Traduction : Tressym383

Relecture : Emiko Yure (AO3)

Résumé : Bakugo se demande si les gens craignent plus ou moins qu'il ne s'y attendait.

NP : [Fealina07] Ohh merci ! Je suis content aussi. Malheureusement oui, je système judiciaire est révoltant, que ce soit dans cette fic ou en réalité / Baby Bomb est en effet un surnom PARFAIT ahah ! J'espère que tu apprécieras aussi ce chapitre en tout cas.


Moi :

Je suis vivant, les pétasses.

Spider-Man Discount :

Comment c'était ?

Moi :

Horrible.

Détective Pikachu :

Une horrible et terrible journée, s'inscrivant dans les très mauvaises ?

Moi :

C'est ça. Mais peut-être qu'il y avait un peu de bon ? J'ai pu beaucoup crier.

Détective Pikachu :

Le cris du Bakugo sauvage se fait entendre à plusieurs kilomètres de distance.

J'aimerais bien.

Tête d'orties :

Je t'aime et j'espère que tu vas bien *smiley cœur*

Moi :

Gay.

Tête d'orties :

Bisexuel, à vrai dire.

Acide Citrique :

On m'a convoqué ?

Détective Pikachu :

Honnêtement, je commence à penser que moi aussi.

Acide Citrique :

Sero peut être notre ami hétéro.

Détective Pikachu :

Est-ce que son PC est une fille ?

Spider-Man Discount :

Elle s'appelle Clarice et elle est une carte mère adulte qui ne tolérera pas ce discours infantilisant. Ce n'est pas une « fille ».

"Je suis content de te voir sourire après tout ça." Aizawa déclara depuis le siège conducteur.

"Mes amis sont des putains de crétins." Bakugo pouvait sentir le tiraillement commencer à quitter sa poitrine.

"C'est des bons amis et je suis content que tu les aies." Aizawa commenta, les émotions inhabituellement visibles. "Tu es silencieux depuis qu'on a déposé Takahashi. J'essaie de ne pas être insistant, mais je dois te le demander. Comment tu te sens ?"

Comment se sentait-il ? En colère ? Confus ? Soulagé ? Drainé ? Tout à la fois ?

"Bizarre." il finit par décider.

"Dans un mauvais sens ?"

Il n'en était pas certain. Il se sentait mal et il se sentait bizarre, mais il était à peu près sûr que c'étaient deux sentiments distincts.

"Elle a l'air si… si gentille. Je voulais la détester, mais- Elle est pas ce à quoi je m'attendais."

"À quoi t'attendais-tu ?"

Il n'avait pas d'idée concrète. La femme qu'il venait de rencontrer était si… accessible comparée à celle qu'il avait en tête. Elle n'avait rien à voir avec la lâche complaisante et égocentrique qu'il avait imaginé.

"Je pensais pas qu'elle s'en soucierait vraiment. Si elle s'en fichait à l'époque, pourquoi ce serait plus le cas maintenant ?"

"Elle s'est sentie coupable pour ce qu'il s'est passé bien avant aujourd'hui."

"Alors pourquoi elle a pas…" Il ne savait pas comment le formuler. "Je comprends juste pas comment la personne que j'ai vu aujourd'hui a pu faire ça."

Le front d'Aizawa se plissa sous un air contemplatif, lui donnant soudainement l'air plus âgé.

"As-tu déjà entendu parler de Kitty Genovese ?"

"C'est un groupe indépendant ?"

"Non. Enfin, peut-être ?" Aizawa y réfléchit avant de revenir sur son point. "Dans les années soixante, elle a été poignardée à mort devant son appartement à New York. Trente-huit témoins l'ont vu ou entendu et aucun d'eux n'est intervenu. Ils ont tous simplement continué leur soirée car ils ont supposé que ça ne les regardait pas. Que quelqu'un d'autre s'en occuperait."

"Donc les gens sont des cons n'importe où et à n'importe quelle époque." Bakugo répondit d'un air morose.

"Les villes sont des endroits froids et impersonnels emplies de trop de personnes dans le besoin pour prêter attention à tout le monde." Aizawa avait ce même regard lointain que lorsqu'il avait parlé de sa mère en famille d'accueil. "Ce n'est pas que personne ne se souciait de toi. C'est que les gens du quartier Est ne se soucient de personne. Ils ne peuvent pas se le permettre."

