Traduction : Tressym383

Relecture : bb_cham, Zodiaaque

Résumé : Bakugo tente d'assimiler de nouvelles informations.


La journée de la veille avait été la meilleure qu'il avait passé depuis des mois. Ce qui rendit la situation absolument exaspérante lorsqu'il se réveilla avec le sentiment de préférer mourir plutôt que de sortir du lit.

Pas encore.

Lorsqu'il se réveilla une seconde fois une demi-heure plus tard, le désintérêt épuisé s'était transformé en quelque chose de plus semblable à de la terreur. Comme si l'idée de vivre un jour de plus était une tâche insurmontable pour laquelle il n'avait tout simplement pas l'énergie. L'idée de sortir de sa chambre lui tiraillait l'estomac. Il se sentait tellement… incapable.

Sa visite chez ce crétin de psychiatre n'avait certainement pas aidé.

"Quelle est la quantité de boissons alcoolisées que vous consommez par semaine ?"

"Avez-vous déjà eu des pensées ou des sentiments exprimant un désir de ne pas vouloir continuer à vivre ?"

"Avez-vous déjà subi des abus physiques ou moraux ?"

Il avait quitté la salle à cette question et n'avait été doucement persuadé d'y retourner que par une infirmière particulièrement patiente.

Il ne voulait plus y penser.

Une petite voix au fond de son esprit cria « à l'aide ! » et il pressa l'oreiller sur sa tête pour la faire taire. S'il parvenait à attirer l'attention de Tête d'orties cependant, l'idiot et son stupide visage bienheureux lui donneraient peut-être un peu de motivation.

Moi :

Et si j'acceptais le fait que je ne serais jamais le héros que je voulais être et restais au lit toute la journée ?

C'était pathétique et larmoyant. Il se détestait de faire ça.

Peut-être que tu devrais prendre les putains de pilules.

Lorsque Six l'avait convaincu de voir un professionnel pour un traitement médicamenteux, il avait dit au connard d'aller se faire voir, mais plus il passait de temps à se sentir ainsi, plus il reconsidérait son choix.

Kirishima :

Déjà, tu vas devenir un grand héros, et même si ce n'est pas le cas, ça ne veut pas dire que ce sera moins bien. Ensuite, tu peux avoir un jour de pause si tu en as besoin, mais ne reste pas juste au lit toute la journée en étant triste

Moi :

Je ne suis pas triste

Kirishima :

J'arrive

Il se pencha sur son bureau pour pouvoir atteindre et mettre au moins l'un de ses appareils auditifs afin d'entendre le futur coup à sa porte.

Depuis qu'il avait accepté leur nécessité, il avait fait un virage à cent-quatre-vingts degrés les concernant. Il était passé d'un refus total de les porter à une difficulté de les enlever lorsque la nuit tombait. Maintenant qu'il savait à quel point il ne pouvait pas entendre, sa paranoïa exigeait qu'ils soient allumés tout le temps. Sa porte devait être verrouillée, barricadée et sécurisée avant qu'il ne les retire.

En parlant de la porte.

Lorsque Kirishima frappa enfin, il sauta de son lit pour retirer sa barricade nocturne. Un peu de réarrangement, une insulte ou deux, et la porte s'ouvrit sur un rouquin tenant un ensemble de bonbons épicés en offrande.

"Le Bakugo grincheux matinal ne peut être si grognon que lorsque je lui amène des bonbons." Kirishima s'exclama. Bakugo soutint son regard quelques secondes, avant de saisir la boîte et d'en envoyer un directement dans sa bouche.

"T'es autorisé à vivre un jour de plus." il proclama.

"Outre le fait qu'il soit sept heures et qu'on est déjà réveillé, qu'est-ce qui est si terrible ce matin ?"

"Absolument rien." il se lamenta avec frustration. "Rien de mal est arrivé, tout va bien, je me souviens même pas de mes cauchemars. Il y a aucune putain de raison pour que je me sente comme de la merde, c'est juste le cas."

