Traduction : Tressym383

Relecture : Emiko Yure (AO3)

Résumé : Bakugo sort de l'hôpital, pendant qu'Aizawa poursuit son enquête.

NP : [Mio] Comme tu n'as pas de compte je ne peux te répondre qu'ici, désolé ! Merci beaucoup pour ta review, elle m'a vraiment fait plaisir ! On est bien d'accord, cette histoire est un chef-d'oeuvre ! Il me tarde de vous faire découvrir la suite :))


"Comment ça s'est passé ?" Mic demanda alors qu'Aizawa franchissait la porte en trombe.

"J'ai merdé." il grogna. "Je n'aurais pas dû aller lui parler sans mandat. Il n'a pas voulu remettre son téléphone et maintenant s'il y a quelque chose dedans qui l'incrimine, ce sera supprimé le temps que j'en obtienne un."

"On sera toujours en mesure de voir si des choses y ont été récemment effacées." rappela Mic avec optimisme.

"Même si c'est le cas, ça ne nous dira rien si ce n'est le fait qu'un étudiant ne veut pas que les flics fouinent dans son téléphone. C'est une impasse."

"Son alter semble trop approprié pour être une coïncidence."

"Pas si quelqu'un passe par son numéro justement parce que son alter correspond."

"C'est vrai." Mic soupira, vaincu. "Tu as d'autres pistes ?"

"Le gamin qui a survécu." répondit Aizawa à contrecœur.

"De ce que j'en ai entendu, c'est assez difficile d'en tirer quoi que ce soit."

"Je sais. C'est pourquoi j'ai essayé de l'éviter." il soupira. "Je ne veux pas faire un interrogatoire au pauvre petit, mais je ne suis pas sûr d'avoir d'autres options."

"Tu en as une."

Ne l'évoque pas.

"Tu pourrais demander à l'autre enfant qui a survécu."

"Il est à l'hôpital." Aizawa argumenta. "Après avoir essayé de se suicider."

"Je sais." Mic leva les mains pour l'apaiser. "Mais ce ne sera jamais facile d'en parler, que ce soit pour l'un ou pour l'autre. Bakugo est au moins un peu plus âgé et a eu un peu de temps pour récupérer. Et puis vous avez déjà une bonne relation tous les deux."

Mic avait raison. Il ne voulait simplement pas le faire. C'était tellement plus difficile de se détacher lorsqu'il n'interrogeait pas juste « la victime ». Il le ferait à son élève. L'un auquel il tenait et dont il partageait une douleur profondément familière.

"Ça peut au moins attendre qu'il soit sorti de l'hôpital." il s'autorisa. Il fouilla dans ses notes pour trouver un responsable qui pourrait lui faire rencontrer Yamamoto Haruki.


"Dans quelle chambre est-il ?"

"Trois cent-cinq."

"Oh, c'est celui qui ne parle qu'à certaines personnes, non ?"

"Ouais, surtout le docteur Tenma. Mais je pense qu'il aime aussi Kendo, à contrecœur."

"Tout le monde aime Kendo. Il se faufile dans toutes les contrebandes de biscuits et s'en tire toujours à cause de son visage mignon et innocent. Même Bakugo ne peut pas le haïr."

"C'est un putain de défi ?" le concerné grogna en direction du personnel hospitalier en pleins commérage, aussi fort que sa gorge endommagée le lui permettait.

"Définitivement pas." une aide-soignante lui répondit en riant. Il devait admettre qu'il l'appréciait elle aussi. Il ne se souvenait pas de son nom, mais lorsqu'il disait quelque chose d'acerbe, elle riait de la même manière que Kirishima. "Vous avez un visiteur."

Il soupira exagérément.

J'ai accepté de le laisser venir.

Il regretta cette décision à la minute où il rencontra les stupides yeux immenses de Deku.

"Kacchan !"

Il se précipita vers lui, renversant à moitié Bakugo avec une étreinte pleine de sanglots.

