Traduction : Tressym383
Relecture : Zodiaaque
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NAO : Je ne vais pas vous mentir, je suis assez excité par ce chapitre.
Tenez-vous prêt pour un peu de masculinité toxique.
Avec le fiasco de la vidéo, il avait honnêtement oublié qu'il avait été invité à une soirée. Kaminari était parti avec Mina et Sero environ une heure plus tôt pour aider à la préparer. Kirishima voulait aussi y aller plus tôt, mais Bakugo s'était rebellé contre le fait d'endurer les moments gênants d'un début de soirée alors qu'il ne connaissait même pas l'hôte.
"Tu penses qu'il est assez tard ?" Le carmin lui donna un léger coup de coude.
"Probablement." Bakugo admettait être juste en train de gagner du temps.
Il n'avait pas prévu de faire quoi que ce soit de particulier, mais il savait de quoi il avait l'air. Il était la quatrième génération de jolis visages du côté de sa mère et Mitsuki en avait toujours fait étalage. Si jamais il tombait sur une opportunité… Eh bien, une jolie fille d'une soirée cool serait une bien meilleure histoire à raconter sur sa première fois que la vérité. S'il avait une alternative qui n'était pas complètement inventée, peut-être qu'il pourrait même se convaincre lui-même d'y croire.
Son attachement envers des tenues toutes en noirs était devenu une véritable religion depuis la publication de la vidéo. Bonnet sur la tête, capuche relevée, lunettes de soleil, rien n'ayant un quelconque signe distinctif.
"Mets ça, t'es l'équivalent d'un putain projecteur." Il tendit un bonnet de rechange à Kirishima.
"Ça va me décoiffer !"
"Alors mets au moins une capuche ou un truc du genre." Sa demande ressemblait plus à une supplication. "Tout le monde sait qu'on traîne ensemble, s'ils te voient, ce sera pas compliqué de savoir qui je suis."
"I wear my sunglasses at night*." chanta Kirishima d'un air taquin.
"J'ai des putains d'yeux rouges !" Bakugo protesta.
"Et moi aussi !" Kirishima répliqua.
"Ouais, alors mets ça, bordel." Il lui lança une paire de lunettes de soleil bon marché.
"On aura l'air beaucoup plus suspects si on s'habille comme des braqueurs de banque au lieu de ressembler à des gens normaux, mec."
Tête d'orties avait raison.
"Très bien, peu importe." Bakugo troqua son sweat à capuche noir par un gris. "Voilà, aussi ennuyeux que possible."
"C'est pas une manière de se préparer pour une soirée." se risqua Kirishima.
"Si des journalistes nous reconnaissent, je leur dis que ta mère a eu une liaison avec Crimson Riot et je m'enfuis."
"C'est fairplay." il ricana. "Mais sérieusement mec, c'est pas loin, ça ira."
Et il avait raison, ça avait été. Jusqu'à ce qu'ils arrivent sur place, en tout cas. L'appartement du quatrième étage diffusait de la musique suffisamment fort pour que ce soit entendu depuis la rue. Le fait que personne n'ait encore appelé les flics lui indiquait de quel genre de bâtiment il s'agissait.
Kirishima ouvrit la porte avec un cri excité. Il n'aimait même pas particulièrement boire, il était juste sociable et saluait avec enthousiasme beaucoup trop de gens. La plupart des invités semblaient avoir environ un an de plus, voire davantage, mais Kirishima et lui ne se démarquaient pas tellement.
Bakugo se décida immédiatement : il resterait juste le temps de dérober un peu d'alcool puis décamperait. Un autre corps inconnu le cogna et il recula en grimaçant, se heurtant directement à un autre étranger.
C'est horrible.
Il bouscula quelqu'un pour rattraper Kirishima et resta directement dans le chemin libre tracé derrière lui. Ils s'arrêtèrent finalement pour aborder Kaminari et l'hôte qui avait organisé tout ça, qui qu'il soit. Kirishima engagea une petite conversation de politesse, laissant Bakugo libre de chercher la table où se trouvait les alcools.
Oh Dieu merci.
Il ne pouvait pas supporter sobrement qu'autant de gens le touchent. Il ne se souciait même pas de savoir à quel point ce whisky était bon marché, il avait juste besoin d'arrêter d'être sur les nerfs.
"Whoa, hey mec, calme-toi." intervient Sero à son troisième shot frénétique, avec Mina quelques pas derrière lui.
