Traduction : Tressym383
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NAO : J'ai pas du tout eu le temps de répondre aux commentaires (anglophones), le travail me tue *helpless face emoji*
Mais je les lis quand même tous et je viens de découvrir que l'un d'entre eux vient de l'auteur de Social Media : 101 et vous devez savoir que cette histoire a inspiré certaines parties de cette fic. Elle est fantastique, vous devriez tous aller la lire.
NP : Merci beaucoup pour vos commentaires !! J'y ai répondu en MP :)) Et bonne année !
Grâce à l'adorable sensibilité de son cerveau au conditionnement classique, le commissariat lui provoquait désormais une terreur infondée et intrinsèque. S'y rendre signifiait soit remuer le couteau dans de vieilles blessures jusqu'à ce qu'elles semblent à nouveau fraîches, soit être attaqué par un putain de fou. Aizawa avait cependant dit qu'il devait porter une accusation plus grave s'il voulait ramener Ito en détention et ça impliquait de faire une autre déposition. De lui.
Six était en train de négocier quelque chose avec la femme qui avait pris sa dernière déposition, mais sa tête grésillait trop pour écouter quoique ce soit jusqu'à ce qu'elle se retourne à nouveau vers lui pour lui parler.
"Ils vont te laisser faire une déclaration écrite." Il n'était certain de ce que ça signifiait, mais elle l'annonça comme si c'était une bonne nouvelle. "Nous avons deux options : la première est que tu rédiges un compte rendu détaillé de ce qu'il s'est passé."
Pas moyen.
"Et l'autre option ?"
"C'est moi qui écris le compte rendu à ta place, que tu liras et signeras ensuite."
Il devait choisir entre la peste et le choléra.
"Tu leur diras quoi exactement ?" il demanda anxieusement.
"Rien sur ce que tu as ressenti ou la manière dont ça t'a affecté. Juste les faits physiques de ce qu'il s'est passé."
"En détail ?"
"Oui."
Il ne savait pas pourquoi il retardait la décision. Il savait qu'il n'arriverait jamais à l'écrire lui-même, ce qui ne laissait qu'une option. Il ne l'appréciait juste pas.
"Je signerai ce que tu écriras." il répondit en regardant ses pieds.
"Par contre tu dois savoir que s'ils te convoquent, je ne pourrais pas témoigner à ta place." elle ressentit apparemment le besoin de lui rappeler cette terrifiante possibilité.
"À quoi sert cette putain de déclaration si je vais juste devoir le refaire quoi qu'il arrive ?"
"La déclaration sert à l'accuser. Le témoignage au tribunal, c'est pour le condamner."
"Ils peuvent pas juste lire le putain de papier ?" il demanda désespérément.
"J'ai bien peur que non."
Elle dut être minutieuse, car il lui fallut une demi-heure pour rédiger le document. Lorsqu'elle le lui tendit, il commença à compter les secondes, essayant d'estimer combien de temps il faudrait qu'il le fixe pour la convaincre qu'il l'avait bien lu.
Quelques phrases se démarquèrent tout de même. Il aimerait effacer les mots « pénétration anale » de son putain de cerveau. Il ne savait pas trop pourquoi le langage médical rendait les choses tellement pires. Peut-être parce qu'il ne laissait aucune place au flou, désignant directement des parties de lui. Il lui rendit le papier en fuyant son regard.
"Félicitation, vous avez réussi le putain de test."
"Je suis désolée de te faire subir ça." Elle prit doucement la feuille. Il était à la fois insulté et reconnaissant de la gentillesse avec laquelle ses professeurs l'enveloppaient ces derniers jours. Ça contrastait fortement son expérience avec le reste du putain de monde.
"J'ai une autre requête à te faire." elle informa rapidement.
"Tu veux que je me crève un œil et que je tombe dans les escaliers ? Comme ça j'aurais l'air de la victime la plus gentille et triste possible."
"J'aimerais que tu m'aides à parler à Haruki."
Il était tellement perdu dans ses propres problèmes ces derniers jours qu'il en avait oublié l'autre garçon.
"Comment… Comment il va ?"
"Difficile à dire." elle répondit. "Il ne veut parler à personne d'autre qu'à toi."
"Pourquoi tu peux pas juste faire ton truc psychique ?"
