Traduction : Tressym383

Relecture : Emiko Yure (AO3)

NP : Hello ! Bon mois de septembre ? Perso la pause m'a fait tellement de bien ! Entre mon déménagement et la rentrée, je n'aurais certainement pas survécu sans krkrk.

Résumé : Aizawa prend en main une leçon importante.

NAO : J'ai l'impression que je viens d'écrire une putain de thèse pour l'histoire. Je vous jure que j'étais à deux doigts de faire une page de citations au format APA (*format éditorial pour les publications et écrits scientifiques, dans les domaines des sciences humaines et du comportement).


Bakugo fixait d'un air vide le mur morne du bureau quasi-officiel de Six depuis environ vingt minutes lorsqu'elle le poussa finalement à sortir de sa stupeur.

"Parle-moi, Katsuki."

C'est pas de ma faute.

"Katsuki."

C'est pas de ma faute.

Il cligna plusieurs fois des yeux, essayant de faire du monde qui l'entourait quelque chose de réel.

"Tu veux t'allonger le temps qu'Aizawa arrive ?" elle demanda. Il hocha la tête. Il la suivit ensuite jusqu'à l'infirmerie, puis se retrouva rapidement recroquevillé sur l'un des lits médicaux.

Elle lui parla doucement pendant un moment sans vraiment s'attendre à ce qu'il réponde. Le brouillard dans sa tête se dissipa petit à petit pour laisser à nouveau place à la réalité, attirée par le bavardage insensé à propos d'un nouveau challenge impliquant des personnes debout sur des poubelles. Elle n'était silencieuse que depuis quelques minutes lorsque Aizawa arriva.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" Il avait l'air inquiet.

"Rien de mal." Six répondit. "Juste une séance intense. Il est un peu assommé."

"Bakugo." Il s'assit sur une chaise et se pencha de façon à ce que leurs regards soient approximativement au même niveau.

"Hey, m'sieur."

"Comment ça s'est passé ?" il demanda.

"À peu près aussi bien que ça pouvait l'être avec ma mère." Il ne reconnaissait même pas sa propre voix, fragile et vidée de toute émotion.

"Tu as l'air épuisé." Aizawa observa.

"Quand j'étais petit, parfois je m'énervais tellement que ça suffisait à me fatiguer au point de devoir faire une sieste." il se remémora de façon distante. "Je me sens comme ça actuellement, sauf que… les sentiments sont pas de la colère. J'ai aucune idée de ce qu'ils sont."

"Selon Kirishima, tu t'étais tellement énervé que tu as dû aller dormir il y a tout juste quelques semaines."

"C'est un homme mort." il grogna, la contrariété le ressuscitant un peu plus de sa stupeur.

"Ne gaspille pas ton énergie là-dedans, petit." l'adulte le taquina.

"Allez vous faire voir." Il leva les yeux au ciel. "Vous êtes pas vraiment venu pour juste parler de ma mère, hein ?"

"En effet." il avoua, l'air soudainement plus sombre. "Mais si tu es trop fatigué, je peux te le demander plus tard."

"Je suis tout ouïe. Enfin, autant que mes oreilles le permettent." Il se redressa avec bien plus d'efforts que l'action aurait dû en prendre.

"J'aurais dû m'en occuper il y a plusieurs mois."

"Qu'est-ce qui va pas ?" Oh bordel, pourquoi sa voix était-elle comme ça ?

"Après l'incident avec Monoma l'autre jour, je pense que nous devons aborder ce qu'il s'est passé au festival sportif."

Nope.

"J'ai changé d'avis, je veux pas en parler."

"Bakugo."

"Très bien, quoi ?!"

"Je ne vais pas tourner autour du pot." il commença avec sévérité. "Des adultes t'ont assommé, enchaîné et muselé. Tous tes déclencheurs étaient réunis dans une terrible erreur et c'était injustifiable. Même sans ton histoire, ça l'était. Maintenant que je sais à quel point ça a dû te faire mal, c'est aberrant. Et au nom de l'école, je suis désolé."

Il crie dans la muselière, essayant de s'accrocher assez longtemps à la rage indignée pour bloquer la panique. Heureusement, il sait bien comment faire passer sa peur pour de la colère. Il hurle et hurle, mais ça ne change rien parce que personne ne se soucie de ce qu'il veut.

