Traduction : Tressym383

Résumé : Bakugo essaye de sortir de sa zone de confort.

NP : Sachez que la grande majorité du temps, je réponds à vos reviews ! Pour voir mes réponses il faut juste aller dans votre boîte de réception/messages privés sur le site internet (sur l'application je ne crois pas qu'on puisse).


"Aizawa." Six sourit chaleureusement. "Que puis-je faire pour toi ?"

"Tu es bien enthousiaste pour quelqu'un dont le patient a essayé de se tuer." Ça eut l'air plus accusateur qu'il ne le pensait.

"Ça fait un peu parti du métier." elle contesta. "Si j'étais triste à chaque fois qu'un patient rechute, je le serais tout le temps."

"Je sais." Reprend-toi. "Tu as raison, je suis juste… investi."

"Je sais." Six répondit avec compréhension. "Je suppose que Bakugo est la raison pour laquelle tu es ici ?"

"Je dois l'interroger sur le Vampire Tueur."

"D'accord. Que veux-tu que je fasse à ce sujet ?"

Dis-moi de ne pas le faire.

"Tu penses que ça va être catastrophique à quel point ?"

"Très."

"Une idée pour rendre ça moins catastrophique ?"

"Laisse-moi le prévenir à l'avance." elle répondit immédiatement. "J'ai une séance avec lui demain. Je vais voir à quel point je pense qu'il peut le supporter."

"Je suppose que la confidentialité professionnelle ne me laissera pas simplement te le demander ?"

"S'il me donne une autorisation écrite, tu peux. Le principal problème est que je ne connais pas grand-chose non plus au niveau des détails."

"Oh." Aizawa avait en quelque sorte… simplement présumé que ça avait déjà été discuté lors de l'une de leurs séances. "Il n'en a pas encore parlé ?"

"Il a déjà fait référence à deux trois choses qui lui ont été faites, mais rien d'assez précis pour aider une enquête."

"Est-il… capable d'en parler ?"

"Pas jusqu'ici, non."

Merde.

Aizawa était doué pour faire plier les gens, mais...

"Je ne veux pas lui faire un interrogatoire."

"Et je ne veux pas que tu le fasses." elle soupira exagérément. "Il y a une autre option, mais il n'y était pas enclins la dernière fois que j'en ai parlé."

Il haussa un sourcil, lui signifiant silencieusement de cracher le morceau.

"Je pourrais utiliser mon alter."

Était-ce une réelle considération ? ?

"Tu es… Tu es sûr de vouloir faire ça ?" Utiliser une empathie complète pour vivre une telle expérience, ça semblait au mieux masochiste.

"Je suis une adulte formée professionnellement." elle rejeta son inquiétude évidente. "J'ai une capacité très différente de faire face aux choses par rapport à un enfant victime d'abus. Si ça devient trop intense, j'arrêterais l'expérience."

Le souvenir d'un Bakugo sanglotant qui tressaillait à chaque fois que quelqu'un le touchait lui donnait quelques doutes. Mais c'était son domaine, ce n'était pas à lui de lui dire ce qu'elle pouvait et ne pouvait pas gérer.

"Juste... Soit prudente."


Bakugo se réveilla très confus. Il n'était ni à l'hôpital, ni dans sa chambre. Non, il était dans la salle commune, étendu sur un torse qui montait et descendait doucement. Dans son dernier souvenir, il s'était senti un peu fatigué et s'était adossé contre Kirishima. Apparemment, les pilules le laissaient faire des choses comme s'endormir en public et il avait en quelque sorte fini par partager un canapé avec son petit-ami devant tout le monde.

Mais… il était quand même bien. Adossé au dos du canapé près du mur, la tête contre l'épaule de Kirishima. C'était sympa. Toutes les personnes qui allaient les voir l'avaient sûrement déjà fait, alors peut-être qu'il pourrait juste faire semblant d'être encore endormi.

"Ils sont toujours là ?"

"Ouais."

"Oh mon dieu, je vais pleurer, c'est trop mignon."

Oh bordel.

"Ils sont si mimi !" Mina roucoula.

"J'aurais jamais pensé que le jour viendrait où je mettrais les mots Bakugo et adorable dans la même phrase." chuchota à son tour Ochako.

"C'est trop mignon, je peux à peine le supporter."

"Tu penses qu'ils voulaient dormir là ou Bakugo s'est endormi totalement par accident ?"

"Bakugo peut vous entendre, putain." il grogna.

Les deux filles sursautèrent, à sa grande satisfaction.

