Traduction : Tressym383
Relecture : Emiko Yure (AO3)
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Résumé : La classe A essaie de gérer la situation.
NP : Merci pour vos reviews ! Elles me font beaucoup plaisir. Et merci à Emiko Yure pour la correction du chapitre !
NAO : Au départ ce n'était pas écrit du point de vue de Midoriya, mais quelqu'un dans les commentaires (anglophones) m'a dit qu'il voulait voir davantage l'amitié BakuDeku et j'ai réalisé que... Merde, ouais, moi aussi.
Avec Aizawa qui se comporte encore une fois comme l'adulte dont nous avions tous besoin, parce que j'ai repensé à la fois où ma voisine de classe en cours d'anglais de première est décédée et que la prof nous a juste demandé de ne pas en parler. What the fuck, Mme Baker ?
Midoriya était un observateur. Il faisait attention à toutes les personnes qui l'entouraient, faisait des théories, prenait des notes. L'hypothèse d'aujourd'hui : Kirishima avait besoin d'une sieste. Auprès de Kacchan, il faisait bonne figure, mais ce matin-là, Kacchan était en thérapie, donc Kirishima était libre de s'effondrer sur son bureau et de se lamenter autant qu'il le voulait.
"Ça va, mec ?" demanda Sero.
"Je veux dormir toute une année." il grommela.
"Tu mérites de faire une pause." Midoriya sollicita. Il savait mieux que quiconque à quel point essayer d'aider Kacchan pouvait être épuisant. "T'es la principale source de soutien émotionnel de Kacchan depuis des semaines."
"C'est pas de la faute de Bakugo." Kirishima défendit immédiatement. "Les choses s'améliorent juste pas tellement."
"Je sais que ce n'est pas de sa faute." il acquiesça. "Mais ça ne rend pas tout ça moins épuisant pour toi."
L'expression fatiguée de Kirishima changea, donnant l'impression qu'il allait peut-être pleurer.
"J'ai vraiment peur pour lui." il avoua. "Ce type est toujours en liberté et s'il met ses menaces à exécution, je sais pas si Bakugo pourra le supporter."
"Je sais ce que tu ressens." Midoriya compatit.
"Ouais." Ses yeux rencontrèrent les siens. "J'en doute pas."
"Je n'ai pas toujours su ce que je regardais." Il se demanda brièvement s'il aurait survécu à ces années d'impuissance s'il avait su l'étendue de ce que Kacchan avait traversé. "Mais je savais que quelque chose n'allait pas."
"Parfois, il a l'air d'aller." Kirishima répondit d'un air distant. "Mais parfois… il prend au moins deux douches par jour et des fois il reste là-dedans si longtemps, je commence à penser…"
"Tu as peur de le retrouver mort." Midoriya finit. Il avait commencé à ressentir cette peur bien avant Kirishima, mais jamais elle ne s'était autant rapprochée de la réalité.
"Ouais." Kirishima souffla.
"Il a survécu seul jusqu'ici." Il offrit des encouragements auxquels il ne croyait pas. "Personne avant toi ne savait ce qu'il vivait."
Il avait passé des années à essayer de reconstituer un puzzle dont la moitié des pièces manquaient. Le recul comblait les lacunes, expliquant tout un tas de réactions au collège qu'il ne comprenait pas à l'époque. Kacchan n'avait sérieusement blessé quelqu'un à l'école qu'une seule fois. Ça n'avait eu aucun sens qu'après toute une vie de contrôle minutieux sur son alter, la personne qu'il avait finalement réellement blessé s'avérait être un ami.
Kacchan avait prévenu Suzuki. Il lui avait demandé d'arrêter, mais l'autre garçon avait continué à persister, essayant de l'attirer dans des bagarres aléatoires comme ils le faisaient en primaire. Après plusieurs tentatives infructueuses pour engager la chamaillerie, il s'était caché au virage d'un couloir et avait attendu que Kacchan passe.
"Je t'ai eu !" Suzuki lui sauta dessus, glissant de derrière son avant-bras autour de son cou. Déséquilibré, le blond chancela alors qu'il était pris au creux de l'articulation.
Il n'y avait rien d'anormal. Jusqu'à ce que Kacchan agrippe le bras autour de son cou et déclenche une explosion.
Suzuki hurla de douleur tandis que Kacchan s'éloignait, les yeux écarquillés.
"Qu'est-ce qui te prends, Bakugo !"
"Oh bordel, allez chercher un prof !"
"Oh mon Dieu, qu'est-ce qui s'est passé ?!"
