Bonjour les amis, comme Lirae l'avait prédit, son chapitre est sorti après 1000 ans. Enfin, il vous avait prévenu!
Voici donc la suite et fin tant attendue de Pocahontas, avec un Boss final un peu...particulier (comme l'entier de ce monde d'ailleurs!). On prévient les âmes sensibles: ne mangez pas avant de lire ce chapitre.
Toutes nos excuses, Lirae était inspiré... et Nsperis l'a laissé faire. Pire, il y a eu des encouragements et des propositions complémentaires... (vous allez voir de quoi nous parlons...)
P.S: pour Erza, il ne s'agit pas de sang!
...
Riku courait dans la forêt, tentant d'éviter les sentinelles envoyées par le village afin de surveiller les bois les séparant du campement des Anglais. Arrivé à la clairière de Grand-Mère Feuillage, il jaillit hors du bosquet à la hâte, ses bras recouverts d'égratignures provoquées par sa course effrénée au travers des branches qui lui avaient barré la route et qu'il n'avait pu éviter à cause de la pénombre nocturne. Il chercha Iwako du regard, anxieux et à bout de souffle, et l'aperçut enfin, flottant au-dessus du tronc cassé faisant face au faciès du vieux saule, les cheveux bleutés de la magicienne ondulant autour d'elle tels des courants marins. Les cils de ses yeux clos vibraient sous l'effet d'une intense concentration et ses lèvres pulpeuses, entrouvertes, semblaient murmurer des paroles que les oreilles de Riku ne parvenaient pas à saisir. Ne comprenant pas la situation, mais ne s'en souciant guère pour l'instant, il s'empressa de rejoindre la jeune femme, profondément soulagé de la retrouver saine et sauve suite à leur emprisonnement et son abandon.
"Iwa!"
Entendant la voix du jeune homme, la magicienne ouvrit brusquement les yeux et sa transe se brisa. Comme au ralenti, Riku vit le vent autour d'elle cesser de souffler, son corps entamant une chute vers la souche d'arbre, et il accourut afin de la rattraper. In extremis, elle atterrit dans ses bras tendus et s'exclama avec une expression emplie de panique.
"Riku! s'écria t-elle apeurée, touchant frénétiquement le visage du jeune homme avant de passer une main tremblante dans sa chevelure argentée. Tu vas bien!?"
Sur ces paroles, une lumière verte recouvrit immédiatement le corps du Maître de la Keyblade: Iwako avait activé un sort de Soin avant d'entendre sa réponse, n'ayant pas même besoin de matérialiser sa Keyblade afin de canaliser le sort. En réalité cependant, les tendres attentions de la jeune femme guérirent le cœur de Riku bien plus que le soin physique qu'elle venait de lui administrer.
"Mais…reprit la magicienne en cherchant ses autres compagnons du regard. Où sont Sora et Hayate?!"
"Ils sont toujours vivants, tenta de la rassurer Riku en resserrant ses bras autour du corps de la magicienne. Mais ils sont détenus avec Smith et... la tribu compte les exécuter à l'aube."
"Et tu les as laissés là-bas?!"
"Sora est avec Hayate, rappela Riku comme pour se rassurer lui-même. Fais-lui confiance, elle m'a certifié qu'elle nous contacterait si les choses devaient mal tourner. Et nous étions tous d'accord qu'il était inacceptable de te laisser seule dans la forêt, mais Hayate a refusé de fuir sans plaider correctement son innocence."
"Riku c'est bien ça le problème! paniqua Iwako. Hayate et Sora sont face à une potentielle mise à mort. Et crois-moi, si le jugement final doit être négatif, Hayate s'y soumettra. C'est dans sa nature, elle ne remettrait jamais en question sa notion de la justice. Mais pour moi, c'est ça qui est inacceptable!"
Alors, sous les yeux exorbités de Riku, la magicienne fit se matérialiser Cristal de Givre dans sa main directrice et commença à léviter, quittant par la même occasion le nid que Riku lui avait créé de ses bras. La jeune femme planta son regard péridot dans celui du jeune homme, puis après une profonde inspiration – sans doute pour se calmer – elle reprit d'un ton calme mais néanmoins décidé:
"J'ai fait de mon mieux pour suivre tes ordres depuis le début de ce monde: ne pas utiliser la Keyblade, rester passive pour ne pas perturber l'ordre des choses et juste trouver cette clé. Mais rien de tout cela n'a marché, et regarde où nous en sommes! Je suis désolée, mais maintenant, on va faire les choses à ma manière."
Voyant la figure altière de la magicienne s'élever dans les airs telle une allégorie de la beauté, Riku ne put retenir la décomposition de son expression faciale, sa bouche se relâchant stupidement. Comme toujours, Iwako devait être la seule personne qui était capable de le sortir ainsi de ses obstinations, lui faisant recouvrer la raison avec tant de facilité.
"Tu n'as pas à te justifier Iwako, répondit-il en retrouvant tant bien que mal son masque facial d'impassibilité, baissant cependant avec amertume ses bras à présent tristement inoccupés. Yen Sid et Mickey m'ont inlassablement répété qu'il fallait préserver l'ordre des mondes, et je pensais que c'était mon devoir d'assurer cet équilibre. Mais je me suis trompé. Pour commencer, moi aussi j'en ai marre. Mais surtout, dans une optique plus objective, si nous échouons dans ce monde en raison de ces règles archaïques, alors notre échec ici condamnera le futur de tous les mondes existants."
Ne s'attendant manifestement pas à cette réaction, les yeux en amande de la magicienne s'écarquillèrent comiquement, fixant Riku comme si elle le découvrait pour la première fois.
"Tu… es d'accord?"
Ne répondant pas, Riku tendit le bras droit devant lui et invoqua Point du Jour, brisant de ce fait sa propre interdiction, comme pour confirmer sa rébellion.
"Je ne veux plus que notre groupe se dispute et se sépare pour des raisons aussi bancales. Ça suffit, admit le Maître de la Keyblade. Avant de rejoindrenos compagnons cela dit, j'ai besoin de clarifier quelque chose qui me perturbe… Depuis quand tu sais voler?"
"Je n'allais tout de même pas la laisser dans l'eau, intervint enfin Grand-Mère Feuillage avec sévérité, se réveillant de son sommeil figé. La pauvre petite a dû se hisser par les bras jusqu'à la rive, où elle s'est écroulée, dévastée."
"C'est vous qui lui avez donné ce pouvoir?", demanda Riku avec un pincement au cœur, se visualisant la scène décrite par l'esprit.
"Non, je lui ai simplement enseigné à écouter le vent chanter…"
Déconcerté par le lyrisme de cette explication d'une part, et son manque de précisions et de faits concrets d'autre part, le jeune homme tourna la tête vers son amie qui lévitait toujours à quelques centimètres du sol. En réponse à son interrogation sourcilière, la magicienne ouvrit sa main, révélant une coquille brisée rappelant le pendentif du bijou que Pocahontas portait jadis autour du cou.
"Riku, il est cassé maintenant mais c'était en réalité le collier de la mère de Pocahontas, qui scellait la Clé du Vent! Tu sais, celui qui lui avait été transmis récemment par son père."
"La Clé!?" s'exclama Riku en tombant des nues, regardant les éclats de coquille brisés. Comment tu l'as trouvée?"
"Je l'ai ramassée par terre!"
"Iwako… lâcha Riku avec amusement. Je ne sais pas si ta chance est un miracle ou si je devrais être terrifié..."
