Traduction : Tressym383

Relecture : Emiko Yure (AO3)



Résumé : Aizawa essaye de s'en sortir dans un genre d'urgence différent de ceux auxquels il est habituellement confronté dans sa carrière.


Une fois de plus, Kirishima porta Bakugo pour aider et tout ce qu'Aizawa put faire était de regarder.

" 'Veux pas y aller !" Bakugo pleura alors que l'adolescent tentait de le déposer sur la civière.

"Ils sont là pour t'aider." insista Kirishima. Bakugo tenta de s'enfuir au moment où il recula.

"Tu dois venir avec nous, petit." l'ambulancier ordonna.

"Reste loin de moi, putain !" Bakugo siffla, les mains crépitants dangereusement.

"Tu peux arrêter ce caprice de suite et aller avec nous, ou alors tu peux venir avec la Police Départementale." il avertit.

"Je vais nulle part !" il cria. Alors que sa main étincelait à nouveau, un policier à proximité lui attrapa le poignet et un deuxième ambulancier sortit « les mitaines ».

"Pas besoin !" intervint rapidement Aizawa, annulant l'alter terrifiant de l'adolescent. Grâce à son statut de héros professionnel, ils s'arrêtèrent.

"Bakugo, ça va." il assura. "Je viens avec toi."

"Je veux pas." il sanglota.

"T'as fait une overdose, gamin." lui rappela l'ambulancier. "T'as pas le choix."

Aizawa leva une main pour lui signifier qu'il s'en chargeait.

"La situation peut évoluer de deux manières." il expliqua calmement. "Soit la police te menotte et nous sépare, soit nous montons tous les deux dans l'ambulance."

"Ils veulent encore m'enchaîner !" Bakugo cria.

"Pas si nous coopérons." Aizawa fit attention à continuer d'utiliser « nous » pour s'assurer que Bakugo comprenne qu'il était de son côté. "Monte dans l'ambulance avec moi. Je ne veux pas que tu y ailles seul."

L'adolescent hocha la tête à contrecœur, oscillant sur des jambes instables. Aizawa le redirigea vers la civière, faisant signe aux ambulanciers un peu plus loin.

"Où est Kirishima ?" demanda Bakugo, la peur et l'étourdissement luttant pour se dominer l'un et l'autre.

Aizawa jeta un coup d'œil par-dessus son épaule vers l'endroit où un policier posait toujours une série de questions pendant que Kirishima faisait de son mieux pour répondre malgré le choc.

"Qu'est-ce qu'il a pris ?"

"Je sais pas."

"Vous n'avez aucune idée ?"

"Il y a des flacons à l'étage."

"Il nous les faut."

"D'accord." Kirishima se tourna pour aller les chercher, mais fut stoppé dans son élan.

"Ne partez pas encore !"

"Mais je pensais- "

"Il les a pris il y a combien de temps ?"

"Je sais pas."

"Vous n'avez même pas une estimation ?"

"Je- je ne- " L'adolescent avait l'air au bord des larmes. "Je sais pas ! J'étais pas là. On a appelé les secours dès qu'on l'a trouvé."

"À qui fait référence ce « on » ?"

Aizawa ne pouvait protéger qu'un enfant à la fois de la rudesse des premiers secours et actuellement, Bakugo avait davantage besoin de lui.

"Kirishima." répéta Bakugo.

"Il ne peut pas venir avec nous." il déclara gravement. "Une seule personne peut t'accompagner et tu as besoin d'un tuteur légal parce que tu as moins de dix-huit ans."

"Je veux pas y aller." Il serra ses genoux.

"Je sais." Aizawa monta à ses côtés dans le camion.

Le trajet en ambulance ne dura que quelques minutes. Bien qu'il regrettait l'inévitable publicité, ils ne pouvaient pas le garder à l'école cette fois-ci. Il devait aller dans un vrai hôpital. Ceci dit, la perte de contrôle sur la situation lui retournait l'estomac. Bakugo était difficile même dans ses meilleurs jours et les urgences, le psychiatre et Dieu les en préserve, les flics, n'avaient pas très bien réagi au fait d'être menacés et sujets aux explosions.

Les ambulanciers avaient du mal à faire en sorte que Bakugo réponde à quoique ce soit de manière cohérente.

