Traduction : Tressym383
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Résumé : Kirishima est doué pour communiquer. Bakugo ne l'est vraiment pas. Ils font tout de même en sorte que ça fonctionne.
NP : Je suis tombé sur le TikTok d'une traductrice professionnelle qui parlait des différentes manières de traduire et des libertés prisent par chacun. Ça m'a fait réfléchir sur ma propre façon de faire, c'était super cool. J'avoue que parfois j'ai l'impression de gérer à fond le truc et je suis plutôt fière, mais d'autres fois j'ai aussi l'impression que google traduction donnerait une qualité similaire. Ça dépend des jours. Enfin, tout ça pour vous rappeler que vous pouvez vous sentir libre d'émettre des critiques constructives et donner des conseils à tout moment.
NAO : Ça va sûrement dériver sur du smut, mais genre, le smut le plus doux de tous les temps. Ce chapitre aurait vraiment dû être divisé en deux, mais ça aurait fait bizarre de le couper au milieu, donc il est assez long.
Sa jambe rebondissait telle un téléphone sur vibreur, l'anxiété le gagnant au fur et à mesure que l'aiguille de l'horloge s'avançait.
"Ça va ?" Kirishima posa la main sur son genou. Bakugo haussa les épaules.
Au moins, il a l'habitude de mon incompétence à savoir parler.
"Tu penses que ça va se passer comment ?"
Une façon détournée de demander : « qu'est-ce qui te fait peur dans le fait de voir tes parents ? »
Il haussa à nouveau les épaules. Il ne savait pas comment exprimer ce sentiment. Il se sentait… exposé, peut-être ? Ses parents et lui s'entendaient mieux, mais toutes ces années à jouer les durs devant sa mère allaient rendre cette conversation abominable. L'ancienne Mitsuki, celle qui pensait que les thérapeutes n'étaient que des escrocs condescendants et qui refusait d'admettre qu'elle avait déjà fait quoi que ce soit de mal dans sa vie, le traiterait de dramatique. Elle aurait assimilé sa tentative de suicide à une crise de colère. À quel point une personne pouvait-elle vraiment changer en un mois ? Kirishima le laissa tranquille quelques minutes avant d'essayer à nouveau.
"Tu penses que ta mère va péter un plomb ?"
"C'est ce qu'elle fait en général." il répondit avec une fausse indifférence qui ressemblait plus à de la résignation.
"T'as rien fait de mal." Kirishima insista. "Elle a pas le droit de t'en vouloir."
"Si elle est pas énervée, alors elle sera juste triste, ce qui est pas beaucoup mieux."
"Si, ça l'est." il soutient. "C'est bien mieux. Elle est censée être triste, c'est normal. Moi je le suis. Ce qui s'est passé craint. C'est normal si elle est bouleversée, mais je ne pense pas être capable de garder ma bouche fermée si elle essaie de te le reprocher."
Ouais, moi non plus.
"Ça va être tellement gênant." il se plaignit, ne voulant pas disséquer davantage la situation. Kirishima lui offrit sa main pour qu'il puisse la serrer comme si sa vie en dépendait. Il l'accepta volontiers. Il était encore mal à l'aise à l'idée que des gens les voient ensemble, mais lui tenir la main allait. C'était presque comme faire un câlin, mais en plus violent. Ça lui ressemblait plus, du moins en public.
Enfin, c'était le cas jusqu'à ce que sa mère arrive. L'instinct qui lui dictait de cacher la moindre once d'émotion prit le dessus instantanément, le faisant lâcher Kirishima.
"Hey, gamin."
Elle essayait d'avoir l'air désinvolte et en contrôle de la situation, agissant comme si elle n'était pas aussi mal à l'aise que lui. Son père se tenait en retrait, les regardant anxieusement.
"Salut m'man."
Maman, pas La sorcière. Il ne serait pas celui qui allait commencer. Pas lorsqu'il était si clairement désavantagé, en tout cas.
"T'es prêt à tabasser un journaliste ?" elle demanda. Les railleries mutuels étaient le chemin le plus sûr pour eux.
"Si une personne de plus publie des conneries sur mes putains de sentiments, je vais me battre." il lança en retour.
C'est le plus proche de la normale qu'on puisse avoir.
"Je paierai ta caution." elle proposa.
"Est-ce que les mineurs ont même une caution ?"
"On pourrait penser que je le saurais depuis le temps, étant ta mère."
"Très drôle." il grommela sarcastiquement.
