Traduction : Tressym383
Relecture : Emiko Yure (AO3)
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Résumé : Bakugo a du mal à s'exprimer.
NAO : Si vous traversez une crise existentielle et que vous êtes irrationnellement en colère à ce sujet, Tool est le groupe qu'il vous faut.
J'ai essayé d'intégrer les références, donc même si vous n'avez jamais entendu parler de Tool, Gackt, Vaundy ou de FFVII, vous pourrez quand même comprendre l'essentiel. Les prochains chapitres vont beaucoup se concentrer sur l'identité, et la plupart des ados utilisent le divertissement comme béquille pour comprendre la leur.
NP : [Fealina07] Personnellement mes études concernent la langue et la culture japonaise, donc j'ai eu quelques cours sur les écoles au Japon. Déjà là-bas, même les écoles "publiques" sont payantes (et très chères). Dîtes vous que la qualité de votre université sera déterminée par le lycée dans lequel vous êtes allé, qui sera lui-même déterminé par le collège, qui sera déterminé par la primaire, qui sera déterminée par la maternelle, qui sera déterminée par l'équivalent de la "crèche". Il existe littéralement dans certaines crèches des examens d'entrée, parce que grosso-modo, si tu vas dans une crèche de merde, il y a de bonnes probabilités que ton université ne soit pas terrible non plus. Donc globalement c'est très très stricte (longueur de cheveux à ne pas dépasser, teinture/mèches de cheveux interdites ainsi que certaines coiffures, etc. Tous les élèves doivent se ressembler le plus possibles), alors à mon avis aucun débordement trop visible (comme une bagarre à la cantine) n'est toléré et les bâtiments sont sûrement relativement bien entretenus. Par contre il y a un vrai problème d'harcèlement entre élèves (ça a carrément un nom spécifique, l'ijime), qui est toléré par les profs. Bien-sûr, ça commence à changer petit à petit, mais c'est toujours un soucis. Cette problématique est d'ailleurs abordée dans MHA (jusqu'à UA, les profs d'Izuku étaient témoins de son harcèlement et ne réagissaient pas). Dans le film Your Silent Voice aussi (cité au chap44).
Des différents témoignages que j'ai pu lire/entendre, certains pays africains ont l'air d'avoir un vrai problème avec l'humiliation corporelle/sexuelle. J'espère que tu vas bien aujourd'hui ! Globalement (et mondialement), je pense qu'il y a encore beaucoup de chemin à parcourir sur le traitement des enfants, que ce soit par les parents ou l'éducation nationale.
Merci beaucoup pour tes compliments sur la traduction en tout cas. Ma relectrice et moi faisons de notre mieux, alors je suis content que ça plaise !
Les paroles des musiques sont traduites en fin de chapitre.
S'enfuir et broyer du noir dans son coin était un moment comme un autre pour découvrir comment il percevait la musique avec son ouïe désormais à moitié restaurée. Et le fait qu'il était énervé par tout ce qui l'entourait faisait de Tool une très bonne option. Il venait d'ouvrir Spotify lorsque Kirishima le rattrapa.
"Je suis désolé." il s'excusa. "Je ne demanderai plus."
Bakugo cliqua sur une playlist, ouvrit un livre et l'ignora. Il n'était pas mesquin, il avait juste du travail à faire.
"Tu veux que je te laisse tranquille ?" Kirishima demanda tristement.
Merde, je suis en train de le rendre triste.
"Ça va, Tête d'orties." il rompit son vœu de silence, se décalant pour faire un espace évident à côté de lui sur le lit. "Je suis juste putain d'énervé."
Kirishima s'installa, se callant contre lui. Il regardait Bakugo faire leurs devoirs assez régulièrement puisque lui ne les faisait jamais en premier. Quoi que ceux-ci étaient surtout pour rattraper son absence, donc Bakugo espérait que Kirishima les avait déjà fait.
"Ça te dérange pas ?" il demanda en relevant momentanément sa tête de l'épaule de Bakugo. "Je sais que c'est pas une super journée pour- "
"Tu me déranges pas."
Bakugo baissa légèrement le son avant que Kirishima ne commente.
"Ce groupe est assez dérangé."
"Ouais." Le blond garda son attention sur son devoir, vaguement conscient du métal qui hurlait des paroles se résumant essentiellement à « Fuck L.A. ».