Ça n'avait fait qu'empirer lorsque Mitsuki était arrivée pour le récupérer. Midoriya n'avait rien vu, mais il avait pu tout entendre à travers la porte.
"Il a des brûlures au troisième degré ! Il lui manque des putains de morceaux de muscles ! Bordel, Katsuki, t'as fait ça à ton ami ! Qu'est-ce que tu prévois de faire si quelqu'un essaie de se battre avec toi ? Le tuer ?! Qu'est-ce qui va pas avec toi, bordel ? T'as de la chance qu'ils ne t'aient pas expulsé, parce que moi je l'aurais putain de fait !"
Il s'était alors demandé si Mitsuki était la cause qui provoquait la peur dans le regard de Kacchan lorsque les autres le touchaient. Elle avait fourni plus qu'assez de violence pour le justifier. Mais même là, tout ne concordait pas.
« Ne bouge pas. » Le film atteignait un point culminant alors que le héros était plaqué contre un mur par la gorge. « Ou ce sera la dernière chose que tu feras. »
Le corps à côté de lui sur le canapé se leva soudainement.
"Kacchan ? Où tu vas ?"
L'autre garçon l'ignora alors qu'il s'éloignait. Midoriya le suivit jusqu'aux toilettes, où il s'était enfermé.
"Kacchan ? Est-ce que ça va ?"
"Laisse-moi tranquille putain, espèce de gâchis d'oxygène !"
Il voulait désespérément comprendre, mais avec le recul, aurait-il été préférable qu'il le sache à l'époque ? Qu'aurait-il pu faire si ça avait été le cas ?
"Je te déteste tellement, putain de stalkeur !"
Au moins, il aurait su quand lui donner de l'espace.
"Très bien tout le monde, écoutez bien." Aizawa marmonna avec sa fatigue matinale habituelle. "Ou pas, mais ignorez-moi silencieusement."
Le professeur était cependant déjà prêt à commencer le cours, plutôt que de tout juste sortir de son sac de couchage, donc quoi que le propos puisse être, c'était important.
"Ce matin, nous allons prendre un peu de temps pour parler de ce qu'il se passe." Aizawa annonça.
Midoriya se sentit tout aussi anxieux que soulagé. Kacchan n'aimait pas qu'on parle de lui, mais laisser un groupe d'enfants gérer eux-mêmes cette tentative de suicide lui rappelait trop le collège.
"La nuit où l'ambulance est venue, quelqu'un que nous soupçonnons être le Vampire Tueur a appelé et menacé Bakugo. Il est probable qu'on vous pose des questions lorsque vous sortirez en public. Je vous demande de ne pas y répondre."
Oh mon Dieu.
Il avait appelé Kacchan ?!
Oh mon Dieu oh mon Dieu oh mon Dieu-
Il devait y avoir une autre raison, quelque chose en rapport avec toute l'attention médiatique, ça ne pouvait pas être-
Ce n'était pas possible qu'il le connaisse, mais il n'était pas non plus du genre à essayer de se suicider à cause des menaces d'un vilain quelconque. Kacchan s'était retrouvé face à All for One et n'avait montré aucune crainte, il n'était pas du genre à avoir peur facilement. La seule éventualité que tout ça fasse sens...
"Midoriya."
L'homme qui avait fait du mal à Kacchan était toujours en liberté. Et il les observait.
"Midoriya." Todoroki répéta.
"Hm ?"
"Tu marmonnes encore."
Kacchan connaissait le Vampire Tueur. Alors il devrait sûrement aussi savoir quel était son alter, non ?
"Pourquoi ne pouvez-vous pas identifier cet homme avec son alter déclaré ?" Midoriya questionna soudainement.
"J'ai vérifié les registres." déclara sincèrement Aizawa, répondant à sa question sans donner plus d'informations à ceux qui n'avaient pas encore assemblé les pièces. "Il n'y a pas d'alter recensé correspondant à celui qu'il a décrit."
Mais comment était-ce possible ? Tout le monde recensait son alter lorsqu'il apparaissait durant l'école primaire. Cet homme n'était-il pas allé à l'école ? Ou peut-être avait-il fait semblant d'être sans alter ? Peut-être que son alter s'était manifesté tardivement et qu'il n'avait jamais mis à jour son dossier ?
Il sursauta lorsque Tsu prit la parole, la main levée.
"Si nous vivons tous avec quelqu'un qui est activement suicidaire, ne devrions-nous pas être éduqués sur la prévention au suicide ?"