"Tu es Kirishima ?" Elle s'installa sur une chaise face à eux.
"Oui." La réponse restait polie, mais il manquait sa gentillesse habituelle.
"Tu ne sembles pas être très fan de moi." Mitsuki avait un sixième sens pour détecter le pire chez les autres.
"En effet."
Oh merde.
Kirishima était adorable quatre-vingt-dix pourcents du temps, mais il n'était pas du genre à se laisser faire.
"Je ne m'apprécierais probablement pas non plus avec ce que Katsuki a pu te dire sur moi." elle pondéra.
"Katsuki vous défend." il contredit. "C'est moi qui refuse de vous pardonner."
Elle haussa les sourcils, le regardant avec une expression indéchiffrable de contemplation.
"Bordel." Elle se retourna vers son fils. "Je crois que t'as finalement réussi à te faire un véritable ami."
Il pourrait la corriger. C'était le vingt-et-unième siècle, être gay (était-il même gay ?) n'avait rien de honteux.
Elle pense que je suis déjà assez irrattrapable.
Il pouvait sentir la tension qui émanait de Kirishima, mais il s'excuserait plus tard. Il n'y avait pas une seule chose parmi tout ce putain de multivers qu'il voulait moins faire que de débattre de l'impact d'un traumatisme sexuel avec ses putains de parents.
"Il traine avec moi depuis le début de la putain d'année." il grommela.
Tu ne me connais pas.
Sauf que désormais en savaient trop sur lui et il ne savait pas comment le gérer.
"Eh bien, j'aurais pas pu le savoir. T'as jamais ramené personne à la maison."
"Probablement parce que vous vous seriez moqué de lui." Oh bordel, Kirishima.
L'anxiété le saisit. Il ne savait pas s'il était impressionné, reconnaissant ou putain d'horrifié. L'expression illisible était de retour sur le visage de sa mère et il la détestait. Au moins avec la colère brute, il savait quoi faire.
"Garde bien celui-là à tes côtés, Katsuki." elle déclara, à sa surprise.
"C'est le projet." Il desserra sa mâchoire de soulagement.
Arrête de me regarder comme ça.
"Mitsuki." Masaru prononça finalement quelque chose. "Tu n'as pas quelque chose à lui demander ?"
Le masque neutre se brisa, Dieu merci, mais fut remplacé par quelque chose qu'il ne reconnaissait pas. Ce n'était pas tout à fait de la peur, mais pas de la tristesse non plus. C'était entre les deux.
"Masaru m'a dit pourquoi tu as fait ça." Sa voix vacilla de manière inhabituelle. "Donc te demander si tu vas bien est probablement une question stupide."
Elle hésita nerveusement avant de continuer, semblant au bord des larmes.
"Que veux-tu que je fasse ?" Tout se déversa rapidement à partir de là. "Tu veux que je revienne en thérapie ? Je peux faire quelque chose en particulier ? Ou tu veux juste que je te laisse tranquille ?"
De toute sa vie, il ne se souvenait pas que Mitsuki lui ait un jour demandé ce qu'il voulait, alors il n'avait aucune idée de comment répondre. Il n'avait jamais envisagé le fait d'avoir le choix.
"J- je sais pas." il balbutia. Il regarda Kirishima. Peut-être qu'il pourrait utiliser son pouvoir magique pour savoir ce qu'il ressentait même lorsque Bakugo lui-même ne le savait pas.
"Aller en thérapie ensemble avait l'air d'aider pendant un certain temps." Kirishima trancha pour lui. "Mais parfois tu en revenais aussi en ayant l'air de vouloir dormir pendant toute une année. Donc je ne sais pas si tu peux le supporter pour le moment."
Il était si confus. Pouvait-il la supporter, à l'heure actuelle ? Le voulait-il ?
"Tu peux prendre un peu de temps pour y réfléchir." Masaru ajouta. "Tout comme ce que tu voudrais que je fasse aussi. Peut-être que tu pourrais en parler avec Six."
Il hocha la tête, les coudes sur les genoux alors qu'il fixait ses chaussures.
"Est-ce que tu as peur de moi ?" demanda soudainement Mitsuki.
Il haussa à nouveau les épaules, parce que c'était tout ce qu'il savait faire.
"Tu penses toujours que je vais te faire du mal ?"
"Pas intentionnellement." il répondit tout bas. Il releva les yeux lorsqu'il ne put plus supporter le silence, pour la trouver en train d'essuyer le dessous de ses yeux avec son pouce, essayant de préserver son mascara malgré les larmes.