"Il a l'air d'espérer la fin du monde."
"Il déteste vraiment Los Angeles."
"Chaque chanson est si longue."
"Ouais."
Kirishima perdait face à Kaminari concernant la durée d'attention la plus courte, mais là il ne se concentrait pas réellement. Cette musique-là ne faisait que six minutes, ce qui était honnêtement assez court pour Tool.
"Oh mon dieu, c'est enfin fini."
La chanson suivante commença sur un crissement qui lui fit grincer des dents. La guitare grave, accordée de façon à ce qu'elle sonne plus comme une basse, montait vers les aiguës à la fin du riff qui se jouait en boucle. Il la reconnaissait, mais il ne se souvenait pas d-
𝅥𝅮 It took so long to remember just what happened 𝅥𝅮
Merde !
𝅥𝅮 I was so young and vestal then
You know it hurt me 𝅥𝅮
Il sursauta, claquant la barre d'espace sur son ordinateur portable pour mettre le morceau sur pause et faire taire les mots avant que le couplet ne puisse se terminer. Ça ne l'empêcha pas de se souvenir du reste.
𝅥𝅮 But I'm breathing so I guess I'm still alive
Even if signs seem to tell me otherwise 𝅥𝅮
"Merde." il jura, la voix rauque.
"Ça va, bro ?" Kirishima se pencha, jetant un coup d'oeil par-dessus son épaule.
Il est dans la chambre de Satoshi. La musique retentit et il est le seul à connaître suffisamment l'anglais pour comprendre les mots à travers les voix métalleuses bourrues et marmonnantes.
"Whoa, Bakugo. C'est quoi ton problème, mec ? Où tu vas ?"
"Tu te souviens quand tu as dit que ce groupe était dérangé ?" il demanda, tendu.
"Ouais, mais genre, pas dans un mauvais sen- " Kirishima remarqua finalement le titre affiché sur Spotify. "Oh."
Prison Sex
Bakugo ne l'avait jamais écouté en entier, mais les quelques lignes dont il se souvenait étaient suffisantes pour lui donner des pensées indiciblement sombres. Une fois, une curiosité maladive lui avait fait écouter jusqu'au premier refrain, mais c'était lors d'un moment où il était seul.
"Je peux pas écouter celle-là." Il appuya sur le bouton pour la passer, mais il n'y en avait aucun pour passer à la musique suivante ou la mettre en pause dans sa tête.
𝅥𝅮 I need you to feel this 𝅥𝅮
En étant réaliste, ses voisins d'étage ne comprendraient de toute façon pas les paroles. Shoji était à deux chambres de la sienne et l'anglais de Kirishima était terrible. Mais lui comprenait et il ne pouvait pas ressentir ce que ces mots lui faisaient éprouver alors qu'il était vers Kirishima. Ou vers n'importe qui d'autre, d'ailleurs.
"Compréhensible." Kirishima le laissa faire.
Il devait trouver autre chose pour remplacer le martèlement que la basse lui avait envoyé au sien de la poitrine. Il chercha parmi ses musiques les plus écoutées : Vicarious, Pushit, The Pot, Fear Innoculumn, Schism, Jambi-
Celle-là.
Invincible
Sa musique préférée était en fait l'un des morceaux les moins agressifs. Elle faisait partie du nouvel album, donc il ne l'avait encore jamais écouté avec une audition décente, mais apparemment il y avait une étrange percussion aiguë dans le premier couplet, dont il ignorait jusque-là l'existence.
𝅥𝅮 Long in tooth and soul
Longing for another win 𝅥𝅮
C'était étrangement apaisant.
𝅥𝅮 Beating chest and drums
Beating tired bones again 𝅥𝅮
Il avait très bien compris que le protagoniste de la chanson n'était pas invincible, absolument pas, même. Ce n'était pas pour ça qu'il l'aimait.
𝅥𝅮 Once invincible
Now the armor's wearing thin 𝅥𝅮
Ça le réconfortait un peu de s'imaginer, lorsqu'il se réveillait parfois avec un épuisement mêlé d'un sentiment d'impuissance, comme un guerrier fatigué qui luttait plutôt qu'un enfant stupide, effrayé par les pièces bondées et le contact humain, se démêlant pour essayer de sortir du lit et aller en classe.
