Traduction : Tressym383
Relecture : Zodiaaque
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NP : NOUS SOMMES EN DÉCEMBRE ! Ce qui veut dire que ça fait officiellement un an que j'ai commencé la traduction de cette histoire (bien que je ne la publie que depuis mars). En un an j'ai donc traduis 137 309 mots (315 pages environs) et en ai posté environs 117 183 (269 pages environs). Et tout ça représenterait 23,75% de l'histoire, si mes calculs sont bons.
Résumé : Bakugo reçoit davantage de messages haineux et ça commence peut-être, juste un tout petit peu, à l'atteindre.
Le téléphone de Momo se mit à vibrer sur un numéro inconnu. Elle décrocha malgré tout, c'était un numéro local* donc c'était peut-être pour quelque chose d'important.
"Bonjour ?"
« Est-ce que Jirou et toi sortez ensemble ? »
"Je- quoi ?" elle bafouilla. C'était quoi ce bordel ? "Qui est-ce ?"
« Réponds juste à la question, Queue d'cheval. »
"Bakugo ?" Elle avait encore plus de questions désormais. "Non, nous ne sortons pas ensemble. Pourquoi ?"
« Pour rien. » il mentit de manière évidente.
"Que se passe-t-il ?"
« J'étais juste en train de… penser à des trucs. »
"Est-ce que Kirishima t'a finalement déclaré sa flamme ?" elle devina.
« Il a dit qu'il le dirait à personne ! » Bakugo cria dans la panique.
"Il ne me l'a pas dit." elle le rassura. "C'est juste assez évident."
Le silence se prolongea, jusqu'à ce qu'elle commence à s'inquiéter.
"Qu'est-ce que tu lui as répondu ?"
« J'ai dit qu'il était cinglé et qu'il avait des goûts de merde. »
"Et puis ?"
« Que je voulais essayer, mais j'ai aucune idée de comment faire ça. »
"Et c'est pourquoi tu m'as appelé ?" Elle avait depuis longtemps accepté le fait que parler d'émotions avec Bakugo serait toujours un casse-tête.
« J'imagine. »
Elle abandonna le devoir sur lequel elle travaillait et se laissa tomber sur son lit surdimensionné.
"Les relations amoureuses sont difficiles lorsque nous avons une histoire comme la nôtre." Elle décida qu'il valait mieux parler de ça en s'incluant dans le sujet. Bakugo était plus susceptible d'être contrarié s'il percevait de la pitié plutôt que si Momo mettait son expérience moins grave à la même échelle que la sienne.
« Comment tu le saurais si tu sors avec personne ?" il interrogea.
"Parce que j'ai dit à Kyoka que j'avais besoin de temps pour me découvrir et elle l'a compris." elle expliqua, essayant de réprimer son irritation face à l'impolitesse habituelle du blond. "Je ne sais pas si ce que je ressens est naturel ou si c'est dû à de la peur."
« Comment ça ? »
"Je ne pense pas que j'éprouve pour elle ce que je suis censée ressentir lorsqu'on sort avec quelqu'un. Et je ne sais pas si je n'aime vraiment pas les hommes, ou si j'ai simplement peur d'eux." elle élabora. "Je suppose que c'est compliqué dans le sens inverse pour toi."
"Eh bien, Himiko Toga a foutu en l'air toutes mes idées reçues sur le fait que les femmes soient sans danger." il marmonna. "Pas que j'en avais beaucoup pour commencer. T'as bien vu ma mère."
"En effet, tu as eu une enfance abusive où les opportunités sont assez égales." Elle s'aventura dans l'humour noir que les amis de Bakugo utilisaient et dont elle avait déjà été témoin, il semblait mettre le blond paradoxalement à l'aise.
Ça fonctionna, ce dernier laissa échapper un rire abrupte qui frôla l'étouffement.
« Je savais pas que t'étais comme ça, Queue d'cheval. »
"Je suis pleine de surprises." Elle sourit au téléphone. Le silence retomba, mais elle décida qu'elle le laisserait jusqu'à ce que Bakugo le rompe et confie ce qu'il voulait lui dire.
« Kirishima est juste… allé droit au but et a dit « Je t'aime ». » Il avait l'air de ne pas entièrement croire ses propres mots. « Genre, il l'a écrit sur mon bras, je suis en train de le regarder en ce moment-même. »
"Eh bien, je suis presque sûr que c'était évident pour tout le monde." elle l'informa.
