Traduction : Tressym383

Résumé : Une aide imprévisible se manifeste. [TW]

NP : J'ai un peu mis à jour la playlist musique, donc si ça vous intéresse, let's go, le lien direct est dispo sur mon profile.

J'essaye un maximum d'y mettre des vidéos avec des traductions françaises ou au moins avec les lyrics, mais c'est pas toujours évident. De toute façon j'ai presque envie de faire un docs qui explique par A plus B pourquoi chaque musique s'y trouve et en quoi elles se rattachent à la fic :').

De base j'y mets pas que des musiques qui se réfèrent directement à l'histoire, j'y ajoute aussi des musiques que j'écoute beaucoup en traduisant, mais je finis par tellement les associer que mon cerveau est juste, genre, « cette musique parle de rupture amoureuse ? Naaaan c'est une métaphore entre les pensées parasites encrées par sa mère et ce que Bakugo voudrait vraiment être » pwahahah. Mais en vrai la plupart ont des paroles qui reflètent la fic (souvent POV Bakugo ou POV Kirishima, évidemment).

[Fealina07] : Merci beaucoup pour ta review ! :) J'espère que ce chapitre te plaira aussi. Prends bien soin de toi ! (Globalement, prenez tous bien soin de vous).


Lorsque les rumeurs d'accusations de viol avaient commencé à circuler, les messages haineux avaient explosé.

Ito Daichi pourrait avoir qui il veut. Pourquoi voudrait-il d'un morveux grande gueule comme toi ?

T'es un peu vieux pour le Vampire Tueur. Tu pensais que personne n'allait le remarquer ?

Si tu veux toute l'attention d'une victime de viol, tu devrais passer chez moi un de ces jours.

Il changea finalement de numéro de téléphone après ce message-ci. Le harcèlement était une chose, mais maintenant les commentaires se transformaient en menaces. Ça n'empêcha cependant pas les postes à son sujet sur les réseaux sociaux.

Tu peux pas juste crier à l'agression à chaque fois qu'un gars se comporte comme un connard.

Je sais qu'on est censé croire les victimes et bla-bla, mais le mec est littéralement un malade mental.

Bien-sûr que QUELQUE CHOSE s'est passé. Personne ne nait aussi déséquilibré.

Est-ce que les Ito savent même qui est ce gosse ? Genre wtf, maintenant n'importe qui peut t'accuser de viol.

Comment espère-t-il devenir un héros professionnel s'il ne peut même pas passer une année sans être kidnappé par quelque chose ?

C'est donc pour ça qu'il n'aime pas les filles.

Il était sur le point de se laisser submerger, il pouvait le sentir. Le marqueur résidait désormais constamment sur sa table de nuit, il n'eut donc même pas besoin de quitter son lit pour commencer à marquer son bras.

Cinglé

Pathétique

Répugnant

Brisé

Sans valeur

Utilisé

Déséquilibré

Ruiné

Tapette

Il fit une pause, se souvenant de la requête de Kirishima. Il finit tout de même par écrire le mot.

Pédé

S'il ignorait assez longtemps la personne qui frappait à sa porte, peut-être qu'elle abandonnerait.

"Bakugo ?" Kirishima ouvrit prudemment la porte.

Il voulait être énervé de l'invasion de son espace privé, mais ne put s'y résoudre. Pas depuis l'explication de Mina sur le fait que Kirishima avait peur qu'il soit mort.

"Qu'est-ce que tu veux, Tête d'orties ?" il demanda, recroquevillé sur son lit face au mur du fond.

"Je ne pense pas que tu devrais te mettre en retrait avec ton téléphone comme ça." il expliqua sans détours. "Si tu veux vraiment lire toutes ces bêtises, tu ne devrais au moins pas être seul quand tu le fais."

"Okay, maman." il grommela avec dédain.

"Katsuki, je suis sérieux." Ça avait l'air d'être le cas, en effet.

"Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?" il grogna. "Je veux pas être pris au dépourvu par cette merde et je veux pas avoir affaire à qui que ce soit actuellement. Donc oui, je lis ça dans mon coin. Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ?"

"T'es pas obligé de te cacher de nous."

"Ouais, eh bien, peut-être que j'en ai envie, bordel." Il ne voulait avoir affaire à personne. La moindre personne de ce monde avait potentiellement vue les choses que les gens disaient à son sujet, et c'était précisément pourquoi il ne voulait même pas les regarder.

"Tu sais que personne dans notre classe ne croit à ce qu'ils disent, n'est-ce pas ?"

Il voulait mentir et dire oui, mais il n'en avait pas l'énergie. Il haussa les épaules à la place.

"Katsuki."

"Eijiro."

Le long soupir qui suivit sembla fatigué.

"Tout le monde ici sait que tu ne mens pas."

"Seule la moitié d'entre eux le pense, ouais." Il sourit amèrement. "L'autre moitié pense juste que je suis fou."

"Tes amis ne pensent pas ça non plus."

"Moi si." il murmura de façon à peine audible. "J'ai l'impression de perdre la tête."

"Kats- "

"Laisse moi tranquille."

Il fallut toute une minute à l'ignorer, mais Kirishima se décida finalement à partir. Bakugo était sur le point d'appeler Aizawa pour l'implorer que Kirishima apporte tous ses devoirs dans sa chambre ces prochains jours lorsque Todoroki Fuyumi passa à l'antenne.


Fuyumi avait beaucoup de regrets, et davantage de choses qu'elle n'était toujours pas tout à fait sûre de bien faire. Il y avait cependant une compétence qu'elle maîtrisait à la perfection : la rhétorique. Après le décès de Toya, elle était devenue la porte-parole des enfants Todoroki. Malgré tous les scandales de sa famille ; la maltraitance de Shoto par son père, l'effondrement de sa mère ainsi que les hauts et les bas de la carrière de héros d'Endeavor, elle avait réussi à garder une image de fille sage. En somme, elle était une très bonne oratrice. Natsuo possédait le même talent dans une certaine mesure, et Toya avait autrefois été brillant dans ce domaine. Shoto n'avait jamais vraiment réussi à prendre le coup, mais ce n'était pas un soucis. Elle s'en chargeait pour lui.

Alors, lorsque le grand public s'en prit à nouveau à Bakugo Katsuki, elle fit ce qu'elle faisait le mieux : elle dit la vérité à demi-mot.

"Merci d'être venue." Une jeune journaliste déterminée commença l'interview vidéo de la manière la plus impersonnelle possible.

"Tout le plaisir est pour moi." Au fil des années, Fuyumi avait perfectionné son sourire chaleureux de grande sœur. Parfois, elle pensait à Shoto, se souvenant de la première fois qu'il avait goûté du soba froid, de tous les plats possibles, et avait immédiatement décrété que c'était son plat favoris, ou alors à la liberté qu'il avait trouvé lors de son match avec Midoriya.

Elle ne pouvait pas aimer tout le monde comme elle aimait Shoto et Natsuo, mais elle pouvait le prétendre.

"Vous avez été aux première loges de la vie des héros toute votre vie." la journaliste établit. "Pensez-vous que tout ce qui a fait la une des journaux ces derniers temps est un problème civil, ou pensez-vous que les pros vont s'impliquer ?"

"Je ne pense pas qu'un crime doive être à une échelle apocalyptique pour justifier une attention professionnelle."

"Donc vous pensez que les héros devraient s'occuper des problèmes domestiques ?"

"Je pense que la frontière entre la violence domestique et ce que nous considérons comme un crime violent de la part de « vilains » est beaucoup plus floue que ce que la plupart des gens pensent." elle répondit doucement.

