Voici la suite de cette petite partie gummi avec en prime un certain type de "combat" qu'on nous avait demandé depuis un moment!

Nsperis aime profondément Star Wars... vous allez sans doute le sentir.
Bonne lecture!

« Ah vous êtes encore là ! ...Oh.»

La voix d'Iwako fit sursauter Sora, tandis qu'Hayate semblait enfin réaliser la position dans laquelle elle se trouvait. Sans crier gare, la défenseuse se dégagea en poussant Sora sur le côté et sauta sur ses jambes, extrêmement mal à l'aise, tout en déclarant :

« L'entraînement est fini pour aujourd'hui. »

La défenseuse réajusta sa veste sur ses épaules sous le regard péridot de la magicienne qui arrivait vers eux, en planant tranquillement, ses longs cheveux défaits voletant tout autour de son visage telles des vagues.

« Le petit-déjeuner est servi... clama Iwako en prenant un air indécis. Mais je ne voulais pas vous interrompre dans votre...entraînement... ? »

Voyant que le visage d'Hayate prenait progressivement une violente teinte cramoisie, Sora, souriant et prenant un ton décontracté pour défaire le malentendu, expliqua:

« Hayate a accepté de me montrer quelques techniques ! On espère pouvoir arriver à maîtriser ses lames de lumière !»

Hayate le dévisagea, interloquée, comme si elle venait de découvrir un autre aspect de sa personnalité. Puis, comme Iwako les jugeait d'un regard perplexe, la défenseuse leva sa main dans le but d'ébouriffer les cheveux de Sora tandis que ce dernier entendait juste sa voix cristalline prononcer ces mots d'une voix hâtive:

« Il y a encore du boulot, gamin.»

Il ne saurait dire quoi, mais quelque chose heurta la sensibilité du jeune homme, qui ressentit alors une déferlante de tristesse monter en lui. De plus et contre toute attente, son corps bougea instinctivement et Sora se sentit attraper fermement le fin poignet de Hayate dans sa propre paume tandis qu'il lui ordonnait, sans la regarder, presque sans émotions:

« Arrête.»

Abasourdie, Hayate se figea sur place et son expression faciale passa de la surprise à l'incompréhension la plus totale.

« Désolée... ? » hésita-t-elle d'une petite voix.

Sora, en se rendant compte de la bizarrerie de sa réaction, se contenta de la lâcher brusquement, de récupérer sa jaquette, et de partir rapidement en direction de sa cabine sans mot dire. Ne sachant pas vraiment ce qu'il lui avait pris, le jeune homme voulait mettre le plus de distance entre la jeune femme et lui, afin d'éviter les questions gênantes. Cependant, ce fut Iwako qui se matérialisa devant lui et l'empêcha de se réfugier dans son antre.

« Sora est-ce que ça va ?" demanda la magicienne d'un ton inquiet.

« Laisse-moi passer Iwa... » murmura Sora en lançant un coup d'œil derrière son épaule, de peur que Hayate ne le repère.

« Sora... chuchota à son tour la magicienne en levant son visage pâle vers lui. Je suis là si tu as besoin de parler, tu sais ? Je peux même... faire un effort et entrer dans ta chambre.»

Le jeune homme réfléchit un instant : il sentait qu'il n'était pas dans son état normal. Et se confier ne lui ferait peut-être pas de mal. Il ouvrit le rideau de douche qui lui servait à présent de porte et fit signe à Iwako d'y entrer. Après que les deux amis s'y furent engouffrés, l'Elu de la Keyblade se retourna pour faire face à la magicienne.

« Il s'est passé quelque chose... tenta Iwako en se laissant doucement tomber sur un coin du lit qu'elle estimait propre. Entre toi et Hayate ? »

« NON ! » s'exclama Sora inopinément choqué.

« D'accord... l'apaisa la jeune femme en levant devant elle deux bras laiteux en signe de paix. Mais alors pourquoi tu as été si agressif envers elle ? »

« ...j'ai été agressif ? » s'alarma Sora.

«Et bien... hésita la magicienne. Lui prendre le bras comme ça et lui dire d'arrêter avec cette voix... Tu lui aurais dit « ferme-la », que ça n'aurait pas changé grand-chose... »

« C'est pas vrai... » soupira le jeune homme en allant se laisser tomber sur son lit, démoralisé.