"Je ne savais pas." elle murmura. "Je te le jure, je n'avais aucune idée de la gravité de ce que je faisais."
Elle ne précisa pas quoi exactement.
"Tu avais dit qu'il n'était plus là. Si j'étais la seule personne dont tu devrais être protégé, je devrais garder mes distances, n'est-ce pas ?" elle raisonna. "Mais il t'a retrouvé et je- Je suis désolée de ne pas être le genre de parent vers qui tu peux aller quand tu ne te sens pas en sécurité."
"C'est pas comme si ça avait déjà été le cas." Il pouvait sentir son emprise sur le présent glisser. Les yeux de sa mère s'écarquillèrent face à la confession.
"Tu- " Elle se mordit nerveusement la lèvre avant de clarifier. "Tu veux dire que tu ne te sens jamais en sécurité."
Merde merde merde, pourquoi j'ai dit ça ?
Hausser les épaules semblait fonctionner pour qu'on le dispense de parler, alors il le fit à nouveau.
"Y a-t-il quelque chose qui aide un peu ?" demanda Masaru.
Kirishima qui l'enlace tendrement, une main dans ses cheveux.
Aizawa assis sur le sol de sa chambre, énumérant toutes les raisons pour lesquelles il devrait choisir de vivre.
S'endormir sur le canapé, sans porte fermée à double tours, entouré de personnes qui tiennent à lui.
Il n'arrivait pas à se forcer à parler, ni même à lever les yeux. Alors il pointa Kirishima du doigt, les yeux étroitement fermés.
"Je suis contente que tu puisses compter sur lui." Mitsuki déclara doucement.
Il se sentait nu, comme s'il venait de s'ouvrir la poitrine et de jeter ses entrailles sur la table pour que tout le monde puisse les analyser.
Je ne me sens pas en sécurité, mais des personnes qui m'aiment m'aident.
C'était trop brut. Il voulait le reprendre.
"Merci de prendre soin de lui." Masaru s'adressa à Kirishima.
"C'est mon meilleur ami." répondit simplement Kirishima, comme si ce simple fait justifiait tout ce que Bakugo lui avait fait subir ces dernières semaines.
"Je suis juste là." il grogna.
"Et on apprécie que tu nous honores de ta présence." Kirishima rayonna, ne le taquinant que légèrement. La même phrase aurait eu l'air hargneuse venant de sa mère. Un reproche sur le fait qu'il l'évite, totalement sarcastique et acerbe. Kirishima, lui, le pensait réellement.
Finissons en.
"Vous vouliez savoir autre chose ?" il demanda brusquement.
"Non." Mitsuki se résigna. "Non, on a fini de t'interroger."
"Si tu as besoin de quoi que ce soit, s'il te plaît appelle nous." Masaru ajouta. "Est-ce que je peux t'enlacer pour te dire au revoir ?"
Il ne voulait pas faire de la peine à son père. Il faillit répondre oui.
"Pas pour le moment."
"D'accord." Masaru tendit la main pour lui serrer la sienne à la place. "Je t'aime. On se revoit bientôt."
Ne vous précipitez pas.
Le sentiment d'être exposé lui donnait envie de s'isoler de tout le monde. Enfin, presque tout le monde.
Cette fois se déroulait bien mieux que la précédente. Il devait juste faire attention à ne pas se laisser trop emporter.
Fait juste en sorte que Kirishima se sente bien.
C'est lorsqu'il faisait face aux désirs et aux émotions présents au-delà de la stimulation de son égo qu'il rencontrait des problèmes.
Tout le bassin de Kirishima sursauta lorsque ses légers cercles du bout des doigts devinrent des caresses plus appuyées. Depuis la première nuit, il avait commencé à s'entraîner sur lui-même, avec l'aide d'internet pour le guider. En comparaison, faire en sorte que Kirishima se sente bien était bien plus facile.
Il ne voulait pas trop y penser.
Je pourrais faire mieux.
"Reste comme ça." Il posa une main sur sa poitrine avant de se diriger plus bas.
Le secret d'une bonne branlette : utilisez votre bouche.
Il pouvait le faire. Tant que Kirishima ne le maintenait, ce qu'il ne ferait pas, il serait capable de respirer lorsqu'il en aurait besoin. Ça allait aller.
"T'es sûr ?" Kirishima se redressa sur ses coudes, réalisant ses intentions*.
Il le repoussa sur le matelas pour toute réponse.