"Je pense que c'est un peu comme ça que les maladies mentales fonctionnent." déclara Kirishima.

"Dis pas ça comme ça." il claqua.

"Comme quoi ?" le carmin demanda, perplexe.

"Dire que je suis « mentalement malade »." il clarifia amèrement. "Ça donne l'impression que je suis taré."

"Non, c'est pas le cas." contredit Kirishima.

"Comment tu te sentirais si les gens venaient vers toi en disant que tu es mentalement malade." le tempérament de Bakugo s'enflamma.

"J'aurais le sentiment qu'ils déclareraient un fait." il répondit. "Je le suis."

"Tu... Tu l'es ?"

"Ma mère s'est vraiment inquiétée pour moi au collège. Elle m'a emmené plusieurs fois chez un psy et il m'a diagnostiqué une dépression. C'est pas aussi grave maintenant, mais ce diagnostic s'applique toujours pour moi."

"Oh."

"Ouais."

"C'est juste que… la dépression et l'anxiété sont les plus communes." Bakugo pensa à haute voix. "Je les ai aussi, avec un SSPT en plus, et ils ont mentionnés d'autres hypothèses comme « bipolaire » et « personnalité borderline ». Je sais même pas quelle est la putain de différence entre les deux, mais ils ont tout autant l'air horribles. Je crois qu'il y avait aussi un truc sur des traits narcissiques ?"

"De ce que je me souviens de la petite amie de ma mère, la bipolarité est une chimie cérébrale bizarre qui fait que ton moral passe d'euphorique à dépressif en l'espace de, genre, des semaines. Le trouble borderline est dû à un traumatisme qui fausse l'image qu'ont les gens d'eux-mêmes et tout ça."

"Ils ont toujours l'air putain d'horribles."

"Savoir ce qui ne va pas ne va pas aggraver les choses." Kirishima haussa les épaules.

"Je peux pas être un héros si je suis complètement fou." il argumenta obstinément.

"Peu importe ce qu'ils te diagnostiqueront, tu seras toujours le même gars que tu étais en arrivant ici."

Ça faisait sens, mais la perspective d'être diagnostiqué avec un « il y a quelque chose qui ne va pas du tout chez toi » le terrifiait toujours. Les gens lui feraient-ils confiance pour faire des tâches importantes si tout le monde savait qu'il était malade ?

Sa rage contre ceux qui avaient déjà essayé de le réparer s'évanouit sous la terrifiante réalisation qu'ils avaient peut-être raison.

"Yo, Bakugo ?" reprit Kirishima, inquiet. "Ça va ?"

"J'ai besoin de passer un coup de fil."

Il prit presque la fuite avant de se souvenir qu'ils étaient dans sa chambre. Kirishima lui proposa de le laisser seul. L'un d'eux au moins était une personne correctement socialisée et fonctionnelle.

Six répondit à la troisième sonnerie, le sommeil s'accrochant à son « Allô ? » groggy.

"Salut, Lampe à lave."

« Bakugo ? » Elle sembla instantanément plus éveillée. « Qu'est-ce qui ne va pas, tu vas bien ? »

"Je crois que je suis fou." il déclara sans détours.

« Je suppose que la visite chez le psychiatre ne s'est pas bien passée ? »

"Il pense que je suis un putain de cinglé."

« Il a dit ça ? » elle demanda, comme si elle ne connaissait pas déjà la réponse.

"Eh bien, non, mais- Il parlait des étiquettes qu'il voulait me donner et… je suis pas si fou !"

« Tu parles de possibles diagnostiques. » elle déduit.

"Ouais, les deux parmi ceux en B et un avec des « traits narcissiques », et, okay, je suis un peu arrogant, mais je me suis amélioré et c'est pas comme si je pouvais pas revenir sur ce que je dis- "

« Bakugo, respire. »

Il obéit à contrecœur.

