Chapitre 7 – Les rives de la Sprée

Ly...ra ….

Un silence de plomb enveloppait Lyra. Elle ne voyait plus rien, n'entendait plus rien si ce n'est un léger écho, au loin.

Lyra …

Cette voix ...

Lyra... réveille … toi …

Elle voulait se relever, accourir vers la voix qui l'appelait mais elle n'arrivait pas à soulever son corps qui lui semblait plus lourd qu'un sac de pierre.

- Lyra ! Lyra, réveille toi !

Lyra ouvrit les yeux brusquement. Pantalaimon était là, à quelques centimètres de son visage, parcouru par des soubresauts d'inquiétude et elle était étendue le nez dans la poussière et les débris. Les sons et odeurs la ramenèrent à la réalité. Tout semblait être déformé. Des personnes s'agitaient autour d'elle, criant, courant, appelant à l'aide. Elle tenta de se redresser en prenant appui sur sa main gauche mais une douleur vive et brulante lui transperça le bras. Elle laissa échapper un cri et retomba aussi sec sur le sol. S'aidant de son autre main, elle s'assit tant bien que mal. Sa boîte crânienne semblait être sur le point d'exploser et ses oreilles sifflaient, une odeur métallique lui parvenait aux narines. Elle porta la main à son front et constata avec effroi qu'elle saignait. Elle jeta un regard paniqué à son dæmon qui pétrissait d'angoisse ses genoux.

- Que s'est-il passé ? demanda t-elle, la bouche pâteuse de poussière.

- Il y a eu des explosions, répondit Pantalaimon. Est-ce que tu peux te lever ? Nous devons absolument quitter cet endroit !

Avec difficulté, Lyra se redressa. Le chaos régnait autour d'eux et elle avait du mal à s'orienter. C'est alors qu'elle aperçut la silhouette longiligne de Tomas courbé au dessus des restes de l'estrade.

Louise !

Lyra se précipita tant bien que mal à leur rencontre, boitillant, évitant la foule qui courait dans tous les sens. Lorsqu'elle arriva à leur hauteur, Tomas lui lança un regard désespéré. Louise était étendue sur le ventre, inanimée. Lyra l'aida à hisser la femme sur son dos.

- Nous devons partir, schnell ! lui cria-t-il.

Ils sortirent hâtivement du sous sol, Tomas échangea des mots pressés à quelques participants, donnant des directives pour que les blessés soient pris en charge, Louise toujours inconsciente sur son dos. Dehors, la nuit avait posé son voile d'obscurité. Ils se pressèrent sous les lumières blêmes des lampadaires, longues ombres glissantes sur les trottoirs déserts.

En arrivant à l'appartement, ils se précipitèrent dans une chambre pour y déposer Louise avec précaution. La française respirait avec peine. Anke avait transporté Adolias dans sa gueule et le posa aux côtés de Louise.

- Lyra, va sonner chez le voisin, à la porte d'en face, ordonna Tomas en entreprenant d'ouvrir la combinaison de Louise pour inspecter ses blessures. Il s'appelle Max, il est médecin. C'est une personne de confiance.

Lyra s'exécuta. L'homme qui lui ouvrit la porte flottait dans un pyjama à la fois trop large pour sa carrure osseuse et trop court pour sa taille. Il avait visiblement été réveillé par les bruits sur le palier et les coups à sa porte. Sur son épaule, son dæmon lézard louchait sur Lyra.

- C'est Louise, bafouilla t-elle, Elle a besoin de votre aide...

Sans attendre, le dénommé Max traversa en quelques enjambées le couloir qui séparait sa porte de celle du couple et pénétra dans la chambre. Il donna des directives à Tomas qui fit un aller-retour entre leur deux appartements pour revenir avec une mallette. Lyra, dans un coin, observait impuissante. Max s'afférait autour de Louise, toujours inerte. Jetant un regard par dessus son épaule, il aperçu Lyra et s'adressa à Tomas :

- Je m'occupe de Louise, toi va soigner ton amie là, elle est mal en point. Et soigne toi, toi aussi !

