Traduction : Tressym383

Relecture : Zodiaaque

Résumé : Les garçons parlent le lendemain matin.


Kaminari tapota l'ecchymose enflée sous son œil d'un air distrait.

"Je suis tellement désolé, Denki ! Ça n'arrivera plus."

Mais c'était arrivé à nouveau. Et seul l'un d'eux se souvenait même qu'il y avait eu une première fois.

Hatori avait toujours été athlétique, et lorsqu'ils étaient petits, il passait la plupart de son temps libre au dojo*. Il avait appris à Denki comment lancer un bon coup de poing l'été avant d'entrer au collège.

"Je serai pas là l'année prochaine, donc si quelqu'un t'embête, tu vas devoir t'en occuper toi-même à partir de maintenant."

"Serre ton poing juste au moment où tu frappes. Assure-toi que ton pouce dépasse pas, s'il se coince dans quelque chose, tu vas le casser."

"C'était bien, mais lance pas trop ton épaule vers l'avant, ça te déséquilibre."

Monoma pouvait témoigner des compétences pédagogiques d'Hatori. Il avait aussi sollicité son frère lorsqu'il avait besoin d'aide avec ses devoirs, les étalant dans leur chambre commune où leur père ne pouvait pas l'entendre poser des questions stupides.

"Si Pi est égal à trois virgule quatorze, alors X est égal à quoi ?"

"C'est une variable. Ça dépend."

"C'est… quoi ?"

"Tu t'es encore endormi pendant le cours ?"

"...Peut-être."

Les choses n'avaient pas vraiment mal tourné jusqu'à ce qu'il commence son année à UA. Il avait été si rarement à la maison, Hatori et lui se voyaient à peine. Leur mère gâtait Mei maintenant que ses fils étaient quasiment indépendants et leur père n'était pas sur le dos de sa fille comme il l'avait été avec eux. À la seconde où personne n'eut plus besoin de lui, Hatori avait perdu pied. Ses notes s'étaient détériorées et ses occasionnelles heures de colle avaient dégénéré en boissons alcoolisées confisquées par l'école et une arrestation.

Denki se demandait s'il aurait pu freiné la spirale s'il avait été plus présent, ou si ça l'aurait simplement retardé de quelques années.

Il sursauta lorsque quelqu'un frappa à la porte.

"Entrez !"

"Hey, mec." Sero entra. "Tu vas bien ?"

"Pourquoi ça n'irait pas ?" il rétorqua avec obstination.

"Comment va ton visage ?" Sero n'entrait pas dans son jeux.

"Il est putain de beau, comme toujours." Il allait garder son autodérision habituelle jusqu'à ce que quelqu'un le fasse arrêter.

"Je suis sérieux, mec." gronda Sero avec frustration. "Arrête de faire le pitre et parle-moi."

Nous y voilà.

"Tu dirais pas ça à Bakugo." il protesta.

"Bakugo est la personne la plus rabougrie émotionnellement que je connaisse. Toi t'es juste têtu."

Ouais, il l'était.

"T'as dit que c'était déjà arrivé ?" Sero demanda patiemment.

"Ouais."

S'il-te-plaît, va-t'en.

"C'était aussi un accident cette fois-là ?"

"Non."

"Tu peux pas continuer à faire ça ! Tu vas foutre ta vie en l'air !"

"Et alors ? C'est la mienne, nan ?"

"Arrête de prétendre que tu t'en fous !"

"Et si c'était le cas ?"

"Pose ça ou j'appelle les flics."

"Qu'est-ce qu'il s'était passé ?" Sero incita.

"Je l'ai menacé d'appeler les flics." Kaminari soupira. "En vrai j'appelais notre mère, mais je pensais pas que ça lui ferait assez peur pour le faire arrêter."

"Et il se souvient de rien ?"

"Nope." Il exagéra désagréablement le « p ».

"Tu devrais lui dire." insista Sero. "Quand il sera sobre."

Kaminari renifla amèrement. "Il est jamais sobre. C'est ça le problème."

"Qu'est-ce qu'il fait toute la journée, exactement ?"

"Il a eu son diplôme l'année dernière, de justesse. Et au lieu d'aller à l'université comme on le pensait tous, il est juste… parti. Il a commencé à partir à la dérive avec des amis. Je crois qu'il travaille dans un café à temps partiel, mais je sais pas où."