Tsu était implacablement pragmatique. À ce moment là, il l'appréciait.
"C'est une bonne remarque." Aizawa hocha la tête avec approbation, puis se perdit dans des pensées hésitantes et contradictoires. "Je suis dans une position délicate. Je dois respecter la vie privée, mais concrètement vous vivez tous ensemble. Vous êtes tous déjà au courant."
"Le fait qu'on fasse semblant d'en être inconscients met trop de pression sur les amis proches de Bakugo." Tsu continua. "En particulier Kirishima."
"Je suis du même avis." intervient Momo. "Bakugo est particulièrement isolé du reste d'entre nous depuis qu'il a été hospitalisé. Je comprends qu'il ait peut-être besoin d'espace en ce moment, mais porter seul la santé mentale d'une autre personne, c'est trop lourd."
Kirishima lui-même avait l'air abasourdi, comme s'il ne s'était pas attendu à ce que quelqu'un le remarque.
"Il est resté dans la salle commune ce premier jour." ajouta Mina. "Mais depuis que les autres classes ont commencé à autant le fixer, il se cache souvent dans sa chambre."
"Je me cacherais aussi dans ma chambre si toute l'école me regardait parce que les réseaux sociaux s'amusaient à disséquer ma vie privée." déclara Kaminari avec une passion bordée d'une amertume inattendue.
"Bakugo vit actuellement l'une de mes pires craintes." confia Todoroki. "La célébrité rend les choses déjà douloureuses et compliquées encore plus intimidantes."
"Je ne peux pas imaginer vivre quelque chose comme ça si publiquement." Momo referma sa main contre sa poitrine, essayant clairement de l'imaginer, pour seulement s'en trouver horrifiée.
"Je ressens la responsabilité d'offrir du soutien." rejoint Iida, de façon étonnement timide. "Mais je n'ai aucune idée de comment le faire sans l'énerver au lieu de l'aider."
"Parfois, même moi je ne sais pas comment." répondit Kirishima avec seulement un soupçon de l'impuissance qu'il devait ressentir.
"Pourquoi pleures-tu, gamin turbulent ?"
Il fallut un moment à Midoriya pour réaliser qu'Aizawa lui parlait. Et qu'il pleurait.
"Vous vous en souciez réellement." il répondit à travers un sanglot. Le premier de nombreux autres.
"Bien sûr qu'on s'en soucie." lui assura chaleureusement Ochako. "Nous devenons des héros ensemble."
"Si c'était arrivé au collège," Midoriya ferma fortement les yeux. "Il serait mort."
Il n'y avait aucun doute là-dessus. Bakugo avait failli mourir de toute façon, et c'était alors qu'il était entouré du plus grand soutien social qu'il ait jamais eu dans sa vie. Si le jeune Bakugo qui errait seul dans la ville et ne parlait à personne avait décidé de se suicider, il n'aurait eu aucune chance de survie.
"J'avais tellement peur qu'il fasse quelque chose comme ça et qu'il ne s'en sorte pas, parce que la seule personne qui y prêtait attention, c'était moi." Tout le poids qui lui pesait dessus depuis des années se relâchait soudainement. "Et il ne m'aurait pas laissé l'aider. Il n'aurait laissé personne l'aider, mais j'étais le seul à savoir qu'il en avait besoin et il me détestait."
"Eh bien, tu n'es plus le seul désormais." Ochako lui serra la main.
"Punaise mec, ton collège devait être sacrément merdique." commenta Kaminari.
"Ouais." Midoriya rit à travers les larmes. "Ouais, il l'était vraiment."
"D'accord." Aizawa laissa échapper un soupir résigné. "Je n'avais pas prévu d'y dédier tout un cour, mais… laissez-moi une minute."
Il ouvrit un ordinateur portable, s'attelant sur quelque chose.
"Donnez-moi un peu de temps pour m'organiser." il leur quémanda. "J'ai suivi une formation continue sur ce sujet l'année dernière, donc j'ai quelques documents de côté que je peux récupérer."
"Une formation conti- quoi ?" demanda Kaminari.
"Une formation continue. Les enseignants doivent en suivre pour se tenir au courant des nouvelles informations." Aizawa clarifia. "J'en ai eu une sur la reconnaissance de symptômes concernant la santé mentale chez les adolescents et la prévention au suicide, puisque que via mon travail je suis pas mal responsable de vous tous."
Tsu venait juste de le suggérer et Aizawa passait déjà à l'action. Midoriya allait pleurer toute la journée, il en était quasiment certain.