"Grand-Mère Feuillage m'a appris à canaliser son énergie afin de me maintenir en l'air, continua la jeune femme, excitée par sa mobilité retrouvée et sans se soucier de la remarque de son compagnon aux cheveux argentés. Elle m'a dit que je pourrais dorénavant le faire par mes propres moyens, avec l'aide de ma Keyblade et d'une énergie propre sommeillant au fond de mon être."
Confirmant une fois pour toutes les allégations de la magicienne, des éclats blanchâtres de la coquille brisée s'éleva alors une clé composée de micro-tourbillons d'airs, traversée de courants multicolores évoquant l'éclat éphémère d'un arc-en-ciel.
"La Clé du Vent a protégé le village des Powhatan pendant des siècles, expliqua l'arbre millénaire en faisant frissonner ses lianes. Passant de parent à enfant depuis maintes générations. La Clé fut autrefois scellée dans ce collier afin de la dissimuler des êtres avides qui pourraient abuser de son pouvoir, jusqu'à finalement avoir été oubliée... Aujourd'hui, seuls les détenteurs du collier connaissent sa réelle valeur. Malheureusement, la mère de Pocahontas s'est tragiquement éteinte avant de transmettre ce savoir à sa fille..."
"Riku, intervint alors Iwako avec finalité. Maintenant que nous avons cette clé, nous pouvons aller récupérer Hayate et Sora, et enfin partir de ce monde!"
"Et Smith? s'étonna Riku. Lui aussi est condamné à mort. Et nous pouvons peut-être quand même arrêter ce conflit..."
"Nous avons fait de notre mieux pour les aider Riku, se désola la magicienne, mais ils nous ont tourné le dos aussitôt que la situation est devenue sérieuse. Je n'ai pas l'impression qu'ils sont d'accord d'être raisonnés… Comment faire écouter quelqu'un qui refuse d'entendre? John Smith, nous pouvons l'aider en sauvant Sora et Hayate, mais après..."
Un bruissement soudain des feuillages dans son dos attira l'attention du Maître de la Keyblade et il fit volte-face au moment-même où une nouvelle silhouette accourait dans la clairière spirituelle.
"S'il vous plaît, s'éleva soudainement une voix féminine. J'ai besoin de votre aide! Ils vont les tuer à l'aube!"
"Pocahontas, s'écria Grand-Mère Feuillage en reconnaissant sa jeune protégée et future porteuse de la Clé du Vent. Calme-toi mon enfant…"
"Tout est de ma faute! soupira Pocahontas de dépit. Si John se fait tuer, ce sera entièrement de ma faute!"
"Tout n'est pas encore écrit mon enfant, l'apaisa encore Grand-Mère Feuillage. Tu peux les arrêter. Souviens-toi de ton rêve!"
"Un rêve? interrogea Riku, en regardant le visage attristé de la princesse indienne. D'après mon expérience, les rêves peuvent avoir des significations. Pourrais-tu nous le décrire?"
"Je me promène dans les bois, narra Pocahontas en baissant la tête, les yeux dans le vague. Quand soudain j'aperçois à mes pieds quelque chose qui tourne… Et ensuite je vois que ce n'est qu'une flèche. Et cette flèche tourne, elle va de plus en plus vite. Elle tourne et tourne puis s'immobilise! Je pensais qu'elle m'indiquait le droit chemin, qu'elle me pointait vers John…"
Presque frénétique jusqu'alors, elle se figea. Regardant l'eau où le sang de Kocoum s'était déjà suffisamment dilué pour n'être plus qu'un souvenir effacé, la princesse tomba lentement à genoux.
"Mais je me suis trompée, murmura-t-elle avec regret, si affligée qu'elle ne réalisait même pas qu'un des individus en sa présence lévitait à quelques centimètres du sol. Je ne l'ai mené qu'à sa perte...J'avais tort, je me sens tellement perdue..."
Ne supportant pas la vue de cette tragique image, Iwako atterrit aux côtés de la jeune femme et la prit dans ses bras, en lui murmurant des paroles rassurantes:
"Ne t'inquiète pas. Nos amis aussi sont en danger. Nous les sauverons tous, John inclus."
Riku cependant, face aux paroles précédemment énoncées par Pocahontas, eut une soudaine réalisation: il connaissait cet ensemble de mots! L'arbre, le vent, la guerre, la flèche, l'âme en errance... Ses yeux turquoise parcoururent la clairière plongée dans la pénombre qui les entourait, récitant de mémoire le poème qu'il avait relu une bonne centaine de fois:
"Dans un nouveau monde sauvage,
Où le vent caresse les souvenirs enfouis,
Au pied de l'Arbre sans âge,
Se trouve la Rose qui jamais ne vieillit.
Bravant la guerre et la violence,
L'Amour, se défaisant de tous ses liens,
Saura aider l'Âme en errance,
Sa flèche lui révélant son destin."
"Le compas! comprit alors Iwako, fouillant frénétiquement dans les poches de sa longue robe. Je l'ai retrouvé dans l'eau, quand vous vous êtes faits capturés…"
La magicienne extirpa alors un petit objet métallique des plis de ses vêtements, rond et serti d'or, ressemblant à une montre somptueuse dont le cadran ne bougeait point.
"C'est la flèche de ton rêve", fit remarquer l'arbre sans âge à l'adresse de sa protégée en voyant l'aiguille de métal tressaillir au rythme des mouvements de Pocahontas.
"Et la Rose qui ne vieillit jamais", en conclut Riku en se remémorant qu'il était d'usage de nommer "Rose des Vents" l'étoile indiquant les quatre points cardinaux.
"La flèche ne tourne pas, murmura Pocahontas. Elle ne fait qu'indiquer le même point quoique je fasse… Est-ce qu'il serait déjà trop tard?"
"Non, trancha Iwako. Je sais ce qu'il faut faire. Donne-moi ce compas."
Sans attendre, la jeune femme à la peau cuivrée s'exécuta et tendit la boussole d'or à la magicienne encore assise à côté d'elle. Puis, la silhouette élancée d'Iwako s'éleva à nouveau dans les airs, ses cheveux d'un saphir foncé voletant au gré du vent.
"Que se passe-t-il?!" s'exclama Pocahontas en réalisant subitement qu'Iwako savait voler et était armée d'une sorte de clé à l'aspect tranchant, faite de glace luisante.
Bon sang, pensa Riku en souriant ironiquement face à leur abandon total de leur promesse de non-intervention. Il songea que l'ordre de ce monde était officiellement endommagé à présent, voyant l'aspect terriblement divin de leur magicienne: Iwako, qui semblait prise dans une sorte de tempête boréale à présent, lâcha son sceptre qui demeura en lévitation devant elle. Puis, la magicienne fit de même avec le compas et la Clé du Vent, les deux objets se mettant à tournoyer l'un autour de l'autre avec une vélocité croissante, avant de se heurter violemment. Une lumière éclata au centre de la collision et après sa dissipation, la boussole d'or retomba sagement entre les mains d'Iwako. Après quoi, elle tendit l'objet à Pocahontas qui l'accepta de ses deux mains tendues, fixant l'écran de verre sous lequel la flèche se mit à tournoyer frénétiquement.
"Comment tu as su faire ça?" lâcha Riku abasourdi.
"Je ne sais pas, admit la magicienne, elle-même déroutée. Je l'ai juste fait. Mais j'imagine que ce n'était pas un hasard que ce soit moi qui ait trouvé le compas et la Clé du Vent à cet endroit précis..."
"J'avais raison! s'exclama alors la princesse indienne en voyant la flèche dans sa main s'arrêter en direction d'une destination inconnue à Riku, mais dont elle semblait connaître la nature. Il est mon destin!"
