Traduction : Tressym383
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Résumé : Bakugo se réveille enfin en ayant quelque peu récupéré. Physiquement, en tout cas.
NAO : En gros, toute la situation craint toujours, mais légèrement moins qu'avant.
NP : [backura] Ça me fait tellement plaisir de savoir que cette fic plait autant ! Même si je n'en suis pas l'auteur, je suis l'un de ses grands fans et ça me rend tellement heureux, j'ai le sentiment qu'on complimente un bébé qui n'est pas le mien, mais de le prendre à cœur comme si ça l'était (je sais pas trop si cette métaphore est très claire mdr). Cette traduction se résume pour moi à redécouvrir l'histoire, la traduire, la relire et encore relire pendant des heures, à échanger avec mes bêtas (que je remercie encore, sans elles ce serait pas possible vraiment), à poster les chapitres et à sauter de joie à chaque petite review.
Des mains l'immobilisent. Il se bat jusqu'à ne plus pouvoir respirer.
Son corps est trop lourd pour qu'il puisse relever ses paupières, mais ce n'est plus ses vêtements qu'il porte et quelqu'un le touche sous le fin tissus qui le couvre.
Il veut juste que tout s'arrête.
Il reprend conscience, mais il y a quelque chose dans sa gorge. Il est trop faible pour y faire quoi que ce soit. Il essaie d'avaler malgré l'intrusion, mais ça ne fait que lui donner davantage envie de mourir. Il prend conscience de l'emplacement de tous les autres tubes et des patches sur lui, et la sensation écœurante que son propre corps ne lui appartient pas s'installe dans son estomac et lui brûle l'arrière des yeux.
Il ne peut rien distinguer, il ne perçoit qu'un vide flou de blanc et de gris. Des voix se rapprochent, il doit fuir, mais il ne peut pas, il ne peut même pas bouger. Il essaie de lever ses bras pour se protéger, mais ceux-ci s'arrêtent après quelques centimètres, ses poignets enclavés par du tissu et du cuir pour l'emprisonner.
Il ne peut rien faire à part pleurer et crisper ses paupières alors qu'il essaie de s'échapper dans son esprit.
Quelqu'un dit quelque chose à propos d'un truc appelé lorazépam et les sensations horribles disparaissent pour un moment.
Des souvenirs flous ricochent dans sa tête alors qu'un frisson parcourt sa colonne vertébrale. Le douloureux tube dans sa gorge a disparu et le reste ne semble pas aussi atroce en comparaison.
Sa gorge et sa bouche semblent toujours à vif et bourrées avec du coton, ses membres sont amorphes et il a douloureusement mal à la tête. C'est tout de même les sensations les moins terribles dont il se souvenait depuis… un certain temps.
"Bon retour parmi nous." accueillit Aizawa depuis le côté du lit, fermant un ordinateur portable.
"Combien de temps ?" il essaya au moins de demander, mais la question sortit dans un murmure éraillé et à peine audible.
"Laisse-moi y réfléchir." Aizawa fit quelques calculs mentaux. "Il me semble que c'est le quatrième jour. Le temps n'a pas vraiment d'importance ici."
"Qu'est-ce que vous faites encore là ?" Ses propres respirations rauques l'agaçaient.
"J'ai été présent la majeure partie du premier jour. Depuis, je n'ai fait que venir de temps en temps pour vérifier que tout allait bien. Ils m'ont appelé pour me faire savoir qu'ils allaient réduire les sédatifs et te laisser te réveiller aujourd'hui."
"Youpi." il grommela sarcastiquement. "Ce serait bête de manquer le fun."
"Au début tu as beaucoup insisté pour qu'ils ne t'endorment pas."
"Je veux pas m'endormir."
Il ne réussit pas à réprimer un frisson. Son cerveau alcoolisé, drogué et paniqué pensait sans doute qu'un médecin voulait l'endormir pour le toucher et non parce qu'il était un énorme emmerdeur.
Tellement paranoïaque.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?" Aizawa demanda d'un air concerné. Pourquoi était-il si doux ? Aizawa était censé être le dur à cuire, c'était pas juste.
"À l'époque, euh, quand ça s'est passé, j'étais- " Pourquoi se sentait-il obligé de s'expliquer de toute façon ? "J'étais drogué. Au début en tout cas. Les drogues auraient vraiment pu durer plus longtemps une fois qu'il avait commencé."