Ça va, je peux le faire.
Il avait eu des choses bien pires dans la bouche, pour sûr. Il n'y avait aucun pénis dans le monde qui serait comparable à un enfoiré qui essayait d'envahir son corps en essayant de lui enfoncer toute sa personne dans la gorge. À côté, une fellation n'était rien.
"Bakugo." Kirishima avait dû remarquer son hésitation. "Si tu veux essayer, y a pas de soucis, mais si tu n'es pas vraiment prêt pour, je ne veux pas que tu le fasses. Ce qu'on a déjà fait me va très bien."
"Je vais bien." il répondit, presque certain.
C'était bien moins supportable qu'il ne s'en était convaincu, mais la façon dont le corps de Kirishima réagissait était enivrante.
Tu vas bien.
Kirishima laissa échapper une série de jurons gratifiants et sa confiance redoubla.
Je peux le faire.
Puis il devient trop ambitieux et s'étouffa.
Ses poumons brûlent et sa gorge lui fait mal. Il est en train de se noyer.
"Ça ne fera mal que pendant quarante-cinq secondes environ."
Quinze minutes plus tard, il se débat toujours. Mais il ne peut plus tenir longtemps.
Ils vont tous le voir mourir.
Son souffle se coupa et s'accéléra trop rapidement pour le calmer.
"Désolé, j'ai jamais fait ça avant." Il fit comme si la pause était due à un reflexe nauséeux ordinaire venant du manque d'expérience. "Enfin, en quelque sorte. Tu vois ce que je veux dire."
"Tu sais qu'il vaut mieux pas me mordre, n'est-ce pas ?"
"Katsuki." Kirishima lui prit la main. "Si tu fais ça juste pour moi, tu devrais savoir qu'être stressé et inquiet pour toi sera moins fun que de faire ce avec quoi tu es à l'aise, peu importe ce que c'est."
Merde.
D'accord, mission annulée.
Il pouvait encore s'en remettre.
"Okay." Il remonta sur Kirishima, utilisant son considérable athlétisme pour s'abaisser en douceur, le touchant juste légèrement.
"Punaise, t'es sexy." Kirishima sourit.
Succès.
Le fait que Kirishima soit excité parce qu'il était fort pourrait bien être sa chose préférée dans ce misérable monde. Kirishima fut à nouveau dans un état lamentable presque immédiatement. Il s'était attendu à perdre quelques progrès, mais il semblait que ce n'était pas le cas, donc il avait dû apprécier son expérience, ne serait-ce qu'un peu. Enfin non, il l'avait définitivement adoré. Il était juste aussi un putain d'ange.
Concentre-toi sur ce que tu fais, abruti.
Si ça s'avérait être l'unique chose qu'il pourrait faire sans paniquer, il allait au moins être putain d'excellent là-dedans. Apparemment, il l'était, à en juger par la respiration saccadée et les poings serrés sur le drap.
"Punaise, Katsuki." Kirishima haleta alors que tout son corps se contractait, et l'insécurité précédente de Bakugo face à la tentative avortée d'aller plus loin disparut.
Pourquoi est-ce que je ne peux pas jouir aussi facilement ? Est-ce que je suis cassé ?
"Hey." Kirishima lui sourit. "Tu veux bien rester un peu sur terre avec moi ?"
Il s'installa en posant sa tête sur son épaule. C'était sa position par défaut, puisqu'il ne supportait pas d'avoir quelqu'un derrière lui. Kirishima l'enlaça comme un putain de koala, plantant un baiser sur sa joue.
"On devrait parler de ce qui est possible de faire pour le moment et ce qui ne l'est pas."
"T'as joui peine trente secondes, comment tu peux déjà me demander où en sont mes putains de sentiments ?"
"Tu m'aurais distrait avec tes pouvoirs de séduction si j'avais essayé de le faire avant."
"Eh bien, ça fonctionne toujours." il marmonna.
"Tu dois m'en parler avant d'essayer quelque chose comme ça." reprit sérieusement Kirishima. "Je ne peux pas savoir si tu vas vraiment bien si tu te renfermes sur toi."
"Et si je décidais si je vais bien." il argumenta.
"Tu te forces à toujours faire plus." Kirishima ne jouait pas son jeux aujourd'hui. "Ça te rend très doué à l'école et aux combats, mais tu ne sais pas quand t'accorder une pause. Ça s'était déjà assez mal passé quand je t'avais plaqué au sol. Si jamais je déclenche un flashback comme celui-là pendant qu'on est si intime, je ne sais pas si je pourrais continuer à vivre avec moi-même."