"Il faut qu'il me parle avant qu'il puisse y consentir." C'est vrai, Six se soucie de ce genre de choses. "Je ne sais pas non plus s'ils me laisseraient écrire une déclaration pour lui puisqu'il n'est pas l'un de mes patients attitrés."
"...D'accord."
Pour être honnête, il était en fait un peu excité de revoir Haruki. Enfin, il ne comptait pas l'admettre de toute façon. Ils arrivèrent dans la même pièce que la dernière fois, mais cette fois le petit s'illumina à la seconde où ils entrèrent.
"Katsuki !" il s'exclama. "Tu l'as attrapé !"
"Pas vraiment, non." il contredit. "Ils l'ont arrêté et maintenant il est en liberté sous caution."
"Oh." Son visage se déforma dans une confusion contrariée. "Ils l'ont laissé partir ?"
"Temporairement." Six intervint. "C'est pourquoi nous voulions te parler."
"Je ne peux rien dire s'il est dehors."
Ah. Donc Bakugo n'était pas le seul à être menacé.
"Il est surveillé maintenant." elle expliqua. "Il ne devrait rien faire qui l'incriminerait tant qu'il fait déjà l'objet d'une enquête."
Haruki secoua simplement la tête en signe de désaccord. Bakugo ne pouvait pas lui en vouloir. Il ne voulait pas en parler non plus, et pourtant il vivait sur un campus pleins de héros professionnels.
"Katsuki le fait." elle essaya. Les yeux d'Haruki se posèrent aussitôt sur Bakugo.
"C'est vrai ?"
"Ouais." À contrecœur.
"Tu n'as pas peur ?"
Il pourrait faire semblant d'être courageux. Essayer d'être le héros en formation qu'Haruki avait d'abord pensé qu'il était lorsqu'il avait vu pour la première fois la gloire ardente du festival sportif. Il pourrait recommencer à prétendre qu'il n'avait jamais peur.
Ce n'est pas ce dont il a besoin.
"Si."
Haruki prit un moment pour y réfléchir, étudiant les menaces de mort et les confrontant au fait que Katsuki le faisait.
"Qu'est-ce que je dois dire ?" il demanda finalement.
"Nous devons savoir comment Ito t'a emmené et où." Six exposa. "Puis ce qu'il a fait pendant que tu étais porté disparu."
Bakugo ne savait pas comment mettre des mots sur cette expérience, même des années après. Comment diable un enfant de dix ans était-il censé faire ? Miraculeusement, Haruki hocha la tête.
"Tu as montré à Aizawa le bâtiment où tu étais." Six commença. "Comment t'a-t-il emmené là-bas ?"
"Il m'a demandé."
"Pourquoi tu es allé avec lui ?"
Haruki haussa les épaules.
Tu as cinq ans de plus, montre l'exemple.
"Moi je l'ai suivi parce qu'il faisait super froid." il partagea.
"Oui, dormir dehors, c'est nul." L'attitude d'Haruki s'ouvrit soudainement.
"Ma mère m'avait mis à la porte." Bakugo poursuivit, trouvant étrangement facile de se confier. "Pourquoi toi t'étais dehors ?"
"Maman avait invité un garçon et je ne l'aime pas."
C'était toute une boîte de Pandore qu'ils n'allaient pas explorer pour le moment.
"Que s'est-il passé quand tu es arrivé là-bas ?" Six demanda.
"Il m'a demandé quel était mon alter."
Comment ça se fait que je ne le sache pas encore ?
"Et quel est ton alter ?"
"Je n'en ai pas."
Oh, c'est pourquoi.
L'idée que le manque d'alter soit une vulnérabilité aux abus le fit grincer des dents.
Désolé, Deku.
"Puis après ?"
"On a regardé la télé."
"Qu'est-ce qu'il y avait à la télé ?"
Il pointa Bakugo du doigt et son sang se glaça.
"Tu regardais Katsuki à la télé ?"
Il hocha la tête pour confirmer.
"D'après les notes d'Aizawa tu l'as vu au festival sportif." Oh bordel, c'est dans ce contexte qu'il l'avait regardé ?
"Il a dit que Katsuki était fort."
"Allez gamin, je pensais que t'étais un dur- "
Non. Ne pas penser à ça.
"Tu sais pourquoi il te l'a fait remarquer ?" Six semblait perplexe désormais.