"Mais toi si." Bakugo argua. "T'as apparemment adopté Shinso et l'a sorti du système de merde qui t'a toi-même blessé."

"C'est vrai. J'ai adopté un enfant. Il y en a des milliers d'autres pour lesquels je ne fais rien." Aizawa avait atteint un niveau de résilience auquel Bakugo ne pouvait pas accéder. "On ne peut pas aider tout le monde. Certaines personnes sont tellement habituées à ignorer ce qui les entoure et s'occuper de leurs propres affaires que quelqu'un pourrait se faire renverser par un bus devant eux, elles continueraient de marcher. C'est pourquoi les gens aiment autant les héros. Les héros les laissent penser qu'en tant que société, on se soucie encore des uns des autres."

Étrangement, ça n'avait pas l'air cynique. Ce n'était pas non plus assez amer pour que ce soit de la résignation. C'était une simple acceptation.

Il se noie. Des dizaines de personnes se tiennent autour et le regardent se battre pour sa vie. Il va mourir parce qu'il n'est pas assez fort pour se sauver. Et il ne vaut manifestement pas la peine d'être sauvé par quelqu'un d'autre.

À part pour Deku.

Lorsque c'est fini, les secours le félicitent de ne pas s'être laissé mourir. Personne ne demande s'il va bien.

Personne sauf Deku.

"Donc le travail de héros ne fait qu'alimenter l'illusion ?" Bakugo pouffa. Ce n'était pas parce qu'Aizawa n'était pas cynique que lui ne pouvait pas l'être.

"Je pense que les héros en tant que concept peuvent encourager les gens à faire attention aux autres." Aizawa déclara pensivement.

Comme Deku.

Deku serait venu. Si Deku l'avait entendu ce jour-là, le stupide nerd aurait accouru, jeté un sac à dos et se serait fait tuer. Avec lui avec, sûrement. D'une manière ou d'une autre, ça aurait mis fin au supplice. Bakugo aurait été furieux, il aurait menacé Deku de mort s'il en parlait à quelqu'un, mais il aurait survécu. Peut-être avec quelques morceaux de plus de lui-même intacts.

La seule fois où Deku n'avait pas été là pour le voir au plus bas… Bakugo aurait presque souhaité qu'il le soit.

"J'imagine que je vais être un héros de merde alors." Bakugo avoua doucement. "Je me fous des gens. La compassion, c'est le domaine de Deku."

"Tu es passionné par le fait de bien faire un travail. Tu n'as pas à te soucier de tous ceux que tu aides sur le plan personnel. Je ne le fais pas personnellement. Si tu es motivé à faire ce qu'il faut, la raison n'a pas vraiment d'importance."

"Donc être un héros, c'est juste se soucié du monde au sens large ?" Bakugo faillit rire face à l'explication simpliste.

"Dans un sens. Une survivante de l'holocauste nommée Ellie Weissel avait dit que le contraire de l'amour n'était pas la haine, mais l'indifférence." Mon Dieu, Aizawa était parti loin s'ils se mettaient à parler du putain d'holocauste. "Être un héros, c'est agir. Quand tu vois quelque chose qui ne va pas, tu essayes de le changer, tu ne te laisses jamais aller dans la complaisance. C'est beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît. C'est épuisant de se soucier de tout."

"C'est pour ça que t'es si fatigué tout le temps ?" Bakugo demanda d'un air effronté.

"C'est particulièrement épuisant pour moi." Aizawa sourit en coin. "Je ne sais pas comment Toshinori fait."

"Je prendrai un sac de couchage pour mon prochain stage."

"Parfois, il t'arrives d'être tellement énervé que tu as besoin d'une sieste." Aizawa taquina.

"J'avais dit à Tête d'orties de pas le dire !"

"Il a trouvé ça très mignon." Le sourire d'Aizawa s'élargit. Bakugo marmonna des jurons pour toute réponse. Lorsque Aizawa reprit la parole, l'espièglerie avait disparu pour laisser place à un ton plus sombre et sérieux.

"On en a déjà parlé, et je sais que tu l'as aussi fait avec Six. Mais tu as l'air d'avoir encore besoin de l'entendre." Aizawa utilisa le rétroviseur intérieur pour établir un contact visuel. "Ce n'était pas ta faute."

Il était soudainement embarrassé par tout ce qu'Aizawa avait entendu. Comme s'il connaissait les bonnes réponses, mais qu'il avait tout de même échoué à l'évaluation.