"Vous m'avez tous traîné ici, et c'est la seule putain de raison pour laquelle j'ai accepté." Il inclina vigoureusement son verre.
"C'est… honnêtement vraiment inquiétant, mec." Il fronça les sourcils.
"Tu es vraiment inquiétant !" Il était trop dépassé par ce qui l'entourait pour penser à quelque chose de moins stupide.
"Tu vois Bakugo, tu devais venir parce que t'es un grand causeur." taquina Kaminari. Bakugo était à mi-chemin d'un retour à lui-même cohérent lorsque la porte d'entrée s'ouvrit brusquement dans un odieux claquement.
"Hey Denki, ça fait longtemps !" Un blond plus âgé apparut dans le cadre de la porte.
"T'es venu !" Kaminari se précipita vers lui pour démarrer un combo de poignée de main et d'étreinte fraternelle.
"En chair et en os, petit frère." il sourit, avant de jeter un œil à la foule. Il ajouta avec insolence, "Tu sais, je crois pas que t'aies l'âge de boire."
"J'ai appris ça de toi." Kaminari leva les yeux au ciel, sirotant son rhum-coca. "T'as eu dix-huit ans y a à peine trois mois."
"Oui, je suis un homme désormais." déclara dramatiquement Hatori. "Plus vieux, plus sage, j'ai commencé à lire le journal matinal."
"Hm-hm." se moqua Kaminari.
"Le plus important c'est que légalement, j'ai plus à rentrer à la maison." il jubila.
"Ouais, j'ai remarqué."
Eh bien, c'est vite devenu gênant.
Pendant ce temps, Kirishima voletait à travers la pièce avec une aise ridicule. Il était un papillon social qui brillait tel un soleil et, naturellement, il attira des admirateurs. Une jolie fille aux cheveux noirs et aux pointes bleues avait glissé une main sur son bras et Kirishima avait l'air si heureux. Bakugo, lui, lançait des regards noirs à quiconque s'approchait trop près. Il prépara une boisson qui n'était pas entièrement faite d'alcool et se mit au travail pour trouver un moyen d'en ramener en douce avec lui à l'internat.
Jackpot.
Une baignoire entière remplie de glace et de shots en fioles était posée sur le sol au bout de la table. Il était temps de tester la capacité maximale de ses poches.
"Allez les gars, on va faire un jeu !" annonça Hatori.
Il sursauta, enfonçant un whisky fireball au fond de son sweat. S'il partait maintenant, ce serait bien trop évident, il pensa. Il attendit que la plupart des gens s'installent, se rassemblant en cercle désordonné autour d'une table basse, avant de se glisser sur le bord le plus éloigné d'un bras de canapé tout en pouvant encore être considéré comme participant.
"Okay les gars, King ou Je n'ai jamais ?" Hatori demanda à ceux qui s'étaient réunis, environ la moitié des invités au total.
"King a trop de règles." se lamenta Kaminari.
"Okay, Je n'ai jamais alors. Avec juste une main le temps que je comprenne à quel point vous êtes tous ennuyants." annonça Hatori. "Vous connaissez les règles. Si vous avez fait ce qui est dit, vous baissez un doigt et vous buvez."
"Pourquoi baisser les doigts si on doit déjà boire ?" Kaminari se plaignit.
"J'en sais foutrement rien, c'est juste comme ça que ça se joue." Hatori commença : "Je n'ai jamais conduit en état d'ébriété."
Un garçon en flanelle noire avec un piercing aux sourcil dont Bakugo était certain à environ soixante-dix pourcents qu'il était l'hôte baissa un doigt, gagnant une petite tape de la fille à côté de lui.
"C'était super tard, il y avait personne dans les environs." il se défendit. "Honnêtement, je conduis plus prudemment quand je suis bourré. Je roule exactement à la limite de vitesse, j'utilise mes clignotants, je surveille mes rétroviseurs... C'est comme un jeux vidéo, et si t'obtiens pas un score parfait, tu vas en prison."
"T'es pas croyable, Taigo." la fille souffla avant de prendre la relève. "Je n'ai jamais volé dans un magasin."
Quelques personnes baissèrent leur doigt, Bakugo inclus.
"Vraiment ?" Sero se tourna vers lui avec surprise.
"Ouais, vraiment." il grommela.
"Qu'est-ce t'as volé ?" Kaminari demanda d'une voix trainante.
"De la putain de bouffe." il lança sur la défensive.
"Oh, quand t'étais mis à la porte, je parie." il déduit.
"Bien vu." Bakugo félicita avec sarcasme. "Donne-toi une putain de médaille."
