Traduction : Tressym383
Relecture : Zodiaaque
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Résumé : Bakugo n'a aucune idée de ce qu'il fait.
La culpabilité montait et diminuait sous différentes formes alors qu'Inko s'approchait du bureau d'Aizawa Shota. Quoi qu'elle déciderait de faire, ce serait une trahison. En parler signifierait trahir la confiance d'Izuku et l'amitié de Mitsuki. Mais rester silencieuse… ça signifierait ajouter ça aux années d'hypocrisie qu'elle voulait rattraper par tous les moyens.
"Madame Midoriya ?" Aizawa avait l'air sincèrement surpris. "Que puis-je faire pour vous ?"
"Je dois vous parler de Katsuki."
Il hocha la tête avec une compréhension qui démontrait qu'il savait déjà ce qu'elle allait dire. Alors qu'il refermait la porte derrière elle, elle choisit d'ignorer la chaise sans aucun doute destinée aux visiteurs et resta debout.
"Izuku m'en parle très peu à chaque fois que je le vois, mais je commence à rassembler les informations." Elle se balança anxieusement alors que les mots dégringolaient. "Mitsuki est mon amie, mais je ne peux plus ignorer son comportement."
"Bien."
Ce n'était pas ouvertement accusateur, mais elle était définitivement jugée pour savoir si elle méritait son respect ou non actuellement.
"Vous n'avez pas connu Katsuki dans sa pire période." Inko se sentit soudainement contrainte de s'expliquer. "Izuku est tout mon monde et c'est un garçon si gentil. Les choses étaient assez difficiles pour lui avec son diagnostic de sans alter et tout ce qui concernait son père. J'avais si peur..."
Elle divaguait définitivement, mais Aizawa lui accordait tout de même toute son attention.
"Katsuki était tout pour lui, et il était juste- Juste tellement méchant. Il le frappait et lui criait dessus, lui disais les pires choses et je n'avais pas réalisé… Je n'avais pas réfléchi à la source de tout ça. Je savais juste qu'il faisait du mal à mon fils."
"Vous êtes avant tout la mère d'Izuku."
Il comprend.
Le soulagement la submergea.
"Avec du recul, il y avait des signaux d'alerte partout, mais à l'époque, je n'avais honnêtement rien vu." Elle s'essuya les yeux.
"Quel genre de signaux ?"
"Il était souvent blessé quand il était jeune." elle avoua. "Mais il se battait tellement, parfois même avec des enfants plus âgés... Je pensais qu'il choisissait simplement mal ses adversaires."
Honnêtement, une partie d'elle s'était interrogée à ce sujet, mais elle l'avait ignorée parce que Mitsuki n'était pas de ce genre-là.
"Mais j'aurais dû me méfier parfois des emplacements de ces marques. Il avait des bleus autour des bras et des poignets, et j'avais déjà vu Mitsuki le traîner en le tenant par-là, mais je ne pensais pas qu'elle lui faisait vraiment mal."
Qu'est-ce que ça pouvait être d'autre ? Stupide.
"Il était si violent et agressif, quand elle l'éloignait d'Izuku, j'étais soulagée car ça signifiait que mon fils était en sécurité. Je pensais qu'elle était devenue brutale avec lui en réponse à son agressivité, pas l'inverse."
"C'est tout ce que vous avez vu ?"
Non.
"Elle… l'a attrapé par les cheveux à la place une fois. J'ai essayé de lui en parler, mais elle m'a ignoré. Il- il avait dit à mon fils d'aller jouer sur la route." elle expliqua avec exaspération. "Je pensais qu'il le méritait. Je ne me suis pas remise en question jusqu'à ce qu'Izuku me dise que c'était elle qui le lui avait dit en premier lieu."
"Qu'est-ce qu'Izuku vous a dit d'autre ?"
"Elle le frappe. Violemment."
Les canaux lacrymaux typiques aux Midoriya n'aidaient pas. Clair comme le jour, elle se souvenait avoir remarqué et appris à ralentir ses mouvements autour de Katsuki. Elle s'était dit que c'était à cause de tous ses combats, mais le frémissement évident qui se manifestait à chaque fois qu'elle faisait un geste trop près ou trop vite la rongeait.
