Traduction : Tressym383

Relecture : Zodiaaque

NP : [MissHeilig] En effet, l'histoire est longue ! Et elle est bien terminée, même si l'auteur à fait des suites (bien plus courtes et dispensables. Des sortes de bonus). Merci beaucoup pour ces encouragements ! Concernant le rapprochement KiriBaku, qui suis-je pour spoiler ? Je retiens mon petit rire machiavélique cependant héhé. Quand ça arrivera, j'espère pouvoir lire vos retours.


Mitsuki fixait son téléphone d'un air absent lorsque Inko appela.

"Allô ?" Sa propre voix semblait lointaine.

« Mitsuki, on doit parler. »

"Est-ce que ça peut attendre ? Je suis quelque peu en train d'assimiler cette vidéo du viol de mon fils qui traine."

« Je dois te parler de Katsuki. » elle clarifia. « Je comptais déjà t'appeler avant la vidéo. »

"D'accord." elle se résigna.

« J'ai dîné avec Izuku hier. » Oh non. « Je lui ai demandé si ce qu'ils disaient sur toi était vrai. »

Ne le dis pas.

« Il a dit que tu le frappais. » Inko accusa. « Pas le genre de petite tape sur l'épaule pour plaisanter que tu fais devant moi. Tu lui faisais vraiment mal. »

Que pouvait-elle dire ? Pardon ? Autant pour moi ? Non, elle était Bakugo Mitsuki, elle trouverait plutôt des excuses.

"Tu sais comment il était." elle répondit désespérément. "Ce qu'il a fait à Izuku. Il ne m'écoutait pas, je ne savais pas comment l'arrêter autrement."

« Il ne t'écoutait pas non plus quand tu le frappais. » elle fit remarquer. « Pas sur le long terme, en tout cas. »

Elle a raison.

« Tu as arrêté ? » Inko demanda finalement.

"Je ne l'ai pas frappé depuis qu'on a commencé la thérapie." Elle détestait le moindre détail de cette conversation. Elle avait l'impression d'être une enfant surprise en train de voler ou de tricher lors d'une évaluation.

« Tu ne vis plus avec lui depuis non plus. » Elle avait l'air énervée.

« Que veux-tu que je te dise, Inko ?" elle soupira.

« Je veux que tu admettes que ce que tu as fait était mal et que tu me promettes que tu ne recommenceras plus. »

Les images de la colère défensive de Katsuki cédant la place à un regard vide piquaient son âme à chaque fois que la scène se rejouait dans sa tête.

"Tu as vu la vidéo ?" elle demanda doucement.

« Oui. » La colère d'Inko s'adoucit.

"Tu as vu son visage, quand elle- " Elle s'interrompit, incapable d'oublier le ton que cette fille avait utilisé alors qu'elle le brisait. C'était plus mélodieux et enfantin, mais le mépris caché sous la plaisanterie… elle l'avait déjà entendu en elle-même. La rage de Katsuki était-elle toujours sur le point de se transformer en panique et en dissociation ? Depuis combien de temps la colère rebelle était-elle une façade pour se protéger d'elle ?

« Mitsuki- »

"J'ai merdé, d'accord ?" elle céda. "Je suis une mère horrible. C'est ce que tu voulais entendre ?"

« Non. » Inko répondit sévèrement. "Je veux entendre que tu agiras mieux. »

"J'essaye, Inko, je le jure." Elle était presque sûre de le penser. Peu de choses avaient du sens actuellement, mais elle essayait.

« Tu dois faire mieux que d'essayer. » elle répondit. « Tu lui dois ça. »

"Ce n'est pas ce que tu as dit à Hisashi." répliqua amèrement Mitsuki.

« N'ose pas. » prévint Inko, mais elle était Bakugo Mitsuki et elle était stupide.

"Tu lui as donné essai après essai, il a eu une douzaine de secondes chances."

« Résous ta merde, Mitsuki. » jura Inko avant de raccrocher.

Merde.


C'était comme son retour en classe après sa "tentative". Les gens essayaient de ne pas le regarder, mais échouaient misérablement. La différence était que ce n'était désormais plus seulement sa classe, mais absolument tout le monde.

Il n'arrivait pas à s'empêcher de vérifier son téléphone. Il devait se préparer, devait savoir de quelle connerie les gens parlaient pour être prêt à riposter.

Bordel, cette nana a vraiment réussi à apprivoiser le gosse explosif. À la fin, il est carrément docile !