"C'est, euh… c'est dur, mon pote."

"Ouais."

"T'as toujours son numéro ?"

"Ouais."

"Tu pourrais lui envoyer un message." il suggéra. "Écrire quelque chose pour qu'il puisse le lire à nouveau quand sa tête sera claire."

"Je vais y réfléchir."


Bakugo se réveilla avec la bouche pâteuse et une migraine épouvantable. Il avait dû y aller assez fort sur l'alcool, c'était le pire qu'il avait ressenti depuis-

Oh mon dieu, qu'est-ce que j'ai fait putain.

Ça ne pouvait pas être réel. Il n'avait pas vraiment fait ça. Il trébucha jusqu'à la salle de bain pour vomir, ce qui fut presque une distraction bienvenue de la possibilité mortifiante qu'il avait peut-être vraiment fait ça.

Il se laissa tomber en arrière, s'effondrant sur le carrelage.

"T'excuses pas, ça va. Mieux vaut recracher tout ça maintenant, pas vrai ?"

Kirishima avait supporté au moins la moitié de son poids et retenu ses cheveux comme s'ils étaient des putains de sœurs de sororité. Il se traina jusqu'à son lit, où un verre d'eau l'attendait.

"Pars pas."

"D'accord. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?"

"Reste."

"Juste rester ?"

"J'ai pas l'impression qu'ils vont revenir me chercher quand t'es là."

"Qui reviendrait te chercher ?"

"La Ligue."

Il s'était recroquevillé dans les couvertures, marmonnant dans un oreiller alors que sa main avait refusé de lâcher celle de Kirishima. D'aussi loin qu'il puisse se souvenir, Tête d'orties avait cédé à ses caprices jusqu'à ce qu'il s'endorme.

Il a fait ça après que je l'ai embrassé, bordel.

Pourquoi j'ai fait ça ?

Kirishima était resté à ses côtés malgré toutes ses conneries, pourquoi irait-il tout ruiner ? Était-il si brisé qu'il devait prendre tout ce qui était bon et le souiller avec ce qui n'allait pas chez lui ?

Voudrait-il toujours être son ami ? Allait-il être mal à l'aise, mais resterait malgré tout parce qu'il s'y sentait obligé ?

Kirishima pensait-il qu'il était dégoûtant ? Il avait dit non, mais Bakugo l'avait quand même embrassé.

Il ne le voulait pas, mais je l'ai quand même fait.

Il avait à peine réussi à boire quelques gorgées d'eau et il vomissait déjà à nouveau.

Stupide stupide stupide-

Son alter s'activa contre son bras. Il eut à peine le temps d'enregistrer la douleur aigüe avant de se souvenir qu'il n'était pas censé le faire.

Super, maintenant je déçois aussi Aizawa.

Il avait promis d'essayer. Il n'avait pas d'élastique sur lui, mais il y avait un feutre rouge dans son bureau. Ses blessures les plus récentes avaient cicatrisées sous forme de décolorations sombres plutôt qu'en plaies ouvertes, il ne commençait donc pas exactement sur une toile vierge.

Pas de droite à gauche, va tout droit.

Il traça une ligne de haut en bas au centre de son avant-bras. Il n'allait pas vraiment mettre fin à sa vie à cause d'un baiser, une partie distante et rationnelle de son cerveau savait que c'était une réaction excessive, mais il le voulait.

Ce n'était pas assez. Il avait besoin d'en faire plus, parce qu'il était dégoûtant, un moins que rien et un putain d'idiot. Les mots commencèrent à se former avant qu'il ait décidé de les écrire.

Stupide

Inutile

Répugnant

Faible

Moins que rien

Monstre

Inutile inutile inutile-

Il manquait d'espace, les mots commençaient à se chevaucher chaotiquement. Il recommença avec un feutre noir, chevauchant des messages qui exprimaient à quel point il se détestait.

Il regarda son travail et… se sentit finalement un peu mieux.

Bizarre.

Il avait réussi à aller se brosser les dents lorsque quelqu'un frappa à sa porte. Ça ne pouvait vraiment être qu'une personne.

