Départ pour un monde Disney déjà connu, dans le but de mettre la main sur la deuxième clé des éléments!
Une déchirure.
Sora la ressentait au fond de lui-même.
Quelque chose était brisé au plus profond de lui... sa volonté, sa conscience, son cœur ?... Il ne voyait plus par ses yeux, remplis de brouillard, que des formes floues, vaguement humaines, qui parlaient, loin, loin de lui. C'était comme si le monde entier s'était soudain retrouvé sous l'eau.
Il se sentait seul. Il n'avait pas la force de bouger son corps, qui ne lui obéissait plus de toute façon. Il voulait pleurer, crier, hurler à l'aide ! Mais sa bouche restait obstinément close et ses yeux résolument secs. Il se sentait respirer, il était donc toujours en vie ? Mais dans quel état ?
Sora n'en pouvait plus... Sora voulait lâcher prise... il voulait partir. Quitter ce corps presque mort.
Ce fut là qu'il l'entendit : cette voix d'enfant. Contrairement à tous les autres bruits alentours, elle était claire et parfaitement audible. Et elle lui demandait :
« Pourquoi tu es tout seul ? »
« Je me suis perdu... » pensa Sora de toutes ses forces.
Contre toute attente, la voix d'enfant parut l'entendre car elle demanda encore :
« Pourquoi tu es triste ? »
« Parce que je suis seul... avoua Sora. Et j'ai froid... »
« Je peux t'aider ? »
« Je ne sais pas. »
La voix fit une pause. Puis Sora entendit un rire clair, et l'enfant reprit :
« Viens avec moi ! Comme ça tu ne seras plus tout seul, d'accord ? »
Sora vit une puissante lumière puis sentit une vague de chaleur l'envahir de toutes parts. Son corps se réchauffait progressivement et son cœur... son cœur battait à nouveau. Sora inspira profondément et ouvrit les yeux.
...
Il n'y avait personne autour de lui.
Pourtant cette voix d'enfant... elle lui disait quelque chose.
Il l'avait déjà entendue quelque part.
Sans réfléchir davantage, l'Elu de la Keyblade partit en trombe dans le vaisseau gummi mais se stoppa net dans la cuisine, nez à nez avec Hayate, dont les bras étaient chargés d'assiettes et autres couverts propres. Haletant, il fixa un instant les yeux bleu ciel surpris de la jeune femme (qui avait failli en lâcher sa vaisselle), ne sachant pas par où commencer son histoire. Le jeune homme était tellement pressé de tout raconter à la défenseuse qu'il lui fallut quelques minutes pour se rendre compte que son comportement était extrêmement étrange, voir inquiétant. Notant aussi leur taille similaire (non sans fierté) et la trop grande proximité de leurs visages, ainsi que le mutisme choqué de Hayate, le jeune homme finit par reculer d'un pas et expliquer :
« J'ai fait un nouveau rêve... »
A ces mots, la défenseuse relâcha ses épaules et se détendit à vue d'œil. Elle entreprit de mettre la table et finit par s'y asseoir, invitant Sora à faire de même. Après le récit onirique passionné de l'Elu, Hayate se mit à fixer intensément un pot de confiture avant de demander:
« Cette voix d'enfant... c'était celle d'une fille ? »
« Heu... hésita Sora. Je suis pas sûr... tu penses à quelqu'un ? »
« Naminé, avoua Hayate en se versant un verre de jus de fruits. Il me semble... que Naminé et Roxas avaient un lien profond avant votre réunion. Et la sensation de mourir aurait très bien pu être ce que Roxas a ressenti lorsqu'il a été créé, quand tu t'es arraché le cœur... Mais... »
La jeune femme hésita puis reprit :
« Cela ne nous dit toujours pas qui est le mystérieux « maître » de ton dernier rêve. Je pense qu'il faut attendre le prochain songe, pour en apprendre davantage... »
Sora n'avait que moyennement écouté la dernière phrase : il observait le visage rond de la défenseuse, avec curiosité. Cette dernière parut le remarquer car elle finit par demander :
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Et toi ? Se lança Sora. Tu...Tu as rêvé ? Ces derniers temps ? »
« Malheureusement non, soupira la jeune femme en finissant de mettre la table. J'aurais espéré voir quelque chose d'utile concernant la Boîte noire, mais rien. Pas la moindre image. C'en est presque frustrant. »
« T'en fais pas, la rassura Sora avec un sourire, on va dans un nouveau monde aujourd'hui : on trouvera peut-être quelque chose sur ton passé. La dernière fois, on a bien mis la main sur le coffre pour Iwako... bon, ça nous avance pas beaucoup, mais c'est déjà mieux que rien, non ? »
Hayate ne répondit rien, mais lui rendit un sourire doux et reconnaissant. C'était étrange comme impression, mais il semblait à Sora que depuis que la jeune femme s'était débarrassée de son armure lors de la bataille navale sur le Hollandais Volant, elle s'était aussi défaite d'une partie de sa réserve... En tout cas avec lui, elle semblait plus ouverte, moins réticente à lui montrer ses émotions.
