Traduction : Tressym383

Relecture : Emiko Yure (AO3)

Résumé : Monoma prend une mauvaise décision [CW].


Bakugo avait besoin de frapper quelque chose. Fort. L'adrénaline qui bourdonnait sous sa peau n'avait nulle part où aller et il allait finir par exploser s'il ne trouvait pas d'exutoire.

"Comment c'était ?" Aizawa interrogea.

"Horrible, putain." il cracha. "Mais productif, j'imagine. Elle me déteste pas."

"C'est bien."

Il ne voulait pas parler de la thérapie pour le moment. Il avait besoin de se défouler sur quelque chose.

"Je veux plus être sur le banc de touche. J'en ai fini avec ces conneries de traitement particulier."

"Tu es sûr que c'est sage ?" Aizawa questionna.

"Y aura aucun problème si j'anéantis la classe B avant qu'ils décrochent un putain de coup." Il se délectait de l'adrénaline, il en avait absolument besoin aujourd'hui. "Si je peux supporter de voir ma putain de mère en thérapie, ça devrait être facile."

La classe B ne saurait même pas ce qu'il lui arrive.


Déjà à l'époque, Monoma ne pensait pas pouvoir être plus énervé par le favoritisme accordé par UA. Mais depuis, Bakugo Katsuki s'était fait enlever. Cette différence de traitement avait probablement été mise en place pour empêcher ses parents d'entamer des poursuites judiciaires, mais ça restait tout de même totalement rageant. Bakugo allait en cours seulement lorsqu'il en avait envie, il ne s'entraînait qu'avec ses partenaires favoris et une rumeur disait que vous n'étiez même pas autorisé à utiliser en combat des techniques que le connard n'aimait pas.

Alors, lorsque le grand et puissant Bakugo honora la plèbe de sa présence, il y vit une opportunité.

"Tu vas enfin m'affronter ?" il railla. "Ou tu vas continuer à te cacher derrière les profs ?"

"Tss." fut l'élégante réponse de son adversaire. Mais Bakugo redressa tout de même les épaules et se mit en position face à lui.

Les médias avaient découvert cette vidéo qui montrait tout juste quelques cris et s'étaient aussitôt amadoués. Ils n'avaient aucune idée de ce que c'était de vivre avec Bakugo. C'était un connard grande-gueule et condescendant qui n'avait l'air heureux que lorsqu'il faisait exploser une pauvre âme malchanceuse hors du terrain pour l'envoyer à l'infirmerie. Il ne méritait pas leur pitié. Au contraire, lui avait pitié de sa mère, qui avait dû le supporter pendant quinze ans.

Au coup de sifflet, Bakugo resta sur la défensive, comme Monoma s'y attendait. Ce salaud arrogant s'imaginait que son alter était le seul qui valait le coup d'être copié. Monoma retira sa main droite de sa poche et la posa au sol, où les ronces d'Ibara s'enfoncèrent. En quelques secondes à peine, les vignes firent irruption derrière son adversaire, s'enroulant étroitement autour de ses poignets, de ses chevilles et de son cou. En tant qu'expert obsessionnel de l'ennuyante classe A, il avait entendu dire que Bakugo avait un faible pour le bâillonnement dans sa liste si spéciale de choses-à-ne-pas-faire. Par bonne mesure, il éleva donc une vigne pour faire taire la grande-gueule.

Les étincelles commencèrent rapidement à apparaître. Il hésita à s'enfuir dès maintenant, mais il voulait absolument voir quelques secondes de plus de la réaction de la tête brûlée. Avec un peu de chance, les vignes enroulées autour de ses chevilles lui donneraient une longueur d'avance suffisante pour que Bakugo n'ait pas le temps de l'estropier avant que les professeurs n'interviennent.

Un cri étouffé accompagna les explosions croissantes. Il ne s'était honnêtement pas attendu à ce que l'autre garçon devienne aussi dément. Les vignes à ses poignets furent les premières à se faire désintégrer, rapidement suivies par celles à son cou et sur sa bouche. Trop rapidement, en fait. Les explosions mal contrôlées rendirent la peau de son cou rouge et brulée, tandis que ses mains étaient déjà cloquées avec la chair à vif. Le cri qui accompagna la dernière destruction des vignes, Monoma réalisa, n'était pas énervé, mais… terrifié.