"Il a dit qu'il aimait les défis."
Bakugo pouffa. C'était objectivement faux. Des enfants prit au piège étaient l'exacte opposé d'un défi. Pourtant, l'idée piquait son dégoût préexistant pour les gens qui essayaient de le discipliner.
Apparemment, Haruki ne pensait pas qu'il était encore suffisamment déconcerté, car il continua sur sa lancée.
"Il a dit qu'il aurait aimé que je te ressemble plus." il déclara avec désinvolture, comme si ce n'était pas absolument horrifiant. Bakugo n'était plus si sûr de pouvoir continuer la conversation.
"Est-ce qu'il a dit pourquoi "? Six chercha à creuser.
"Il a dit que la fille était trop facile. Qu'elle a abandonné trop vite." Haruki le regardait dans les yeux et Bakugo voulait hurler. "Il a dit qu'il voulait que je sois plus comme toi. Mais je ne sais pas trop me battre."
"Quelle fille ?" Il releva la seule partie de la réponse de Haruki qui ne le glaçait pas jusqu'aux os.
"Il a agressé une fille de son université." Six répondit, les sourcils froncés. Elle réfléchit quelques instants d'un air inquiet. "Je reviens. Je dois passer un coup de fil."
Et soudain, Haruki et lui étaient seuls.
"Donc c'est lui qui t'a montré le festival sportif." Bakugo s'hasarda. Ça le terrifiait de poser sa prochaine question, mais il avait besoin de savoir. "Est-ce qu'il t'a montré autre chose de moi ?"
"Une photo de toi."
Ne panique pas. Tu savais déjà qu'il avait ça.
"Quel genre de photo ?"
"Tu dormais."
Avais-je des vêtements ? Il ne pouvait pas se résoudre à le demander.
"C'est tout ?"
"Il m'en a juste montré une parce que je ne le croyais pas quand il a dit qu'il te connaissait."
Oh si qu'il le connaissait. Au sens biblique, même.
D'accord, il devait arrêter d'y penser. Que faisait Six de toute façon ? Bakugo se glissa jusqu'à la porte, se plaquant contre le mur pour écouter sa thérapeute comme l'un des putains de gosses d'Harry Potter.
"Aizawa ? Ouais. Non, il va bien. J'ai besoin de savoir quand- Il a agressé cette fille il y a combien de temps ? D'accord. Okay, oui, s'il te plait essaie de trouver. Il faudrait savoir si c'était avant les autres victimes ou non. Oui. Eh bien, c'est bizarre qu'elle soit aussi âgée. Haruki et les autres enfants ont tous à peu près le même âge. La seule fille que le Vampire Tueur a kidnappé avait de courts cheveux blonds et était un peu un garçon manqué. Je crois- Je pense qu'il était déçu par la fille de son école et qu'il- qu'il voulait recréer ce qu'il s'était passé avec Katsuki."
Le monde se réduisit au rugissement dans ses oreilles et aux cris dans sa tête.
C'est à cause de moi.
"Ouais, je sais que ça craint, mais ça fait sens. Katsuki était le premier, alors- Attends. Attends une minute."
Il n'arrivait plus à respirer.
"Katsuki ?" Il pouvait à peine entendre Six par dessus sa propre hyperventilation. "Merde, tu n'étais pas censé entendre ça."
"Ils sont morts parce qu'ils lui rappelaient moi." Tout ce qui l'entourait oscillait, s'estompant et s'éloignant au loin.
"Ce n'est pas de ta faute." elle insista.
"Si je l'obsède à ce point," Les bords de sa vision commençaient à se brouiller. "Il va encore s'en prendre à moi, pas vrai ?"
Je parie qu'il se branle toujours sur ces photos.
"Il ne peut pas t'atteindre à UA." elle promit.
"Je suis son préféré." il répéta l'horrible phrase que Haruki lui avait dit lors de leur première rencontre.
"Il recherche un sentiment d'euphorie." Elle abandonna sa tentative de se faire discrète. "Je pense qu'il essaie de retrouver ce que ça fait de faire ça à quelqu'un pour la première fois, et il croit que la solution pour retrouver ce sentiment est de trouver un autre toi."
Sa tête grésillait de plus en plus.