Tandis qu'il se passait une de ses grandes mains sur le visage, comme pour se laver de sa bêtise, Iwako le regarda avec compassion, et demanda d'une voix triste:

« C'est le geste ou les paroles qui t'ont blessé ? »

Sora tourna la tête et rencontra les deux yeux de sa meilleure amie sous sa frange bleutée. Il n'y avait aucune trace de jugement dans son regard, juste une profonde empathie. Comment faisait-elle pour toujours comprendre comment il fonctionnait ?

« ...les deux je crois... finit-il par admettre. Ça m'a... ça m'a fait mal... comme si on m'attaquait. »

« Sur un point faible, affirma Iwako. C'est le mot ''gamin ''? »

Comme piqué par une guêpe, Sora se releva d'un bond et se mit à faire les cent pas dans sa chambre, en vociférant :

« Oui ! J'en ai marre ! Tout le monde continue à me traiter de gamin ! Les Chercheurs, mes alliés, mes meilleurs amis... alors que j'ai quand même déjà sauvé le monde deux fois ! »

Sora ferma ses poings de frustration. Puis il inspira plusieurs fois profondément pour se calmer avant de reprendre :

« Mais ça personne ne le voit. Je suis juste un gosse qui a eu beaucoup de chance et qui se balade avec une clé géante... c'était peut-être vrai au début, mais j'avais quatorze ans quand j'ai reçu la Keyblade. Ça fait plus de trois ans...»

« Je... se désola Iwako. Je n'avais pas réalisé que ça te touchait à ce point. Surtout que Hayate l'a souvent fait... ce geste de t'ébouriffer les cheveux. Et tu n'avais encore jamais réagi comme ça. »

La magicienne chercha un instant ses mots, puis reprit, souriante :

« Je suis sûre que Haya ne pensait pas à mal... La...situation... l'a sans doute gênée. Et elle a dû se rabattre sur de vieilles habitudes pour détourner l'attention ! »

En revoyant l'expression déroutée de la défenseuse, Sora se sentit stupide et soupira en baissant la tête :

« Je sais que c'était pas méchant mais... c'était pire venant d'elle... »

« Pourquoi ? » s'étonna franchement Iwako.

Après un nouveau soupir, Sora sentit qu'il avait réellement besoin de se confier, de lâcher un peu du poids qui alourdissait son cœur. Il marcha à nouveau vers son lit, épaules voûtées, s'y rassit et avoua :

« Que les autres... tous les autres... me voit toujours comme un gosse, je peux m'y faire à la longue. Mais je ne veux pas que... elle... me voit comme un gamin... »

Sora se plongea dans un profond mutisme. Son silence gêné parla pour lui-même : en n'ajoutant rien de plus, c'était comme s'il en avait trop dit. Il sentit ses joues chauffer lorsqu'Iwako tenta, d'une voix plus basse :

« ...et comment tu veux qu'elle te voie, Sora ? »

Le jeune homme sentit un étau enserrer son cœur. Il n'en pouvait plus, il devait se confier à Iwako. Il était vraiment trop perdu dans toute cette situation. Tout en évitant soigneusement de croiser le regard de sa meilleure amie, il lâcha donc d'une voix un peu cassée, à cause de la boule d'émotions qui s'était amassée dans sa gorge :

« ...comme un homme. »

Sora releva lentement la tête vers Iwako, en lui lançant un regard à la fois peiné et désemparé. La jeune femme se contenta d'abord d'analyser chaque millimètre de l'expression faciale de l'Elu durant une bonne demi-minute, ses lèvres corail entre-ouvertes à cause de l'hésitation, ou de la surprise. Enfin, quand elle réalisa la portée exacte de ses paroles, elle ouvrit de grands yeux et s'exclama:

"JE LE SAVAIS!"

« Lui dit rien! », supplia Sora en chuchotant, de peur que son secret ne passe le misérable tissu qu'était devenue sa porte.

« Donc je n'étais pas folle, c'est vraiment ça…?»

