Traduction : Tressym383

Relecture : Emiko Yure (AO3)



Résumé : L'incertitude s'éternise.

NAO : « I Appear Missing » de Queens of the Stone Age est la meilleure chanson sur l'hospitalisation que j'aie jamais entendu, je l'ai écoutée en boucle en écrivant ce chapitre.

NP : Et j'ai absolument fait la même chose en le traduisant (et Emiko de même en le corrigeant). La musique est disponible ici (sans les espaces) : https: /youtube. com/playlist ? list=PL3E6OPhhuT6TD2cjchsUvLKcJ2k_vnmJN


"Ils vont bientôt le transférer dans une unité de soins intensifs." une nouvelle infirmière l'informa. "Je dois vous poser quelques questions sur ses antécédents."

Aizawa la suivit dans le couloir jusqu'à son ordinateur, pour qu'elle puisse y prendre des notes.

"A-t-il des problèmes de santé ?"

"Il est malentendant, mais c'est le seul problème physique."

"Mais il a un diagnostic psychiatrique ?"

"Le stress post-traumatique est le principal. En plus d'une anxiété et d'une dépression concomitantes."

"A-t-il déjà fait une tentative de suicide dans le passé ?"

"Une fois."

On a déjà eu une seconde chance.

"Y a-t-il eu d'autres occasions où il s'est fait du mal ?"

"Oui."

"Est-il sous traitement ?"

"Non."

"Aucun ?" elle demanda d'un air sceptique.

"Je sais, vous pensez qu'il devrait l'être."

"Si c'est sa deuxième tentative, je suis simplement surprise qu'il ne le soit pas."

"Il a refusé." il expliqua.

"Est-ce que l'un de ses parents a un quelcon- "

La question fut coupée par le bruit d'une explosion.

Merde.

Aizawa suivit les cris jusqu'à la chambre de Bakugo pour y trouver l'adolescent plaqué contre son matelas, des aides-soignants lui maintenant les avant-bras de chaque côté. Il annula la prochaine explosion avant que le crépitement au creux de ses mains ne devienne mortel. Il voulut protester contre les sangles qui bloquaient désormais les poignets de l'adolescent aux barreaux du lit, mais la partie objective de lui comprenait qu'elles étaient justifiées. Bakugo n'était pas dans son état normal et avait le pouvoir de tuer quelqu'un par accident. Il détestait cependant toujours le fait d'y contribuer. Les sons que faisait le jeune homme étaient des cris désespérés et bestiaux et Aizawa entravait activement son évasion.

"Bakugo !" il l'appela, vainement. Il essaya à nouveau, mais Bakugo était perdu à combattre quelque chose que lui et les autres ne pouvaient pas voir. Il se demandait combien de temps les médecins allaient encore supporter les cris et les mouvements brusques avant de décider que l'ajout d'un sédatif au cocktail d'overdose en valait la peine. L'adolescent confus avait heureusement peu d'endurance et fondit en sanglots étouffés après quelques minutes.

Il s'était réinstallé sur sa chaise lorsque les pleurnichements se transformèrent en respiration sifflante et que quelques-unes des machines commencèrent à biper dans un horrible orchestre. Le personnel se précipita autour de lui et Aizawa ne put rien faire.


Masaru ne s'était jamais autant détesté qu'en cet instant.

Bakugo Katsuki, hospitalisé après une tentative de suicide présumée : des dizaines de messages haineux découverts sur le téléphone de l'adolescent

Il avait ignoré les appels d'Aizawa, tout autant que ceux des autres, pendant des semaines. C'était pourtant évident que l'un d'eux allait finir par être important. Il en était donc là, découvrant via les informations que son fils était en soins intensifs et qu'il s'y était probablement mis de lui-même.

"T'es un putain de lâche, Masaru !"

Il s'était caché du contrecoup médiatique et n'avait même jamais pensé à ce qu'il en était pour Katsuki. Son fils pourrait mourir et ils ne s'étaient même pas parlé depuis sa dernière crise psychiatrique.