"À ce propos," La journaliste tria ses notes, se préparant à diriger la conversation là où elle le voulait vraiment. "UA a essuyé pas mal de controverses cette dernière année, à la fois concernant des vilains et concernant des faits divers domestiques. Êtes-vous inquiète pour votre frère ?"

"Eh bien, je suis toujours un peu inquiète pour Shoto." elle joua de suite la carte de la sœur aimante. "Il se surmène trop et oublie de manger."

"Je voulais plus dire, préoccupée par les gens qui l'entourent."

Pousse-la à le dire.

"Eh bien, je me méfie des sorties sur le terrain maintenant." Elle allait maintenir l'ignorance feinte juste un peu plus longtemps. "L'attaque du SCA et l'enlèvement au camps d'été étaient tous les deux des événements effrayants et Shoto était en première ligne à chaque fois. C'est un garçon courageux, ridiculement fort également, mais je m'inquiète toujours pour lui. Il reste un enfant, après tout."

"Et vous n'êtes pas du tout préoccupée par le comportement de son camarade de classe ?"

"Je devrais l'être ?"

"Eh bien, au festival sportif, Shoto s'est fait assommer. Puis son adversaire l'a poursuivit en dehors du terrain pour le brutaliser davantage."

"J'ai grandi avec des frères." Elle ne précisa délibérément pas combien. Les journalistes avaient finalement cessé de poser des questions sur Toya après plusieurs années d'obstination, elle n'avait pas besoin de ramener le sujet. "Les garçons peuvent parfois être un peu brutaux."

"C'était plus qu'un peu brutal." la journaliste désapprouva.

"C'est vrai, mais ça ne m'inquiète plus." elle rejeta. "Shoto et Katsuki se sont réconciliés il y a un moment déjà."

Katsuki, pas Bakugo. Elle présumait que ça ne le dérangerait pas qu'elle exagère un peu leur familiarité dans ce cas.

"Il ne semble pas être du genre à s'excuser." son interlocutrice souleva d'un air sceptique.

"Il a finit par le faire." elle assura. "À sa manière. Il est un peu rude sur les bords, mais c'est un bon garçon."

"Vous l'avez rencontré ?" La question était plus pour chercher des informations sur lesquelles creuser que par réelle curiosité.

"Bien-sûr." Dis-le comme si c'était de notoriété publique, la chose normale à supposer. "J'essaie de connaître tous les amis de Shoto."

"Il sont amis ?" elle parut surprise.

"Pas jusqu'à récemment." Fuyumi expliqua. "Vous connaissez cette phrase sur la manière dont l'adversité rassemble les gens ? C'est un peu comme ça que ça s'est passé. Shoto a traversé beaucoup de choses, et vous n'avez pas besoin de moi pour savoir que Katsuki a vécu une année difficile."

C'est gagné.

Désormais si la journaliste essayait de dénigrer Bakugo, elle aurait l'air d'une connasse.

"Vous faîtes référence aux accusations d'agression ?"

"Je ne sais pas grand-chose à ce sujet." En vérité, elle en savait pas mal grâce à Shoto, mais ce n'était pas à elle d'en parler. "Mais il a été kidnappé lors du camp d'été. Et par le vilain le plus puissant que nous ayons jamais vu pour ce genre de cas. Il a disparu toute une journée, il aurait pu être tué."

Elle n'apportait aucune nouvelle information, elle insistait simplement sur la gravité de ce qu'ils savaient tous déjà.

"Ça a dû être effrayant." la femme acquiesça. "Pensez-vous que cet événement traumatisant aurait pu conduire à sa confrontation avec Ito Daichi ?"

"Pas à moins qu'Ito ne travaille secrètement avec la Ligue des Vilains."

Fais en sorte que ce soit toi qui ait l'air rationnelle.

"Les photos suggèrent qu'Ito est sorti de cette confrontation dans un pire état que Katsuki." la journaliste insista.

Heureusement que j'ai appelé Aizawa avant de venir.