Riku voulut demander des précisions à la jeune femme, lorsqu'une désagréable sensation l'assaillit… il nota alors la présence de plus en plus précise d'un halo de lumière rougeâtre qui se déplaçait dans leur direction.
"L'aube…" souffla Iwako avec horreur en voyant le rougeoiement du soleil levant colorer le ciel d'une lumière atrocement vermeil.
Sans attendre, Pocahontas entama une course effrénée en direction de sa destination, dépassant la ligne mouvante du soleil qui la poursuivait dans sa course terrible contre la mort. Iwako s'apprêtait de toute évidence à la suivre en planant, lorsque le saule intervint vivement:
"Un dernier conseil jeune fille! lança Grand-Mère Feuillage. Tu n'as plus la Clé du Vent pour t'aider à léviter et la magie que tu utilises actuellement n'est pas sans danger. Si tu puises trop dans ce pouvoir, il risque de te consumer…"
Comprenant alors avec un frisson d'inquiétude que l'arbre faisait références aux Ténèbres, Riku attrapa à la hâte la main pendante de la femme qui flottait devant lui, la tournant dans sa direction afin de regarder ses yeux. Comme il le craignait, il constata avec horreur que l'un de ses yeux péridot s'était partiellement saturé d'un violet foncé, créant une sorte de tâche recouvrant un quart de son iris. Ce même éclat améthyste qu'il avait aperçu tantôt dans son regard…
"Arrête ça tout de suite! s'exclama-t-il paniqué, craignant que son amie n'emprunte le chemin que lui-même, jadis, avait arpenté avec tant de souffrances. Réfléchis aux conséquences!"
"Riku ça suffit! Je n'en ai plus rien à faire de l'ordre des mondes, des Ténèbres ou de la Lumière! La vie de nos amis est en jeu, et nous n'avons plus le temps d'en parler!"
Elle tourna alors la tête en direction de la figure s'éloignant en direction de la forêt.
"Et même pour la guerre, continua-t-elle les yeux tremblants. J'avais abandonné l'idée que nous pouvions les aider… mais peut-être que l'action d'une des leurs saura mieux les toucher que les paroles d'étrangers..."
Fixant la lueur violacée de son regard, Riku dévisagea un instant son amie et constata avec soulagement qu'elle semblait demeurer en pleine possession de sa capacité de discernement, malgré son usage prononcé du pouvoir des Ténèbres. Peut-être était-elle capable, comme lui, de les canaliser sans se laisser submerger? Il décida ainsi de revenir sur le sujet ultérieurement, à l'occasion de leur retour au vaisseau Gummi, afin de clarifier cette incertitude ou d'aider Iwako à empêcher sa corruption physique - en l'occurrence visible dans ses iris - par l'utilisation prolongée de ce pouvoir.
"Allons-y", lâcha-t-il enfin à son encontre.
La magicienne ne se laissa pas prier: son grand sceptre dans une main, elle s'envola brusquement à la suite de Pocahontas, Riku la suivant en concentrant toute sa force et son agilité dans ses jambes. Rapidement, les deux porteurs rattrapèrent la princesse indienne qui courait avec l'énergie de l'espoir inexorable, soutenue par le pouvoir de la Clé habitant à présent le compas de John. Les enjambées de la princesse semblaient ainsi portées par le vent qui l'accompagnait. Les ombres allongées des arbres dissonant sinistrement avec la lumière rougeoyante de l'aube, rappelant l'avancée de troupes sur un champ de bataille sanglant. Des échos de haine et de violence se propageaient dans la forêt alentour, contrastant tristement avec les foulées acharnées de Pocahontas.
"Esprit du vent, donne-moi des ailes!" implora-t-elle et une puissante bourrasque vint la soutenir dans sa course, ses longs cheveux d'ébènes fouettant l'air autour d'elle.
Les trois compagnons débouchèrent simultanément de la frondaison. La lumière éblouissante du soleil émergeant révéla une armée d'hommes assoiffés de sang et revêtus d'armures étincelantes, avançant à pas enragés en direction d'une vertigineuse falaise. Au sommet de l'escarpement, la silhouette ombragée du chef Powhatan, droite et menaçante, se détachait violemment de l'ardeur rouge du ciel infernal, présageant le potentiel massacre qui se produirait en ces lieux. Derrière lui, se tenait sa tribu, accompagnée d'ondulations de fumée noirâtre et scandant l'éloge funèbre des étrangers criminels. Leurs ombres rôdaient sur la pente escarpée menant à la colline d'exécution, tels des démons de la guerre en quête de vengeance.
"Rendez-nous le capitaine Smith, sauvages!" s'insurgeaient les Anglais, gonflés de colère face à la figure couchée sur un rocher, ligotée et retenue par des Indiens aux visages peints, martyre de la folie des Hommes. Près de lui, se tenaient agenouillés Hayate et Sora, poignets attachés et retenus par des gardes eux aussi. Le visage de la défenseuse n'était pas perceptible depuis la lisière de la forêt, mais Riku aperçut l'expression de Sora, inhabituellement dure et ses yeux exultant une colère profonde. Comme au ralenti, le père de Pocahontas leva son arme au-dessus de son prisonnier aux cheveux d'or, prêt à frapper, mais son geste ne fut pas terminé. En effet, Pocahontas, telle Psyché protégeant Amour, s'était jetée sur le corps de son amant. Au même instant, Sora avait déchiré les cordes qui le retenaient, renversant ses détenteurs et se positionnant lui aussi entre le bourreau et sa victime. Iwako exécuta un vol plané d'une vitesse aberrante, atterrissant aux côtés de Hayate et frappant le garde qui la surveillait d'un revers de sceptre. Alors que l'indien s'écrasait sur le sol, avec un regard d'effroi vis-à-vis de cette créature volante qui venait de fondre sur lui, la magicienne libéra simplement son amie des liens qui la retenaient. Relevant enfin la tête, les yeux rougis de larmes de Hayate rencontrèrent ceux, soulagés, d'Iwako, et les deux jeunes femmes se tombèrent dans les bras l'une de l'autre.
"Tu voles!" s'enthousiasma Hayate, des larmes coulant instantanément sur ses joues parsemées de taches de rousseur, de traces de larmes, de morve et du reste de sang de Kocoum.
Semblant retrouver son âme face à son amie capable de se mouvoir à nouveau par ses propres moyens, la défenseuse sauta sur ses jambes et le Maître de la Keyblade quant à lui, rejoignit Sora face au chef Powhatan. Ce dernier regarda les porteurs avec amertume, avant de fixer à nouveau sa fille allongée de tout son corps sur John Smith.
"Si vous le tuez, alors vous devrez me tuer aussi." déclara Pocahontas à l'intention de son père.
Le visage de l'homme, fier et dur jusqu'alors, se relâcha progressivement, l'arme au-dessus de sa tête retombant lentement jusqu'à reposer le long de son flanc droit.
« Regarde autour de toi, continua la fille du chef avec une dignité royale indéniable. Voici où la voie de la haine nous a mené. »
La jeune femme au teint hâlé échangea un regard amoureux avec le condamné à mort avant de continuer :
« Ceci est le chemin que je choisis, père. Quel sera le tien? »
Une lueur de doute traversa les pupilles du chef indien, quand une brise caressante vint jouer avec la chevelure d'ébène du veuf, soulevant ses mèches avec douceur.