Le média héroïque échoue en ce qui concerne la protection des mineurs

Tout comme ses parents. Ce qui lui fit mal plus que tout fut un commentaire anonyme parmi tant d'autres.

Un adolescent s'est fait kidnapper et sexuellement agressé et tout le pays s'est moqué de lui pour ça. Qu'est-ce que les gens pensaient qu'il allait se passer ?

Je ne l'ai même pas appelé.

Il ne pouvait plus rattraper ça, mais il y avait un autre appel qu'il se devait de faire.

« Bonjour, Bakugo Mitsuki à l'appareil. »

"Hey Mits, c'est moi."

Ce fut l'un des rares moments où Mitsuki resta silencieuse.

"Je suppose que tu as enten- "

« On a merdé. »

"Oui."

« Je ne sais pas s'il aimerait me voir. » elle déclara d'un ton grave.

"Je ne sais même pas s'il est réveillé."

La gravité de la situation pesait sur eux comme l'immense signe de leurs échecs.

« Eh bien, l'un de nous n'a pas vu ses privilèges parentaux révoqués. »

"Je t'appellerai dès que j'en saurai plus." il promit.

« Merci, Masaru. »

Ce fut les paroles les plus chaleureuses qu'il ait entendu venant de sa femme depuis des années.


Une main sur son épaule réveilla Aizawa, toujours avachis dans le même fauteuil de la chambre des soins intensifs qu'il occupait depuis maintenant dix heures.

"Vous avez un visiteur." l'informa l'aide-soignante. Il hocha la tête d'un air groggy avant qu'elle ne fasse un signe de la main à un homme en veste en cuir et aux ridicules cheveux blonds.

"Hey, Shota." Mic s'accroupit devant lui, prenant l'une de ses mains.

"Hey." il réussit à prononcer.

"C'était une journée assez merdique, hein ?"

"On peut dire ça." il acquiesça.

"Je ne vais pas mentir, il n'a pas l'air trop bien." Mic fit un geste vers le lit dans lequel Bakugo dormait, encadré par un désordre de tubes. Le plus impressionnant descendait jusqu'à ses poumons.

Mais ils l'avaient finalement mis dans sa putain de tunique.

"Il a cessé de respirer par lui-même vers deux heures la nuit dernière." Aizawa informa. "J'espère qu'ils retireront ce tube là avant qu'il ne se réveille."

"Il semble être du genre à l'arracher lui-même." observa Mic.

"Il le ferait totalement, ouais." Aizawa acquiesça. "Je te garantis qu'il est ce genre de patient."

"Si je me fis aux sangles, ils vont le garder sous sédation autant qu'ils pensent que c'est nécessaire."

"C'est pour le mieux." Aizawa soupira. "Je devrais probablement les avertir qu'il vaut mieux pas non plus essayer de retirer le cathéter lorsqu'il sera lucide."

"Ouch." Mic grimaça avec compassion. "C'est peu agréable pour tout le monde, mais… les personnes qui ont du mal avec les contacts physiques ne passent vraiment pas un bon moment dans les hôpitaux."

"C'est un énorme pas en arrière." déclara Aizawa avec découragement. "Les dernières vingt-quatre heures ont rassemblé à peu près tous ses déclencheurs. Des sangles, des gens qui le touchent pendant qu'il leur crie de ne pas le faire, et cet encul- "

Il réalisa qu'il n'avait pas encore mit au courant Mic de cette partie-là.

"Shota ?" celui-ci demanda avec inquiétude.

"Son putain de violeur l'a appelé."

Mic siffla entre ses dents. Il n'était pas du genre à perdre son temps avec des petits discours, alors il serra simplement fortement la main d'Aizawa.

"Je dois attraper ce bâtard." il fit le serment.

"Je t'aiderai de toutes les manières possibles." promit Mic.