"Il veut que je me souvienne d'avoir été ce gamin." Au téléphone, dans la ruelle. "Il essaie activement de me donner l'impression que rien a changé et ça fonctionne, j'ai encore l'impression d'être dans cet appart."
"Sa présence en elle-même est un déclencheur pour toi." elle répondit. "Il évoque une partie extrêmement vulnérable de toi et c'est de là que vient l'emprise que tu ressens. Ce n'est pas quelque chose de réel et concret. Il est juste un humain."
C'était vraiment le problème, n'est-ce pas ? Cette force terrifiante, hantant ses pas avec tant de pouvoir sur lui, n'était qu'un humain. Et même pas un qui était particulièrement compétent, c'était un idiot sur les bords. La prestation globalement décevante d'Ito le laissait incertain, il ne savait pas s'il devait en être soulagé ou embarrassé. Peut-être les deux.
"Sa plus grande compétence, c'est la manipulation." Six sembla deviner ses pensées. "Dans les situations sociales, il est très doué pour tordre le récit à son avantage. En gros, il est bon pour te retourner la tête, mais pas pour grand-chose de plus."
"J'arrête pas de perdre contre lui." il répondit avec frustration. "Il a pas juste à nouveau eu l'avantage sur moi, je l'ai presque laissé me tuer à travers un putain d'appel téléphonique."
Stupide, stupide, faible-
"Son pouvoir vient du traumatisme de ce qu'il t'a fait à l'époque, pas de ce qu'il peut te faire aujourd'hui. Et je sais que c'est frustrant, mais c'est comme ça que les abuseurs procèdent. Ils te donnent l'impression qu'ils ont une emprise sur toi même quand ce n'est pas le cas. Au niveau des capacités physiques brutes, Ito ne devrait pas être en mesure de t'intimider. On sait tous les deux que tu lui botterais le cul dans un combat loyal. Il te fait encore te sentir en danger parce qu'il est fourbe et qu'il utilise le traumatisme contre toi."
"Je me sens tellement débile." Il savait qu'Ito ne devrait pas être en mesure de le faire se sentir comme ça, mais son putain de cerveau stupide ne percevait pas le mémo.
"Je ne veux pas minimiser à quel point il te fait peur, parce que c'est parfaitement légitime. Mais je veux aussi que tu gardes à l'esprit qu'il n'aura pas la même opportunité de te faire du mal qu'à l'époque. Tu n'es pas seul avec nulle part où aller, tu es entouré de gens qui veulent te protéger. S'il ne peut pas t'isoler, il ne peut pas te faire de mal."
D'une manière ou d'une autre, il n'avait jamais réalisé avant qu'Ito n'avait réussi à l'atteindre que lorsqu'il était seul. Même lors de l'appel téléphonique, son isolement avait été un élément essentiel.
Bordel, il aimerait tellement qu'Aizawa soit là.
"Tu veux continuer à parler à Haruki, ou tu veux rentrer ?" Six demanda doucement. Il mordilla sa lèvre inférieure, indécis. "Katsuki, qu'est-ce qu'il y a ?"
"Je veux pas sortir." il avoua.
"Tu veux dire que tu ne te sens pas assez en sécurité pour quitter le commissariat ?" elle interpréta. Il ne répondit pas. Il n'avait pas besoin. "Tu veux que j'appelle Aizawa pour qu'il vienne te chercher ?"
Il acquiesça silencieusement, trop soulagé pour en être embarrassé alors qu'elle ressortait son téléphone.
"Aizawa ? Hey, c'est encore moi. Ouais, tu peux venir chercher Katsuki ? Je suis sur la bonne voie avec Haruki, donc je ne veux pas partir tout de suite. Non, il va bien. Il a fait du bon boulot, mais il est maintenant prêt à rentrer."
Elle rendait la situation si raisonnable. Comme si elle ne demandait pas à Eraserhead le héros pro de venir le chercher comme un gamin qui avait eu peur lors d'une soirée pyjama.
"Il a dit qu'il était sur le chemin de toute façon." Six mit fin à l'appel. "Il sera là dans environ vingt minutes."
Lorsqu'ils revinrent dans la pièce, Haruki griffonnait au crayon sur le dos d'une brochure quelconque. Un podium à trois niveaux étiquetés premier, deuxième et troisième. Les personnages étaient mal faits et à peine reconnaissables, mais cette scène était gravée dans sa mémoire.