"Ces deux enfants sont émotifs par nature. Lorsque Izuku devenait vraiment bouleversé, je l'éloignais aussi, vous savez. Je l'écartais de la situation pour le calmer. Je pensais que c'était aussi ce que faisait Mitsuki. Quoi qu'elle faisait, ça fonctionnait sur le moment. Ils revenaient et il se comportait mieux. Mais à la seconde où elle était à nouveau hors de vue, il redevenait insupportable. Je pensais- je pensais qu'il n'était qu'un morveux, mais maintenant… Elle ne lui a jamais appris à se calmer, elle le frappait juste jusqu'à ce qu'il cesse d'agir comme ça devant elle. Je ne pense pas qu'il en ait appris quoi que ce soit, si ce n'est se taire lorsque sa mère était dans les parages."
L'idée de protéger quelqu'un de Mitsuki ne lui était même pas venu à l'esprit à l'époque. Elle était si gentille avec Izuku, laissant libre cours à ses fantasmes de héros et le défendant de Katsuki. Sa forme la plus douce adorait Izuku et ça avait jeté un voile sur tout le reste. Lorsqu'ils étaient tout petits, Izuku l'adorait. Puis, durant l'école primaire, quelque chose avait changé. L'admiration pour « la maman de Kacchan » était devenue une aversion soudaine et méfiante qu'elle avait attribué à son âge.
Puis Katsuki avait changé. L'arrogance était restée, mais à partir du collège, celle-ci avait porté un courant d'instabilité sous-jacent. Le contrôle minutieux sur sa nitroglycérine et son humeur avait vacillé sous une pression qu'elle ne pouvait pas voir, et avait éclaté violemment.
"Il avait des crises de panique quand il était petit, mais j'en avais aussi à son âge, et Izuku en a eu aussi un peu plus tard. Je ne soupçonnais pas que quelque chose n'allait vraiment pas bien jusqu'à leur préadolescence." elle soupira dans ses mains. "Je ne sais pas si c'était juste l'âge ou si Mitsuki a fait quelque chose."
"Je pense pouvoir répondre à cette interrogation-là." reprit Aizawa avec une hésitation inhabituelle. "Quelque chose s'est bien passé, mais sa mère n'y était impliquée que de manière indirecte."
Elle était sur le point de demander quoi lorsque tout se mis en place dans son esprit.
Katsuki tolérait l'affection à très petite dose, mais Inko avait depuis longtemps des privilèges spéciaux. Jusqu'au jour où elle avait essayé de le serrer dans ses bras et qu'il avait hurlé.
Il avait crié, juré, et lui avait dit de ne plus jamais le toucher. Elle n'avait pas compris. Pas jusqu'à aujourd'hui, lorsqu'elle relia les points entre l'enfant qui s'était éloigné d'elle avec horreur et l'adolescent de la vidéo qui s'était muré pour survivre à un contact indésirable.
Oh.
"Est-ce que sa mère est au courant ?" elle demanda, en larmes.
"Je n'en suis pas sûr." répondit Aizawa. "Elle ne l'était pas jusqu'à récemment, c'est certain, mais ils suivent une thérapie ensemble, alors peut-être que c'est le cas désormais."
"Je dois la voir." elle décida à haute voix.
"Ce serait probablement judicieux." approuva Aizawa. "Avant que vous ne partiez, j'aimerais vous demander si je peux vous inscrire comme contact d'urgence."
"Bien sûr, mais… vous et Masaru ne l'êtes pas déjà ?"
"C'est le cas." il confirma. "Mais Masaru est difficile à joindre depuis que les médias ont commencé à le traquer et mon métier s'avère quelque peu hasardeux. Je ne veux pas manquer un appel et qu'il finisse livré à lui-même."
Elle se demandait si Aizawa était vraiment aussi inquiet à ce sujet, ou si il lui faisait simplement cette offre par grâce.
"J'en serais honorée."
293-555-2074 :
T'as une grande gueule pour un gars qui perd tous ses combats dans le monde réel.
280-555-1740 :
Est-ce que t'as quasiment tué Best Jeanist à cause de ce qu'il avait fait à tes cheveux ?
950-555-0471 :
Un jour tu vas manquer de méthamphétamine et tomber dans le coma pendant 6 mois.
Tête d'orties :
Tu veux bien m'aider avec les devoirs ?
Il priait pour que Kirishima ait réellement besoin d'aide, un rendez-vous donné par pitié pourrait bien massacrer son dernier grain de confiance. Il ne s'embêta pas à répondre et alla directement frapper à sa porte. Elle s'ouvrit immédiatement sur une silhouette désemparée appuyée sur le chambranle. Elle semblait tenir sur ses dernières forces après une longue bataille.