Dans le chaos, Aizawa avait oublié que le téléphone de Bakugo était toujours dans sa poche.

"Je dois chercher un numéro." il déclara en ouvrant la liste des derniers contacts. "Enfin, plutôt cinquante numéros. Je prendrai le temps de retrouver chacun de ces enfoirés un jour, mais surtout celui-ci."

"Tu veux que je fasse intervenir la Police Départementale ?" proposa Mic en prenant le téléphone.

"Pas jusqu'à ce que j'en sache plus." Aizawa secoua la tête. "Je ne veux pas que Bakugo soit submergé de questions à la seconde où il se réveillera. Tu sais comment sont les flics. Soit ils penseront que ce n'est rien et mettrons complètement l'affaire de côté, soit ils penseront que c'est une piste et se fraieront un chemin au bulldozer sans penser à deux fois à Bakugo."

"Compris." Mic resta silencieux un instant, parcourant le téléphone. "Qui est Tête d'Orties ?"

"C'est Kirishima." Aizawa réussit finalement à sourire.

"On ne pourra jamais leur dire qu'on a lu ça, mais c'est vraiment adorable, donc je te le montre quand même."

Tête d'Orties :

Je ne sais pas si tu as ton téléphone avec toi, mais je suis vraiment désolé pour ce que j'ai dû faire et j'espère que tu te sens mieux. Je t'aime et je t'achèterai des courses chaque semaine pour toujours si tu pouvais juste aller bien.

"C'est un bon gamin." déclara affectueusement Aizawa.

Le pauvre Kirishima avait vécu un enfer absolu et désormais le gamin était livré à lui-même avec tout ça.

"Tu peux ouvrir le contact pour Tête d'Orties ?"

Il copia le numéro dans son propre téléphone.

Moi :

C'est Aizawa. Bakugo est stable. Je te ferai savoir lorsqu'il se réveillera.

C'était la façon la moins effrayante, mais tout de même réaliste, de le dire.

"Comment toi tu vas ?" demanda finalement Mic.

"Oh, j'ai la pêche." Il n'était pas prêt à donner une véritable réponse.

"Je sais que beaucoup des problèmes de Bakugo te touchent personnellement." il poursuivit. "Peut-être pas autant que ceux de Shinso, mais s'occuper d'un enfant qui souffre et de sa vie familiale merdique est toujours compliqué pour toi, j'en suis sûr."

"Ceci ne m'est jamais arrivé." Il ne savait pas exactement à quel détail il faisait référence exactement, que ce soit l'hospitalisation actuelle, le harcèlement public ou le violeur en série, mais il y avait beaucoup de choses à distinguer de sa propre enfance merdique.

"Je sais, mais ça reste un enfant qui a été abandonné par les adultes de son entourage et qui a du mal à faire confiance à qui que ce soit après une vie fondée sur des instabilités."

"Tu n'avais pas besoin de le dire à haute voix comme ça." Aizawa fit remarquer.

"Je ne t'apprends rien, je te fais juste savoir que je le sais, que tu décides de m'en parler ou non."

"On dirait que c'est une chambre populaire." L'aide-soignante réapparut, suivie par Bakugo Masaru. L'homme jeta un coup d'œil à Katsuki et se décomposa.

"Oh mon Dieu." Il se précipita, se figeant lorsqu'il s'approcha à une distance suffisante pour toucher son fils, comme s'il n'était pas sûr d'y être autorisé.

"C'est sympa de votre part d'être enfin venu." lança Aizawa. C'était mesquin et méchant, mais pour sa défense, il était sur cette chaise depuis très longtemps.

"Je suis désolé." Il le dit de façon bien trop similaire à celle de son fils, ça piquait.

"Je ne suis pas celui à qui vous devez des excuses."

"Je sais." L'homme eut au moins la décence d'avoir l'air honteux. "Que s'est-il passé ?"

"Vous devriez probablement vous asseoir."


