Hey ! Et c'est moi, youhou, je suis toujours en vie. Et en vacances ! Donc j'en profite pour essayer d'écrire un maximum.

Je sais que ça fait plus d'un an que j'ai pas mis ce recueil à jour, qui ne comportait qu'un chapitre. Donc je sais pas si jusqu'à là on pouvait vraiment l'appeler recueil ? XD Mais maintenant, si, et c'est une bonne chose !

C'est un Ashe x Ingrid, post time-skip dans la voie des Lions. Et j'ai pas vraiment de choses à ajouter, mais ils sont mignons tous les deux.

Bonne lecture !


Fermant l'enclos de sa pégase, Ingrid n'oublia pas de lui caresser le museau en signe de remerciement. Le soleil commençait à tomber, berçant le monastère d'un éclat mordoré. À l'inverse, le vent se réveillait silencieusement, emplissant les lieux de son souffle frais. L'été n'arrivait que dans quelques jours, mais sa présence semblait déjà être là.

La guerre prendrait bientôt fin, ce n'était plus l'affaire que d'un ou deux mois avant que l'armée du Royaume atteigne Enbarr. Le peuple ne souffrirait plus des batailles incessantes ou de la famine. Il pourrait enfin vivre normalement et ne plus être confronté aux injustices d'idéaux qui les dépassaient.

Ces cinq années de combat acharnés allaient enfin porter leurs fruits. Tous se réjouissaient et étaient encore plus motiver pour finir promptement. Pour pouvoir retourner sur leurs terres et revoir leur famille, de ne plus vivre dans la peur du lendemain. Et même si la chevalier pégase œuvrait pour la paix, une part d'elle commençait déjà à regretter les champs de bataille. La fin de la guerre signifiait également mettre en péril l'existence de son rêve. Brandir sa lame pour son roi, c'était tout ce qu'elle désirait. Et ce conflit, bien que cruel, le lui avait permis. Mais elle savait que bientôt elle se retrouverait à administrer son domaine, tout en faisant un mariage arrangé dans l'espoir d'avoir un héritier qui porte son emblème. Du moins dans un premier temps, jusqu'à ce qu'elle annonce à son père sa volonté de devenir chevalier et qu'ils trouvent une solution concernant l'avenir de leur territoire. Elle n'allait pas renoncer.

« Ingrid ! »

Une voix chaude et fluette l'interpella alors qu'elle s'apprêtait à quitter les écuries pour regagner ses appartements. Elle s'arrêta au croisement de l'allée du réfectoire et celle du hall des chevaliers. Elle vit Ashe courir dans sa direction, avec un livre qu'il tenait contre sa poitrine. Il s'arrêta face à elle, tête baissée, pour reprendre sa respiration, laissant seulement un ou deux mètres entre eux. Cela ne lui ressemblait guère cependant d'être précipité de la sorte. Ingrid craignait qu'il soit arrivé quelque chose à l'un de leur ami.

« Tout va bien ? S'est-il passé quelque chose ?

- Non… répondit le jeune homme dans un souffle, avant de lever sa tête en direction de son interlocutrice. J'avais peur de vous manquer. »

Son visage était d'un rouge flamboyant, dû à son récent effort. Cette couleur faisait ressortir ses tâches de rousseur, le parant de gouttes d'ambres, aussi subtiles que brillantes. Ashe se mariait à la perfection avec le crépuscule derrière lui il était un second soleil qui faisait resplendir le lieu où il se trouvait.

Elle était soulagée qu'il n'y ait pas eu un drame, mais la voilà curieuse désormais. Requerrait-il son aide ? Qu'était-ce le livre qu'il portait avec lui ? Pourtant les questions ne franchissaient le seuil de ses lèvres. Les mots se perdaient sur la peau rougie d'Ashe, se teintant de cette couleur qui disparaissait doucement alors qu'il reprenait une respiration normale. Et la brise qui les caressait éloignait tous les sons indésirables et futiles d'eux. Ses paroles auraient été également dispersées au lointain. Pour le meilleur, sans doute.