"Avec ta permission, j'aimerais faire une déclaration officielle pour condamner les actions de UA ce jour-là."

"Pourquoi ?"

"Parce qu'il y a encore des gens qui voient cet événement comme une tâche dans ton dossier plutôt que du nôtre. Il y a beaucoup de choses que je dois mettre au clair aujourd'hui, mais ça, c'est sûrement la plus importante."

Tout le monde le regarde, mais personne ne l'aidera parce qu'il mérite d'être là où il est. Il ne peut pas respirer. Ne mérite-t-il pas au moins de respirer ? Les visages du public semblent amusés. Avec le vilain boueux au moins, ils avaient l'air bouleversé de ce qu'il lui arrivait. Cette fois, la mort de sa dignité apporte quelque chose d'encore pire que la pitié : c'est divertissant. Il déteste tout le monde, même All Might. Il a beau crier, rien ne peut les faire le laisser tranquille. Il est piégé. Encore une fois.

"C'était tellement dégueulasse." il avoua dans une inspiration tendue. "Ils l'ont fait devant tout le monde. Personne se foutait de ce que je voulais. J'étais tellement énervé et je voulais juste- Je- je voulais disparaître."

"Je suis désolé." répéta Aizawa.

"Vous êtes pas celui qui l'avez fait." Pour sa santé mentale, il avait placé Aizawa loin de cet incident dans son esprit.

"Je les ai laissé faire." Les pupilles noires fixées sur lui refusaient de vaciller. "Je ne savais pas ce qu'ils prévoyaient, mais quand je l'ai vu, je ne suis pas intervenu. Je pensais que ce ne serait pas professionnel d'aller aussi publiquement à l'encontre des autres membres du personnel, mais j'avais tort. Tu es mon élève et j'aurais dû interférer pour toi. Je suis désolé."

Il aperçoit ce qu'il reste de visible du visage d'Aizawa et celui-ci n'a pas l'air amusé. Il a l'air furieux. Parmi tout l'auditorium, ce sont les deux seuls à se sentir ainsi.

Il hocha la tête, sa voix lui échappant à nouveau.

"Repose-toi, Bakugo." l'adulte ordonna. Son départ ressembla à celui d'un homme en mission.


Aizawa arriva face à une masse d'étudiants en train de chuchoter. Les classes A et B étaient moins entremêlées qu'habituellement, ce qui n'était pas surprenant après la tension provoquée par Monoma.

"ÉCOUTEZ !" il cria brusquement, faisant taire le bavardage. Il attendit quelques secondes encore pour que les retardataires puissent bien s'installer avant de commencer. "Au cours de ces dernières années, les intervenants de première ligne, en particulier ceux du SAMU et de la Police Départementale, ont commencé à recevoir une meilleure formation concernant la santé mentale. Cette sensibilisation est abordée dans le programme des héros seulement depuis peu et n'est généralement pas vu avant votre troisième année. J'ai reçu la permission de Nezu pour changer ça. Donc pour le reste de la semaine, au lieu de vous combattre, vous allez suivre un cours intensif sur les effets psychologiques du travail de héros."

La plupart des élèves relierait le changement soudain du programme à Bakugo, ça n'allait pas aider. Il allait devoir surveiller attentivement les représailles, mais il ne pouvait pas continuer à laisser ça de côté alors que sa classe continuait à être traumatisée.

"Quelle est la première situation sur le terrain qui vous vient à l'esprit où ces connaissances seraient utiles ?" il demanda à son auditoire.

Momo leva immédiatement la main.

"Prédire le comportement des civils est vital pour la gestion des catastrophes et des crises." elle répondit avec confiance. "Tout comme les sauveteurs doivent être préparés à ce que la personne qu'ils sauvent essaie de les noyer, nous devons être prêts à confronter un comportement irrationnel causé par le stress."

"Excellent, comme d'habitude, Yaoyorozu." Est-ce qu'il venait de dire ça à haute voix ? Punaise, il s'adoucissait. "Comprendre et gérer des réactions au stress est crucial pour pouvoir faire votre travail. Des civils ayant été exposés à des événements traumatisants peuvent réagir violemment si vous essayez de les forcer à coopérer. Ou alors ils pourront déjà être agités lorsque vous arriverez sur place. Vous devez savoir comment désamorcer la situation."