"À mon tour." reprit Taigo. "Je n'ai jamais embrassé de gars."
Il se figea. Devait-il mentir ? Kaminari baissa un doigt et il décida qu'il pourrait faire de même. Il laisserait juste discrètement sa main sous la table le temps que la question passe.
"Ooooh, Kami, c'est intéressant tout ça." taquina Mina.
"C'était un défi." il expliqua.
"Oh." Elle sembla déçue. "Eh bien, c'est nul. Je pensais avoir trouvé un compagnon bisexuel."
"Je sais pas comment il peut y avoir des filles qui ne sont pas bisexuelles." il soupira. "Je veux dire, elles ont bien vu les autres filles ?"
"Pas vrai ?" Mina acquiesça.
Bakugo jeta un œil au reste du groupe pour voir que Kirishima avait toujours ses cinq doigts levés.
Il n'était pas sûr de ce qu'il ressentait à ce propos.
"Je n'ai jamais mis de chewing-gum sous une table." Un grand garçon à lunettes prit son tour.
Personne ne bougea.
"Qu'est-ce que tu penses qu'on est, une bande de putains de sauvages ?" Taigo pouffa.
"Au moins, tu t'es mis une limite quelque part." La fille lui lança un coup d'œil.
"Un homme se doit d'avoir un code." il rétorqua.
La fille qui s'était montrée tactile avec Kirishima fut la suivante.
"Je ne me suis jamais cassée un os."
Tous les élèves de UA baissèrent un doigt.
"Incroyable." Hatori sourit. "T'as vraiment trouvé des amis dans ton genre, Denki."
"L'idiot adore la compagnie." il confirma.
"Je n'ai jamais donné un œil au beurre noir à quelqu'un." déclara une fille blonde élancée et catégorisée comme celle qui flirtait beaucoup.
Bakugo se demanda s'il devait baisser un doigt supplémentaire pour tous les yeux au beurres noirs qu'il avait pu faire.
"Je n'ai jamais eu la gueule de bois." annonça Kirishima avec un sourire victorieux. Une série de gémissements se fit entendre parmi tout le groupe à l'exception du carmin.
"Qu'est-ce qu'il se passe quand on a plus de doigts ?" demanda Bakugo.
"T'arrêtes de jouer, t'as perdu." répondit Hatori. "Ou gagné, selon ton point de vue. La vie est toute une aventure."
"Eh bien, j'arrête." Il se leva, reconnaissant de l'excuse pour échapper à ce jeu maudit. Il n'arrivait pas à se décider s'il voulait crier sur les toits qu'il avait vécu des choses horribles ou souhaiter que personne ne sache rien de lui.
La pièce commençait à tourner un peu, mais ça ne l'empêcha pas de se servir un autre verre. Il fusionnait avec le canapé depuis un laps de temps indéfini lorsque des cris le ramenèrent à la réalité.
"Dis-moi ça en face, je te mets au défis !" cria Hatori.
"Okay, très bien !" le garçon aux lunettes cria en retour. "T'es complètement taré parce que t'es un putain de camé !"
"Tu me connais pas !" Hatoria s'élança.
"Hatori, ça suffit !" Kaminari s'interposa entre les deux juste au moment où son frère commençait à envoyer son coup. Il le rencontra dans un bruit sourd et tomba à la renverse.
"Merde ! Merde, Denki, je suis désolé !"
"Ça va." Il se leva avec une main sur sa joue qui prenait déjà les couleurs d'un bleu. Il n'avait pas l'air d'aller.
"Je suis tellement désolé." Son frère essaya de regarder de plus près, mais se fit repousser.
"C'est pas comme si c'était la première fois." il répliqua avec amertume.
"Quoi- De quoi tu parles ?"
"Ça m'étonne pas que tu t'en souviennes pas." Kaminari tamponna la petite coupure du bout des doigts. "C'est pas rare que t'aies des trous de mémoire."
"Je suis désolé." il répondit, impuissant.
"Ouais, tu l'es toujours." Kaminari se retira dans la salle de bain, vraisemblablement pour s'occuper de son visage.
"Je voulais pas le frapper." déclara Hatori à quiconque écoutait. Comme si ça avait une quelconque importance.
