Bien le bonjour ou le bonsoir, voici très cher(e)s le chapitre que vous attendiez tant ! Je vous remercie de votre patience et de votre soutien. J'aimerai aussi vous signaler un erratum dans un de mes chapitres précédents : Alexander utilise contre Dursley le sort Bloclang, or ce n'est guère possible puisque le sort appartient au prince de sang mêlé. Ainsi imaginez donc qu'il a utilisé un simple Silencio (Dommage car ce sort est putain de classe).
Voici les nouvelles traductions (pour les autres je considère que c'est su maintenant) :
Hogwarts Express : Poudlard Express
Wrackspurt : Joncheruine
Umbridge : Ombrage
Sorting Hat : Choixpeau
Thunderbird : Oiseau-Tonnerre
Horned Serpent : Serpent Cornu
Chapitre 13 : Le nouveau professeur et la Grande Inquisitrice.
Dans un sublime manoir ancestral dans les Highlands, une voix féminine s'éleva sur un ton bébétisant résonnant désagréablement en un écho.
- Mon doudou ! Tu es où ? Tes affaires sont prêtes j'espère ! C'est la rentrée mon doudou !
Puis elle ricana, semblant s'amuser comme une folle.
A l'autre bout du manoir, un homme sirotait son thé en lisant le Daily Prophet. Il ne réagit pas au cri hystérique comme si c'était un évènement normal dans sa demeure. Ah si ! Il leva les yeux au ciel.
Un autre homme s'approcha de la source bruyante. Habillé d'une tenue sportive, short gris et débardeur blanc, sa peau laiteuse était moite de sueur. Sa respiration plus soutenue se calmait au fur et à mesure de ses pas.
- C'est moi que tu appelles comme ça ?
Alyssa se tourna vers lui, ses yeux brillant de malice et lui sauta dessus. Elle lui tira les joues.
- Oh mon doudou ! Alors cette rentrée tu la sens comment ? Oooh tu n'es pas prêt ! Allez vite !
Exaspéré par ses simagrées, Alexander recula en soupirant. Il passa une main sur les parties de son visage maltraitées.
- Bordel Aly', ne m'appelle pas comme ça ! Ça me donne envie de chier des paillettes et des arcs-en-ciel ! Franchement tu n'as pas fini de te foutre de ma gueule ?!
La vampire ricana de nouveau puis souffla pour chasser son hilarité mais ses lèvres tremblantes signifiaient qu'elle retenait difficilement un sourire goguenard.
- Bien, j'arrête… Je te cherchais car j'ai omis de t'informer d'une consigne de Mentor te concernant. J'attendais le bon moment pour me délec- enfin j'attendais le bon moment.
- T'as failli dire délecter là, non ? coupa Alex ayant un très mauvais pressentiment.
- Tu as l'infime honneur de trouver des aspirants mercenaires, annonça Alyssa triomphante.
L'albinos, déjà bien pâle au naturel, pâlit drastiquement et son regard se perdit dans les immenses vitres du couloir. Jusqu'à là il avait toujours évité cette tâche, trouvant des excuses solides.
- Je croyais que tu arrêtais les plaisanteries, dit-il d'une voix faible.
Elle posa une main qui se voulait compatissante sur l'épaule humide.
- Je suis sérieuse trésor.
Certains mercenaires adoraient cette responsabilité mais pas lui. S'installer plusieurs années dans un pays, trouver un poste qui lui permettrait de surveiller la nouvelle génération, jauger leur potentiel, caractère, forces et faiblesses. Tout ça sans que son statut ne se dévoile pour ne pas fausser le résultat. Cela voulait dire qu'il devrait rester discret même si un problème pouvait se résoudre par un « Je suis un mercenaire ma gueule, je fais ce que je veux».
- Je crois que j'ai besoin d'un café viennois…
Au 12 Grimmauld Place, les résidents entraient en effervescence. Les bagages n'étaient pas encore prêts pour la plupart et cela rendait Molly complètement folle. Le petit déjeuner terminé, elle instaura une ambiance militaire, seule Hermione en fut dispensée car prévoyante.
Puis un accident bête arriva alors qu'Harry rangeait ses nouveaux vêtements dans sa malle. Les jumeaux avaient ensorcelé leurs malles pour qu'elles volent toutes seules jusqu'au hall d'entrée et elles avaient percuté Ginny dans les escaliers. Celle-ci courrait dans ses mêmes escaliers car elle cherchait sa cape. Bref la plus jeune avait dégringolé les marches, réveillant la colère des matriarches.
- BANDE D'IDIOTS VOUS AURIEZ PU LA BLESSER GRAVEMENT…
- IMMONDES BÂTARDS, VOUS SOUILLEZ LA DEMEURE DE MES ANCÊTRES…
Sirius qui venait tout juste de pénétrer dans la chambre de son filleul pour proposer son aide inspira profondément, recherchant la moindre parcelle de calme en lui.
- Je vais détruire le mur… Oui je vais faire ça… On ne peut pas décrocher sa toile d'accord… Alors le mur va partir avec…
Sirius s'était lancé dans des travaux de rénovation après que Molly et son armée enrôlée de force aient vaincus la poussière, la crasse et les doxys. Il avait déjà retiré les tableaux sauf deux, les têtes d'elfe de maison empaillées et changé le papier peint de certaines pièces. Il bannissait avec passion les couleurs slytherin pour des tons plus chaleureux.
Une manière pour lui d'exorciser les mauvais souvenirs liés à cette maison. Ellis le lui avait suggéré quand il avait raconté son mal être d'y vivre et cela fonctionnait. Progressivement.
Harry rit discrètement devant cette réflexion qui pouvait sembler exagéré si on ne connaissait pas Walburga.
Sirius saisit sa baguette et en quelques secondes la malle était faite. Ils sortirent de la chambre celle-ci lévitant derrière eux pour rejoindre le hall d'entrée. La voix d'Alastor Maugrey atteignit leurs oreilles.
-… Podmore n'est toujours pas arrivé… Pas normal… L'escorte…
Ils croisèrent Ron qui détourna sèchement le regard. Harry souffla, voyant rouge. Son meilleur ami avait fait une jaunisse en découvrant sa garde-robe de ministre. Le jeune Potter commençait sérieusement à en avoir marre et cette fois-ci il n'était pas sûr d'attendre qu'Hermione lui mette du plomb dans la cervelle.
Il fit demi-tour et suivit son meilleur ami avec détermination, le retrouvant dans la chambre que Ron partageait avec les jumeaux. Ron lui tournait le dos, regardant dans le tiroir de la table de chevet et en prenant quelque chose pour le ranger dans sa poche. Il jeta un œil par-dessus son épaule, se figea puis se refrogna. Harry eut subitement envie de le prendre par le col et de le secouer un bon coup. Il serra les poings sur le tissu de sa veste comme pour les empêcher de commettre cet acte.
- Je commence à en avoir marre de ta jalousie. Je peux comprendre que tu puisses être jaloux mais la manière dont tu réagis me rends fou ! Tu crois que j'ai jamais été jaloux de toi ? J'envie tes parents, ta grande famille ! Et il y a peu j'ai même été jaloux de ta nomination en tant que préfet ! Mais je n'ai pas voulu te le faire payer parce que tu es mon meilleur ami ! dit-il d'une voix retenue pour s'empêcher de crier.