« Ma fille parle avec une sagesse dépassant son âge, reconnut-il finalement en inspirant profondément, tournant la tête vers tous les hommes, indiens ou blancs, rassemblés en ce lieu fatidique. Nous sommes tous venus avec colère dans nos cœurs, mais ma fille est venue avec courage et compassion. Dès aujourd'hui, s'il doit y avoir plus de morts, cela ne commencera pas de ma main. Libérez-le !»
L'armée anglaise se tut, hésitante, et ne s'attendant certainement pas à voir une jeune femme indienne protéger l'un des leurs avec tant d'acharnement, offrant sa vie en échange de son pardon. Profitant de cette accalmie, Riku balaya le terrain d'un regard inspecteur et repéra un homme au fort embonpoint, habillé d'une cape rouge couvrant partiellement son énorme corps. Il semblait être sans nul doute le dirigeant des Anglais, ainsi que le propagateur de la haine dans ce campement. Sa théorie parut se confirmer lorsque Riku crut même apercevoir des filaments de Ténèbres, telles des chaînes, le relier à ses hommes… Était-il encore humain ? Ou son cœur avait-il déjà été dévoré par sa propre noirceur ?
« Qu'attendez-vous bandes de lâches ? hurla soudainement le commandant anglais en s'emparant d'une arme à feu. Tuez ces sauvages ! »
Il pointa alors le canon de son fusil en direction du chef de tribu, abaissant le chien et apposant son doigt sur la détente, souhaitant visiblement, par cet acte, déclencher un combat sanglant. Comprenant l'intention de l'homme, Riku se précipita de toutes ses forces, bondissant de la falaise afin d'atterrir directement vers l'agresseur en contrebas. En dépit de sa rapidité, le commandant Anglais eut le temps d'appuyer sur la détente et, sous les yeux horrifiés de Riku, la balle partit à toute allure. Le Maître de la Keyblade eut tout juste le temps de se retourner, repérant Sora qui se campa sur ses jambes devant le chef de tribu en croisant ses poings devant son visage, tentant d'utiliser les plaquettes métalliques couvrant le dos de ses gants pour amortir le choc du mortel projectile. Assourdi par un battement frénétique dans ses tempes, Riku, paralysé, sentit le temps décélérer et vit son meilleur ami se prendre la balle de plein fouet. Tombant à la renverse, des gouttes écarlates éclaboussèrent la tunique blanche du chef indien alors qu'un terrible cri de douleur s'échappait de la bouche de l'Élu. Tandis que celui-ci s'écrasait lourdement au sol, pratiquement en position foetale, Hayate et Iwako se ruèrent sur lui en hurlant.
« Il est seulement blessé à la main!" s'écria derechef leur guérisseuse à l'intention de Riku, dont toute couleur avait quitté le visage à la vue de son meilleur ami percuté par une balle au point d'impact inconnu.
Se calmant quelque peu face à cette découverte, la jeune femme continua son explication frénétique mais de manière plus analytique:
"En revanche, la balle a traversé la plaque de la main gauche et est incrustée dans sa paume avec des débris de métal explosés. Je dois m'en occuper tout de suite si on veut sauver sa main! Je compte sur vous pour m'en donner le temps! »
Les indiens, comprenant que leur chef venait d'être épargné de la mort grâce au garçon qu'ils avaient projeté d'assassiner, retrouvèrent soudainement leur lucidité et s'emparèrent de leurs arcs afin d'entrer en formation défensive organisée, pour faire face aux Anglais. Ceux-ci cependant regardèrent l'homme qui venait de tirer avec une colère non dissimulée, semblant profondément dégoutés par l'action de leur supposé supérieur. La haine incontrôlable qui s'était tantôt déchaînée entre les deux camps opposés, paraissait subitement se diriger vers une seule et même personne: le commandant anglais.
« Radcliffe ! hurla le jeune homme dénommé Thomas en se détachant de la foule de visages pâles. Vous auriez pu tuer John ! Ils avaient baissé leurs armes, vous êtes un lâche!»
Contre toute attente, les hommes venus d'au-delà de l'océan s'éloignèrent de leur chef, serrant leurs poings autour de leurs armes avec méfiance. Réalisant la traîtrise de ses hommes, Radcliffe, paniqué, balaya le champ de bataille du regard, semblant chercher quelqu'un.
"Je sens un Chercheur! s'exclama alors Iwako en pointant un morceau de ciel rouge, vide, de son indexe. Il est là!"
Lévitant de manière à se positionner entre l'espace vacant et Sora, adoptant une pose protectrice avec son sceptre, la magicienne s'adressa à l'endroit inoccupé au-dessus de la tête de Radcliffe.
"Inutile de te cacher, déclara-t-elle sévèrement. Je sais que tu es là! Montre-toi monstre!"
C'est alors qu'une figure vêtue de noir apparut en amont du commandant anglais, debout dans les airs comme sur un sol invisible.
"Monstre? répéta l'homme en retirant sa capuche, révélant ses cheveux blonds coupés court et sa la barbe taillée en bouc qui entourait son visage. Je ne suis pas un monstre voyons, je jouais simplement à cache-cache! Je te félicite de m'avoir trouvé si rapidement! Cela dit"
"Luxord? murmura Sora haletant, tenant sa main sanglante contre lui, le visage crispé de douleur.
"Je m'appelle Oruld maintenant, expliqua l'ancien membre de l'Organisation en haussant les épaules. Bien que cela ne change en rien notre statut d'opposants, j'imagine. Tu étais plus réactif dans mes souvenirs, quelque chose ne vas pas?"
Sur ces paroles, l'individu vêtu de cuir se caressa la barbe en observant avec amusement la main de Sora sur laquelle Iwako opérait encore des soins d'urgence. Dans un cri de rage, Hayate lança alors Crépuscule Ailé métamorphosée en Hallebarde dans sa direction. Le Chercheur se téléporta dans les ombres, esquivant sans encombres.
"Iwako, s'exclama fermement Hayate, n'y tenant plus et fixant Oruld avec mépris. Je te laisse protéger Pocahontas et Sora..."
Récupérant son arme dans une gerbe d'étincelles, et lui faisant reprendre sa forme initiale de lame orangée, la défenseuse sauta en bas de la falaise, rejoignant Riku dans le combat à venir.
"Vous m'aviez promis le pouvoir! hurla alors le commandant anglais, interrompant insolemment la conversation, levant ses petits yeux vers l'ancien membre de l'Organisation XIII qui flottait toujours dans les airs. Donnez-moi l'or, l'autorité, le RESPECT que je mérite! Tuez ces gens qui osent me défier!"
"Misérable pantin, siffla la figure volante en observant Radcliffe en contrebas. Tu veux le pouvoir, et bien le pouvoir tu obtiendras… Il était d'ailleurs temps de raviver quelque peu cette ambiance maussade!"
C'est alors que l'homme exécuta un simple claquement de ses doigts avant de se laisser tomber dans un portail de ténèbres sous ses pieds, disparaissant entièrement de la vue des porteurs. Immédiatement après ce départ, telle une maladie s'emparant progressivement d'un corps, les yeux de Radcliffe se tintèrent entièrement de noir. Depuis ses orbites, des veines sombres ressemblant à des craquelures sur un vase en porcelaine se répandirent sur son visage, puis son cou, continuant leur avancée nervée jusqu'à recouvrir ses mains. Une rumeur de terreur parcourut toute l'assemblée des guerriers, Anglais comme Indiens, qui s'éloignèrent alors de l'individu néfaste, ne sachant que penser de sa soudaine métamorphose. En contraste Hayate, qui regardait le visage crispé par la douleur de Sora, se mit à trembler d'une rage perceptible. Sans hésitation, elle transforma Crépuscule Ailé en hache et effectua un bon prodigieux, atterrissant directement sur la créature, à l'apparence de plus en plus monstrueuse, que devenait graduellement Radcliffe. La violence du choc créa un cratère autour des deux adversaires, mais le commandant anglais était parvenu à parer l'attaque avec son fusil, qui gisait à présent détruit sur le sol craquelé.
