Traduction : Tressym383
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Résumé : Aizawa fait une requête. Bakugo la déteste [CW].
NAO : Merci pour vos retours (anglophones), tout le monde. Pendant la majeure partie de ma vie passée au sein de fandoms ainsi que dans les souvenirs que j'en tire, J'ETAIS un adolescent, donc je me suis jamais penché sur la problématique de la représentation de personnages mineurs et de leur sexualité jusqu'à ce que je regarde un réel adolescent un jour et me rende compte que « Oh merde, j'ai 25 ans ». Alors genre, est-ce que ça change quelque chose ou est-ce que c'est encore correct ? Après avoir lu vos commentaires cependant, je suis d'accord, les fanfictions avec des personnages d'animes sont si éloignées des réels adolescents que je n'ai vraiment pas besoin de m'inquiéter de choses comme les problèmes de pédophilie d'Hollywood.
Bakugo grogna lorsque sa sonnerie de téléphone interrompit une sieste vraiment confortable. Une sieste qui n'aurait vraiment pas dû arriver avec tout le temps qu'il avait déjà dormi, mais il avait vécu une semaine stressante, il l'avait mérité.
Sonnerie :
Deuxième daron
Oh, c'était probablement important.
"Allô ?"
« Bakugo, je dois te parler. » Aizawa l'informa. « Il y a possibilité qu'on se voie ? »
"Euh, ouais, bien sûr." Il leva les yeux vers Kirishima, qui n'avait pas non plus bougé depuis une heure. "J'ai pas vraiment grand chose à faire."
« Je serai là d'ici vingt minutes. »
Aizawa raccrocha et l'anxiété le piqua face aux implications.
"C'était pour quoi ?" demanda Kirishima.
"Aizawa va venir me parler, là, maintenant."
"Oh. C'est intimidant."
"C'est sûr, ouais." Il se leva et se retrouva à chercher un sweat-shirt, comme si en porter était une sorte de putain de bouclier. Au moment où il n'avait plus d'excuses pour retarder sa descente à l'entrée du dortoir pour rencontrer Aizawa, celui-ci était déjà là.
"J'ai peut-être une piste, mais je voulais te parler avant de la poursuivre."
Il ne perd pas de temps aujourd'hui.
"Pourquoi ?"
"J'ai interrogé le petit qui a survécu." Aizawa répondit rapidement. "Il n'était pas particulièrement bavard."
"C'est pas vraiment surprenant."
"Mic a souligné qu'il y avait une autre piste que je remettais toujours à plus tard." Une hésitation teintée d'inconfort colora ses mots.
"Et qu'est-ce que c'est ?"
Aizawa grimaça.
"Toi."
Oh bordel, non, pas moyen.
"C'est censé dire quoi, putain ?"
"Tu l'as rencontré, Bakugo." Aizawa soutient simplement. "C'était il y a des années, mais tu es l'un des deux seuls survivants connus. Je ne suis allé aussi loin seulement parce que tu as reconnu la déclaration de Yamamoto."
"Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?" il demanda avec scepticisme. "Si je savais où il était, je vous l'aurais dit !"
"C'est à contrecœur que je te le demande." reprit gravement Aizawa. "Mais si nous voulons le retrouver avant qu'un autre enfant ne soit tué, je dois savoir ce qu'il s'est passé cette nuit-là."
Il pouvait déjà sentir sa connexion avec le présent lui échapper, le brouillard se précipitant dans son esprit pour former une couverture protectrice.
"Je peux pas en parler."
"Je sais." Aizawa avait déjà l'air empli de remords. "Mais selon Six, tu n'es pas obligé de le faire."
C'était donc là qu'il voulait en venir. Aizawa voulait qu'il laisse Six aller dans sa tête pour obtenir des informations.
Lorsqu'elle avait proposé pour la première fois d'utiliser son alter, Bakugo avait ressenti la brève mais intense envie de la frapper. Pour qui se prenait-elle bordel, à demander une place au premier rang pour observer en détails la pire chose qui lui soit jamais arrivée ? Mais peut-être qu'avoir quelqu'un qui le comprendrait sans qu'il n'ait a sortir les mots de sa bouche avait un certain attrait. Chaque fois qu'il essayait d'en parler, les mots s'enchevêtraient et semblaient ne plus avoir de sens.
"C'est ton choix." reprit Aizawa avec un soupçon de culpabilité. "Réfléchis-y juste."
Réfléchis-y juste.
Assez facile à dire. Y réfléchir faisait mal cependant.
Ce matin-là avait été chaotique.