"Une seconde." il cria autour de sa brosse à dents. Okay, se rincer la bouche, mettre quelque chose avec des manches longues, ouvrir la porte, tout va bien.

Oh putain, j'ai pas verrouillé la porte hier soir.

"Hey, Tête d'orties." Il lui ouvrit avec un air désinvolte, comme s'il laissait toujours les autres entrer dans son espace personnel sans poser de questions.

"Comment tu te sens ?"

"Horriblement mal."

"C'est à peu près ce à quoi je m'attendais."

"T'as besoin de quelque chose ?" il demanda dans une ignorance intentionnelle.

"On doit parler d'hier soir."

"Et si à la place, on le faisait pas ?"

"Bakugo- "

"Je suis pas gay !"

Il ne savait pas trop pourquoi ceci avait été la première chose qui était sortie de sa bouche, mais ça lui semblait important à dire.

"D'accord." répondit calmement Kirishima. Comment pouvait-il être aussi calme, bordel ? "Alors pourquoi tu m'as embrassé ?"

"J'en sais rien, mais je le suis pas !"

Il ne l'était pas, il ne pouvait pas l'être. Il ne voulait pas être comme ça. Il ne voulait pas des étranges sentiments mélangés qui accompagnaient la peur et la nausée. C'était plus simple de tout détester.

"Je dis pas que tu l'es." Le comportement doux et rationnel du carmin lui donnait encore plus l'impression d'être fou. "Mais si tu l'étais, pourquoi ce serait si grave ?"

"Allez, gamin. Tu peux pas me dire que t'aimes pas au moins un peu ça."

"J'ai pas aimé ça !" il lâcha de manière inarticulée. "Je voulais pas être avec un gars en premier lieu, j'ai pas choisi ça !"

"Je sais." Derrière son doux sourire, Kirishima avait l'air d'avoir le cœur brisé. "Je sais que tu ne voulais pas ce qu'il s'est passé quand tu étais enfant. Aimer un mec maintenant ne change pas ça."

"Je suis pas gay, putain, je- " il pataugea. "Je pensais pas que j'aimais les gens en général jusqu'à- "

Jusqu'à quoi ? Jusqu'à ce que Kirishima respecte patiemment ses limites pendant des mois ? Jusqu'à ce que ce respect ait suffisamment apaisé la peur aveugle pour que d'autres sentiments fassent surface ?

" -jusqu'à toi."

Qu'est-ce que je fous, bordel ?!

"Personnellement, j'aime les gens." répondit Kirishima avec sincérité. "J'ai déjà aimé des filles, mais je pense… je pense que je t'aime."

Son cerveau cessa de fonctionner.

"Désolé, c'était peut-être trop direct. Tu traverses beaucoup de choses en ce moment, j'aurais pas dû- "

Bakugo plaqua sa main sur sa bouche.

"Donne-moi une seconde." il commanda. Kirishima hocha la tête, ne faisant aucun effort pour retirer sa main.

"D'accord." Il remplit ses poumons par une grande inspiration nasale. "T'es en train de me dire que toi, un putain de rayon de soleil qui pourrait avoir n'importe quelle fille ou quel mec qu'il voudrait, toi. C'est moi que tu aimes ?"

Un autre hochement de tête, les yeux écarquillés du carmin fixés sur les siens.

"C'est quoi ce bordel ?"

Finalement, Kirishima tendit la main pour retirer celle de Bakugo et reprendre la parole.

"Je sais pas vraiment comment ni à partir de quand c'est arrivé, mais je pense à toi tout le temps. T'es tellement fort et intelligent. Tu travailles si dur, même après tout ce que tu as enduré, et je veux juste que tu ailles bien, et que tu sois ici. Avec moi."

C'est quoi ce putain de bordel.

"Si c'est une putain blague, je te tue."

"Tu penses vraiment que je te ferais ça ?"

Non. Il savait avec certitude que Kirishima ne le ferait pas.

Il lui avait donné toutes les opportunités du monde pour lui faire du mal. Confessions accidentelles, crises dépressives, ivresse jusqu'à en perdre la tête… Il s'était même jeté sur lui durant une soirée. Kirishima avait prouvé qu'il était digne de confiance à chaque fois.

"T'es tellement stupide !" Bakugo gémit finalement.