"Mon Dieu, Deku, tu vas mettre tes fluides faciaux partout sur moi." il grommela, les mains toujours enfoncées dans ses poches.

"Je suis tellement content que tu ailles bien !" Deku sanglota dans son épaule.

"C'est pas parce que Kirishima a maintenant le droit de me serrer dans ses bras que toi aussi." Il leva les yeux au ciel.

"Désolé !" Deku recula rapidement.

"Tais-toi, ça va."

Ça allait vraiment, en fait. Deku était si familier après toutes ces années, même les parties les plus paranoïaques de son cerveau se souvenaient que c'était juste Deku.

"Tu es un peu étouffant, Izuku. Laisse-le respirer." Inko était un peu plus loin. Elle était beaucoup plus contenue, mais elle avait aussi l'air au bord des larmes.

"Salut, tante Inko." Il n'avait aucune idée de quoi faire avec l'avalanche d'émotions que les Midoriya lui balançaient. Il n'avait jamais expérimenté ça. Son regard larmoyant donnait l'impression qu'elle lisait à travers lui. C'était le cas, d'une certaine manière. Elle le connaissait depuis qu'il était bébé et désormais, les pièces manquantes du puzzle étaient enfin réunies.

"Est-ce que je peux t'enlacer, Katsuki ?"

Il haussa les épaules.

Elle l'attira lentement contre elle, passant une main de haut en bas sur son dos comme elle le faisait lorsqu'il était petit. En grandissant, son insistance pour le traiter comme un enfant l'avait agacé, mais avant ça, sa douceur avait été un sanctuaire. Inko était bien plus petite que lui désormais, alors il dut se pencher, lui rappelant brutalement depuis combien de temps il ne l'avait pas laissé faire ça.

"Je suis désolée qu'il nous ait fallu tant de temps pour le remarquer." elle murmura. "J'aurais dû comprendre que quelque chose n'allait pas il y a des années."

"C'était pas de votre faute." il nia inconfortablement, se reculant de quelques pas.

"Je n'étais pas le seul adulte dans ton entourage à ne pas l'avoir vu." elle répondit. "Mais il n'aurait fallu que l'un d'entre nous pour changer les choses."

Comme Aizawa l'a fait.

Ça lui faisait mal de penser à quel point les choses auraient pu être différentes s'il avait rencontré Aizawa, ou s'il avait simplement obtenu une sorte d'aide, avant que les choses ne deviennent aussi graves. S'il avait eu quelqu'un pour le guider à travers la confusion et la douleur à l'âge de onze ans, avant que le tissu cicatriciel noueux ne se développe sur la plaie et ne la scelle dans une partie vulnérable de lui à laquelle il ne savait plus comment accéder. Peut-être qu'alors il saurait quoi faire lorsque les gens pleuraient et lui disaient qu'ils l'aimaient. Peut-être que la honte ne serait pas aussi forte. Peut-être qu'il ne serait pas la personne méchante et instable qu'il était devenu.

Ça n'avait plus d'importance désormais. Il était ce qu'il était et ils allaient juste devoir apprendre à vivre avec.

"Je ne sais pas si tu veux même penser à l'école actuellement." osa Deku. "Mais j'ai mes notes avec m-"

"Bien-sûr que je veux tes notes. Je vais certainement pas prendre plus de retard que j'en ai déjà."

Deku s'illumina, parce qu'il était un putain de nerd qui tirait une joie ridicule face au fait d'être utile.

"Mais je veux juste celles des cours, tu peux garder ton étrange merde de stalkeur."

Il se décomposa tristement.

Putain de Deku et ses millions d'émotions.

"Quoi ?"

"Je suis désolé de t'avoir mis mal à l'aise avec tout ça."

Attend, quoi ?

"Je ne comprenais pas pourquoi ça te dérangeait autant. On avait déjà été ensemble toute notre vie de toute façon, alors pourquoi tu t'en soucierais si je prenais des notes sur toi ? Mais maintenant je sais que les gens qui ne respectent pas tes limites sont un très gros soucis pour toi et j'aurais dû arrêter. Je suis désolé."