Ron grinça des dents, son visage entièrement rougi par la colère. Il fit volte-face, son regard bleu le fusillant.
- Tu n'as pas voulu me le faire payer ?! La bonne blague ! A chaque fois qu'il y a une petite chose qui ne va pas Monsieur Potter déverse sa colère sur TOUT LE MONDE ! NOUS LES PREMIERS !
Harry voulait le frapper mais il pensa à Hermione. Il se souvint qu'elle avait souffert de son rôle de médiatrice entre les deux adolescents durant de très longs mois. Par égard pour elle il n'envenima pas la situation.
- Maintenant je vais te laisser réfléchir à ce que j'ai dit, tu en fait ce que tu veux.
Et Harry le laissa sur ces derniers mots et remarqua la présence d'Hermione dans le couloir. Elle semblait terriblement indécise.
- Hum… Je venais vous chercher, on vous attend en bas.
Elle jeta un coup d'œil à la porte de Ron et se sentit soupirer, lasse.
- Tu veux que j'aille lui parler ? demanda-t-elle.
Harry secoua la tête et posa une main sur l'épaule de son amie.
- Laisse lui du temps…
Elle eut un pauvre sourire.
- Oui, tu as raison.
Dans ces moment-là, Ron devenait incapable d'entendre la voix de la raison. Hermione priait mentalement pour qu'il acquiert un peu de maturité comme Harry mais elle avait l'impression que cela arriverait quand les cochons voleraient.
Cependant si Ron attendait trop longtemps alors Harry n'était pas sûr de lui pardonner entièrement. Oh ! ils pourraient redevenir amis mais plus aussi proches qu'avant.
Le Hogwarts Express, majestueux train à vapeur d'un sublime rouge vif reposant au quai 93 /4 , attendant sa ribambelle de jeunes passagers. Ce joyau attisait l'admiration de n'importe qui le voyant pour la première fois et aussi pour ceux qui le contemplaient à chaque voyage. Cependant un homme semblait insensible à ce charme. Adossé à un mur, Alexander parcourait la foule de son regard perçant. Silencieux et posté à un endroit où il pouvait observer l'ensemble du quai le mercenaire se faisait discret, attendant le bon moment.
Puis le temps s'arrêta un quart de secondes, comme si ce lieu grouillant était en apesanteur. Et l'univers reprit son court alors qu'un murmure circulait parmi les passants.
Alex n'avait pas besoin de réfléchir à la cause de cet événement : Sirius Black dans une forme insolente accompagnait son filleul Harry Potter. Leurs autres accompagnants, telle la famille Weasley, devinrent invisibles. Tout le monde ne parlait que du procès et de ses conséquences mais aussi de la soi-disant folie du Survivant.
Mais les racontars assaisonnés de fiel n'atteignaient par Sirius et Harry.
Alexander saisit sa valise malle en bois et cuir et fendit la masse. Son regard croisa un autre argenté puis un très léger mouvement de tête commun et Alex monta dans le train. Un simple échange lourd d'indication. Sirius passa un bras sur les épaules de son filleul pendant que Molly donnait ses dernières recommandations à sa marmaille ainsi qu'à Hermione, que Tonks transformée en vielle dame trébuchait sur sa robe et que Lupin discutait avec Maugrey.
- Alexander est dans le train, va rejoindre sa cabine, ordonna le parrain à voix basse.
Il ébouriffa ensuite la chevelure en bataille d'Harry qui retint un soupir. Cela ne lui plaisait pas d'être surveillé comme un gosse mais il comprenait que cela faisait partie du travail du mercenaire.
Alexander passa dans de nombreux wagons où les enfants ne se génèrent pas pour l'observer avec curiosité et réussit finalement à trouver un compartiment vide dans le dernier wagon. Il s'installa près de la vitre pour surveiller le quai et le jeune Potter qui s'y trouvait.
Son protégé et son escorte fut rejoint par un adolescent dégingandé au visage rond et une vielle lady au couvre-chef particulier de par l'animal empaillé l'ornant. Mais le son des portes du compartiment s'ouvrant le tira de son observation assidue. Il tourna la tête vers la nouvelle venue, jeune moins de quinze ans, de long cheveux blonds, des yeux bleus protubérant et un air de folie douce accentué par une paire de lunettes extravagantes.
- Miss, salua-t-il
- Bonjour professeur, gazouilla-t-elle.
Elle rangea sa malle sans attendre d'invitation et s'installa. Alex leva les sourcils, surpris par ce manque de gêne. Et surtout, les adolescents n'étaient-ils pas censés éviter les adultes ? Elle sortit de sa cape un exemplaire du The Quibbler sans l'ouvrir. Elle l'observait avec ce qui semblait être de l'émerveillement. Alex s'apprêtait à mettre les pieds dans le plat mais la gamine l'interrompit dans son élan.
- C'est la première fois que je vois un éoliphe réflecteur, annonça-t-elle.
Le mercenaire fronça des sourcils, confus. Avait-il bien entendu ? Ce nom inconnu titillait sa curiosité. Ainsi il oublia complètement sa première idée de la faire sortir du compartiment.
- Un quoi ?
- C'est un minuscule oiseau qui réfléchit la lumière. Il est très difficile à trouver, surtout qu'il a tendance à se laisser guider par le vent. Il adore voyager ! Il traverse des continents entiers, incapable de rester au même endroit très longtemps et le plus important il chasse les wrackspurt.
- Et pourquoi c'est important qu'il chasse le wrackspurt ?
Ne possédant aucun a priori et ayant vécu des choses complètement folles au fil de ses missions, ses questions dégageaient une sincérité bienvenue de la part la jeune Luna Lovegood.
- Les wrackspurts sont des insectes qui entrent dans le cerveau des gens et embrouillent leurs esprits. Ils sont plutôt prolifiques en ce moment.
Le sifflet du train retentit, créant un rappel glacial dans l'esprit du mercenaire. Son protégé ! Il jeta un regard scrutateur à travers la vitre et vit les derniers enfants s'agiter et monter dans les wagons dont Harry Potter et ses amis.
Le Hogwarts Express démarra, laissant derrière lui le quai et les familles bien soulagées de se débarrasser de leur marmaille épuisante. Ce n'était plus leur problème au moins jusqu'aux prochaines vacances. Béni sois les internats !
Le célèbre Harry Potter se retint de frapper sa tête contre la paroi du wagon, quoi que… et s'il utilisait celle de Ron ? Non, ce n'était pas une bonne idée… Ils étaient ballotés par le balancement du wagon alors que le train prenait de plus en plus de vitesse. L'équilibre demeurait donc bien trop précaire pour ce genre d'acte.
Qu'avait donc dit le plus jeune Weasley pour énerver l'héritier Potter ?
Rien, et c'était bien ça le souci. Ronald soupirait, grognait, fusillait du regard le sol et les murs, levait même les yeux au ciel lorsqu'il ne cherchait pas à lancer un avada avec son regard.
