Petit retard dû aux examens de Nsperis et comme la session est pas encore finie, il y en aura encore, on est désolés...
MAIS tous les prochains chapitres sont truffés de petites clés de lecture... à vous de les dénicher!
Aujourd'hui: discussion à cœur ouvert et confrontation de titans!
Bonne lecture!

Le coeur plus léger, et un petit sourire accroché aux lèvres, Sora était en train de descendre gaiement les escaliers de la Tour Mystérieuse. Alors qu'il parvenait à l'avant-dernier étage, celui juste en-dessus de la salle commune et des cuisines, le jeune homme se figea soudainement, l'oreille alerte, tous les poils de ses avant-bras nus se dressant subitement sur son épiderme. Il reconnut cette sensation néanmoins, et ce fut avec un calme déroutant qu'il tourna sa tête sur sa droite et prononça simplement un nom:

"Iwa?"

La jeune magicienne venait en effet d'apparaître à ses côtés, ayant sans aucun doute user de son silencieux pouvoir de téléportation depuis les ombres.

"Oh Sora! fit la magicienne avec un joli sourire. Tu dois vraiment être le seul à me sentir aussi vite arriver maintenant! Je te cherchais, justement. "

L'Elu de la Keyblade jeta un coup d'oeil à la haute fenêtre décorée de vitraux stellaires bleutés, qui éclairait tout le long corridor dans lequel ils se trouvaient et le teintait de ses couleurs boréales. Encore en train de réaliser qu'il venait enfin de rendre le porte-bonheur à Kairi, et ainsi de se libérer d'un serment qui lui enserrait le coeur et l'empêchait d'avancer sur une autre voie, le jeune homme ne put s'empêcher de regarder Iwako avec un nouvel espoir retrouvé. La magicienne le dévisagea un instant sans comprendre, intriguée, puis finit par demander:

"Tout va bien Sora?"

Fier, l'Elu serra ses poings devant lui et, euphorique, expliqua:

"Je l'ai fait Iwa! J'ai enfin été parler avec Kairi! Et tout va mieux maintenant. Je me sens tellement soulagé!"

Sa meilleur amie sourit tout en joignant ses fines mains devant elle, empathique:

"Je suis trop contente pour toi si tout c'est bien passé! Et je pense que tu as eu raison de prendre le temps pour faire cela maintenant: ce n'était pas une discussion à continuer à repousser. Et j'avais bien senti que cela te tracassait encore, de temps en temps."

La magicienne fit une pause, réfléchissant à ses propres propos et afficha bientôt un franc sourire sur ses lèvres pulpeuses en déclarant:

"Du reste je voulais te dire: merci de tout coeur pour m'avoir rassurée ce soir-là. Et poussée à aller dire la vérité à Riku sur…"

Elle baissa d'un ton et inspecta le couloir de ses yeux améthystes brillants pour s'assurer de sa vacuité avant de reprendre plus bas, en mettant une main devant sa bouche à la manière d'une complotiste:

"... sur tu-sais-quoi que j'ai détecté sans faire exprès…"

Sora remit tous les éléments dans l'ordre à l'intérieur de sa tête et comprit que la magicienne voulait parler de la nuit où, en pleurs, elle lui avait avoué qu'elle avait rêvé des Ténèbres et qu'il lui avait conseillé d'aller en parler à Riku. Il n'avait pas saisi alors pourquoi elle avait semblé avoir tant de réticence à le faire, mais tout lui paraissait plus clair à présent: elle lui avait annoncé ce soir-là qu'un fragment de Xehanort était en lui… ce qui était en effet le genre de bonne nouvelle que l'on n'a pas vraiment envie d'aller annoncer à un ami.

"Aaaaah oui ça! murmura donc Sora en se penchant en avant pour être à la même hauteur que la jeune femme et en mimiquant sa pose. De rien! Alors…ça c'est bien passé avec Riku?"

Tel un dessin animé parodique, le beau visage de porcelaine d'Iwako se teinta brusquement de rose et elle se redressa subitement en époussetant son bustier à carreaux violets, nerveusement. Sora leva un sourcil curieux et se redressa à son tour tout en croisant les bras sur son torse, profondément intéressé:

"Ah ça c'est passé bien mieux que ce que tu croyais, c'est ça?"

"Ce n'est pas ce que tu crois, tenta de se défendre Iwako avec un air faussement précieux. La conversation a très, très mal commencé et j'étais bouleversée… lui aussi du reste… Puis disons que… ça c'est fini de manière positive… et inattendue."