Quelques-uns semblaient réceptifs au message, mais la plupart se situaient quelque part entre la confusion et le scepticisme.

Ce cours aurait dû être fait le premier jour.

"L'instinct humain est de repousser ce qui nous arrive dessus." il expliqua. "Qui veut être mon exemple ?"

Lorsque personne ne se proposa, il saisit l'opportunité.

"Monoma, merci de te porter volontaire." Il essaya de ne pas sourire de manière trop évidente. Il avait dû sérieusement effrayer le gamin la dernière fois qu'ils avaient parlé, parce qu'il s'avança vers lui comme un condamné vers l'échafaud. "MONOMA !"

"OUI, MONSIEUR !" il cria en retour.

Avant que l'adolescent n'ait une chance de prendre ses repères, Aizawa le poussa à la poitrine. Monoma déplaça instinctivement son poids vers l'avant, n'ayant besoin de reculer que d'un demi-pas avant de retrouver son équilibre.

"Parfait." nota Aizawa. "Rassied-toi."

"O-okay." Monoma retourna à sa place, complètement confus.

"Si quelqu'un nous confronte, que ce soit physiquement ou verbalement, nous répondons par automatisme de la même façon. Je crie, Monoma crie en retour. Je le pousse, il résiste. Vous devez combattre cet instinct. Shoji, viens ici et pousse-moi."

L'interpellé obéit à son appel, puis hésita.

"Ne te retiens pas." il ordonna. "Viens, fais-moi bouger de cette place."

Shoji élança son imposante masse sur lui. À l'instant où l'adolescent entra en contact avec lui, Aizawa recula et fit un pas sur le côté, les bras guidant le garçon pour qu'il le dépasse. Celui-ci trébucha de quelques pas.

"Je suis sûr que vous avez déjà vu un équivalent de ce mouvement pendant l'entraînement. Mais vous n'avez pas besoin de faire perdre son équilibre ou de plaquer votre opposant pour le rediriger, vous pouvez simplement le laisser aller dans la direction dans laquelle il va."

Shoji hocha la tête et s'inclina respectueusement avant de retourner à sa place. Tellement poli.

"Si quelqu'un élève la voix sur vous, n'élevez pas la vôtre en retour. Baissez-la. Neuf fois sur dix, la personne reviendra au volume de départ simplement parce que si elle continue de crier, elle ne saura pas ce que vous dites, et ça lui donnera l'impression d'être désavantagée."

Il leur laissa une minute pour assimiler la nouvelle information avant de reprendre :

"MONOMA !"

"OU- oui, monsieur ?"

"C'est mieux."

Ces gamins avaient déjà vu de vrais combats et il les embêtait encore avec des bases comme celles-ci.

"Lorsque la situation le permet, donnez-lui de l'espace, faites des mouvements lents et essayez de la raisonner. Malheureusement, ce n'est pas toujours possible." Il avait leur attention désormais, les regards ennuyés et tournés en direction de leur téléphone caché sous les tables avaient disparu. "Vous avez tous appris à attraper l'ennemi pour le restreindre. Parfois, vous allez devoir restreindre des gens que vous ne voudrez pas blesser. Il y a dans ce cas des prises que vous pouvez utiliser qui sont moins susceptibles de causer de la panique ou des blessures. Kirishima, Tetsutetsu, levez-vous."

Comme les deux adolescents étaient déjà des partenaires d'entraînement à l'aise l'un avec l'autre, les choses se mirent facilement en place pendant que Aizawa les guidait.

"Kirishima, tiens-toi derrière Tetsutetsu et croise tes bras sur les siens. Tu vas garder tes mains ouvertes pendant toute la manœuvre, aucune prise avec les doigts fermés. Voilà comme ça, vous devez avoir l'air d'adolescents qui font la tronche. Maintenant, plaque ses bras contre sa poitrine avec les tiens. Pour finir, tu vas faire un pas en arrière avec juste un pied pour que tu puisses garder ton équilibre, contrairement à Tetsutetsu qui, lui, reste debout seulement parce qu'il est appuyé contre toi. Rien n'est censé faire mal, mais tu devrais aussi être assez bien bloqué."

Tetsutetsu hocha la tête en guise de confirmation.