Un bruit sur sa droite alerta le jeune homme : Riku venait d'apparaître devant la cuisinière, se versant lentement du café dans un mug.
« Riku ! Se réjouit Sora. J'ai rentré hier les coordonnées pour le Colisée. Si tout s'est bien passé, on devrait être actuellement en orbite du monde. Tu sais si Iwako est levée ? »
« Un café... maugréa Riku d'une voix enrouée en se laissant tomber sur sa chaise. Et mon déjeuner. Avant ça, mon cerveau ne sera pas capable d'assimiler ce que tu viens de dire... »
Sora et Hayate échangèrent un regard en souriant puis la jeune femme poussa un tas de crêpes fumantes vers le jeune Maître de la Keyblade.
« Merci Hayate... » lâcha-t-il en quittant progressivement son mode zombie matinal.
...
Lorsque Sora atterrit devant l'acropole de Thèbes, il leva les yeux vers ses colonnades et sa frise représentant Hercule tout en inspirant un grand bol d'air :
« A part la Ville de Traverse et Jardin Radieux, annonça l'Elu de la Keyblade à la cantonade, je pense que c'est le monde que j'ai visité le plus souvent... »
« C'est pas vrai encore toi ! »
Une petite créature, mi-bouc, mi-humaine, s'approchait en clopinant du groupe des quatre porteurs de Keyblades. C'était exactement la personne que cherchait Sora.
« Phil ! S'exclama le jeune homme en levant une main amicale. Comment ça va ? Dis... je peux te demander un service ? »
« Non », trancha le satyre, en arrachant une affiche de combats de sans-cœurs pour la remplacer par une autre.
« Mais je t'ai pas encore demandé... » râla Sora
« Tu crois que je te vois pas venir ? Le coupa Philoctète en le pointant d'un doigt accusateur. Tu m'amènes trois bleusailles, et tu veux que je les entraîne comme je t'ai entraîné il y a quelques mois avec Herc'. Je vais bientôt prendre ma retraite, alors je vais te le dire en deux mots : HORS DE QUESTION. »
« Ça fait trois mots non ? » Chuchota Iwako à Hayate qui hocha péniblement la tête de regret.
« En réalité nous ne sommes ni des ''bleusailles'', expliqua Riku en croisant les bras sur son torse, ni à la recherche d'un entraîneur. Nous avons besoin d'une information. »
« Ah ben fallait le dire plus tôt ! S'exclama Phil tandis que Sora le fusillait du regard. 'voulez quoi ?»
« Comment se rendre dans le monde des dieux ? » Demanda directement Riku.
Les yeux du satyre s'exorbitèrent puis il éclata de rire à la barbe du jeune Maître de la Keyblade, qui parut alors irrité devant tant d'hilarité. Enfin, Philoctète expliqua :
« Il faut être au moins un Héros confirmé si vous espérez accéder à l'Olympe. Mais qu'est-ce que vous leur voulez aux dieux ? »
« Nous sommes à la recherche de la Clé du Feu, narra Hayate sérieusement. Serait-il au moins possible de communiquer avec eux ? »
« Hmmm... grogna Phil en lissant sa barbiche tout en réfléchissant. Vous pouvez essayez d'aller à un autel... Si votre Clé est liée au feu, j'irais voir directement à un temple de Hestia, si j'étais vous...»
« Cool ! Se réjouit Sora. C'est par où ? »
« Derrière le forum, explicita Phil en leur montrant le lieu de son petit doigt boudiné. Une grande colonnade blanche avec des flammes à l'entrée... vous pouvez pas le louper. Mais je vous préviens : les dieux sont rarement coopératifs... »
...
Parvenu devant le fameux temple, le petit groupe de porteurs se fit arrêter à l'entrée par deux soldats grecs particulièrement farouches, sans la moindre explication. Comme il ne s'agissait pas de sans-cœurs ni de Similis, selon Iwako, toute possibilité de combat fut vite écartée par les porteurs. Riku était déjà en train de chercher une entrée dérobée lorsqu'une voix leur parvint de sous le parvis :
« Te fatigues pas petit...ils te laisseront pas passer. »
Sora tourna la tête : assis sur les marches du temple, une bouteille à la main et un vieux rapace sur l'épaule, un mendiant les observait en souriant. Son œil vitreux et sa barbe mal rasée indiquaient un taux élevé d'alcool dans le sang.