"Qu'avez-vous pris ?"

"Reculez, bandes de connards !"

"Bakugo." intervint Aizawa.

"Je suis désolé." il sanglota pour s'excuser et parut si jeune.

"Ça va." il promit, comme s'il avait la moindre idée de si quelque chose irait bien.

Ils furent rapidement transmis dans le service d'urgence et le temps de prise en charge fut miraculeusement court. Par pure chance, personne d'autre ne mourait plus rapidement à ce moment-là et une chambre se libéra en moins de dix minutes. On lui mit un bracelet d'identification au poignet alors qu'une infirmière, une assistante ou il ne savait exactement quoi entrait avec un chariot.

"Je dois vérifier vos signes vitaux, et après nous mettrons en place quelques moniteurs."

C'était donc une infirmière. Aizawa hocha la tête, mais Bakugo sembla méfiant.

"J'ai besoin de votre bras." elle lui informa, tendant la main dans l'expectative.

"Va te faire voir !" il grogna.

"Bakugo, tu dois la laisser faire." Aizawa plaida auprès de tous les dieux pour un miracle.

Elle bougea aussi lentement qu'Aizawa pouvait le demander au personnel d'urgence alors qu'elle plaçait deux doigts autour de son poignet. Bakugo n'en sembla pas heureux, mais il ne fit pas d'étincelles. Elle lui glissa ensuite un brassard de pression autour de son biceps pour vérifier sa tension artérielle, qu'elle réussit heureusement à mettre en place malgré le sweat-shirt épais en retroussant simplement sa manche pour que son stéthoscope se glisse sous le creux de son coude. Elle scanna sa température sur son front et installa pour finir un oxymètre de pouls sur son majeur.

"T'as fini ?" Bakugo se plaignit, mal à l'aise.

"Votre fréquence cardiaque est assez élevée, alors je vais d'abord vous rattacher à un moniteur."

Mon Dieu.

"J'ai besoin que vous mettiez ça." Elle lui tendit l'ensemble fragile d'une tunique d'hôpital.

"Hors de question." Il repoussa le vêtement loin de lui. Plutôt que de se battre avec lui, elle se tourna directement vers Aizawa.

"Il doit s'être changé lorsque je reviendrai."

Le « ou nous le ferons » resta en suspend.

"Bakugo." Aizawa s'approcha, offrant à nouveau la tunique pliée. "Tu dois la mettre. Personne n'est ici en ce moment à part toi et moi, je te le promets."

Oh mon dieu, il pleure à nouveau.

"Je veux rentrer à la maison."

"Je sais." La poitrine d'Aizawa se serra. "Mais on ne peut pas encore."

Il n'avait fait pratiquement aucun progrès lorsque l'infirmière revint.

"Il doit au moins enlever son t-shirt." elle soupira.

"Bakugo, s'il te plaît." Aizawa déplia le haut surdimensionné en forme de robe et le drapa devant lui tel un rideau.

L'adolescent pleura davantage et Aizawa maudit le jour où il avait choisit ce job. Enfin, enfin, Bakugo s'exécuta et dézippa son sweat-shirt gris à contrecœur, prenant clairement son temps. Il fallut une minute entière avant qu'il ne retire son t-shirt à tête de mort et Aizawa pria pour que la patience de cette infirmière résiste. Il l'aida à se glisser rapidement dans le haut fin à dos ouvert.

L'infirmière rapprocha aussitôt son chariot pour commencer à attacher cinq fils se terminant par des électrodes carrées multicolores.

"Non." il pleura à la seconde où elle le toucha pour soulever sa tunique. Quelque chose dans son expression blasée due à l'habitude s'adoucit.

"Je suis désolée, chéri, ça ne va durer qu'une seconde." Elle s'exécuta rapidement, évitant de se pencher sur lui ou de l'acculer, et Aizawa fut tenté de croire en un Dieu pendant cette milliseconde. Bakugo tressaillait à chaque fois qu'elle collait un autocollant sur sa peau et Aizawa ne pouvait pas s'imaginer faire ça quotidiennement. Une électrocardiographie apparut sur le moniteur accompagné d'un bip rythmique. Un numéro dans le coin de l'écran indiqua cent quarante-six.