Il lui fallut la majeure partie de la musique de douze putains de minutes pour trouver le courage d'enfin répondre à Kirishima. Pas à haute voix cependant, il ne pouvait pas former les mots. Envoyer des SMS était plus facile.
Moi :
Six m'a conseillé « d'explorer » des trucs par moi-même avant d'essayer avec toi.
Moi :
Au lieu de m'en accommoder, j'ai paniqué.
Il jeta le téléphone un peu plus loin, se recroquevillant immédiatement en boule pour cacher son visage dans ses bras, qu'il croisa de manière protectrice sur ses genoux.
"Je suis désolé, Katsuki." Bakugo sentit le matelas s'affaisser à côté de lui.
"C'est débile." il marmonna.
"Non, ça ne l'est pas." Kirishima ne lui mentait pas, jamais, alors peut-être que c'était vrai. Il arracha son téléphone du lit et commença à écrire de façon désespérée, pour juste tout extérioriser.
Moi :
Une minute je pense que je m'en remets, et la suivante j'ai l'impression que ça vient à nouveau de m'arriver. Parfois j'ai l'impression qu'il est là. Ça s'est passé il y a des années, mais il a toujours cette stupide emprise sur moi. Je peux encore entendre les conneries qu'il m'a dit, parce qu'il est dans ma tête comme une putain de maladie.
C'était un peu dramatique, mais c'était vrai. Il était coincé de manière si frustrante dans cette nuit qu'elle s'était empêtrée dans tous les autres aspects dysfonctionnels de sa vie merdique. Peut-être que ça n'aurait pas été aussi grave s'il était allé en thérapie plus tôt, qu'il avait eu de bons amis et des parents décents avant que le poison ne se répande partout en lui. Mais ça n'avait pas été le cas, alors désormais il devait arracher les racines pourries de ses veines et ça faisait si mal. Il creusait de plus en plus profondément, mais il continuait à en trouver toujours plus. Dans son style de combat, ses habitudes quotidiennes, ses relations, dans sa vision de lui-même et des autres. Dans les réflexes de son propre corps, dans chaque main qui le touchait et dans sa manière de discerner si quelqu'un pouvait vraiment l'aimer.
Ça le rendait fou.
"Je suis tellement désolé." La voix de Kirishima le ramena au présent. "C'est vraiment affreux."
Il était fatigué de la complexité de sa propre psyché. Il n'était pas du genre prudent, il labourait la merde comme un bulldozer et espérait en tirer un bon résultat.
Kirishima le savait, donc il ne fut probablement pas totalement surpris lorsque Bakugo se jeta sur lui, l'attirant par le devant de sa chemise pour écraser leurs lèvres l'une contre l'autre. Il lui rendit son baiser juste un instant avant de s'éloigner.
"Katsuki." C'était triste et empli de compréhension, Bakugo détestait ça.
"Me « Katsuki » pas." sa frustration éclata. "On va pas se plier à cet enfoiré vaniteux."
"Non, bien-sûr." promit Kirishima. "Ce n'est pas à cause de ce que le psychiatre a dit. Je ne veux juste pas commencer quelque chose comme ça alors que tu n'es pas au mieux psychologiquement."
"J'essaierai rien de nouveau." Il ne savait pas pourquoi c'était soudainement si important.
Tu veux te sentir désiré parce que tu te sens sale et que tu te détestes.
D'accord, peut-être qu'il le savait, mais était-ce vraiment si terrible ?
"Ce qu'on a déjà fait reste très intense pour toi."
"Okay, d'accord, juste- embrasse-moi ?" La demande ressemblait dangereusement à une supplication.
"D'accord." Kirishima s'adoucit.
Évidemment, lorsque Bakugo tenta d'initier une autre tentative, Kirishima plaça une main au centre de sa poitrine et passa son autre main vers son oreille, le ralentissant vers quelque chose de doux et régulier.
"Merde." Bakugo gémit, éclatant soudainement d'un rire jaune. "Pourquoi tu me laisses pas m'autodétruire pour une fois ?"
"Pas moyen." Kirishima l'embrassa avec un sourire, clairement satisfait de lui-même.
N'ose pas encore pleurer, bordel, tu ne peux pas faire ça à chaque putain de fois.
Il s'éloigna, l'adrénaline se calmant finalement.