« ...Ah oui ? »
Elle fût frappée par le fait que Bakugo n'était vraiment pas habitué à ce qu'on l'aime. Une partie d'elle le savait déjà, mais c'était de Kirishima dont ils parlaient. Était-ce vraiment si difficile à croire pour lui ?
"Oui, Bakugo, ça l'est."
Le véritable mystère était la manière dont Bakugo pouvait à la fois se considérer comme le meilleur dans tous les domaines et complètement indigne d'amour. Comment son arrogance évidente et son dégoût de lui-même moins évident coexistaient-ils ?
« Je sais pas comment faire ce genre de trucs. » il avoua dans un murmure craintif.
"Je doute que Kirishima s'attende à ce que tu le saches." elle essaya d'apaiser l'anxiété incertaine qui criait à travers le téléphone.
« Il est tellement doué pour ces conneries. » Bakugo geignit. « Il sait toujours ce qu'il faut dire et moi je suis un putain d'idiot. »
Elle esquissa un sourire, se rappelant toutes les fois où Bakugo avait proclamé à quel point Kirishima était stupide.
"Les émotions et toi, c'est comme Kirishima et les maths. Ça lui prend quelques essais, mais tu sais qu'il essaie donc tu dois être patient avec lui."
« J'imagine. » il grommela avec un mélange d'agacement et de soulagement.
"Kirishima te connaît mieux que quiconque. Il ne sera pas surpris que tu aies du mal avec ça."
« On s'attend à ce que j'échoue. Youpi. »
"Tu sais que ce n'est pas ce que je voulais dire." Momo soupira. "Mais si tu es si inquiet à ce sujet, tu devrais simplement lui en parler."
Il raccrocha.
Inconnu :
T'avais l'habitude de battre les filles, maintenant ce sont elles qui te battent.
Inconnu :
J'imagine que les tarés aiment se tenir compagnie.
212-555-3758 :
Je me sentais mal pour toi, mais après je me suis rappelé que t'étais un connard.
Inconnu :
Tu es la personnification d'une mastication trop bruyante.
208-555-1064 :
Himiko est-elle enclin à partager ?
857-555-5893 :
UA a dû utiliser toute une putain de muselière, qui savait que tout ce qu'il fallait pour te faire fermer ta gueule était quelques petites caresses.
Plus il lisait les messages, plus il se sentait exposé et peu sûr de lui, mais il n'arrivait pas à s'arrêter.
638-555-3962 :
Je parie que toutes tes érections sont des érections dues à de la rage.
107-555-1074
Ce gars avec l'alter de pierre doit avoir une très faible estime de lui-même s'il pense que tu es le genre d'ami qu'il mérite.
958-555-0628 :
Si j'étais dans une pièce avec toi, All for One et deux balles dans une arme, je te tirerais dessus deux fois.
Inconnu :
J'ai quelques contacts pour un super stage si jamais je peux t'avoir enchaîné à une chaise quelques heures.
Inconnu :
Tue-toi.
Inconnu :
Pourquoi ne suis-je pas surpris du fait que ta plus grande faiblesse se soit avérée être l'intimité humaine ?
Quelqu'un avait divulgué son numéro de téléphone, il recevait donc un flot constant de SMS en plus de ses mails. L'appareil était déjà en mode silencieux, il devrait juste le mettre dans un tiroir et le laisser là, mais il avait besoin de savoir.
Inconnu :
T'as si bien baisé cette Toga qu'elle t'a laissé partir ? Je parie que tu l'as pilonné plus fort que la fille à l'alter de gravité du festival sportif.
959-555-0825 :
Clairement Dieu n'existe pas, parce que tu transpires de la nitroglycérine, t'as le potentiel d'exploser et mourir chaque jour, et pourtant t'es encore là.
Inconnu :
Tu es si sexy quand tu es impuissant.
Le message qui l'énerva le plus n'était que de quatre mots.
212-555-3850 :
Je te reconnais désormais.
Ça voulait dire quoi, bordel ? Il le reconnaissait d'où ?
Il enregistra le numéro au cas où la personne enverrait autre chose.
Il continua de lire les messages sous son bureau tout au long du cours, cataloguant chaque insulte, préparant une réplique pour chacune si quelqu'un essayait d'en dire en face. Lorsque Aizawa annonça que l'exercice du jour en pratique serait de partir en reconnaissance et stabiliser les dommages structurels d'une zone sinistrée, il sut que cette journée de merde allait devenir encore plus merdique.
