pour passer les cours de la matinée sans crier sur personne, ce fut donc dans l'ensemble un bon début de journée. Cette bonne humeur s'estompa cependant rapidement une fois à l'entraînement.
Si les figurants de la seconde B continuaient à le fixer, du sang allait couler. D'accord, il s'était fait évacuer du terrain et avait disparu les trois jours suivants, mais pour tout ce qu'ils savaient, il avait attrapé la putain de grippe, c'était pas censé être aussi intéressant.
"Qu'as-tu prévu ?" Aizawa lui demanda à l'écart du reste du groupe.
"J'en sais rien. Si Kirishima s'entraîne qu'avec moi, ça va l'empêcher de progresser." il considéra. "Mais si je m'entraîne pas du tout, je vais prendre du retard et… Putain, j'en sais rien !"
"Avec qui d'autre te sens-tu à l'aise ?" Aizawa questionna. Bakugo résista à l'irrésistible envie de répondre « personne ».
"Mina sait ce qu'il faut pas faire, et Momo sait... certaines choses." il avoua, le feu aux joues. "Kaminari se bat à distance, donc ça devrait aller pour lui aussi. Et... Peu importe."
"Tu vas finir cette phrase ?" Aizawa poussa.
"Double face."
"Todoroki." il traduit avec surprise. "Inattendu, mais je pense que c'est un bon choix. Les cinq peuvent tourner pour que tu n'ais pas l'impression de pénaliser l'expérience de quelqu'un."
Le duo de Bakugo et Mina était une menace. Le danger ne dépassait pas le fait d'exploser de l'acide, mais aucun des deux n'avait de véritable contrôle sur ses propres impulsions. En dix minutes à peine, ils avaient déjà déterminé la portée maximale de leur « bombe d'acide » et avaient commencé à pratiquer leur précision de tirs sur des bâtiments malchanceux.
"Okay les gars, à mon tour de détruire des trucs avec Bakugo." Kaminari annonça en arrivant.
"C'est assez apaisant, finalement." Mina informa.
"Ça va pas être aussi amusant avec moi." Kaminari soupira. "Grosso-modo, je peux juste exploser les mêmes trucs qu'un micro-ondes, donc les bâtiments sont tranquilles. Mais amène-moi du papier d'aluminium et un œuf cru, ils auront aucune idée de ce qui leur arrive."
"Tu serais capable de détruire pas mal de trucs si tu te laissais aller." Bakugo soutient. "Tu te retiens juste parce que ton contrôle sur ton alter pue la merde."
"...Merci ?"
"On est assez éloigné des autres. Alors soit pas une poule mouillée et te retiens pas !"
"Bonne chance, Kami !" Mina ricana avant de s'enfuir.
"Allez, Duracell !" Il se propulsa droit sur lui. "Montre-moi de quoi t'es capable !"
Kaminari, comme à son habitude, paniqua immédiatement. Il réussit de peu à l'esquiver.
"T'as aucune défense, alors te permets pas d'être timide !" il cria. "Prend l'initiative ou je vais te démolir !"
Kaminari roula plus loin et lâcha vers Bakugo une charge électrique, le forçant à changer de direction et prendre ses distances.
"Bien !" Bakugo encouragea frénétiquement. "Me laisse pas faire ce que je veux pour te pourchasser, sois dangereux !"
Il s'élança à nouveau, mais cette fois-ci, au lieu d'une autre esquive paniquée, Kaminari fit un pas sur le côté à la dernière seconde et relâcha une charge qui le fit chuter. Bakugo voulut le féliciter d'avoir enfin réussi à se ressaisir, mais sa bouche et le reste de son corps ne coopérèrent pas. Il perdit connaissance une seconde après le douloureux choc électrique, mais réussit à rouvrir les yeux assez rapidement.
"Punaise, Bakugo ! Je suis vraiment désolé ! Est-ce que ça va ? Oh mon Dieu, je t'ai blessé ?!"
"Je vais putain de bien, Duracell." Il se remit sur ses pieds. "C'était juste une petite décharge."
"Mon Dieu, putain, je suis désolé." Kaminari continua à divaguer.
"C'était bien." Bakugo l'ignora. "Je peux pas t'atteindre n'importe où sur le terrain si je risque de me faire électriser depuis le ciel."
"Comment Kiri et toi peuvent être comme ça ?!" il s'étonna avec un rire hystérique. "Est-ce que vous vous foutez juste d'être blessés ?!"
"C'est un risque que tu dois prendre." Il n'était rien sans dévotion. "Tu peux pas être le meilleur si t'as trop peur de repousser tes limites."
Kaminari l'étudia avec admiration. "T'es assez incroyable, tu sais ?"
"On dirait l'autre Deku quand tu parles comme cas." il grogna en réponse.
"J'avais jamais vraiment compris pourquoi Midoriya t'admirait." il continua avec honnêteté. "Mais après avoir vu à quel point t'es dévoué et ce que t'es prêt à faire pour atteindre un objectif, ça a beaucoup plus de sens."
Qu'est-ce que je suis censé répondre à ça, bordel ?
"Je vais devenir le meilleur combattant." il déclara, s'appuyant sur ce morceau de confiance toujours intacte. "C'est un peu tout ce dont je suis capable."
Cette dernière partie n'était pas censée s'échapper.
"Bakugo..."
"Bakugo !" une autre voix interrompit. Mina haleta en courant vers eux. "Tu dois voir ça !"