Iwako baissa encore d'un ton à tel point que sa voix semblait s'être muée en un simple souffle de vent:

« Tu es vraiment amoureux de Hayate ? »

Rougissant, Sora ne put que confirmer d'un mouvement de tête assertif. C'était fait: maintenant Riku ET Iwako savaient. La surprise passée, un long sourire malicieux s'étendit bientôt sur les lèvres pulpeuses de la magicienne et Sora, redoutant une trahison, la supplia encore en chuchotant nerveusement, tout en levant ses deux bras devant lui:

"Lui dis rien, je t'en prie…"

"Désolée pour ma réaction, s'excusa la jeune femme en ajustant une mèche bleue derrière une oreille. J'avais quelques soupçons depuis un moment mais te l'entendre dire…"

Iwako le dévisagea un instant de ses yeux pétillants de curiosité avant de déclamer avec ardeur:

"Je ne lui dirai rien, promis! Mais… je suis curieuse... comment as-tu prévu de lui déclarer ta flamme?"

"J'en sais rien… soupira Sora en se passant une main crispée dans les cheveux. Je peux pas juste débouler comme ça et lui jeter au visage: Hey salut ça va? Tu veux sortir avec moi? C'est pas si simple… Haya n'est pas si simple…"

"Tu marques un point… admit la magicienne en se prenant délicatement le menton pour réfléchir à une solution. Il vaut sans doute mieux y aller par paliers progressifs… romance, petites attentions et meilleure présentation…"

Elle se stoppa dans sa réflexion pour fixer un instant son attention sur le haut du crâne de l'Elu, puis sourit en reprenant:

" La coupe de cheveux, c'est déjà un très bon début cela dit! Ça me démangeait de te les couper depuis un moment, pour être honnête… ça met ton visage en valeur à présent...même si certaines mèches sont un peu...inégales..."

"Merci…" lâcha Sora soulagé et redevable du compliment.

"Par contre, soupira la magicienne. Je pense vraiment qu'il faut que je ressorte mes fils et mes aiguilles: on dirait que tu te balades dans des habits rétrécis au lavage! Tu as tellement grandi depuis qu'on se connaît, c'est fou…Mais ! Je devrai arriver à rallonger les manches et le bas du pantalon avec le reste de tissu à carreaux que j'avais utilisé pour le kilt, cela dit…"

Le jeune homme, après avoir tiqué au souvenir du port du kilt obligatoire jadis imposé par la magicienne, hésita un instant, repensant à sa première discussion avec Riku. Puis, comme Iwako paraissait prête à l'aider dans ses déboires amoureux, il décida de se lancer et de lui demander:

"Iwa? je sais que toi et Hayate êtes proches… Du coup je me demandais… est-ce que tu sais quelque chose de plus que moi...? Est-ce que tu sais ce que Haya...pense de moi?"

La jeune femme parut soudain mal à l'aise. Elle se tortilla un instant sur le matelas, repositionnant ses hanches de manière à être plus confortablement assise tout en évitant soigneusement de croiser le regard de son interlocuteur durant cette manœuvre. Enfin, après s'être raclée la gorge, elle expliqua:

"En fait… Hayate a vraiment du mal à parler de ce genre de choses...Tu sais, elle supporte mal les surplus d'émotions, donc je ne la pousse pas... J'attends qu'elle vienne m'en parler. "

Iwako releva enfin la tête pour regarder Sora en face et elle plaisanta, un sourire complice accroché aux lèvres:

"Tu la connais, elle peut parfois être passée maître dans l'art de dissimuler ses émotions!"

"Oh oui je sais… soupira le jeune homme de dépit en se laissant mollement tomber sur son duvet froissé, les bras en croix. C'est pas grave. C'était juste pour savoir. J'avais espéré que toi au moins tu aurais des infos que je n'ai pas... "

Sora se gratta brutalement le crâne, de frustration, et grogna avant de s'exclamer:

"J'ai juste aucune idée de ce qu'elle ressent pour moi! Juste avant, dans la salle d'entraînement, c'était bizarre… au début elle était froide et « normale », mais la minute d'après elle me regardait super gentiment..."

Déprimé, Sora se mit à fixer le plafond métallique de sa chambre, oubliant presque la présence d'Iwako à ses côtés. Quand soudain il fut pris d'un dérangeant sentiment de malaise: elle avait de plus gros problèmes que lui. En plus de la Quête des Souvenirs, elle devait gérer à la fois la perte de la Boîte, seul indice menant à son passé, ainsi que la perte de ses jambes, qui la handicapait au quotidien. Lorsqu'il réalisa l'insignifiance de ses dilemmes face à ceux de son amie, il tourna tristement sa tête vers elle et s'excusa:

"Pardon… Je devrais pas te raconter tout ça. C'est stupide comme problème…"

