Traduction : Tressym383
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Résumé : Bakugo assume sa position et rencontre un avocat.
NP : [Fealina07] Je me porte très bien, merci, et j'espère que toi aussi ! C'est sûr que Katsuki a encore un peu de chemin à faire pour pleinement accepter la situation. C'est d'autant plus difficile parce qu'il n'a pas choisit de lui-même de le faire concernant l'accusation et qu'il n'a malheureusement que peu de choix sur tout l'ensemble de la situation. Heureusement, Aizawa est là pour l'accompagner (qui a lui-même Mic à ses côtés, ahah). Merci beaucoup pour ta review.
Ils s'assirent sur un banc pendant que Tête de Ronces parlait d'Osamu Dazai et de la perception de soi. Bakugo savait qu'ils avaient étudié le sujet dans le cours de Cementos, mais il était incapable de se concentrer dessus pour le moment. C'était un bavardage inutile, ayant pour simple but de l'empêcher de disparaître complètement dans sa tête.
"La mise en scène avec les trois photos différentes au début fait un très bon travail pour préfigurer les thèmes principaux de l'œuvre. Le sentiment d'être un imposteur dans son propre corps, d'avoir une apparence humaine mais qui semble fausse, s'établit dans les premières pages seulement. Tu en es où dans ta lecture, Bakugo ?"
"Hm… M'en souviens pas."
"Hey, gamin." Aizawa était soudainement devant lui.
"Hey, l'adulte." sa bouche bougea d'elle-même. Aizawa l'étudia un moment.
"Ouais, ça n'a pas l'air d'aller." il détermina. "Merci Ibara, je prends la relève. Avant que tu ne partes, peux-tu me dire ce qu'il s'est passé ?"
"Je lui ai demandé ce qu'il comptait faire concernant l'accusation d'agression s'il ne voulait pas être considéré comme une victime."
"Ah." Aizawa le regarda un peu peiné. "Ouais, il fallait s'y attendre."
"Est-ce que ça va aller ?" Ibara s'enquit anxieusement.
"Oui. Il a juste besoin d'un peu d'espace pour le moment."
"Je suis vraiment désolée." Elle s'inclina pour s'excuser avant de partir.
"Bye-bye." Bakugo lui fit distraitement signe de la main.
"Merde, tu n'es vraiment pas parmi nous à l'heure actuelle, n'est-ce pas ?" Aizawa s'émerveilla.
"Nope." Il exagéra le « p » avec un pop.
"Ouais, je vois." Aizawa lui tendit une main. Bakugo y plaça la sienne et se retrouva conduit… quelque part.
Il reconnut l'appartement d'Aizawa. Pas avant qu'il ne soit à l'intérieur, mais il finit par le reconnaître. Il se retrouva rapidement sur un canapé avec un chat posé sur les genoux. Il passa distraitement ses doigts dans la douce fourrure, étrangement conscient de la texture, comme si c'était la seule chose qui existait. Le ronronnement vibra contre son ventre alors que la chatte se complaisait dans ses caresses, se roulant sur le dos pour presque tomber de ses genoux. Il lui taquina les coussinets des orteils avec amusement avant de se remettre à lui gratter l'arrière des oreilles. Il prit petit à petit conscience qu'Aizawa parlait discrètement à Mic un peu plus loin.
"Je ne pense pas qu'il se soit passé quelque chose, Ibara lui a simplement posé une question délicate."
"Peut-être que c'est l'accumulation du stress."
"Je pense que toute l'attention qu'il reçoit commence à lui peser."
"Oups." Bakugo émit un rire forcé. "C'était pas censé arriver."
Les deux adultes sursautèrent, lui faisant se demander depuis combien de temps il était resté silencieux.
"Bon retour parmi nous." Aizawa posa un thé devant lui.
"Désolé." il s'excusa, mal à l'aise. Bouger sa bouche lui donnait l'impression d'essayer de parler après avoir été anesthésié chez le dentiste.
"Ne t'inquiète pas pour ça." Aizawa rassura. "J'avais besoin de te parler de toute façon."
"À propos de ?"
"Reste parmi les vivants plus de deux minutes avant qu'on en discute."
Il sirota le thé, le reconnaissant comme l'un que Momo avait aussi préparé une fois, et retrouva peu à peu ses esprits. Aizawa et Mic parlaient doucement, mais il ne distinguait pas les mots.
"Je pense que c'est bon." Bakugo les interrompit à nouveau.
"Bien." Aizawa lui accorda toute son attention. "Maintenant tu peux me dire ce qui a causé ça."
" -qu'est-ce que tu vas faire concernant l'accusation d'agression, alors ?"