"Je devrais probablement faire en sorte que des séances de thérapie de groupe fassent partie intégrante du programme à ce stade." Aizawa marmonna en cliquant sur des fichiers, avant d'annoncer : "D'accord, puisque je ne me suis pas vraiment préparé pour, le cours va être basé sur la discussion. Si vous avez des questions, vous pouvez m'interrompre."
Aizawa installa l'écran de projection à l'avant de la salle pour dupliquer celui de son ordinateur.
"Je sais que les PowerPoints sont ennuyants, mais ils sont déjà bien organisés, donc on va faire avec."
La diapositive d'introduction était assez explicite.
• Les facteurs de risque sont un ensemble de conditions et d'éléments qui augmentent la probabilité qu'un individu envisage, tente ou décède via un suicide.
• Les signes avant-coureurs indiquent un risque immédiat de tentative de suicide.
• Les facteurs de protection sont un ensemble de conditions et d'éléments qui rendent moins probable qu'un individu concerné envisage, tente ou décède via un suicide.
"Vous ne saurez pas toujours quels sont les facteurs de risque d'une personne. Les gens ne se promènent pas avec leur histoire écrite sur le front." précisa Aizawa avant de passer à la diapositive suivante.
Facteurs de risque :
• Tentative(s) de suicide antérieure(s).
• Un ou plusieurs antécédent(s) de suicide au sein de la famille.
• Abus de substances illicites.
• Troubles de l'humeur (dépression, trouble bipolaire).
• Accès à des dispositifs létaux (ex : possession d'armes à feu chez soi).
• Pertes et autres événements négatifs (rupture d'une relation, décès, échecs scolaires, difficultés juridiques, difficultés financières, harcèlement).
• Antécédent(s) de traumatisme(s) ou d'abus.
• Maladie(s) physique(s) chronique(s), y compris des douleurs chroniques.
• Exposition au comportement suicidaire d'autres personnes.
"Ce dernier point est vraiment important à aborder actuellement." précisa Aizawa. "Kirishima et Kaminari sont ceux qui ont été confrontés au pire, mais vous étiez tous présents. Plusieurs jours se sont écoulés sans que nous ne sachions s'il allait s'en sortir. Vous vivez tous avec l'impact que peut avoir un suicide sur un groupe qui vit ensemble et vous devez veiller les uns sur les autres."
Midoriya lisait la liste encore et encore, l'anxiété grandissant à chaque fois.
Tentatives de suicide antérieures.
Il aurait vraiment dû en parler plus tôt.
Autres événements négatifs.
Ça semblait si banal. Trop anodin pour être un appel téléphonique de votre violeur qui vous menaçait. Peut-être que ça s'incluait dans la catégorie déjà bondée des traumatismes et des abus.
Accès à des dispositifs létaux.
Il avait essayé de ne pas y penser, mais ça le hantait que Bakugo ait toujours eu accès à des choses létales.
"Beaucoup de ces risques sont vraiment personnels." Kirishima grimaça.
"En effet." confirma Aizawa. "Ce n'est pas une coïncidence. Vous êtes bien plus susceptible de vous sentir piégé par quelque chose dont il est difficile de parler."
Midoriya jeta un coup d'œil anxieux en direction de Todoroki. Son meilleur ami cochait bien trop d'éléments sur cette liste, même sans ajouter le dernier.
"Mais comment on met ça en pratique dans la vraie vie ?" Kaminari interrogea. "Les gens ne se promènent pas en jouant à « Qui est le plus susceptible de », mais version suicide."
"Nous n'avons pas besoin de deviner." répliqua Todoroki. "La réponse est toi et moi."
Kaminari le fixa dans un silence stupéfait.
"Okay, je comprends pourquoi toi, mais pourquoi moi ?"
"Négligence chronique," commença Tsu. "Consommations peu saines, exposition à la violence. Et tu es dépressif, mais tu le caches avec de l'humour parce que tu ne sais pas comment en parler."
La classe entière resta immobile pendant un long moment.
"Tsu, c'est socialement pas acceptable d'être trop honnête." Kaminari détourna les yeux, mal à l'aise.
"En gros, selon ces facteurs de risque," reprit Sero. "On aurait dû s'attendre à ce que Bakugo essaie de se suicider. Il coche, genre, sept cases sur neuf."
"Sept sur neuf, comme Seven of Nine dans Star Trek ?" plaisanta Kaminari.