Kirishima se sentirait normalement mal à l'aise de laisser des gens le materner. De nature, il était plus de ceux qui s'occupait des autres. Mais actuellement, le plaid de Mina, le thé de Momo et la switch de Sero étaient tout ce qui le gardait sain d'esprit.

"Comment tu vas ?" Mina demanda au burrito de plaid dans lequel il avait passé la majeure partie de la journée.

"J'ai attrapé un autre poisson bar."

"Je vois."

Avec l'absence d'Aizawa et la moitié de la classe privée de sommeil, l'école leur avait donné un jour de pause. Ce qui signifiait que Kirishima avait beaucoup de temps pour se vautrer dans sa misère.

"Mais j'ai presque assez de clochettes pour faire moderniser ma maison."

"C'est bien." elle concéda, s'appuyant sur son épaule. "Est-ce que c'est... ?"

"Bakugo, oui."

Qu'est-ce que ça faisait s'il courait à travers son île avec un t-shirt tête de mort customisé, des cheveux blonds et le visage le plus grincheux qu'il ait pu faire ?

"D'accord." Elle décida apparemment de ne pas lui rappeler que Sero lui avait prêté la console spécifiquement pour ne pas qu'il pense à Bakugo.

"Je vais penser à lui quoi qu'il arrive."

"D'accord." elle répéta. "Si c'est le cas, comment se déroulait la vie de couple avant que tout ça n'arrive ?"

"C'était… c'était vraiment sympa, en fait." Il sentit la tristesse menacer de le submerger. "Mais dur, aussi. Il en attend trop de lui-même."

"Ouais."

"Il est tellement nerveux que je finisse par en avoir marre de lui parce qu'on fait pas beaucoup de trucs de couples normaux. Du coup je veux lui montrer à quel point je l'aime, mais je peux pas être très tactile avec lui sans lui faire de mal. J'arrive toujours pas à me remettre de cette fois où il a eu une crise de panique pendant qu'on s'entrainait et maintenant..."

"Me touche pas !"

Que ça ait été nécessaire ou non, toucher Bakugo de force lui avait donné envie de vomir.

"Ça fonctionne probablement dans les deux sens." Mina raisonna. "Il sait probablement pas comment exprimer à quel point il t'apprécie non plus parce qu'il est pas aussi à l'aise que toi avec tout ce qui est affectif."

"Je peux même pas le serrer dans mes bras." il soupira. "Même s'il me laissait faire, j'ai peur de le faire à ce stade."

Le moindre détail de la nuit dernière le hantait, y compris les messages.

"Il a demandé à son violeur s'il était la seule victime et cet enfoiré lui a demandé s'il était jaloux."

"Mon Dieu." souffla Mina. "Ouais, être abusé par une personne comme ça bousillerait vraiment nos concepts d'attirance et d'affection."

"Exactement !" Punaise, il avait tellement besoin d'en parler. "Je veux pas lui faire penser que je suis pas attiré par lui ou un truc de ce genre, mais j'ai peur de le blesser si on essaye quelque chose. Mais je peux pas juste lui dire ça, tu sais comment il est avec les gens qui s'inquiètent pour lui."

"Pas nécessairement. Si tu insistes sur la façon dont ça te fait sentir lorsque tu provoques ses flashbacks sans le vouloir, ça donnera l'impression que tu prends soin de tes propres sentiments et il pourra pas en être énervé."

"T'es une génie, Mina." Son Bakugo miniature d'Animal Crossing grimaça tristement alors que sa fragile canne à pêche disparaissait de ses mains. "Je vais devoir essayer ça."

Le cynisme vénéneux refit surface et il ajouta : "En supposant qu'il soit toujours en vie."

Il ne voulait pas continuer à entraîner tous ses amis dans les profondeurs du désespoir avec lui, mais il ne pouvait tout simplement pas arrêter d'y penser.