"Les blessures d'Ito ont été acquises lors de son arrestation." elle corrigea doucement. "Katsuki n'a rien à voir avec ça."

"Ça semble juste étrange qu'un garçon qui a mit plus bat que terre une demi-douzaine de camarades de classe pour gagner le festival sportif soit si passif."

"Le contexte change les choses." Mon Dieu, oui, elle était bien placée pour le savoir. Shoto était incroyable. Talentueux, intelligent, puissant. Pourtant, l'un ou l'autre de leurs parents pourrait encore le battre s'il le voulait parce que l'impuissance qu'il avait intégré refusait de le quitter. "Katsuki peut être agressif avec ses pairs sur le terrain, mais il réagit très différemment aux adultes dans un cadre domestique."

Rappelle-leur qu'il ne s'agit pas de deux garçons qui se battent. Ito est un adulte, Bakugo est un enfant.

"Vous faîtes référence aux accusations portées contre sa mère ?"

"Je ne vais pas m'immiscer dans ses problèmes familiaux, ce n'est pas ma place." C'est le moment de prendre un risque. "Je sais juste à quoi ressemble un enfant a qui on a déjà fait du mal."

C'était délicat, il fallait peindre Katsuki comme la victime sans non plus exaspérer le concerné en le faisant passer pour faible.

"Avez-vous entendu les rumeurs des nouvelles accusations que porterait la police ?"

D'accord, elle avait vraiment espéré qu'ils ne lui poseraient pas de questions à ce sujet.

"Je ne pense pas que ce soit quelque chose sur lequel je devrais spéculer."

"Mais vous en avez entendu parler ?" la journaliste s'accrocha à l'admission réticente. "Qu'Ito Daichi est un suspect dans l'affaire du Vampire Tueur ?"

"J'ai seulement entendu les mêmes rumeurs que vous." elle minimisa.

"La partie vraiment intéressante cependant- " Elle était sur sa lancée désormais et Fuyumi n'était pas sûre de pouvoir la rediriger sur un autre sujet. "C'est qu'ils ne portent pas plainte pour meurtres. L'acte d'accusation déposé est pour viol."

Oui, elle en avait entendu parler. Et honnêtement, ça expliquait tellement de choses. Bakugo avait toujours eu des caractéristiques d'abus évidentes, mais les profondeurs de son instabilité maintenaient encore un certain mystère. Shoto avait été assez ouvert avec elle sur sa tentative d'amitié avec Bakugo jusqu'à récemment. Quelque chose avait changé et son frère ne voulait pas le dire, même à elle.

"Les tueurs en série sont le plus souvent aussi des violeurs en série." elle déclara d'un ton neutre. "Ce n'est pas surprenant que les deux accusations aillent ensemble."

En vérité, c'était un peu réconfortant que Bakugo l'ait dit à Shoto si longtemps avant que les démarches juridiques ne commencent. Aucun des deux n'était particulièrement doué pour se faire des amis, mais ils devaient avoir atteint un point où ils étaient assez proches pour qu'un adolescent partage quelque chose comme ça.

"Vous pensez que Bakugo prétend être une victime survivante ?"

"Ce n'est vraiment pas mon rôle de spéculer là-dessus." Cette femme l'énervait clairement désormais. "Si les victimes sont mineures, le public n'est pas censé le savoir du tout. Je ne vais pas essayer de deviner quels enfants sont présumés victimes de viol."

"Cet anonymat est-il vraiment juste pour une accusation aussi grave, liée à une affaire de meurtre ?" elle n'abandonna pas. "La vie d'un homme est en jeu."

"C'est la loi parce qu'en tant que société, nous avons décidé que les enfants ne devraient pas avoir à faire face aux conséquences sociales de leur propre statut de victime. Ils n'ont souvent pas le choix de porter plainte, ce n'est pas juste de les forcer à être sous le feu des projecteurs."