Particulièrement friand de ce genre d'histoires, Sora imagina milles scénarios romantiques, mourant d'envie de savoir les détails de ce qu'ils s'étaient passés entre ses deux meilleurs amis. Cependant, comme il sentait qu'elle était mal à l'aise et jouait nerveusement avec ses cheveux, il se contenta d'une seule question directe:

"Alors? Vous vous êtes embrassés?"

"SORA! s'étrangla la jeune femme en posant une paume outrée sur sa bouche. Mais?! Ce sont des questions qui ne se posent pas dans une conversation convenable! Ou pas de cette manière!"

Adorablement gênée, Iwako cacha son visage derrière sa frange bleutée et se mit à frapper le bras de Sora à répétition pour évacuer son malaise, ce qui ne lui fit subir aucun dommage physique, bien entendu. Le jeune homme ne put retenir un rire clair et fit mine de faussement se protéger, de ses deux bras, attendri. Après quoi, profitant de pouvoir l'embêter un peu, le jeune homme lui mit de gentils coups de coude dans les reins en lâchant, un sourire goguenard étirant ses fines lèvres:

"D'accord, d'accord excuse-moi… mais je crois qu'on n'avait pas eu une mauvaise idée avec Haya: on va déplacer tes affaires dans la chambre de Riku, je pense."

Il lui fit un clin d'oeil moqueur et, après une sorte de cri étranglé de chat, elle redoubla de vélocité à lui administrer toutes sortes de frappes sur l'épaule.

"Oh mais entre toi et Hayate vous êtes vraiment impossibles!"

Sora lâcha encore un rire hilare avant de se ressaisir, reprenant un peu de contenance, et demandant plus sérieusement:

"Mais du coup Riku voulait bien partir du groupe non?… comment tu as fait pour le retenir?"

Cette fois-ci, ce fut à la magicienne d'étirer un long sourire mystérieux sur son visage d'albâtre tout en lâchant, presque sans timbre:

"Je l'ai menacé".

"Quoi?!" éructa Sora perplexe.

Iwako ne répondit pas, n'abandonnant pas non plus son sourire déroutant, visiblement fière de sa mise en scène, et le jeune homme décréta, en son fort intérieur, que les femmes étaient décidément les créatures les plus incompréhensibles de cette galaxie… Ses pensées furent soudain perturbées par des cris gutturaux provenant de l'extérieur: par réflexe, et aussi par inquiétude, Sora courut rapidement à la haute fenêtre au fond du couloir et plaqua ses deux grandes mains sur sa surface colorée, tentant de voir d'où venaient les hurlements de guerre. Quelle ne fut pas sa surprise d'apercevoir Riku et Hayate, en plein milieu du parc de la Tour, échanger de véloces et brutaux coups.

"Ils se battent encore?! s'exclama Sora mi-surpris, mi-désespéré. Mais je croyais qu'ils s'aimaient bien maintenant…"

"C'est amical je te rassure, expliqua Iwako en le rejoignant, sereine. C'est leur manière à eux d'évacuer des émotions, et ils avaient besoin de parler tous les deux... pendant un bon entraînement!"

"Quoi? lâcha Sora quelque peu déçu. Depuis quand Haya et Riku s'entraînent ensemble?"

"Mais ils s'entraînent une fois par jour ensemble depuis des mois, explicita la jeune femme en ouvrant de grands yeux améthystes étonnés. Tu ne le savais pas?"

"Non…" admit l'Élu avec un pincement au coeur.

Quelque peu envieux, le jeune homme se mit à observer ses deux amis sauter, esquiver et se lancer de précis coups de pieds ravageurs dans les derniers rayons rougeoyants du crépuscule, bientôt cachés à sa vue par la pénombre sérotinale. L'espace d'un instant, Sora se remémora son propre entraînement avec la défenseuse, durant lequel il s'était promis de devenir plus fort et plus mature, pour être un jour digne de son amour et de son respect… objectif qu'il n'avait jamais perdu de vue et dont l'un des premiers pas avait été réalisé ce jour-même, avec l'épreuve de courage passée dans le face-à-face avec Kairi. Pourtant, la route menant au coeur de Hayate lui semblait encore terriblement escarpée et lointaine… Broyant du noir, accaparé par de sombres pensées et brusquement démoralisé par l'ampleur de la tâche encore à accomplir, Sora poussa un profond soupir et laissa son front choir inélégamment contre la vitre, le dos voûté et les bras ballants, tandis que ses cheveux en pics s'écrasaient ridiculement contre le verre teinté, à la manière d'une couronne en papier mâché. Le point qu'il ressentait parfois au coeur le reprit et lui noua la gorge d'émotions négatives alors que sa confiance en lui semblait lui tomber dans les talons.