« Cette homme s'est laissé entièrement dévorer par les Ténèbres, s'exclama Riku depuis la foule entourant le commandant en pleine mutation. Il n'est déjà plus humain! Nous sommes les seuls capables de le battre à présent… »
« Alors délivrons-le, décida froidement la défenseuse en se positionnant aux côtés de Riku, sa Keyblade changeant de forme afin de se transformer en bazooka. Un peu d'action décérébrée me fera du bien. »
Sans plus attendre, elle pointa son canon en direction de Radcliffe, qui faisait désormais trois mètres de haut et dont le ventre adipeux était transpercé par un trou béant en forme de cœur. Son obésité avait été exacerbée par sa transformation, des couches innombrables de bourrelets se superposant sur toute sa morphologie. De sa bouche pendait une interminable et putride langue magenta et ses yeux semblaient avoir été remplacés par des pièces d'or incrustées. Malgré son apparence monstrueuse, ses vêtements conservaient leur extravagance, sa simple cape rouge ayant mutée en une véritable draperie royale dotée d'une somptueuse fourrure d'hermine. Sa tête, ayant pris des proportions gargantuesques, était dorénavant recouverte d'une couronne étincelante, ornée de diamants robustes et cachant tant bien que mal sa longue chevelure graisseuse, qui tombait par mèches tels des graines de soja sur-fermentées.
Ecœurée, Hayate appuya sur la détente.
Un tonnerre retentit le long de la plaine alors qu'un énorme projectile percutait l'horrible créature en plein abdomen. Celle-ci, sous le coup de l'impact, s'envola alors en direction de Riku.
« Tiens, s'exclama la jeune femme en regardant le Maître de la Keyblade avec un sourire carnassier. Attrape ! »
Le jeune homme à la chevelure argentée se positionna tel le batteur d'une équipe de baseball, métamorphosant Point du Jour en Claymore monumentale avant de s'écrier :
« Retour à l'envoyeur ! »
Violemment, il frappa Radcliffe du plat de la lame, l'envoyant s'écraser contre la base de la falaise.
"Désolée, ajouta Hayate en se tenant la main devant la bouche, regardant leur abjecte ennemi se prendre un éboulement sur sa grotesque tête. Je viens juste de vomir dans ma bouche."
Sans crier gare, la créature se vaporisa abruptement pour apparaître à nouveau derrière Hayate, l'attrapant et la serrant contre son torse dégoulinant d'une substance inconnue. Soudainement, sa mâchoire se referma autour du bras de la jeune femme, un filet de sang s'échappant d'entre ses dents étrangement acérées. Heureusement, Radcliffe ne semblait pas avoir calculé la force de la défenseuse dans sa stratégie, lorsque la jeune femme aux cheveux roses en bataille, dans un rugissement rauque, envoya un colossale coup de poing dans les dents du monstre, les brisant tel un vase Ming heurtant le sol. N'ayant plus de barrière pour la retenir, l'horriblement long organe buccal magenta fut libéré et pendit jusqu'au sol. Riku se téléporta alors à l'aide d'un portail de ténèbres en face du monstrueux faciès de Radcliffe et s'empara promptement de sa langue ondulante, l'arrachant d'un geste certain avant d'attraper le bras indemne de Hayate et de la sortir de sa prison de chaire. Sous le coup de la douleur, un cri misérable s'éleva de la gorge déployée de l'abomination, qui se tortilla sur le sol où se déversait abondamment le sang goudronné issu de son gosier détruit.
Brusquement, le son que produisait le Sans-cœur se muta en une sorte de vibration grave. Sur son crâne, à présent chauve, une bouche apparut à l'emplacement de l'oreille, puis des yeux se dessinèrent et un second nez germa au centre de ce nouveau visage. Un deuxième faciès ne se suffisant pas à lui-même, une nouvelle tumeur se détacha de la tête originale, formant une seconde entité indépendante. De son immonde bouche, la substance précédemment mentionnée se propagea alors rapidement, comme du vomi, recouvrant le sol à l'image d'une inondation soudaine. Hayate, Riku et les soldats anglais, qui s'étaient tant bien que mal éloignés du combat, se retrouvèrent ainsi les pieds dans « l'eau ». La sécrétion jusque-là translucide fut parcourue de filaments sombres, comme si les ténèbres usaient du liquide à la manière d'un conducteur, afin de plus facilement corrompre leurs victimes. Hayate, qui était d'ores et déjà recouverte par la substance puante en raison de l'attaque précédente de Radcliffe, poussa alors un hurlement strident. Sur les zones où le liquide huileux l'avait touchée, des traces de brûlures apparurent, recouvrant de cloques son bras déjà blessé par les marques dentaires, son épaule gauche et son abdomen. Frappés eux-aussi par l'attaque de zone, les Anglais tombèrent dans le liquide, comme inconscients, se faisant dès lors entièrement engloutir par la substance visqueuse.
Craignant une noyade générale, le Maître de la Keyblade se rua dans leur direction afin de leur venir en aide et ce fut là qu'il reconnut Thomas. Il l'attrapa par les bras afin de l'extraire de son emprisonnement baveux, lorsqu'il rencontra le visage du jeune tireur. Il peina à le reconnaître: sa peau était devenue pâle et sa blancheur maladive était entrecoupée par les mêmes veines noires qui recouvraient le corps de Radcliffe. Les yeux du jeune rouquin s'étaient révulsés, désormais dénués de pupilles et injectés de sang. Sans crier gare, Thomas tourna son visage vers Riku et le fixa de ses yeux vides, immobile. Puis violemment, il se lança en avant, tendant la mâchoire dans une tentative abrupte de mordre la jugulaire de Riku. Ce dernier parvint fort heureusement à l'arrêter par la force brute et le repoussa en arrière, au sein de ses autres camarades à l'apparence identiquement dénaturée. Le groupe d'hommes s'était levé avec maladresse, et lenteur, mais semblait soudainement empreint d'une énergie inhumaine. Des zombies, songea alors Riku en observant ce troupeau dénué de volonté. Il ne manquait plus que ça… Brusquement, et d'un même mouvement, ils tournèrent toutes leurs têtes en direction de Hayate et Riku – ce dernier ne semblant que partiellement touché par l'attaque en raison de sa résistance élevée aux Ténèbres –, avant de se jeter sur les deux jeunes porteurs comme des rapaces affamés. Si les jambes de Riku paraissaient seulement inhabituellement lourdes, Hayate, qui était exposée directement à son élément antagoniste, faisait de son mieux pour résister et ne pas laisser transparaître la terrible douleur qu'elle devait ressentir alors que la surface de sa peau contaminée continuait à brûler étrangement. Tremblante de souffrance, elle s'empara d'une potion de soin dans sa poche de veston, qui explosa promptement entre ses doigts en raison de l'excès de force involontaire qu'elle appliqua sur la fiole. Malheureusement, même les zones touchées par les gouttes de potion ne se soignèrent pas, la substance laissée par Radcliffe empêchant le liquide curatif d'atteindre l'épiderme infecté. Ne supportant finalement plus cette vue, Riku attrapa la jeune femme par la taille et la lança de toutes ses forces en direction de la falaise où Iwako traitait encore la blessure infestée d'échardes métalliques de Sora.