"Je vois." elle finit enfin par céder. "Le travail de héros n'est cependant pas idéal pour l'intimité. Il va devoir s'y habituer."

"Mais ce n'est pas encore un professionnel. C'est un enfant. Les gens doivent commencer à le traiter comme tel."

"Merci pour votre point de vue sur tout cela, mademoiselle Todoroki." La journaliste déclara avec une affection feinte.

"Merci de m'avoir reçu." Elle serra la main de l'autre femme avec un sourire éclatant. Je te déteste du fond de mes tripes. "C'était un plaisir."


Bakugo fixa simplement son téléphone pendant un moment. Fuyumi n'avait rien à voir avec UA, rien à gagner en prenant parti. Elle l'avait fait pour lui.

Et putain qu'elle était douée.

Fuyumi avait de toute évidence une capacité magique à être universellement appréciée de tous. Les militantes féministes qui le détestaient auparavant pour son combat avec Ochako étaient désormais plus enclines à le défendre. À l'autre bout du spectre, sa proximité avec Endeavor la rendait chère au public hyper-masculin qu'il craignait honnêtement le plus. Elle n'avait pas assez de notoriété pour être sujette à la controverse, mais elle en avait assez pour que la conscience collective ait confiance en ses paroles.

Pourquoi Todoroki Fuyumi est la seule qui semble réaliser qu'harceler un mineur pour son éventuelle implication dans des accusations d'abus sexuels craint sérieusement ?

Il n'aurait pas pu rêver d'un meilleur sauveur. La haine public n'avait pas disparu, mais elle était submergée par un mouvement plus empathique.

La difficulté à contrôler ses émotions est très courante chez les survivants. Vous ne pouvez pas lui en vouloir pour ça alors qu'il n'est qu'un gamin.

La supposition qu'il était un survivant le terrifiait, mais c'était mieux que des messages haineux qui le menaçaient de faire en sorte qu'il en devienne un.

Le petit ami de ma sœur travaille au service de police et il a dit qu'il était vraiment surpris parce que Bakugo avait l'air de ne pas du tout avoir riposté. Il était juste super silencieux jusqu'au cabinet du médecin légiste.

C'était vrai, mais ce n'était pas vraiment la défense qu'il voulait. Quelques postes plus bas, quelqu'un avait pris une photo de lui, d'assez près pour montrer les bleus sur son cou. Probablement un mec random de la filière générale.

Soit il a toute une équipe spécialisée dans les effets spéciaux avec lui, soit il ne ment pas, bande de crétins.

Ça le faisait se sentir presque aussi légitime que mortifié. Il descendit dans un état second jusqu'à la salle commune. Il avait l'impression de flotter.

"Double-face." il appela d'un air hébété. "Tu remercieras ta sœur de ma part."

"Elle a dit que tu étais le bienvenu la prochaine fois que je lui rendrais visite avec Natsuo. Si jamais tu veux le lui dire toi-même."

Il devra peut-être y réfléchir.

Bordel, je lui dois bien ça.

Être à l'extérieur de sa chambre ne lui donnait pas la même terreur primaire qu'il ressentait à peine une demi-heure plus tôt. Il erra jusqu'à l'endroit où le reste de son groupe était rassemblé, se sentant presque normal.

"Hey mec, tu te sens un peu mieux ?" Sero demanda avec tact.

"T'as vu la sœur de Todoroki détruire cette garce ?!" Kaminari demanda avec moins de tact.

"Évidemment." Bakugo sourit en retour. "C'est pourquoi, oui, je me sens mieux."

"Content de l'entendre." Kirishima avait l'air soulagé alors qu'il se décalait, lui offrant silencieusement le bout du canapé qui lui permettait de se blottir dos au mur. Il n'avait jamais parlé à Kirishima de son problème concernant le fait d'être au milieu d'une pièce et il n'était toujours pas sûr de savoir comment il l'avait deviné. Peut-être qu'un jour il lui demanderait. Pour le moment, il se contenta de prendre la place avec une gratitude silencieuse.