Le Vampire Tueur fait une troisième victime.
Kobayashi Mari, troisième épouse d'Ito Eiichi, retrouvée morte dans un état momifié.
Eh bien, il allait au moins pouvoir obtenir ce mandat facilement désormais.
"Hizashi." il appela. "Tu peux faire mon cours à ma place ?"
"À ce stade, je considère juste que je fais nos deux boulots à la fois la plupart du temps." Mic ne prit même pas la peine de lever les yeux des devoirs qu'il corrigeait.
"Je sais, désolé."
"Je plaisante, Shota." il se ravisa. "Ça va. Va coincer ce connard."
Il n'avait jamais fait signé quoique ce soit à un juge aussi rapidement. Les papiers de tutelle de Bakugo avaient demandé plus d'efforts. Quelques appels, un arrêt à l'internat pour embêter à contrecœur Bakugo, puis il était devant le dortoir d'Ito avec une escouade, le tout en moins de deux heures.
"Je m'en charge." Il freina le policier qui se dirigeait vers l'entrée. Ito semblait être du genre à reconnaitre le son d'un flic qui toquait à sa porte et il aimerait éviter d'en enfoncer une aujourd'hui. Il frappa comme une personne normale, une chose dont la police semblait universellement oublier la méthode, et inséra à la hâte son pied dans l'ouverture avant qu'Ito ne puisse lui refermer la porte au nez.
Merci Hizashi pour le cadeau des embouts de chaussures en aciers.
Il lui avait fallu plusieurs années pour convaincre Mic de lui acheter des cadeaux qu'il pouvait réellement utiliser, mais ça portait finalement ses fruits. En particulier aujourd'hui, pour ses métatarses* restés intactes.
"Je pense que vous savez pourquoi je suis ici."
"Vous avez un putain de mandat ?"
Aizawa lui mit le papier sous le nez et le jeune homme s'écarta en soupirant.
"Ne cassez rien."
Pendant que la police fouillait l'appartement, Aizawa creusa auprès d'Ito.
"Vous et votre belle-mère vous entendiez bien ?"
"Je ne vous parle pas sans avocat."
"Votre père vous a bien rodé." Aizawa grogna. "C'est juste intéressant que vous ayez tué quelqu'un d'aussi proche de vous quelques jours seulement après ma première visite."
"Ça semble bien tombé." acquiesça Ito. "Presque comme si celui qui avait piraté mon putain de téléphone savait qui j'étais. Quel choc."
"Le Vampire Tueur n'est cependant pas un meurtrier à l'origine." Aizawa fit mine de réfléchir. "Il n'était qu'à deux victimes retrouvées mortes avant Kobayashi. Ça semble être un gros paris pour une simple diversion."
"Pensez ce que vous voulez." il cracha, avant que la curiosité ne l'emporte. "Pas un meurtrier à l'origine, vous dites ? Alors qu'est-ce qu'il est ?"
"Un violeur."
"Oh. Eh bien, c'est sympathique."
"Ouais, le meurtre est plus une méthode d'élimination pratique."
"Eh bien, tuer Kobayashi est pratique pour quelqu'un." songea Ito.
"Ah ?"
"Elle était sur le point de poursuivre mon père en justice."
"Une autre affaire familiale ?"
"Vous vous êtes bien renseigné." Il parut presque impressionné, un bref instant. "Et oui. Elle suit les traces de ma mère."
"C'est le coupable ?" Aizawa demanda avec curiosité.
"Pourquoi je vous le dirais ?"
"Parce que si vous me parlez de ça, vous n'êtes clairement pas très fan de lui."
"C'est vrai." il reconnut. "D'accord, je vais jouer votre jeux. Oui, il bat ses femmes, c'est sûr. Mais il choisit aussi les putains de nanas les plus ennuyeuses. Kobayashi ? Elle se comportait comme si elle était la putain de propriétaire des lieux. À la seconde où ils ont commencé à coucher ensemble, tout ce qui appartenait à mon père lui appartenait soudainement à elle. Même chose avec la garce encore plus tarée d'avant."
Eh bien, il n'avait pas prévu de découvrir une affaire domestique aujourd'hui.
"Et tout ce qui vous appartient, appartient en fait à votre père." conclut Aizawa avec ironie.
"Faites vos conneries et foutez le camp." Ito cracha avec colère, sortant en trombe à l'extérieur.
La police confisqua le téléphone, l'ordinateur portable et plusieurs clés USB d'Ito à la demande d'Aizawa. Il prendrait n'importe quel indice à ce stade. Tout ce qui l'épargnerait de demander à Bakugo.