Les jumeaux avait rejoint leur ami Lee avec un certain entrain et Ginny et Neville ne savaient plus où se mettre.
Harry chercha à désamorcer la situation bien pesante.
- Et si on cherchait un compartiment de libre ?
Et mon garde du corps, pensa-t-il.
Il désirait expliquer à sa meilleure amie les derniers évènements. Hermione était l'intelligence incarnée, elle allait forcement se douter de quelque chose. Mais il avait promis de tenir sa langue.
Embarrassée, Hermione se mordilla la lèvre inférieure en cherchant le regard de Ron, en vain.
- Hum… On doit aller au compartiment réservé aux préfets, pour une réunion avant la rentrée. Mais on vous rejoint après ! Cela ne va pas durer bien longtemps.
Ron renifla, tiens… un nouveau son.
Le coin de la bouche de la nouvelle préfète eut un spasme d'agacement et Ginny caressa l'idée de juste lancer un chauve-furie sur son idiot de frère. Elle saisit distraitement sa baguette mais Hermione tira Ron par sa robe, prétextant l'urgence de la réunion.
Neville poussa un discret soupir de soulagement, il était le seul à avoir remarqué que la situation allait devenir catastrophique entre les deux Weasley. Sa capacité d'observation et d'analyse compensaient son étourderie et sa maladresse.
Ils commencèrent ainsi à remonter les wagons en observant à travers les vitres, Harry remarqua l'intérêt inquisiteur des nombreux élèves qui chuchotaient mesquinement sur son passage. Il se souvint désagréablement des articles du Daily Prophet le concernant. Entre sa deuxième année et la découverte de son fourchelang, l'année précédente et la suspicion de triche à la coupe de feu il en avait marre des sorciers qui l'acclamaient puis l'instant d'après lui tournaient le dos, pour ensuite lui jeter à la gueule leurs espoirs.
Qu'ils aillent se faire foutre, se dit-il intérieurement.
- J'ai l'impression que tous les compartiments sont pleins, souffla Neville
Ginny passa devant lui et tendit la nuque vers une énième vitre.
- Oh, il y a Luna dans celui-ci ! Et il y a assez place pour nous.
Neville marmonna sur la présence de l'adulte et qu'il ne voulait pas déranger. Harry comprit aussitôt qui était l'adulte en question.
- Ne sois pas stupide, s'exclama Ginny en riant, tu préfères rester dans le couloir pendant le voyage ?
- Je suis d'accord, j'ai fait le voyage avec le professeur Lupin et à la fin cela nous a bien servis, rajouta Harry.
Ginny fit coulisser la porte et tira sa valise à l'intérieur. Les garçons la suivirent.
- Bonjour Luna, monsieur, nous pouvons nous installer ici ? demanda la jeune Weasley.
La blonde sourit vaguement en hochant de la tête mais Ginny regretta sa demande. L'apparence de l'homme la rendait terriblement mal à l'aise. Elle n'avait jamais rien vu de tel, ses cheveux blancs alors qu'il n'avait aucune ride et surtout les yeux rouges… Sa mère lui disait que c'était l'adage de grand mage noir.
Alexander sortit son sourire le plus aimable.
- Bien sûr jeunes gens, entrez. Faites comme si je n'étais pas là.
Ginny resta un instant figée et Harry en profita pour saluer convenablement le mercenaire. Neville fit de même.
Les garçons hissèrent les malles et la cage d'Hedwig dans le filet à bagage alors que Ginny s'asseyait à côté de la Ravenclaw avec un sourire un peu crispé. Harry s'assit à côté du mercenaire et Neville avec les filles, pensif. En général, son camarade gryfffindor possédait une grande méfiance pour les étrangers, surtout les adultes. Mais il se faisait peut-être des idées…
Ginny se racla la gorge et se tourna vers Luna qui contemplait fixement les deux hommes face à elle.
- Alors tu as passé de bonnes vacances ?
- Oui, répondit Luna d'un air rêveur sans détourner son regard.
Harry commençait à devenir gêné, apparemment elle ne ressentait pas le besoin de cligner des yeux autant que les gens normaux.
- Je me suis bien amusée, rajouta Luna, toi tu es Harry Potter.
- Je sais.
Il allait lui demander ce qu'elle lui voulait quand elle questionna Neville sur son identité.
- Moi je ne suis personne, répondit Neville du tac o tac.
Ginny leva les yeux au ciel et se décida de faire les présentations puis Luna ouvrit son journal à l'envers et se plongea dedans. Alex s'était fait discret et avait ouvert un roman de H.P Lovecraft.
Le train poursuivit son parcours à travers la campagne, ayant dépassé depuis un moment la ville.
- Devine ce que j'ai eu pour mon anniversaire ? dit Neville.
- Un nouveau rapeltout ? répondit Harry qui se rappelait qu'il n'avait plus vu depuis longtemps l'objet en forme de bille de son comparse.
- Non, répondit Neville qui avoua juste après l'avoir perdu depuis longtemps.
En tenant d'une main son animal fugueur, il fouilla un moment dans son sac pour en sortir un petit cactus gris dans son pot. A la place des épines le végétal était recouvert de pustules.
- Mimbulus Mimbletonia, annonça fièrement Neville.
Harry contempla le cadeau qui palpitait tel un organe interne sinistre.
Derrière son livre, Alex fronça imperceptiblement des sourcils. Ce nom lui semblait familier. Il se plongea dans son esprit pour trouver des informations. Un occlumens très entraîné pouvait organiser son esprit et compartimenter le savoir et les souvenirs. Ainsi la mémoire devenait une réelle banque de donnée pouvant être consultée à loisir par le propriétaire.
Alex sortit de son esprit après avoir retrouvé les données sur la plante au bon moment. Neville venait de confier Trevor à Harry pour piquer un point précis de la plante avec la pointe d'une plume. Alex laissa tomber son livre et saisit sa baguette. Il jeta un bouclier sur lui et Harry alors que la plante rejetait par ses pustules un liquide verdâtre et épais en jets puissants. Une odeur nauséabonde s'en dégageait, mélange d'un fumier rance et de cadavre en décomposition.
Harry regardait les yeux ronds le carnage dont il avait échappé de peu grâce à son garde du corps. Il y en avait jusqu'au plafond. Luna s'était miraculeusement protégé le haut du corps avec son journal. Ginny avait levé les bras devant son visage mais ses cheveux roux ne l'étaient plus vraiment. Le plus touché se trouvait être bien entendu Neville.
Celui-ci se démena à enlever la substance de son visage et surtout de ses yeux en se secouant.
Alex leva son sort et jeta un recurvite, faisant disparaître efficacement l'empestine, le liquide produit par la plante.
Neville balbutia des excuses et se ratatina face au sourire froid du mercenaire.
- Monsieur Longbottom, veuillez s'il vous plaît éviter ce genre d'expérimentation dans un lieu inapproprié. L'idéal serait une serre, sans victime collatérale. Et vous avez raison l'empestine n'est pas un poison cependant dans son milieu naturel, en Assyrie, l'odeur attire des prédateurs peu amènes.