Puis il fut associé à Ojirou, et la seule chose stable entre Ojirou et lui était une aversion mutuelle. Celui-ci avait l'air de ne pas pouvoir croire à sa malchance et soupira.
"Finissons-en avec ça."
Ils avaient chacun une zone à sécuriser et devaient marquer au feutre ce qui l'était déjà et ce qui ne l'était pas tout en minimisant les possibles dangers.
"Tu ne devrais probablement pas utiliser ton alter pour faire ça." Ojirou commenta. "La stabilité n'est pas vraiment ton point fort."
"Je t'ai pas demandé ton putain d'avis !" La pique relativement minime alla directement piquer ses nerfs déjà à vifs. "Va juste te faire foutre et reste en dehors de mon chemin."
Six lui dirait probablement de prendre du recul et de réfléchir aux conséquences potentielles de sa colère mal dirigée. Six pouvait aussi aller se faire voir.
"C'est à toi de décider si et quand nous le ferons, mais comme tu as du mal à en parler, je voulais te proposer d'utiliser mon alter."
"Non." il refusa immédiatement.
"Dans cette pièce, tu n'as jamais à faire ou à dire quelque chose que tu ne veux pas." Six lui assura. "Je voulais seulement te rappeler que c'est une option parce que pour toi, lorsque tes émotions te submergent, la parole est la première chose que tu ne maîtrises plus."
Ouais, il était nul à chier en communication. Ça ne voulait pas dire qu'il voulait que quelqu'un fouille dans sa putain de tête.
À quelques mètres de là, Ochako et Hagakure s'en sortaient à merveille. Elles trainaient des tonnes de débris en apesanteur, quasiment l'équivalent d'une forteresse, en quelques minutes seulement.
"Le jour où mon alter s'est manifesté pour la première fois, mes parents pensaient qu'ils m'avaient perdu. J'ai juste disparu du jour au lendemain et ils n'ont pas réalisé que j'étais dans la maison depuis le début jusqu'à ce qu'une boule de riz commence à flotter."
"J'ai aussi fait flotter une boule de riz quand j'ai découvert mon alter !" Ochako éclata de rire.
Bakugo donna un coup de pied à une poutre de support et la sentit se tordre sous la force.
"Ce truc doit descendre." il cria à Ojirou.
"On est là pour réparer le bâtiment, pas pour tout détruire !" ce dernier se plaignit à travers la panique.
"C'est en train de s'effondrer de toute façon." il soutient. "C'est instable. Mieux vaut le briser maintenant que d'attendre qu'il tombe tout seul."
"Eh bien, c'est ironique." Ojirou marmonna.
Oh putain, il n'a pas osé.
"Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?" il grogna.
"Juste que cette stratégie ne te ressemble pas vraiment, monsieur je-n'ai-pas-besoin-de-thérapie."
Eh bien, ça confirmait ses soupçons sur le fait qu'Ojirou était d'une manière ou d'une autre assez éloigné de ses cercles sociaux et de ceux de Deku pour ne pas être au courant. Mais ça l'énervait toujours.
"Tu veux te battre ?!" il défia.
"Marquons juste cette poutre avec le feutre rouge et passons à autre chose." il répliqua pour tenter de s'échapper au combat, mais Dieu savait que Bakugo voulait quelqu'un avec qui se battre.
"Oh que non, vas-y, je vais te montrer à quel point je suis instable !"
"Bakugo, arrête !" Hagakure intervint.
"Recule, Invisibili-bitch !"
"Ça suffit !" Ojirou avait vraiment l'air énervé désormais. Bien. "J'ai capté que t'es paumé en ce moment, mais ça ne te donne pas le droit de traiter comme de la merde toutes les personnes avec qui t'interagis !"
"Je le ferais pas si vous vous occupiez tous de vos propres putains d'affaires !"
"Tout ce qu'elle a fait, c'est te demander d'arrêter de crier !"
"J'arrêterai de crier quand j'en aurai envie, putain !" La rage avait enfin quelque part où aller et elle se déversa sans retenue du gouffre sombre et tourbillonnant qui vivait au sein de sa poitrine. Puis Ojirou porta le coup fatal.
"Je ne sais pas pourquoi Kirishima traîne avec toi."
Et soudainement, la rage s'en alla, engloutie par la honte écrasante. Ça avait dû se voir car la satisfaction colérique d'Ojirou faiblit.
"Moi non plus." il laissa échapper avant qu'il ne réalise à quel point ça semblait vulnérable.
"Je ne voulais pas dire ça." reprit rapidement Ojirou.