"Tu te sens un peu mieux ?" Kirishima demanda.
"Oui." il marmonna à contrecœur.
"T'es mignon quand tu fais la moue."
"La ferme."
D'accord, peut-être que Kirishima avait raison. Il était fatigué par ses émotions et ils devraient simplement se contenter de discuter et se câliner, ou quelque chose de naze et niais dans ce genre là. Il se laissa aller contre le carmin, qui se pencha en arrière avec lui, les calant dans ce que Bakugo détestait admettre être sa position préférée. Il adorait lorsque Kirishima était sur le dos, jouant avec ses cheveux alors que Bakugo utilisait sa poitrine comme oreiller. C'était tout le confort d'être en petite cuillère sans la menace d'un corps derrière lui.
T'es devenu si niais, bordel de merde.
"J'aimerais pouvoir faire quelque chose." Kirishima murmura. "J'aimerais pouvoir faire disparaître tout ça."
"Ouais, moi aussi." il sourit d'un air creux. "Désolé d'avoir agi comme un putain de déséquilibré toute la matinée."
"Ne le sois pas. T'as le droit de me le dire quand j'insiste trop."
Le regard de Bakugo s'attarda sur les marques de dents au dos de sa main. Honnêtement, Aizawa devrait être fier de lui si c'était tout le mal qu'il s'était fait durant l'ensemble de cette panique spectaculaire.
"Parfois, j'ai juste à me distraire assez longtemps, le temps que ça passe."
"L'hôpital t'a donné des trucs contre l'anxiété, nan ?" Kirishima demanda. "T'as pris quelque chose ?"
Ah, c'est vrai. Les médocs.
"J'ai oublié."
"Eh bien, on essayera de s'en rappeler la prochaine fois que ça ira vraiment mal." Kirishima promit.
"Mais il fait tellement tôt pour prendre cette merde." il grogna. "Si je le fais je serais fatigué pour le reste de la putain de journée et j'ai des choses à faire."
"C'est mieux que de te faire du mal." Kirishima passa doucement son pouce sur sa main.
Merde, il a remarqué.
"C'est même pas si grave." Il leva les yeux au ciel.
"L'objectif niveau automutilation, c'est pas vraiment le « pas si grave », mec."
"Contente-toi de ce que tu peux, bordel." il grommela avec irritation. "Je fais de mon de mieux, okay ?"
"Oh merde, non, c'est pas ce que je voulais dire." Kirishima se reprit. "Je ne te critique pas. Je pense juste que prendre les médicaments vaut mieux que de te faire mal, même si c'est juste un peu mal."
Il ne voyait pas où était le problème. Il n'était pas blessé, les marques s'estomperaient dans un jour ou deux. Quel était le soucis ?
"Je pense que ce qui m'inquiète c'est pas tant les conséquences physiques que ce que ça signifie." Kirishima poursuivit.
"Ah ?"
"Tu ne le fait que quand tu as tellement mal à l'intérieur que t'infliger la douleur physique fait moins mal." Il lui embrassa le dos de la main avant de reprendre les lentes caresses avec son pouce. "Peut-être que c'est pas une bonne idée de prendre beaucoup de médicaments, j'en sais rien, mais te laisser souffrir ne semble pas être une solution."
"C'est... ce que j'ai toujours fait." Bakugo répondit doucement. "Je t'ai envoyé un message parce que j'ai promis à Aizawa que j'essaierais de prévenir quelqu'un avant de faire quelque chose de stupide. Et ça a fonctionné, t'as juste... dû me supporter pendant que j'agissais comme un putain de lunatique. Genre, complètement flippant et silencieux."
"C'est pas flippant, juste préoccupant."
Comment ça se fait qu'il s'en soucie autant tout le temps ?
Il retroussa sa manche, juste assez pour que Kirishima puisse voir l'essentiel de ce qu'il avait marqué sur son bras.
"Je t'ai jamais remercié." Une chaleur se répandit dans sa poitrine au souvenir. "Pour ce que tu as écrit à l'hôpital. C'était toujours là quand je me suis réveillé."
"Je suis content que ça t'ai plu." Kirishima s'illumina. "J'avais un peu peur que ça te fasse flipper, comme ça impliquait que quelqu'un te touche dans ton sommeil et tout."