"Sauve-moi."
Ouaip, il avait définitivement besoin d'aide. Des feuilles de brouillons étaient froissées et empilées dans la poubelle, et le bout de son crayon semblait avoir été mâché par un chihuahua extrêmement stressé.
"Chimie ?" il devina.
"Je voulais m'amuser avec des produits chimiques, pas avoir un autre cours de maths !" Kirishima se lamenta.
"Assieds-toi, crétin."
C'était la deuxième tentative de Kirishima en chimie, empilée sur les cours de physique du moment dans lesquels il était tout aussi mauvais. La dernière fois cependant, il n'avait pas de tuteur personnel. Bakugo lui fit signe de lui passer le devoir et Kirishima le lui tendit sans lever la tête du bureau.
"Y a aucun moyen qu'un gaz soit censé peser deux millions de grammes."
"T'étais censé diviser par le nombre d'Avogadro." Il griffonna dans une autre colonne du tableau de conversion. Kirishima le regarda fixement.
"...Avocados ? Qu'est-ce qu'il y a avec les avocats ?"
"Av- quoi ? Non, la putain de constante pour le convertir en- "
"Une mole !" Kirishima intervint. "C'est le grand nombre avec le x au milieu, c'est ça ?"
"Fois dix à la puissance vingt-trois, ouais." reprit mollement Bakugo.
"D'accord, je vais m'en souvenir en me disant que « les moles mangent des avocats »." Kirishima marqua le pense-bête qui n'avait pas de sens dans le coin supérieur de son devoir déjà couvert de griffonnages.
"T'es vraiment ridicule."
Était-ce ainsi que Kirishima le voyait, lorsqu'il trébuchait sur les bases de la communication et de la compétence émotionnelle ? Les sentiments avaient-ils simplement un sens intuitif pour lui, de la même manière que Bakugo comprenait les chiffres et la stratégie ?
"Ton visage dit que tu réfléchis trop à quelque chose." accusa Kirishima.
"Est-ce que je suis aussi stupide avec les relations que tu l'es avec la chimie ?"
"J'en sais rien." Il haussa les épaules. "Je sais pas trop comment tu mesures les unités de stupidité. Et on vient juste d'établir que je suis vraiment nul pour les conversions."
"Ouais, t'es naze là-dessus, mais je suis pas en train de devenir chimiste avec toi." raisonna Bakugo. "Tu veux vraiment être en couple avec moi ?"
Ils étaient seuls dans une chambre, n'y avait-il pas des attentes qui allaient avec ça ? Était-il censé faire quelque chose ou juste ignorer les signaux ?
"Eh bien, ouais, mais on est déjà meilleurs amis, donc je pense pas que ça fasse une si grosse différence."
"Mais est-ce que t'en veux plus ?"
Il ne savait pas ce qu'il était censé faire, il ne savait pas comment être doué là-dedans, mais une partie sauvage et terrifiée de lui-même voulait désespérément l'être.
"Eh bien, euh, j'imagine- "
Il posa une main sur le genou de Kirishima et l'autre dans ses cheveux alors qu'il se penchait pour l'embrasser. Il l'avait vu dans un film, alors il copia doucement le mouvement, telle une forme étudiée d'arts martiaux. Il avait recherché sur Google comment bien embrasser, quoi faire de ses mains, comment donner. Il avait besoin d'être doué, de croire qu'il avait un certain contrôle sur le fait d'être attirant. Il voulait réécrire le script par « bon au lit » à la place de simplement « assez mignon pour être violé ».
Le baiser lui-même était prudent au départ, mais devint plus courageux lorsqu'il sentit Kirishima s'y fondre. L'autre garçon se pencha en arrière sous lui et pendant un instant, il se sentit puissant. Kirishima posa légèrement le bout de ses doigts sur son bras, ne le repoussant pas mais n'explorant pas plus loin non plus. Les mains de Bakugo furent bien plus aventureuses.
Est-ce assez ?
Plus la pensée s'effilait dans sa tête, plus elle semblait désespérée.
Suis-je assez bon ?
Est-ce que je mérite encore d'être aimé ?
Il commençait à tâtonner le bouton en métal de son pantalon lorsque Kirishima l'arrêta avec une légère prise.
"On doit d'abord en parler."
"Pour dire quoi ?" Il le repoussa avec un mouvement sec. "J'imagine que tu sais déjà comment ça marche."