« Pourquoi ? Demanda l'Elu de la Keyblade. Ce n'est pas un temple public ? »
« Non, affirma l'homme en dépliant ses longues jambes sous ses haillons. C'est un culte à mystères là-dedans. Seuls quelques habitants de Thèbes sont acceptés. »
« Lesquels ? » S'enquit Riku.
Le mendiant se mit sur ses jambes et, malgré son attitude gauche et l'état déplorable de ses vêtements, Sora fut impressionné par sa haute taille. Il but une grande gorgée de vin avant de continuer :
« Hestia est le genre de femme un peu timbrée qui a eu des sales histoires avec les hommes... du coup elle accepte que les femmes dans son temple... enfin, les ''belles femmes''. Cette dindasse a un certain sens de la mode... un truc de citadine quoi. »
Sora et Riku tournèrent d'un même mouvement leurs visages vers ceux de leurs deux compagnes féminines. Tandis qu'Iwako leur répondait par un grand sourire, Hayate, mal à l'aise, se défendit en levant les bras devant elle:
« Iwako je te laisse l'affaire : si elle cherche des ''belles'' femmes à la mode, je ne passerai jamais l'admission... »
« Pas sûr... marmonna le mendiant avec un sourire malicieux. De toute façon il faut vous habiller autrement : belles ou pas, on ne vous laissera jamais passer avec ces vêtements... suivez-moi. »
« Attendez ! L'arrêta Hayate sur ses gardes. Pour quelle raison nous aidez-vous? »
L'homme se prit le menton et le rapace sur son épaule croassa bruyamment. Puis il admit :
« Parce que je n'ai rien de mieux à faire ? Et que je m'ennuie ? »
« Ce ne sont pas des raisons valables... trancha durement Hayate en fronçant les sourcils. Et comment comptez-vous nous aider? Vous êtes de toute évidence un mendiant dans le besoin."
"Vous avez une meilleure option?"
Subitement, Riku se tourna vers la magicienne et demanda:
"Tu n'as pas prévu de costumes pour ce voyage?"
"Je n'ai pas pris le temps de le faire".
« Très bien, soupira d'agacement Hayate devant le sourire confiant du mendiant. On vous suit. Mais je vous préviens : à la moindre action suspecte, vous le regretterez amèrement..."
" Vous voulez qu'on vienne avec vous les filles ? Se proposa Riku.
"Hors de questions", s'insurgea Iwako.
« Alors on vous attend là les filles ! » S'écria Sora tandis que Riku s'asseyait sur les marches du temple en soupirant et que l'inconnu emmenait les deux porteuses vers un stand d'habits grecs.
Une bonne heure plus tard, alors que Sora et Riku désespéraient de ne jamais pouvoir avancer dans leur mission, le mendiant surgit derrière une jarre et déclama :
« Vous n'allez pas en croire vos yeux les garçons ! Allez les filles, en scène ! »
Iwako fut la première à apparaître. Sous le coup de la surprise, Riku se releva et l'observa bouche bée, tout comme Sora : la magicienne portait une belle robe bleue foncée antique, dont le col échancré laissait entrevoir une bonne partie de ses clavicules blanches. Sa nuque tout aussi laiteuse était apparente, ses longs cheveux bleus ayant été relevés en un grand chignon retenus par quelques fleurs tressées dans ses nattes. Un bijou vert émeraude était accroché à son cou et faisait ressortir le vert de ses yeux en amande. Elle leur sourit, coquette, et Sora ne put s'empêcher de la trouver magnifique.
« Vous en pensez quoi ? » Demanda-t-elle en tournant sur elle-même pour faire voltiger sa robe.
« Superbe ! S'exclama Sora en levant un pouce approbateur. Si comme ça tu passes pas à l'entrée... »
« Parfait », lâcha seulement Riku d'une voix étrangement monocorde.
« Allez sors de là... appela soudain le mendiant en jetant un coup d'œil derrière la jarre. Ne fais pas ta timide... »
« Tout cela est ridicule... » se plaignit la voix de Hayate quelque part.
Néanmoins, elle finit par sortir de sa cachette et Sora eut l'impression de recevoir un coup de poing en pleine poitrine : la défenseuse portait elle aussi une robe, mais dont le tissu, couleur nacre et plus vaporeux que celui de sa meilleure amie, embrassait parfaitement chaque forme de sa silhouette. Une ceinture aux dessins dorés retenait sa taille fine, mettant en valeur ses formes féminines, jadis cachées par son armure. Ses cheveux roses, peignés, étaient relevés en une coiffure complexe. Quelques mèches bouclées encadraient son visage doux et dégagé, dont les lèvres rouges mettaient en contraste le bleu cristallin de ses yeux et sa peau légèrement rosée.