"Je dois le dire aux gens." L'horrible terreur le submergea à nouveau.
"Si tu es appelé à témoigner, oui."
"Non, je veux dire… La seule façon d'avoir des gens de mon côté- Je dois leur dire que je suis- Que je suis une victime."
"Je vois." Aizawa considéra. "Et ce mot est ce qui te dérange vraiment ?"
"Je le déteste." il confirma.
"Qu'est-ce que tu as peur qu'il se passe si les gens te voient de cette manière ?"
"Ils- Ils me respecteront pas. Et ils pourront me faire du mal comme Monoma l'a fait."
"Ce premier point ne devrait pas s'avérer vrai." Aizawa répondit pensivement. "Le second en revanche… Tu vas être dans un milieu où le fait que tes vulnérabilités soient connues va vraiment être handicapant, je te l'accorde."
"Plus les gens en sauront, plus ça leur sera facile de me faire des coups bas." Bakugo serra sa main qui ne reposait pas sur le chat.
"Tu n'as pas tord." Aizawa admit. "Mais je pense que tu dois tenir compte du degré de sécurité que peut apporter le fait d'avoir l'opinion publique de ton côté."
Ça signifie que des inconnus comme Ibara vont me défendre.
Il ne savait pas quand est-ce qu'il allait pleinement réaliser ce que ça impliquait, mais lorsque ça arrivera, il allait probablement se mettre en boule et sangloter dans son coin pendant un moment. Il n'en était cependant pas encore là.
"Je sais que c'est difficile." Aizawa poursuivit, l'expression tendue ne faisant pas douter Bakugo sur la véracité de la déclaration. "Ça te donne le sentiment de t'exposer pour être à nouveau blessé. Pendant la majeure partie de ta vie, tu as dû te protéger par toi-même. Mais ce n'est pas une option ici, donc tu dois voir ça autrement."
Il ne voulait plus y penser.
"De quoi tu voulais me parler, sinon ?" Bakugo demanda à la place.
"Je veux que tu rencontres quelqu'un."
"Quelqu'un ?"
"Un avocat."
"Ça a l'air terrible."
"Ouais, je ne suis pas non plus un grand fan." Aizawa avoua. "Mais il est bon dans ce qu'il fait. Nous pourrions utiliser ses conseils."
"D'accord." il marmonna à contrecœur.
"Je vais lui parler en premier pour passer en revue quelques points sur lesquels j'aimerais son opinion. Mais j'apprécierai vraiment que tu essayes de le tolérer un peu."
Il hocha la tête d'un air absent.
"Tu veux que j'appelle Kirishima pour te raccompagner ?" Aizawa proposa.
"C'est probablement judicieux." il grommela. Il était assez gêné par cet espèce de jeu du chat version baby-sitting dont il était devenu l'objet, mais pas assez pour refuser.
Kirishima sembla arriver en un clin d'œil, mais sa notion du temps n'était probablement pas encore correcte.
"Hey." Kirishima s'accroupit face à lui pour prendre ses mains dans les siennes. "Dure journée ?"
"Quelqu'un m'a traité de balance." il grogna.
"On t'a quoi ?!" Aizawa fit volte-face.
"Ah, c'est vrai." Bakugo cligna des yeux. "J'imagine que j'ai oublié de te dire cette partie-là."
"Qui ?"
"Un mec en filière générale." Honnêtement, il n'en était même pas certain. "Sato, je crois qu'elle l'a appelé ?"
"Évidemment, putain." Aizawa jura.
"Euh... J'ai raté quelque chose ?"
"Le juge avec qui je me prends la tête a un neveu en filière générale." Aizawa grogna. "Je ne peux qu'imaginer ce qu'il peut raconter chez lui pour justifier qu'il me mette des bâtons dans les roues concernant l'accusation."
"Ah." Bakugo ne trouva rien d'autre à dire. Mais ça aidait, en quelque sorte, de savoir d'où venait cette attaque personnelle. Ça l'aidait à croire qu'il ne le méritait pas.
"Mec, le Sato de notre classe est si gentil." Kirishima déclara, affligé. "Pourquoi tous les autres Sato sont des connards ?"
"Dès que ça touche à la loi, c'est compliqué." Aizawa en resta là alors que la sonnette retentissait. "En parlant de ça."
"Saluuuut, Eraser."
"Ferme-la."
"Ravi de te voir aussi." Un homme grand avec des cheveux châtain clair douloureusement standards fit son entrée. Il portait un costume ridiculement noir. Pas noir et blanc, complètement noir, comme une sorte de fonctionnaire gothique.