"Je sais en effet comment fonctionnent les pénis. J'ai raté la chimie, pas la biologie." répondit Kirishima avec légèreté. "Mais je parlais plus de ce qui est okay ou non pour toi."
"Eh bien, tu peux continuer à absolument rien faire." Il s'accrocha à la fausse confiance comme une couverture de survie. "Toute façon je suis déjà habitué à faire tout le travail quand on fait nos devoirs ensemble."
"Tu vois, j'adore ce truc de prise de contrôle." L'admiration dans son regard était sans équivoque et le rythme de son cœur s'accéléra. "Mais t'as dit y a peine quelques jours que tu n'y prenais pas plaisir et que t'essayais de te forcer pour t'y habituer."
Merde.
C'est vrai, c'est ce qu'il faisait. Mais d'une manière un peu plus saine, il pensait ? Au lieu d'essayer de s'en anesthésier, il considérait simplement ça comme un défi. Se concentrer sur l'exécution d'une tâche devrait être différent que de simplement l'endurer et attendre qu'elle se termine, non ? Il pourrait au moins apprécier la gratification d'être bon dans quelque chose. Vraiment, en règle générale, c'était la seule chose pour laquelle il se sentait bien.
"Je sais pas quoi faire d'autre." Il déclara d'une voix rauque l'admission terrifiante. Il n'avait aucune idée de comment faire en sorte que quelqu'un le veuille. La seule manière qu'il connaissait pour obtenir ce résultat était d'être incroyablement doué dans le domaine et-
Le laisser me baiser.
Son estomac se retourna et il s'écarta, la douleur et la confusion détruisant complètement son sang-froid. Kirishima l'aimait bien, mais pour combien de temps ? S'il ne pouvait pas faire ça, comment le faire rester ?
"Je ne sais pas à quel point tu t'en souviens." Kirishima interrompit sa spirale. "Mais à la fête tu as dit que certaines parties de ce que tu faisais avec cette fille étaient sympas. Lesquelles ?"
Avait-ce été un mensonge ? Il n'en était pas sûr. L'idée elle-même avait été sympa. Il aimait le concept d'une jolie fille s'intéressant à lui parce qu'elle l'admirait. Remplacer les souvenirs d'impuissance et de violence par un toucher doux venant de quelqu'un qui était physiquement incapable de le maîtriser avait un attrait.
Mais qu'est-ce qui avait été réellement bien ?
"Je suppose que le truc avec les cheveux était sympa." il détermina. "Ma mère et… les autres attrapaient toujours le haut s'ils voulaient me traîner. Mais les côtés…"
Il passa une main expérimentale vers son oreille, évoquant un souvenir beaucoup plus ancien de son père passant la sienne dans ses cheveux alors que son corps de six ans se blottissait contre une épaule chaude. Il se méfiait cependant tellement de tout ce qu'il y avait autours de sa tête ces jours-ci. Ça signifiait toujours quelque chose d'exigeant ou de douloureux. La seule fois où ça n'avait pas été le cas, ça avait été un leurre destiné à l'attirer dans quelque chose d'atroce. Jusqu'à la soirée.
"Je suppose que c'était sympa." il finit maladroitement. "Mais ça m'a rendu un peu anxieux en même temps ? Protéger mon visage fait partie de mes reflexes. J- je sais pas ?"
Le carmin tendit la main et prit l'une des siennes, faisant glisser légèrement le bout des doigts de sa main gauche le long de sa paume. Il se demanda si c'était intentionnel, que Kirishima évite ce qui semblait dangereux pour Bakugo et aille directement vers ce qui était le plus dangereux pour lui-même.
"Elles peuvent exploser, tu sais." il déclara sèchement.
"Ouais, c'est plutôt cool." Kirishima confirma.
"T'auras qu'à trouver une fille courageuse."
Ou un garçon courageux.
"Puisque tu n'es vraiment pas habitué à ce que les gens te touchent et que ça ne fasse pas mal, peut-être qu'on devrait simplement commencer par ça."
Ça ressemblait à une leçon de rattrapage, comme s'il avait échoué l'introduction au contact humain et que Kirishima avait déjà obtenu son diplôme.
"Qu'est-ce que tu aimes ?" Bakugo interrogea, désespéré d'échapper aux projecteurs. Les mouvements doux se déplaçant sur le dos de sa main vacillèrent un instant.