"Et je peux vous entendre aussi." Kirishima sourit, les paupières toujours closes.

"De- Depuis combien de temps ?" Bakugo bafouilla.

"Environ quarante-cinq minutes." il répondit, ouvrant finalement les yeux. Bakugo se redressa et enfouit son visage dans ses bras.

Espèce d'idiot, c'est tellement embarrassant.

Kirishima eut l'audace de rire.

"Je te déteste."

"Je t'aime aussi."

"Awww." Mina et Ochako firent en chœur.

"Je vous déteste tous."

"Je pensais que t'aurais besoin de sommeil, et j'avais l'air de faire un bon oreiller." taquina Kirishima. "Mais tu te serais jamais recouché si t'avais su que j'étais réveillé."

Bakugo fit un gémissement de détresse incompréhensible dans ses bras et ses genoux.

"Je suis désolé de t'avoir dupé." Il avait plus l'air de consoler un enfant qui pleurait parce qu'il n'était pas autorisé à mettre une fourchette dans une prise électrique que sincèrement désolé.

"Non, tu l'es pas."

"T'as raison, je le suis pas."

"C'est pas de ma faute si je dois prendre des médicaments qui m'endorment." il gémit.

"Ça devient juste de plus en plus mignon." couina Mina.

Bakugo enfouit son visage dans un oreiller et bascula sur le côté avec l'espoir que ça puisse l'éloigner de la situation.

"Kirishima, je crois que t'as réussi à le tuer avec de la gentillesse."

"T'es la pire, putain d'Alien !" C'était étouffé par le coton de l'oreiller et fit simplement rire la concernée.

"Je vais faire du café, si jamais tu décides de sortir de ta cachette." elle annonça avant de se diriger vers la cuisine.

Combien de temps avait-il dormi ? Depuis quand Kirishima se réveillait avant qu'il le soit ?

Son téléphone afficha dix heures quarante-trois.

Oh merde.

Il avait dormi onze heures. Ce qui signifiait que Kirishima était resté au même endroit pour qu'il puisse dormir pendant onze putains d'heures.

"La contrainte peut être une forme d'automutilation."

S'il revoyait ce putain de connard un jour, il le tuerait. Il s'attendait à ce que ce soit des cinglés comme Mineta qui disent des conneries sur le fait que son agression l'aurait rendu homosexuel. Il n'attendait pas avec impatience toutes les personnes qui supposeraient qu'il était une sorte de déviant sexuel dérangé si jamais son passé était un jour révélé. L'entendre d'un docteur faisait cependant putain de mal. Il avait fais tout ce qu'il pouvait pour garder son agression et Kirishima aussi loin que possible dans sa tête. Il y avait beaucoup d'aspects de sa vie qui étaient foutus, mais pas celui-ci, il refusait d'y croire. En fait, aimer Kirishima pourrait bien être la seule chose saine le concernant.

Il n'avait jamais vraiment exploré sa sexualité… Pas du tout, même. Principalement parce qu'il avait peur de ce qu'il allait découvrir. Il avait déjà tellement de problèmes liés au contrôle dans sa vie quotidienne et une relation étrange avec la douleur. Ce n'était pas exagéré de se demander s'il pourrait aimer des trucs bizarres si jamais il se laissait un jour s'y pencher. S'il découvrait quelque chose qu'il appréciait et qui lui faisait penser à cette nuit là… ça pourrait bien le tuer. Il n'avait pas à s'occuper de la manière avec laquelle ce bâtard avait foutu sa tête en l'air sur ce genre de choses s'il évitait juste complètement le sujet.

Mais désormais, il y avait Kirishima. Il voulait quelque chose, une proximité dont il savait l'existence mais à laquelle il n'avait pas accès. Il voulait désirer, mais ne savait pas comment.

"Je peux entendre les hamsters."

"Quoi ?"

"Les hamsters qui font tourner les roues de ton cerveau. Ils sont en train de mourir, Bakugo. Ils peuvent pas maintenir ce genre de rythme. Ils ont besoin de repos ou ils vont se syndiquer."

"T'es tellement bizarre."

"Je sais. Mais sérieusement, qu'est-ce qui te tracasse ?"

Il soupira et se rapprocha à une distance plus propice à une conversation privée.

"Je veux aimer les trucs de relations normales. Mais j'ai aucune idée de ce que je peux supporter ou de ce que je fais."

"Quelque chose de spécifique en tête ?"

Il semblait plus disposé à essayer qu'il ne s'y attendait.

"Pas encore."