Il n'avait aucun bon argument pour le contredire.
"Si on en avait parlé en premier, tu m'aurais empêché de le faire ?" il demanda avec curiosité.
"Ça dépend comment la conversation se serait déroulée." Il haussa les épaules. "Mais je ne pense pas que tu allais aussi bien que tu le prétendais et j'ai vraiment besoin que tu ne te forces pas à faire des choses comme ça quand c'est le cas."
"C'était juste pendant une seconde." il avoua avec culpabilité. "Je voulais pas t'effrayer, mais j'ai arrêté."
Arrêté parce que je ne pouvais littéralement plus respirer.
"Tu réalises que tu es un peu autodestructeur avec ça, n'est-ce pas ?" Kirishima demanda, une véritable craintes dans les mots. "Comme si tu essayais de te punir de ne pas être encore assez bien."
Eh bien, évidemment que ça avait l'air mal si on le formulait comme ça.
Il n'y avait pas pensé de cette façon. Pas avant que ce ne soit dit à haute voix.
Il a raison.
Il utilisait Kirishima comme excuse pour se punir de ses échecs. Comme si cette insuffisance était une faiblesse qu'il devait étouffer par tous les moyens possibles. Il ne devrait pas avoir besoin de punition, la relation qu'il voulait avec Kirishima, qui avait fait tellement pour lui, devrait être une motivation plus que suffisante. Il ne savait cependant pas se servir de la carotte, il n'avait toujours connu que le bâton. Kirishima posa une main sur son visage, son pouce frottant doucement sa joue.
"Tu as fait ça parce que j'ai tenu tête à tes parents ?" Kirishima ne le laissa pas éviter le contact visuel. Il se sentait comme un enfant surpris en train de voler et voulait juste disparaître. Il ferma fortement les yeux avant de répondre dans un murmure honteux.
"Oui."
J'ai essayé de payer une dette en suçant une bite comme une putain de prostitué.
"Ouais, c'est pas sain." Kirishima soupira avant de planter un baiser sur son front. "J'apprécie que tu veuilles me faire des choses sympas. Mais utiliser le sexe pour dire merci ne fera que renforcer l'idée que ce qui arrive à ton corps concerne seulement ce que les autres ressentent."
Arrête d'avoir raison, putain.
"Je sais pas quoi faire d'autre." il avoua. "Je sais pas ce que je veux."
"Il y a pas de soucis." Kirishima assura. "Mais on ne pourra pas le découvrir si tu te forces juste à faire ce que tu penses que je veux."
C'était si doucement dit, ça ne semblait pas être une accusation. Donc au lieu d'être énervé, Bakugo se sentit juste embarrassé. Son bouclier de méchanceté avait disparu et Kirishima parlait à sa putain d'âme actuellement.
"Est-ce que tu penses qu'on peut essayer à nouveau, mais pour toi ?"
Il lui fallut une seconde pour comprendre ce que signifiait la question.
"Tu veux dire que toi tu me le fasse ?" Oh non, ça avait eu l'air timide.
"Si ça te va." il réitéra. "C'est pas grave si tu ne te sens pas prêt. Je suis juste… un peu inquiet que tu continues à te forcer de faire toujours plus parce que tu veux me donner ce que tu penses qu'une relation normale est censée être sans te soucier de ce que tu en retires. Tu veux être le meilleur, mais tu ne te soucis pas vraiment de toi-même."
Kirishima qui étalait à quel point il était un cas perdu ne devrait pas être sexy, mais-
"Je veux dire, t'es prêt à subir de gros déclencheurs quand ça me concerne, mais pour toi c'est co-"
La phrase de Kirishima fut interrompue par les lèvres de Bakugo sur les siennes.
Enfin, le silence.
Sa diversion habituelle ne fonctionnerait désormais plus cependant. Kirishima avait déjà jouis, alors pourquoi faisait-il cela ?
Est-ce que je veux essayer ?
Il passa une main dans les cheveux roux, glissant l'autre dans son dos.
Qu'est-ce que je veux, bordel ?
Kirishima l'imita pour lui caresser les cheveux de la manière qui le faisait s'endormir. Le message était évident.
Tout va bien, tu peux lâcher prise.