Oh bordel, Deku comprenait-il enfin ? ? ?

Sa bouche ne fonctionnait pas, ça faisait quinze secondes et il ne faisait toujours que le fixer.

Parle, bordel !

"D'accord."

Qu'est-ce que c'était que ça ?!

Il mourrait d'envie que Deku s'en rende compte depuis des années et désormais tout ce qu'il pouvait dire face à ça était « d'accord ».

Il était tellement nul pour tout ça.

"Alors… on est en bons termes ?" demanda finalement Deku.

"Ouais, on l'est."

Inko les observa patiemment alors que Deku lui racontait de façon détaillée tout ce qu'il avait manqué à l'école.

"Hagakure pense que Todoroki a une sorte de sixième sens et sait toujours où elle est. Je ne pense pas que quelqu'un lui ait encore dit qu'elle avait oublié d'enlever son bandeau."

"Elle a l'alter parfait pour être discrète, mais c'est une putain de tête en l'air."

"C'est vraiment arrivé un peu plus tard." il continua. "Ochako a utilisé son alter sur elle et elle s'est presque envolée au loin. Elle a dû faire un espèce de Marco-Polo avec Sero jusqu'à ce qu'il l'attrape et la ramène à terre."

"Elle se retrouve dans les pires groupes. Je jure qu'un de ces jours, Double-face va l'éliminer par accident."

Avant qu'il ne s'en rende compte, les heures de visite se terminèrent. Il venait de passer deux heures à parler avec Deku et il n'avait même pas détesté ça.

Bizarre.


Aizawa avait de bons contacts, donc tirer quelques ficelles pour trouver le petit Yamamoto ne fut pas compliqué. Ce qui l'était, en revanche, c'était de regarder un enfant craintif et méfiant et de devoir commencer un interrogatoire.

"Je m'appelle Aizawa Shota, mais la plupart des gens m'appellent Eraserhead." il se présenta depuis son côté de la petite table. L'enfant hocha silencieusement la tête, les yeux fixés sur ses genoux.

"Je dois te poser quelques questions sur ce qu'il s'est passé pendant ton enlèvement."

Le petit resta aussi immobile que silencieux.

"De quoi te souviens-tu concernant la personne qui t'a emmené ?"

Il haussa les épaules.

"Où l'as-tu rencontré ?"

Rien.

"Je sais que tu ne veux pas en parler." il reconnut. "Mais on doit l'attraper avant qu'il ne fasse du mal à d'autres enfants."

Ça n'allait nulle part. Il était temps de changer de tactique. Il sortit un dossier de photos. Il n'avait pas le cœur d'en sortir quoi que ce soit de graphique, mais il pouvait toujours voir si le petit reconnaissait certains lieux.

"Est-ce que tu reconnais cet endroit ?"

La photo était celle d'une ruelle dans laquelle le premier corps avait été retrouvé. Il secoua la tête de gauche à droite.

"Et celui-ci ?"

C'était un immeuble abandonné dans lequel le deuxième corps avait été retrouvé. Il hocha la tête.

Jackpot.

"Est-ce que quelqu'un t'y a emmené ?"

Un autre hochement de tête.

"Était-ce cette personne ?"

Il s'avançait un peu, mais ça pouvait toujours être Ito Daichi.

Un autre haussement d'épaules.

"Tu n'es pas sûr ?"

"Sombre." le garçon répondit finalement.

Ça n'allait pas être facile. Si le tueur était doué pour cacher son visage, il était probable que Bakugo ne soit pas en mesure de l'identifier non plus. Surtout des années plus tard.

Il pouvait au moins en déduire quelques informations de valeur. Les victimes avaient été emmenées vivantes dans ces lieux abandonnés, et non plus tard. À contrecœur, il dut admettre que Mic avait raison. Il faisait tout ça dans le mauvais ordre, à demander à un élève de primaire semi-muet au lieu de l'adolescent extrêmement intelligent qu'il connaissait déjà.

"Il avait couvert son visage ?"