Neville renouvela ses excuses et Alex redevint tout de suite plus chaleureux.
- Bien, vous avez compris la leçon.
Ginny eut envie de grincer des dents, pour qui il se prenait pour le réprimander ainsi ? Neville se sentait déjà mal, pas besoin d'en rajouter !
Alex se réinstalla confortablement et la porte coulissa, révélant une jeune fille aux longs cheveux noirs, Cho Chang venant les saluer, enfin surtout Harry qui essaya de rester le plus détendu possible.
Ces dernières semaines il avait pu réfléchir aux évènements de l'année précédente et à ses sentiments pour l'attrapeuse de ravenclaw. Maintenant il n'en ressentait qu'une forme de culpabilité envers Cédric.
Ginny fusilla du regard la visiteuse, essayant de contenir sa jalousie galopante. Neville se fit discret et Luna semblait juste absente.
Cho partit rapidement et le silence s'abattit dans le compartiment jusqu'au passage du chariot de friandises. Après une heure d'absence, Hermione refit son apparition, seule. Elle eut un léger temps d'arrêt en voyant l'inconnu puis sa curiosité l'emporta.
- Bonjour, vous êtes le nouveau professeur de défense ? demanda-t-elle en s'asseyant à côté d'Harry qui se dévoua pour ranger les bagages de son amie.
Quand elle était ainsi elle ne pensait qu'à étanher sa soif de savoir en ignorant le reste.
- C'est exact mademoiselle, je suis le professeur Alexander Lowell, répondit-il avec un hochement de tête. Et vous êtes ?
- Hermione Granger, vous êtes albinos, n'est-ce pas ? J'ai lu que les personnes atteintes de cette particularité génétique étaient malvoyantes, comment vous faites ?
Alex rit, pour une fois qu'on ne le comparait pas un mage noir ! C'en était rafraichissant.
- Quelle franchise !
Hermione rougit de gêne, ayant l'impression d'avoir manqué de respect à l'autorité absolu, un professeur.
- Magie, il existe une intervention pour ce genre de cas, répondit l'albinos.
- Qu'est-ce qu'un albinos ? demanda Neville.
Hermione se lança dans des explications dont Alex se désintéressa. Ginny ne ressentit aucune culpabilité d'avoir confondu mage noir et déficience en mélanine. Si ça se trouvait ce manque de mélanine ou quoi que ce soit d'autre résultait de la magie noire.
Lorsque Hermione se calma, Harry posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- Où est Ron ?
Elle grimaça comme si elle avait mordu dans un citron particulièrement acide.
- Il est allé voir Dean et Seamus.
Harry serra les poings et la mâchoire, son regard fusillant le mur face à lui. Hermione posa une main compatissante sur son épaule.
- Il va se calmer, tu le connais, dit-elle.
- ça doit être les wrackspurt, souffla Luna d'une voix douce comme si ça expliquait tout.
Cette simple remarque provoqua un véritable débat entre Hermione et Luna sur leur vraisemblable existence. Heureusement pour leur audience cette discussion énergique s'essouffla d'elle-même car chacune restait campé sur sa position et personne ne faisait mine de rejoindre un camp.
Ne voulant pas que le reste du trajet se déroule dans un silence tendu, et afin de détourner son attention, Harry lança Hermione sur un autre sujet, lui demandant comment s'était passé la réunion des préfets. Elle énuméra la liste de ses nouvelles responsabilités et la grande mauvaise nouvelle qu'était la nomination des préfets de slytherin, Draco Malfoy et Pansy Parkinson.
A ce même moment Alex sentit la présence de plusieurs personnes approchant du compartiment. Il se désintéressa de sa page décrivant la ville fictive d'Innsmouth – il ne lisait de tout façon qu'à moitié- et regarda vers la porte. Le regard du futur professeur croisa celui d'un adolescent aux cheveux blonds lisses et aux yeux gris. Il l'observa avoir un temps d'arrêt, semblant peser le pour et le contre puis faire un signe de tête à ses proches avant de s'éloigner.
Alexander devina que ce n'était pas vraiment une visite de courtoisie. Il l'aurait à l'œil à l'avenir, ça serait naïf de sous-estimer la dangerosité d'une personne à cause de son âge. Un adolescent pouvait même faire plus de dégâts qu'un adulte.
Le train continuait son périple vers le nord sous un temps instable, ponctué de pluie avec des éclaircies fugaces jusqu'à l'approche de la nuit. Les lumières s'allumèrent dans les wagons, signalant indirectement aux passagers la proche fin du voyage. Les étudiants se dépêchèrent de se changer, revêtant leur uniforme aux couleurs de leur maison. Enfin le train ralentit progressivement et les élèves s'agitèrent pour réunir bagages et animaux de compagnie, se préparant fébrilement à descendre.
Puis les passagers sortirent dans un brouhaha quelques peu contenu par les préfets essayant de superviser efficacement l'opération. Alexander attendit que la première vague descende pour faire de même en compagnie d'Harry, Neville, Luna et Ginny.
Ils entendirent la voix du professeur Grubbly-Plank appelant les premières années.
- Où est Hagrid ? chuchota Harry à ses amis.
- Je ne sais pas mais on ferait bien de bouger, on bloque le passage, répondit Ginny.
Ils s'avancèrent difficilement dans la foule opaque mais Harry ne lâcha pas l'affaire, il avait attendu avec impatience de revoir Hagrid, son premier ami. Il joua des coudes pour se mettra à la hauteur du mercenaire.
- Professeur Lowell ?
Alex retint un sursaut, pas du tout habitué à cette appellation. Cela lui provoquait des frissons, oh Magia qu'il n'avait pas envie de gérer une bande de gamins hormonaux.
- Oui monsieur Potter ?
- Je me demandais à propos du professeur Rubeus Hagrid…
Cela rappela la réunion des enseignants où le directeur avait donné une justification évasive sur ce remplacement en début d'année. Kingsley lui avait bien sûr donné la véritable raison, Hagrid se trouvait en mission pour l'ordre dans l'espoir de rallier les géants à leur cause. Mais il ne pouvait pas dire la vérité en ce lieu.
- Ah ! Il sera absent normalement durant le premier semestre, en déplacement pour cause familiale, répondit Alexander en espérant qu'Harry fasse le lien par lui-même.
Harry opina de la tête, le mercenaire n'avait pas besoin de dire plus. Entre les séances d'espionnage organisées par les jumeaux et Sirius qui lui en racontait beaucoup il en savait déjà pas mal sur les projets de l'ordre.
Ils approchaient progressivement des calèches les amenant au château, cependant Harry marqua un temps d'arrêt, surpris.
Les diligences étaient attelées. C'était déjà nouveau. Mais l'apparence des créatures qui les tiraient provoqua en lui un profond malaise : Des chevaux squelettiques et sombres possédant des ailes de chauve-souris, une tête à la forme rappelant celle d'un dragon dont des yeux blancs inexpressifs leurs donnaient un air vaguement reptilien.
- C'est quoi ces chevaux ? dit-il en fronçant les sourcils, perplexe.
- Hein, de quoi ? fit Neville qui essayait de suivre son regard, complètement perdu.