« Ce que j'en retiens est quelque chose que je sais déjà. » elle reprit avec un calme lent et délibéré. « Tu as des hauts et des bas extrêmes, et ces changements d'humeur sont étroitement liés à la façon dont tu te perçois. Quand tu es euphorique, tu penses que tu es indestructible, le meilleur qui soit. Quand tu es déprimé, tu penses que tu ne pourras jamais être à la hauteur des standards que tu t'es fixés et que c'est absolument inacceptable. Ce genre de pensées en noir et blanc est une caractéristique du trouble de la personnalité borderline, c'est pourquoi le psychiatre l'a mentionné. »

"Vous pensez que ma personnalité est déséquilibrée ?!" Il ne savait pas comment décrire ce qu'il ressentait d'une autre façon que « screaming internally* ».

« Ce que je vais dire va être un peu compliqué, donc j'ai besoin que tu m'écoutes jusqu'à la fin. » Elle fit une pause assez longue pour être sûre d'avoir son entière attention. « Tu corresponds aux critères du diagnostic du trouble de la personnalité borderline. C'est ainsi que la filière psychiatrique moderne te diagnostiquerais. »

"C'est commun parmi les victimes d'abus sexuels."

Merde, il ne voulait pas que le psychiatre ait raison. Il ne voulait pas entendre que la chose qu'il essayait de nier avait brisé toute sa putain de personnalité.

« Je pense cependant que les troubles de la personnalité sont des bêtises. » poursuivit Six. « Ils ne prennent pas en compte que les gens peuvent beaucoup changer. Beaucoup ne changeront pas, mais ils le peuvent. Surtout les plus jeunes. Personnellement, je pense que le trouble de la personnalité borderline est une forme de SSPT complexe qui utilise un ensemble de stratégies d'adaptation particulièrement défensives pour l'égo. Un schéma de pensées peut être soigné, ce n'est pas une condamnation à vie. Ta personnalité n'est pas défectueuse. Tu as de nombreux mécanismes d'adaptation malsains qui influencent grandement ton comportement et ton identité, mais ce n'est pas tout ce que tu es. »

Mais ça ne pouvait pas être correct. Le trouble borderline était la maladie de l'ex-petite amie folle alors que lui détestait les gens de manière générale.

"J'essaye pas à tout prix d'éviter l'abandon !" il soutient, la liste des symptômes du DSM-5* qu'il avait recherché sur Google gravée dans sa tête.

« Pas en apparence. » elle convient. « Mais seulement parce que tu refuses de laisser les gens être assez proches pour que leur opinion compte pour toi. La seule personne que tu autorises à ce titre est Kirishima, et quand tu penses trop partager avec lui et perdre son respect, tu pars immédiatement en spirale de façon très autodestructrice. »

Merde.

Elle continua sur sa lancée.

« Soit tu me dis que c'est un perdant de merde agaçant qui est nul en maths, soit que c'est la meilleure personne que tu n'aies jamais rencontrée et que tu ne le mérites pas. Tu veux lui dire à quel point il est important pour toi, mais tu es terrifié de l'admettre parce que tu penses que tu vas finir par tout gâcher. Tu as peur qu'il soit trop proche, mais tu le veux aussi plus proche. Tu as peur que les gens t'abandonnent, Bakugo, tu gères juste ça en repoussant tout le monde avant que les gens puissent le faire. Laisser les autres se rapprocher va être compliqué pour toi. Tu vas avoir des émotions intenses que tu ne sais pas gérer. C'est pas grave. Appelle-moi juste avant de faire quelque chose de stupide. »

"Je veux pas de ça." il gémit misérablement, comme si son mécontentement pouvait faire disparaître tout ça.

« Je sais. » elle répondit doucement. « Mais tu vas t'en sortir. »

"Merci, Hallmark*." il leva les yeux au ciel.