L'expression d'Aizawa devint illisible alors qu'il soufflait une longue inspiration contrôlée par le nez.
"Quand je le retrouverai, je le tuerai."
"C'est probablement pas autorisé."
"La prison en vaudra la peine."
Il ne savait pas exactement à quel point Aizawa était sérieux, mais la rage protectrice s'avérait plutôt agréable.
Il leva une main pour se gratter le nez et réalisa que, bordel, ses mains pouvaient bouger !
"Comment vous les avez convaincu de me détacher ?" il demanda.
"Je leur ai dit que j'allais rester assis là à te regarder avec mon alter jusqu'à ce que tu te réveilles." répondit Aizawa.
Il ne paniqua pas cette fois, mais il était définitivement mal à l'aise. Il essaya de bouger un peu, mais sentit plusieurs choses tirer. Des électrodes étaient sur sa poitrine, une perfusion était piquée et collée au creux son coude, un tube en plastique allait de ses oreilles à son nez. Il essaya de se redresser un peu plus et remarqua qu'un autre tube allait dans un endroit bien pire.
Ne panique pas.
C'était assez logique que s'il ne respirait pas par lui-même, il ne pissait évidemment pas par lui-même non plus, mais ça ne signifiait pas qu'il ne pouvait pas absolument détester ça.
"Ils ont enlevé les menottes, mais je suis toujours sérieusement attaché."
"Une partie de tout ça sera bientôt retirée." Aizawa informa. "Ton rapport en dioxygène a été correct, donc ils vont probablement bientôt t'enlever l'oxygène."
"C'est le moins dérangeant." il se plaignit.
"Maintenant que tu es réveillé, le cathéter peut probablement aussi être retiré." Aizawa devina correctement sa détresse. Il était toujours déchiré entre vouloir exprimer cette dernière avec des insultes ou faire semblant de ne pas s'en soucier lorsque Aizawa continua.
"Tu as le droit d'être contrarié. J'imagine que tu te sens plutôt misérable actuellement."
Il haussa les épaules.
"Tu veux qu'ils l'enlèvent ?"
Il devait décider entre deux volontés conflictuelles, oscillant entre « Enlevez-le tout de suite, bordel » et « Ne me touchez pas, putain. »
Autant en finir. Il hocha la tête et Aizawa appuya sur le bouton d'appel.
"Bonjour, Bakugo." Une jeune femme odieusement pétillante fit son entrée. "Ravie de vous voir enfin réveillé."
"Enlève toutes ces merdes de moi."
Hors de moi.
"Laissez-moi demander au médecin ce que je peux faire."
Elle repartit, le laissant avec son anxieuse anticipation.
"Ça va aller." assura Aizawa.
"Je sais, putain." il claqua.
Aizawa avait vu tout son côté désagréable et méchant, mais il était toujours là à supporter ses conneries.
À me protéger.
"Vous allez essayer de le retrouver ?" il demanda nerveusement.
"Bien sûr. Il t'a envoyé des messages puis t'a appelé après que tu l'ais lié à d'autres crimes. C'est plus que suffisant pour que j'enquête."
Son cœur battait presque douloureusement.
"Je savais pas si quelqu'un me croirait."
"Je te crois." affirma immédiatement Aizawa. "Je te crois et je vais faire tout mon possible pour te protéger de lui."
T'avise même pas de fondre à nouveau en larmes, tu pleures devant Aizawa depuis littéralement des jours entiers.
"Merci, P'pa." il essaya de plaisanter.
"En parlant de ça." reprit Aizawa. "Ton père est dans les parages."
Il n'avait aucune idée de ce qu'il ressentait à ce sujet. Le désir familier mêlé d'incertitude s'animait toujours à l'idée de faire confiance à son père.
Il se décida finalement à baisser les yeux sur son corps au lieu d'essayer de prétendre qu'il n'existait pas au sein de celui-ci et des marques noires sur son avant-bras attirèrent son attention. Des lettres ? Il connaissait cette écriture désordonnée.
Je t'aime
"Kirishima était là."
"En effet." affirma Aizawa. "Il serait ravi de te voir lorsque tu seras prêt."
Il ne se souvenait pas de grand-chose de cette première nuit, mais les supplications paniquées de Kirishima étaient gravées dans sa mémoire.