"Masque pour les malades. L'a enlevé quand il a éteint les lumières."

C'était presque une phrase entière. Ça commençait à se débloquer.

Yamamoto ne reconnut pas non plus les autres enfants. Il était sur le point d'abandonner lorsque son téléphone sonna, faisant apparaître la photo d'un Bakugo étrangement peu en colère que Mic avait glissé dans ses contacts.

"Katsuki."

Aizawa faillit lâcher le téléphone.

"Qu'est-ce que tu viens de dire ?" Il se tourna vers l'enfant, lui provoquant accidentellement un tressaillement.

"Je le connais. C'est Katsuki."

"Tu le connais d'où ?" Il fut interrompu par un nouvel appel.

Merde.

"Oui ?"

« Ils me laissent sortir dans quelques heures. » l'informa Bakugo.

"Tu as besoin qu'on te conduise ?"

« Mon père est là, vous avez pas besoin de venir. J'ai juste pensé que je vous mettrais au courant. »

"C'est super. Je te retrouve aux dortoirs plus tard dans la journée."

Il hésita une seconde avant de raccrocher. Il avait besoin d'en savoir plus avant de faire paniquer Bakugo avec ça.

"Comment connais-tu Katsuki ?"

"Le méchant aime bien le regarder sur l'ordinateur."

C'était peut-être la chose la plus déconcertante qu'un enfant lui ait jamais dite.

"Que faisait Katsuki sur l'ordinateur ?"

"Il se bat beaucoup. Et cette fille s'en prenait à lui. Il a aussi des photos de Katsuki, mais il était plus petit."

Doux Jésus.

"Et qu'est-ce qu'il fait sur les photos ?"

"Il dort."

C'était glauque, mais tout de même pas la pire réponse possible.

"Où a-t-il regardé ça ?"

"Sur son ordinateur." répondit évidemment Yamamoto. "Portable."

"Oui, mais où étiez-vous ?"

L'enfant parcourut du regard les photos et pointa du doigt l'appartement abandonné dans lequel ils avaient retrouvé le deuxième corps. Il n'y avait pas d'électricité là-bas, donc les photos et les vidéos devaient être stockées sur un appareil personnel. Il existait des preuves. Il devait juste les trouver.


Kirishima avait un peu trop rempli son sac, et ça entravait la furtivité de Bakugo alors qu'il retournait à reculons dans les dortoirs. Au départ, il avait été impatient à l'idée de rentrer chez lui, mais plus il pensait à la dernière fois qu'il était parti…

"Quand tu as envie de faire quelque chose comme ça, c'est à ce moment-là que je veux que tu viennes me chercher."

Aizawa avait été un soutien constant depuis qu'il avait réalisé pour la première fois que quelque chose n'allait pas. Idem pour Kirishima. Pourtant, il n'avait rien fait du peu qu'ils lui demandaient.

Stupide connard égoïste.

Les cours ne se terminaient pas avant une demi-heure cependant, alors il devrait avoir le temps de se cacher et d'être un peu seul.

Ce ne fut pas le cas.

Ils étaient tous là.

"Oh putain, qu'est-ce que c'est que ce bordel ?!"

"Ravi de te voir aussi." rayonna Kirishima. "On a fait du curry épicé."

"O... kay ?"

Qu'est-ce qu'il se passe ? ?

"Bakugo, on a besoin d'un avis neutre !" le réclama Mina. "Your Name, Toy Story quatre ou Détective Pikachu ? »

Il jeta un coup d'œil à la liste des films et remarqua que Mina avait omis Joker et A Silent Voice. Il n'avait pas encore vu Joker, mais il pouvait deviner pourquoi elle l'avait laissé de côté. Un film sur le ridicule social et la maladie mentale conduisant un homme à devenir un vilain était probablement intelligent à retirer des propositions. A Silent Voice… était définitivement trop près de son propre vécu sur plusieurs points. Il avait regardé le début seul pour savoir s'il rejoindrait le premier visionnage de Mina et Kirishima et... l'harceleur d'enfance qui tombe en dépression et ouvre le film en planifiant son suicide... ouais, ce n'était pas quelque chose qu'il pourrait regarder avec d'autres personnes autour.