"J'imagine que j'apprends lentement."

Le jour où il lui avait partagé son passé, Aizawa s'était mis à nu. Il lui avait raconté sa propre enfance horrible pour le convaincre de ce qu'il avait déjà entendu une douzaine de fois.

Ce n'était pas de ta faute.

Apparemment, Aizawa avait perdu son temps.

"Il faut du temps pour que les schémas de pensées changent." Aizawa compatit, ridiculement patient. "Tu as porté toute cette colère et cette culpabilité qui n'avaient nulle part où aller pendant quatre ans. Je ne m'attends pas à ce que ça disparaisse du jour au lendemain. Mais ce n'était pas de ta faute. Je le répéterai autant de fois que tu auras besoin de l'entendre."

"Je me sens stupide." Bakugo grommela. Il ne savait pas vraiment si c'était parce qu'il s'était laissé faire à l'époque ou parce qu'il se blâmait toujours malgré le fait qu'il ait été coaché une demi-douzaine de fois pour ne plus le faire.

"Tu n'as rien fait de mal. Je sais que c'est frustrant, que tu aurais aimé faire quelque chose différemment pour que ça ne se produise pas. Mais tu vas finir par te rendre fou avec les « et si ». C'est arrivé. C'était incroyablement douloureux et déshumanisant, mais c'est arrivé. Tu ne peux rien faire pour changer ça. C'est normal d'être frustré à ce sujet. On doit simplement trouver un moyen pour que tu puisses canaliser cette colère afin que tu arrêtes de t'en prendre à toi-même.

"Je pourrais toujours recommencer à m'en prendre à Deku." il suggéra.

"Évite, s'il-te-plaît."

"Ou faire exploser des trucs et crier. Ça fonctionne en général."

"On devrait peut-être essayer quelque chose d'un peu plus constructif."

"J'y peux rien si t'aimes pas mes idées."

"Ça pourrait être quelque chose à garder à l'esprit quand tu envisageras tes options aux stages pratiques." Aizawa ignora ses bêtises. "On peut essayer de trouver un stage qui pourrait t'être thérapeutique."

"Qu'est-ce que tu veux dire ?" Tout ce délire « d'exutoires sains » était nouveau pour lui.

"Aider d'autres personnes à sortir de mauvaises situations pourrait t'aider à guérir de tes propres traumatismes." Quelque chose d'inhabituellement doux fit apparaître l'ombre d'un sourire sur le visage d'Aizawa. "Shinso et toi avez tous les deux fait ça pour moi."

Bakugo était trop stupéfait pour répliquer avec quelque chose d'arrogant comme « de rien », le laissant silencieux avec une rougeur gênée. Il préféra changer de sujet.

"Quand est-ce que les stages pratiques commencent ?"

"C'est un autre sujet dont je voulais te parler." Aizawa n'avait l'air que légèrement inquiet. "Suite à l'incident du SCA, Kamino et une série de disparitions locales, l'examen de licence provisoire a été reporté indéfiniment pour améliorer la sécurité. Je pensais que tu devais être le premier à savoir qu'ils l'ont finalement reprogrammé."

"Pour quand ?" Il ne savait pas si l'agitation dans son estomac était de l'excitation ou de l'angoisse.

"Deux semaines."

Deux semaines.

Il allait devoir quitter le campus et faire face à d'autres groupes d'étudiants. Dans deux putains de semaines.

"Et je suis le premier à savoir ?!"

"Ils ont retardé l'annonce pour éviter que la ligue ait le temps de planifier une autre attaque. Ou du moins pas une bonne. On ne le sait pas avec certitude, mais on pense que UA est le dernier lycée à être informé."

"Ils nous font pas confiance ?"

"Pas particulièrement, non."

Combien d'autres écoles y seraient ? Le reconnaîtraient-ils, ou n'était-il que le potin du moment à Musutafu ? S'ils le connaissaient, lui diraient-ils quelque chose ?

"Tu y seras ?" il demanda pathétiquement, à moitié désespéré. Comme d'habitude, Aizawa le soulagea.

"J'y serai avec toi tout le long."


Un de ces jours, Dabi allait peut-être finir par tuer Toga. Ça avait bien faillit être le cas le jour où il avait vu sa vidéo. Son aversion avait commencé face à son comportement glauque mais classique, mais plus le temps passait, plus elle l'insupportait. Le gamin avait tellement essayé de jouer les durs, jusqu'à ce que ses yeux se vident d'une manière qui criait j'ai déjà vécu ça.