"Tu l'as aidé tout de suite." Mina contredit. "Ses chances devraient être assez bonnes."

"Mais il a pas pris soin de lui depuis des semaines." il rétorqua. "Il mange pas assez, il dort à peine, il est stressé tout le temps. Et même si- Admettons qu'il aille bien, médicalement parlant en tout cas, alors quoi ? Ce gars est toujours quelque part dehors."

"Il sait où je vie."

Était-ce ça qui avait tant effrayé Bakugo au téléphone ? Ce salaud l'avait-il menacé de le retrouver ?

"Est-ce qu'Aizawa n'essaierait pas de le retrouver ?" demanda Mina.

"Ça voudrait dire que Bakugo devrait témoigner." Il n'arrivait pas à se l'imaginer. Bakugo n'arrivait même pas à en parler avec lui, ce serait encore moins le cas dans une salle d'audience. "Je sais pas si ça en vaudrait la peine."

Sauf que c'est un tueur qui continue de faire du mal.

"Bakugo était la seule victime ?"

Second corps retrouvé dans un état momifié.

Si Bakugo avait riposté, aurait-il fini de la même manière ?

"Non." Il grimaça. "Non, c'est pas le seul. Et Bakugo le sait. J'espère qu'il ne se blâme pas, mais je pense que si."

"Il se blâme pour beaucoup de choses qui ne sont pas de son ressort." souligna Mina.

"Ouais, sa mère s'en est assurée." il rétorqua amèrement.

"Mais ça signifie pas que tous vos progrès ont disparu." elle encouragea. "Il a rechuté à cause de circonstances extérieures, mais toutes les manières dont il t'a fait confiance sont toujours des accomplissements importants."

"Aucun d'entre eux n'a d'importance s'il ne survit pas."

"C'est pas vrai." elle contredit avec une passion inattendue. "Tout le monde finit par mourir, mais ça veut pas dire que rien n'a d'importance. Peu importe la finalité, le fait que tu l'ais aidé et que tu lui ais fait sentir qu'on s'occupait de lui reste important."

C'était la façon la plus réconfortante possible de dire « ton meilleur ami et petit ami pourrait mourir ». Il l'appréciait.

Son téléphone sonna pour signaler un nouveau message, et il savait que ce n'était pas Bakugo, ça ne pouvait pas être Bakugo, mais ça ne l'empêcha pas d'espérer.

730-555-2740 :

C'est Aizawa. Bakugo est stable. Je te ferai savoir lorsqu'il se réveillera.

Le soulagement lui donna l'impression de reprendre de l'air après avoir frôlé la noyade.

"Il est stable." il rapporta à Mina. Il n'avait aucune idée de la manière avec laquelle Aizawa avait obtenu son numéro de portable et il s'en fichait, Bakugo était dans un état stable.

"C'est super !"

Moi :

Une idée de quand je pourrai le voir ?

Professeur Sleepy :

Je n'en suis pas encore sûr. Je te tiendrai au courant.

Punaise, il devait avoir l'air vraiment triste la nuit dernière pour recevoir des nouvelles par SMS d'Eraserhead.

"Tu penses qu'Aizawa réalise à quel point il s'est attendri ?" il demanda à Mina.

"Je pense que Present Mic me décevrait s'il arrêtait de le lui rabâcher tous les jours."

"Est-ce qu'il y a... un truc entre eux ?"

"Je les ship."

"Mais Bakugo et moi sommes toujours ton OTP ?"

"Tout à fait."

"Il m'a demandé ce que ça signifiait. Je sais pas s'il a déjà eu l'air plus confus qu'en apprenant que des gens pensent qu'il est mignon et qu'ils lui veulent du bien."

"Avec tous les messages qu'il a reçu, je lui en veux pas." répondit tristement Mina.

"Tu penses que les gens vont encore le harceler après ça ?"

