Traduction : Tressym383

Résumé : Kirishima et Bakugo vont à deux rendez-vous médicaux bien différents [CW].

NAO : Vous êtes tous si pertinents, au début je me demandais si j'étais pas un peu trop scolaire dans la réponse de Kirishima. Je ne veux pas trop sur-expliquer les choses, mais dans le contexte où Bakugo a grandit dans un environnement aussi naze comme référence de comportement, insister sur les parties importantes me semble justifié. À en juger par les commentaires (anglophones), la conversation semblait toujours naturelle. Merci à tous pour les retours !

Mon explication pour justifier pourquoi Kiri est si bon avec les autres et la santé mentale, c'est parce que sa mère et sa petite amie en parlent avec lui.


Kirishima ne s'était jamais trop attardé dans le bureau de Six, mais il s'y arrêtait parfois pour retrouver Bakugo après ses séances et c'était suffisant pour suivre l'évolution de plus en plus cyberpunk de la décoration. Des néons bleu électrique encadraient les bords des meubles, la tour de l'ordinateur au coin exposait ses composants lumineux à travers son cadre transparent. L'atmosphère globalement sombre combinée aux bandes de LED lui faisait penser aux vieilles science-fictions des années quatre-vingt, ce qui semblait être quelque chose que Six pourrait aimer.

"Donc… pourquoi je suis là ?" il demanda lorsqu'il finit de noter les changements décoratifs.

"Aizawa m'a raconté ce qui vous est arrivé avec Bakugo à l'examen." elle expliqua.

"Ah." Eh bien, c'est vrai, c'est la thérapeute de Bakugo. "Ouais, je m'inquiète aussi pour lui."

"Bien que je sois inquiète pour Bakugo," Elle lui tendit un formulaire avec une note sur la confidentialité médicale en haut de page. "Je voulais en fait parler de toi aujourd'hui."

"Moi ?" Il accepta distraitement le stylo, signant le papier sans le lire. Sa première signature d'adulte honorable possédant une licence. "Pourquoi ?"

"D'une part, parce que tu as aussi été manipulé, tu pensais que tu étais avec ton partenaire romantique alors que ce n'était pas le cas." elle expliqua, l'étudiant avec une intensité inconfortable. "Puis parce ce que tu as été attaqué et enchaîné."

C'est sûr que ça n'avait pas l'air incroyable lorsque c'était présenté comme ça.

"Au-delà de ça, tu es confronté à un traumatisme par procuration depuis des mois."

"Procuration..?"

"À cause de tout ce qui est arrivé à quelqu'un à qui tu tiens."

Il passait beaucoup de temps à s'inquiéter du bien-être de Bakugo, mais ce n'était pas traumatisant. Si ?

"C'est bizarre de rapporter les problèmes de Bakugo à moi."

"Il n'est pas le seul affecté par la situation." elle déclara avec une certitude convaincante. "Tu as directement subi les retombées. En plus d'avoir entendu parler d'événements traumatisants, tu en as également été témoin. Particulièrement la nuit où il a été hospitalisé."

"Je suis tellement désolé pour ce que je vais faire."

Il supporte le poids mort de Bakugo alors qu'il le force à vomir.

"Lâche-moi."

Dévasté par ses sanglots et ses tremblements, Bakugo n'a pas la force de le repousser. Tout ce qu'il peut faire, c'est le supplier.

"Me touche pas !"

Parfois, Kirishima rêvait de cette nuit-là, ou de le retrouver mort dans d'autres circonstances. D'autres nuits, il pressait une oreille contre le mur qui séparait leur chambre, faisant son possible pour l'entendre toujours respirer.

D'accord, en effet, il pouvait voir en quoi ça pouvait être considéré comme traumatisant.

"Alors comment s'est passé la journée d'hier pour toi ?" Six interrogea.

"En deux mots ? C'était horrible." il admit.

"C'est un début. Quelles parties étaient particulièrement horribles ?"

"Jaune." La demande est quasiment étouffée par le mur, mais toujours indubitablement emplie d'inconfort et de peur.

"Allez mec, on a presque rien fait." sa propre voix répond dédaigneusement. Il doit y mettre fin.

"Je pouvais les entendre." il répondit misérablement. Des brûlures à vif avaient laissé des traces sombres sur ses poignets, la conséquence de sa tentative pour se libérer de ses liens avant de se souvenir d'activer son alter.

"Qu'est-ce que tu as entendu ?" elle encouragea.

"Elle n'arrêtait pas d'insister alors qu'il ne voulait pas." Et il s'est laissé faire parce qu'il pensait que c'était moi.