Tout un groupe d'élèves de leur classe était attroupé autour du téléphone d'Hagakure.
"C'est la dernière chose dont il a besoin en ce moment." Kirishima grogna.
"Est-ce que il fait référence à moi ?" Bakugo interrogea.
"Tu vas pas aimer ça." Kirishima grimaça.
L'intitulé de la vidéo était :
Drama à la journée portes ouvertes de UA
La vidéo pixelisée était floue et peu stable. Elle était peut-être difficile à déchiffrer visuellement, mais la voix de sa mère était irréfutable.
« Il a que quinze ans, putain, il a pas son mot à dire ! C'est pas lui qui va faire les règles, Masaru. Sois un putain d'homme, bordel ! »
« Je suis d'accord avec lui, après la scène que tu as fait la dernière fois que tu es venue ici. »
« Tu te fous de ma gueule ? C'est vraiment ce que tu penses ? »
« Je- »
« Alors qu'est-ce que tu vas faire pour le garder sous contrôle ? Tu vas lui bégayer dessus ? »
Il se regarda s'interposer entre ses parents et répondre à sa mère avec un détachement surréaliste. Il n'avait jamais réalisé à quel point elle était encore plus grande que lui.
« Bien-sûr. Vas-y, cache-toi derrière Katsuki comme tu l'as toujours fait. C'est pathétique ! »
"Qui a filmé ça ?!" Il essaya sans succès de garder la douleur et la panique hors de sa voix.
"Je suis désolé." Kaminari murmura.
"Qu'est-ce que t'as fait !" Il fit volte face.
"Je suis désolé !" il répéta. "Je l'avais juste envoyé à un gars de mon collège !" Il ouvrit son téléphone sur la conversation où la vidéo avait été envoyé avec la légende : C'est pas mes parents cette année !
"On parlait de la différence qu'il y avait entre le collège et le lycée." il expliqua désespérément. "Il a vu mes parents se battre lors d'une journée portes ouvertes une année et le message était juste censé être un truc du style… certaines choses ne changent jamais, tu vois ?"
"Même, à quoi tu pensais pour le filmer, bordel ?" Kirishima siffla.
"De toute évidence, à rien !" Kaminari gémit, les larmes commençant à lui monter aux yeux. "Je suis stupide, tu t'en souviens ?!"
Bakugo prit d'assaut les vestiaires, faisant exploser sur le chemin une voiture du décors avec un cri de rage. Une fois bien seul, il récupéra son téléphone. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Il fallait qu'il regarde.
La mannequin Bakugo Mitsuki accusée de violences domestiques
Une vidéo virale lève le voile sur le comportement violent du vainqueur du festival sportif de UA
Masaru et Mitsuki : Le succès de l'industrie cache un mariage qui bat de l'aile
UA, cible d'une polémique à la suite d'une vidéo datant de la journée des portes ouvertes
Il cliqua sur le dernier lien.
En enquêtant sur les accusations de négligence, notre équipe a découvert que Bakugo avait déjà été placé sous protection juridique avant que la vidéo n'apparaisse, confirmant davantage les soupçons de maltraitance physique. Jusqu'à présent, l'école n'a pas poursuivi le procès en échange de la coopération des parents. Seule la mère s'est vue interdire tout contact non supervisé pour le moment.
Une partie effrayée et enfantine de lui se sentait défendu. Comme si, après des années à être peint par sa mère comme le méchant, le monde entier s'y intéressait et décidait finalement que ce n'était pas de sa faute. La suffisance se transforma cependant en culpabilité lorsqu'il tomba sur une vidéo de sa mère prise en embuscade par des journalistes à la sortie de son bureau. La notoriété ne lui était pas inconnue alors elle put s'en échapper aisément, mais un moment fit mal.
« Est-il vrai que votre fils souffre d'une dépression nerveuse suite à son enlèvement ? »
Ça dura moins d'une seconde, mais elle s'arrêta, une expression vulnérable et douloureuse traversant son visage. Comme si elle s'en souciait vraiment. Lorsqu'il trouva un poste défendant sa mère, il fut partagé entre le soulagement et la rage.
Qu'est-ce que sont censés faire les parents lorsque leur enfant a un alter potentiellement mortel ? Vous ne pouvez pas vous permettre de le laisser se déchaîner alors qu'il pourrait vous tuer, se tuer ou tuer quelqu'un d'autre ! Les problèmes actuels de la famille Bakugo ne sont pas les conséquences habituelles de l'obéissance et du respect. Perdre le contrôle d'un enfant comme Bakugo Katsuki pourrait être mortel.
Tous ces militants semblent avoir oublié le moment où UA, une école de héros professionnels, avait dû endormir et enchaîner l'adolescent. Et vous vous attendez à ce qu'une mère gère ça avec de simples mots ?
J'aimerais vous voir, tous ceux qui critiquent, essayer de faire le job de Bakugo Mitsuki. Aucun de vous ne durerait une semaine.
Eh bien, cette dernière partie était vraie. Aucun de ces enculés ne finiraient la semaine si Bakugo leur mettait la main dessus. Ils se prenaient pour qui, bordel ? Que sa mère le frappe soit justifié ou non, ce n'était l'affaire de personne.
Mais c'était désormais l'affaire de tous. Il frappa le mur en ciment du vestiaire avec un cri frustré.
"Putain !"