"Kirishima, si tu te mets à genoux, il n'aura pas d'autre choix que de descendre au sol avec toi. Vas-y doucement, ton objectif est toujours de ne pas lui faire mal."

Kirishima obéit et la tâche sembla bien trop facile avec l'athlétisme de ses choix d'exemples. Il allait peut-être devoir faire pratiquer des élèves plus maladroits.

"C'est à ce moment-là que la plupart des gens commencent à comprendre que rien de mal ne va leur arriver. Vous vous calmez simplement sur le sol dans une étreinte d'ours, qui devrait finalement être plus ennuyante que terrifiante." Il hésita avant d'ajouter l'addenda. "Il y aura des exceptions. Les personnes qui sont sensibles au toucher, en particulier les victimes d'abus physiques ou sexuels, détesteront absolument ça. Mais parfois, vous n'aurez pas de meilleure option."

Il fit pratiquer quelques autres élèves avant de passer à la suite.

"Vous devez être en mesure de distinguer les ennemis dangereux des civils qui sont violents parce qu'ils sont malades ou effrayés. En soit, il faut juste prendre le coup. Actuellement vous avez l'opportunité de l'apprendre lorsque vous travaillez avec un héros plus expérimenté. Des situations peuvent devenir délicates, et parfois elles vous forcent à faire un choix. Comme l'exemple de Momo avec les victimes de noyade qui essayent de noyer leurs sauveteurs, quelqu'un peut être relativement innocent et pourtant vouloir légitimement vous tuer. Vous devrez prendre des décisions difficiles."

L'atmosphère joviale qui s'était installée après avoir vu Tetsutetsu et Kirishima s'étreindre passionnément pendant vingt minutes s'évapora immédiatement.

"Tout ce que vous venez d'apprendre ne s'applique pas qu'aux civils. Être un héros est un job difficile. Tout le monde ne peut pas le supporter. Ceux qui le peuvent vont connaître des hauts et des bas. Lorsque vous poussez vos limites, vous devez être là les uns pour les autres, ou vous n'y arriverez pas."

Il leur faisait peur, il le savait, mais ils méritaient de comprendre les risques qu'ils prenaient.

"Le trouble le plus courant associé à notre profession est celui du stress post-traumatique, le SSPT. Vous allez tous y faire face dans une certaine mesure à un moment donné, la question n'est donc pas de savoir si, mais quand. Si ce n'est pas chez vous, vous le verrez chez l'un de vos amis. Vous devez être capable de reconnaître les signes et savoir quoi faire. Ainsi que ce qu'il ne faut pas faire."

Ils étaient désormais plus nombreux à comprendre pourquoi ce cours avait lieu.

"Les causes les plus courantes sont les combats, les catastrophes naturelles, les accidents, les mouvements de foule, les abus et les agressions. En tant que pros, vous serez exposé à la fois aux catastrophes de grandes envergures et aux violences humaines dans le cadre de votre travail. Une exposition répétée au stress augmente les risques de conséquences néfastes sur vous-même."

Ça n'aurait pas de sens de se retenir maintenant. Si ces gamins devaient non seulement être des premiers secours, mais aussi les meilleurs des meilleurs, ils devaient savoir dans quoi ils s'engageaient.

"Bien que les accidents et les catastrophes naturelles puissent être tout aussi dangereux que la violence humaine, ceux qui subissent des traumatismes involontaires sont beaucoup moins susceptibles de développer un SSPT. Parmi les victimes de violences d'origine humaine, il y a encore de sérieuses disparités. Alors qu'environ douze pourcents des vétérans sont touchés, la moitié des victimes de viol répondent aussi aux symptômes des SSPT. Les personnes avec ce trouble encourent un risque élevé de dépression, d'anxiété généralisée, de problèmes de toxicomanie et de suicide."

C'était pas comme s'il aimait casser l'ambiance, mais qui d'autre allait faire ce cours à sa place ? Vlad ? Mic ? All Might ? Non, être d'un pragmatisme impitoyable était son domaine, il leur devait ça.

"Les symptômes sont répartis en quatre groupes. Généralement, le genre que vous voyez dans les films est celui des souvenirs intrusifs. Un élément qui vous rappelle un événement traumatisant peut provoquer des réactions physiques, comme l'accélération de votre rythme cardiaque. Certaines personnes ont l'impression de revivre le traumatisme, qu'elles soient réellement en danger ou non. L'exemple courant est celui d'un vétéran qui confond le moteur d'une voiture qui pète pour un coup de feu. Les cauchemars et les troubles du sommeil sont aussi fréquents."