Dans la précipitation des évènements, Lyra en avait oublié son front sanguinolent et son poignet blessé. Tomas l'emmena dans la salle de bain et la fit s'assoir sur un tabouret avant de fouiller dans une armoire. Lui aussi était mal en point. Son nez saignait et son arcade sourcilière était gonflée. Lyra s'observa dans le miroir, interdite. Le sang sur son front avait commencé à sécher, formant une large écorce ensanglantée. Son visage était parsemé d'éraflures rougeâtres provoquées par les débris qui avaient été projetés pendant l'explosion. Sans compter son poignet qui avait enflé et provoquait une douleur aiguë.

- Ça va piquer un peu, je suis désolé. dit Tomas en imbibant un coton d'un liquide.

Ses mains tremblaient et il serra la mâchoire pour rester concentré sur le front de Lyra.

- Tomas … dit cette dernière, toujours sidérée, Qu'est ce qu'il s'est passé ?

- Le Magisterium, sans aucun doute…

- Mais … pourquoi ? Pourquoi Louise ?

Tomas s'arrêta un instant pour la fixer avec gravité. Il jeta son coton pour en saisir un autre et nettoyer les petites plaies qui constellaient les joues de Lyra. Il raconta :

- Quand Louise est arrivée à Berlin grâce au Réseau, nous avons tout de suite compris qu'elle allait être importante. La manière dont elle parlait, bougeait, s'emportait … un véritable potentiel de leadeuse, du genre que nous attendions depuis des années. Et moi, je suis immédiatement tombé amoureux d'elle. Oh tu m'aurais vu, la première fois qu'elle m'a parlé, un vrai imbécile.

Il arborait un sourire triste tout en découpant un morceau de sparadrap pour accrocher une compresse sur le front de Lyra.

- Elle peut rassembler et fédérer des foules juste avec trois mots… continua t-il. Elle a accepté ce rôle de meneuse et elle le tient avec brio, t'as pu le voir. A Istanbul, elle a été incroyable ! Mais ça signifie aussi qu'elle est une cible privilégiée pour le Magisterium. Lyra, cette attaque est la preuve que nous attendions. La preuve que l'Église a peur de nous !

Tomas s'était attaqué au poignet de Lyra, appliquant une crème et l'enroulant dans un bandage. Elle serra les dents.

- Louise est importante pour moi… mais elle l'est encore plus pour le mouvement. Sans elle, je ne suis pas sûr que le réseau tienne. Elle sait rassembler, rassurer les camarades quand ils ont peur, elle sait mener des actions. Elle est un phare quand tout semble perdu …

Sa voix s'était affaiblie. Il se releva et quitta sans un mot la pièce. Lyra le suivit du regard entrer dans la chambre et s'installer aux côtés du médecin. Elle entendit Max expliquer à Tomas que Louise avait le bras cassé et qu'il en était sans doute de même pour quelques côtes, qu'elle avait eu de la chance sur le coup mais qu'il devait la veiller jusqu'à ce qu'elle se réveille… si elle se réveillait. Lyra frémit. Soudain, des éclats de voix furieux résonnèrent à l'entrée de l'appartement et elle se précipita pour voir ce qu'il se passait. Un homme se dressait dans l'embrasure, son visage crispé par l'inquiétude et la colère. En apercevant Lyra, il se rua sur elle et la saisit par le col. Tomas intervint pour les séparer et l'homme qui l'avait empoignée la pointa d'un doigt menaçant :

- C'est elle Tomas ! C'est à cause d'elle qu'il y a eu cet attaque !

- Ne dis pas n'importe quoi Léon, temporisa Tomas.

- N'importe quoi ? hurla le dénommé Léon, N'importe quoi ?! Mais merde ! Cette fille que personne ne connaît se ramène à une réunion et, comme par hasard, des bombes explosent sous les pieds de ma propre sœur !

Lyra, stupéfaite, observait cet homme emporté. De taille moyenne, il portait de longues dreads brunes attachées au dessus de son crâne en un chignon ébouriffé, son regard était vif, comme celui de Louise … Son visage et ses vêtements étaient poussiéreux, preuve qu'il avait été présent ce soir. A ses pieds, son dæmon blaireau feulait dans la direction de Pan en montrant des crocs acérés. Tomas posa ses mains fermes sur les épaules de Léon et lui déclara :

- Léon, elle est de notre côté. Je t'assure. C'est elle que Louise voulait présenter avant que … les bombes n'explosent.