Il lui embrassa la joue, la mâchoire, puis le long de son cou avant de finalement planter un dernier baiser au-dessus de sa clavicule. Ça le faisait se sentir vulnérable d'une manière qui le terrifiait, mais jusque là ce n'était pas assez effrayant pour que ce soit désagréable. Ils changèrent de position pour que Kirishima soit à nouveau penché au dessus de lui lorsqu'il commença à le caresser de l'épaule au biceps. Un autre geste qu'il faisait régulièrement pour le calmer.
Arrête d'être si gentil avec moi.
Une main dans ses cheveux et l'autre sur son bras. Ses lèvres suivirent la ligne de sa mâchoire jusqu'à son oreille. Tout était si doux, il n'était pas sûr de pouvoir le supporter. Un gémissement pathétique lui échappa et il plaqua aussitôt une main sur sa bouche.
"Tout va bien." Kirishima la lui retira et lui embrassa la paume. "Le seul voisin de ta chambre, c'est moi. Personne ne va entendre."
Ce n'est pas ce qui m'inquiète.
La main sur son bras s'aventura plus bas en gardant le même mouvement lent. Elle glissa le long de ses côtes jusqu'au haut de sa hanche, avant de faire le chemin inverse. Il sentit son corps réagir au toucher et ressentit l'envie de pleurer, mais il ne voulait définitivement pas arrêter.
"Ça va ?"
"Ouais."
« Aller » n'était pas le mot qu'il choisirait, mais c'était quelque chose dans le domaine du pas mal.
"Je peux continuer ?"
"Vas-y."
Il réussit à paraître sûr de lui cette fois-ci.
Kirishima embrassa son front, puis sa joue, avant de redescendre vers sa clavicule. Il déposa des baisers tout le long de sa poitrine, atteignant son ventre avant de remonter. Puis il prit un risque et glissa une main sur le devant de sa hanche, plongeant vers la ceinture.
"Ça va toujours ?"
Pas tout à fait, mais ça s'en rapprochait. Il y avait quelque chose d'écrasant qui le faisait se sentir vivant.
Il acquiesça.
Il ne savait pas qu'il était possible de déboutonner un pantalon avec douceur, mais c'est ce que fit Kirishima avant d'y glisser une main. Au moment où il le toucha finalement, il découvrit une nouvelle sensation, celle d'être désespérément excité.
La réaction électrique ne lui était pas familière dans cette forme brute et impatiente. Il avait déjà ressenti quelques sensations agréables auparavant, ou du moins c'était ce que son corps semblait penser, mais elles étaient si brutes et mêlées de peur qu'il pouvait à peine les distinguer de la douleur. Ce que Kirishima lui faisait actuellement était juste agréable. Un bourdonnement d'anxiété sous-jacente subsistait, mais il était maîtrisé par le désir.
"Je t'aime." Kirishima murmura près de son oreille.
Les respirations lourdes de Bakugo étaient saccadées, quelques faibles gémissements s'y échappaient même. Un halètement bruyant lui échappa et le touché devint plus audacieux en réaction. Il se sentait ridicule, mais il ne pouvait plus rester immobile. Kirishima sembla remarquer son succès.
"Est-ce que ça va si je descends, ou il vaut mieux que je reste là ?"
"Je pense…"
"Je vais m'assurer que t'es prêt- "
Non. Il n'allait pas laisser cet enfoiré lui gâcher ce moment.
"J'ai besoin de voir ton visage." il décida. Les douces caresses dans ses cheveux et les yeux rouges perdus dans les siens avec une pure admiration l'aidaient à rester dans le présent. La vision constante qui lui rappelait que c'était Kirishima l'empêchait de glisser dans un mélange déroutant d'anciennes sensations et de nouvelles. Les anciennes le forçaient et retenaient, prenant ce qu'elles voulaient sans ce soucier de lui. Elles le maintenaient et l'enserraient jusqu'à ce que ça fasse mal. Les nouvelles étaient prudentes, réagissant aux légers bruits qu'il émettait et aux secousses involontaires qui lui cambraient le dos.
"T'es vraiment sublime, Katsuki." Kirishima lui souffla. Son cœur s'emballa. "T'es si intelligent, fort et sexy. Je veux te rendre heureux."
Mon Dieu, oui, apprécie moi.
Un autre gémissement, plus prononcé, lui échappa, mais il était tellement absorbé par le fait d'être adoré qu'il ne s'en sentit que vaguement embarrassé.
"Je t'aime tellement."
L'anxiété qui obscurcissait le plaisir s'estompa, laissant les sensations de son bassin s'enregistrer pleinement. Il se mordit le dos de la main pour rester silencieux.