Bakugo ne lui avait pas parlé de cauchemars, mais s'il se basait sur l'observation de Recovery Girl selon laquelle il ne dormait pas, il pouvait deviner que ça lui posait aussi problème.

"Le deuxième plus télévisé est celui du changement dans le comportement. Être sur ses gardes et facilement surpris sont les effets les plus évidents, mais beaucoup ont aussi des troubles de concentration. Celui dont on parle le moins est la mauvaise régulation émotionnelle. Elle se traduit souvent par un comportement imprudent ou une absence de contrôle sur la colère et l'agressivité. Lorsque vous êtes sur le terrain, vous ne pouvez pas vous amuser à surprendre les gens ou faire des farces, parce que certains de vos collègues vont avoir des réflexes mortels."

Il jeta un regard significatif à Monoma, qui avait l'air consciencieusement honteux.

"Ce que vous remarquerez probablement en premier dans le monde réel, c'est l'évitement. Ce sera un sujet ou un incident dont la victime ne parlera pas et ne fera rien qui y sera associé. Ça peut être un événement, un lieu ou une personne. Elle évitera souvent de même y penser, parfois à un niveau subconscient si profond qu'elle ne se souviendra même pas de ce qu'il s'est passé."

Bakugo était l'exemple parfait de ça. L'esquive était la seule compétence sociale qu'il maîtrisait réellement.

"Les plus durs à remarquer sont les idées noires. Je parle de celles dirigées envers soi-même, les autres, sur le futur ou le monde en général. Le genre cyniques typiques de la dépression, une sorte de désespoir. Ça implique souvent un sentiment d'isolement par rapport à la famille et aux amis. C'est comme si, même lorsque vous êtes physiquement proche d'eux, vous étiez à part. Les victimes peuvent avoir du mal à se soucier ou profiter de quoi que ce soit. Elles peuvent avoir le sentiment d'être dans un endroit vraiment sombre en étant sans arrêt engourdies, sauf lorsqu'elles sortent de cette léthargie à cause de la panique. Vous devez communiquer les uns avec les autres avant que ça ne devienne aussi sévère."

Il les avait complètement terrifiés à ce stade.

"Toutes les personnes qui traverseront ce genre d'événement ne vont pas faire face à ça. Les gens réagissent différemment. Il y a des différences selon les cultures et les groupes sociaux. La distinction la plus étudiée est celle du genre. Après une agression physique, les femmes répondent vingt fois plus souvent aux symptômes que les hommes. Par contre, après un viol, soixante-cinq pourcents des hommes développent des SSPT contre quarante-six pourcents des femmes. Les gens sont différents. Vous ne saurez pas comment vous réagirez avant de le vivre. Quand ce sera le cas, j'ai besoin que vous sachiez, tous, que vous pouvez être aidé."

Avec un profond soupir, il confirma finalement l'évidence.

"Je suis sûr que vous savez tous que ce cours n'est pas venu de nulle part. Récemment dans ce cours, j'ai été témoin d'un comportement absolument inacceptable. Je ne vais nommer personne, le ou la concerné se reconnaitra. Je vais attribuer cet incident à l'ignorance. Mais maintenant que vous avez été informés, si jamais je vois l'un de vous utiliser à nouveau un déclencheur traumatique sur quelqu'un, je veillerai à ce que cette personne soit non seulement expulsée de UA, mais aussi révoquée de toute autre école de héros. J'ai des relations haut placées, ne pensez pas que ça m'est impossible."

Première mission, accomplie.

"Vous pouvez y aller."


NAO : J'espère que ce n'était pas trop indigeste. Le prochain chapitre ne ressemblera pas à un manuel scolaire, promis.

NP : Eh bien cette reprise se voit marquée par ce chapitre très détaillé. Mais tout ce qui y est expliqué est vrai, c'est donc des infos qui peuvent VOUS servir ! Tout ce qu'on aime. D'ailleurs, je ne l'ai jamais précisé, mais SSPT est la traduction (officielle) de PTSD (post traumatic stress disorder), qui est une appellation peut-être plus familière.