Traduction : Tressym383

Relecture : Emiko Yure (AO3)



Résumé : Les amis de Kirishima prennent soin de lui.

NAO : Une chose qui a eu un impact énorme sur ma vie et que je n'aborde pas du tout dans cette fic : mes parents sont des religieux extrêmes. Comme les chrétiens qui forcent un max sur Fox News. Ma mère pense que Jésus lui parle. Mais ça n'aurait pas de sens au Japon, donc j'essaie de retranscrire ça par des formes d'homophobie plus laïques, qui ont tendance à être moins agressives, mais qui sont tout de même désagréables.

J'ai commencé à lire No Longer Human (par Oasamu Dazai) parce que je suis en congé maladie aujourd'hui (parce que j'ai peut-être le covid, youpi), donc je découvre enfin de la littérature japonaise moderne.


Demander à des étudiants de parler aux forces de l'ordre, c'était comme essayer de mélanger de l'eau et de l'huile. Il avait demandé à des voisins, des camarades de classe et des amis Facebook. Aucun d'entre eux n'avait grand-chose à lui apprendre si ce n'est qu'Ito était un connard sur les bords.

"Ito fait tout ce qu'il veut parce qu'il est plein aux as."

"C'est un connard, mais il s'en tire toujours parce qu'il est drôle et beau."

"C'est fun de traîner avec lui. Mais c'est un peu difficile d'être, genre, ami proche avec, vous voyez ?"

Il avait récolté de vagues références à une personnalité arrogante et désagréable compensée par le statut social et le charisme, mais rien qui pourrait lui être utile. Jusqu'à ce qu'une fille aux cheveux blonds brillants à peine plus âgée qu'une lycéenne s'approche de lui.

"Vous êtes le professeur de UA qui avait défendu ce jeune Bakugo, n'est-ce pas ?"

"C'est bien moi."

"Et vous posez des questions sur Ito Daichi."

Il acquiesça.

"Je… J'ai peut-être quelque chose à vous dire, mais je ne veux pas donner mon nom ou quoi que ce soit. Je ne porte pas plainte."

Ça, ça attira son attention.

"Je vous écoute."

"Nous nous sommes quelques fois retrouvés aux mêmes fêtes, et- Eh bien, nous étions tous les deux vraiment ivres, mais il- " Elle fit une pause pour se ressaisir.

Aizawa n'aimait pas où cela menait.

"Je n'ai pas vraiment résisté. Je crois qu'il ne m'avait simplement pas entendu lorsque j'ai dit non."

En un instant, Ito passait de complice à coupable. Mais cette fille ne voulait pas porter plainte, et il ne pouvait pas l'en blâmer. Condamner un homme riche lui coûterait son intimité, sa dignité et sa tranquillité d'esprit.

"Je suis désolé." il déclara sincèrement.

"Alors vous me croyez ?" elle demanda avec hésitation, effrayée d'espérer.

"Oui."

"Pourquoi enquêtez vous sur lui ?" elle demanda doucement.

"Je ne peux pas vous le dévoiler pour le moment." il répondit avec regret, lui tendant une carte de visite. "Mais si jamais vous changez d'avis, appelez-moi. Merci de vous être confiée."

Il pouvait retourner voir Sato avec des munitions cette fois.


Kirishima était couché et fixait son téléphone, le pouce au-dessus du bouton d'appel.

Est-ce que j'ai vraiment envie de l'appeler ?

Il était juste tellement énervé. Il s'était disputé avec son père de manière plus indirecte et passive avant de commencer à complètement l'éviter. Il ne l'avait cependant jamais vraiment affronté. Pas pour avoir crié sur sa mère, son attitude je-sais-mieux-que-toi ou son homophobie flagrante. Il était d'ailleurs à nouveau furieux par rapport à ça, parce que son père était exactement le genre de cauchemar social qui faisait en sorte que Bakugo se détestait.

"J'ai juste peur d'être aussi dégoûtant que je le ressens."

Le cœur de Kirishima se serra. Le dégoût justifié que Bakugo ressentait concernant ce qui lui avait été fait s'était gravé dans son image de soi comme une marque. La haine et la honte fusionnées avec son âme devaient être chirurgicalement retirées, et Kirishima opérait avec du fil dentaire et une cuillère.

"Désolé, j'ai jamais fait ça avant. Enfin, en quelque sorte. Tu vois ce que je veux dire."

Ce brin d'humour noir le hantait. Il n'aurait même pas laissé Bakugo essayer s'il avait su que le sexe oral faisait partie des choses auxquelles il avait été forcé.