« Je ne m'attends pas à ce que tu me crois. » elle accepta. « J'espère juste que tu es enclin à essayer. »

"Ouais, ouais. Je vous verrai en cours, Mood Ring."

Il raccrocha avant qu'elle ne puisse répondre et afficha à nouveau la liste des symptômes, ignorant les points sur les « relations instables ».

Instabilité persistante de sa propre image ou de son estime.

Peut-être ? Il avait tendance à penser qu'il était mieux que tout le monde, mais aussi un gâchis d'oxygène pathétique. Il savait qu'il était… doué dans certaines choses ? Était-ce la même chose qu'une identité ?

Impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement autodestructeurs.

D'accord, il pouvait être imprudent, mais quel adolescent ne l'était pas ?

Menaces, gestes ou comportements suicidaires récurrents ou comportement favorisant l'automutilation.

Il ne le faisait pas si souvent.

Instabilité affective due à une forte réactivité de l'humeur (ex : irritabilité intense, ou anxiété qui dure généralement quelques heures et rarement plus de quelques jours).

Il n'était pas sûr de ce que cette putain de phrase essayait de lui dire, mais irritabilité était applicable actuellement.

Sentiment de vide chronique.

Quel était le rapport avec tous les autres points ?

Idées paranoïaques transitoires liées au stress, ou symptômes de dissociation sévères.

La barricade supplémentaire sur sa porte se moquait de lui désormais.

Colère intense et inappropriée, ou difficulté à la contrôler (ex : manifestations fréquentes d'agressivité, colère constante ou querelles physiques récurrentes).

...Merde.

"Bakugo ?" appela Kirishima en réapparaissant dans l'embrasure de la porte. "Qu'est-ce tu fais ?"

Je fais face aux profondeurs angoissantes de ma propre fragilité.

"Je lis."


Midoriya Inko était heureuse pour son fils, vraiment, mais UA pourrait sûrement le partager de temps en temps. Après des semaines à se plaindre, Izuku lui avait finalement fait une offre : s'il était trop occupé pour quitter l'école, elle pouvait y venir. Il fallut trois personnes différentes pour vérifier sa carte d'identité avant qu'elle ait finalement le droit de se déplacer librement. Elle se tenait désormais devant l'internat, attendant d'accaparer son fils une heure ou deux le temps de dîner et de rattraper leur temps perdu.

"Izuku, je suis là." elle informa au téléphone.

« Je dois aller chercher deux trois trucs, Todoroki va venir t'ouvrir. »

« Todoroki », elle connaissait celui-là. Il était le dernier ajout à la liste des noms évoqués par Izuku lorsqu'il parlait, mais il était rapidement devenu le plus mentionné. Izuku était étrangement réservé en ce qui concernait sa famille, sachant à quel point il adorait clairement le garçon. Lorsqu'elle lui avait demandé s'il était le fils d'Endeavor, il avait eu ce regard triste mais protecteur.

"Bonjour, Todoroki." elle salua chaleureusement. "Ça fait plaisir de te revoir."

Il hocha la tête en s'inclinant légèrement, aussi poli que son silence puisse l'être.

"Désolé, Izuku t'a embarqué dans sa mauvaise gestion du temps."

"Ça ne me dérange pas." il répondit sérieusement. "Izuku m'a apporté plus que je ne peux rendre."

Il est si rigide.

"C'est gentil de ta part." elle complimenta. "Ça ne posera pas de soucis si une vieille dame entre quelques instants ?"

"Le personnel est régulièrement admis à cet étage." il répondit platement. Elle entra dans une salle commune ouverte et repéra rapidement un visage qui avait autrefois été presque aussi familier que celui d'Izuku.