Le bouclier que prodiguait son groupe d'amis ne pourrait pas éternellement éloigner la gêne ambiante. Il allait bien devoir finir par interagir avec des camarades de classe qui n'avaient jusqu'à la semaine passée qu'une vague idée que quelque chose n'allait pas. Lorsque Sato passa devant lui pour atteindre sa réserve de muffins, Bakugo fit de son mieux pour éviter le contact visuel et le supplia silencieusement de l'ignorer.
"Bon retours parmi nous, Bakugo." Tsu l'accueillit.
"Je suis parti que quelques jours." il essaya de minimiser.
"Quelques jours pendant lesquels nous n'étions pas certains que tu vivrais."
Il ne l'avait bizarrement pas réalisé jusque-là. Les jours qui étaient passé en un éclair pour lui, tous les autres les avaient passé à penser qu'il allait peut-être de mourir.
"Eh bien, j'ai survécu." Il était trop têtu pour lâcher son ton désinvolte.
"Kirishima a pleuré pendant la majeure partie du premier jour."
Ouch, what the fuck, Tsu ?
"Qu'est-ce que tu me veux ?!" il céda.
"Notre classe est de ton côté." elle déclara sans détours. "Tes amis t'aideront si tu les laisses faire."
Elle le laissa finalement tranquille. Il réussit presque à s'échapper avec son café lorsque Ojirou entra en scène.
"Hey, Bakugo. Comment tu vas ?"
"Fantastiquement bien, putain." il grogna alors qu'il courrait presque pour s'échapper de la cuisine.
La salle commune n'était guère mieux. Il n'avait rien demandé, mais Bakugo pouvait sentir Kirishima l'étudier depuis la visite de ce matin.
"T'as quelque chose à me dire, Tête d'orties ?"
"T'es bizarre depuis qu'Aizawa est passé. Je ne vais pas insister dessus, mais tu ne peux pas me reprocher de m'inquiéter."
"C'est un défi ?" il grommela dans son café.
"Juste… promets-moi que tu ne feras rien de stupide."
"Kirishima a pleuré pendant la majeure partie du premier jour."
La dernière fois que Kirishima l'avait laissé seul alors qu'il était bouleversé, il avait failli mourir.
Merde.
"Aizawa veut que je laisse Six utiliser son alter sur moi." il grogna, les dents serrées. De manière évidente, ce n'était pas ce à quoi Kirishima s'attendait, à en juger par ses sourcils qui étaient sur le point de disparaître derrière la racine de ses cheveux.
"Pourquoi ?"
"Pour l'enquête."
"Il ne peux pas juste, genre… te demander ce qu'il a besoin de savoir ?"
"Je peux pas." il avoua.
"Tu ne peux pas... ?"
"Je peux pas en parler !" il cria la confession par frustration. "Je peux pas, alors Aizawa pense que laisser Six fouiller dans ma tête et en parler pour moi est la solution."
"Et tu ne veux pas qu'elle le fasse." déduit Kirishima.
"Y a rien de beaucoup plus personnel que l'intérieur de ma putain de tête."
"Mais elle est ta thérapeute." il rappela. "C'est un peu son travail de te connaître."
"Facile à dire pour toi." il marmonna sur la défensive.
"Bakugo… elle ne va pas te juger pour ce qu'elle va y voir."
"C'est putain de facile à dire pour toi."
"D'accord." Kirishima soupira pour lui-même. "Tu as raison, je ne peux pas comprendre à quel point c'est difficile pour toi, parce que je ne suis pas toi. Je pense juste que ça pourrait aider si tu pouvais parler à quelqu'un qui sait vraiment tout ce que tu as subi."
"Peut-être." il grommela, contrarié. Il était sur le point d'argumenter davantage lorsque Mina, Momo et Ochako entrèrent dans la pièce.
"Salut les gars !" Mina s'exclama avec enthousiasme.
"Je suis ravie de voir que tu vas bien." salua poliment Momo.
Momo comprendrait.
"Je vois que vous êtes toujours aussi mimi tous les deux." Mina les taquina en se penchant vers Ochako, qui gloussa avec elle.
"Oh, Momo, t'as raté ça !" Mina s'écria, avant de diriger son attention sur son portable. "Kirishima et Bakugo étaient douloureusement adorables ce matin. Je veux dire, regarde les !" Elle retourna son téléphone pour montrer une photo d'eux enlacés sur le canapé. "Vous êtes si mignons !"
"Regarde comme t'étais mignon."
En un instant, l'air quitta ses poumons.
"Supprime ça."
"Hm ?"