"Pourquoi t'as choisi de dessiner cette partie du festival sportif ?" Il ne réussit pas entièrement à retenir la colère de sa question.
"Il aimait bien mettre sur pause ici. Il la repassait des fois."
Ouais, il en avait assez pour aujourd'hui.
"À une prochaine fois, Haruki." il s'excusa aussi poliment qu'il en était capable avant d'aller patienter dans le couloir.
"Au revoir, Katsuki !" Haruki salua, complètement inconscient de l'effet qu'il provoquait.
Le couloir était étrangement calme comparé au chaos qu'il avait abrité la dernière fois. Il n'y avait rien pour le distraire du fait qu'Ito Daichi était un homme libre et que lui avait tout dit à la police.
Presque tout.
Moi :
Si vous pensez que je suis bizarre, vous devriez voir l'autre témoin.
Le mot témoin semblait correct. C'était bien mieux que victime, du moins. Il y avait même marqué « Témoin/Victime » en haut de la feuille de déposition, alors il pouvait dire celui qu'il voulait.
Acide Citrique :
Bizarre comment ?
Moi :
Tu vois comment les gosses dans les films d'horreur disent toujours des trucs vraiment énigmatiques ? Ce genre là, mais au lieu d'essayer de voler ton âme pour le seigneur des ténèbres, il veut juste te colorier.
Détective Pikachu :
Au septième jour, méfie-toi de l'usurpateur*. Et aussi passe le crayon violet.
Il ne pensait même pas qu'il était capable de rire à l'heure actuelle, mais Kaminari avait un don.
Moi :
En gros, ouais.
Acide Citrique :
Okay, mais je suis tellement curieuse de savoir ce qu'il a vraiment dit.
Mais t'es pas obligé de me le dire !
Détective Pikachu :
Sero n'est pas là et il constitut, genre, 90% du contrôle de nos impulsions collectives.
Moi :
La première fois que je l'ai vu, il m'a à peine regardé avant de directement me dire « Tu es son préféré ».
Détective Pikachu :
Oh bordel de merde.
Acide Citrique :
Met le feu au commissariat.
Tête d'Orties :
Je viens juste de regarder mon téléphone et What the fuck ?
Moi :
Je t'avais dit qu'il est putain de bizarre.
"Bakugo." Aizawa attira son attention. "Prêt à y aller ?"
"Je l'étais déjà hier." il lança. Au lieu de s'éloigner lorsqu'il s'approcha, Aizawa resta immobile.
"Arrête-moi si ça te met mal à l'aise."
"Euh, qu'est-ce qu- ?"
Il enroula ses bras autour de Bakugo avec une urgence à peine contenue, comme s'il allait disparaître d'une minute à l'autre. L'une de ses mains se posa sur l'arrière de sa tête et Bakugo se demanda si c'était un truc de prof. Il se souvenait qu'All Might l'avait aussi fait. Après un moment, il entendit Aizawa laisser échapper une respiration tremblante.
"Est-ce que je suis en train de mourir ?"
Aizawa ricana.
"Je n'espère vraiment pas." Il relâcha finalement l'étreinte, mais garda les deux mains sur ses épaules. "Il ne s'est rien passé, juste… Mon Dieu, gamin, tu as vraiment vécu l'enfer, pas vrai ?"
Bakugo haussa les épaules. Il ne savait pas comment décrire l'émotion sur le visage d'Aizawa, à part qu'il le regardait comme s'il était quelqu'un d'important. Ça le réconfortait et le faisait se sentir nerveux à la fois, et il ne savait pas comment réagir face à ça.
"Très bien, j'ai fini." Il serra une dernière fois l'épaule de Bakugo avant de le lâcher. Au moment où ils atteignirent la voiture, Bakugo était certain que quelque chose clochait.
"Six a dit que t'étais déjà en route pour venir ici." il se souvint. "Pourquoi ?"
"Ça peut attendre quelques heures." il répondit.
"Pourquoi c'était ?" il insista. Aizawa céda.
"J'ai trouvé quelqu'un pour corroborer ton histoire."
Il lui fallut une seconde pour se rappeler ce que diable « corroborer » signifiait.
"Comment c'est possible ?"
"La femme qui vie dans l'appartement du dessous en a entendu une partie."
Sa première réaction fut l'horreur. Quelqu'un écoutait ça ?