Va te faire foutre, SamOfSam32.

Une nouvelle et étrange terreur s'installa en lui alors qu'il réalisait que quelque chose auquel il n'avait jamais beaucoup pensé avant était soudainement devenu un secret : il ne savait pas à quoi ressemblait le sexe consentit. S'il ramenait une fille à la maison, il n'aurait aucune idée de quoi faire avec elle. Enfin, il avait les bases, mais il devait y avoir plus de finesse. Toutes les filles qu'il rencontrerait supposeraient qu'il avait une idée de ce qu'il faisait alors que non.

Il le vivait comme un échec. On s'attendait à ce qu'il soit si désinvolte et serein avec quelque chose qui le terrifiait. C'était… honnêtement assez embarrassant d'être mal à l'aise avec quelque chose que même Mineta pouvait gérer.

Faible.

Sa poitrine se serra lorsqu'il ouvrit sa boite mail pour découvrir deux cent trente-sept messages non lus. Il avait commencé à soupçonner que quelqu'un ait mis en ligne sa carte étudiant lorsque les quarante premiers étaient arrivés, mais désormais, il n'y avait plus moyen de le nier.

Je suppose qu'il est temps d'en ouvrir un.

Investis dans une muselière. T'es seulement mignon lorsque tu ne peux pas parler.

Ce… n'était pas si catastrophique. Pas sympa, mais rien qu'il n'ait jamais entendu auparavant.

T'es comme la version humaine d'un Chihuahua vraiment bien dressé.

Niveau d'école primaire, il pouvait le supporter.

T'es sexy quand t'es enchaîné à une chaise.

Okay, celui-ci le fit grincer des dents.

Je ne savais pas que les pissenlits pouvaient attraper la rage.

Si tu n'apprécies pas un moment coquin avec une femme attirante, envoie-la moi.

Je vois pourquoi ta mère ne voulait pas que tu reviennes.

Tu veux venir dans mon sous-sol ?

Il choisit de ne pas cliquer sur les liens menants aux images. Pour le moment, en tout cas.

Au cas où sa matinée n'était pas déjà suffisamment merdique, il devait désormais assister à la putain de journée où Deku allait rechercher son nom sur google.

Le nerd s'accrochait au moindre mot du petit discours d'encouragement de Six. Bakugo se demanda brièvement s'il allait se mettre à pleurer avant même qu'ils ne fassent quoi que ce soit. Un jaune-orange vif et chaleureux rayonnait de lui comme un putain de rayon de soleil. Il détestait ça.

"Tu es prêt, Midoriya ?"

Il hocha la tête avec enthousiasme. Putain de perdant.

Izuku Midoriya

Le finaliste le plus surprenant de UA.

Au cours de sa première année, Midoriya Izuku est passé d'un élève ayant réussi son examen d'entrée de justesse à un concurrent combattant un impressionnant affrontement lors de la demi-finale.

Ouais, bien sûr, c'est facile de s'améliorer lorsqu'on commence en étant moins que rien.

Avec la retraite d'All Might, la société se tourne vers les héros les plus prometteurs de la prochaine génération pour placer ses espoirs.

C'était bien Deku. Donner à la foule toutes les conneries fleuries pleines d'espoir et d'inspiration qu'elle voulait.

La rivalité d'enfance est-elle allée trop loin ? Midoriya Izuku et Bakugo Katsuki auraient été surpris en train de se battre après le couvre-feu.

Des meilleurs ennemis ? Nous le pensons. La rumeur a commencé quelques mois seulement après que Midoriya eut participé au sauvetage audacieux de Bakugo à Kamino.

Midoriya grimaça clairement en lisant ce dernier titre.

"Je n'ai vraiment pas fait grand-chose." il minimisa. "Kacchan a tenu tête à six vilains, on lui a juste fourni une occasion de s'échapper."

Putain de Deku, à agir tout humblement comme s'il ne voulait pas jouer le h-

Attendez.

C'est quoi ça ?

Il pouvait sentir les émotions contradictoires de Deku alors qu'elles tourbillonnaient dans un bleu nuageux. Remords, angoisse et… admiration ?

C'est quoi ce bordel ?!

Ça disparut avant qu'il puisse en être sûr.

Des camarades du collège affirment un harcèlement sévère entre les deux natifs de Musutafu de la classe A.