D'une manière ou d'une autre, Kirishima l'aimait apparemment toujours après ça.
"Je lui ai fait vivre un enfer."
"C'est vrai." Aizawa n'avait jamais été du genre à édulcorer les choses. "Mais pas intentionnellement. Et ce que tu t'es fait subir était pire."
"Il mérite pas ça."
"Toi non plus."
Il ne pouvait pas tout à fait accepter le fait qu'il ne méritait pas quelque chose qu'il s'était lui-même fait, mais il n'argumenta pas plus.
"Il m'a passé un sac d'affaires que tu pourrais vouloir. Il est dans ma voiture actuellement." Aizawa continua. "Fais-moi savoir si tu veux quelque chose des dortoirs. Hizashi pourra les déposer."
"Qui ?"
"Present Mic."
"Ah." Il sourit. "Assez proches pour utiliser vos prénoms, hein ?"
"Quelque chose comme ça." Aizawa avait ce regard suffisant qu'il arborait lorsqu'il savait des choses que vous ne saviez pas.
"Je suis coincé ici pour combien de temps ?" il demanda, déjà impatient de partir.
"Un moment." il admit. "Une fois que le médecin aura vérifié que tout va bien, ils t'enverront en psychiatrie pour effectuer un diagnostic."
"Je suis un cas perdu. Ta-da. Diagnostic terminé."
"Il y a probablement un peu plus que ça."
"Bonne nouvelle." déclara l'infirmière pleine d'entrain en revenant. "Le médecin a dit que vos signes vitaux sont stables depuis assez longtemps pour qu'on puisse vous relâcher. Il y a encore des choses auxquelles vous devrez faire attention, mais il pense que vous n'encourez plus de sérieux danger."
"Super. Donc tout ça peut disparaître." Il secoua l'intraveineuse pour insister.
"Je vais en fait utiliser celle-ci une dernière fois." Elle débouchonna une seringue et attrapa le port de la perfusion.
"Qu'est-ce que c'est que ça ?!" il paniqua.
"C'est juste pour l'anxiété." elle répondit d'un ton léger.
"Quelle anxiété ?"
"Votre tuteur a rapporté que vous ne supportiez pas très bien les contacts physiques." elle élabora. "Je ne veux pas vous stresser, mais j'ai besoin de vous toucher si je veux vous libérer de toutes ces choses."
Il admit à contrecœur qu'elle était très douée dans son travail. Elle attendit une minute que le goutte-à-goutte face son effet, parlant à Aizawa des détails concernant la sortie d'hôpital qu'il ne prit pas la peine de vraiment écouter.
"Je vais d'abord retirer l'oxygène." elle informa tout en s'attelant. "On commence par le plus facile, hein ?"
Pas si horrible.
"Le pansement de la perfusion va peut-être tirer un peu, mais je suis sûre que vous avez connu pire, vous êtes un jeune coriace." Elle retira rapidement l'intraveineuse.
Jusque là, ce n'était pas la pire chose au monde.
"Je vais juste détacher les électrodes du moniteur cardiaque." Il se raidit lorsqu'elle glissa ses mains sous la tunique, mais resta tout de même sous contrôle. "Vous pouvez retirer les patches vous-même si vous le souhaitez. Un peu de lotion pour les mains ou de la vaseline devrait aider à les convaincre de lâcher prise."
Ça va, tu vas bien, tu vas bien.
"Okay, le dernier. Vous vous en sortez très bien." elle l'encouragea. Puis elle releva le bord de la robe de chambre, juste à temps pour qu'il réalise que c'était tout ce qu'il portait et que ça allait être atroce. "D'abord, je dois atteindre la petite branche du caoutchouc ici pour dégonfler le ballon."
Il ne voulait même pas savoir comment un ballon pouvait être impliqué, mais elle fit quelque chose avec une seringue et ça, c'était une sensation étrange.
"Inspirez profondément, puis expirez lentement."
D'accord. Inspire profondément, puis expire lentem- Oh bordel de merde.
"C'est tout bon, vous êtes libre !" elle le félicita. Il était bien trop distrait par qu'est-ce que tu viens de me faire bordel pour se soucier de ce qu'elle disait.
Il inspira profondément par le nez et se mordit la lèvre jusqu'à ce qu'elle parte.
"C'était absolument horrible."