Le regret appréhensif se transforma en culpabilité dévorante lorsque Bakugo chancela quelques pas et se plia en deux pour vomir, des larmes inévitables dans les yeux.

"Monoma ! Qu'est-ce que tu penses être en train de faire, bordel ?!"

Il ouvrit la bouche avant de la referma bêtement. Il se trouva poussé sur le côté alors qu'Aizawa le dépassait à la hâte pour rejoindre son élève blessé.

"Bakugo, tu es avec moi ?"

L'interpellé hocha la tête sans bouger de sa position, restant sur ses mains et ses genoux.

"Tu peux t'asseoir ?" Aizawa demanda doucement, bien plus précautionneux qu'il ne l'était habituellement. "Ou tu penses que ça te rendra à nouveau malade ?"

Bakugo répondit avec un autre haut de cœur et les bruits disgracieux qui suivirent.

"Je… Je voulais pas- " Qu'est-ce qu'il ne voulait pas faire, exactement ? Il avait totalement eut l'intention d'emmerder le gars, mais il ne visait pas... ça.

"Va chercher Kirishima." Aizawa ordonna. Il n'était même pas sûr de qui était « Kirishima » exactement, mais il pouvait deviner que c'était probablement le rouquin qui était tout le temps collé aux côtés de Bakugo. Il finit par le repérer en pleins combat de lutte avec Tetsutetsu.

"Kirishima !" Le nom sonnait étrange et faux venant de lui, mais tout semblait l'être à l'heure actuelle.

"Monoma ?" Les deux combattants s'arrêtèrent, toujours entortillés l'un autour de l'autre et manifestement confus sur la raison pour laquelle Monoma appelait un membre de la classe A avec autre chose que des insultes et de l'hostilité.

"C'est Bakugo." Il espérait que ça suffirait. Kirishima se trouva à ses côtés en quelques secondes.

"Qu'est-ce qui s'est passé ?" il demanda alors qu'ils se précipitaient à travers le terrain.

J'ai merdé.

Lorsqu'ils arrivèrent, Bakugo avait au moins réussi à arrêter de vomir. Il était recroquevillé avec la tête entre ses genoux, Aizawa accroupit à côté de lui. Kirishima se mit à genoux au côté opposé.

"Ça va ?"

"Je vais bien, Tête d'orties. Viens pas à mon secours à chaque fois que je reçois un coup ou une autre connerie du genre."

Il n'avait définitivement pas l'air bien.

"Tu peux repartir, Monoma." Aizawa lui intima froidement. Pour une fois, il ne discuta pas.

"Mec, qu'est-ce que tu lui as fait ?" Tetsutetsu questionna. Il les avait suivis par curiosité.

"Je pensais qu'il allait juste être énervé, pas que ça allait lui faire du mal." il marmonna.

Tetsutetsu sonda le terrain et repéra les restes calcinés des vignes. Il comprit aussitôt. "Monoma, t'es un putain de crétin !"

"Je pensais pas- "

"Bien-sûr, oui !" cria le mec à l'alter électrique et aux cheveux bizarrement méchés.

D'accord, j'ai eu tord, j'ai compris putain !

"Eh bien, il ne devrait pas être aussi prétentieux si- "

Oh.

Il atterrit sur ses fesses, le nez en sang suite au coup de poing du gars électrique.

"Kaminari !" Aizawa interrompit. "Recule, maintenant."

Le blond le regarda quelques secondes de plus avant de tourner les talons.

Étrangement, s'être fait frapper le fit se sentir mieux.


Kaminari n'avait pas osé s'approcher de Bakugo depuis l'incident de la vidéo. Jusque-là, le concerné ne l'avait même pas regardé, et il n'avait pas eu le courage de son côté de lui demander à quel point il lui en voulait.

Mais Monoma avait fini par faire cette connerie. Il avait seulement vu la fin des explosions et Bakugo s'effondrer, mais il avait tout entendu. Le mec avait l'air de se faire assassiner et Monoma était resté planté là, confus comme s'il n'en était pas la putain de cause. Aizawa et Kirishima avaient désormais la situation sous contrôle et il n'était pas sûr que Bakugo veuille le revoir un jour de toute façon, alors il décida qu'il avait un meilleur objectif.