« Je tenais à vous l'offrir ! »

S'exclama le chevalier, sa voix vacillant dans des tons aiguës. De ses deux mains, il tendit le livre à la blonde, la couverture et le titre tournée vers elle. « Aux étoiles appartiennent le rêve, à la lune appartient l'espoir. », pouvait-elle lire. Les plats de l'ouvrage étaient d'un bleu sombre qui rappelait la nuit et qui s'associait avec un bleu plus clair, parsemés d'éclats d'or. Le tout avec quelques motifs fins et travaillés, pour donner un aperçu de la fable. Les iris pistaches étaient axées sur le visage d'Ingrid. Quand celle-ci les croisa, l'argenté baissa subitement son regard vers l'objet. Elle put remarquer tout de même un long sourire s'étirait sur le visage de son cadet.

La jeune femme connaissait évidemment le conte dont il était question. L'histoire portait sur le groupe du chevalier Sélénite qui, menait par celle-ci, fut capable d'encourager et soutenir le prince héritier de Faerghus à monter sur le trône, alors même qu'il était prêt à tout abandonner, sa légitimité étant mise à mal puisqu'il ne possédait pas d'emblème. L'amie et cousine du futur monarque, le chevalier Sélénite, ayant toujours cru en lui avait permis à ce qu'il reprenne confiance en lui et accomplisse son rêve : être un renouveau pour Faerghus. Selon la légende, c'était lui qui avait ouvert les frontières du Royaume avec l'Empire et l'Alliance, offrant une prospérité à son peuple.

Pourquoi vouloir lui offrir ce livre ? De plus, au vu de l'édition, il devait valoir une somme assez conséquente. Ingrid était flattée et reconnaissante, évidemment. Elle souhaitait réellement devenir un chevalier à la hauteur de ceux des contes. Et elle n'allait plus renoncer à sa voie, malgré son devoir de noble. Et l'archer le savait, pourtant. Qu'il n'avait plus besoin de la soutenir de la sorte, car il lui avait fait réalisé l'importance des rêves. Alors pour quelle raison se ruinerait-il ?

« Vous n'auriez pas dû… souffla toujours un peu sous la surprise la lancière, prenant le conte en main et fit glisser ses doigts sur la couverture. Surtout que vous m'en aviez déjà offert un il n'y a même pas trois mois. Je ne sais pas si je peux accepter.

- Voir la joie qui irradie en ce moment de votre visage me conforte dans l'idée de vous en faire cadeau. »

Était-elle aussi joyeuse que suggérait son ami ? Peut-être bien, oui. Comme pour le vérifier soi-même, elle toucha brièvement le bout de ses lèvres avec son index et son majeur. Elle sentait son sourire. Elle ne le réalisait pas vraiment. Parce qu'avant l'arrivée de l'archer, elle était dans une profonde appréhension de son futur. Et qu'aussi elle ne pouvait s'empêcher d'assimiler son sourire avec ceux exagérés et faux que Sylvain usait à outrance lors de ses conquêtes. Sauf que la blonde ne voulait pas qu'Ashe puisse s'imaginer la même chose de sa part. Puisqu'elle n'était pas dans une approche de séduction. Même si étrangement, elle entendait tous les compliments que récitait le roux, avec son ton mielleux, pour parvenir à ses fins.

La beauté de l'archer était inchangée, même s'il ne s'accordait plus autant avec le paysage derrière lui. Il n'en restait pas moins un éclat du soleil qui réchauffait le monastère et Ingrid. Et elle ferait tout pour le protéger lors des dernières batailles qui les attendaient. Pour que Faerghus puisse bénéficier de sa douceur. Évidemment, elle n'allait pas lui dire tout cela. Ce serait juste ridicule et inapproprié. Puis tout ceci sonnerait probablement faux pour Ashe…

L'image de Felix vint remplacer celle du coureur de jupon. Sa tendance à montrer son attachement avec des répliques acerbes et une froideur comparable au blizzard de leurs terres natales fit déglutir la jeune femme. Elle ne voulait pas non plus que le gris soit déçu ou inquiet de son silence, pensant que ce présent ne lui faisait pas plaisir. Elle savait plus que quiconque à quel point conserver une distance et une retenue pouvait être fort déplaisant pour les personnes qui tenait à soi, en côtoyant l'épéiste.