"Ce n'est pas fun, je sais." sympathisa Aizawa. "Je pense toujours que c'est probablement la pire partie de tout l'incident du SCA, de mon avis."
Oh, c'est vrai. Aizawa avait aussi dû faire face à toutes ces conneries d'hôpitaux lorsque les vilains l'avaient totalement battu. Ça rendait sa situation actuelle un peu moins embarrassante.
"Est-ce que je pourrais avoir un putain de pantalon ?" il demanda alors qu'il soulevait la couverture pour enlacer ses genoux, le visage brûlant.
"Je vais voir ce que je peux faire." Aizawa se leva. "Je vais d'abord devoir ramener ton père ici cependant, tu n'as pas le droit d'être seul pour le moment."
"Je suis libre."
"Non, tu es transféré. Il y a une différence."
Il fronça les sourcils tandis qu'Aizawa composait le numéro sur son téléphone.
"Votre fils est réveillé. Oui. Ouais, je dois partir une minute, donc revenez ici."
"J'ai pas besoin d'un putain de baby-sitter."
"Légalement, si." contra Aizawa. "Si l'hôpital n'en a pas un ici actuellement c'est seulement parce que je suis un héros pro reconnu et que j'ai promis que je ne te laisserai pas seul."
Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait dire à son père et celui-ci arriva bien trop vite.
"Je reviens." Aizawa partit à la seconde où Masaru apparut dans l'embrasure de la porte.
"Hey, Katsuki." il salua maladroitement.
Il n'avait rien à dire. Il était réveillé depuis moins d'une heure et il était déjà à nouveau fatigué. De plus, il n'entendait presque rien et lire sur les lèvres était fastidieux.
"Je suis désolé de ne pas avoir été là."
"Tu l'es jamais." Il se sentit coupable à la seconde où il le prononça et ça ne fit qu'aggraver la douleur.
"Je sais. Mais je vais t'accompagner à travers cette épreuve."
"Et si je te veux pas ici ?" Ses yeux commencèrent à brûler.
"Tu ne devrais pas être seul pour le moment."
"Je le suis pas !" il cria, la colère s'accroissant. "Aizawa a toujours été là !"
"Il doit enquêter sur ton affaire." Masaru répondit faiblement.
Il n'avait pas considéré le fait que son père avait une quelconque idée de ce qu'il se passait.
"Je suis tellement désolé, Katsuki. Je t'ai donné l'impression que tu ne pouvais pas compter sur moi. Enfin, pas seulement « t'en ai donné l'impression », tu ne pouvais réellement pas. Je ne t'ai pas protégé. Tu as supporté ça pendant des années et je n'en avais aucune idée."
Il froissa les draps dans son poing, serrant davantage ses genoux.
"C'est la raison pour laquelle tu ne me laisses plus t'enlacer ?"
Son père passe un bras autour de lui et il sent la prise fantôme sur ses épaules, le retenant impuissant.
"Casse-toi, l'ancien ! Je suis trop vieux pour ces conneries."
Masaru a l'air confus, inquiet et surtout, blessé. Mais il ne supporte plus la proximité et le rejeter lui fera moins de mal que de tout expliquer.
"Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?"
"Ouais, t'agis tout le temps comme une putain de chialeuse !"
Il enfouit son visage dans ses genoux. "En partie."
"En partie tu es en colère contre moi, et en partie tu as été blessé ?" Masaru devina.
Il acquiesça.
"Être ici doit être difficile pour toi." Masaru fit un geste pour désigner leur environnement stérile. "Il n'y a pas beaucoup d'espace personnel."
"Cet endroit est un enfer." il confirma. Il déglutit nerveusement, l'irritation causée par le tube lui faisait mal jusqu'à la poitrine.
"Ta mère n'est pas vraiment du genre à respecter l'espace personnel non plus." osa Masaru.
"En effet." il répondit d'un ton neutre.
"Si j'avais su- "
"T'aurais fais quoi ?" Bakugo le coupa sèchement.
"On ne comprenait pas ce qu'il se passait avec toi." il bredouilla. "Aucun de nous ne réalisait à quel point elle te faisait du mal."
"Elle au moins fait quelque chose à ce sujet."
"Je sais." Masaru sembla abattu. "Je vais commencer à venir en thérapie."
"D'accord."
"Je t'aime, Katsuki."
"D'accord."