- Ben là ! Tu ne les vois pas ?!
- Mais de quoi vous parlez tous les deux ? demanda Hermione, essoufflée et les cheveux encore plus ébouriffés que d'habitude.
- Des chevaux devant les diligences ! s'exclama Harry, agacé.
Hermione secoua la tête.
- Elles fonctionnent grâce à la magie, il n'y a pas d'animaux qui les tirent. Tu peux vérifier l'information dans n'importe quel livre sur Hogwarts. Ou est Pattenrond ?
- Il est là, avec moi, dit Ginny qui suivait la discussion par curiosité.
Elle donna la cage en osier à sa propriétaire. Alex sortit de la calèche à ce moment-là, il avait déposé ses bagages et inspecté le véhicule avec quelques sorts discrètement.
- Tu sais, je les vois aussi, tu n'es pas fou, déclara Luna d'une voix douce.
Cela ne rassura en aucun cas le jeune Potter et Alex soupira.
- Je les vois aussi, c'est des Thestrals. Seuls ceux qui ont vu la mort et l'ont appréhendée peuvent les voir.
- Mais… Ce n'est écrit nulle part, commença l'érudite du groupe.
- Je me demande bien ce que ça peut bien vouloir dire, s'impatienta Alexander.
Heureusement son manque soudain de pédagogie ne fut pas perçu en tant que tel mais plus comme un encouragement pour la concernée à réfléchir par elle-même.
Hermione fronça des sourcils, en réflexion, et regarda en direction des calèches.
- Je dois toujours vérifier les informations contenues dans les livres et ne pas prendre pour acquis tout ce que lis, c'est ça professeur ?
Puis elle se souvint de ce moment gênant da sa scolarité où elle croyait aveuglement en Lockhart juste parce qu'elle avait lu… Elle rougit de gêne en remarquant qu'elle faisait toujours la même erreur.
- Oui, oui. C'est ça, répondit Alexander avec un sourire crispé.
Bon nombre de diligences étaient déjà en route pour le château et ce fut un signal implicite qu'ils devaient aussi partir. Ils s'installèrent et les Thestrals se murent dans un léger trot. Harry ne put détacher son regard des os apparents bougeant sous la peau fine, tel un spectacle macabre tout le long du trajet.
Il ne prêta pas attention au débat entre la ravenclaw et les gryffindors concernant Hagrid. Pour Luna ce n'était guère un bon professeur et bien sûr cela provoqua une défense sourde et virulente.
La diligence s'arrêta dans un cliquetis métallique devant les marches en pierre menant directement à la grande porte en chêne. Le nouveau professeur en descendit en premier, il devait rejoindre le reste du personnel au plus vite, n'oubliant en aucune façon sa couverture. Il laissa donc son protégé dans la foule d'étudiants, jugeant le risque faible. Il salua d'un geste de la tête Filch situé près de la porte qui surveillait férocement la masse grouillante d'un air peu amène. Sa chatte à ses pieds fouettait l'air de sa queue, énervée, et feulait sur certains élèves un peu plus excités que d'autres. En réponse à la salutation Alex reçut une grimace de mépris et par simple esprit de contradiction le sourire du mercenaire devint plus lumineux.
Tiens un grognement du concierge, comme quoi tel maître tel chat.
Il suivit le mouvement de la foule, rejoignant la grande salle d'un pas vif. De nombreux regards curieux se posèrent sur lui accompagnés de murmures. Les rumeurs se lancaient déjà.
Même si l'américain gardait une profonde affection pour Ilvermorny et la mettait sur un piédestal il ne pouvait qu'admirer la magnificence de la grande salle. Le plafond notamment était une véritable prouesse magique et artistique.
Depuis son siège orné, Albus Dumbledor observa ses élèves retrouver leur deuxième foyer et leurs amis. Ils gardaient encore une part d'innocence malgré les tragiques évènements de l'année précédente. Malgré aussi la défiance des parents envers le directeur. Cette année s'annonçait complexe entre Tom qui retrouvait ses forces et préparait la guerre en toute quiétude, l'envoyée du ministère qui chercherait à prendre le pouvoir sur l'école et enfin le jeune Potter dont il avait perdu la confiance. Albus avait certes pris ses distances mais c'était pour le plus grand bien, la connexion entre Tom et l'enfant demeurait forte mais aussi mystérieuse. Il connaissait la raison mais à quel point l'esprit d'Harry avait-il été atteint par l'horcruxe ? Il demanderait au bon moment à Severus de lui donner des cours d'occlumencie et il savait pertinemment qu'au moindre signe suspect Severus l'en informerait.
Pour ce qui était de la confiance perdue, Albus ne s'en inquiétait pas trop. Umbridge était une plaie, mais une plaie utile. A un moment donné, elle allait s'en prendre au jeune Potter, le pousser à bout vraisemblablement et le directeur interviendrait à point nommé, lorsque Harry n'aurait pas d'autre choix que de se tourner vers lui. Pour le plus grand bien.
Et puis un nouveau pion venait d'apparaître sur l'échiquier, un étranger américain donc encore neutre. S'il trouvait les bons arguments il pourrait amener le nouveau professeur dans leur camp. Ce serait un atout non négligeable, l'ordre obtiendrait des relations à l'internationale. Mais pour l'instant il se contenterait de l'observer, la question étant : Etait-il de confiance et digne ?
D'ailleurs le concerné faisait son entrée et s'approchait de la table des professeurs. Il échangea des salutations chaleureuses - quoi qu'un peu plus froid - quand il passa à la dame en rose.
- Vous avez fait bon voyage ? demanda le directeur le regard bleu pétillant.
- Oui, très agréable. Le Hogwarts Express est une beauté historique et magique, répondit Alex en s'asseyant entre Snape et Sinistra.
Cette place se trouvait un peu plus éloignée de celle de Dolorès qui elle-même se situait à côté du directeur.
Harry et ses amis arrivèrent sur ses entrefaites. Harry et Hermione ne pouvaient s'empêcher de chercher Ron du regard dans l'espoir de retrouver leur ami calmé après un voyage séparé. Même en crise Ron leur manquait et ils désiraient ardemment reprendre leur amitié sur de meilleures bases. Juste crever l'abcès et discuter librement. Mais ils le virent à la table des gryffindors avec Dean et Seamus sans un regard pour eux. Harry se força à ne rien laisser paraître de son amère déception, il se sentait déjà suffisamment vulnérable sous les regards inquisiteurs et les murmures fielleux des autres élèves, quelle que soit la maison.
Luna s'éloigna du groupe pour la table des ravenclaw et Ginny retrouva ses amis de quatrième année. Harry, Hermione et Neville s'installèrent aussi, non loin de Ron. Entre eux il y avait Lavande Brown et Parvati Patil. Un silence gênant s'installa à leur arrivée et Harry essaya de passer outre en observant la table des professeurs se trouvant au bout de la grande salle.
Il remarqua instantanément la présence d'une inconnue parmi les visages familiers, et même le rose dont elle était vêtue agressait l'œil. C'était une femme d'un certain âge trapue possédant des cheveux châtains courts et bouclés serrés dans un bandeau rose orné d'un nœ habillée d'un cardigan par-dessus sa robe de la même nuance rose vif. Il imaginait ce genre de vêtements sur les très jeunes petites filles modèles mais pour une , son avis c'était de mauvais goût. La forme de son visage lui rappelait vaguement un crapaud blafard.