C'était sorti après la première vidéo de lui qui séparait ses parents pendant que l'un d'eux criait et que l'autre était un lâche. Au moins, contrairement à Endeavor, Bakugo Mitsuki avait perdu sa garde parentale.

"Tu tues littéralement des gens en les brûlant."

Dabi n'était pas quelqu'un de bien, il en était conscient. À ce stade, il ne pensait même pas que « les gens biens » existaient. Mais il avait son propre code d'honneur. Il y avait des limites qu'il n'avait pas l'intention de franchir. Lorsqu'il vit Fuyumi à la télévision, il ne put plus étouffer le regret.

"Shoto a traversé beaucoup de choses."

Lorsque Toya avait cessé d'être le pushing-ball d'Endeavor, Shoto avait pris sa place. La situation dans laquelle Dabi avait abandonné ses frères et sa sœur était la raison pour laquelle Shoto et Bakugo étaient amis. Ils partageaient une compréhension de la peur et de l'horreur. Désormais, chaque fois qu'il voyait ces yeux vides, il imaginait Shoto à la place de Bakugo et Dabi se détestait.

Ça n'aidait pas que Shoto l'ait vu traîner Bakugo à travers le portail. Au départ, il pouvait le justifier, puisqu'il pensait sincèrement que Bakugo serait mieux traité de son côté. Ils ne comptaient l'enchaîner et lui mettre une muselière comme un putain d'animal, au moins. Puis Toga l'avait terrorisé pour son simple amusement. Il pouvait la voir se nourrir de la peur du garçon tout le long de la vidéo. La moindre réaction qui rendait évident les abus passés de l'adolescent la ravissait. Il doutait que ce serait devenu si ouvertement sexuel si elle n'avait pas compris que c'était ce qui le dérangeait le plus. Pour la même raison, elle avait adoré se mettre derrière lui, juste hors de son champs de vision.

Je ne pouvais pas supporter ça non plus.

Toga avait pris avantage sur la douleur que quelqu'un avait mit en Bakugo avant qu'il ne soit assez âgé pour se protéger et elle en avait fait une arme. Un abus de pouvoir à la fois cruel et d'une insouciance exaspérante, comme si elle ne le tourmentait que le temps qu'elle trouve quelque chose de mieux pour la divertir. Et personne d'autre ne s'en souciait, parce que personne ne comprenait.

Il ne regrettait pas d'avoir rejoint la ligue. Il emmerdait les héros. Il emmerdait leurs émissions de télévision et leur liberté sans limite. Il emmerdait tous ceux qui les adulaient comme des dieux infaillibles. Le « héros » numéro un du pays était un monstre qui les avait maltraité, lui, sa mère et son frère. Et personne ne le croirait jamais.

Mais alors Fuyumi, sa petite sœur, avait repris le rôle de l'aîné de la fratrie pour protéger les plus jeunes. Elle avait été là pour Shoto lorsque Toya ne l'était plus et désormais elle l'était pour Bakugo. La première fois qu'il avait vu Shoto en dix ans, la première fois qu'il avait vu sa terrible brûlure pour laquelle son père était sans aucun doute responsable, Dabi enlevait un autre enfant pour qu'il soit abusé. Ça le rendait malade. Il voulait tuer son père, pas devenir comme lui. Ce faisant, il les libérerait tous. Il les sauvait. Mais Fuyumi avait maintenant les choses en mains. Shoto était en sécurité à l'école pendant que Natsuo et elle veillaient sur lui.

Toya avait déjà hésité à dévoiler à ses frères et sœur qu'il avait survécu une fois Endeavor mort. Mais maintenant il n'était plus certain de pouvoir les contacter après ce que Toga avait fait. Il ne regrettait pas d'avoir rejoint la ligue, mais il regrettait d'avoir kidnappé Bakugo Katsuki. Et il n'avait aucune idée de comment se racheter.


De retour aux dortoirs, les amis de Bakugo l'attendaient. Mina lui tendit son matcha de mauvaise qualité préféré au moment où il franchit la porte.

"Quasi parfait." Il sirota la boisson. "Manque juste un peu de vodka."

"Pas la forme, hein ?" elle compatit.