"Il y a eu tellement de gens qui m'ont touché pendant mon sommeil cette semaine-là, je pense pas qu'un de plus aurait pu vraiment faire une putain de différence. Je veux dire, je me suis réveillé avec des tubes et pleins d'autres trucs- "
À l'intérieur de moi.
" -à des endroits bien pires qu'un bras."
"Eh bien, ça à l'air traumatisant."
"Je suis dans un état permanent de traumatisme." il ricana d'un air distant. "Je peux plus faire la différence."
"C'est horrible, je devrais pas rire." Kirishima ricana.
"Vaut mieux en rire qu'en pleurer." Bakugo haussa les épaules.
"Est-ce qu'on peut écouter quelque chose que je comprends ?" Kirishima demanda. "L'anglais fait trop réfléchir."
Bakugo s'exécuta, cliquant sur l'une des musiques du chanteur Gackt.
"Est-ce que c'est le gars qui s'habille en personnages de Final Fantasy ?"
"Ouais. Mais je suis pas sûr si c'est lui qui ressemble à Genesis, ou si c'est le studio Square qui a modelé Genesis d'après lui." Bakugo réfléchit, se remémorant l'époque où la PlayStation portable était la chose la plus cool au monde. "Mon Dieu, Crisis Core était bon."
Sur cette note, il se devait de remplacer la playliste de Gackt au profit de « Redemption ». Et oh merde, il pouvait à nouveau entendre la partie cool de la guitare principale de l'intro. Peut-être qu'il pourrait même entendre les violons dans « Mizerable » ? Il faudrait qu'il essaie.
"Tu sais que Sero a le remake de FFVII, n'est-ce pas ?"
"Il me le faut." Bakugo déclara immédiatement.
"Le septième volet est ton préféré, pas vrai ?" Kirishima émit un sourire narquois.
"Qu'est ce que c'est censé vouloir dire ?" Bakugo le défia.
"Il est super violent et déprimant." il élabora. "Le favori universel des petits cons."
J'ai pas d'argument contre ça.
"Alors ? C'est ton favori ?" Kirishima demanda à nouveau, son sourire effronté s'élargissant.
"Ouais." il lâcha, avant d'ajouter sur la défensive, "Et le tiens ? Je parie que c'est le dixième, espèce de petite merde sentimentale."
"...Oui."
"Je le savais."
"C'était plus fort que moi !" Kirishima gémit. "J'étais jeune et impressionnable, et en plus le père de Tidus était super méchant !"
"Cloud éclaterait le stupide ballon de plage de Tidus et boirait ses larmes."
"Pas du tout !" Kirishima ricana. "C'est un grand tendre derrière toute cette bravade. Un peu comme une autre personne que je connais."
"La ferme." il grogna. "J'envoie un message à Sero."
Moi :
FFVII:R
Tout de suite.
Spider-Man Discount :
Bien-sûr, mec. Mi dormitorio es su dormitorio.
"Qu'est-ce que ça veut dire, bordel ?" Il tourna le téléphone vers Kirishima. C'était écrit en katakana, mais ce n'était pas des mots qu'il connaissait, donc soit ça ne voulait rien dire, soit il faisait un AVC.
"Je pense que c'est l'équivalent d'un « oui » pour Sero." Kirishima supposa. "Allons-y."
Ce n'était pas vraiment une utilisation productive de son temps, mais ça allait être sympa d'être juste une putain de personne normale qui faisait des trucs normaux pour un moment.
Il ouvrit la porte et tomba face à face avec Aizawa, la main levée et prêt à toquer.
"Putain !" il jura, à la fois par surprise et par peur.
"Bakugo, salut, euh- " Aizawa était clairement pris au dépourvu. "J'ai besoin de te parler."
"Tu vois, en me basant sur les fois précédentes, je suis pas partant."
"Je sais." Aizawa répondit gravement, trahissant à quel point la conversation allait être pénible.
"Oh merde, c'est si mauvais que ça." Bakugo grimaça.
"Je, heu, on se voit dans la chambre de Sero." Kirishima les laissa tous les deux. Une partie de Bakugo appréciait l'intimité donnée, et une autre criait « ne me laisse pas ».
"Je sais que c'est beaucoup te demander." Aizawa commença à la seconde où Kirishima fut hors de vue. "Mais je veux que tu rencontres l'autre survivant."