- C'est qui à côté de Dumbledore ? demanda Harry.
Neville et Hermione se tourna eux aussi vers la table.
- Il y a peut-être une nouvelle matière cette année, fit Neville, incertain.
- Non… Sa tête me dit quelque chose… Ah oui, je l'ai déjà vu dans un article du Daily Prophet cet été ! C'est Dolorès Umbridge, sous-secrétaire d'état. Elle travaille avec Fudge, répondit Hermione.
- Mais pourquoi le ministère enverrait une sous-secrétaire ici ? dit Neville, perplexe.
- Je ne sais pas mais on va très vite le savoir à mon avis, fit Hermione en fronçant des sourcils.
- Elle ne m'inspire pas du tout, je sens que cette année sera encore une fois chaotique, soupira Harry avec lassitude.
La professeure Grubbly-Plank arriva et s'installa à la place habituelle d'Hagrid, les premières années ne devraient pas tarder. Et ce fut le cas puisque cinq minutes après le professeur McGonagall franchit les portes de la grande salle suivit de jeunes élèves émerveillés ou intimidés. La professeure de métamorphose portait un tabouret où reposait le Sorting Hat.
Les conversations se turent instantanément et les premières années s'entassèrent devant la table des professeurs. Minerva posa soigneusement le tabouret devant eux et fit un pas en arrière. Et toute l'assistance attendit en retenant son souffle, puis la large déchirure traversant le chapeau s'ouvrit en grand pour la fameuse chanson.
Le Sorting Hat énonça l'origine de Hogwarts, les qualités que chacune des différentes maisons exigeaient des élèves puis d'annoncer son rôle dans la répartition. Mais vers la fin de la chanson il y eut une anomalie.
Mais je crains que ce devoir aujourd'hui
N'entraîne cette fin qui m'horrifie
Voyez les dangers, voyez les présages
Que nous montrent l'histoire et ses ravages
Car notre Hogwarts est en grand péril
Devant des forces puissantes et hostiles
Et nous devons tous nous unir en elle
Pour échapper à la chute mortelle
Soyez avertis et prenez conscience
La répartition maintenant commence
La salle éclata d'applaudissements mais aussi de murmures et marmonnements. Hermione ne fut pas en reste, se demandant à voix haute si ce genre d'avertissements avaient été donnés par le passé et le fantôme de griffyndor répondit à sa question. Le Sorting Hat estimait que c'était son devoir de prévenir ses élèves en période de trouble. Harry devina tout de suite la raison d'un tel message.
La professeure McGonagall lança un regard pénétrant aux élèves turbulents, instaurant le silence sans un mot. Puis elle déroula le long morceau de parchemin et appela les élèves les uns après les autres.
Alexander observa la répartition avec un intérêt non feint, elle était différente de celle d'Ilvermorny sur certains points. Il comprit aisément que l'artefact en forme de chapeau usait d'une magie de l'esprit. De surcroit celui-ci avait développé une personnalité : un égo.
C'était un phénomène rare mais pas impossible, par exemple les bâtiments anciens imprégnés d'une magie puissante finissaient tôt ou tard par la naissance d'un ego. Ilvermorny était entre autre un égo encore jeune. Et cela n'étonnerait pas Alex qu'en plus du chapeau le château lui-même soit un égo.
Les égos étaient un miracle de Mère Magia. Une forme de vie alternative. Alex eut envie de remercier la déesse dans une prière simple mais ici ce serait incongru.
La dernière première année découvrit sa maison et la sous directrice remporta le Sorting Hat et son tabouret hors de la grande salle alors que le directeur se levait.
- A ceux qui sont ici pour la première fois je souhaite la bienvenue ! Et à nos anciens, je dis : bon retour parmi nous ! Il y a un temps pour les discours et justement, ce temps n'est pas encore venu. Alors, bon appétit ! déclara Dumbledore d'une voix claironnante, les bras écartés, et le visage illuminé d'un sourire rayonnant.
Un tonnerre d'applaudissements accueillit ses paroles de la part des élèves affamé
s et les plats apparurent sur les cinq tables soudainement. Dumbledore se rassit en rejetant sa longue barbe blanche pour n'elle ne tempe pas dans son assiette. Alex regarda la variété innombrable de plats, les viandes, les poissons, les plats en sauces ou en tarte, les féculents, les légumes en passant aussi par des desserts divers. D'ailleurs le tiramisu qu'il apercevait près du professeur Chourave l'appelait de manière tout à fait obscène.
Il servit son assiette d'une part de viande blanche, de légumes verts et de riz alors que les discussions entre professeurs commençaient. Sauf son voisin potionniste qui restait silencieux.
- Comment avez-vous trouvé la répartition ? lui demanda Aurora d'une voix neutre.
Alexander sentit de l'attention sur lui, une sorte d'instinct qui lui signalait qu'on les écoutait d'une oreille. Les autres professeurs se méfiaient-il de lui ? Sans doute, alors il devrait redoubler d'effort et de vigilance pour maintenir sa couverture.
Ce que le mercenaire ne pouvait pas savoir et que ses nouveaux collègues avaient comme chaque année lancé un pari sur combien de temps le professeur de défense resterait avant une catastrophe. Il y avait aussi un autre pari sur la cause du départ : fuite ou mort ? Ainsi il jaugeait Alexander, le premier facteur étant : Etait-il un débile profond, un abruti condescendant ou un psychopathe en puissance ?
A l'époque de Lockhart, celui-ci avait été étiqueté comme débile profond dès sa première phrase.
- Intéressant, j'avais bien entendu parlé du chapeau qui répartissait les élèves mais le voir et l'entendre en vrai c'est fascinant, répondit le professeur de défense.
- Vous étiez à Ilvermorny, n'est-ce pas ? Comment l'école répartit les élèves ? Enfin si ce n'est pas un secret.
- Non, la répartition de mon école a déjà été décrite dans un livre. Ce n'est pas un secret d'Etat. C'est les statues représentant les quatre maisons qui trient les élèves. On se tient sur une grande dalle où est représenté un nœud gordien et une ou plusieurs statues s'anime. Dans le dernier cas l'élève a le choix entre les maisons qui peuvent l'accueillir, expliqua-t-il avec nostalgie.
- Il y a donc aussi quatre maisons ? intervint Babbling avec curiosité en se penchant vers lui.
- En même temps nos fondateurs viennent de Hogwarts, ils s'en sont légèrement inspirés. Il y a donc Horned Serpent pour les érudits, Thunderbird pour les aventuriers, Puckwoodgenie pour les guérisseurs et Womatou pour les guerriers.
Mais il existait une deuxième représentation : Horned Serpent était l'esprit d'Ilvermorny, Thunderbird l'âme, Puckwoodgenie le cœur et Womatou le corps. Ainsi l'école encourageait les élèves à se réunir car ils demeuraient un tout.