Il savait que la fréquence cardiaque au repos de Bakugo était en moyenne d'environ cinquante-cinq. Donc c'était probablement mauvais signe. Le moniteur sonna bruyamment quelques secondes avant que l'infirmière n'appuie sur un bouton pour désactiver l'alerte.

"C'est un athlète." elle observa. "Donc- "

"Oui, c'est très élevé pour lui."

Elle hocha la tête en signe de compréhension. "Laissez-moi voir s'ils lui ont déjà assigné un médecin."

Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi inutile. Il glissa une chaise plus près du lit, essayant de se mettre à une distance de soutien, mais pas menaçante. Il ne voulait pas trop insister pour le moment, mais… un Bakugo lucide le lui dirait-il ?

"Kirishima m'a montré ce qu'il y avait sur ton téléphone." il énonça doucement, faisant attention à ne pas paraître accusateur.

"Je suis désolé." il marmonna malgré tout.

"Tu reçois ces messages depuis des jours. Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ?"

"Je voulais pas que quelqu'un le voit." il répondit.

Il est gêné.

La fierté de ce gamin allait vraiment le tuer.

"Ça va s'arrêter." il annonça avec une détermination renouvelée. "Je vais m'en occuper."

C'eut l'effet inverse qu'il espérait. Bakugo fondit de nouveau en larmes.

"Il saura que je l'ai dit."

Le sang d'Aizawa se glaça.

Qu'est-ce que ce fils de pute a dit à mon gamin ?

Calme-toi.

Il se força à prendre une profonde inspiration avant d'ouvrir à nouveau la bouche.

"Qu'est-ce que t'a dit l'homme au téléphone ?"

Le moindre lambeau de calme que Bakugo avait retrouvé s'évapora aussitôt.

"Laisse-moi tranquille."

Bon, ça s'est bien passé.

"Bakugo Katsuki ?" Un homme en blouse blanche entra dans la pièce.

"Oui." répondit Aizawa au moment où le moniteur cardiaque se remit à hurler. Le docteur appuya sur le même bouton que l'infirmière et il soupçonna que cette option n'allait pas bien durer sur le long terme.

"Vous êtes son tuteur ?"

"Oui." Dieu merci, il avait fait la paperasse.

"Son cœur est notre principale inquiétude actuellement. Nous allons faire une prise de sang pour un dépistage toxicologique et nous allons le mettre sous perfusion d'ici une minute." il expliqua rapidement. "On va aussi devoir garder un œil sur sa fonction hépatique et faire attention à tout signe de saignement gastro-intestinal."

Aizawa hocha la tête, mais ça le dépassait, de toute évidence. Le médecin se dirigea vers Bakugo, qui recula aussitôt.

"J'ai besoin que tu respires profondément." il ordonna, levant le stéthoscope pour le glisser sous le tissu.

Bakugo ne coopéra pas.

"Reste loin de moi !" il grogna.

"J'ai besoin d'écouter ton cœur et tes poumons." il expliqua laconiquement. Aizawa soupçonnait que ce soit l'âge du garçon qui avait donné à cet homme l'audace de saisir le devant de sa tunique. Si il n'avait pas bloqué son alter, Bakugo aurait très bien pu faire sauter la main de ce type.

Pourquoi cette infirmière ne pouvait-elle pas être médecin ?

"Me touche pas, putain !" Bakugo hurla.

"Très bien." Le docteur recula, esquivant un coup. Il se tourna à nouveau vers Aizawa. "Il ne restera probablement pas conscient très longtemps de toute façon. Appuyez sur le bouton d'appel lorsque ce sera le cas, je reviendrai à ce moment là."

"Qu'est-ce que tu viens de dire, bordel ?!" Bakugo lança.

"J'ai d'autres patients." il s'excusa tout juste avant de partir.

"Il attend que je m'évanouisse." Bakugo semblait accuser le docteur de… quelque chose ?

"Eh bien, tu ne le laisseras pas écouter ton cœur tant que tu es éveillé."

"Le laisse pas faire." il supplia avec une détresse renouvelée. "Je veux pas m'endormir."

"Ces gens essaient de t'aider, Bakugo." il raisonna.

"Je veux pas de leur putain d'aide !"

"Je ne vais pas te laisser mourir."