Léon s'arrêta et observa Lyra, les poings si serrés que ses phalanges avaient blanchi.

- Maintenant, repris Tomas en détachant chaque mot calmement, s'il te plait, cette maison à besoin de calme, j'ai besoin de calme, Louise a besoin de calme. Rentre chez toi. Je te contacte dès qu'elle se réveille.

En parlant, il poussa gentiment mais fermement Léon vers la porte de sortie. Le frère de Louise voulut contester mais le regard de Tomas était inflexible et froid. Il ferma la porte à clefs en poussant un soupir et se frotta longuement les yeux. Dans la chambre, Anke s'était allongée aux côtés de Louise et la fixait en gémissant.

- Qu'est ce que je peux faire ? demanda Lyra d'une voix basse.

Tomas jeta un regard accablé vers la chambre.

- Rien … Je vais veiller, comme Max m'a dit …

- Je vais veiller avec toi.

Il lui sourit puis, ouvrant une armoire, il lui tendit une couverture.

- Tiens. Avant il faut que tu te reposes un peu. Ça va aller, je t'assure…

Lyra saisit la couverture sans rien dire. Avant de retourner auprès de Louise, Tomas ajouta :

- C'est une guerre souterraine Lyra, elle prendra le temps qu'il faudra mais nous gagnerons.

Le Magisterium repose sur un mensonge et nous devons nous battre pour le prouver. Tu n'as pas à t'investir si tu n'en as pas envie. Mais toutes les forces sont bonnes à prendre.

Lyra n'ajouta rien. Elle s'allongea sur le canapé, se couvrant avec la couverture en laine et fixa le plafond, désemparée. Tout ceci n'était pas prévu. Ils devaient juste prendre des trains, des bateaux, des dirigeables jusqu'au Nord, c'est tout. Il n'était pas question de rejoindre un réseau de résistance ni d'échapper, une nouvelle fois, à la mort. Pantalaimon se hissa sur le dossier du canapé pour la regarder avec insistance. A l'extérieur de l'appartement berlinois, le ciel prenait une teinte rose et feu. Sans un mot, Lyra se tourna sur le côté et ferma les yeux.


Lyra et Tomas veillèrent sur Louise à tour de rôle. Quand l'un était à son chevet, l'autre se reposait. Ils se relayèrent ainsi pendant une journée complète. C'était au tour de Lyra et au dehors, Berlin dormait sous la lumière voilée de la lune. Elle avait pris place dans un fauteuil crapaud en cuir abîmé et triturait nerveusement les cuticules de sa main valide en fixant la respiration lente et difficile de la femme allongée. Pour combler le tout, ses règles étaient arrivées et provoquaient en elle de violentes crampes qui l'épuisaient un peu plus. Pantalaimon se glissa derrière elle.

- Lyra … chuchota t-il, On devrait y aller tu ne crois pas ?

La jeune femme balaya la remarque de son dæmon d'un geste agacé.

- Lyra, insista la martre, On ne peut rien leur apporter maintenant … et nous avons beaucoup de route pour rejoindre le Nord.

Lyra pinça ses lèvres et s'apprêtait à répliquer d'une remarque acerbe quand Tomas entra dans la chambre, une tasse de café dans chaque main. Il en tendit une à Lyra et s'assit sur le rebord du lit, les yeux rivés sur Louise.

- Tomas …

L'homme blond reporta son attention sur Lyra, ses traits étaient tirés, signe de son inquiétude terrible et du manque de sommeil.

- Comment … savez vous pour … la prophétie et tout ce qui en découle ?

- Les sorcières, répondit-il. Lors d'un voyage à l'Est, nous avons rencontré Tanja Lentana, la reine du clan du Lac Umolese. Elle nous a dit que les vents portaient votre histoire et qu'il était naturel que nous soyons au courant. De ce que racontait la prophétie, de comment vous avez tué l'Autorité, que c'est toi qui a participé à rendre au monde la libre pensée, pour quoi on se bat si fort avec Louise. Ça n'a pas du être simple de porter tout ça en soi non ?

Lyra haussa les épaules.