"Oh non non! s'exclama Iwako en fouettant l'air de sa fine main. Tu as le droit de me dire honnêtement ce que tu ressens : on a chacun ses problèmes, et on a le droit de les dire. Ne compare surtout pas tes problèmes aux miens, s'il te plaît... »

Le visage de la magicienne perdit lentement sa gravité, reprenant un joli sourire joyeux :

« En plus, toute cette histoire entre Hayate et toi pique ma curiosité, je dois l'admettre… Enfin, non. Soyons honnête, j'ai très envie de vous voir ensemble. Ça me fait aussi plaisir de te voir tout amoureux, après… après cette triste histoire avec Kairi…"

Iwako parut embarrassée quelques secondes, jetant un rapide coup d'œil à la réaction de Sora, avant de reprendre d'un ton plus léger, presque moqueur:

"Et puis je pense que ça ferait le plus grand bien à Hayate d'être avec un garçon comme toi!"

Sora ne put s'empêcher de rougir à cause des propos de la magicienne, tandis qu'elle lui souriait de manière complice. Iwako avait cette singulière capacité à être sincèrement heureuse du bonheur des autres, alors qu'elle-même vivait parfois des choses moralement (et physiquement) difficiles. L'Elu de la Keyblade ne pouvait qu'admirer cette force émotionnelle, ainsi que cette capacité à s'oublier soi-même. Ne parvenant pas à trouver les mots pour lui transmettre à la fois sa reconnaissance et son soutien face à sa situation physique compliquée, le jeune homme décida de se redresser sur son lit pour pouvoir la prendre puissamment dans ses bras. Surprise, elle leva dans un premier temps les bras au ciel, ne sachant que faire face à l'effusion d'émotions de son ami. Puis, tendrement, il la sentit lui rendre son étreinte.

"J'ai hésité à dire que c'était très mignon, plaisanta-t-elle d'une voix indécise vers son épaule. Mais peut-être que tu l'aurais mal pris…"

"Non, avoua Sora en se redressant et ne pouvant s'empêcher de lâcher un petit rire clair. Toi tu as le droit de dire ça."

"Ecoute… reprit son amie en approchant son visage du sien à la manière d'une complotiste. Je ne sais pas si Haya est amoureuse de toi, pour l'instant. Mais je vais essayer de mener ma petite enquête… Par contre je suis sûre de deux choses: primo, elle tient beaucoup à toi et deusio, elle te suivrait jusqu'au bout du monde si tu le lui demandais."

"C'est déjà pas mal", fit Sora en souriant timidement.

"En revanche… ajouta Iwako en jetant un coup d'œil au rideau de la cabine. Pour ce qui s'est passé toute à l'heure… il faut que tu ailles lui parler. Elle est sûrement en train de se demander ce qu'elle a fait de mal à cause de ton geste."

"Oooh c'est vrai...se souvint Sora en retombant en arrière, honteux, sur son matelas. Mais tu veux que je lui dise quoi?"

"Je ne sais pas, lâcha Iwako en lui lançant un oreiller en pleine figure. Mais va au moins t'excuser!"

Sora ne para pas l'attaque, se laissant suffoquer par le polochon, et resta quelques instants la tête cachée sous le coussin, dans une pose faussement dramatique. Puis, lorsqu'il retira l'objet de sa face, il croisa le regard de la magicienne qui l'observait avec attente. Il ne l'avait pas noté jusqu'alors, mais Sora le vit enfin : le léger éclat améthyste logé au coin d'un de ses yeux péridot.

« Iwa... tenta-t-il en se redressant sur son matelas. Ton œil... ? »

La jeune femme parut décontenancée dans un premier temps, avant de faire mine de chasser une mouche imaginaire devant son visage en lâchant, d'un ton précipité :

« Oh ça ? Ce n'est rien voyons ! C'est juste une conjonctivite magique, c'est n'est pas contagieux je te rassure ! »

Sora leva un sourcil brun interrogateur en demandant :

« Tu penses qu'il faudrait aller voir Yen Sid pour lui parler de ça ? Ou Merlin ?»