"Eh bien, tiens-moi au courant."

Que voulait-il essayer ?

Il était à peu près sûr que le baiser qu'ils avaient partagé lorsqu'il était ivre avait été bien jusqu'à… eh bien, les pleurs n'avaient définitivement pas été, mais le reste avait du potentiel. Mais du potentiel pour quoi ? Au moins avec la fille (Mika, c'est ça ?), il connaissait le scénario. Dans quel ordre procéder et quelle partie de lui était censée aller où. Mais Kirishima était un mec, alors… même s'il pouvait surmonter ses mille blocages, à quoi ressemblait l'objectif final ?

Kirishima était-il un top ? Était-il un bottom* ? Les deux ? Avait-il déjà pensé à ça alors qu'il aimait des filles avant ? Lui ne l'avait définitivement pas fais.

L'idée de se faire baiser lui donnait toujours envie de se recroqueviller dans un coin et de mourir, mais il y avait plein d'autres façons d'être intime. Peut-être...

Il se leva et traîna Kirishima par la main avec lui.

"Whoa, okay." Kirishima se plaignit, mais suivit volontiers. Bakugo l'amena à leur étage.

Pas dans ma chambre.

Il ne pouvait pas encore inciter Kirishima à y retourner. Il les traina donc dans celle de Kiri.

"Je veux essayer quelque chose." il annonça. "Tu vas m'arrêter ?"

"Pas si tu veux réellement le faire."

Il ferma la porte derrière eux et poussa Kirishima sur le lit avec toute la force de son besoin désespéré de se sentir désiré, en contrôle et normal. Il ne rencontra aucune résistance alors qu'il lui grimpait dessus et lui plaquait les poignets de chaque côté de sa tête.

"Reste comme ça." il ordonna avant de lâcher prise. Ça avait l'air plus sexy que « ne m'agrippe pas ou je pourrais pleurer ».

Il passa une main dans les doux cheveux roux et les lèvres de Kirishima fondirent sous les siennes avec un léger soupir. Puis il continua vers un territoire plus aventureux, l'embrassant juste sous la mâchoire, parce que Bakugo Katsuki n'avait aucune capacité pour se modérer.

S'il te plaît, laisse-moi juste être assez bon.

C'était comme un jeu. S'il faisait les choses correctement, il gagnait des sons. Une soudaine inspiration alors qu'il descendait du cou à la clavicule, un petit gémissement lorsqu'il fit glisser une main plus bas pour saisir la hanche de Kirishima. Il aimait vraiment ce dernier son, alors il passa son pouce sur le creux formé par son os, le glissant juste un peu sous son short.

Kirishima se cambra et se tortilla sous son toucher, et pour la première fois depuis un putain de long moment, Bakugo se sentit bien. Il attrapa la ceinture qui l'empêchait d'aller plus loin.

"Je peux ?" il murmura à son oreille.

"Si ça te va." Kirishima répondit.

"Je m'éclate, putain." il sourit. Il ne mentait même pas.

Il n'avait pas vraiment d'expérience dans ce domaine là. Des années à mettre les pensées sexuelles juste à côté de ses émotions dans la case « ne pas y penser » l'avaient laissé moins exercé que les adolescents ordinaires en ce qui concernait la prise en main de ses parties intimes. Mais il s'était tout de même masturbé quelques fois pour faire disparaître la dureté potentiellement embarrassante, alors il avait tout de même un certains avantage pour une relation gay. Il fallait juste commencer doucement comme internet l'avait dit, taquiner un peu, faire glisser vers le bas... Il s'adapta aux halètements et aux gémissements. Recommence, accélère, serre un peu plus.

Ça, il pouvait le faire. C'était une performance active, pas quelque chose qui lui était faite.

Heureusement, les adolescents avaient le sexe sur le mode facile, donc inexpérimenté ou pas, ça ne dura que quelques minutes. Kirishima devint soudainement mou contre le matelas, prenant de grandes inspirations. Bakugo sourit contre le cou en dessous de lui, très satisfait de lui-même.

"Hm, merci." il souffla.

"De rien." Bakugo sourit en coin.

"Je- " il haleta. "Je retournerais bien la pareille, mais tu le supporterais sûrement moins bien."

"Ouais." il grommela l'aveu. "Probablement."

Pas probablement, définitivement moins bien. Il n'était même pas sûr de pouvoir gérer ce qu'ils venaient de faire si Kirishima n'avait pas consciemment gardé ses mains pour lui.