"Je pense pas vraiment que quoi que ce soit puisse arrêter ça à ce stade. Mais HeroScape a sérieusement changé de discours général." Elle fit défiler l'actualité du réseau social pour lui montrer.

Le cas d'un élève de UA dans un état critique invite la discussion d'une nouvelle loi sur la protection de la vie privée et de la protection des mineurs dans le travail de héros.

"Merci mon Dieu." L'amertume assombrit son soulagement.

Permettre la haute médiatisation des événements et des carrières des enfants les expose à des risques inutiles.

Le nouveau héros numéro deux donne son avis sur la polémique :

« Je suis le plus jeune du top dix. » a commenté Hawks. « La médiatisation précoce m'a aidé à arriver où j'en suis, mais je ne suis pas toujours certain que ça en valait la peine. Vous ne pouvez pas mettre des enfants sous ce genre de pression et ne pas vous attendre à ce qu'au moins quelques-uns d'entre eux craquent. »

Merci, Hawks.

Maintenant, ils avaient juste besoin que Bakugo survive assez longtemps pour voir ça.


Masaru avait l'air d'être sur le point de rendre son déjeuner et Aizawa ne pouvait pas l'en blâmer. Ils venaient de tout lui dire et il pouvait admettre que sa colère face à la négligence de Masaru avait été la principale motivation pour ne pas omettre certains détails. Il aurait pu utiliser un langage plus délicat comme « votre fils a rencontré un criminel recherché », mais Aizawa était en colère et avait besoin que cet homme fasse attention à son fils, donc ça avait été « votre fils a été gravement abusé par un violeur en série ».

"Qu'est-ce que vous avez besoin que je fasse ?" Masaru demanda à travers la dévastation.

"J'ai besoin que vous soyez là." Aizawa insista. "Si je dois être occupé à travailler sur cette affaire, il va avoir besoin d'un adulte prêt de lui et qui veille réellement sur lui."

"Katsuki ne me fait pas confiance." Masaru soupira. "Pas de la même manière que pour Mitsuki, il ne pense pas que je vais lui faire du mal ou quoi que ce soit, mais il aime gérer les choses lui-même. Il ne veut même pas me parler lorsque quelque chose le dérange, il ne va sûrement pas coopérer pour me laisser l'aider."

"Pour le moment, il n'a pas vraiment le choix." Aizawa jeta un coup d'œil à la forme inconsciente. "Il ne peut même pas respirer tout seul actuellement, il va avoir besoin d'aide, qu'il le veuille ou non."

"Vous savez ce que disaient ces messages ?" Masaru demanda nerveusement. Aizawa ouvrit le téléphone, affichant un message récent avant de lui remettre l'appareil en main.

470-555-4710 :

J'ai besoin de quel alter pour pouvoir te sacrifier afin de ramener All Might ?

Il avait toute une liste de messages de ce genre, et c'était la boîte de réception de Bakugo.

Il observa les cinq étapes du chagrin se dérouler sur le visage de Masaru et son agacement envers l'homme commença finalement à s'estomper. Même si ça lui faisait mal d'assister à tout ça, Bakugo n'était toujours pas son fils.

"D'accord." Masaru laissa échapper un souffle tremblant. "Je vais devoir appeler le travail et leur dire que je ne serai pas là pendant quelques jours."

"Bien." Aizawa n'avait pas tout à fait fini d'être mesquin. "Faites donc."


NAO : Une grande partie de ma motivation à rendre ces deux derniers chapitres si explicitement horribles est que je veux montrer à quel point toute cette expérience craint pour toutes les personnes impliquées. L'overdose est la méthode la plus couramment utilisée dans les tentatives de suicide et la télévision a tendance à passer directement de l'appel des urgences au réveil dans un lit d'hôpital, avec le personnage peut-être sous oxygène et avec quelques perfusions, puis tout va bien.

Tout ce qui se passe entre les deux est misérable et le dissimuler ne fait pas comprendre à quel point vous ne voulez pas vous faire subir ça.