« Non non non, reprit Iwako en souriant. Ce n'est rien. Grand-Mère Feuillage m'a dit que le fait de léviter pouvait avoir ce genre d'effets secondaires... »

Sous le regard toujours rempli de scrupules de Sora, Iwako se sentit obligée d'ajouter, afin de clore la discussion :

«Ce serait trop long à expliquer, c'est un truc magique. »

Neuf des treize sièges blancs de la salle monochrome étaient actuellement occupés. Sur le plus haut trône, Maître Xehanort se lissait la barbe, échafaudant sans doute un nouveau plan machiavélique ou ajustant certains éléments de sa stratégie guerrière mentale. Autour de lui, l'air semblait électrisé: dans le silence pesant, la tension ambiante était palpable. Ce fut le jeune Isa qui retira sa capeline le premier, dévoilant une liasse de cheveux bleu saphir, en demandant :

« Maître... que pouvons-nous faire à présent pour les empêcher de récupérer la dernière Clé? Après tout, l'une des deux Porteuses... a réussi à vaincre le titan qui avait avalé celle du Feu... »

Les yeux démentiels de Xehanort se posèrent un instant sur Isa, néanmoins le regard du vieux chercheur était ailleurs... il regardait dans le vague... ou dans une réalité qui échappait totalement à la compréhension de son jeune disciple.

« Kros... maugréa le vieux Xehanort plus pour lui-même que pour son assemblée de Vassaux. Pourquoi agis-tu de la sorte ? N'es-tu pas sensée rester neutre... ? Où as-tu été chercher ces deux femmes…?»

Comme leur maître semblait plongé dans ses pensées, ce fut Braig qui, tout en jouant avec son cache-œil, s'exclama :

« Ils ont battu un titan, allons bon ! Il y a plus puissant que ce gros tas de boue enflammé ! Allez…qui veut partir s'amuser un peu avec ces gamins? »

L'homme balafré saisit son arbalète, une avidité sans nom éclairant son unique œil jaune. Ce fut le jeune Xehanort qui intervint, calmement :

« Je passe mon tour... Je ne suis pas sans savoir ce qu'ils ont été capables de faire à Xemnas. Or, à ce moment-là, les deux jeunes femmes semblaient moins puissantes qu'au jour d'aujourd'hui... Néanmoins, tu as dit quelque chose d'intéressant... »

Les yeux orangés du jeune Xehanort s'enflammèrent tandis qu'il supposait :

« Si un titan n'a pu les vaincre... pourquoi ne pas corrompre le cœur d'une créature plus puissante encore... pourquoi ne pas corrompre le cœur... d'un Gardien. »

Son vieil homologue sembla sortir de sa rêverie pour poser un regard étonné sur son être passé.

« Oui... fit-il de sa voix rugueuse. Cela pourrait être un...test...intéressant... »

« Je peux y parvenir.»

La voix doucereuse d'Ansem avait prononcé ces mots non sans fierté. Le Chercheur de Ténèbres n'avait visiblement toujours pas digéré sa défaite contre le groupe de porteurs à Zootopie.

« Voyez-vous ça... plaisanta Braig. Et en combien de temps arriverais-tu à lui corrompre le cœur ?»

Ansem se mit à rire de manière machiavélique avant de répondre :

« Pas plus longtemps que ce que j'avais réussi à faire avec le cœur de Riku... »

« Sauf que tu as finalement perdu le contrôle du gamin... » lâcha Braig pour le provoquer.

Xehanort l'Ancien tapa du poing sur son accoudoir et tous se turent.

« Il n'est pas en notre pouvoir de corrompre un Gardien, trancha le Maître sans appel. Néanmoins... il existe un homme dans ce monde, qui pourrait être manipulé... et qui serait capable d'arracher son cœur au Gardien... »

Des murmures enthousiastes parcoururent la salle. Xehanort, sans leur laisser le temps de se chamailler, désigna finalement son propre Sans-Cœur :

«Ansem, essaie de ne pas me décevoir cette fois-ci : utilise l'Innommée et tâche de créer le Sans-Cœur le plus puissant possible... »

L'homme bazané replaça sa capuche sur ses cheveux argentés, cachant ainsi ses yeux orangés pétillants de malice et ne laissant apparaître que son cruel sourire.