"... Sora… fit la douce voix d'Iwako quelque part sur sa gauche. Tu n'as pas l'air dans ton assiette…"

Soupirant encore une fois, et décidant de rester dans cette position dénuée de toute classe, le jeune homme maugréa pitoyablement:

"C'est Haya… je sais plus quoi faire... "

"Ah." comprit Iwako tout en se tendant à cette annonce.

"J'ai essayé de suivre tes conseils et de pas me décourager, avoua sans gêne le jeune homme, sachant qu'Iwako était toujours une confidente attentive. Mais là… je commence à me dire qu'elle est juste pas intéressée par moi…"

Sora lâcha un rire amer alors que son nez en trompette s'écrasait davantage sur le vitrail et qu'il dévisageait misérablement le corps de Riku.

"... en plus je suis pas vraiment son type…"

"Ne dis pas des choses pareilles… intervint finalement Iwako presque choquée. Il ne faut pas te dénigrer comme ça! Tu es un jeune homme tout à fait… charmant! Et je t'en prie, ne compare pas ton corps à celui de Riku: Riku est un monstre, je ne suis pas sûre qu'il soit totalement humain… Mais là n'est pas la question: la personnalité compte plus que tout selon moi, et je suis convaincue que personne d'autre ne peut…!"

Comme si elle venait d'être giflée, Iwako s'arrêta de parler et pinça ses lèvres pulpeuses, les faisant blanchir. Sora détacha enfin son visage de la vitre (y laissant la trace graisseuse de son passage) et dévisagea sa meilleure amie avec intérêt.

"..ne peut?" répéta-t-il curieux.

La jeune magicienne commença à entortiller une longue mèche bleutée, dont les pointes viraient sur le turquoise. Mal à l'aise, elle lâcha simplement:

"Tu ne devrais pas te poser trop de questions concernant Hayate…"

"Mais je peux pas m'en empêcher! soupira théâtralement Sora. Et tu es la seule à qui je puisse vraiment en parler…"

"C'est…" commença la jeune femme avant de se raviser et tenta de réprimer une terrible grimace, en vain.

Sora la dévisagea un instant, ne pouvant retenir un sourire malgré lui: il trouvait toujours hilarant qu'Iwako fût terriblement mauvaise pour mentir, ou cacher ses émotions, contrairement à Hayate et Riku qui étaient passés maîtres dans l'art de l'imitation de la statue inexpressive. Pour tenter de l'aider à parler, l'Elu de la Keyblade essaya encore:

"Tu penses… que je devrais aller lui dire ce que je ressens… à Haya?"

"C'est pas le meilleur moment malheureusement…" marmonna Iwako, quelque part derrière sa longue frange bleue.

"Pourquoi?" s'enquit franchement Sora en haussant les épaules, simplement surpris par cette réponse évasive.

Cette fois-ci, la magicienne ne répondit pas. Elle baissa subitement la tête et qu'elle ne fut pas l'étonnement de son ami de la voir froncer ses sourcils arqués et serrer ses phalanges de doigts entrelacées devant elle. Sora n'était pas très intelligent, ni très bon en déduction, mais il y avait un domaine dans lequel il était très sensible, et c'était la lecture d'émotions. Or là, ce n'était ni le malaise, ni la gêne, ni même la tristesse qui se peignait sur les traits féminins de sa meilleure amie: c'était de la colère.

"Iwa… s'inquiéta le jeune homme. Est-ce que… tu t'es disputée avec Haya?"

"Non… répondit froidement la jeune femme en fixant toujours une dalle de pierre avec acharnement. C'est toute cette situation qui m'irrite au plus haut point…"

"Quelle situation?"

Un son étrange sortit de derrière les dents serrées de la magicienne… bruit que Sora n'avait jamais entendu provenant d'elle, mais qui ne pouvait être autre chose qu'un grognement de frustration. Arrivée sans doute à son seuil de tolérance, Iwako releva soudain la tête et s'exclama:

"Je suis désolée Sora! Mais je n'ai pas le droit d'en parler. Hayate… ne me le pardonnerai pas."