Je ne savais pas qu'il t'avait aussi violé de cette manière.

Je suis désolé.

S'il revenait là dessus maintenant, est-ce que Bakugo lui en parlerait, ou tairait-il simplement la vérité davantage, pour qu'elle ne puisse plus jamais sortir de sa bouche ? C'était enrageant d'avoir cette paranoïa et cette honte qui planaient constamment sur eux alors qu'ils ne faisaient rien de mal. Il en avait assez.

Il appuya sur le bouton d'appel, laissa le téléphone sonner deux fois, puis raccrocha.

Qu'est-ce que ça m'apporterait, même ?

Ce n'était pas comme si son père allait être désolé. Tout comme ce connard de psychiatre ne le serait jamais pour ce qu'il avait mis dans la tête de Bakugo.

"Je t'aime seulement parce que je suis mentalement malade et que j'essaie de me faire du mal."

Comme si ce n'était pas assez compliqué pour Bakugo de s'accepter sans qu'un médecin ne lui dise que la personne qu'il aimait était un symptôme de maladie mentale. Une compulsion purement sexuelle d'autodestruction, née d'un crime grotesque. Un médecin avait dit ça, comme s'il savait quoi que ce soit de leur relation. Il n'en revenait pas, c'était si arrogant.

Enfin si, il pouvait totalement le croire. Il avait grandi avec ce genre de mentalité.

"Ça va, Eijiro. Je suis une grande fille, je peux le supporter." Sa mère lui essuya une larme de colère avec son pouce. "Mais j'aimerais qu'il ne dise pas ce genre de choses devant toi. Tu te souviens, l'été dernier ils ont décidé que je n'étais pas obligée de le laisser venir. Si tu ne veux plus le voir, tu as juste à me le dire."

S'il avait besoin de parler, il savait lequel de ses parents appeler. Il ouvrait le numéro de sa mère lorsque-

Sonnerie :

Le Connard

Merde.

"Allô ?"

Il essaya d'avoir l'air calme, normal, comme s'il ne savait pas qui était à l'autre bout du fil.

« Salut, Eijiro. »

Instantanément, il se sentit à nouveau comme un petit garçon.

"Euh, salut. Hm… Qu'est-ce qu'il y a ?"

Merde, arrête de bégayer, imbécile !

« J'en sais rien, c'est toi qui m'a appelé. »

"J'ai pas dû faire exprès."

Merde, il ne va jamais croire ça.

« Allez, gamin. » Il pouvait entendre le sourire narquois à travers le téléphone. « On sait tous les deux que je suis loin d'être parmi tes contacts récents. Tu m'évites depuis trois ans maintenant. T'as quelque chose à me dire ou pas ? »

"Je sors avec un garçon." Okay, bien, il est pris au dépourvu, je peux parler un peu. "Et va te faire voir pour toutes les horreurs que t'as dit sur ma mère."

« C'est tout ce que t'avais à me dire ? » C'était la même condescendance dédaigneuse qui lui mettait les larmes aux yeux à l'âge de huit ans.

"Qu'est-ce que tu vas faire, pleurer ?"

Ça n'allait rien apporter de positif.

Il raccrocha.


"Vous avez pris une décision ?" Aizawa demanda caustiquement à Sato. L'homme soupira comme si Aizawa venait de pisser dans son café matinal.

"Je pense toujours que c'est une mauvaise décision."

"Il a agressé une fille de son école." répliqua Aizawa.

"Et comment le savez-vous ?" Sato demanda d'un air suspicieux.

"Elle me l'a dit."

Le juge ne pouvait pas argumenter contre, alors il se contenta de soupirer à nouveau.

"Vous êtes sûr que je ne peux pas vous en dissuader ?"

"Non."

"Alors- "

"Juge Sato, comment allez-vous ?" Ito Eiichi entra dans le bureau comme si l'endroit lui appartenait.

Il est assez riche, ça pourrait être le cas s'il le voulait.

"Je comprends que mon fils ait été assez impoli et peu coopératif avec vos agents." il commença avec un faux air amical. "Mais je peux vous assurer de sa coopération à partir de maintenant. N'est-ce pas, Daichi ?"

Le jeune Ito traînait les pieds derrière son père, l'air complètement mécontent d'être là.

"Vraiment ?" Sato demanda prudemment.

"Oui, monsieur." Le jeune homme grommela, ne prenant pas la peine de dissimuler sa réticence.

"Mon fils fera ce qu'il peut pour vous aider dans votre enquête, et nous pouvons ainsi éviter cette arrestation hasardeuse et inutile."