Bakugo Katsuki lui en avait fait voir de toutes les couleurs au fils des années. L'admiration aveugle d'Izuku et son estime de lui brisée étaient une combinaison terrifiante. Toutes les histoires d'enfants victimes d'intimidation qui mettaient fin à leurs jours en se pendant ou en faisant des overdoses avaient hanté ses nuits et elle était convaincue que Katsuki aurait été à blâmer. Encore et encore, son fils rentrait à la maison brûlé et couvert de bleus, seulement pour prendre la défense de son agresseur. Elle avait reconnu à l'époque ce visage triste et protecteur, mais elle ne l'avait pas tout de suite compris. Elle pensait qu'Izuku mentait pour éviter des représailles de Katsuki. Elle comprenait désormais que c'était la colère de Mitsuki que son fils craignait. Mitsuki n'aurait jamais fait de mal à Izuku, elle le savait, mais concernant Katsuki… elle ne voulait pas y croire.

"Ça ne s'est pas très bien passé à la journée des portes ouvertes. Tu les avais déjà vu se disputer comme ça ?"

« Pas vraiment avec Masaru. » Izuku répondit avec hésitation. « Mais les disputes entre Kacchan et tante Mitsuki se passent assez mal. »

"Les infos disent que Mitsuki fait l'objet d'une enquête." elle aborda prudemment le sujet. "Je me demandais si tu avais une opinion à ce sujet."

Elle s'était attendue à une réponse évasive, peut-être une excuse pour changer de sujet. Mais à la place-

« Elle le frappe. Violemment. »

Des années d'amitié l'avaient aveuglée sur le comportement incontrôlable de Mitsuki. Ça, et sa propre colère contre le garçon pour ce qu'il faisait à Izuku.

« Elle le mettait aussi à la porte et- Des choses vraiment graves se sont passées. Il ne va pas bien. »

"Izuku, qu'est-ce qu'il se passe ?"

« Aizawa s'en occupe. »

"Salut, Katsuki." Elle força un sourire amical.

Il l'étudia comme s'il cherchait où se trouvait le piège.

"Ça fait plaisir de te revoir."

"Vraiment ?" il répliqua avec scepticisme avant de disparaître dans les escaliers. Apparemment leurs progrès de la dernière fois n'avaient pas été acquis.

Finalement, Izuku descendit les escaliers en sautillant, la veste à moitié enfilée et l'une des chaussures dénouée.

"Vraiment, Izuku, Todoroki est ton ami, pas ton majordome." elle taquina.

"Désolé !" Il s'inclina vers elle puis vers Todoroki.

"Ce n'est pas nécessaire." déclara ce dernier avec un signe de la main distant. "Passez une bonne soirée."

Elle devait adopter ce garçon. Elle ne connaissait pas les détails de sa vie familiale, mais sa politesse stricte combinée au comportement d'Izuku n'en donnait pas une bonne idée.

Après tout, la dernière personne à qui elle avait accordé le bénéfice du doute était Mitsuki.

Izuku la conduisit vers une petite échoppe de ramen non loin de l'école. Elle n'arrivait pas à se décider si elle devait être rassurée par sa prudence financière ou mécontente de ses habitudes alimentaires. Au moins, il avait commandé quelque chose avec des œufs durs et un légume dedans.

"On dirait que tu es bien occupé." elle commença. "À chaque fois que je t'envoie un message, tu es en train de faire quelque chose."

"La vie ici a été assez mouvementée ces derniers temps." il confirma.

"Rien dont je dois m'inquiéter ?"

Il haussa les épaules. Le visage du je-ne-devrais-pas-lui-dire de retour.

"Comment va Katsuki ?" elle présuma. Le silence lui répondit. "Qu'est-ce qui ne va pas ?"

"Je pense qu'il s'est à nouveau fait du mal." Il soupira lourdement. "C'est ce que ça signifie en général quand il porte des manches longues."

Il s'est quoi ?

"Est-ce... Est-ce que c'est quelque chose qu'il a déjà fait auparavant ?" elle demanda prudemment, pas certaine de l'avoir bien entendu.