Serrant à nouveau sa délicate mâchoire de véhémence, elle reprit, en détournant son regard améthyste de celui, océanique, du jeune homme:

"Je ne voulais pas te crier dessus je suis navrée… mais c'est que tous ces secrets, je n'en peux plus! ça me stress! Et c'est à cause d'eux que…"

L'expression faciale de la magicienne se détendit légèrement pour laisser place à une forme de tristesse. Elle fixa enfin Sora en expliquant:

"Je suis sincèrement convaincue que c'est tout ces non-dits qui ont déjà amené la dissension dans notre groupe, entre nous quatre… et je crains que si nous continuons avec ça, cela ne finisse par créer une déchirure, entre nous et cela…"

La jeune femme ramena ses deux paumes contre son coeur avant d'admettre, sa voix chantante tremblant d'émotions:

"... je ne le supporterai pas."

Sora, partageant le même sentiment que sa meilleure amie (se sachant actuellement mis à l'écart d'un secret de taille), et comprenant aussi sa crainte quant à une potentielle brisure dans leur amitié à tous les quatre, s'avança vers elle et posa une grande main réconfortante sur son épaule. Cependant, il n'apprécia guère le regard empli de mélancolie et de compassion qu'elle lui rendit…

"Pourquoi tu me regardes comme ça?" s'inquiéta-t-il.

"Comme quoi?" se reprit Iwako en étalant un long sourire factice sur ses lèvres corail.

"Comme si tu avais pitié de moi." lâcha Sora avec un air blasé.

"Tu te trompes Sora… minauda la jeune femme en chassant une particule imaginaire de sa paupière. J'avais un cil dans l'oeil, c'est tout."

"Tu mens." trancha le jeune homme en croisant ses bras sur son torse, sceptique.

"Mais Oooooh? éclata la magicienne nerveusement en pointant une première étoile apparaissant dans le ciel nocturne. Tu as vu l'heure? Il est temps de rejoindre Riku et Hay- AH!"

Tombant des nues, Sora constata que le corps tout entier d'Iwako était parcouru d'un puissant frisson, tandis qu'elle se penchait légèrement en avant, agrippant fermement son corps frêle de ses deux bras laiteux.

"IWA! paniqua l'Elu de la Keyblade en faisant apparaître Coeur de l'Océan, prêt à jeter le premier sort de Soin indispensable. Qu'est-ce que tu as?!"

D'une main tremblante, la magicienne passa sa paume sous sa frange bleue pour aller cacher un de ses yeux, une expression profondément horrifiée peinte sur le visage.

"C'est… haleta-t-elle difficilement. La Boîte… elle a changé de détenteur…"

"Ce n'est plus Maléfique? comprit Sora en la soutenant par les épaules. Attends?! Mais comment tu peux savoir ça toi?!"

Iwako réprima une dernière grimace avant de se redresser, reprenant bonne figure et prestance. D'un hochement de menton, elle assura à Sora qu'elle allait bien, ce qui lui fit la lâcher. Après une moue boudeuse, qui exprimait un certain malaise de sa part, la jeune femme finit par admettre:

"Je… je n'en parle pas beaucoup c'est vrai… parce qu'en réalité je ne comprends pas vraiment moi-même mais… la Boîte. Elle… m'appelle sans cesse."

Sora leva un sourcil brun interrogateur sur son front, qui disparut sous un brin de cheveux en pics. Une image de la malle gigantesque aux fermoires d'argent lui revint en mémoire… ainsi que les effrayants bruits de battements de coeur qui en provenaient.

"Tu veux dire que cet énorme coffre noir et bizarroïde… est vivant?!"

"Je n'en ai pas la moindre idée… soupira la magicienne en secouant sa tête, faisant virevolter sa belle chevelure tout autour de son visage. Mais... "

Elle aposa une main incertaine sur son buste, avant de murmurer, comme si elle révélait quelque chose d'intime:

"Une partie de moi est attirée par cet objet… comme si… il m'appartenait. Tandis qu'une autre partie de moi en a terriblement peur et souhaite le fuir, plus que tout…"

Sora, sentant la détresse de sa meilleure amie, ouvrit la bouche pour tenter de la rassurer. Néanmoins, ce fut à cet instant précis qu'un grand "POUF" retentissant derrière lui le fit sursauter et il se mordit la langue par accident. Le jeune homme fit volte-face et rencontra les yeux exorbités de Yen Sid, qui le surplombait de toute sa hauteur, mutique. Sora crut discerner un discret sourire de satisfaction amusé se dessiner dans un coin de la bouche du sorcier et il se demanda alors si ce vieil homme ne jouait pas sciemment avec ses nerfs depuis presque trois ans… L'Élu de la Keyblade se plaqua la main contre la bouche, tentant de faire taire la douleur, tout en fixant avec méfiance le maître des lieux se tourner lentement vers Iwako, qui semblait, quant à elle, terriblement apeurée.