"O... kay ?" Kirishima n'avait pas l'air blessé, juste perdu.

"Tu pourrais avoir tellement mieux, t'es une si bonne personne et je suis… je suis- ça."

Il remonta la manche gauche du sweat qu'il avait enfilé. Kirishima s'approcha, tendant la main pour inspecter le désordre de lettres chaotiques.

"C'est ce que tu penses de toi ?" il demanda doucement, comme s'il savait qu'une légère brise pourrait actuellement faire chuter Bakugo.

Lorsqu'il refusa de, ne serait-ce que regarder Kirishima, l'autre garçon alla fouiller dans sa salle de bain. Il revient avec un rouleau d'essuie-tout et de l'alcool modifié.

"Est-ce que je peux avoir ton bras ?" il demanda. Bakugo haussa les épaules et le laissa tenir son poignet dans une main, le laissant essuyer l'encre avec une serviette imbibée d'isopropyle de l'autre. C'était un travail lent, c'était une bonne marque de feutre après tout, mais les mots commencèrent à disparaître petit à petit. Plus l'encre s'estompait, plus les cicatrices et les marques plus récentes apparaissaient.

"Quoi que tu veuilles faire, je pense qu'on devrait y aller très doucement. La vie est assez compliquée comme ça en ce moment."

Bakugo hocha la tête d'un air absent.

"On trouvera une solution." Il remplaça l'alcool par une serviette en papier imbibée d'eau. "Je suis la monture qui ne vacille jamais, tu te souviens ?"

Bakugo finit par sourire un peu.

Du coin de l'œil, il vit Kirishima tendre la main et attraper quelque chose sur son bureau, avant de sentir la fine pression d'une mine écrire sur son bras.

"C'était beaucoup d'efforts pour juste tout regribouiller à nouveau." il plaisanta nerveusement.

"C'est une amélioration, je pense." il insista. Bakugo ne pouvait pas vraiment voir ce qu'il faisait sous cet angle, mais le carmin le relâcha quelques traits plus tard.

Il était presque trop effrayé pour regarder ce qu'il avait marqué.

Les écritures rouges étaient à des endroits aléatoires.

Dévoué

Talentueux

Incroyable

Héros

Au-dessus de tout ça, en lettres noires épaisses et où se trouvait juste avant son envie de mourir :

Je t'aime

"Espèce de cruche." Il fondit instantanément en larmes. Les cicatrices étaient encore bien visibles, Kirishima savait d'où elles venaient, savait pourquoi il avait ressenti le besoin de les faire en premier lieu. Mais malgré tout-

Je t'aime

"Si jamais tu racontes ça à quelqu'un, je t'aiderai plus jamais pour tes devoirs." il menaça à travers des sanglots désordonnés.

"J'oserai pas en rêver." promit Kirishima. "Est-ce que tu sais comment tu veux appeler… quoi que l'on puisse être ?"

"Un putain de mauvais investissement, voilà ce que c'est." Il ne pouvait pas s'en empêcher, il ne pouvait pas faire toute ces conneries affectueuses dans lesquelles Kirishima excellait.

"Si je dis aux gens qu'on est des partenaires commerciaux, ils vont définitivement se faire une mauvaise idée." ricana Kirishima.

"Je peux- je peux pas être un petit-ami." Bakugo secoua la tête comme si ça pouvait l'aider à éclaircir ses pensées d'une manière ou d'une autre.

"D'accord." il accepta immédiatement. "T'es pas obligé de l'être si tu le veux pas. Je serai toujours là."

"C'est pas ce que j- je veux dire, je veux- " Bordel, comment les mots s'utilisent-ils ? "Je veux que ce soit toi et moi contre le monde jusqu'à ce que je meure putain, mais je peux pas te donner… les trucs de partenaire."

"Les trucs de partenaire ?" Kirishima pencha la tête sur le côté comme un putain de chiot.

"Je fais même pas de câlins." il essaya d'expliquer. "Je peux pas faire ce que… les gens en couple sont censés faire."

"Est-ce que tu parles d'offrir des fleurs pour les fêtes, ou genre, de sexe ?" il demanda, imperturbable.

"Tout !"