"Il le fait depuis le collège." Izuku répond, n'offrant aucune autre explication.

"Comment ?"

Était-ce insensible à demander ?

"Avec son alter. Il se brûle. Il est droitier, donc son bras gauche est toujours dans un plus mauvais état que l'autre."

À l'entendre, Izuku n'était pas seulement au courant, mais avait aussi connaissance des détails… Pourquoi ne le lui avait-il jamais dit ?

"Tu sais que tu peux me parler, n'est-ce pas ?"

"C'est pas vraiment à moi de le faire." il soutint, une partie de sa douceur habituelle s'en allant. "Je lui ai dit qu'il fallait qu'il le dise à Aizawa ou je le ferai et… je pense que je vais vraiment devoir exécuter cette menace. Comme s'il ne me détestait pas déjà assez."

"Tu es le seul à le savoir ?" elle demanda.

S'il-te-plaît, dis-moi non.

"Pour cette fois, ouais. Mais Aizawa et Kirishima savent que c'est un problème."

Inko avait longtemps soupçonné qu'il y avait en Katsuki davantage que les conséquences du tempérament de sa mère, mais elle ne s'était pas attendue à… ça.

"Tu prends la bonne décision en le disant à ton professeur."

Elle put presque sentir Izuku se renfermer à la seconde où la phrase quitta sa bouche.

"Ouais, peut-être cette fois-ci. Mais Aizawa n'est pas un professeur ordinaire."

"Tu dis ça comme si les professeurs ordinaires étaient mauvais." Elle commençait vraiment à s'inquiéter désormais.

"Ils ne font rien."

C'était sombre et amer, tellement différent de lui.

"Izuku… s'il-te-plaît, parle-moi." elle supplia.

"Nos professeurs au collège… Ils se moquaient de ce qu'on se faisait l'un à l'autre, ils n'ont même jamais dit à Kacchan d'arrêter. J'aurais dû savoir qu'ils ne feraient rien pour ce qu'il se passait en dehors de l'école s'ils n'intervenaient déjà pas pour ce qu'il se passait pendant les cours. C'était stupide."

"Tu avais essayé d'avertir quelqu'un sur le comportement de Mitsuki." elle déduit.

"Ouais." Il souffla doucement. "Ça a juste servi à énervé Kacchan. Je me demande... Si je n'avais pas fait ça, peut-être que les choses n'auraient pas été si mauvaises entre nous."

"Tu essayais d'aider." elle déclara, essayant d'être encourageante même si son cœur se serrait.

"Il ne veut pas de mon aide." Il sourit à moitié d'un air triste. "Il ne l'a jamais voulu."

Elle ne pouvait plus remettre ça à plus tard. Elle devait appeler Mitsuki.


•* Screaming internally : référence à un meme. « crié en son for intérieur » (quand on panique sans rien laisser paraître souvent).

•* DSM-5 : cinquième édition du Manuel de Diagnostic et Statistique des troubles mentaux de l'association Américaine de Psychiatrie.

•* Hallmark : marque de cartes de vœux.

NP : Si vous voulez approfondir le sujet concernant les maladies et troubles mentaux abordés dans cette fic (ça peut vous permettre d'un peu plus comprendre certaines réactions de Bakugo), je vous conseille la chaîne youtube PsykoCouac.

La plupart des vidéos durent environs 10min, vous mettez ça en acceléré et vous pouvez apprendre pas mal de trucs en quelques minutes. Concernant ce qui a été évoqué jusque là, je conseille les vidéos : Stress post traumatique – PsykoCouac #14, Borderline (trouble de la personnalité) – PsykoCouac #1.1, La dépression – PsykoCouac #9, Déréalisation/Dépersonnalisation – PsykoCouac #19, La bipolarité – PsykoCouac #20.

Il y a cependant pleins d'autres vidéos vraiment intéressantes (sur l'anxiété généralisée, l'insomnie, le narcissisme, l'attachement etc).