Non non non, merde !

"Je pense que nous pouvons tous convenir que c'est raisonnable." Sato regarda Aizawa dans l'expectative.

"Oui, monsieur." il grogna avant de partir en trombe, mais pas sans que Daichi ne croise son regard avec le sourire suffisant le plus exaspérant qu'il ait jamais vu.

Ses jointures devinrent blanches sur le volant durant le trajet jusqu'à chez lui.

"Le putain d'enfoiré !" Aizawa cria en claquant la porte derrière lui.

"Ça s'est si mal passé ?" Mic demanda.

"J'avais un mandat, je l'avais !" il s'exclama avec rage. "Puis quelqu'un a fait fuiter ce que je faisais et Ito Senior s'est pointé pour grosso-modo acheter l'annulation de l'arrestation du gosse."

"Aïe." Mic grimaça avec sympathie.

"J'ai déjà été arrêté pour avoir volé de la nourriture." Aizawa fulmina. "J'avais douze ans et ils m'ont quand même arrêté parce que ma mère était Dieu sait où donc ils n'avaient aucun parent à qui me reléguer. Et cet enfoiré est en liberté, persuadé d'être dans son droit pendant que je perquisitionne son ordinateur alors qu'il ne se contente pas de protéger un violeur, il en est un."

"C'était une très mauvaise journée." Mic poussa son ordinateur portable de côté. "Depuis quand Ito est un violeur ?"

"Une fille de son université. Un peu plus jeune que lui, probablement à peine sortie du lycée. Très gentille, aussi."

"Et Sato ne veut toujours pas te soutenir ?"

"Le père prétend qu'il va faire coopérer son fils. Mais c'est des conneries, on ne va rien en tirer s'il sait que papa est derrière lui pour le couvrir." La frustration lui donnait envie de frapper quelque chose, mais il était un peu vieux pour ça, alors il s'effondra à côté de Mic à la place. "Et Six n'utilisera pas son alter à moins que j'obtienne ce putain de mandat."

"Je vais lui en reparler." Mic lui serra l'épaule. "Voir si elle ferait une exception. Je comprends ses principes, mais la jouer fair play va mener à l'échec dans ce cas-ci."

"Elle pourrait perdre sa licence." Aizawa rappela à contrecœur.

"C'est un héros." Mic répliqua. "Prendre des risques, c'est notre métier."


C'était rare qu'il passe du temps dans la salle commune sans Kirishima ces jours-ci, mais les autres n'arrêtaient pas de le harceler.

Spider-Man Discount :

Tu vas pas du tout sortir de ta grotte aujourd'hui ?

Spider-Man Discount :

Kaminari va venir jouer à des jeux vidéo dans pas longtemps.

Détective Pikachu :

T'es pas censé sortir pour manger à un moment donné ?

Détective Pikachu :

Si tu meurs là-dedans, laisse-moi ton téléphone, mon écran est fissuré.

Détective Pikachu :

Sérieusement mec, tu vas bien ?

Il les ignora, jusqu'au SMS de Mina.

Acide Citrique :

S'il te plaît, descends au moins un peu. Ça stresse Kirishima quand tu te caches trop longtemps dans ta chambre. Ça lui fait peur à cause du jour où t'es allé à l'hôpital.

C'est vrai. Cette fois où il avait traumatisé Kirishima et Kaminari à vie.

Est-ce que Kirishima se sentait obligé de passer autant de temps avec lui pour s'assurer qu'il ne passe pas l'arme à gauche ? Tenait-il par inadvertance le pauvre gars en otage émotionnel ? Que ce soit le cas ou non, il n'avait pas besoin qu'on le lui dise deux fois.

Les idiots qui l'attendaient dans la salle commune le saluèrent, mais le laissèrent après ça relativement tranquille, donc ce n'était pas trop étouffant. Il traîna un fauteuil confortable jusqu'au coin de la pièce et s'y installa avec son livre de physique, le dos contre le mur. Soudain, un matcha latté apparut sur la table basse à côté de lui.

"Merci, Blasty." Mina lui sourit chaleureusement.

"Il est même pas là." Bakugo rejeta.

"Il va revenir, il est juste monté quelques minutes avant que tu ne descendes. Il le fait souvent quand tu restes enfermé dans ta chambre. Je pense qu'il veut pouvoir t'entendre pour savoir si quoi que ce soit arrive."

"Ah."

Il savait que Kirishima s'inquiétait pour lui, mais il avait définitivement sous-estimé la chose.