"Si."
Comme chaque personne qui l'avait dit avant lui.
"Ce bâtiment de merde est en train de s'effondrer." il annonça, sans émotion. "Donc dégagez de là. Ou le faites pas. J'en ai rien à faire."
Quelques explosions bien placées émiettèrent ce qui restait de la structure. Il voulait continuer, il voulait détruire, mais ça ne ferait que leur donner raison. Au bord de sa zone d'action, il rencontra Dark Shadow, qui s'élevait de coins impossibles à atteindre parmi les décombres.
"Tu as l'air énervé." ce dernier observa.
"C'est juste mon visage habituel."
"Non, plus que d'habitude. Tu es méga-énervé."
"Bientôt ouais." il grogna dans un avertissement ignoré.
"Envers qui ?"
"Tout le monde !"
Tokoyami rattrapa finalement son ombre en fuite.
"J'ai entendu des cris. Qu'est-ce qui te pose problème ?"
Tokoyami était difficile à cerner. Toute l'école savait que Bakugo avait une sorte de SSPT depuis l'incident avec Monoma, mais tout ce qui était au-delà avait été remarquablement étouffé. Jusqu'à la vidéo, du moins. Désormais, les gens commençaient à tirer leurs propres conclusions et il détestait absolument ça. Contre toute raison, il jeta son téléphone à l'homme oiseau.
Une série d'émotions se déroula. Confusion, intérêt, puis-
"Tout ceci est aberrant."
"Ouais, c'est assez agaçant."
"Ce n'est pas juste agaçant, Bakugo, c'est un crime."
Bordel, il n'avait pas besoin d'être à nouveau une putain de victime, il en avait assez.
"Tu dois mettre Aizawa au courant." Tokoyami suggéra.
"On dirait le putain de Deku quand tu dis ça."
"Alors c'est probablement une suggestion valide." répondit Tokoyami d'un air exaspéré. "Il tient beaucoup à toi."
"T'as littéralement un monstre attaché à toi !" il cria avec colère. "Tu peux pas me parler comme si j'étais celui qui était mal barré !"
"C'est rude." accusa Dark Shadow.
"Je n'ai pas dit ça." nia calmement Tokoyami. "Simplement que les messages que tu reçois sont problématiques."
"Toute ma putain de vie est problématique, Cerveau-de-Piaf."
"Tu fais référence à ton enlèvement traumatisant ?" il déduit.
"Quelque chose du genre." il grommela, en ayant plus qu'assez de cette conversation.
Ojirou et Bakugo ne s'apparentaient plus vraiment à une équipe après ça, mais plus à des gens qui se contentaient d'exister dans le même espace. L'exercice se termina dans un silence implacable, aucun des deux ne voulant regarder l'autre. Ochako voulait désespérément les secouer.
"Hey, Ojirou." elle appela.
"Ouais ?"
"Arrête d'évoquer la thérapie."
"Hm ?"
"Ce jour-là on s'était disputés. Je sais que Bakugo est bruyant, odieux et méchant, mais il était vraiment contrarié à ce moment-là et pour une bonne raison, alors s'il te plaît… n'en parles pas."
"D'accord." il accepta. "Est-ce que... Est-ce que tu sais ce qu'il lui est arrivé ?"
"Ouais." elle admit. "Il ne voulait pas vraiment que je le sache, mais oui."
"Je suppose que ça a dû être assez grave, pour qu'Aizawa fasse tout un cours dessus."
"Oui, ça l'était." C'était faible, presque un murmure.
"Ça n'excuse pas la façon dont il agit cependant." Ojirou secoua la tête. "Insulter et crier sur Hakagure alors qu'elle n'a rien fait."
"Oh, crois-moi, je sais. Je suis celle qui ai commencé une dispute avec lui devant toute la classe."
Bien sûr que le comportement de Bakugo n'était pas correct, mais aucun autre aspect de sa vie ne l'était non plus, alors pour l'instant elle lui pardonnerait. Elle s'éloigna d'Ojirou, espérant qu'un peu d'espace la calmerait.
Lorsqu'elle vit Bakugo se précipiter sur le toit, elle décida qu'elle en avait fini avec cet évitement emplit de culpabilité. Elle essayait de trouver un moyen d'annoncer sa présence sans l'effrayer lorsqu'il prit la parole.
"Qu'est-ce que tu veux bordel, Tête d'œuf ?"
Il avait l'air fatigué.
"J'ai essayé de te donner de l'espace- "
"Super. Continue comme ça."