- Je n'ai pas voulu tout ça … Je pensai même m'être débarrassée de toute cette histoire. Et, à vrai dire, on a pas vraiment tué l'Autorité. On l'a plutôt … libéré. Il était enfermé dans une espèce de prison. Et puis Will a ouvert et on l'a sorti de là. Il était si vieux et avait l'air si fragile… Ensuite il s'est juste … évaporé …

- Will ?

- Le porteur Poignard Subtil…

- … et ton amant du Nord.

Lyra eu un petit sourire. Tomas se gratta la barbe, l'air songeur.

- Dans tous les cas, Tanja Lentana nous a tout raconté. Elle nous a dit que nous devions porter le message à nos camarades, que la victoire serait notre, que notre combat était juste. Elle nous a aussi dit que nous serions amené à te rencontrer, toi, et que cela donnerai un nouveau souffle à notre mouvement. Les sorcières ont toujours raison non ?

Lyra ne répondit rien. Sur le lit, Louise remua. Lyra se redressa et Tomas se précipita auprès de la française qui bougeait lentement la tête en gémissant. Tomas lui caressait le visage et elle ouvrit difficilement les yeux :

- Bonjour Liebe. Comment te sens tu ?

Il souriait, les yeux brillants pendant que Louise grommelait en levant la main pour se frotter le crâne.

- Tu nous as fait peur … dit il, la voix coincée dans sa gorge, Reste tranquille, ne bouge pas … Lyra, est ce que tu peux aller chercher Max ?

Elle s'exécuta. Max s'empressa auprès de Louise, sa mallette à la main.

La jeune femme resta sur le pas de la porte, observant les gestes du médecin, écoutant la voix embrouillée de Louise, Tomas à ses côtés ne lâchait pas sa main.

Elle se retira dans le salon et entreprit de rassembler ses affaires et ranger ce qu'elle avait dérangé.

- Alors on y va ? la questionna Pan.

- Oui, oui, on y va …

Max traversa le salon précédé par Tomas qui l'accompagnait à la porte. Le médecin lui donnait plusieurs conseils et Tomas le remercia vivement. En se retournant il observa un instant Lyra qui fermait son sac.

- Vous partez ? demanda t-il.

Ils entendirent un faible appel provenant de la chambre de Louise. Lyra s'installa sur le rebord du lit et prit les mains de la française dans les siennes.

- Tu t'en vas ? s'enquit Louise.

Son teint avait perdu de sa superbe. Elle parlait avec difficulté.

- Oui, répondit Lyra. Je voulais m'assurer que tu ailles mieux avant de partir. Mais nous devons y aller maintenant. Nous sommes attendus …

- Est-ce que nous nous reverrons ?

- Je l'espère de tout cœur… Merci de m'avoir fait découvrir le Réseau Starling. Arrivée dans le Nord, je suis sûre que je pourrais en parler avec mon ami Iorek Byrnison, qu'il sera sensible à votre combat et que son aide pourrait être précieuse …

- T'entend ça Tomas ? Elle est amie avec le roi des ours en armure …

Tomas lâcha un petit rire.

- Reviens nous voir, Lyra Parle-d'Or. reprit Louise

- C'est promis.

Elle laissa la française à son repos. Tomas lui ouvrit la porte avant de la serrer contre lui.

- Merci d'être restée … dit il, Longez les rives de la Sprée, vous pourrez atteindre la gare sans risque. Soyez prudents d'accord ? Les agents du Magisterium trainent partout en ce moment … Écrivez nous quand vous pouvez.

Lyra le remercia chaudement et quitta le petit appartement.

Les premières lueurs du soleil apparaissaient sur les toits berlinois. La brume matinale qui flottait au dessus de la rivière se dissipaient, laissant place au spectacle serein du réveil de la ville. Lyra et Pan avançaient sur la rive, le dæmon courrait plus qu'il ne marchait, faisant des aller et venues vers Lyra comme pour la presser d'aller plus vite. Il parlait, exalté, élaborant des plans, se désespérant que Lyra ne montre pas plus d'entrain. Elle avait enfoncé ses mains dans ses poches. La douleur lancinante continuait de tourmenter son poignet et, sous son nombril, des nœuds désagréables la submergeaient.

- Mais bon sang Pan ! s'écria la jeune femme, maussade, Vas-y si tu es plus malin ! Pars devant, cours ! Ne m'attends pas !