« Je suis plutôt fier de moi... » se congratula le mendiant en croisant des bras satisfaits.
« Oui je vous félicite, admit Iwako en tapant dans ses mains. Moi j'ai tout essayé pour l'habiller de manière féminine, et elle a toujours catégoriquement refusé... »
« Ce n'est pas pratique en combat », se défendit Hayate qui semblait mal à l'aise de se faire dévisager ainsi.
« Certes, lâcha soudain Riku. Mais là, on a juste besoin que tu rentres dans un temple pour demander une faveur à une déesse... »
« Et rien que pour te voir comme ça, ça vaut le coup ! roucoula Iwako. N'est-ce pas Sora ? »
Le jeune homme était toujours comme pétrifié devant cette apparition inattendue. Le choc avait été plus violent en comparaison avec Iwako, car la magicienne était déjà assez féminine dans sa manière de se vêtir, de manière générale. Son caractère aussi, était plus délicat. Mais de voir Hayate, d'habitude en t-shirt ou en habits de combat, froidement analytique, parée de la sorte... Sora ne savait pas comment décrire sa réalisation sans paraître stupide :
Hayate était sublime.
Il n'avait jamais remarqué, sans doute parce qu'il n'avait jamais vraiment fait attention jusqu'alors, à quel point Hayate était splendide. Elle n'avait pas une beauté conventionnelle, certes, ni envoûtante, comme celle d'Iwako, cependant la défenseuse avait quelque chose de sensuelle et à la fois adorable... un peu comme une femme-enfant. Aux yeux de Sora à l'instant, Hayate était divinement belle.
«La Terre appelle Sora? plaisanta Iwako à sa gauche. Alors comment tu la trouves ? »
« Heu ! S'étrangla le jeune homme en se sentant rougir des pieds à la tête. Incroyable... »
Gênée par la situation, Hayate se mit elle aussi à rougir et se déplaça stratégiquement derrière Iwako, tentant vainement de se faire oublier. Alors que la magicienne éclatait de rire et que Riku fixait étrangement Sora de ses yeux turquoise brillant, l'oiseau sur l'épaule du mendiant, à la surprise générale, hurla dans l'oreille de son perchoir humain :
« J'ai faim ! Quand est-ce qu'on va enfin aller casser la croûte ?! »
« Il parle ?! » S'étonna Iwako.
« Malheureusement... soupira le mendiant en tournant la tête vers le volatile. Ecoute : si t'as faim, t'as qu'à y aller tout seul ! »
« Tu oublies une chose mon gars... râla le rapace en fixant son maître de ses petits yeux carnassiers. C'est de TA faute si j'ai perdu mon boulot, mon seul gagne-pain... Exilé à cause de TOI ! »
« Ça va, ça va... se résigna l'homme. Allez-y les filles. Je suis sûr que vous allez assurer ! Moi je dois nourrir cet imbécile... »
« Imbécile toi-même ! » l'insulta encore son rapace alors que le mystérieux homme s'enfonçait dans les ruelles de Thèbes.
Alors que le petit groupe de porteurs regardait médusé leur bienfaiteur disparaître dans la foule, Iwako mit ses mains sur ses hanches et déclara :
« Bien ! Allons rendre visite à cette déesse ! Les garçons... désolée de vous laisser en plan, mais on n'a pas trop le choix... »
« Pas de souci, la rassura Sora qui avait toujours du mal à détacher son regard de Hayate, on vous attend là... »
La voix hésitante de Riku sortit l'élu de ses rêveries :
"Attends."
A la surprise générale, le jeune maitre de la Keyblade révéla un objet qu'il avait vraisemblablement sorti de sa poche. Avec une désinvolture sans pareille, il glissa une baguette en bois taillé pour ressembler à une fleur aux pétales arrondis dans le chignon relevé d'Iwako, à la manière d'un fleuriste arrangeant une composition florale en y ajoutant la pièce maîtresse.
Tandis que les deux jeunes femmes restaient sans voix, Sora ne pût s'empêcher de se demander d'où il sortait ce truc... Malgré le regard interrogateur de la magicienne, Riku se contenta pour toute réponse de retourner s'asseoir tout en croisant les bras.
Les deux filles arriveront-elles à obtenir la faveur des dieux? Réponse la semaine prochaine!
Et en attendant...JOYEUX NOUVEL AN A TOUS!
Pleins de paopoos et de glaces bleues à vous, très chers lecteurs!
Nsperis et Lirae