"Tu viens de le faire à nouveau." souligna Tsu. "Tu fais une blague parce que cette conversation te met mal à l'aise."
"Trop honnête, Tsu."
"Je pense que Tsu est la moins susceptible de se suicider !" déclara Sero, impassible.
"Ça craint." Mina grimaça. "Toute cette conversation."
"C'est mieux que de ne pas en parler." pondéra Momo, son ton mesuré et contemplatif lui attirant l'attention de tous. "Bakugo m'a appelé il y a quelque temps. En fait, il s'est confié sans y être poussé. Je ne pense pas qu'il l'aurait fait si je l'avais empêché de s'exprimer lorsqu'il parle de ce qui le dérange de façon grossière et insensible. Je suis quasiment certaine que c'est la seule manière avec laquelle il sait s'exprimer."
"J'imagine que ça fait sens." Mina acquiesça pensivement.
"Nous l'avons tous vu échanger avec Kaminari justement parce que celui-ci ne prend pas ça au sérieux." Momo poursuivit. "Ils ont eu toute une conversation sur le fait d'être gravement négligé durant leur enfance et il était à l'aise parce que Kaminari n'agissait pas comme si c'était un gros problème. C'en est un, mais parfois, il faut y aller par étapes. C'est déjà bien de reconnaître que c'est arrivé. Se confronter aux conséquences peut venir plus tard."
"Je l'ai aussi remarqué." acquiesça Todoroki. "L'irrévérence le met à l'aise. Je suis certain qu'il n'est pas le seul dans ce cas."
"L'humour et le tragique ont une relation compliquée. Ça semble déplacé d'utiliser l'humour, mais il peut rendre une discussion difficile plus facile." déclara Aizawa avant de rediriger leur attention sur le diaporama. "C'est un bon point à prendre en compte dans cette prochaine partie."
Signes avant-coureurs :
• Parle ou écrit souvent au sujet de la mort, de l'agonie ou du suicide.
• Fait des commentaires sur le fait d'être désespéré, impuissant ou sans valeur.
• Exprime n'avoir aucune raison de vivre ou motivation dans la vie ; dit des choses comme « Ce serait mieux si je n'étais pas là » ou « Je veux mourir ».
• Augmentation d'abus d'alcool et/ou de drogues.
• Se met en retrait par rapport aux amis, à la famille et à la société.
• Comportement imprudent ou pratique d'activités plus risquées, en apparence sans réfléchir.
• Changements d'humeur significatifs.
• Parle du fait de se sentir pris au piège ou d'être un fardeau pour les autres.
"Vous passez tous bien plus de temps à parler entre vous qu'à nous, le personnel de l'établissement. Ça vous rend beaucoup plus susceptible de remarquer ce genre de choses."
"Donc il faut surveiller… quelqu'un qui nous dit directement qu'il va le faire ?" Kaminari haussa un sourcil sceptique. "Ça ne semble pas être un conseil très utile."
"Certains de ces points semblent évidents, mais ça ne l'est en réalité pas tellement dans la vraie vie." répondit Aizawa. "Il n'est pas rare que l'un d'entre vous dise qu'il veut mourir parce que je vous fait faire quelque chose de légèrement déplaisant, pourtant vous êtes tous encore là. Mais cette même déclaration peut également être l'exutoire d'un véritable désir de mourir, exprimé d'une manière socialement plus acceptable. L'humour noir auto-dérisoire est un bon moyen de se faire apprécier des autres et ce n'est pas systématiquement malsain. On ne peut cependant pas toujours savoir si quelqu'un utilise ces blagues comme une tactique sociale ou si c'est vraiment ce que la personne pense d'elle-même."
Le regard de Midoriya s'attarda à nouveau sur Kaminari. Il ne fut pas le seul.
"Oh mon Dieu, je vais pas me suicider !" Kaminari s'exclama. "À part si vous continuez tous à me fixer comme ça. Ça me pousserait peut-être à y réfléchir."
"Bakugo ne correspondait cependant pas beaucoup aux points de cette liste." Kirishima était resté obnubilé par la diapositive. "Il commençait à aller mieux avec ses problèmes d'imprudence et d'alcool, et il devenait plus social."
"Bakugo a été poussé à bout par un événement soudain." rappela Aizawa. "Ce n'était pas quelque chose qu'il envisageait depuis un moment. Même si ça avait été le cas, Bakugo à tendance à garder son jeu pour lui. Le but de ce cours n'est pas de vous faire sentir responsable de la tentative de Bakugo. Ce sont de bonnes choses à savoir, mais tout le monde ne présente pas ce genre de signes. Vous ne pouvez pas toujours sauver tout le monde. Vous pouvez offrir de l'aide, mais vous ne pouvez pas forcer quelqu'un à vivre."