Bakugo tomba finalement à court d'argument. L'alerte du moniteur cardiaque se déclencha à nouveau et Aizawa le frappa pratiquement pour l'éteindre.

Je sais que son rythme cardiaque est trop élevé, on a compris putain.

L'infirmière revient et réussit miraculeusement à installer une intraveineuse sans trop d'histoires. Fidèle à la prédiction du médecin, Bakugo perdit connaissance environ dix minutes après.

Le moniteur se déclencha à nouveau.


Après l'avoir vu bégayer sur des dizaines de questions, Kaminari ramena Kirishima à l'intérieur. Sa terreur abjecte était devenue de l'hébétement.

"Allez, Kiri." Il les guida dans la salle commune. Kirishima n'allait pas remonter à l'étage pour le moment. Il s'attendait à ce que les flics et l'ambulance aient réveillé quelques personnes, mais il ne s'était pas préparé à devoir expliquer la situation à la moitié de la classe.

"Qu'est-ce qui s'est passé ?" Mina se précipita vers eux. Kirishima se contenta de secouer la tête, s'affaissant sur le canapé alors que l'adrénaline s'écoulait finalement de lui.

Je suppose que c'est à moi de répondre.

"Ils emmènent Bakugo aux urgences."

"Il va bien ?"

"Je sais pas."

"Qu'est-ce qu'il a fait ?" Midoriya demanda avec effroi.

Il a l'air de déjà s'en douter.

"Il a pris tout ce qu'il y avait dans sa pharmacie." Kaminari répondit sans détours. La politesse n'avait jamais été son fort. Bakugo et lui avaient ça en commun.

Il n'y aurait plus aucune ambiguïté sur l'absence de Bakugo désormais. Il avait essayé de se suicider et tout le monde le saurait.

"On doit aller à l'hôpital !" Midoriya sortit de son état de choc.

"Ils te laisseront pas le voir." il l'informa. "Pas pour le moment en tout cas, à moins que tu ne sois un tuteur ou un proche parent."

Proche parent de plus de dix-huit ans, dans tous les cas.

La dernière fois, il n'avait pu mentir qu'une demi-heure avant qu'un médecin ne le démasque. Putain de visage de bébé.

"Ils n'ont rien dit à ses parents, n'est-ce pas ?" Midoriya demanda. "Ça va si son père y va, mais je ne pense pas que sa mère devrait le voir pour le moment. Elle le stresserait."

"Aizawa est allé dans l'ambulance avec lui." Kaminari haussa les épaules. "Je sais pas s'il les a appelé ou pas."

Quelques enseignants se tenaient dehors avec les flics, vérifiant des notes et cochant des cases dont Kaminari ne se souciait pas.

Il sursauta lorsque Kirishima parla finalement à travers son engourdissement choqué.

"Qu'est-ce qu'il lui a dit ?"

Il ne s'adressait à personne en particulier.

"Qu'est-ce que qui a dit à qui, Kiri ?" demanda Sero.

"Il a appelé Bakugo." Kirishima avait l'air d'un somnambule semi lucide.

"Qui a appelé Bakugo ?" Mina essaya.

"Le Vampire Tueur."

Personne ne savait quoi répondre à ça, y compris Kaminari. De quoi parlait Kirishima, bordel ?

"Le… le tueur en série des infos a appelé Bakugo ?" demanda Sero, sceptique.

"Je sais pas si deux corps comptent vraiment comme un « tueur en série »." réfléchit Kaminari.

"Son téléphone est rempli de messages haineux." Kirishima fondit finalement en larmes. "Juste un message horrible après l'autre. L'emmerdant pour le festival sportif, la vidéo, ses parents... Ou alors ils le menacent."

C'était horrible, mais au moins moins déroutant que le truc du vampire.

"Je n'avais pas réalisé qu'il ne te l'avait pas dit." intervint Tokoyomi un peu plus loin.

"Il t'a dit quoi ?" demanda Kirishima, désespéré pour tout semblant de réponses.

"Il m'a permis de voir ses messages pendant l'entraînement d'hier et ils étaient extrêmement vicieux et ignobles."

Todoroki s'approcha d'un Kirishima à peine cohérent, lui demandant à voix basse :

"Bakugo ignorait auparavant l'identité de son agresseur. N'est-ce plus le cas ?"