"T'as raison. C'est beaucoup demander, putain."
"Penses-y juste."
"C'est tout réfléchi."
"D'accord." Aizawa hocha la tête, reculant pour partir. "Je respecterai ta décision."
"Non, je veux dire que je vais le faire." Bakugo clarifia. "C'est pas de gaieté de cœur, mais c'est pas aussi nul que la dernière fois que t'as demandé une faveur. Alors je vais le faire."
"Tu es sûr ?" Aizawa demanda, sceptique.
"Me demande pas ça à moins que tu veuilles que je change d'avis." Bakugo grommela. Aizawa lui sourit d'une façon trop affectueuse. C'était trop doux et chaleureux pour le dur à cuire qui avait l'habitude de repousser toute forme de joie qu'il connaissait.
"Merci, Bakugo. J'apprécie."
"Tu t'occupes de cette affaire à cause de moi pour commencer." Il haussa les épaules. "Je te le dois bien."
"Peu importe." Aizawa posa légèrement sa main sur son épaule. "Merci."
"Ouais, okay." il marmonna, complètement embarrassé.
"Je te ferai savoir quand j'aurai organisé la rencontre." Aizawa ne pouvait pas tout à fait désactiver son aura d'enseignant, lui donnant l'impression d'être autorisé à quitter la classe alors qu'il était dans sa propre chambre. "Pour le moment va faire des trucs d'ados."
Il suivit le son de « Life hack » par Vaundy jusqu'à la chambre de Sero. Ce n'était pas son style de musique habituel, mais il avait appris à l'apprécier au fil du temps et il était quasiment sûr que Kirishima l'aimait aussi. De toute façon, c'était définitivement au tour de Kirishima de choisir la musique, après lui avoir fait subir une journée de métal bizarre en anglais.
"Pour le moment va faire des trucs d'ados."
Pouvait-il encore faire ça ?
Il allait essayer.
NAO : Pour ceux parmi vous qui parlent réellement japonais, je veux que vous sachiez que je suis une merde américaine et que je qualifie les katakana de « hiragana mais en plus pointus ». Inversement, comme les katakana ont une forme plus droite, les hiragana sont juste des katakana gays. (NP : ici il y a un jeux de mot avec « straight » (qui peut à la fois signifier « droit » et « hétéro »). « Conversely, since katakana is the straighter one, hiragana is just gay katakana ». Le double sens de la phrase est « comme les katakana sont les plus hétéros, les hiragana sont juste des katakana gays »).
Et les kanji sont impossibles à faire. C'est un code secret gardé par les anciens, inaccessible aux simples mortels.
NP : En gros, outre leur différence graphique, les katakana sont aujourd'hui utilisés pour les mots étrangers/d'origines étrangères et les hiragana pour les mots japonais.
Oui, désormais Bakugo tutoie Aizawa. J'imagine que ma capacité à "bien" traduire à trouver l'une de ses limites, parce que je n'ai pas su intégrer le changement à l'histoire. Au départ je comptais rajouter un dialogue de quelques lignes (l'auteur avait donné l'accord) pour le justifier après qu'Aizawa lui ait partagé son passé, mais les choses s'enchaînaient trop à la fin de ce chapitre pour que je puisse le faire, et ce serait la même chose lors de leur prochain dialogue (et ça aurait été un peu tard à mes yeux). Leur relation évolue (je rappelle qu'Aizawa a obtenu sa garde au debut de l'histoire), et elle dépasse de plus en plus celle de professeur-élève. Pour le moment ça peut encore sembler un peu subtile, mais bientôt ça aurait vraiment semblé bizarre que le vouvoiement soit toujours utilisé (surtout venant de Bakugo).
Traduction paroles citées de Prison Sex (Tool) : Ça a pris tellement longtemps pour me souvenir de ce qu'il s'est passé. J'étais alors si jeune et vestale. Tu sais que ça m'a fait mal, mais je respire donc je suppose que je suis toujours en vie. Même si les signes semblent me dire le contraire, j'ai besoin que tu le ressentes.
Traduction paroles citées d'Invincible (Tool) : Commencer à se rouiller. Aspirer à une autre victoire. Je tape sur ma poitrine et la batterie. Je bats à nouveau la fatigue. Invincible autrefois, l'armure s'use désormais.