"Ça a l'air terrible, compte tenu de tout ce que tu sais sur son vécu."

"C'est vraiment difficile pour lui de communiquer ce qu'il ressent." Il avait un souvenir de Bakugo qui se figeait, la bouche ouverte sans qu'aucun mot n'en sorte. "Mais il essayait tellement de lui dire- de me dire qu'il n'était pas à l'aise, et elle l'a juste ignoré !"

Sa fureur indignée atteignit son apogée.

"Il a du mal à le faire, mais il lui disait d'arrêter ! Et elle le savait. Elle s'en fichait juste."

"Ça a dû être difficile à entendre venant de ta propre voix." elle prédit gravement.

"Tu m'aimes ?"

"Il ne l'a pas du tout combattu." Il ne pouvait pas le dire devant Bakugo, il s'en servirait juste pour se blâmer, mais il devait parler à quelqu'un de ce qui lui pesait sur le cœur. "Dès qu'il a pensé que je me fichais de ce qu'il ressentait, il a juste accepté que ça n'avait pas d'importance. Ça me fait peur de savoir à quel point ce serait facile pour moi de lui faire du mal."

"La communication n'est clairement pas son point fort." Six convint. "Mais toi, tu es excellent dans ce domaine. Il te fait confiance, du moins en partie, grâce à la prudence avec laquelle tu prêtes attention à sa communication non-verbale. Himiko a exploité cette confiance d'une façon horrible, mais ça ne veut pas dire que tu ne la mérites plus."

Toute l'armure que Bakugo utilisait pour se protéger des autres disparaissait lorsqu'ils n'étaient que tous les deux. Avec ce qu'il s'était passé hier, ça semblait être une mauvaise chose, mais peut-être que ça ne l'était pas entièrement. Ils avaient cependant sérieusement besoin de parler du respect des limites et de ce qui constituait un abus. S'il voulait continuer à encourager Bakugo à s'ouvrir aux autres, Kirishima devait s'assurer qu'il savait que la simple absence de violence physique ne suffisait pas pour qu'un geste soit acceptable.

"Il m'a dit que- " Son estomac se contracta au souvenir. "Qu'Ito l'a frappé pour avoir été impoli alors qu'il- Alors qu'il était en train de le violer. Donc je pense qu'il a parfois peur de dire ce qu'il aime pas à cause de ça."

"C'est une observation très perspicace." elle approuva. "Les victimes d'abus apprennent souvent à ignorer leurs propres émotions parce qu'elles ne veulent pas aggraver les choses en contrariant leur agresseur. Par essence, elles ne peuvent pas exprimer des sentiments que l'agresseur ne veut pas qu'elles ressentent."

"Je m'attendais juste pas à ce qu'il soit aussi passif alors qu'il est… vous savez, lui."

"Bakugo est clairement à l'aise pour exprimer de la colère dans la plupart des situations. Mais une fois qu'il commence à se soucier de ce qu'on pense de lui, il a beaucoup plus de mal à s'exprimer, en particulier avec les émotions plus vulnérables comme la peur. Sa mère a renforcé ce comportement pendant longtemps, alors il faudra un certain temps pour s'en détacher. Tu es quelqu'un de bien pour l'aider avec ça parce que tu fais attention et te soucies de ce qu'il ressent, même lorsqu'il n'arrive pas à l'exprimer.

"Je sais que ça n'a pas vraiment de sens, mais j'ai l'impression de l'avoir trahi." Kirishima confia gravement. "Comme si je lui avais dit qu'il allait être en sécurité alors qu'il ne l'était pas."

"C'est ce qui est dur dans la vie." Six compatit. "On ne veut pas vivre dans la peur, mais on ne peut pas prédire l'avenir. On peut simplement essayer de deviner au mieux ce qu'il pourrait se passer et s'adapter au fur et à mesure."

"Je veux juste- Je veux juste pouvoir lui dire que ça va aller. De façon certaine."

"Je sais." elle répondit tristement. "Mais tu ne peux pas."


Le regret lui tomba dessus à la seconde où ils arrivèrent dans la salle d'attente. À quoi il pensait ? Il pouvait à peine laisser Kirishima le toucher à l'heure actuelle, et là il allait devoir laisser faire un adulte inconnu. Putain, il ne pouvait pas, merde-

Il est trop tard pour reculer maintenant.