Kirishima hocha silencieusement la tête.
"Maintenant qu'on a fait le point là-dessus." Aizawa soupira. "Aller mieux avec l'alcool, tu dis ?"
Kirishima plaqua une main sur sa bouche. "Merde."
"C'est bon." il assura. "Tu ne vas pas avoir d'ennuis et lui non plus. J'ai besoin que tu m'en parles cependant. Depuis combien de temps ça dure ?"
"C'est pas le cas en ce moment." il répondit rapidement. "Mais il le fait de temps en temps depuis environ un mois."
"Il le fait à des occasions particulières ?"
"Quand il est stressé." Kirishima releva. "Ce qui est un peu tout le temps le cas, mais je crois qu'il le faisait beaucoup quand il avait des crises de panique. Je suis quasi-certain qu'il est allé à sa première séance de thérapie avec sa mère en étant pompette."
Oh mon dieu, Kacchan, tu avais bu pour te préparer à une thérapie avec ta mère abusive.
"En tant qu'adulte, je suis censé vous dire que c'est mauvais de boire." Aizawa s'adressa finalement au reste de la classe. "Mais puisque vous allez de toute façon le faire, abordons un peu la toxicomanie."
Il n'avait jamais imaginé Kacchan comme quelqu'un qui boirait. Son obsession pour le succès ne semblait pas l'autoriser, mais il semblait qu'il y avait une limite où le désespoir d'échapper à la réalité l'emportait sur le perfectionnisme.
"Il y a une différence entre boire parce que vous êtes des adolescents et que vous voulez vous amuser, et boire pour échapper à la réalité." Aizawa expliqua. "Lorsque c'est fait de manière excessive en dehors de soirées ou que c'est une réponse compulsive au stress, c'est là que vous devriez vous inquiéter."
Il se souvenait que Kacchan avait un jour refusé des cigarettes parce qu'il avait besoin de ses poumons pour « marcher sur tous les connards inutiles qui se trouvent sur le chemin du sommet ». Il se demandait combien de ses convictions étaient en train de céder sous le poids de ses secrets.
"D'accord, mais sérieusement, tu penses que je suis plus à risque que Tokoyami ?" Kaminari insista auprès de Todoroki. "Je veux dire, tu as vu sa chambre ?"
"Les choix esthétiques ne sont pas un indicateur pertinent concernant la santé mentale." répondit Todoroki d'un ton monotone.
"Bien, passons aux choses plus positives." continua Aizawa.
Facteurs de protection :
• Mise en contacts avec des prestataires (ex : suivi via appel téléphonique d'un professionnel de la santé).
• Soins efficaces ; accès facile à diverses interventions cliniques.
• Liens solides avec d'autres personnes, la famille, la société et les institutions sociales.
• Résolution du ou des problèmes et aptitude à gérer les difficultés.
"Bon, ça a l'air d'avoir été écrit par un groupe de psychiatres qui se lancent des fleurs, mais vous avez compris l'idée. Les liens et la communication sont les facteurs clés qui maintiennent les gens en vie."
C'était cependant si difficile de se lier à Kacchan. Les autres le stressaient, alors il choisissait souvent d'être seul.
Hagakure posa finalement la fameuse question.
"Du coup, est-ce que Bakugo, genre… connaît le Vampire Tueur ?"
Aizawa prit une longue inspiration par le nez et expira lentement.
"C'est ce que les preuves suggèrent pour le moment, oui." il confirma. "C'est pourquoi Cementos me remplacera au prochain cours."
Midoriya avait des recherches à faire.
NP : L'une des principales raisons qui m'ont poussé à traduire cette fic en particulier, et celle qui continue de me motiver aujourd'hui (même si les reviews ça motive aussi beaucoup je vous cache pas krkrk), c'est qu'elle peut réellement aider des gens. Que ce soit en sensibilisant sur les sujets, en faisant comprendre à certains qu'ils sont pas seuls dans ces situations, où en faisant de la prévention plus terre à terre comme ici. Ça fait partie des choses qui me tiennent à coeur.
Et c'est d'autant plus important ces dernières années avec les accusations envers des personnalités publics comme des youtubers. On croit les victimes ! Dévoiler le vrai visage de leur agresseur/violeur en public leur apporte toujours des vagues de haine sur les réseaux, soutenons les !