Depuis cette putain de vidéo stupide, tous les articles sur les membres de la classe le mentionnaient.

Bakugo est-il vraiment une victime « innocente », ou un harceleur remit à sa place ? L'histoire avec Midoriya Izuku suggère-

"C'est des conneries !"

C'était sa pensée, mais pas sa voix. La colère lui était si familière qu'il crut d'abord que c'était la sienne, mais il vit ensuite l'orange vif rayonner une fureur vertueuse qui lui était complètement étrangère. Deku était en colère… pour lui.

Pourquoi s'en soucierait-il ?

"Parle-moi, Midoriya." incita Six.

"Ils n'ont aucun droit de faire ça !" il s'écria avec des larmes hystériques. "De m'utiliser pour justifier ce qui lui est arrivé. Ils ne veulent juste pas admettre que les vilains deviennent de plus en plus dangereux ! Ils se sentent tous mieux s'ils peuvent prétendre que Kacchan l'a mérité. C'est pas le cas ! C'est à moi de décider si je lui pardonne, à personne d'autre ! C'est derrière nous."

Deku respira profondément à la fin de sa diatribe ridicule.

"Qu'est ce qui va pas chez toi ?" Bakugo s'écria en claquant ses mains sur le bureau pour se lever. "Le monde entier est de ton côté avec cette connerie qui te fait passer de zéro à héros ! Profites-en ! T'as le dessus alors, putain, prends-le !"

L'orange ralentit et s'assombrit en un bleu-violet sévère. Il était prêt à commencer à crier face à la pitié assumée lorsque le sentiment l'atteignit.

Une tristesse désespérée et déchirante le frappa comme un train. Le regret, la frustration et le chagrin formaient un puissant cocktail de misère. En dessous, un mélange de colère et d'amour protecteur rappelant ce que lui-même ressentait pour son père soulignait le tout.

La réalisation le fit retomber sur sa chaise : Midoriya le considérait honnêtement comme un membre de sa famille.

"Peu importe." il abandonna. "Oublie que j'ai dit quoique ce soit."

"Kaccha- "

"J'ai dit oublie ça !" il gronda.

Toutes ces années, Deku avait essayé de lui expliquer pourquoi il tenait à lui, mais ça n'avait jamais eu de sens. C'était tellement différent de tout ce qui se trouvait dans la palette (certes, limitée) d'émotions que Bakugo pouvait comprendre. Et pourtant, d'une manière ou d'une autre, tout ça s'avérait être vrai.

"Continue juste ta stupide recherche." Il croisa les bras dans une position défensive et regarda par la fenêtre.

Le regret le frappa à la seconde où le titre suivant arriva.

Au-delà des limites ! Amis d'enfance ou plus que ça ?

Oh bordel.

La petite amie secrète de Bakugo Katsuki pourrait-elle être finalement un petit ami secret ? Et la rumeur du combat qu'une couverture ?

"Les fils de pute !"

Il se leva pour sortir en trombe, mais se fit suivre par Aizawa, qui le rattrapa dès qu'il passa la porte.

"Bakugo, je peux te parler un instant ?"

Merde.

Il s'accrocha à la rage suscitée par son « petit ami Deku » pour repousser l'anxiété alors que son professeur refermait la porte derrière eux.

"Je peux vous aider ?" il demanda d'un ton venimeux.

"Tu sais ce que je vais te demander." Aizawa ne rentrait pas dans son jeux, il devrait le savoir maintenant.

"Y a rien à dire, putain."

"En effet, parce que rien ne s'est passé avec Himiko Toga, n'est-ce pas ?"

"Qu'est-ce que ça changerait si c'était le cas ?!" Il n'était même pas sûr que cette phrase ait du sens.

"Bakugo, j'ai besoin que tu sois honnête avec moi. Si je veux te garder en sécurité, j'ai besoin de savoir où en est ta tête."

"C'est qu'une vidéo, pas un putain de flingue." Il leva les yeux au ciel.

"Retrousse tes manches." il ordonna soudainement. Bakugo se figea un instant de trop pour une réponse convaincante.

"Pourquoi je ferais ça, bordel ?"

"Que tu veuilles l'admettre ou non, ton bien-être émotionnel est actuellement lié à ta sécurité physique. Je veux respecter ton espace personnel, mais j'ai aussi besoin de savoir que je ne vais pas te perdre en le faisant."

"Bien, je promets de pas me suicider ! Satisfait ?"