L'esthétique délavée des hôpitaux alimentait une anxiété intrinsèque depuis son voyage aux urgences. Ça signifiait qu'il allait avoir des mains sur lui, des tubes en lui et qu'il allait être totalement impuissant. Il savait que ce n'était pas ce qui était prévu aujourd'hui, mais leur réel programme ne semblait pas beaucoup mieux. Aizawa avait renoncé à essayer de le faire parler à mi-chemin du trajet.

"Bakugo ?" une aide-soignante quelconque l'appela. "Veuillez me suivre."

Il se leva machinalement, faisant de son mieux pour ne pas penser à ce qui allait suivre.

"Tu es sûr que tu ne veux pas que quelqu'un t'accompagne ?" Aizawa demanda. Son visage rempli de crainte reflétait le sien.

"J'ai pas besoin d'un putain de public." il répondit sans laisser place à la discussion.

La femme en blouse lui posa les questions habituelles. Taille, poids, anniversaire, condition particulière, médicaments. Il faillit mentir à la dernière pour écourter l'échange.

"Sertraline et alprazolam." elle répéta. "Vous les prenez pour l'anxiété et la dépression ?"

"Pour quoi d'autre je les prendrais ?"

"De l'insomnie ou d'autres troubles de l'humeur. Les mêmes médicaments peuvent être utilisés pour beaucoup de choses différentes." elle expliqua. "Pour finir, pourquoi prenez-vous de la prazosine ?"

Il fit une pause quelques secondes, se mordant la lèvre en grimaçant. Il finit par souffler à contre-cœur, "Stress post-traumatique."

Elle hocha la tête en prenant note, puis lui tendit une tenue bleue soigneusement pliée et au tissu semblable à du papier.

Non, pas encore.

"Je vais vous laisser une minute pour vous changer."

Enfiler la tunique lui donna l'impression de creuser sa propre tombe. Il la serra au dos du mieux qu'il put, puis s'installa en boule sur la table d'examen le temps que son bourreau arrive.

"Bakugo Katsuki ?" Une femme de la tranche d'âge de sa mère entra.

"Malheureusement." Il avait l'impression d'avoir du papier de verre dans la bouche.

"Nous allons essayer de faire ça rapidement." elle promit en arrivant avec une machine qui lui faisait penser au bureau de l'ophtalmologiste.

"Vous avez déjà fait ça ?" il essaya de réprimer la méfiance bouillonnante.

"Trop de fois." elle répondit en enfilant ses gants. "Nous sommes juste en bas de la rue d'une université, donc la plupart de mes patients sont des étudiantes. Elles savent un peu à quoi s'attendre si elles ont déjà fais des frottis avant, mais tout ça va être nouveau pour toi, alors je vais essayer d'expliquer ce que je vais faire au fur et à mesure. Tu peux t'allonger sur le dos normalement, ou alors tu peux te mettre à quatre pattes si tu préf- "

"Non." il répondit trop rapidement pour conserver ne serait-ce qu'une once de faux-semblant.

"Très bien." Elle désigna les espèces d'appui-jambes au bout du siège. "Mets-toi au bord et repose tes jambes dans les étriers."

Il avait essayé de ne pas penser à quoi ça servait depuis qu'il était entré dans la pièce, mais ça ne pouvait pas être pire que de se mettre à quatre pattes. Il reconsidéra presque son choix lorsqu'elle fit monter les étriers et les sépara davantage, lui écartant aussi les jambes.

Ne pleure pas.

Elle parle tout en s'affairant, le bavardage chevauchant les bruits de plastique du déballage du matériel. Il ne sait pas vraiment s'il veut savoir ce qu'il se passe ou s'il veut juste qu'elle la ferme pour qu'il puisse prétendre que ce qui arrive n'est pas réel.

Un colposcope est apparemment un engin équipé d'une caméra avec un grand zoom sophistiqué. Ce n'est pas le pire outil qu'elle présente. Il apprend ce qu'est un « anoscope » lorsqu'elle prend en main un objet en plastique transparent qui ressemble à mi-chemin à un entonnoir et un tampon. Ce n'est pas particulièrement grand, ça ne fera probablement pas beaucoup mal, mais ça va entrer en lui et il n'est pas sûr de pouvoir le supporter.

"Je vais m'assurer que tu es prêt."

Ça commence avec une simple pression inconfortable, mais ça continue. Il y a quelque chose qui glisse en lui et ça le remplit d'horreur. La violation s'adoucît brièvement pour ensuite empirer.

"Attendez." il panique.

"Ça ne fera pas mal, promis."

"Attendez." Ses yeux brûlent soudainement alors que la peur éclate dans sa poitrine. "Attendez- Juste une seconde."

"Tout va bien, petit. Plus vite tu me laisseras faire ça, plus tôt ce sera fini."