« … que de Ténèbres il doit y avoir cachées, dans le cœur d'un véritable Gardien... »

Le Sans-Cœur de Xehanort se mit à rire de manière gutturale avant de se fondre dans les ombres. Cependant Isa, après avoir jeté un rapide regard en direction d'un des sièges sans occupant, paraissait encore soucieux :

« Maître... nous n'avons toujours pas retrouvé Xemnas... »

Un silence gêné assourdit la salle. Il semblait évident à toute la confrérie que l'ancien Chef de l'Organisation n'était pas mort de ses blessures, sans quoi le fragment de cœur de Xehanort serait revenu à son propriétaire... Pourtant, il n'était pas dans la nature de Xemnas de mettre tant de temps à revenir auprès de son être original. Les Chercheurs semblaient tous unanimes : il les avait volontairement quittés. Le jeune Xehanort intervint bientôt, ses yeux placides se posant sur un membre encore anonyme :

« Quoi de mieux qu'une traîtresse...pour chasser un traître ? »

Un ricanement aigu retentit bientôt dans toute la salle des trônes, dévoilant la présence d'une femme au sein des Chercheurs de Ténèbres. Lorsqu'elle sauta au sol dans un bond leste, sa vélocité fit tomber son capuchon, révélant des cheveux blonds plaqués sur son crâne, à l'exception de deux longues mèches rebelles.

« Arlène... siffla le jeune Xehanort entre ses dents. Ne nous déçois pas cette fois-ci... »

Jadis Larxene, ancien membre de l'Organisation XIII, elle avait participé à une rébellion guidée par Marluxia, trahissant ainsi Xemnas et le reste de l'Organisation. Son Simili avait été détruit par Sora, dans le Manoir Oblivion. A présent à nouveau un être entier, elle avait volontairement rejoint le camp des Ténèbres, mais sous le régime de Xehanort.

« Dois-je vous le rapporter en un seul morceau ? » ricana-t-elle en jouant avec quatre petits poignards entre ses doigts.

« Peu importe... déclara le vieux Xehanort. Dans le pire des cas, élimine-le. Il est bien trop instable... et je n'ai plus besoin de lui. »

Riant comme une furie, Arlène généra un portail de Ténèbres et bondit à l'intérieur, hystérique à l'idée de pouvoir assassiner à nouveau… Cependant, le jeune Xehanort fit lentement glisser son regard orangé vers un autre membre encore encapuchonné et ordonna d'une voix calme:

"Suis-la. Et surveille-là. Elle est capable de ne pas respecter le plan, si d'aventure elle devait rencontrer Sora et les autres."

Acquiesçant sans un mot, le mystérieux membre disparut bientôt à son tour dans un halo béant et obscure.

...

Quelques minutes plus tard, Iwako et Sora sortirent de la chambre de ce dernier. Alors que le jeune homme retenait le rideau de douche qui lui servait de porte le temps que la magicienne puisse sortir en voletant hors de la pièce, il réalisa que quelque chose n'allait pas avec le vaisseau. La jeune femme dut le sentir également, car elle leva bientôt vers lui deux yeux tremblant d'inquiétude.

"Je retourne en salle des machines, décida-t-elle sans sommation. On dirait que le vaisseau n'avance plus…"

"Bonne idée, accepta Sora en partant dans la direction opposée. On reste en communications avec les commlinck, je vais voir dans le cockpit!"

Joignant le geste à la parole, le capitaine de Hautvent passa en trombe dans le salon pour débouler dans la salle de commandes, où Riku et Hayate se tenaient déjà raides comme une planche devant le hublot.

"Sora… lâcha Riku sans même se retourner. Je pense que nous avons un souci…"

"Et ce n'est qu'un euphémisme…" ajouta Hayate entre ses dents, fixant avec concentration un point devant elle.

Abandonnant la compréhension du terme "euphémisme" pour l'instant, Sora suivit le regard de la jeune femme et réalisa alors ce qui perturbait ses camarades et avait fait passer le vaisseau gummi en mode furtif: devant leur petit appareil spatial, un colosse de métal leur barrait la route. Placé en orbite autour de ce qui devait être une planète gazeuse, un gigantesque vaisseau amiral recouvrait leur propre embarcation de son ombre menaçante.

"Les Sans-cœurs ont investi dans une forteresse spatiale on dirait…" railla Riku en allant s'asseoir dans le siège du co-pilote.