"T'as pas à faire quoique ce soit si tu le veux pas." il assura. "Je sais juste que la nuit dernière quand tu m'as demandé de rester, si t'avais été assez sobre pour que je me sente bien à ce sujet, je l'aurais fait."

"Je veux pas tout foutre en l'air." gémit Bakugo d'une voix rauque.

"Il n'y a rien à foutre en l'air. J'attends rien de toi. Je ressens juste ce que je ressens pour le simple fait que tu existes."

Il ne savait pas quoi faire avec le tourbillon d'émotions qu'il ne pouvait pas nommer. Il voulait l'embrasser à nouveau, mais aussi sauter par la putain de fenêtre. Il voulait s'accrocher et ne jamais lâcher prise, mais aussi arracher sa peau sans valeur.

"Qu'est-ce que je suis censé faire maintenant ?" il demanda bêtement.

"Tout ce que tu veux faire." Kirishima haussa les épaules.

Bakugo lui attrapa le bras et le tira vers le bord du lit avec lui. Il n'avait pas beaucoup de bons souvenirs concernant les contacts physiques, mais le moment où il s'était endormi contre Kirishima était le meilleur de tous. Il s'appuya contre son torse musclé, lui tournant le dos pour qu'il puisse pleurer en paix.

"Ça va aller ?" le carmin demanda, le pressant un peu contre lui avec le bras qu'il lui avait confisqué.

"J'aime ton stupide visage." il répondit vaguement. Il ne pouvait cependant pas regarder ce stupide visage actuellement. "J'ai peur que si on fait ça, tu finisses par en avoir marre de mes conneries, et je saurais pas quoi faire quand tu partiras. C'est plus facile de simplement rester seul."

"Ça l'est vraiment ?" interrogea Kirishima. "Être seul a l'air d'être sacrément difficile."

"Tu vas le regretter." il insista.

"Non, ce sera pas le cas."

"T'en sais rien !"

"Ça pourrait ne pas fonctionner." il convient. "Ça pourrait être un énorme désastre parce qu'aucun de nous ne sait ce qu'on fait et ça rendrait le fait d'être meilleurs amis super gênant pendant un certain temps. Mais je ne regretterai pas d'avoir essayé."

Il ne pouvait pas argumenter contre ça. L'idée de laisser tomber, de rater l'opportunité d'essayer -il ne pouvait pas s'empêcher de voir cette jolie fille au bras de Kirishima- et de ne jamais savoir ce qu'il aurait pu avoir… c'était probablement pire que ce qu'il pourrait se passer.

"Okay."

"Okay." répéta Kirishima. "Est-ce que je peux le dire à quelqu'un ?"

Il eut l'impression de se faire électrocuter.

"Non !"

"Okay, okay, je le ferai pas." il l'apaisa. "Il y a une raison particulière, ou…"

"Les gens pensent déjà que je suis complètement fou à cause du festival sportif, maintenant je suis malade mentalement à cause d'une agression, ajouter gay au mélange est la dernière chose dont j'ai besoin !"

"Ils sont ensemble ?"

"Bien sûr que non. Il est gay, nan ?"

"Ça ferait sens. C'est un peu une tapette."

"Je parie qu'il la prend dans le cul."

Nan. Nan, nan, nan, il ne pouvait pas gérer les blagues sur les gay actuellement, absolument pas.

"Oh… tu penses…" Kirishima choisit ses mots avec soin. "Tu penses que les gens vont supposer que tu es gay parce que quelque chose de mal t'est arrivé ?"

"Bien sûr qu'ils le feront !"

Il n'était même pas sûr de ce que lui-même en pensait.

"D'accord." il s'adoucit. "Alors cette conversation reste entre nous."

Mais est-ce que ce serait vraiment le cas ? Il avait embrassé son meilleur ami dans une pièce remplie de monde avant de fondre en larmes à cause de ça. Ça avait dû attirer l'attention, ne serait-ce qu'un peu.

"Quoi que tu penses, tu y réfléchis trop." Kirishima fit taire la spirale dans sa tête. Bakugo attrapa un oreiller et enfouit son visage dedans en se blottissant sur les genoux du carmin.

C'était un moyen comme un autre d'éviter le monde extérieur pendant un petit moment.


•* Dojo : salle où se pratiquent les arts-martiaux.