"Tout va bien, tu peux faire du bruit." Kirishima retira doucement sa main. "J'aime t'entendre."
Il aime ça.
C'est pas grave si je le fais à nouveau, il aime ça.
"T'es magnifique." Un instant de clarté lui signifia que Kirishima avait définitivement compris l'effet que les éloges avaient sur lui. "Tu te débrouilles si bien, Katsuki. T'es si courageux."
Il était juste assez conscient pour être embarrassé par le soudain gémissement qu'il fit entre deux respirations haletantes alors qu'il lâchait complètement prise.
"Je veux que tu te sentes bien. Laisse-moi prendre soin de toi." Le doux sourire de Kirishima rayonnait d'adoration et Bakugo oublia d'avoir honte de lui-même. "Je t'aime tellement."
Il haleta contre l'épaule de Kirishima lorsque le soulagement le frappa.
Oh BORDEL.
Douce mère du Christ, mon Dieu, putain-
Son cerveau était statique.
"Ça va ?"
Il était presque certain qu'il avait fondu sur place. La seule autre fois où il avait été aussi détendu était lorsqu'il avait pris du Xanax.
"Hm-hm."
"T'es sûr ?"
"Je pense pas- " il haleta. " -Pense pas que je me lèverai avant un moment."
"D'accord." Kirishima gloussa. "J'étais un peu inquiet pendant une seconde."
"Ah ?"
"Tu pleures un peu. Mais tu souris aussi ? Alors j'étais pas sûr."
Il se tamponna la joue.
Oh. En effet, il pleurait. Mais il était quasiment sûr que ce n'était pas dans un sens négatif.
"Alors ce sont des larmes de joie ?" Kirishima demanda, l'inquiétude évidente.
"Je pense." Bakugo rit, à bout de souffle. "Je- Juste- Reste."
Il attira Kirishima contre lui. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais il en avait besoin. Il avait besoin que l'amour que Kirishima venait de lui déclarer soit réel et s'il disparaissait maintenant, il se désintégrerait. Kirishima se remit aussitôt à lui papouiller les cheveux, comme si c'était encore au tour de Bakugo après tout ça.
"À quoi tu penses ?" il murmura dans ses cheveux.
Il ne pensait pas vraiment à quoi que ce soit. Des émotions inconnues tourbillonnaient dans sa tête, brouillant toutes les pensées cohérentes qu'il pourrait avoir. Il finit cependant par réussir à tirer une phrase du chaos.
"J'arrive pas à croire que mon fétiche soit l'amour et l'affection."
Kirishima rit, le son vibrant dans sa poitrine contre l'oreille de Bakugo.
"Moi si."
"Qu'est ce que c'est censé vouloir dire ?" il grommela.
"Je dis juste que c'est pas super surprenant que t'aimes entendre à quel point t'es génial, Monsieur le Numéro Un."
Il s'écarta.
Si tout ça n'était qu'un jeu, s'il se foutait de moi...
"Attends, attends, s'est mal sorti." reprit Kirishima avant qu'il ne puisse aller loin. "Je suis désolé, je devrais pas te taquiner actuellement. T'es pas dans un bon état mental pour."
"Tu jures que tu te moques pas de moi ?" il demanda suspicieusement. "Tu pensais réellement tout ce que tu as dis ?"
"Absolument." il promit. "Je pense que t'es intelligent, courageux et incroyablement sexy, et je t'aime plus que tout au monde."
Bakugo le suspecta environ quatre secondes de plus avant de reprendre sa place initiale et de l'enlacer fortement.
"Honnêtement, la raison pour laquelle je pense que les louanges fonctionnent bien pour toi c'est… Eh bien, certaines personnes ont vraiment saccagé ton estime de toi." Kirishima expliqua. "Pas seulement ceux qui t'ont attaqué et blessé, mais genre, ta mère aussi. Et tous ces gens qui t'ont envoyé des messages. Tu devais rester fort face à tellement de choses horribles en plus du fait qu'il y avait toujours quelqu'un qui essayait de te rabaisser. Je pense que le fait de montrer à quel point je t'aime t'aide à baisser ta garde pour que tu puisse réellement te détendre."
Bakugo hocha la tête contre son épaule. Ça faisait sens.
Dieu sait qu'il a raison à propos de son estime de soi merdique.