Le dæmon fut stoppé dans son élan et la regarda, stupéfait.

- Lyra … dit il, Je suis désolé de t'agacer mais j'ai juste hâte …

- Moi aussi ! Ce n'est pas en trépignant et en occupant l'espace comme ça qu'on va aller plus vite à la fin ! Est ce que tu ne peux pas rester un peu tranquille ?!

- Mais pourquoi tu es en colère ?

- Je ne suis pas en colère ! Je … j'ai peur…

En prononçant ses mots, elle s'assit sur le bord du quai, laissant pendre ses jambes au dessus de l'eau tranquille de la Sprée, les yeux rivés sur les vagues minuscules qui s'abattaient sur le quai. Pantalaimon la contourna pour venir poser ses pattes sur ses cuisses et capter son regard. Lyra se lamenta :

- Et si tout ça n'était qu'une erreur Pan ? Je veux dire … on attend ce jour depuis si longtemps que ça semblait inespéré ! Mais … il a grandit non ? C'est devenu un adulte. JE suis devenue adulte. On a forcément changé. Et si on ne se reconnaissait plus ?

- Évidemment qu'on a changé, tous ! C'est naturel Lyra ! s'exclama le dæmon. Nous n'allions pas resté figés à l'adolescence et eux non plus ! Combien d'années se sont écoulées déjà ? Sept ? C'est beaucoup, sept ans à l'échelle de nos vies. Regarde tout ce que nous avons accompli et traversé. Bien sûr qu'on allait pas rester les mêmes après tout ça…

- Oui mais …

- Aies confiance en ton instinct. Je sais que je suis le premier à râler face à ton caractère impulsif mais pour une fois, moi, je crois en ton intuition. Et ton intuition te dit de monter au Nord et de les retrouver car tout ce dont nous avons besoin, maintenant, c'est de Will et Kirjava.

Lyra lança un petit cailloux dans l'eau qui se troubla. Pan continua :

- C'est normal d'être inquiète. Moi aussi j'ai peur, au fond. Mais je crois que la joie de savoir qu'on va les revoir l'emporte sur tout le reste.

La jeune femme se frotta les yeux, las.

- Je suis désolée Pan, pour mon attitude. Ça va s'arranger …

- Je sais. J'ai confiance en toi.

Sous ses pieds, la rivière s'agita. Des sifflements stridents résonnèrent et Lyra leva les yeux. Un convoi de péniches gitanes passaient devant eux et, sur l'une d'elle, un homme agitait ses bras dans sa direction. Lyra ouvrit grands les yeux.

- Tony Costa ?!

Le gitan plaça ses mains en porte voix.

- Qu'est ce que vous faites là ? cria t-il

- Qu'est ce que VOUS faites là ? renchéri Lyra en se levant.

Elle suivait la péniche en courant. Tony retourna à sa cabine pour dériver l'embarcation vers le quai. Lyra prit de l'élan et sauta sur le pont pour plonger dans son étreinte solide.

- Bon sang mais qu'est ce que vous foutez là ?! s'esclaffa t-il en la regardant, un sourire radieux aux lèvres, Quand Ma va te voir, elle va être folle de joie !

Ma Costa, justement, avait accouru sur le pont pour comprendre d'où provenait ces cris. En voyant Lyra, elle se rua vers la jeune femme pour la serrer avec force contre elle.

- Mais qu'est ce que vous faites ici ?! s'exclama la gitane, Oh bonjour Pan, je suis heureuse de te voir ! Mais vous êtes blessés ?!

Tout en l'assommant de questions, elle entraîna Lyra à l'intérieur de la péniche, la fit s'assoir et lui fourrait déjà une tasse et un biscuit dans la main. Elle réitéra ses questions.

- Je voyage pour atteindre le Nordland, répondit Lyra en dévorant le biscuit. Et vous alors ? Vous êtes bien loin d'Oxford !

- Tu n'as pas reçu notre lettre ?

- A vrai dire … je suis partie il y a plusieurs mois maintenant …

Tony les avait rejoint et avait prit place auprès de sa mère. Cette dernière encercla les épaules de son fils avec un sourire fier.

- Nous allons à Hambourg. Tony va se marier !