D'un coup, tout ce qui venait de se passer le frappa et Kirishima s'effondra.

"Je sais pas ce que ce putain de monstre lui a dit mais je- " Il hésita. "Je pense pas qu'il ira bien."

Oh merde.

Kaminari ne connaissait peut-être pas les détails, mais il savait que Bakugo était absolument traumatisé par celui qui peuplait ses cauchemars. La nuit où ils avaient tous dormi dans la chambre de Sero, ce fut son premier aperçu de la profondeur de la cicatrice. Il n'aurait jamais imaginé que la source apparaîtrait dans le présent.

"Vous pensez qu'il a été menacé ?" demanda Todoroki. C'était évident qu'il allait sauter directement à la pire des possibilités.

"Je pense que Kirishima est suffisamment stressé sans spéculer." Kaminari intervint.

"Bien sûr." acquiesça Todoroki avec une compréhension polie. Il était cependant trop tard pour reprendre l'interrogation, ils inventaient désormais tous leurs propres scénarios d'horreur sur ce que le monstre avait dit pour pousser Bakugo à bout.

"De quel genre de messages haineux on parle ?" Sero prit la relève face à Tokoyomi, permettant à Kirishima de récupérer.

"Je préférerais ne pas le répéter."

"Une idée générale ?"

"Probablement le même genre de choses que disent les gens en ligne." intervint Ochako en ouvrant son téléphone.

Il est comme les harceleurs du collège, mais après un rail de cocaïne.

Ce gosse dégage une énergie de soumis un peu rebelle.

Vous pensez que maintenant qu'il a été remis à sa place, il va se calmer un peu ?

Si toi t'es un héros, pourquoi on aurait besoin de vilains ?

Ouch.

"J'étais dans la chambre juste à côté tout ce temps." reprit Kirishima alors que des larmes silencieuses dues au choc coulaient sur ses joues. "Il aurait pu mourir et j'étais juste assis là de l'autre côté du mur."

"Je suis tellement désolée, Kiri." Mina se laissa tomber à côté de lui et plaça ses bras autour de ses épaules.

"Je pensais juste le laisser seul le temps qu'il se calme." il avoua avec terreur. "Je l'ai presque laissé mourir."

"Rien de tout ça n'est de ta faute." elle insista. "Tu lui as sauvé la vie."

"Tu n'y étais pas."

Ce n'était pas accusateur, juste triste. Hanté.

"En effet." elle concéda. "Je suis désolée que tu aies dû l'être."

Kaminari se rappela brusquement qu'il évitait seulement en partageant un groupe d'amis avec Bakugo d'être l'ami le plus émotionnellement incompétent.

"On sort ensemble depuis trois jours." déclara Kirishima avec exaspération. "Et il essaie de se suicider."

"Oh…" Même Mina ne savait pas quoi répondre à ça.

"Félicitations ?"

Débile, il est en train de pleurer bordel, ne plaisante pas avec ça maintenant.

Miraculeusement, Kirishima se mit à rire, bien que ce soit d'une façon quelque peu hystérique.

"J'essaie de pas le prendre personnellement."

"Tu sais que ça n'a rien à voir avec toi." Mina insista. "C'est à cause de celui qui l'a harcelé."

"Et du traumatisme non-résolu profondément enraciné." ajouta Sero.

"Je me sens juste tellement impuissant." murmura Kirishima avec l'air le plus vaincu que Kaminari ne l'ait jamais vu.

Contrairement à Kirishima, il avait déjà vécu cette situation. Il avait déjà combattu la culpabilité et la perte, et s'y était ajusté. Il avait déjà accepté sa propre impuissance, le fait qu'on ne pouvait pas forcer quelqu'un à aller mieux. Même si vous faites de votre mieux et qu'ils le font aussi, parfois la maladie l'emporte malgré tout. Il était un réaliste qui avait été trop souvent déçu pour que l'espoir soit un réconfort.

Kirishima n'avait pas besoin d'entendre ça actuellement.

"Ça va aller." Pitié, que ce ne soit pas un mensonge. "Bakugo est le gars le plus coriace que je connaisse. Il s'en sortira."


NAO : Les hôpitaux sont tellement plus ennuyeux que la télévision ne le fait croire.