"Iwako! tonna le Maître de la Keyblade en observant d'un oeil méfiant les hommes possédés par l'hideux Sans-coeur le regarder avec appétit. Aurais-tu une minute pour nettoyer ta meilleure amie? J'ai un peu besoin de son aide là!"
"Riku, répondit la magicienne d'un ton irrité, focalisée sur sa tâche ardue de retirer des échardes microscopiques d'une paume ensanglantée. J'ai un peu les mains pleines à retirer la plaquette de Sora qui est littéralement coincée dans sa paume! Je n'ai pas le temps de nettoy… Oh mon dieu, Hayate!"
Au loin, certains Anglais avaient réussi à éviter la vague de liquide en se perchant sur des arbres, psalmodiant des prières en observant le monstre infernal qu'était devenu leur meneur. Riku comprit qu'il devait agir rapidement : la production de liquide ne s'était pas amoindrie et le niveau continuait à monter dans la zone de combat, risquant d'atteindre tôt ou tard leurs voies respiratoires. Craignant de blesser Thomas et ses compagnons, le Maître de la Keyblade dû éviter ses nombreux assaillants, dont les mouvements étaient devenus dangereusement plus agiles que sous leur forme véritable. Le Sans-Cœur de Radcliffe semblait de toute évidence les utiliser contre lui comme rempart humain… Sautant mais étant incapable de faire des roulades sur ce sol inondé d'immondices, Riku évitait les nombreuses attaques avec des mouvements rapides d'épaules, de tête, et des rotations de son corps. Finalement lassé, il abandonna l'armée de marionnettes de chair en ouvrant un portail des ténèbres et en se téléportant directement au-dessus de Radcliffe. Abaissant sa Claymore, il trancha net la seconde tête qui vomissait le liquide conducteur. Avant d'atterrir à nouveau sur ce sol répugnant, Riku ouvrit un nouveau portail et s'en expulsa latéralement, tentant de trancher en deux l'ennemi avec la vélocité ainsi accumulée dans la téléportation. Malheureusement, le monstre fut plus réactif cette fois-ci: sa cape, jusqu'alors immobile, prit soudain vie et attrapa Riku par la cheville pour le lancer au centre d'un rassemblement de zombies. Il atterrit violemment dans le liquide, le sentant dégouliner de ses cheveux, sur son visage, et provoquant un sentiment désagréable de démangeaison sur l'entier de sa peau exposée. Observant la substance autour de lui, qui semblait maintenir le lien manipulateur entre Radcliffe et ses esclaves sans volonté, le Maître de la Keyblade eut une soudaine idée: c'était risqué, mais Riku était agacé…
"A mon tour", souffla-t-il avec un sourire de travers, avant de se lever et de s'immobiliser complètement, au centre du cercle d'ennemis.
Fermant les yeux, le Maître de la Keyblade relâcha momentanément les chaînes de son cœur, libérant ainsi une onde de choc ténébreuse colossale, rendue plus puissante et plus rapide par le liquide visqueux. Les zombies qui l'attaquaient jusqu'alors se figèrent, semblant incertains quant au maître auquel ils devaient leur allégeance. S'en suivit une sorte de bataille mentale: Radcliffe et Riku se tenaient face à face, se disputant la dominance sur la substance conductrice. Contrairement aux minces filaments que Radcliffe dispersait dans tous les sens, les ténèbres émanant de Riku étaient plus contrôlées, plus condensées et parvinrent finalement à interrompre tous les liens connectant le Maître Sans-Cœur et ses esclaves de chair. Par sa volonté, Riku commanda aux Anglais contaminés de s'éloigner du combat, ce qui leur permit ainsi de quitter la zone d'influence de Radcliffe. Ces pauvres hommes tombèrent presque simultanément inconscients sur le sol sec de la forêt environnante, laissant Riku seul face au monstre qui avait perdu ses sbires. Sans attendre, le Maître de la Keyblade retransforma sa Claymore en sa forme initiale de Point du Jour et tendit une main dans laquelle il fit apparaître une boule de ténèbres du bout de sa lame. C'est alors que, le cœur battant, un murmure étranger vint interrompre sa concentration:
"N'est-ce pas merveilleux? susurra une voix grave dans sa tête. Toute cette puissance soudainement libérée… pourquoi la garder sous clé alors qu'elle pourrait être encore plus destructrice?"
Ignorant cette voix désagréablement familière, Riku se baissa prestement et continua son geste en envoyant son attaque droit dans le sol devant lui. L'attaque généra une série d'explosions de ténèbres jaillissant de la terre, tels des geysers, et qui se dirigèrent tout droit sur son adversaire monstrueux. Malencontreusement, l'abomination ne sembla pas troublée par les détonations, semblant, au contraire, absorber le choc dans son énorme corps obèse. Riant tyranniquement, le côté de sa tête saignant abondamment depuis son excroissance sectionnée, du sang noir coulant encore de sa gorge dépourvue de langue, le Sans-Cœur usa de sa cape pour se propulser en direction du jeune Maître de la Keyblade, ses gros bras tendus comme pour l'attraper. Horrifié par cette potentielle étreinte de la mort, Riku se jeta sur le côté, sans savoir s'il devait être reconnaissant ou dégoûté par le liquide qui amortit l'impact de sa chute. L'attaque de Radcliffe ne cessa pas là cependant, sa cape maintenant Riku au sol par les jambes alors qu'il rampait vers sa victime. Son énorme tête, ornée de pièces d'or incrustées dans la chair de ses orbites, se trouva désormais à quelques centimètres au-dessus du visage de Riku, de la bave tombant sur les joues du Maître de la Keyblade. Alors qu'il voyait les dents, auparavant brisées par Hayate, repousser dans ses gencives – certainement dans le but d'arracher sa tête – Riku entendit un cri viril et se sentit soudainement libéré du poids qui le retenait. Le Sans-Cœur de Radcliffe effectua un vol plané, atterrissant à quelques mètres du Maître de la Keyblade, qui se releva et vit Hayate courir vers lui, Crépuscule Ailé posée nonchalamment sur une épaule:
"Alors, ricana-t-elle en voyant l'état de son ami. Je t'ai manqué?"
"Oui, admit sans réserve Riku en s'essuyant en vain sa joue dégoulinante. Tu aurais pu faire plus vite, cela dit."
"Tu bombardais le sol de Ténèbres, se défendit la défenseuse en levant un poing. Je pouvais pas vraiment intervenir, imbécile."
"Désolé pour le retard! ajouta alors la voix excessivement joviale de Sora tandis qu'il accourait vers eux. Iwako voulait être certaine de sauver ma main!"
"C'est pas encore garanti cela dit! intervint à son tour la voix de la magicienne qui flottait derrière lui. Tu as intérêt à ne pas la bouger!"
Riku constata alors que les quatre guerriers étaient enfin réunis, et sentit son cœur bondir de joie qu'il n'exposa cependant pas sur son visage apathique et couvert de quelque chose d'innommable.
"Heureusement que tu es droitier...", soupira Iwako à l'adresse de Sora, tout en lançant un petit regard dégoûté en direction du corps dégoulinant de Riku.
"Bon, proclama Sora en sortant Âme de Roi d'un geste héroïque. Finissons-en!"
L'Élu de la Keyblade se tourna d'un mouvement décidé afin de faire face à leur ennemi répugnant, ses amis le suivant dans son geste, entrant dignement en formation face à… un terrain vague.
"Où est Radcliffe?!" s'exclama Sora en exorbitant ses yeux.