Il était à la fois énervé d'être materné et reconnaissant de ne pas avoir à se soucier de ces films.

"J'ai entendu dire qu'A Silent Voice était plutôt bien."

Deku. À l'ouest, comme toujours.

"Elle l'a mis de côté parce qu'il s'agit essentiellement de toi et moi, le nerd."

Quelques regards de surprise. Il supposait que personne ne pensait qu'il était aussi conscient de lui-même.

Quoi qu'il en soit, revenons à ce que tout le monde foutait ici à trois heures de l'après-midi.

"Qu'est-ce qui se passe, bordel ?"

"Hm... on regarde des films ?" Mina secoua la télécommande comme si c'était une explication.

"Te fous pas de moi. Je veux dire, pourquoi vous êtes tous là ? Vous devriez même pas encore être de retour de cours."

"Tu viens de sortir de l'hôpital, mec." répondit Kirishima comme si c'était une explication.

Ils étaient là pour lui.

Je ne le mérite pas.

"J'ai pas de cancer ou quoique ce soit du genre." Rien de tout cela n'avait de sens. "Je m'y suis mis moi-même."

Connard dramatique.

"Je devrais pas avoir une putain de fête pour ça." il finit amèrement.

"Ce n'est pas… Bakugo, personne ne te blâme." Kirishima lui lança un regard humide trop empathique alors qu'il l'éloignait du reste du groupe pour un peu d'intimité.

"Pourquoi pas ? J'ai dérangé tout le monde parce que j'ai pas pu faire face. Maintenant Aizawa a deux jobs, et je t'ai traumatisé avec Kami- "

"Tu as été menacé par ton violeur." Le ton sévère le prit au dépourvu et ne laissa aucune place à la discussion. "Tu as le droit d'être bouleversé. Je ne vais pas prétendre que cette nuit n'était pas horrible, elle l'était. Tu m'as fait peur. Mais je ne suis pas en colère contre toi pour avoir tant souffert que tu voulais mourir. Kaminari non plus. Tu n'essayais pas de nous faire du mal."

Il déglutit malgré la boule qui grossissait dans sa gorge.

"Tu n'as pas choisi d'être malade." finit doucement Kirishima.

Il se sentit soudainement coupable pour les semaines durant lesquelles il avait refusé de prendre des médicaments. Il ne pouvait pas encore dire si les antidépresseurs faisaient effet pour le moment, mais il devait au moins essayer, il devait bien ça aux personnes qui supportaient toutes ses conneries.

"Bakugo, je suis sérieux." Oh merde, d'accord, je suis censé répondre. "Arrête de t'en vouloir pour le fait de ne pas immédiatement aller mieux."

"D'accord."

Bordel, encore « d'accord » ? Vraiment ?

"Ils m'ont prescris quelque chose pour les cauchemars." il se força à dire. Essaye juste putain, donne lui de bonnes nouvelles pour une fois. "Je crois que ça aide."

"C'est super !" Kirishima rayonna. "Tu avais l'air tellement fatigué juste avant tout ça, je me souviens avoir pensé lors de ma visite : « Au moins s'il est sous sédatifs, il va enfin pouvoir dormir un peu »."

"Je suppose que je me détends seulement quand je suis drogué." Il haussa les épaules.

"La manière dont tu y arrives n'a pas vraiment d'importance." Kirishima haussa aussi les épaules. "Je veux juste que tu te sentes mieux."

"Hm, merci." il marmonna, sentant la chaleur lui monter aux joues.

"Kiri !" Mina l'appela, tenant un ordinateur portable connecté à un câble HDMI. "C'est quoi ton mot de passe ?"

"Une seconde."

Bakugo en profita pour se glisser sur le balcon, histoire de se vider la tête un instant.