Il n'était pas un bagarreur comme Bakugo l'était, il ne cherchait et ne s'attirait pas les ennuis aussi facilement qu'il respirait, mais il restait un héros en formation et il pouvait casser un nez lorsqu'il le voulait. Monoma tomba avec un craquement satisfaisant. Il envisageait d'envoyer un autre coup lorsque Aizawa lui ordonna de s'éloigner.

Bakugo semblait être passé d'une crise de panique à des pleurs abattus et frustrés.

"Il le savait, putain !" il divagua d'un air détaché et frénétique. "Que j'ai une putain de faiblesse colossale et que je perds mes moyens si facilement. Je me suis même pas battu décemment !"

"Surmonter ce genre de déclencheurs prend du temps." Aizawa essaya doucement de le rassurer. "Et ça ne se reproduira plus." Il lança un regard noir à Monoma, la propre attaque de Kaminari apparemment oubliée.

"Est-ce qu'il va bien ?"

Kaminari sursauta, n'ayant pas réalisé que Momo et Jiro s'étaient glissées derrière lui.

"J'en sais rien." il répondit honnêtement. "Ça va probablement être un gros pas en arrière. Je l'ai trahi il y a pas longtemps avec cette vidéo de merde, et maintenant quelqu'un utilise directement un traumatisme contre lui dans un combat. Donc j'imagine que non."

"Aïe." Jiro grimaça.

Un brouillard de flammes passa soudainement devant eux. Il l'identifia finalement comme étant Todoroki.

"Qu'est-ce que t'as fait ?!" il grogna dangereusement. Oh bordel, il pouvait être vraiment effrayant lorsqu'il le voulait. La silhouette de flammes et de rage surplomba Monoma, qui se recroquevilla sous la peur.

"Je vais bien, Double face." Bakugo avait réussi à se remettre sur ses pieds malgré les tremblements persistants. Était-il vraiment plus embarrassé qu'en colère ? Ça ne ressemblait pas au Bakugo qu'il connaissait.

"Fou-le en charpie, Todoroki !" Kaminari encouragea.

"Non." Aizawa ordonna. "Laissez les adultes s'en occuper."

"Vous allez vraiment le faire ?" Todoroki défia.

"Ça n'en restera pas là, promis." Son regard furieux envers Monoma indiquait qu'il le pensait réellement.

Bakugo garda les yeux rivés sur ses pieds pendant que leur professeur l'escortait hors du terrain.

"Qu'est-ce qui est arrivé à Kacchan ?" Midoriya arriva en panique.

"Demande à Monoma." Todoroki grogna, des flammes s'évasant à nouveau autour de lui.

"Rappelle-moi de ne jamais l'énerver." Kaminari chuchota à Jiro.

"De même pour toi, apparemment." elle répondit. "T'es celui qui lui a mis un coup."

"Ah, c'est vrai." Il sursauta face à la réalisation. Il venait juste de frapper un autre élève et il n'avait aucune idée de s'il devait déjà s'inquiéter des conséquences ou non. "Je suppose que oui."


Que la terre entière aille se faire foutre !

Ce putain de trouble débile l'avait fait se faire battre par ce putain de Monoma ! Son cerveau de merde ne pouvait déjà pas gérer certaines sensations et maintenant il était putain d'inutile !

"Bakugo." Aizawa était déjà à genoux, mais il se pencha davantage pour capter son attention. "Je ne sais pas comment Monoma savait ce qui allait t'affecter, mais ça ne se reproduira pas, je vais m'en assurer."

"On s'en tape, putain !" il sanglota de colère. "Même si vous demandez aux élèves de pas faire ce genre de merdes, vous pouvez pas empêcher les vilains de le faire ! Et s'ils le font, je vais juste- Juste perdre tous mes moyens."

"Tu es pris en charge depuis seulement une semaine." il lui rappela, la voix remarquablement sereine pour un homme qui criait il y a quelques minutes à peine. "Tu ne peux pas t'attendre à déjà aller mieux."

Kirishima était assis sur un banc à environ un mètre de là, attendant patiemment qu'il se reprenne.

"Tu peux retourner en cours, Tête d'orties."

"Tu veux que je le fasse ?" il demanda.

J'en sais rien.

"Je dois aller parler à Six et Nezu de certaines choses." Aizawa informa avant qu'il ne puisse répondre. "Kirishima, ça te va de rester ici avec lui ?"

"Aucun problème, monsieur !" il accepta.

Puis ils se retrouvèrent seuls. Simplement assis dans le vestiaire, avec son visage toujours complètement rouge et bouffi.