"C'est lui ?" L'homme en costume posa les yeux sur Bakugo. "Je t'ai à peine reconnu sans le costume explosif habituel et le renfrognement permanent."
"Laisse-le tranquille, Takahashi." Aizawa ordonna. "Il a eu une dure journée."
"C'est un peu difficile à faire, c'est mon client."
"C'est à moi que tu vas d'abord parler." Aizawa lui fit signe de le suivre dans le couloir, vers ce que Bakugo supposait être un bureau.
"Qui c'est ?" Kirishima demanda une fois qu'ils furent parti.
"Aizawa a embauché un avocat."
"Oh." Kirishima fronça les sourcils avec confusion. "Est-ce que c'est nécessaire quand t'es pas l'accusé* ?"
"Aucune putain d'idée." Bakugo répondit. "J'essaie juste de croire qu'Aizawa sait ce qu'il fait."
Kaminari frappa avec hésitation à la porte du bureau de Six. À son grand désarroi, elle s'ouvrit immédiatement.
"Hey, Kaminari, installe-toi." Elle lui fit signe d'entrer avec un sourire éclatant.
"Vous vouliez me parler ?" il demanda nerveusement.
"Rien de grave." elle assura. "Je voulais simplement faire le point."
"Hm… faire le point sur quoi ?"
"Certains de tes amis s'inquiètent pour toi."
Ils ne devraient pas. Je ne suis pas si important.
"Mes amis n'ont pas le temps de s'inquiéter pour moi." Il se força à sourire. "La vie de Bakugo est un véritable film d'horreur en ce moment. Mes petits problèmes avec mon père peuvent attendre."
"Je sais que nous avons tous été un peu distraits ces derniers temps." Six accorda avec un regard perçant. "Mais ce n'est pas parce que Bakugo a besoin d'aide que toi non."
"Mais mes soucis ne sont pas graves." il argumenta, incapable de croire que cette conversation avait réellement lieu alors qu'il y avait littéralement un meurtrier qui en avait après son ami. "Enfin, mon frère a un problème de drogue qui devient un peu incontrôlable, mais ce n'est pas… La mère de Bakugo le battait, et c'est la chose la moins merdique que j'ai découvert à son sujet cette année."
"Bakugo a vécu des situations extrêmement traumatisantes." elle convint. "Je tiens à souligner qu'elles sont extrêmes. Ce qu'il traverse n'est pas représentatif des problèmes qu'ont la plupart de mes patients. Beaucoup n'ont pas du tout vécu d'événement traumatique. Tu n'es pas obligé d'avoir vécu une histoire d'horreur pour aller en thérapie."
Ça semblait si raisonnable lorsqu'elle le formulait comme ça. Mais il avait toujours l'impression de ne pas être à sa place.
"Je ne veux juste pas en faire tout un plat." il répondit, mal à l'aise.
"Denki." elle reprit sérieusement. "Tu as le droit de ne pas aller bien. Tu n'as pas à le mériter, ni à te comparer à une quelconque jauge de stress. Tu peux simplement ne pas aller bien."
Mais était-ce vrai ? Il y avait tellement de personnes qui en avaient plus besoin, certains devaient juste se contenter de prendre sur eux.
"Ça m'a l'air faux."
"Je promets que ce n'est pas le cas." elle continua doucement. "J'ai accepté un poste dans cette école, Bakugo n'est pas le seul étudiant que je vois. Tu es plus que digne d'être l'un d'entre eux."
"Je- J'imagine… D'accord." Il ne trouvait pas de bonne raison pour refuser.
"Y a-t-il un créneau dans ton emploi du temps où je pourrais te voir une fois par semaine ?"
"Je, euh… Ouais, j'imagine que je suis libre à cette heure-ci toutes les semaines. Et ça a l'air d'être pareil pour vous."
"On se verra là alors."
Merde. Ça signifiait qu'il allait devoir revenir.
"Vous êtes sûre… Vous êtes sûre que j'en ai besoin ?" il interrogea à nouveau.
"Tu pourrais peut-être te débrouiller sans. Tu pourrais peut-être ne pas avoir besoin d'aide." elle trancha. "Mais tu la mérites définitivement."
Oh merde, ne pleure pas.
"Okay. D'accord, je, euh, je vous verrai la semaine prochaine alors."
Il partit en vitesse avant que ses émotions ne puissent s'échapper de leur cage.
Avoir Takahashi chez lui lui donnait l'impression de commettre un péché, mais c'était un péché pour le plus grand bien.
"La bonne nouvelle, c'est que tu as un récit complètement similaire de la même histoire venant de deux personnes différentes." l'avocat nota. "La mauvaise, c'est que personne n'en aura rien à faire parce que la témoin est une toxico."