"Je pense que je vais arrêter de jouer." annonça la fille à côté de Taigo, essayant de dissiper la gêne ambiante. Ça fonctionna. En quelques minutes, le brouhaha des conversations et l'atmosphère de fête avaient complètement noyé l'incident. De plus, Bakugo avait finalement suffisamment bu pour se détendre un peu. La densité de la foule n'était plus suffocante et les bavardages qui l'entouraient ne semblaient plus être la pire chose qui ne soit jamais arrivée. Peut-être qu'il pouvait vraiment faire ces conneries sociales que les gens normaux faisaient.
L'occasion se présenta lorsqu'une fille petite aux longs cheveux noirs et aux yeux verts saisissant s'approcha de lui.
"Tu es Bakugo, n'est-ce pas ?" elle demanda. Il acquiesça. Il était peut-être moins mal à l'aise qu'habituellement, mais il était toujours très nul socialement parlant.
"Tu étais vraiment cool au festival sportif."
"Tout ce truc était un spectacle merdique." Il sirota son verre dans une tentative d'essayer de dissiper ce souvenir.
"Un spectacle merdique que tu as gagné."
"Pas vraiment." il se renfrogna. "Double face s'est retenu."
"C'est comme ça que tu l'appelles ?" elle pouffa.
"Ça ou Le bicolore."
"Est-ce que tous tes adversaires ont des surnoms amusants ?" elle gloussa.
"Juste ceux qui sont assez doués pour que je me rappelle d'eux."
"Je m'appelle Mika." Elle s'approcha plus près, jusqu'à ce qu'il soit adossé au bord du canapé.
"Euh, je m'appelle Bakugo." il répondit bêtement.
"Ouais, je sais." elle rit. "Mais j'ai oublié ton prénom."
"Katsuki."
"Eh bien, je suis ravie de te rencontrer, Katsuki."
Il ne savait pas vraiment comment ça avait commencé, mais elle l'embrassait. Des petites lèvres douces rencontraient les siennes. Rien ne l'étouffait d'en haut, aucun poids ne le retenait. Tout allait bien.
Une main vint se perdre dans ses cheveux. Il réprima facilement le tressaillement, le léger touché passant lentement de son oreille à l'arrière de sa tête. Ça allait.
Son autre main glissa dans son dos et le bout de ses doigts effleura la ceinture de son jean. Ça allait moins bien.
"Ça va ?" elle demanda en s'écartant.
Sois putain de normal.
"Je suis juste dans une mauvaise position." il mentit.
"Eh bien, faisons en sorte que tu sois plus à l'aise."
Elle le repoussa sur le canapé et le chevaucha. Elle était légère, il pouvait facilement se lever et la porter, donc ça allait. La main dans ses cheveux commença à glisser plus bas. À la seconde où elle toucha son cou, il ne put s'empêcher de saisir son poignet pour l'écarter.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?" elle demanda.
"C'est rien." il marmonna, avant de réaliser que son mal-être était trop évident pour continuer à mentir. "J'aime juste pas vraiment que quelque chose touche mon cou."
"D'accord." Elle replaça sa main dans ses cheveux. L'autre explora sous son t-shirt, glissa sur son dos, puis se plaça à nouveau sur l'avant de son jean.
"Il y a une chambre libre." elle chuchota. Elle prit sa surprise hébétée pour de l'intérêt et commença à le tirer vers les escaliers.
"Bakugo !"
Ah, c'est vrai. Il avait oublié que Kirishima était là.
"Quoi d'neuf, Tête d'orties ?"
"T'appelles les gens comme ça devant eux ?!" La fille (Mika ?) rit.
"Je peux te parler une seconde ?" demanda Kirishima.
"On est un peu occupés." elle laissa entendre.
"Juste une seconde, promis."
Elle leva les yeux au ciel, mais céda. Kirishima fit pivoter Bakugo et l'écarta un peu plus loin avec une main sur son épaule avant de se pencher vers lui.
"T'es ivre à quel point ?"
"Oui."
"D'accord, ouais, c'est ce que je pensais. Donc je pense vraiment pas que ce soit une bonne idée."
"Eh bien, je suis totalement sûr que je pourrais pas le faire sobre." il expliqua. "C'est pas si horrible quand je suis comme ça."
"Est-ce que tu veux vraiment faire ça ?" Kirishima interrogea. "Genre, tu vas vraiment prendre du plaisir à le faire, ou tu essayes juste de l'endurer pour prouver que t'en es capable ?"
"Un peu des deux ?" il répondit, incertain. "Certaines parties sont bien."
"Et d'autres non." Kirishima déduit.
"Ouais."
"Est-ce que tu lui dis quand les choses sont moins bien ?"
"Ça a l'air plutôt naze à faire."