"J'aime te dire à quel point je pense que t'es génial, donc c'est pas comme si tu devais mendier pour ça." Kirishima s'illumina. "T'as qu'un mot à dire et je peux faire une liste quand tu veux."
Il n'aimait pas l'idée d'être si fragile et nécessiteux, mais il ne pouvait pas nier le fait que ça fonctionnait. Pour ce sujet en particulier, il avait besoin d'être rassuré.
"C'est… vraiment difficile pour moi de jouir et de pas me sentir mal. Enfin, c'est un peu difficile pour moi de jouir tout court, en fait. Mais quand je le fais, je me sens très mal après." il avoua, les joues en feu. "Ce que t'as dis m'aide à me sentir bien dans ma peau après-coup."
Il traça des cercles sur la poitrine de Kirishima pendant qu'il réfléchissait. Ce qu'ils venaient de faire ne serait considéré que comme un second pied à l'étrier pour la plupart des gens, mais c'était tellement plus intense que ça pour lui. Il s'était douté qu'il pouvait supporter une branlette, il avait prévu bien plus que ça avec la fille de la soirée, mais là, il s'était laissé ressentir les choses. Au lieu de disparaître au fond de son esprit comme il l'avait fait pour survivre au contact d'Himiko, il était resté dans son corps et avait vraiment apprécié le moment.
Aussi agréables que soient les sensations à la fin, c'était toujours difficile de laisser quelqu'un le voir comme ça.
"Rien que d'y penser me fait me sentir sale la plupart du temps. Et j'ai toujours l'impression que je vais faire quelque chose de mal. Si je m'assure pas que je la contrôle, alors je deviens nerveux à l'idée de respirer trop fort." Il y avait tellement de craintes cachées dans les coins de son esprit qu'il commençait seulement à comprendre. "En fait, je crois que j'ai juste peur d'être aussi dégoûtant que je le ressens."
Ce qui s'apparentait à une goutte de pluie tomba sur ses cheveux.
"Est-ce que c'est toi qui pleure maintenant ?"
"Un peu." Kirishima admit. "Je vais bien, juste… Je commence à comprendre à quel point c'est difficile pour toi de te sentir bien dans ta peau, et j'aimerais pouvoir envoyer ce que je ressens pour toi directement dans ton cerveau à la place."
"C'est définitivement la chose la plus gentille qu'on m'ait jamais dit." Bakugo marmonna, l'épuisement le gagnant finalement après le tourbillon d'émotions.
"Les gens n'ont généralement pas été très gentils avec toi."
"J'imagine."
"Je vais juste devoir être super extra gentil pour compenser."
Bakugo sourit d'un air endormi.
"Tu l'es déjà."
NAO : J'ai reçu beaucoup de commentaires (anglophones) dans les deux derniers chapitres venant de personnes qui étaient vraiment touchées émotionnellement parce qu'elles se retrouvent dans le contenu, et tout le monde semblait d'accord avec l'exploration de la sexualité, alors voici 5300 mots de sentiments confus.
NP : Je crois que c'est l'une de mes scènes de smut préférées toutes histoires confondues.
•* C'est la toute première fois que j'enlève une "phrase" entière du texte en le traduisant, mais là c'était vraiment pas traduisible, donc je vous mets le petit passage en anglais.
Pour la première phrase la traduction est la même que celle que j'ai proposé plus haut, avec "this was headed" qui signifie "où la situation se dirigeait/qu'elles étaient les intentions de Bakugo" et le "Heh, headed" (donc la partie retirée en VF) fait référence à "headjob" qui signifie fellation. Un fin petit jeux de mot.
« "Are you sure?" Kirishima propped himself up on his elbows, realizing where this was headed.
Heh, headed.
Bakugou pushed him back down in response. »
Ça me fait me demander si la VF est aussi drôle que peut l'être la VO (si jamais il y a des gens ici qui ont lu/lisent les deux ?). Même si on est tous d'accord sur le fait que cette histoire est pas des plus funs, la VO est en fait assez drôle (relativement). Je pense que l'anglais retranscris peut-être plus facilement les pensées immatures/un peu comiques de Bakugo parfois.
Je pense que ça vient du fait que l'anglais est plus "simpliste/minimaliste" et que ça instaure de fait un mood plus propice à ça. Alors que la langue française nous pousse à construire des phrases plus élaborées pour que ce soit agréable à lire. Je veux dire, dans ce chapitre j'ai rajouté environs HUIT CENTS MOTS, sans compter les notes. Et toute la différence n'est qu'au niveau des tournures de phrases.