Ils restèrent assis en silence jusqu'à ce qu'Aizawa revienne avec un sac et lui donne des vêtements de rechange.
"De la part de Kirishima."
C'était son jogging confortable préféré et un t-shirt tête de mort. Même lorsqu'il n'était pas là, Kirishima était encore trop bien pour lui.
"Je vais essayer de savoir s'ils t'ont assigné un chargé de dossier." Aizawa déposa le sac et repartit, laissant le père et le fils seuls.
"Enfin." Il repoussa le drap derrière lui et fit glisser ses jambes sur le côté du lit. Il ne s'était pas attendu à ce que se lever soit un problème, mais il aurait dû s'y attendre plutôt que de penser que tout pourrait un jour être putain de facile. La moindre partie de son corps lui faisait mal alors qu'il se soulevait avec une main sur le matelas.
Bouger n'était pas censé être aussi dur.
Il serra les dents et tendit la main pour atteindre les vêtements.
"Tu veux de l'ai- "
"Non."
Il déplia le jogging et réalisa que maintenir son équilibre à travers le processus n'allait pas être possible. Il pourrait peut-être se rasseoir pour enfiler ses pieds ?
"Katsuki, s'il te plaît."
N'ose pas encore pleurer, putain.
"Bien." Il agrippa le bras que Masaru offrit pour l'équilibrer, mais perdit tout de même son équilibre lorsqu'il essaya de se baisser. Son père s'accroupit avant qu'il ne puisse discuter, passant un bras à travers le vêtement pour l'enrouler avec une facilité pratique. Soudainement, il avait à nouveau quatre ans. Ils avaient fait ça des milliers de fois parce qu'il était petit et impuissant à l'époque et que c'était ce que les parents étaient censés faire.
Ne pleure pas, bordel.
Il posa ses pieds au centre de l'ouverture créée et Masaru remonta la taille jusqu'à ce qu'il puisse l'atteindre et tirer le reste du chemin lui-même. L'humiliation s'atténua juste un peu.
"Comment je peux enlever ce putain de truc ?" Il pinça le devant de la tunique fermée inconfortablement autour de son cou.
"Je m'en occupe." Masaru se pencha derrière lui pour dénouer les ficelles et la sensation des mains effleurant sa nuque ne fut pas aussi horrible que Bakugo s'y attendait. Il n'arrivait pas à décider si c'était un soulagement, ou si ça l'énervait que les pouvoirs paternels de Masaru fonctionnent toujours après tout ce temps.
Il réussit à enfiler son t-shirt seul, Dieu merci. Ses mains tremblaient et sa poitrine lui faisait mal, mais il put le faire. Il s'effondra à nouveau sur le lit, essoufflé et avec un besoin désespéré d'eau. Sa gorge ressemblait à du papier de verre, mais ça signifiait demander quelque chose. Hors de question.
"Tu peux y aller maintenant." il congédia. "Retourne à je ne sais quelle putain de réunion que t'es en train de manquer, ou je ne sais quoi."
"Je n'ai nulle part où aller." signifia Masaru. "J'ai pris une semaine de congés."
Eh bien, c'était inattendu.
Le travail était généralement là où Masaru se cachait de Mitsuki et lui. Il était bien meilleur dans son travail qu'avec sa femme et son fils, alors lorsqu'il voulait éviter l'ambiance de la maison, il trouvait toutes les excuses pour se sacrifier au bureau jusqu'à ce que ça devienne même une habitude que ses collègues attendent de lui.
"Tu as besoin de quoi que ce soit ?"
Okay, très bien.
"De l'eau." Avec sa gorge endommagée, sa demande ressemblait à celle d'un homme mourant dans le désert. Masaru flamba tel un cadet qui venait de recevoir une mission.
"Je vais aller chercher quelqu'un."
Il était sur le point de lui dire qu'il pouvait juste utiliser le putain de bouton d'appel lorsqu'il réalisa que l'oubli de Masaru allait lui donner un putain de moment béni pour lui-même.
•* Au Japon il est assez intime d'appeler quelqu'un par son prénom au lieu de son nom de famille, il faut être assez proche pour le faire sans que ça ne soit mal perçut par le/la concerné-e (c'est généralement réservé aux membres de la famille, aux couples ou aux amitiés de longue date).
NAO : C'était une saga en trois parties : les hôpitaux craignent.