Elle a raison, évidemment. Faire traîner l'examen ne fera qu'empirer les choses. Mais il est terrifié, nauséeux et il souhaiterait juste pouvoir dissocier, là maintenant, parce qu'il est encore beaucoup trop conscient. Quelque chose de froid le touche et il se fige comme une statue, effrayé de ne serait-ce que respirer. Ça s'insère en lui comme dans un cauchemar et son esprit conscient commence finalement à quitter son corps. La médecin lui parle du microscope et des putains de photos qu'elle est apparemment en train de prendre, mais rien de tout ça ne fait sens.

"Putain, t'es serré."

Elle dit qu'elle a presque fini, mais son corps se souvient qu'il va avoir mal.

Sortez-le s'il-vous-plaît, s'il-vous-plaît, s'il-vous-plaît-

Sa vision se brouille de larmes de panique. Il se sent absolument impuissant, il veut juste qu'elle le retire, qu'elle l'enlève, que ça sorte.

"C'est bon, ça va aller, putain de pleurnichard."

Puis c'est fini. Au début, il est trop étourdi pour bouger. Lorsqu'il se souvient finalement comment faire, il arrache ses jambes des étriers et se recroqueville sur lui-même avec un sanglot.

"C'est fini, ça va aller." C'était censé être apaisant. Ça ne fonctionna pas.

"Ça devrait aller maintenant."

Il voulait s'arracher la peau. Il ne pouvait qu'espérer qu'autoriser cette invasion en avait valu la peine.

"Est-ce que ça a servit à quelque chose ?" il demanda d'une voix rauque.

"Les fissures cicatrisées correspondent à ce que tu as dit à la police. Je vais le confirmer avec le médecin légiste."

"Un putain de oui aurait suffit." il claqua. Il ne voulait pas connaître les détails. Ils lui redonnaient trop de souvenirs.

"Je vais te laisser te changer." Elle emporta ses putains d'échantillons avec elle.

Le gris et blanc du bureau s'estompa alors qu'il se perdait dans son esprit. Il se demanda distraitement si ce qu'elle venait de trouver était à l'origine de ses troubles alimentaires. S'il ne mangeait pas, ça lui faisait moins mal, il se souvint. C'était plus facile d'oublier.

Ça n'avait pas fait mal aujourd'hui, alors ça l'aida à revenir dans le présent. Pleurer pour un petit bout de plastique lubrifié et un toucher doux était bien exagéré comparé à la dernière fois que quelque chose avait été en lui, mais le sentiment d'humiliation demeurait. Au final, l'expérience avait été beaucoup moins douloureuse, mais presque tout autant déshumanisante.

Il revint finalement à lui et se rhabilla avec une urgence frénétique. Au moins, il se connaissait assez bien pour avoir apporté de manière préventive un sweat-shirt surdimensionné. Lorsqu'il sortit en vitesse, Aizawa l'attendait.

"Tu vas bien ?"

"Partons d'ici." il demanda autant qu'il supplia, les craquements dans sa voix le trahissant. Aizawa n'essaya pas de le faire parler à nouveau le long du trajet jusqu'à la voiture. Bakugo se jeta sur le siège passager et se recroquevilla immédiatement, s'appuyant contre la portière, la capuche baissée sur son visage. La portière côté conducteur s'ouvrit et se referma, mais le moteur resta silencieux.

"Je suis désolé que tu aies dû faire ça."

Il ne pouvait pas répondre. Sa voix ne coopérait pas. C'était tout ce qu'il pouvait faire pour empêcher les larmes pathétiques de s'aggraver en des sanglots incontrôlables.

Il ne posa pas de questions lorsque Aizawa s'arrêta directement à son appartement. Retourner à l'internat dans cet état serait un vrai cauchemar, alors que Mic ferait simplement semblant de rien remarquer. Il lui lancerait tout au plus un « je suis désolé que tu ne te sentes pas bien, petit auditeur », puis il le laisserait tranquille. De plus, il n'effrayerait pas Kirishima en restant ici.

Il alla directement s'installer dans le canapé qu'Aizawa avait définitivement rapproché du mur pour lui. Fidèles à leur habitude, les adultes le laissèrent tranquille, le gardant à l'œil à une distance confortable. La seule qui vint le déranger fut la chatte.

Peut-être que c'était le plan d'Aizawa depuis le début.