"Bakugo…" Mina demanda prudemment. "Qu'est-ce qu'il y a sur ton bras ?"

Merde.

Il tenta de couvrir son bras gauche en le repliant sous son bras droit. Cacher tout son avant-bras n'était vraiment pas faisable dans un t-shirt, mais ça ne l'empêcherait pas d'essayer.

"C'est juste- C'est pas si grave, c'est un truc de ma thérapie." il balbutia. "C'est pour pas que je- Merde, juste t'inquiète pas pour ça, okay ?"

"Tu… Tu ne penses pas que les gens comme cette journaliste ont raison à ton sujet, n'est-ce pas ?" elle demanda, l'émotion montant.

"Pourquoi je me soucierais de ce qu'ils pensent ?" Il n'avait même pas l'air convaincant pour lui-même.

"Bakugo, t- "

"Mina, ça va." Kirishima coupa. "Je sais de quoi ça a l'air, mais c'est un exutoire qui ne lui fait pas de mal. Laisse-le tranquille."

"D'accord." elle céda, continuant malgré tout de fixer l'écriture qu'il essayait de cacher. Elle avait l'air d'être sur le point de pleurer.

"C'est pas si grave." Bakugo marmonna, mal à l'aise.

"Je n'essaie pas de te mettre dans l'embarras ou de te crier dessus." Mina essaya d'expliquer. "Tu es juste- Tu souffres visiblement et je suis ton amie. J'ai l'impression que je devrais faire quelque chose, mais... peut-être que je ne peux pas."

Il haussa les épaules, évitant son regard.

"Je veux juste comprendre." elle souffla doucement. Bakugo ne comptait pas répondre jusqu'à ce qu'il surprenne Kaminari en train de le fixer aussi. Et il avait l'air terrifié.

Il se souvenait à peine que Kaminari avait appelé l'ambulance, mais lui et Kirishima devaient sans aucun doute se souvenir de toute cette nuit en détails.

"Ça aide." il souffla doucement. "De transformer toutes les pensées de merde dans ma tête en quelque chose de physique. Je me suis blessé assez gravement plusieurs fois, alors Aizawa a suggéré de dessiner ce que je voulais me faire à la place. Je sais pas ce qu'il penserait de l'écriture spécifiquement, mais… ça doit être mieux que de se brûler ou de faire des trucs du genre, j'imagine ?"

Même si ça n'avait aucun sens, il avait l'impression d'avoir des ennuis. Comme lorsque sa mère devait venir le chercher après une bagarre.

"D'accord, c'est, euh..." La voix de Mina vacilla légèrement. "Ouais, c'est mieux que- Que..."

Elle s'éclaircit la gorge et continua de parler, déterminée à garder ses mots sur le ton d'une conversation normale malgré les larmes qui coulaient sur ses joues.

"Écrire, c'est définitivement mieux que de te brûler, oui." elle conclut finalement. Elle avança un peu sa chaise puis se pencha prudemment, prenant lentement sa main gauche dans la sienne.

"Est-ce que je peux regarder ?"

Il haussa à nouveau les épaules.

Elle parcourut les lettres faites de lignes rouges semblables à des coupures avec un regard de fascination douloureuse.

"Tu as dit que ça aidait d'en faire quelque chose de physique." elle songea. "Donc c'est une façon de t'exprimer, c'est ça ?"

"J'imagine."

Elle retourna sa paume, examinant la haine enveloppée autour de sa peau jusqu'à l'intérieur de son poignet.

"Tu n'es vraiment pas gentil avec toi-même, n'est-ce pas ?" elle spécula tristement.

"Je suis gentil avec personne."

Pourquoi je mériterais d'être l'exception ?

"T'es gentil avec Kirishima." elle contredit. Il voulait trop que ce soit vrai pour le nier.