"Bakugo, ne fais pas ça." il supplia.
"Le temps est écoulé !" gazouilla la fille, tirant à nouveau Bakugo dans une étreinte étroite. Il la laissa faire.
"Bakugo ! "
"Tu peux y aller." Il agita sa main pour faire partir Kirishima sans vraiment lever les yeux.
"Mademoiselle !" Kirishima appela fermement.
"Oui ?" Elle avait l'air d'être vraiment agacée désormais.
"Mon ami est très saoul et émotionnellement compromis, je pense pas qu'il devrait faire ça."
"Oh." Elle se décomposa, puis étudia Bakugo un moment, cherchant quelque chose sur son visage pour confirmer la déclaration du carmin. Quoi que ce put être, elle l'eut sûrement trouvé parce qu'elle lâcha prise et s'éloigna.
"C'est quoi ce bordel, Tête d'orties ?" il grogna. Il était sur le point de crier davantage lorsqu'un morceau de papier glissa dans sa main.
"C'est mon numéro." elle déclara avec un léger sourire. "Remettons ça quand tu te sentiras mieux."
"Je vais bien, putain !"
Elle était déjà partie.
"C'était pas tes putains d'affaires." il cracha.
"Je suis désolé, je- T'es trop ivre pour ta première fois, mec."
"C'est pas ma première fois." il pouffa amèrement.
"Ça l'est." soutint Kirishima, regardant à travers lui. Putains d'yeux rouges rubis qui pouvaient voir directement dans sa putain d'âme.
"J'ai pas eu de « première fois »." Il détourna les yeux, mal à l'aise.
"Je sais que ce qui t'est arrivé était horrible, et que ça a foutu en l'air la manière dont tout ça fonctionne pour toi. Mais ce qui t'arrive maintenant compte toujours." Il avait sorti ses yeux de chiot suppliants. "Je ne veux pas que tu te blesses à nouveau."
"Elle pèse, genre, quarante kilos." Bakugo leva les yeux au ciel.
"Ça n'a pas d'importance." il soutient. "Tu ne communiques pas et tu es bien trop ivre."
"J'essayais juste d'être une putain de personne normale !" il claqua avec frustration. "Je peux pas faire ça à moins que je sois défoncé."
"Mais même comme ça, tu ne l'apprécies toujours pas."
"Je vais jamais « l'apprécier », bordel !" il rétorqua d'un air exaspéré. "Je dois juste m'y habituer."
"T'en sais rien." Kirishima avait l'air triste désormais. "Jamais est un long moment. Si tu prends le temps de guérir et d'aller doucement avec quelqu'un qui comprend ce que tu traverses et qui t'aime, peut-être que ça n'aura pas à être comme ça."
Oh, ne fais pas ça.
Il le fit.
Il plaça une main ferme sur la mâchoire de Kirishima et l'embrassa. Pendant un instant, le carmin lui rendit son baiser, avant de le repousser doucement.
"Bakugo- "
"Je le veux !" il déclara obstinément.
"T'es encore trop ivre pour ça." Il secoua la tête.
"Tais-toi !" Il était ridicule, mais il s'en fichait.
"Tu pleures ?"
"Non ! Je vais bien, bordel." Il se pencha à nouveau mais cette fois-ci Kirishima mit un peu plus de force pour pousser la sienne.
"Bakugo, j'ai dit non."
Oh putain.
"Merde." il jura. "Putain, je suis désolé, j'suis désolé !"
Qu'est-ce qui ne va pas avec moi, bordel ?
"Non, ça va." assura Kirishima.
"Je suis tellement désolé." Maintenant il pleurait définitivement, merde.
"Je vais bien." il insista doucement. "On pourra en parler demain."
Putain putain putain, pourquoi j'ai fait ça, je suis stupide !
"Oublie ce qu'il s'est passé." il grogna, enfouissant son visage rouge dans ses mains.
"J'y compte pas." répondit sournoisement Kirishima. "Allez, rentrons à l'internat."
Quelque part derrière lui, un spectateur chuchota, "Bon sang, c'était vraiment chaud avant que ça devienne triste."
Tout ce qu'il se souvient du retour en train fut les doigts de Kirishima entrelacés avec les siens, le guidant chez lui.
•* "Je porte mes lunettes de soleil la nuit", Sunglasses at night, chanson de Corey Hart.
NAO : À tous ceux qui ont cliqué sur cette fic pour la mention de KiriBaku et qui ont eu à la place 110k mots d'angst, c'est pour vous.