Elle se recroquevilla au milieu de sa poitrine, son endroit préféré apparemment, et ronronna comme si c'était le plus beau jour de sa vie. Le chat s'en fichait qu'il soit un cas perdu. Peu importait qu'il soit brisé, souillé et ruiné. Elle ne voulait rien de plus de lui que de la chaleur corporelle et des grattouilles. Les trois kilos de poils et d'amour lui permettaient de broyer du noir seul sans vraiment l'être.

Finalement, Mic entra en tenant le félin le plus furtif.

"Shinso va passer, mais je peux lui demander de venir une autre fois si tu veux."

"C'est bon." il répondit en essayant d'hausser les épaules sans déranger le chat. Shinso savait quand il fallait s'occuper de ses propres affaires et ne pas le déranger. Bakugo pencha sa tête en arrière loin du chat alors qu'ielle roulait plus haut sur sa poitrine, ses poils menaçant de se retrouver dans sa bouche. Il la repoussa plus bas avec un minimum de protestation. "C'est quoi le nom de ces petites pouffiasses ?"

"Elle, c'est Lady Elizabeth Anastasia Marie Troisième du nom." Il tendit la chatte grise à l'air grincheux qui était dans ses bras. "Et elle, c'est Pillow*."

"On se demande qui a nommé qui." il sourit.

"J'ai dit à Shota qu'il ne pouvait pas l'appeler Le Chat, alors il l'a juste nommée d'après le premier objet qu'il a regardé." Mic soupira. "Mais ça lui va bien. Elle est très douce et porte le nom de quelque chose que Shota apprécie vraiment."

Bakugo s'endormit presque avant l'arrivée de Shinso. À travers sa semi-conscience groggy, il entendit l'autre garçon parler à Aizawa.

"Il va bien ?"

"Pas vraiment."

"Il a vraiment pas bonne mine."

"Il a eu une dure journée."

"Il va juste dormir là ?"

"S'il le veut."

"Il a pas des médicaments à prendre ?"

"...Merde."

Lorsqu'il se réveilla à nouveau, Aizawa lui tendait son pilulier et un verre d'eau.

"T'es allé à l'internat juste pour me chercher ça ?" il demanda, incrédule.

"C'est important." Aizawa insista.

"Je vais pas mourir si je manque une dose." il répondit, confus. "Ce médoc-là a pas d'effet de sevrage de toute façon."

"Il est pour les cauchemars, c'est ça ?" Aizawa demanda doucement. À son signe de tête, l'homme ridiculement investi continua. "Je ne veux pas que tu manques une dose après ce que tu as traversé aujourd'hui."

Aizawa essayait même de le protéger de sa propre putain de tête.

"C'est pas Shinso qui s'en est souvenu ?" Il ne savait plus vraiment si cette conversation avait été réelle.

"Si." il confirma.

"Il me connaît même pas."

"Il a côtoyé des gens avec des problèmes psychiatriques la majeure partie de sa vie." Aizawa répondit. "Savoir pourquoi tu as été hospitalisé lui a suffit."

"Non, je veux dire…" Il ne remettait pas en question la supposition, ce n'était pas ça. "Pourquoi il s'en soucierait ?"

L'intervention d'Ibara l'avait suffisamment troublé, mais Shinso n'avait aucun intérêt concernant son bien-être. Il était une simple connaissance sans lien particulier avec lui, il l'avait aidé sans raison.

"Il n'a aucun proche biologique." Aizawa déclara doucement. "Être accueillit par les mêmes personnes est la seule manière qu'il ait jamais eu d'avoir des frères et sœurs. Que tu le vois aussi de cette façon ou non, il te considère comme un membre de sa famille désormais."

Famille.

Pour Bakugo, la famille n'avait jamais signifié qu'on prenait soin de lui. La seule personne qui l'avait fait en grandissant était... Deku. L'étrange réalisation lui donna le tournis. La seule personne à le traiter comme sa famille était apparemment censée le faire pendant la majeure partie de sa vie était Deku.

C'en était trop. Il avala la pilule, dérangeant brièvement Pillow au passage, et se laissa retomber pour se recroqueviller sur le côté. Pillow se percha simplement sur son épaule à la place.

"Vous êtes putain de bizarres." il grommela.

"Bonne nuit, Bakugo."


[CW] examen médical, non-respect du consentement pendant celui-ci, flashbacks.

•* Pillow : coussin.

NAO : J'ai failli posté cette fin juste après l'examen, mais je me suis ensuite dit que c'était TROP triste.

Edit : Je promets une pause dans la tristesse au prochain chapitre.

NP : Comme le démontre le léger "retard" dans la publication, les relectures de ce chapitre m'ont donné du fil à retordre. J'espère qu'il était qualitatif !