Tous ces gens qui se souciaient de lui, c'était aussi intimidant que réconfortant. Il n'avait jamais eu de bonnes relations à ruiner auparavant. Lorsque ses amis du collège l'avaient abandonné face au vilain boueux, ça lui avait fait un peu mal, mais il n'avait jamais dépendu d'eux de toute façon. En dehors de sa façade acerbe, ils ne le connaissaient pas. À l'époque il existait seul, il était simplement à côté des autres. Désormais, il ne se sentait plus si seul et c'était terrifiant. S'il foutait en l'air sa relation avec Kirishima, leurs amis le choisiraient évidemment. Tout pouvait s'écrouler si vite et il n'avait pas l'habitude d'avoir peur de ça.

"Bon retour parmi nous."

Todoroki ferma la porte coulissante derrière lui et s'appuya sur la rambarde à ses côtés.

"Qu'est-ce que tu veux, Double-face ?" Il ne pouvait pas gérer autant de niaiseries en une journée.

"À l'époque, avant que nos liens se refassent avec mon frère et m'a sœur," il commença avec son sérieux monotone habituel, mais sans le contact visuel inévitable, pour une fois. "Il m'est arrivé plusieurs fois de penser que je ne pouvais plus continuer."

"Continuer quoi ?" Bakugo demanda, les yeux rivés sur la balustrade du balcon.

"À vivre."

Ça n'aurait pas dû le surprendre autant. Après tout, Todoroki avait grandi dans un foyer continuellement et extrêmement toxique. Mais il était tellement… tellement parfait.

"Et moi qui pensais que t'étais trop fonctionnel pour de tels défauts humains, putain de robot."

"Je suis connu pour avoir parfois une émotion. Garde ça entre nous."

Putain de merde, c'était une blague. Todoroki venait de faire une blague.

"Je sais pas comment Deku et toi peuvent être si proches." Il secoua la tête avec un sourire ironique.

"De même pour Kirishima et toi."

"Crois-moi, ça n'a aucun sens pour moi non plus."

Todoroki perdit son regard dans une quelconque réflexion philosophique invisible aux yeux de Bakugo.

Punaise, Le bicolore était tellement bizarre.

"Toi et moi sommes ce que le monde a fait de nous." déclara solennellement Todoroki. "Nous sommes devenus ce que nous devions être pour survivre et désormais nous sommes les plus adroits de notre classe. Midoriya et Kirishima croient toujours que les héros peuvent être justes, équitables et les sauveurs que nous voulons qu'ils soient. Qu'ils peuvent faire du monde un endroit décent. Je n'arrive personnellement plus à le croire, mais je peux être là pour aider ceux qui ont encore des rêves à réussir."

"J'ai toujours mes propres rêves." il soutient.

Todoroki avait désormais son regard caractéristique qui transperçait jusqu'à votre putain d'âme.

"Quand je t'ai rencontré pour la première fois, la seule chose en laquelle tu croyais était toi-même, mais maintenant tu as même perdu confiance en ça. Si tu veux survivre aux moments où tu te sens piégé, impuissant et où tu te détestes, tu auras besoin de gens comme Kirishima."

"Mec." Bakugo soupira. "Tu pouvais pas me donner une putain de journée pour décompresser avant de me balancer tout ça au visage ?"

"Excuse-moi." Il se détacha de la rampe. "Je te laisse tranquille."

"Ça va." Il suivit Todoroki à l'intérieur, où Le détective Pikachu occupait l'écran.

« Mon problème, c'est que je repousse les gens, puis leur en veux de partir. » Pikachu devina les mots de Monsieur Mime.

"D'accord, je m'y attendais venant de toi." il accusa Todoroki avec exaspération. "Mais j'avais pas besoin d'être exposé aujourd'hui par le putain de Pikachu."

Todoroki ne parvint pas à contenir son rire et souffla du nez.


NAO : Les scènes avec Aizawa craignent toujours, bien-sûr, mais les enfants font finalement une petite pause.

NP : Mes amies de fac ont découvert ma traduction, qu'est-ce que je suis censé faire ? Brûler mon compte ffnet ? ? ?