Babbling demanda de quelle maison il venait et Alex prit un petit air mystérieux en lui lançant le défi « Devine ».
- Durant la chanson il y avait un avertissement, c'est fréquent ? demanda le mercenaire.
La voix profonde du maître de potion s'éleva, son regard sombre et pénétrant plongea dans celui rouge comme à la fois une mise en garde ou un souhait de lire en lui. En réflexe Alexander renforça ses barrières d'occlumencie.
- Lorsque le Sorting Hat sent que l'école est en péril, il décide de prévenir les résidents du château dans un appel à l'union. Cela s'est déjà produit lors de la montée au pouvoir du seigneur des ténèbres.
- Je vois, ma responsabilité de professeur de défense ne sera que plus grande cette année, répondit-il factuellement.
Alors que les autres professeurs le jaugeaient pour leurs petits paris, Severus se faisait plus sérieux. Depuis des années Albus n'engageait que des incompétents ou des dangers –quand ce n'était pas les deux à la fois- et Severus devait toujours limiter la casse.
Lowell ne ressemblait pas à un fanfaron, sa manière calme de faire face à une menace encore incertaine était soit de l'inconscience pure ou une confiance totale en ses capacités.
Puis Babbling l'interrogea sur ses nombreux voyages et le dîner s'acheva. Dumbledore se leva alors que les plats et les assiettes disparaissaient. Le silence se fit, toute l'attention se concentra sur le directeur en espérant que le discours de rentrée ne dure pas trop longtemps. Certains élèves étaient déjà somnolents et n'espéraient que retrouver les dortoirs.
- A présent que nous sommes tous occupés à digérer un autre de nos somptueux festins, je vous demande de m'accorder quelques instants d'attention afin que je puisse vous donner les traditionnelles recommandations de début d'année. Les nouveaux doivent savoir que la forêt située dans le parc est interdite d'accès. Il ne serait d'ailleurs pas inutile que quelques-uns de nos plus anciens élèves s'en souviennent aussi.
Des sourires s'échangèrent, surtout à la table des gryffindors.
- Mr Filch, le concierge, m'a demandé de vous rappeler, pour la quatre cent soixante-deuxième fois selon lui, que l'usage de la magie n'est pas autorisé dans les couloirs entre les heures de cours et que beaucoup d'autres choses sont également interdites, dont la liste complète est désormais affichée sur la porte de son bureau.
Fred et George se lancèrent un regard plein de défi en bombant le torse, ils étaient plus ou moins la cause de cette liste qui s'allongeait d'année en année, et se mettaient en tête de toujours trouver une nouvelle faille.
- Nous aurons cette année deux nouveaux enseignants. Je suis particulièrement heureux d'accueillir à nouveau parmi nous la professeure Grubbly-Plank qui assurera les cours de soins aux créatures magiques. J'ai également le plaisir de vous présenter le professeur Lowell qui enseignera la défense contre les forces du Mal. Nous avons aussi la joie de compter parmi nous la présence de Dolorès Umbridge qui nous prodiguera des conseils d'enseignement en son rôle d'inspectrice.
Quelques applaudissements polis sans grand enthousiasme. D'autres échangèrent des commentaires puis se turent automatiquement lorsque le directeur reprit la parole.
- Les essais pour la constitution des équipes de Quidditch de chacune des quatre maisons auront lieu le…
L'inspectrice Umbridge s'éclaircit la gorge dans un son agaçant « Hum, hum » et Dumbledore s'interrompit avec un air interrogateur envers elle, pris au dépourvu. Elle s'était levée dans l'intention d'exposer son propre discours. Le directeur se rassit élégamment, profondément intéressé par ce qu'elle pouvait bien révéler. Les autres membres du corps enseignants ne semblaient pas aussi bien recevoir cette prise de parole. Harry le remarquait parfaitement depuis sa place. Les sourcils du professeur Chourave se levèrent si haut qu'ils disparurent derrière ses mèches rebelles et Harry n'avait jamais vu les lèvres du professeur McGonagall aussi pincées. Mais ce qui l'alarma c'était observer son garde du corps se pincer l'arête du nez dans un pur geste d'agacement en fermant les yeux.
- Merci, cher directeur, pour ces aimables paroles de bienvenue, minauda l'inspectrice de sa voix insupportable.
Harry ressentit une profonde antipathie pour cette femme. Sa voix, ses manières, son statut, et le rose, rien n'allait. Elle s'éclaircit une nouvelle fois la gorge.
- Je dois dire que c'est un grand plaisir de revenir à Hogwarts et de voir tous ces joyeux petits visages levés vers moi ! s'exclama-t-elle en souriant, révélant des dents pointues.
Harry regarda autour de lui, aucun visage joyeux, juste décontenancé. En même temps, ils avaient passé l'âge de s'entendre traiter comme de très jeunes enfants.
- J'ai hâte de vous connaître tous et je suis sûre que nous deviendrons vite de très bon amis !
Alex de son côté essayait de garder son calme et de ne pas sortir sa baguette. Il voulait tellement lui lancer un sort pour la réduire au silence. Un Silencio ? Non mieux un Avada. Elle venait tout juste de commencer et il se sentait déjà à bout.
Elle s'éclaircit la gorge et sa voix prit l'intonation de femme d'affaire.
- Le ministère de la magie a toujours accordé une importance primordiale à l'éducation des jeunes sorcières et des jeunes sorciers. Les quelques dons que vous avez pu recevoir à votre naissance ne se révèleraient pas d'une très grande utilité si une instruction attentive ne se chargeait de les cultiver et les affiner. L'ancien savoir dont la communauté des sorciers est l'unique dépositaire doit être transmis aux nouvelles générations, si nous ne voulons pas qu'il se perde à jamais. Le trésor de la connaissance amassé par nos ancêtres doit être conservé, enrichi, bonifié, par ceux qui sont appelés à la noble mission de l'enseignement.
L'inspectrice Umbrigde marqua une pause et inclina légèrement la tête vers le corps enseignant. La réponse fut néanmoins glaciale car aucun ne répondit à son salut. Juste des regards froids et des froncements de sourcils. Mais elle ne fut pas décontenancée et poursuivit son discours.
- Chaque directeur, chaque directrice de Hogwarts a apporté quelque chose de nouveau en accomplissant la lourde tâche de gouverner cette école historique et c'est ainsi qu'il doit en être car l'absence de progrès signifie la stagnation puis le déclin. Mais le progrès pour le progrès ne doit pas être encouragé pour autant, car nos traditions éprouvées par le temps n'ont souvent nul besoin d'être modifiées. Un équilibre entre l'ancien et le nouveau, entre la pérennité et le changement, entre la tradition et l'innovation…
Alexander retint un profond soupir, ce discours était alambiqué, plein de détours pour se donner une importance. Une plus grande importance que celle du directeur. De surcroit il n'appréciait pas trop le sous texte dans ses mots. Malheureusement peu de personnes ne pouvait le comprendre maintenant. En effet, en balayant la salle du regard il vit que le plus grand nombre avait décroché et faisait même autre chose. Seuls les professeurs écoutaient attentivement avec une grande méfiance.