Il lui fallait trouver quelque chose à dire qui ne serait ni trop insistant ni trop indifférent…

« Et puis, cela me tient à cœur de pouvoir contribuer à votre future collection ! rougit Ashe, son doigt grattant sa joue timidement. »

Oh. Il s'en souvenait donc. La chevalier pégase lui avait confié, une fois au détour d'une conversation sur un de leur conte préféré, que son père avait dû vendre la majorité de leur bibliothèque familiale pour pallier à leur nécessité d'argent mais qu'elle avait le souhait de recommencer une collection par ses propres moyens. Cela n'avait même pas duré une trentaine de seconde. Il lui semblait également qu'elle l'avait formulé en tant qu'hypothèse. Alors elle ne s'attendait pas à ce que le gris se rappelle de ce détail... Le livre qu'elle tenait dans ses mains prenait une toute nouvelle valeur. L'hésitation discrète qui lui chuchotait de ne pas accepter et de le rendre à Ashe disparut, libérant la blonde d'une culpabilité irraisonnée.

Dans les yeux de l'archer se logeaient des étoiles d'une nitescence égale à la grandeur des rêves qu'il voulait atteindre. La douceur de ceux-ci étaient palpable, comme de la soie qu'on avait pris le temps de tisser plusieurs années pour confectionner un habit qui sied spécialement à soi. Cela venait rassurer Ingrid. Le chemin qu'elle devait parcourir pour devenir chevalier n'était peut-être pas aussi sombre et difficile que ce qu'elle croyait. Pas tant qu'elle serait au côté du gris.

Il était si avenant et gentil, dévoué à aider les autres. Ses rêves étaient grands, ses objectifs encore plus nobles. Pourtant, ils étaient d'apparences frêles. La lancière avait peur qu'ils puissent finir broyés ou écrasés par les autres. Elle se promit qu'elle les protégerait, ainsi que le bonheur de l'argenté. C'en était de sa responsabilité. Elle regarda brièvement le conte, comme pour y sceller son serment. Les deux bleus de la couverture captèrent son attention, et elle remarqua que les teintes s'harmonisaient bien. L'azurée offrait plus de profondeur à son compère foncé, tandis qu'à l'inverse ce dernier donner de l'éclat au premier. Un peu comme eux, avec plus de nuances.

Elle releva la tête, pour ne pas qu'Ashe pense qu'elle l'esquive ou que cela ne soit qu'un stratagème pour attiser son attention ou qu'encore qu'elle ne savait pas comment le remercier pour le cadeau. Le jeune homme tirait sur sa manche droite, l'entortillait aussi. Puis elle le vit les yeux fermés. Il se concentrait sur sa respiration, qui se faisait plus calme et silencieuse. La prise sur son vêtement se fit plus légère alors qu'il rouvrait les yeux. Cela n'avait duré que quelques secondes, voire moins. Son regard, toujours empli de ces milles lueurs particulières et pleines de considération, tourné vers Ingrid, lui souriant. Et elle comprit. Comprit que le gris savait prendre soin des autres, mais aussi de lui. Qu'il n'était pas comme ses amis d'enfance – bien qu'elle les adorait, évidemment.

Qu'elle n'avait pas à le surprotéger, à essayer de réparer ses fautes, de le comprendre, à penser aux conséquences, à se méfier, à avoir peur, réfléchir à son bien-être, l'aider contre son gré. Bien sûr ni Sylvain, ni Felix ou même Dimitri attendaient d'elle autant de ces choses. Elle devait veiller sur eux, parce qu'elle ne supportait pas de les voir s'engouffrer dans leur mal-être. Elle devait être là, comme eux avaient été présent après la mort de Glenn.

Avec Ashe, par contre, elle n'avait pas de pression à ressentir. La chevalier pégase pouvait lâcher prise. Et il n'y aurait pas une avalanche de problème qui surgirait au moment le plus inopportun. Ou si c'était le cas, ils la régleraient ensemble. Ingrid se sentait libre d'agir, de faire ce qu'elle avait envie avec le gris et non d'adapter son comportement à lui. Elle voulut tout de suite mettre en pratique sa réalisation, en remerciant l'archer d'une voix forte et heureuse.

« Merci beaucoup pour le conte. Et pour tout. »

Elle tendit la main pour pouvoir saisir les doigts de son cadet… Elle arrêta son geste lorsqu'un hennissement atteignit leurs oreilles. Un coup de vent passa au même moment qui électrisa les doigts de la jeune femme pour lui faire réaliser qu'elle n'était qu'à quelques centimètres d'atteindre l'archer.

« C'était ma pégase… s'inquiéta la blonde, se tournant vers les enclos.