"Elle… Qu'est-ce que tu veux dire ? Genre, elle a entendu quelqu'un dans l'appartement, ou…"
"Elle sait ce qu'il s'est passé." il expliqua. "Elle… a en fait donné un récit assez détaillé."
Bakugo était à peu près sûr que ses organes faisaient des soubresauts.
"Et e-elle s'est contentée d'écouter ?" Vivre avec la honte secrète était déjà assez difficile, mais si quelqu'un était au courant depuis le début et s'en fichait simplement… Ça faisait mal à un autre niveau.
"C'est une toxicomane. Elle avait peur d'être arrêtée si elle appelait la police." il expliqua. "Ce n'est pas une excuse, juste la raison."
Les années à refouler les souvenirs si profondément qu'il s'était lui-même convaincu que l'événement ne s'était pas produit semblaient maintenant surréalistes. Quelqu'un était au courant depuis le début. Savait qu'il n'inventait rien, se rappelait peut-être même de détails que lui-même avait oublié. Et désormais Aizawa aussi.
"Qu'est ce qu'elle t'a dit ?" il demanda avec crainte.
"C'est vraiment quelque chose que tu veux entendre ?" Aizawa questionna.
"J'ai besoin de savoir que c'était réel." Il ne savait pas trop comment expliquer l'inquiétude que sa propre mémoire n'était pas assez crédible. Une partie tenace de lui s'inquiétait constamment qu'il se soit trompé d'une manière ou d'une autre.
"Elle l'a entendu te crier d'arrêter de pleurer." Et toi qui pleurais, il n'avait pas besoin de le dire. Aizawa avait l'air attristé, les articulations blanchissant autour du volant. "Elle t'a entendu t'étouffer et te faire frapper. Elle a dit que tu souffrais. Elle a dit- "
Il avait vu plusieurs fois Aizawa devenir émotif depuis que tout avait commencé, mais c'était la première fois qu'il le voyait les larmes aux yeux.
"Elle a dit que tu étais devenu silencieux au milieu. Elle avait peur que tu sois mort au début, mais maintenant elle pense que c'est à ce moment-là que tu as abandonné."
Aizawa le connaissait bien si c'était la partie qui l'avait bouleversé. Plus que tout, être utilisé comme un corps sans résistance le hantait. Jusqu'à ce moment là, il essayait toujours d'élaborer une stratégie pour s'échapper, ou du moins un moyen de survivre. Il se sentait toujours lui-même. De tous, le souvenir d'avoir été poussé à se rendre était celui qui lui faisait le plus mal.
"Elle a entendu tout ça et elle..."
Elle n'a rien fait.
"Elle veut s'excuser." Aizawa informa d'un ton neutre. "C'est à toi de décider si tu veux la rencontrer ou non."
Il n'avait même pas l'énergie mentale d'y penser pour le moment.
"C'est pour ça que tu m'as prit dans tes bras ?" il demanda à la place.
"Oui." Aizawa admit facilement. Bakugo pensait que ça le dérangerait, mais ce n'était pas le cas. En fait, ça aidait à calmer la paranoïa qui lui murmurait sans cesse : « les gens seront dégoûtés de toi s'ils le découvrent ».
"Tu vas lire cette merde que Six a écrit ?"
"Oui. Je dois comparer les témoignages pour faire mon dossier." Juste pour cette fois, peut-être que ça ne l'aurait pas dérangé si Aizawa lui avait menti.
"C'est vraiment moche." Ouais, sans blague, Sherlock. Il ne voulait pas le dire, mais il craignait que l'anxiété ne revienne à nouveau au milieu d'un cours s'il ne le faisait pas. "J'essaie de me dire que t'es déjà au courant, alors t'auras pas, genre… honte de moi ou un truc du style…"
"Bien-sûr que non." Aizawa promit. "Dans le pire des cas, tu devras à nouveau faire face à l'un de mes câlins."
"Ouais, c'était un peu inattendu." il ricana, avant de balbutier, "Mais je, euh, ça m'a- Ça m'a pas vraiment dérangé."
Aizawa sourit face à son rougissement qui s'intensifiait rapidement.
"C'est noté."
•*référence biblique.
NAO : Il y a tellement de scènes que je dois écrire avant de perdre le fil des choses, mais si peu d'heures dans la journée.