"Euh, eh bien, ma mère était plutôt affectueuse donc j'aime beaucoup tous les trucs tactiles. Mais je veux pas que tu te forces à agir comme si t'étais à l'aise alors que tu ne l'es pas."
"Quel genre de trucs tactiles ?" il insista obstinément. Kirishima lui répondit malgré tout.
"Quand ils sont lâchés, j'aime aussi le truc des cheveux." Comme ils l'étaient actuellement. "J'aime aussi quand tu te reposes contre moi. Honnêtement, j'aime à peu près tout."
"Alors pourquoi tu continues à m'arrêter ?" il demanda, obtus.
"Tu sais pourquoi."
Ouais, tu sais pourquoi, arrête d'être difficile.
"Qu'est-ce que tu veux de moi ?" Ce n'était pas défensif ou rhétorique, c'était une véritable question.
"J'aimerais savoir à quoi tu penses." Comment pouvait-il être aussi bienveillant ? "Pourquoi l'intimité physique est si importante pour toi en ce moment ?"
"Parce que c'est ce que font les gens en couple !"
"C'est pas une règle." nia Kirishima. "Rien ne dit qu'on doit faire quoi que ce soit."
"Ouais, mais c'est bizarre si on le fait pas."
Il lui lança un regard inconfortable et inquisiteur.
"Quoi ?"
"Je crois que je comprends maintenant ce qu'il y a." il répondit doucement. "Il n'y a rien de mal à ne pas avoir de relations sexuelles. Je ne vais pas être déçu ou quoi que ce soit."
"Tu dis ça maintenant." il grommela.
"Si je m'attendais à ce que tu guérisses d'un SSPT sévère grâce au pouvoir de l'amour, tu mériterais mieux." Kirishima déclara avec sévérité. "Ça pourrait s'améliorer avec le temps, et ce serait super. Mais si tu ne supportes toujours pas qu'une autre personne te touche même dans plusieurs années, je dois être d'accord avec cette possibilité aussi. Je sais que tu ne me crois pas là-dessus pour le moment, mais ce serait mal de ma part d'attendre le contraire de toi."
C'est quoi ce bordel ?
Il ne pouvait pas prendre son temps. Il ne pouvait pas se montrer faible. Il devenait rapidement doué, ou il perdait. Ça avait toujours été ainsi. Il était rentré chez lui tout seul, il avait continué à se battre contre le vilain qui essayait de le noyer parce que personne n'allait le sauver et il s'était battu pour sortir de Kamino. S'il ne pouvait pas se sauver-
"Arrête de pleurer, ça va."
-personne ne le ferait.
Il n'était pas un putain de Deku, il n'avait pas le droit de rester à la traîne, parce que personne ne revenait pour lui.
Mais Kirishima le faisait. Bakugo avait été prêt à sprinter depuis les bases jusqu'à la ligne d'arrivée, parce qu'il n'avait jamais eu le droit d'être faible, mais désormais… Kirishima insistait sur le fait qu'il n'avait pas à faire ça. Il en avait le droit.
"Tu as quelque part où aller ?"
Punaise, il était si confus.
La main de Kirishima se serra sur la sienne, l'avertissant de la force que sa propre poigne avait accumulée.
"Désolé." Il relâcha la pression constrictive qui commençait à rendre le bout des doigts du carmin violets.
"Ça va." il répondit avec légèreté. "Tu sais que je ne suis pas fragile."
"Moi je le suis." il lâcha stupidement.
"C'est une façon un peu injuste de le dire." songea Kirishima. "Mais c'est pas grave d'être fragile sur certaines choses. Ici c'est un espace sûr et tout ça."
"Toi tu l'es pas."
"Tu plaisantes ?" il s'exclama avec incrédulité. "J'ai peur que mon alter soit trop ennuyeux, que mon cerveau soit trop stupide et j'ai peur d'avoir peur. T'as juste choisi d'ignorer tout ça parce que tu m'aimes bien."
"Non, c'est pas vrai." il grommela.
"Bien sûr que non. Bakugo n'a jamais ressenti de sentiments une seule fois dans sa vie."
"Exactement."
Il enlaça ses genoux, y enfouissant son visage pour se cacher de ses propres mots.
"Je suppose que je t'aime un peu aussi."
"Awww, Baku-bro !" Kirishima roucoula odieusement, allant jusqu'à lui pincer sa putain de joue.
"Je vais te tuer."
"Je t'aime aussi."
NAO : Je crois que je viens de réussir à écrire quelque chose de sympa.