"Mais je pense que ce serait lâche de ma part de t'éviter davantage." Elle espérait parler assez bien le langage de Bakugo pour qu'il la laisse continuer.
"Je suis dans tous tes putains de cours." il rejeta.
"Je suis désolée de t'avoir crié dessus. Je n'avais pas compris que tu souffrais et j'ai mal interprété ce que tu voulais dire."
" -pas sans des années de thérapie !"
"J'AI PAS BESOIN D'UNE PUTAIN DE THÉRAPIE !"
"Je l'ai cherché." il pouffa amèrement.
"Je suis quand même désolée." elle insista. "Je ne voulais pas te blesser."
"Depuis quand tu te soucies de mes putains de sentiments ?" il interrogea.
"Depuis que j'ai réalisé que tu en avais." Ochako répondit doucement. "Enfin, mis à part la colère. Celui-là a toujours été assez apparent."
Bakugo secoua la tête, la regardant comme si elle était une coutume sociale étrangère qu'il ne comprenait pas.
"Tu penses toujours vraiment qu'en parler est une sorte de courage et toutes ces conneries ?" Il n'avait pas l'air accusateur cette fois, juste curieux.
"Oui." elle répondit fermement.
"J'ai été blessé vraiment violemment." il marmonna contre son genoux. "Et j'ai aucune idée de qui c'était. Y a personne sur qui essayer d'obtenir justice. C'est juste une chose qui s'est produite."
"Et Himiko Toga ?" Il tressaillit à nouveau, mais elle ne l'ignorera pas cette fois. Le nom « Himiko » s'ajouta à sa liste croissante de « choses qui l'avaient tellement blessé qu'il ne pouvait pas en parler ».
"Qu'est-ce qu'il y a avec elle ?"
"Elle t'a aussi fait du mal." elle s'aventura. "Peut-être pas aussi gravement, mais cette vidéo était assez dérangeante."
Il rit, de façon creuse et amère.
"Beaucoup de gens le voient pas de cette façon."
"S'ils connaissaient ton histoire- "
"Mais c'est pas le cas. Je suis qu'un connard qui a eu ce qu'il méritait." Il balança un caillou égaré qui avait d'une manière ou d'une autre réussi à atteindre le toit. Elle savait que sa prochaine phrase ne passerait pas.
"Tu pourrais leur dire."
Elle était déjà préparée pour les explosions lorsqu'elles éclatèrent.
"T'es folle ?" il s'exclama. "T'as perdu la tête ?! Tu penses que j'ai pas assez de conneries à gérer entre le vilain boueux, le kidnapping et mon attitude de merde ? Tu penses vraiment que je devrais ajouter le viol dans le mélange ?"
Elle ne l'avait jamais entendu utiliser ce mot auparavant et ça la fit sursauter pour une raison qu'elle ignorait.
"Tu es un peu difficile à comprendre, mais tu es une meilleure personne que tu ne le prétends." elle lui confia sincèrement.
"Va dire ça à Oijirou." Il se renfrogna.
"Ojirou passera à autre chose."
"Je suis pas la victime que les gens veulent. Personne veut que j'ai une bonne raison, ils veulent me voir échouer."
"Je ne pense pas que ce soit vrai."
"T'en as aucune putain d'idée." Il se remit sur ses pieds et partit en trombe.
Internet était-il vraiment si dur ? Elle ouvrit un navigateur sur son téléphone et tapa son nom. Elle regarda à peine l'article joint à la vidéo et se rendit directement aux commentaires.
Himiko Toga a des goûts de merde.
J'aurais aimé qu'ils le gardent. Comme ça on aurait pu tous arrêter de prétendre que c'est pas là-bas qu'il finira.
Je sais qu'elle est folle, mais vous avez vu cette paire de seins ? Il doit être gay.
J'aurais pû acheter un abonnement premium pour visionner le reste de cette vidéo.
C'était… définitivement pire que ce à quoi elle s'attendait. Qui étaient ces gens qui voyaient un adolescent pris en otage et réagissaient ainsi ? S'il avait commencé à s'autodétruire le jour où il le lui avait dit… elle commençait vraiment à avoir peur pour lui.
•* Numéro local : aux Etats-Unis (aucune idée de si c'est aussi le cas au Japon) une partie des chiffres des numéros de téléphones est rattachée au lieu de résidence (grosso-modo, selon la zone où vous habitez, votre numéro de téléphone comportera certains chiffres spécifiques).