-… car certains changements seront pour le mieux alors que d'autre, à l'épreuve du temps, apparaîtront comme des erreurs de jugement. De même certaines coutumes anciennes seront conservées à juste titre tandis que d'autres, usées et démodées, devront être abandonnées. Aussi n'hésitons pas à entrer dans une ère nouvelle d'ouverture, d'efficacité, de responsabilité, avec la volonté de préserver ce qui doit être amélioré, et de tailler dans le vif chaque fois que nous serons confronté à des pratiques dont l'interdiction s'impose. Dans cet état d'esprit, le ministère m'a donc confié le statut honorable de Grande Inquisitrice. Le décret…
Alex se sentit bondir dans sa chaise, il avait bien entendu ? Soudain le filtre entre son cerveau et sa bouche disparut.
- Est-ce une plaisanterie ?! s'exclama-t-il avec une pointe de colère dans sa voix.
Cela eut le mérite de réveiller l'assistance. Tous se tournèrent vers le professeur Lowell avec surprise, voire perplexité, ne comprenant pas cette colère. Umbridge le regardait aussi avec aberration.
A cet instant précis, Alexander Éric Lowell eut une révélation : Mentor ne l'avait pas choisi car il était parfait pour cette mission mais parce qu'il voulait corriger un défaut chez lui. Sa franchise ou plutôt sa grande gueule. Oh oui, Mentor et Dante demeuraient des dirigeants sadiques et ils pouvaient très bien prendre ce genre de décision. Cela ne serait pas la première ni la dernière fois…
- Monsieur Lowell, comment osez-vous m'interrompre ? cracha-t-elle.
Il se leva, maintenant qu'il avait les pieds dedans autant aller jusqu'au bout.
- Au même titre que vous avez interrompu le professeur Dumbledore lors de son discours, et c'est professeur Lowell s'il vous plaît, répliqua-t-il.
Umbridge se mit à rougir, de gêne ? De rage ? Il ne sut pas trop.
A la table des gryffindors les jumeaux Weasley commencèrent à compter les points.
- Est-ce que je suis le seul choqué ? Pourtant vous déclamez avec passion sur l'histoire et l'héritage de nos ancêtres. Ces mêmes ancêtres qui ont subi la folie de l'Inquisition. Dois-je vous rappelez l'une des périodes sombres de notre histoire. La chasse aux sorcières a été mené par les Inquisiteurs. Combien de sorcières et sorciers sont morts dans des conditions effroyables à cause de l'Inquisition ? Oh et ne me répondez pas par les absurdités historiques qu'on entend souvent sur cette période. La communauté sorcière pouvait se protéger face aux non-majs ? Les premiers signes de la chasse aux sorcières datent du XIIIe siècle. Le transplanage n'existe lui que depuis le XVIe siècle et même à cette époque peu de sorciers le pratiquaient. La poudre de cheminette date de la fin du XIIIe mais il y avait le coût de la poudre et aussi l'obligation de posséder une cheminée. Le portoloin, lui n'existe que depuis le XIVe Dites-moi maintenant comment nos ancêtres pouvaient s'échapper face à l'Inquisition ?
Il marqua une pause en levant les sourcils, comme s'il attendait une réponse sérieuse. Il repoussa la chaise et commença à se déplacer dans l'espace. Cette ferveur et cette leçon impromptue fascinaient les élèves.
- Les barrières ? Encore aujourd'hui ce n'est pas à la portée de tous. Il n'y avait que la fuite simple mais encore fallait-il qu'ils soient prévenus. Bien, après l'arrestation, ils devaient subir l'interrogatoire ou plutôt la torture car à l'époque les Inquisiteurs ne faisaient pas vraiment dans la dentelle. Puis la mise à mort. Vous allez, je parie, penser au sort de gèle-flamme pour les bûchers. Mais lors des exécutions les sorcières et les sorciers, affaiblis, étaient dépouillés de leurs effets personnels dont de leur baguette. Et encore les bûchers n'étaient pas la seule sentence. La pendaison, la peine forte et dure ou encore la noyade.
Il finit sa marche devant elle et voyait avec précision son visage hideux déformé par la haine. Beaucoup retenaient leur souffle.
- Alors oui, je suis choqué madame la Grande Inquisitrice, je suis en colère qu'une sorcière puisse porter ce titre avec fierté sans aucune considération pour les nombreux morts. C'est une insulte envers notre histoire, nos ancêtres et surtout envers la magie !
Des applaudissements, un peu plus énergiques que les précédents, retentirent dans la grande salle, accompagnés de murmures excités. Cependant Dolorès refusait de perdre la face, elle représentait le ministère et ne pouvait pas faillir. Dès ses premiers mots le silence se fit de nouveau.
- Professeur Lowell, je comprends votre inquiétude à ce sujet mais, comme je l'ai précisé, nous approchons d'une nouvelle ère, de renouveau et de progrès. Je le conçois que ce titre vous paraît péjoratif mais il ne tient qu'à nous, sorcier et sorcière, de donner un nouveau sens à ce rôle. Un sens glorieux et honorable, déclara-t-elle d'une voix trop douce, perfide.
Cela se voyait qu'elle était rôdée à la politique mais Alexander s'apprêtait à répliquer, or Albus intervint. Il applaudit en se levant, son regard bleu pétillant posé sur les élèves. Les autres professeurs l'imitèrent mais avec moins d'entrain. Quelques élèves suivirent le mouvement.
- Merci beaucoup, Grande Inquisitrice, pour ce discours très éclairant, et à vous aussi professeur Lowell. Vous tenez à cœur l'enseignement et l'avenir des élèves, j'en suis ravi, dit-il en s'inclinant vers eux. A présent, comme je vous l'annonçais, les essais pour la constitution des équipes…
Alexander rejoignit sa place avec un sourire crispé et Umbridge se rassit avec un objectif bien clair : Trouver la faille chez cet importun pour le virer de Hogwarts.
Ahh quel plaisir de finir ce chapitre ! J'ai cru que j'allais finir chauve à force de m'arracher les cheveux. Là je suis en vacance donc j'ai pu enfin me concentrer dessus et c'était dur. Ma première difficulté : Luna, je l'adore infiniment mais elle n'est pas facile à écrire sans risquer de la faire OOC. J'espère franchement avoir réussi. Ensuite j'ai essayé de jongler avec un peu plus de point de vue pour notre plus grand plaisir et enfin j'ai essayé de ne pas trop sortir de la trame originale au début car sinon ça va être la merde.
Mais le résultat est là et je suis soulagée !
Donc Umbridge devient Grande Inquisitrice plus tôt, en même temps une simple inspectrice n'a pas énormément de pouvoir et l'opposition qu'elle a reçu lors de la réunion des profs a forcé l'avancement des plans.
Alex explose devant ça et c'est normal. Les américains sont hyper sensibles sur la chasse aux sorcières et l'inquisition. Dans Les animaux fantastiques il y a même une séparation nette entre non-maj et sorcier par peur. Il y a donc un sacré traumatisme des procès de Salem. Je ne pouvais pas le décrire en restant calme devant une inquisitrice.
Bref, de gros bisous et à la prochaine,
Aki Nekomata.