Aizawa prit doucement sa main gauche dans la sienne, le toucher étrangement léger pour un homme habituellement si rude sur les bords. Bakugo aurait pu s'éloigner, mais il ne le fit pas alors que l'adulte retournait sa main et remontait la manche de son uniforme. Les brûlures et les égratignures peignaient des traces rouges laides sur celles décolorées plus anciennes et atténuées. Il n'avait pas de bon mensonge, et même si c'était le cas, Aizawa ne le croirait pas.

"Quand tu as envie de faire quelque chose comme ça," Aizawa refusa de briser le contact visuel, même si Bakugo essayait de disparaître derrière ses cheveux. "C'est à ce moment-là que je veux que tu viennes me chercher."

"J'ai appelé Six il y a quelques jours." il marmonna doucement, ressemblant à un enfant de maternelle grondé.

"C'est bien." il encouragea. "Et je suis fier de toi pour ça. Je ne suis pas fâché que tu aies fait ça. J'ai juste peur que si tu continues à cacher des choses comme ça, ta santé empire au lieu de s'améliorer. Je sais que c'est dur, mais j'ai vraiment besoin que tu essaies."

Bakugo hocha la tête, à peine capable d'avaler sa salive avec la boule au fond de sa gorge.

"Okay." Aizawa laissa sa manche retomber mais garda sa main dans la sienne. "Faisons une liste de choses qui pourraient aider quand tu ressens l'envie de te blesser."

"Comme quoi ?"

"Des passe-temps distrayants, des gens avec qui tu te sens à l'aise pour parler, les techniques d'adaptation dont Six adore parler."

"Je me sens pas « à l'aise » de parler à qui que ce soit quand je suis comme ça."

"D'accord, relativement moins mal à l'aise alors."

L'étrange liste de pairs lui vint avec les noms de... Kirishima, Momo et Todoroki.

"Je suppose que je déteste certains d'entre eux moins que d'autres."

"Je sais que tu évites les autres quand tu souffres, c'est un mécanisme de survie normal. Mais maintenant que tu acceptes quelques-uns d'entre nous à tes côtés, laisses-en parmi nous t'aider à te changer les idées. Six et moi travaillons à pleins temps, on est toujours là."

"Je déteste être si faible." il grogna avec frustration.

"Je sais que ça craint." Aizawa compatit. "Il y a quelques techniques que tu peux aussi essayer lorsque tu es tout seul. As-tu déjà testé l'astuce du stylo rouge ?"

"L'a- quoi ?"

"Utilise un stylo ou un marqueur pour dessiner là où tu te couperais habituellement, ou dans ton cas, brûlerais."

"Ça a l'air stupide." il se renfrogna.

"C'est efficace pour beaucoup de gens."

"Je… " Comment pouvait-il expliquer ça sans donner l'impression qu'il était un cas perdu ? "J'ai besoin que ça fasse mal."

"L'élastique fonctionnera alors peut-être mieux pour toi."

"J'ai aucune idée de ce dont vous parlez."

"Tu fais claquer un élastique autour de ton poignet au lieu de te blesser." expliqua Aizawa. "Ça ne sera pas pareil, mais ça piquera quand même un peu sans causer de réels dommages."

"...Je vais y réfléchir."

"Tu sais pourquoi tu le fais ?" il demanda plus doucement.

"Pas vraiment." Il mordilla sa lèvre inférieure. "Un peu. Je suppose que je le fais quand je suis vraiment énervé contre moi-même. Mais je le fais aussi quand les flashbacks sont assez violents pour que je commence à être étourdit. J'ai besoin de ressentir quelque chose pour pas partir ailleurs."

"Ça fait sens." Aizawa hocha la tête comme si ce qu'il disait n'était pas quelque chose de complètement fou. "Donc définitivement l'élastique pour les flashbacks, mais je pense quand même que la technique du stylo vaut le coup lorsque tu es énervé."

"J'y réfléchis."

"C'est tout ce que je demande." Aizawa avait une capacité surnaturelle à rendre n'importe quelle conversation rationnelle.

Ça le faisait se sentir un peu moins fou.


NP : Je me permets de repartager ma playlist-musique car certaines d'entre elles peuvent bien coller au prochain chapitre et qu'il y en a une qui y sera citée. (Vous avez juste à enlever les espaces)

https : /youtube . com/playlist?list=PL3E6OPhhuT6TD2cjchsUvLKcJ2k_vnmJN