Non seulement la créature avait disparu, mais le liquide s'était évaporé avec elle – au grand soulagement de Riku, qui n'en pouvait plus d'avoir l'impression d'avancer dans une soupe périmée de plusieurs mois.
"Attendez, se reprit cependant le Maître de la Keyblade en faisant volte-face. Qui protège Pocahontas et la Clé!?"
Un cri de colère retentit alors sur la falaise, où la tribu indienne s'était agencée en position de combat, arcs tendus en direction du ciel dans lequel lévitait à nouveau Oruld. D'une main, il tenait la boussole dorée de John Smith et de l'autre, le poignet de la princesse indienne qui tentait de donner des coups de pieds dans les jambes de son agresseur, malgré la situation précaire dans laquelle elle se trouvait.
"C'était bien trop facile jeunes porteurs, se plaignit-il avec navrement. Tout ceci manquait d'excitation, de suspens, de piment, comme on dit! Je pense… qu'il est l'heure pour un petit jeu!"
Sur ces paroles, il relâcha sa prise sur le poignet de Pocahontas. La jeune femme entama par conséquent une chute vertigineuse vers le sol. Mais Riku anticipa sa trajectoire et s'y téléporta derechef à l'aide d'un portail des ténèbres. Rattrapant la jeune femme en plein vol, il atterrit souplement sur le sol, ses genoux se pliant à leur maximum afin d'amortir le choc de la princesse.
"Ma fille! s'exclama le chef Powhatan en se ruant sur les deux individus, s'adressant à Riku d'un air terrassé. Mais qui êtes-vous!? Êtes-vous donc des esprits protecteurs venus en aide à notre tribu?!"
"Woah calmez-vous, intervint Sora en rejoignant Riku et les deux meneurs du village indien. On est pas des esprits, mais oui, on va tout faire pour vous protéger de ce sale type!"
"Il a la Clé du Vent! s'écria soudain Iwako en montrant le compas que tenait encore Oruld, qui observait la scène tranquillement. Elle est dans le compas!"
"QUOI?!" s'écrièrent en cœur Hayate et Sora, ce dernier ayant certainement déjà oublié le véritable but de leur présence dans ce monde.
"Les enfants? soupira le Chercheur des Ténèbres. On se concentre!"
Attirant à nouveau l'attention sur lui – il devait douter de son charisme ténébreux à ce stade – l'homme en noir tenait à présent sept cartes entre ses doigts tendus devant lui, la boussole s'étant, quant à elle, vaporisée.
"Oh non, grogna Sora en fixant le set de cartes. Pas encore..."
"Le jeu sera très simple, continua Oruld avec bonne humeur. Voici sept cartes, mais seulement l'une d'entre elle contient la Clé du Vent! Si, et je dis bien SI, vous avez la chance de la trouver dès votre première tentative, je partirai en vous laissant la Clé et sans vous causer plus d'ennuis! Si par contre vous vous trompez… vous pourriez libérer Radcliffe, qui se trouve désormais en ma possession, ou provoquer des explosions! Oh et j'oubliais, certaines cartes vont simplement vous absorber, auxquels cas je vous emmènerai avec moi, ainsi que la Clé."
Magiquement, les cartes qu'il tenait à bout portant sautèrent de sa main et se mirent à grandir, jusqu'à prendre à peu de chose près la taille d'un être humain. Puis, docilement, elles se placèrent en rang, face cachée, devant les quatre porteurs de Keyblade, flottant tranquillement à quelques centimètres au-dessus du sol herbeux.
"Je refuse de devenir une carte encore une fois de plus… déprima Sora en baissant les bras, dépité. On pourrait pas régler ça de manière plus traditionnelle?"
"J'imagine que tu fais allusion à un combat brutal impliquant nos muscles et notre virilité? répliqua l'ancien membre de l'Organisation en claquant de la langue. Non merci."
"C'est parce que tu as peur de perdre, le défia à nouveau Sora en levant le poing fièrement. Avoue-le!"
"Non, j'ai simplement peur de m'ennuyer."
A des années lumières de ce dialogue, l'esprit mathématique de Riku s'adonnait à un calcul de probabilités complexe, lorsqu'il se mit involontairement à observer Iwako. Échangeant un regard illuminé avec Hayate, il comprit qu'elle avait eu la même idée que lui.
"Iwako, susurra Hayate satisfaite, un sourire victorieux accroché aux lèvres. Pourquoi tu ne choisirais pas la carte?"
"Mais bien sûr! applaudit Sora sous le regard interrogateur de leur ennemi. Choisis la carte Iwako!"
"Oh! Heu...D'accord! "
La magicienne s'avança en volant, faisant face directement aux cartes en lévitation, et les regarda chacune, tour à tour, avec concentration. Ne se décidant pas immédiatement, elle sembla réfléchir, puis ferma les yeux, frustrée. Oruld paraissait satisfait par ce spectacle, se caressant la barbe avec amusement, quand Iwako pointa son doigt au hasard dans une direction aléatoire, les yeux toujours clos.
"NON! s'écria l'homme blond démuni, tombant des nues lorsque la carte se dématérialisa et que la boussole atterrissait sagement entre les mains tendues de la magicienne. Mais comment est-ce possible?!"
Satisfaite, Iwako se tourna vers Hayate et lui tendit l'objet doré avec un sourire ravi. Celle-ci accepta le présent sans broncher, le glissant dans une pochette de son nouveau costume.
"Et bien… lâcha Oruld en haussant les sourcils. Le destin était contre moi aujourd'hui! Je suis condamné à devoir garder cet abjecte Radcliffe..."
"Tu vas nous taper dessus maintenant hein? se plaignit Sora en croisant les bras. Pour te venger?"
"Mais non, s'amusa l'ancien Simili. Je tiens toujours ma parole, même si je l'avoue, je suis déçu..."
Haussant à nouveau les épaules, l'homme barbu ouvrit un couloir des Ténèbres et s'apprêtait à la traverser lorsqu'il se figea, ouvrant ses yeux jaunes en grand, comme s'il venait de se souvenir de quelque chose.
"Ah, lâcha-t-il alors en se retournant. J'oubliais."
Sans prévenir, et d'un geste sec du poignet, il lança un objet non-identité en direction de Riku, qui le rattrapa bêtement au vol, ignorant le potentiel piège. Fort heureusement, il ne s'agissait que d'une simple carte. Vierge, et visiblement non explosive.
"Prends ça, conseilla-t-il d'un ton bien plus amical que d'accoutumé. Ça t'aidera à un moment désespéré. Et tu me rendras alors la pareille. "
Après énonciation de ces paroles parfaitement énigmatiques, Oruld s'avança et le portail l'enveloppa complètement, laissant seulement derrière lui le ciel devenu bleu désormais. L'aube s'était achevée, le combat terminé, le Chercheur envolé.
A présent, il ne restait plus que des Hommes, fatigués, déroutés et parfaitement anéantis par les événements auxquels ils venaient d'assister. John se précipita finalement sur Pocahontas, les deux amants se prenant fougueusement dans les bras l'un de l'autre, tout autre spectateur potentiel étant encore bien trop confus pour y prêter réellement attention. Le silence pesant sur la pleine contrastait lourdement avec les cris de haine qui y avaient retenti il y a si peu de temps encore. Alors que Hayate s'écroulait bruyamment au sol, Riku balaya le paysage du regard.
"Fatiguée?" demanda-t-il à l'adresse de son amie.
"Non, répondit-elle ironiquement. Pourquoi donc serais-je épuisée?"
Lâchant un sourire en biais, Riku se laissa alors lui aussi tomber dans l'herbe à ses côtés, refusant de bouger une seule seconde de plus.