"Je préférerais me jeter d'un pont plutôt que d'avoir à nouveau cette conversation." Il s'installa dans son coin attitré à côté de Kirishima, heureux de voir que le reste de la classe gardait une distance raisonnable. Il se demandait si Kirishima les avait prévenu qu'il serait de mauvaise humeur.

"J'ai pas vraiment suivi ce dont vous alliez parler." Kaminari commenta. "Elle a été témoin de… quelque chose ? Elle l'a vu dans le bâtiment, en mode, elle a pu reconstituer une scène ?"

S'il allait devoir témoigner au tribunal à l'avenir, il allait falloir qu'il s'habitue à en parler.

Mais c'était tellement dur, bordel.

"Elle a rien vu." Il se recroquevilla, s'enveloppant dans ses propres bras de manière protectrice. "Mais elle a essentiellement tout entendu."

"Qu'est-ce que tu veux dire par tout entendu ?" Kirishima demanda avec appréhension.

"Je t'ai entendu le supplier pour qu'il arrête et il t'a frappé pour ça."

"Elle connaissait des détails que j'ai jamais dis à personne." Il évita de justesse de cacher son visage contre ses genoux pour échapper aux regards qu'il percevait dans sa vision périphérique. "Des trucs que seul Six connaît parce que je l'ai laissé utiliser son alter."

"Tu as essayé, petit cœur, je sais que tu as essayé."

"Et elle… elle n'a rien fait ?" Kirishima resta bouche bée, partagé entre l'horreur et la rage. Bakugo secoua la tête de gauche à droite.

"Elle pensait que j'étais putain de mort."

Le silence qui suivit résonna de spéculations.

"Donc ce que t'es en train de me dire," Sero utilisa son meilleur ton rationnel et pragmatique. "C'est qu'elle pensait qu'un enfant se faisait violer à mort dans son immeuble et qu'elle n'a rien fait."

"Ça a l'air assez dérangé quand tu le dis comme ça." Bakugo se força à rire à travers son frisson.

Habituellement ils n'utilisaient pas le mot. De vagues allusions lui permettaient de prétendre qu'ils ne savaient pas tout à fait ce qu'il s'était passé. Mais ils savaient. Et désormais, ils savaient que pendant qu'il se faisait violer, il en avait tellement fait des caisses que la voisine pensait qu'il était en train de mourir.

"Désolé si c'était trop direct." Sero grimaça après coup. "C'est juste que ça craint vraiment et j'arrive pas à concevoir que quelqu'un puisse faire ça."

"Je pensais qu'elle allait être une sorte de putain de sociopathe. Mais en fait, elle était vraiment gentille. Elle a pleuré tout le long." Ça le rassurait de constater qu'il n'était pas le seul confus à ce sujet. "Honnêtement, Elle était tellement putain de normale. Des tonnes d'autres personnes étaient dans cet immeuble, je doute qu'elle soit la seule à avoir entendu quelque chose. Je pense que c'est la réaction d'une personne normale au final, ce qui est merdique."

"Quand je vois tout le harcèlement que t'as subi, je veux bien te croire." Kaminari se renfrogna avec amertume.

"Je comprends si tu ne veux pas le faire," Mina commença avec hésitation. "Mais si jamais tu penses que ça aiderait de parler de ce qu'il t'a fait, je suis là."

"Je peux pas." Bakugo déclara immédiatement. "C'est pas juste que je veux pas. J'en suis physiquement incapable. C'est pour ça que Six a dû faire son truc psychique à la Vulcaine. Je suis foutu s'ils me convoquent pour témoigner."

"Tu penses qu'ils vont le faire ?" Kirishima demanda, l'inquiétude déformant ses traits. Bakugo haussa les épaules. La réponse était probablement oui, mais il voulait croire le contraire un peu plus longtemps. Il jeta un œil à travers la salle commune à la recherche de stupides cheveux brocolis, mais ne trouva rien.

Aucun problème. Envoyer un message était plus simple de toute façon.

[arobase]Stupide Deku

Moi :

Merci de t'être soucié de moi, espèce d'énorme nerd.


NAO : J'ai foiré la chronologie parce qu'au départ, j'avais l'intention d'éviter complètement les événements canons du manga. Mais maintenant qu'on est plus avancés dans l'histoire, je pense que la situation est suffisamment différente pour que l'ajout d'évènements canons ne donne pas trop l'impression de ressasser des trucs que vous connaissez déjà. Surtout que cette fic tourne 90% autours des relations, de toute façon. Si ces dernières sont différentes, tout est différent.