"J'essaie pas de te faire culpabiliser." elle clarifia. "Je voulais juste t'expliquer pourquoi on continue à autant t'embêter. Je veux dire, je m'inquiète aussi quand tu t'isoles, mais Kirishima a peur."

"Il pense qu'il va me retrouver mort." il déduit sans ambages.

"Ouais." Elle n'essaya pas d'adoucir la déclaration. Aussi sympa qu'elle soit, Mina était directe. Elle ne le ménagerait pas.

"Je commence à m'améliorer sur… le fait d'être entouré d'autres personnes." il commença lentement. "C'est juste quand je suis pas dans un combat ou quelque chose du genre, où je suis pas censé me concentrer sur mon environnement. Comme faire mes devoirs et ce genre de trucs. Tu peux pas être sur tes gardes quand tu lis par exemple et… j'arrive pas très bien à me détendre avec les autres. C'est difficile de se concentrer sur ce que je fais."

"Est-ce que la technique du coin aide ?"

"Tellement." il admit. "C'est beaucoup plus facile si personne peut se trouver derrière moi. Là je verrai la personne arriver même si je peux pas l'entendre."

"J'apprécie vraiment que tu fasses ça." Elle était comme Kirishima, douée pour porter son cœur sur sa main. "Même si c'est difficile pour toi. Ça montre à quel point tu tiens à lui."

"Ouais, va pas ébruiter ça, Pinky."

"C'est notre secret." Elle lui adressa un dernier sourire affectueux avant de le laisser tranquille.

L'anxiété était tolérable dans sa position actuelle. Il pouvait la supporter. Les autres avaient juste à le laisser tranquille.

"Hey, Kacchan !"

Oh bordel.

"Quoi, Deku ?"

Deku se planta à côté de lui, se penchant au bout du canapé le plus proche.

"Tu étais plutôt cool en classe aujourd'hui."

"Peu importe." il grommela.

"Ce livre a beaucoup plus de sens pour moi après avoir entendu ton point de vue." il poursuivit.

"Félicitations."

"Bien que c'était un peu inquiétant."

"Sans blague." Il est si chiant. "Qu'est-ce que tu veux, Deku ?"

Deku bougea anxieusement. Il était toujours en train de tripoter un truc ou de marmonner quelque chose.

"Tu sais, j'étais vraiment énervé contre toi lorsque tu me traitais de ça."

Traitais de qu-

"Ferme ta putain de gueule, Deku ! Arrête de pleurer pour tout et n'importe quoi comme un putain de pédé !"

Oh, merde. Il avait oublié ça.

"Désolé." il marmonna, mal à l'aise.

"J'étais énervé contre toi. Plus maintenant." il clarifia. "Si j'ai la bonne chronologie, c'était après- Enfin, après."

"Ouais." Sa gorge devint soudainement sèche, le mot le grattant.

"Tu l'utilisais pour me traiter de faible." il continua doucement. "Alors que ça s'était déjà produit."

Heureusement, Deku ne précisa pas quoi.

Tu t'es fait maîtriser et baiser comme une fille, et maintenant être gay te fait te sentir faible.

"Je voulais juste te dire que peu importe ce que tout le monde pense, sortir avec Kirishima ne te rend pas moins badass. Au contraire, vous êtes un couple puissant sur lequel on peut compter."

"Bien-sûr que oui, espèce de nerd." Un sourire se dessina aux coins de sa bouche.

En parlant de l'ange.

Kirishima entra dans la salle commune, se frottant les yeux d'une manière qui signifiait qu'il avait soit fait une sieste, soit pleuré.

"Hey, beau gosse !" Mina l'accueillit avec enthousiasme, avant de se tempérer. "Ça va, Kiri ?"

"Ouais, je vais bien." Il se força à sourire.

Il ment.

C'était sa chance d'être la source de soutien émotionnel pour une putain de fois. Il s'avança, attrapa la main de Kirishima et le tira vers son coin nouvellement revendiqué. Deku compris heureusement le message et partit.

"Qu'est-ce qui va pas ?" Bakugo demanda.

Trop direct. Pourquoi tu ne peux pas être putain de doux ?

"Il s'est rien passé de mal." Kirishima affirma, ramenant ses genoux contre sa poitrine. "Enfin, pas réellement. J'ai appelé mon père."

"Qu'est-ce que cet enfoiré t'a dit ?" il demanda immédiatement, avant de se calmer un peu avec une lente expiration. "Tu l'as appelé pour une raison particulière ?"