"Désolé, je continue de te faire supporter ça." Bakugo grimaça en le disant.

"Ne le sois pas." Kirishima répondit, le ton toujours plein d'entrain malgré la situation. "T'es mon meilleur ami."

"Je suis une putain de merde paumée, voilà ce que je suis." Il s'appuya contre le mur de briques froid.

"Tu fais face à beaucoup de choses. T'as le droit d'être un peu paumé pendant un moment."

"Je pense pas que j'arrêterais de l'être un jour." Bakugo confessa doucement. C'était la première fois qu'il exprimait cette peur avec des mots. "Si je finis pas par aller mieux... c'est pas grave si tu te lasses de gérer tout ça."

"Mec." Kirishima reprit brusquement. "Sois pas aussi sévère envers toi-même, ça fait qu'une semaine."

"Non." il marmonna. "C'est pas le cas."

"Eh bien... ouais, je sais que le traumatisme est pas nouveau." Il s'assit et croisa les jambes comme si la position pouvait l'aider à réfléchir. "Mais ça veut dire que t'as réussi à être le meilleur de la classe tout en faisant face à toute ta santé mentale seul pendant des années. T'as réussi jusqu'ici sans abandonner, t'es capable
de faire le reste du chemin. Tu seras superbe !"

"Plus Ultra." Il n'était pas certain de la nature exacte de l'acclamation épuisée, si elle était sarcastique ou non.

"Plus Ultra." Kirishima répéta doucement.

"J'ai raconté à Double face des trucs assez tordus l'autre jour." Il étira son genou crispé. "Je sais toujours pas ce que je ressens à ce sujet."

"Je pense que Todoroki peut gérer ça."

"Je sais." Ça ne le faisait pas se sentir moins étrange à ce propos.

"Quel genre de trucs ?" il demanda prudemment.

"Je lui ai dit que j'avais été violé par un putain de sadique fétichiste de l'étranglement."

"Oh." Kirishima pâlit. "Ouais, c'est assez tordu."

C'était sorti si abruptement, comme s'il était seulement capable de former les mots avec une couche de crasse qui rendait l'autre personne plus mal à l'aise que lui. S'il réussissait à prétendre que toute cette situation l'agaçait juste, il pourrait en parler comme si elle n'était qu'une histoire qu'il avait entendu de quelqu'un d'autre. Il pourrait prétendre qu'elle ne le concernait pas et qu'elle ne pouvait pas l'atteindre.

"Qui sait comment répondre à ça, putain ? « Ouch, ça craint, mec ». Y a rien à dire. Alors quel est l'intérêt d'en parler ?"

"De pas être seul avec, j'imagine." Kirishima supposa. "Et avec ça en particulier, peut-être que c'est bien d'être respecté par les gens qui le savent ?"

"Les gens me respectent déjà pas." Bakugo rappela avec amertume. "Et tout ce qu'ils ont vu, c'est le festival sportif et une dispute avec ma mère."

"Je te respecte." Kirishima refusait d'être entraîné dans sa spirale pessimiste. "T'es brillant et tu seras un grand héros."

"Je sais que t'es brillant, Katsuki."

Le penserait-elle encore si elle était au courant ?

"Hey, les gars." Kaminari appela depuis l'entrée du vestiaire. "Tout se passe bien ici ?"

"Va crever." Bakugo répliqua avec la même désinvolture distante dans laquelle il était tombé au cours de la conversation.

"Hey, Bakugo." Kaminari essaya de sourire, mais échoua. "Si t'es toujours énervé contre moi, je peux repartir. Je voulais juste vérifier si t'allais bien."

"T'as fait de ma vie un putain d'enfer. Les médias sont sur mon dos, les gens prennent mes parents en embuscade au travail et maintenant je dois parler à ma mère." Il le fixa, le faisant se tortiller d'inconfort. "Mais t'as aussi frappé Monoma. Donc j'imagine que ça équilibre le tout."

Son visage se fendit de joie et de soulagement. "Alors on est réconcilié ?"

"Ouais, Duracell. On est réconcilié."


[CW] crise de panique, flashbacks, automutilation « non volontaire », dissociation.

NAO : Ai-je précisé que je projetais BEAUCOUP de choses sur ce pauvre garçon ? Une vrai thérapie coûte cher et prend du temps cependant, alors voilà.