- Nous devrions aller vérifier si tout va bien. »

Ingrid acquiesça, et ils se dirigèrent vers les écuries. Sa marche était rapide, plus qu'elle ne l'escomptait, mais impossible de masquer sa crainte quand il s'agissait de sa pégase. L'argenté était juste derrière elle, la suivant dans le calme. Heureusement qu'ils étaient à côté, et qu'en moins d'une minute ils purent rejoindre le box de la jument.

Ingrid caressa le museau de sa protégée pour l'apaiser, puis chercha une éventuelle blessure qu'elle aurait pu se faire. Son poil, ses plumes et son crin étaient d'un blanc neigeux habituel. Aucune de ses jambes ne présentait de faiblesse non plus. Ashe quant à lui fit le tour du périmètre, certainement pour vérifier s'il n'y avait pas un intrus. On était jamais trop prudent. L'initiative du plus jeune soulageait la lancière, car elle se sentait épaulée. Elle chuchota quelques mots doux à sa pégase, lui confiant de ne pas lui faire de peur pareille, en attendant la fin de l'inspection du gris. Celui-ci revint vers elle, avec un sourire.

« Elle n'a pas de blessure. commença la chevalier pégase, tout en continuant ses caresses sur le col de l'animal alors qu'Ashe se positionna en face de son amie.

- Il n'y a personne dans les alentours, ni de traces de pas. C'était peut-être un rat qui est sorti de nul part qui lui a causé une frayeur ? En tout cas, ça me rassure qu'elle n'ait rien. Et vous, comment allez-vous ?

- Plus de peur que de mal, je dirais. Vous êtes un vrai chevalier, vous savez. »

Il bafouilla quelques mots, essaya de dire que ce n'était pas grand chose avant de s'arrêter. Ses joues s'empourpraient violemment et gêné il baissa encore la tête. Il était craquant et adorable. L'expressivité de l'archer faisait partie de son charme. Et cela le faisait ressembler aux héros des contes dont il était fan. Ses sourires, ses mimiques, la passion dans ses pupilles et même son comportement étaient semblables à ceux qu'on narrait dans les histoires. Peut-être qu'il rougissait plus facilement que les autres chevaliers… Mais c'était cela qui le rendait uniquement.

Surtout si c'était la lancière qui lui provoquait ces rougissements. Pas qu'elle aimait particulièrement taquiner le jeune homme. Juste c'était agréable de voir directement que ses propos lui plaisait, le touchait. Sans aucun faux-semblant. La simplicité de ses rapports avec Ashe était comme une eau fraîche après un entraînement harassant : revigorante.

La tête toujours vers ses bottes, il marmonna des remerciements. Il était vraiment déstabilisé, ce qui étonnait la blonde. Elle allait certainement se retenir de lui dire qu'elle voulait le prendre comme modèle, à l'instar de tous les héros de leurs contes. Même si elle avait compris avec le temps que la perfection de ces derniers n'existaient que dans les histoires. Cependant, s'il y avait un idéal à atteindre, le gris en était le plus proche. De par son intégrité, sa sincérité, sa gentillesse. Pour ces raisons là, pour la confiance et la sérénité qu'Ingrid éprouvait à son contact, et surtout car c'était ce qu'elle désirait elle accomplirait son rêve au côté de l'argenté. Ils deviendraient ensemble des chevaliers. Peut-être que l'histoire les retiendrait tous les deux, dans un conte… Cela serait beau.

« Souhaitez-vous faire un tour d'horizon, à dos de pégase ? proposa la lancière calmement, pour changer les idées du plus jeune, alors que sa jument souffla lourdement.

- J'aurais accepté avec plaisir, mais vous devriez plutôt vous reposer. Vous revenez tout juste de votre tour de garde, je me sentirai mal de vous faire fournir plus d'effort… Mais je serai ravi de découvrir cet horizon dont vous me parlez une prochaine fois.

- Une prochaine fois, alors. »

Répondit la blonde, contente de pouvoir passer un prochain moment avec l'archer. La nuit commençait à remplacer le crépuscule, les derniers rayons du soleil peinant à traverser les différents bâtiments du monastère. Ils devraient probablement rejoindre leur dortoir… Sauf qu'Ingrid voulait prolonger son temps passé avec son cadet. Et ce même s'ils avaient déjà prévu un futur rendez-vous.