"Mais elle n'aurait pas pu connaître ces détails autrement." Aizawa protesta.
"La défense prétendra que tu l'as payé pour le dire. Le fait qu'elle était défoncée pendant l'évènement n'est que la cerise sur le gâteau de merde."
"Putain." il jura. Il s'en doutait, mais il avait espéré qu'une magie propre aux avocats en tire quelque chose d'utile.
"Si elle est prête à prendre la parole au tribunal, je la rencontrerai d'abord et je verrai si je pense que ça pourrait aider. Mais sa simple déclaration est inutile. Elle devra vraiment soigner son apparence et bien articuler pour valoir la peine d'être amenée à témoigner."
"Elle a peur de Ito." Aizawa informa, abattu. "Et à juste titre."
"Je peux essayer de la convaincre que nous pouvons la rendre suffisamment visible aux yeux du public pour qu'il ne puisse pas lui faire de mal sans attirer l'attention." Takahashi suggéra.
"On peut ?"
"Aucune idée."
"On va peut-être pas faire ça alors."
"Comme tu veux." il accorda en haussant les épaules. "Tu as déjà joué la carte de la culpabilité, mais on peut l'accroitre si elle rencontre réellement Bakugo. Les choses sont beaucoup plus difficiles à ignorer lorsqu'elles sont devant nous."
"C'est ce qu'on espère."
"Je dois dire, c'est assez chaud pour une affaire civile." Takahashi fronça les sourcils.
"Eh bien, c'est un meurtrier."
"Attend, le truc du tueur en série n'est pas une connerie ?" il s'exclama avec incrédulité. "Alors pourquoi tu fais appelle à moi ? C'est le domaine d'un procureur."
Aizawa refusa de répondre.
"Espèce de connard." il souffla d'un air exaspéré face à la réalisation. "C'est un putain de bluff, c'est ça ? Tu n'espères pas que je gagne l'affaire pour toi. Tu veux juste que je t'aide à monter un dossier suffisamment solide pour que les procureurs pensent qu'ils auront le mauvais rôle s'ils ne poursuivent pas l'affaire."
"Tu seras quand même payé."
"J'ai laissé tomber une autre affaire parce que je pensais que nous poursuivions les Ito !" il geignit. "Mon pourcentage honoraire de vingt-cinq pourcents me rapporterait plus que ce que vaut tout ce campus ! On ne peut pas demander réparation pour meurtre !"
"Et pourtant je ne te vois pas partir." Aizawa souligna.
"Ce genre de trucs, c'est la raison pour laquelle j'ai quitté le service des procureurs en premier lieu." il grogna, la tête entre les mains. "En temps qu'avocat privé, je n'ai pas à prendre les affaires de viol et meurtre d'enfants."
"Attention, Takahashi. On dirait presque que tu as un cœur."
Il grogna à nouveau, de façon encore plus dramatique, comme si se lever était un énorme fardeau.
"J'ai déjà fait tout le chemin jusqu'ici. Autant commencer."
•* La justice américaine (l'auteur étant américain) repose sur une procédure accusatoire, alors qu'en France elle est inquisitoire. En gros, là-bas c'est à l'accusé de prouver qu'il est innocent, alors qu'ici c'est au plaignant de prouver qu'il est victime (ça implique d'autres différences, mais pour ce qui est abordé pour le moment, voilà la diff'). Aucune idée du réel système japonais. Mais voilà pourquoi Kirishima se demande si embaucher un avocat est nécessaire.
NAO : Je suis quasi-certain qu'un flic ne serait pas autorisé à parler à un avocat privé de tout ça, mais c'est un héros, il n'y a pas de règles. Je ne suis pas avocat, donc les choses que je ne connais pas vont simplement être justifiées par « Mhhh, fantaisie ! ».
NP : De mon côté, en temps que traducteur je fais de mon mieux pour trouver les équivalents français des fonctions/termes juridiques américains. Si jamais vous êtes un pro du sujet et que vous voyez une erreur affolante, n'hésitez pas à corriger.
Ce chapitre donne enfin à Kaminari les séances de thérapie qu'il mérite ! Et permet de rappeler que peu importe qui vous êtes, que vous ayez des gros problèmes personnels ou si au contraire vous pensez qu'ils sont "trop insignifiants pour ça", si, vous méritez d'aller voir un thérapeute. Même si c'est juste pour vider son petit sac, ça fait toujours du bien et parfois on a des surprises.
Sur ce, je pars pour un petit mois de pause, rendez-vous courant mars ! Bon mois de février à vous :)