"J'étais juste tellement énervé." Kirishima confia en se mordant de temps à autre les ongles. "Je me sens impuissant face à la plupart des choses qui se passent et… Je sais pas, j'imagine que je voulais juste quelqu'un sur qui crier. Mais c'était stupide, j'ai raccroché avant qu'il réponde, mais après il m'a rappelé et... j'ai eu l'air d'un idiot."

"Je suis sûr que non." Bakugo nia. "Il te donne juste l'impression d'être stupide parce que c'est ce que font les parents abusifs."

"Il est pas- Enfin..." Kirishima avait l'air perdu. "Il m'a jamais frappé ou quoi que ce soit, il est juste méchant."

"Ma mère m'a fait plus de mal avec certains de ses mots qu'elle ne l'a jamais fait en me giflant."

Ça c'était dur à admettre, mais c'était vrai.

"Ma mère m'a protégé du pire." Kirishima se recroquevilla davantage. "Il me criait pas dessus autant qu'il le faisait avec elle."

"Mais ça arrivait quand même parfois." déduit Bakugo.

"Ouais."

Kirishima essayait tellement de faire de son mieux dans tout ce qu'il faisait, il était la personne la plus gentille que Bakugo ait jamais rencontré. Ce n'était cependant pas ce qui arrêtait un narcissique. Peu importait qu'ils soient dans la salle commune, il le devait à Kirishima. Alors il rampa sur le canapé à côté de lui et enlaça depuis le côté la boule recroquevillée. Kirishima se laissa aller contre lui avec un petit bruit de contentement auquel Bakugo n'était pas préparé.

Oh bordel, c'était trop mignon.

"Parfois, j'étais juste tétanisé." Kirishima murmura. "Il lui criait toutes ces choses affreuses et je restais juste planté là. J'ai même pas essayé de l'arrêter."

"T'étais qu'un enfant." Bakugo répéta la phrase que les gens lui répétaient sans cesse.

"Je sais." il marmonna. "J'aimerais juste être un peu plus comme toi. T'as jamais peur d'agir, tu fonces juste. Chaque fois qu'on a des ennuis, tu sais juste quoi faire."

"Hésiter, c'est mieux que de se jeter dans le danger la tête baissée et se mettre dans la merde."

"Tu fais référence à Deku."

"Bien-sûr que je fais référence au putain de Deku. Je manquerai jamais une occasion de descendre ce perdant. Mais aussi un peu à moi-même." Il ravala le regret avant de poursuivre. "J'étais au courant que la ligue était après moi et j'ai pensé que j'étais capable de le gérer. Il s'est avéré que non."

Ce n'est pas à propos de toi.

"T'es très courageux, Tête d'orties." il changea de sujet. "T'as assez de proches qui n'ont aucun contrôle sur leurs impulsions. On a pas besoin que tu cours la tête la première aussi. On a besoin de quelqu'un pour nous soutenir et nous sortir de la merde."

"T'es si viril, Katsuki." Kirishima posa une main sur son poignet avant de lentement lui enlacer tout le bras.

"Je vais pas pouvoir le récupérer, pas vrai ?"

"Nope. À moi maintenant."

Bordel, il est mignon.


NAO : Les derniers chapitres ont beaucoup développés les rôles joués par le genre et l'homophobie dans la gestion des traumatismes, parce que ce n'est pas encore quelque chose auquel j'ai vraiment fini de me confronter. J'espère que j'en aurais bientôt fini, c'est juste... Beaucoup de travail sur soi à faire.

Sur cette note déprimante, Tuc Boy était un gamin de mon lycée qui avait été enfermé dans un placard par sa mère et nourris qu'avec des biscuits Tuc pendant 4 putains de mois. C'était un gars sympa.

NP : Concernant les notes de l'auteur, depuis le début j'ai décidé de limiter ma traduction qu'à celles qui concernent l'histoire elle-même, des choses qui y sont liées (lorsqu'il parle de son propre vécu par exemple, parce que ça influence sa façon d'écrire Bakugo) ou ce qui concerne l'écriture. Je ne fais pas tout ce qui est anecdotes plus ou moins HS ou update de sa vie sur le moment. Du coup, si vous voulez conforter l'idée que l'Amérique, c'est WILD, vous pouvez aller voir tout ça sur la VO. Séquestration, duel d'arme à feu entre sa grand mère et un inconnu, tentative de suicide, armes à feu à portée de mains d'enfants, labo de drogue, kidnapping et j'en passe.

Bref, tout ça pour dire que je ne traduis pas toujours l'entièreté des NAO et que normalement je ne l'aurais pas fait sur la 2e partie de celles de ce chapitre, mais l'auteur va y revenir au suivant, donc voilà.