Elle aurait adoré faire découvrir le royaume aérien au jeune homme, et ce dès ce soir. Pour elle, c'était l'endroit où tout était possible. Elle pouvait échapper à ses devoirs de nobles, à l'étiquette, à toute la pression. Le ciel lui apportait un nouveau souffle et la liberté. Il lui était précieux. Et elle ne s'expliquait cette envie qui la poussait à le rejoindre de nouveau, alors qu'elle venait de le quitter une heure à peine.

Alors que sa pégase recula un peu dans son enclos, le regard de la jeune femme tomba soudainement sur les cheveux argentés en face d'elle. Le vent qui soufflait éparpillait quelques mèches, ces mèches fines d'une presque blancheur qui ressemblait alors une traînée nuageuse. Et Ingrid réalisa que les nuages, le soleil et les étoiles Ashe les avait. Il était un ciel qui se colorait de ses diverses émotions. Un ciel qu'elle voulait encore découvrir et admirer. Le faire changer avec un mot ou un rire. Pour contempler les constellations qui lui étaient pour l'instant inconnues.

Bien loin des pensées de son aînée, l'archer lui demanda s'il pouvait caresser sa pégase. Elle accepta bien évidemment, cette dernière n'étant pas de nature craintive. Il approcha sa main du museau de l'animal, et celle-ci hennit une nouvelle fois dédaigneusement avant de coller sa tête contre la poitrine de la blonde pour recevoir de l'attention. Le gris s'arrêta net, ne comprenant pas ce qu'il venait se passer.

« Ah ah, je crois qu'elle est jalouse… expliqua la jeune femme, tentant de garder son équilibre malgré les coups de tête de sa jument.

- Hum… Il n'y a... pas vraiment de raison de l'être… je crois… Enfin, c'était pas mon but… argumenta difficilement le gris alors qu'il perdait sa verve et écarquillait les yeux.

- Au contraire, je la comprends. »

À cet instant, la lancière dut se retenir de rire bruyamment. Le gris était devenu complètement rouge et son regard était perdu. Elle tendit une nouvelle fois sa main pour attraper celle suspendue en l'air d'Ashe, à l'ancien emplacement du museau de la pégase. Cette fois-ci, pas de vent ni d'interruption, elle put donc atteindre sa cible. Une chaleur s'en dégageait et elle était tremblotante. La noble raffermit sa prise, pour le calmer. Milles questions devaient l'assaillir dans ce court laps de temps qui s'était passé. Un sourire commença à naître lorsque leur regard se rencontrèrent. La jument devait sentir la tension dans l'air et recula entièrement dans son enclos, ne séparant plus les deux jeunes adultes.

Ingrid en profita pour avancer d'un pas vers l'argenté, leur main toujours serrée, pour ajouter :

« Car je vous aime, Ashe.

- Euh… Hum… il prit un court instant pour reprendre ses esprits, et lui répondit solennellement. Je vous aime aussi. Laissez-moi devenir votre chevalier et brandir mon arc à vos côtés !

- Que si vous me laissez devenir votre chevalier et brandir ma lance à vos côtés. »

Ils rirent ensemble, leur corps collé l'un contre l'autre, leur main enlacé. Les cieux que lui offrait le gris étaient resplendissants, dégagés de toute inquiétude. La chevalier pégase se pencha pour embrasser délicatement l'argenté. Celui-ci ne recula pas, et serra un peu plus fort la main de la blonde. Le baiser était timide, et rapide. Les deux ne sachant pas véritablement comment agir, ni si l'étiquette le leur accordait. Même s'ils n'avaient pas vraiment cela en tête, de toute manière. Puis ils décidèrent d'un commun accord de regagner leurs chambres. Et sur le chemin, ils parlèrent de leurs contes favoris, du chevalier Sélénite et se fit la promesse d'égaler leurs héros, ensemble.


La question que je me suis posé sur toute la fin de cet OS c'était si on pouvait appeler les pégases femelles des juments ? Comme vous avez pu le voir, j'ai supposé que oui. Parce que la réciproque est vrai dans un sens, mais pas dans l'autre. Cette fameuse histoire des « carrés qui sont des rectangles » mais pas l'inverse. Les sciences me donnent raison, ah ah !

J'imagine qu'Ingrid s'inquiète beaucoup pour ses amis d'enfances, et que c'est pour cette raison qu'elle peut se montrer protectrice ou à cheval sur les règles, pour leur bien. Donc forcément quand elle a compris qu'elle n'était pas obligée de s'inquiéter pour une personne en plus, ça lui a fait du bien.

À bientôt !