"D'accord." Sa respiration commença finalement à ralentir. "Tu voulais qu'on reste un peu là ? Ou je devrais aller me nettoyer ?"

"Je vais nulle part." Il haussa les épaules. Kirishima hocha la tête en s'asseyant et déposa un baiser sur le dessus de sa tête avant de partir.

Il allait devoir utiliser la salle de bain après lui. Il n'y en avait pas beaucoup, mais il avait aussi un peu de substance sur sa main. Il évita de la regarder. Lorsque son tour arriva, il garda les yeux fermés pendant qu'il se lavait les mains.

La première fois qu'il s'était masturbé, ça avait été jusqu'à ce que l'odeur de sperm l'atteigne. Puis il avait pleuré. Il s'était au moins quelque peu remis de ça depuis, mais il n'avait toujours pas besoin de déclencher une quelconque mauvaise réaction alors qu'il passait un bon moment, bordel.

Kirishima était retombé à sa place d'origine.

T'es censé faire des câlins après cette merde, pas vrai ? C'est ce que font les gens normaux ?

Ça n'avait pas l'air dés-agréable, alors il pouvait tout aussi bien essayer. Il se calla contre le côté de Kirishima, plaçant un bras à travers sa poitrine.

"Je peux jouer avec tes cheveux ?"

Bakugo renifla.

"Je viens de toucher ta bite."

"Ouais, et t'as demandé l'autorisation avant de le faire."

Ce mec.

"Vas-y."

Évidemment que Kirishima avait fait attention lorsqu'il avait mentionné le truc des cheveux. Le touché lent et délicat à travers ses mèches désordonnées s'avéra être le contact physique le plus relaxant qu'il ait jamais connu et lui provoqua un gémissement involontaire.

"Bien." rit doucement Kirishima.

"Tais-toi."

Il n'y avait aucune perspective de progression, aucune menace que la main dans ses cheveux aille quelque part où il ne le voulait pas. Si les mouvements étaient plus rapides ou plus brusques, ça déclencherait l'alarme dans sa tête qui lui rappellerait que ses cheveux étaient le putain de point d'accroche d'un agresseur. Les doigts lâches qui replaçaient doucement les mèches derrière son oreille étaient cependant si différents de la poigne abrupte et douloureuse dont il se souvenait.

Il ne comprenait pas pourquoi il aimait ça. Le sexe avait un but évolutif. Les gens devaient aimer le sexe, sinon la race humaine cesserait de se perpétuer. Toucher ses cheveux ne procréait pas, ça n'avait aucun but.

Le sexe non plus si tu es gay.

D'accord, mais ça avait toujours un but. Les couples homosexuels étaient les parents de secours de la société et les humains étaient de toute façon déjà programmés pour aimer le sexe. Mais il ne voulait pas ça. Pour le moment, il voulait juste des papouilles et faire une sieste.

"T'es comme un chat." rit à nouveau Kirishima.

"Tais-toi."


•* Si vous lisez cette fic pour le KiriBaku, je me doute que vous avez tous déjà au moins une vague idée de ce qu'est un top et un bottom. Cependant internet me fait voir beaucoup trop de fausses idées sur le sujet et ça me donne envie de péter mon crâne, donc voici la vrai def, au cas où. Je tiens aussi à dire que c'est la def pour les relations homosexuelles masculines.

Top : celui qui pénètre.

Bottom : celui qui est pénétré.

Ni plus, ni moins. Rien à voir avec "celui en dessous et celui au dessus" ou "le dominant et le dominé". Un bottom peut être au dessus, mener la danse ou même être dominant. D'ailleurs dans une relation sexuelle, quel quelle soit, il n'y a pas FORCÉMENT et toujours une notion de domination/soumission. Cette idée est un concept très patriarcal.

NAO : Je me suis posé beaucoup de questions en ce qui concerne la manière dont je devrais doser les scènes explicites dans l'histoire. Car ces personnages sont techniquement des adolescents, mais la sexualité est une partie importante de leur relation, donc je ne voulais pas l'omettre complètement. C'est aussi un anime à la base, donc il n'y a pas de réels acteurs mineurs impliqués. J'essaye de trouver un équilibre entre quelque chose de non pornographique, mais pas non plus vague au point que vous ne savez pas ce qu'il se passe.

NP : Dans la note d'auteur NotWithThatAttitude partage aussi le lien d'un fan art de Kirishima et Bakugo qui dorment sur un canapé, mais ffnet est casse-pied avec les liens et ne me laisse pas le mettre ici. Il est dispo sur le chapitre d'AO3.