"Je ferais mieux." Il sourit faiblement. "T'aurais dû voir les conneries niaises qu'il m'a écrit dessus la première fois qu'il a vu ça."

"T'as intérêt à tout me raconter !" elle s'exclama en lançant un regard scandalisé à Kirishima, comme si elle pouvait prétendre qu'ils étaient simplement en train de papoter sur des garçons mignons. Tout en continuant de pleurer.

"Il a tout nettoyé et a écrit de nouveaux trucs comme… comme je t'aime et d'autres jolies conneries du genre, c'était ridicule."

"Awww." elle geignit. "C'est adorable !"

"Espèce de canard." Kaminari sourit face à un Kirishima rougissant.

"Kirishima, au cas où je ne l'aurais pas mentionné récemment, je pourrais mourir pour toi." Sero affirma.

"J'ai juste écrit ce que je ressens." Kirishima répondit timidement.

"Mon Dieu, il est si mignon." Mina posa une main sur son cœur.

Je sais.

"Je ne t'en voudrais pas si ces bêtises en ligne t'atteignaient." Kaminari garda son ton décontracté, mais une tension inquiète demeura. "Une grande partie craint assez. Je m'attendais un peu à ce que ça te rende fou de rage."

"Je peux pas combattre des gens que je peux pas voir." il expliqua amèrement. "Personne me dit ces conneries en face. Ces putain de lâches."

Il allait prétendre que l'idée de faire face au harcèlement en personne ne le terrifiait pas totalement.

"Je me suis battu avec des gens sur internet toute la journée." Sero déclara en tapotant sur son téléphone.

"Fais voir." Bakugo demanda.

"Euh… t'es sûr, mec ? Les gens sont anonymes, donc ils disent des trucs assez affreux."

"Rien que j'ai jamais vu." Il tendit la main dans l'expectative. Sero tapota quelques fois l'écran et le lui tendit.

KamuiGauleMatinale :

Les gens peuvent proclamer n'importe quoi de nos jours et ruiner votre vie. Ne faites pas chier un ado malade mental ou vous pourriez aller en prison.

TrésorDiscount :

Donc vaut mieux éviter d'étrangler des ados à côté d'un commissariat si on ne veut pas que les flics se mettent à enquêter. Et c'est quoi ce sous-entendu de merde, en quoi avoir des problèmes mentaux signifie qu'il invente ? Après un trauma évidemment que tu vas avoir des problèmes, parce que les traumatismes causent des maladies mentales, espèce de débile ignorant.

"C'est donc ça que tu faisais sur ton téléphone toute la journée." Kaminari releva.

S'il continuait à lire, Bakugo ne pensait pas que sa façade tiendrait le coup. Il devrait savoir depuis le temps qu'ils seraient de son côté, mais c'était encore dur à intégrer. Il rendit le téléphone à Sero avec un « merci » à peine audible, les yeux baissés vers ses genoux.

"Je peux pas faire grand-chose pour tout ce que tu traverses." Sero répondit. "Mais je peux me battre sur les forums comme personne."

"On est tous prêts à casser des gueules si quelqu'un essaie de t'embêter." Kirishima promit.

Avec tout ce qu'il s'était passé depuis, il avait presque oublié que Kirishima avait crié après ces filles à la station de métro. Il avait des gens à ses côtés depuis le tout début de cet enfer médiatique. Aucune raison de douter d'eux maintenant.


NAO : Je reçois tellement de commentaires (anglophones) adorables que j'ai commencé à avoir ce schéma de pensées bizarre où je me dis : « Oh non, je leur ai donné des attentes. Maintenant, je peux LES DÉCEVOIR ».

Mais ça n'arrive jamais parce que vous êtes tous adorables, donc même si je poste un chapitre moins bien, aucun d'entre vous ne sera méchant à ce sujet. Et c'est juste... Tellement bien.