"Soin" fit simplement Iwako, en lançant un regard désolé vers ses compagnons recouverts de crasse, une lumière verte guérissant leurs blessures physiques, mais pas leurs âmes meurtries par la saleté.
…
Assis sur une falaise surplombant la mer et la forêt environnante, Riku et Sora observaient le bateau de John Smith prendre le large, le vent salé de l'océan faisant voler leurs cheveux tout autour de leurs visages fatigués. L'Anglais avait décidé de rentrer dans son pays d'origine malgré l'amour qu'il portait à Pocahontas, afin d'empêcher leur roi d'envoyer de nouvelles expéditions sur les terres des Powhatan. A présent que Radcliffe avait disparu, Smith était la seule personne avec une autorité suffisante pour parler avec le roi, et le seul à pouvoir diriger ces marins lors de leur traversée de retour sur l'océan.
"C'est triste quand même, murmura Sora, son regard suivant les voiles. Ils s'aimaient tellement, mais ne peuvent pas rester ensemble. Je comprends pas…"
"Ils ont pris une décision ma foi… admit Riku, sa main pendant de son genoux replié. Mais je suis d'accord, j'aurais pensé que l'amour de Pocahontas et de John surmonterait les mondes qui les séparent."
"Ha ha, rigola Sora face au soudain excès de romantisme de son ami. Peut-être qu'ils y arriveront. Tu sais… un seul ciel, une seule destinée?"
"Tu cites Kairi maintenant?" le charria Riku en levant un sourcil.
"Oui, admit Sora avec un sourire radieux. Parce que je comprends maintenant."
"Bravo Sora, éclata Riku en riant. Avec deux ans de retard!"
Vexé, l'élu envoya un coup de poing amical dans l'épaule de Riku, qui continua à se moquer de son ami d'enfance. Après quelques instants d'éclats partagés, l'humeur de Sora se rembrunit inhabituellement. Il fronça les sourcils et sa position se referma, fixant ses mains qui reposaient sur ses jambes en tailleur. Le Maître de la Keyblade l'avait rarement vu si sérieux.
"Riku, chuchota l'élu avec gravité. Tu sais… j'ai réalisé avec ce qui s'est passé dans ce monde que… je ne pense pas être capable de tuer Xehanort. Je ne l'ai même jamais rencontré..."
Etonné par cette soudaine confession, le Maître de la Keyblade se tourna vers l'océan et observa l'horizon en plissant des yeux, avant de les fermer, amèrement. Il se passa une main sur le visage avant de répondre:
"Je suis d'accord avec toi. Moi non plus… Jusqu'alors c'était Sans-cœur par-ci, un être des Ténèbres par là… Je n'avais jamais réellement considérer le fait d'ôter une vie humaine."
Riku hésita un instant avant de continuer:
"Mais j'ai réalisé que cet acte ne sera une nécessité que si nous laissons Xehanort réaliser ses plans... Réaliser son but réel."
"Son but réel? demanda Sora en regardant son ami de ses grands yeux bleus innocents. Je n'y ai jamais pensé. Que veut vraiment Xehanort?"
"Je ne sais pas ce qu'il veut vraiment, avoua Riku, mais je sais que pour l'obtenir il souhaite ouvrir Kingdom Hearts. Et pour ce faire...d'après les écrits... sept cœurs de Lumière pure doivent rencontrer treize cœurs de Ténèbres dans un combat de vie ou de mort."
Riku s'était machinalement prit le menton entre le pouce et l'index, réfléchissant à ses propres paroles avec un esprit neuf. Ce fut là qu'il réalisa véritablement la portée de ce qu'il venait d'énoncer.
"Donc logiquement, souffla-t-il en ouvrant lentement ses deux yeux turquoise brillants. Il faut que nous les empêchions de se rencontrer!"
Sora l'observa un instant de sous sa frange en pic, comprenant plus lentement que le Maître de la Keyblade les conséquences de ces mots. Fronçant à nouveau ses sourcils en V, il s'enquit alors, hésitant:
"Mais du coup, pourquoi on cherche les Gardiens? C'est pas justement pour lui livrer les sept Lumières sur un plateau?"
"Exactement, concéda Riku. Je crois que la mission que YenSid nous a confiée est… une erreur."
"Le problème c'est qu'on devra bien confronter Xehanort, se désola Sora en se grattant la tête. Qu'on le veuille ou non. Et sans alliés on va se faire tuer..."
"Si on comprenait ce que voulait réellement Xehanort, poursuivit Riku les yeux perdus dans le vague. La raison pour laquelle il veut ouvrir Kingdom Heart, en soit, peut-être trouverions-nous une solution. Après tout, regarde les Powhatan et les Anglais: c'est leur incapacité à comprendre l'autre qui les a amenés à cette guerre."
"Ben, ajouta cependant Sora en hochant la tête. Ça, mais aussi Radcliffe, qui était clairement une mauvaise personne."
"Un mauvais leader… reconnut Riku à son tour, repensant soudainement aux paroles de Oruld concernant la carte. Sora tu crois… que tous les Chercheurs sont réellement d'accord avec l'idée de Xehanort? Tu crois qu'ils ont eu le...choix?"
"Riku…admit finalement Sora avec un sourire nerveux. Ça devient vraiment trop compliqué pour moi toute cette histoire... J'ai mal à la tête."
"J'aimerais mettre fin au cycle de la haine, continua cependant le Maître de la Keyblade, sans porter attention à l'intervention désespérée de Sora. Mettre fin à cette guerre qui dure depuis toujours… mais comment?"
"Riku…"
"Nous sommes concrètement déjà mêlés à une guerre Sora, s'obstina Riku, ne réalisant pas qu'il se parlait désormais à lui-même. Galactique même! Et affronter les Treize ne serait que répéter les erreurs du passé et pourrait déclencher une deuxième guerre des Keyblades…"
"Riku!"
"Pire, paniqua le jeune Maître de la Keyblade, les Chercheurs ne sont-ils, comme Radcliffe, que des pantins? Esclaves de la volonté destructrice de Xehanort?"
"RIKU!" intervint finalement Sora en secouant son ami devenu fou par les épaules. Calme-toi! Nous n'avons pas toutes les informations et ça ne sert à rien de se casser la tête avec ça maintenant!"
"Je ne sais plus quoi faire Sora… répliqua Riku alors que sa tête dodelinait sur ses épaules secouées d'avant en arrière. Je suis théoriquement responsable de vous en tant que Maître de la Keyblade, mais regarde-moi..."
"Riku, tenta Sora calmement, nous avons une quête à terminer actuellement: la Quête des Souvenirs! Concentrons-nous là-dessus, et sur le pouvoir de l'Éveil parce que « pauvre Aqua », et après on verra."
"Oui tu as raison, admit Riku en repoussant finalement les mains de Sora qui ne cessaient de le secouer. Nous devons continuer à rassembler des informations et prendre une décision en pleine connaissance de causes, et dans des conditions de lucidité meilleures que mon manque de sommeil actuel."
"Oui Riku, soupira Sora en souriant avec gratitude. Je crois que ça fait un baille qu'on a pas vraiment dormi..."
"Allons chercher les filles, décida finalement le Maître de la Keyblade en se campant sur ses jambes. Et rentrons à la maison."
On espère que vous avez eu du plaisir à lire ce chapitre malgré les quelques...libertés descriptives que nous avons prises. Nous attendons avec impatience vos retours et vos théories pour la suite!
A la semaine prochaine (dans les temps! C'est au tour de Nsperis)!
Lirae