"Supprime ça, putain !" il grogna.
"O-okay, je vais le faire." Elle tint le téléphone en biais pour qu'il puisse la regarder s'exécuter. "Voilà, ça n'existe plus."
Elle maintient sa main comme capitulation et un silence tendu s'abattit sur la pièce.
"Bakugo… tu vas bien ?" elle demanda finalement.
"Super." Il la poussa pour passer, et se mit presque à courir alors qu'il sortait sur le balcon. Il claqua la porte coulissante derrière lui.
"Qu'est-ce que vous faites ?" Sa propre voix semble aussi vide qu'il a l'impression de l'être.
"J'ai une photo de toi d'avant, maintenant il m'en faut une d'après."
Il fixe d'un air absent l'image de lui-même, prise à peine une heure plus tôt.
"Regarde comme t'étais mignon." L'homme tapote sur son téléphone pour afficher une nouvelle photo. "Et désormais tu es ruiné."
Il vomit par-dessus la balustrade. Après quelques instants passés à prendre de grandes inspirations, la porte s'ouvrit derrière lui et il sursauta.
Ne me regarde pas.
"Bakugo ?" Kirishima demanda prudemment. "Qu'est-ce qui ne va pas ?"
Il secoua la tête de gauche à droite, incapable d'exprimer les émotions brutes qui tourbillonnaient au sein de sa poitrine.
"C'était un flashback ?" il devina. Bakugo ne put qu'acquiescer silencieusement.
"Tu veux que je te laisse tranquille ?"
Il n'en était pas tout à fait sûr. La brise fraîche aidait un peu, peut-être que la présence de Kirishima l'aiderait aussi à l'éloigner de cette partie du passé dans laquelle il était coincé.
" 'Peux pas faire de photos." il réussit à articuler.
"D'accord." accepta Kirishima. "Mina l'a supprimé, c'est plus là. Il y aura plus de photos."
Il hocha la tête, réussissant enfin à maîtriser sa respiration.
"Je voulais pas lui crier dessus."
"Elle n'est pas fâchée." il lui assura. "Juste inquiète."
"Même, c'était un comportement de connard."
"Un peu." il admit. "Mais je suis sûr qu'elle comprendra."
"Vraiment ? Parce que moi nan, putain."
"Qu'est-ce que t- "
"Je veux être seul." Il déclara l'envie aussi soudainement qu'il la ressentit.
"D'accord."
Kirishima fit ce qu'il lui demanda. Comme toujours.
Il ne s'était pas souvenu de ce moment particulier de sa nuit en enfer jusqu'à maintenant. C'était difficile de prédire ce qui pouvait le bouleverser alors que certaines parties de son passé étaient un mystère même pour lui. Au moins lorsqu'il était indistinctement méchant avec tout le monde, ses réactions aux flashbacks se mélangeaient avec son comportement colérique. Personne ne pouvait dire s'il réagissait de manière excessive au présent ou s'il réagissait tardivement à quelque chose qui s'était passé il y a des années, parce que tout ressemblait à des crises de rage irrationnelles et injustifiées. Désormais il laissait les gens aller derrière ce bouclier de méchanceté, seulement pour qu'ils se retrouvent sur un champ de mines. Il voulait les avertir, leur expliquer où se situaient les zones de pressions et pourquoi, mais il manquait de vocabulaire.
Peut-être qu'il était temps de considérer l'offre de Six.
"Bakugo." appela timidement Mina à travers la porte fissurée. "Je suis vraiment désolée."
Elle avait l'air au bord des larmes. Il força sa prise sur la balustrade à se desserrer alors qu'il luttait pour déverrouiller sa mâchoire serrée. Il ne pouvait pas lever les yeux, mais il pouvait forcer les mots à sortir. Il le lui devait.
"Le sois pas. Désolé de t'avoir crié dessus."
"Je le referai plus." elle renifla.
"Je sais."
La porte s'ouvrit juste assez pour qu'elle puisse y glisser quelque chose avant de se retirer.
Un bol de riz aux œufs avec de l'avocat.
•* Métatarses : os du pieds (ceux en éventail qui relient les orteils au reste).
NP : La note d'auteur qui suit s'adresse aux commentaires anglophones laissés sous la VO, mais comme elle est drôle je vous la traduis quand même krkrk.
NAO : Vous êtes si merveilleux, car vous laissez tous ces commentaires concernant la manière dont vous vous retrouvez dans le contenu ou concernant la connexion que vous avez avec les personnages, puis il y en aura un au milieu qui sera juste, genre : "Kirishima est un bottom".