Sora prit place sur le siège du capitaine et abaissa le levier qui maintenait jusqu'alors Hautvent en pilotage automatique. Il pianota sur le tableau de bord avant de siffler entre ses dents:

"Malgré toutes les modifs que j'ai faites sur le vaisseau, ça il ne pourra pas s'en débarrasser en mode automatique…"

"Si combat il doit y avoir, lâcha Hayate avec un sourire carnassier, la tourelle est pour moi! Depuis le temps que je rêve de l'utiliser…"

"Prends ça, lui intima Riku en lui envoyant un commlinck qu'elle rattrapa adroitement. Et ne fais pas n'importe quoi avec ce canon…"

Sans prendre la peine de lui répondre, Hayate frappa du poing sur un interrupteur mural qui fit descendre une échelle métallique du plafond et sur laquelle elle se hissa sans peine jusqu'à la nacelle située sur la coque du vaisseau.

Sora se calla dans son siège, sentant les commandes de Hautvent lui répondre avec souplesse. Il poussa un profond soupir pour se calmer et se concentrer, avant d'activer son commlinck:

"Iwa? Tu es en place? ça risque de secouer un peu…"

"Parée au pire, et les réacteurs sont en parfait état."

"Alors allons-y", décida Sora en jetant un regard à Riku derrière lui.

"Concentre-toi sur le pilotage, ordonna son meilleur ami en déroulant un panneau holographique sous ses yeux. Je me charge des tirs."

Secrètement, Sora espérait pouvoir contourner la masse titanesque, mais il n'était pas dupe: le destroyer devait déjà les avoir détectés. Le jeune homme poussa les réacteurs subliminiques au minimum, et vira à gauche. Comme il fallait s'y attendre, un premier tir de sommation vola en leur direction, que Sora esquiva sans peine en vrillant.

"Sora! se plaignit la voix déformée d'Iwako dans son commlinck. Préviens quand tu fais ça! je ne suis pas attachée moi!"

"Désolé! s'écria Sora en tournant violemment ses manettes de commande dans le sens inverse. Deuxième round!"

Comme à chaque fois qu'il devait manœuvrer le vaisseau, le cœur de Sora se mit à tambouriner dans sa poitrine, lui insufflant une agréable poussé d'adrénaline qui maintenait ses réflexes au maximum de leur potentiel. Se laissant ainsi guider par son instinct, le jeune homme entreprit de passer entre les tirs adverses en usant uniquement de son adresse au pilotage. Malheureusement le destroyer, à présent au-dessus d'eux, avait plus d'un tour dans son sac: un sas de la taille d'un hangar à paquebot s'ouvrit bientôt et déversa sur eux un véritable escadron de la mort de dizaines de chasseurs Sans-Cœurs. Une pluie de lasers violacés s'abattit sur Hautvent, faisant valdinguer en tous sens Sora et Riku sur leur siège. L'Elu passa rapidement en revue les écrans décomptant les dommages subis et se mordit la lèvre inférieure.

"Ils sont trop nombreux! s'exclama Iwako. La résistance de coque est déjà tombée à 70%!"

"Laissez-moi éclaircir un peu leurs rangs…" leur parvint la voix de Hayate du commlinck.

A peine les mots furent-ils prononcés qu'une salve de lasers verts percutait tous les ennemis au-devant du cockpit, les réduisant en nuage grisâtre et fumant.

"Bien joué!" la félicita Sora en ralentissant pour lui permettre de mieux viser.

"Je pivote la nacelle vers l'arrière pour les empêcher de nous acculer", expliqua Hayate tandis qu'un raclement mécanique se faisait entendre au-dessus d'eux.

« Je me charge de ceux à l'avant », prévint alors Riku en agrippant une manette.

Tandis que Sora manœuvrait dans l'essaim de leurs ennemis, évitant tant bien que mal que le vaisseau ne percute un chasseur adverse, Riku et Hayate faisaient pleuvoir un cataclysme de lasers sur l'armada sans-cœur. L'Elu, volant en raz-motte sous le destroyer, voyait enfin leur fenêtre de sortie, lorsque les détecteurs de Hautvent s'agitèrent soudainement, enclenchant l'alarme "danger". La voix métallique d'Iwako s'écria alors:

"SORA! DROIT DEVANT!"

Suite et fin du combat spatial dans le prochain chapitre!
Petit clin d'oeil: écoutez la musique de TWRP "Starlight Brigade" en même temps, c'est ce qui a inspiré Nsperis!
(et le clip est MEGA cool si vous ne connaissez pas encore!)
A la semaine prochaine pour la suite des aventures de nos héros!

PS: Merci encore à tous nos commentateurs/trices! Nsperis se donne pour tâche de répondre à chaque commentaire.

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