"Navré de vous avoir fait peur… s'excusa le vieillard en cachant ses mains dans ses larges manches. Mais je ne m'attendais pas à vous trouver tous les deux encore ici…"

Le sorcier fixa une fois de plus Sora de ses minuscules pupilles et ce dernier déglutit de travers lorsqu'il lui expliqua:

"J'ai à m'entretenir en privé avec Iwako. Sora, je te prierai de nous laisser seuls un moment."

L'Elu de la Keyblade jeta un coup d'oeil à la magicienne et fut peiné de la voir perdre toute couleur, alors qu'elle observait son mentor avec des yeux tremblants d'appréhension. Vu son état, le jeune homme ne pouvait se résoudre à la quitter maintenant.

"Sora… insista Yen Sid calmement. Je ne vais rien lui faire… Je dois simplement aborder un sujet personnel avec elle."

Vaguement soulagé, Sora fronça ses sourcils en V mais s'apprêtait à tourner les talons lorsqu'il sentit soudain les délicats doigts d'Iwako attraper sa main gauche.

"Non."

Ébahi, le jeune homme constata que le visage de la magicienne, bien qu'encore crispé, avait à présent perdu toute peur, laissant place à une confiante assurance. A l'intérieur de ses yeux en amande scintillait un éclat améthyste de fougue, et l'Élu de la Keyblade se demanda un instant sur le si le pétillement dans ses iris ne venaient pas de la puissance de la magie coulant dans ses veines.

"Non, répéta-t-elle en plantant son regard violacé dans les prunelles blanchâtres de Yen Sid. Il peut rester."

Le jeune homme, étonné, baissa les yeux sur la main qu'Iwako serrait à présent plus fortement dans la sienne: il repensa à leur conversation de tantôt et comprit qu'elle désirait partager un secret avec lui. Le coeur réchauffé par cette réalisation, Sora tourna un visage souriant vers sa meilleure amie, lui transmettant par les yeux qu'il acceptait de rester à ses côtés durant cet entretien qui s'annonçait difficile. Spectateur de cette scène de dialogue silencieux, Yen Sid plaça ses mains dans son dos et observa l'interaction de ses deux jeunes élèves, semblant compréhensif. Puis, après avoir fermé ses lourdes paupières quelques secondes et étiré une esquisse de sourire attendri sur son visage ridé, il décréta:

"Fort bien. Je vois que vous avez su tisser de puissants liens de coeur entre vous durant vos pérégrinations. Et j'en suis ravi… Je ne vais donc pas vous retenir longtemps. Cependant je ne peux fermer les yeux plus longtemps... En tant qu'ancien Maître de la Keyblade mais surtout en tant que ton professeur, je me dois de te le dire, Iwako…"

Sora sentit la main de la jeune femme se tendre dans la sienne. Mais son visage paraissait toujours aussi décidé à écouter les remontrances du mage.

"J'ai senti… commença le sorcier avec gravité et lenteur, pesant tous ses mots. Dès l'instant où tu es entrée dans cette édifice hier, que tes pouvoirs et ceux de Riku avaient grandement gagné en puissance… les tiens, en particulier. Et sache qu'il y a quelques instants à peine, le mécanisme de protection magique de ma Tour s'est activé et m'a indiqué ta position exacte…"

Sora, ne comprenant pas exactement où le mage voulait en venir, fronça à nouveau ses sourcils, se demandant quelques instants si le sage venait d'insinuer que sa meilleure amie avait été considérée comme une "ennemie" de la part de son système de défense… Iwako fut plus rapide que lui à poser la question qui l'inquiétait:

"Vous… souffla-t-elle du bout de ses lèvres généreuses. Vous ne voulez plus que je revienne à la Tour Mystérieuse, Maître?"

Yen Sid l'évalua gravement, cependant ses mots furent plus doux que les traits de son faciès:

"En aucune façon… Car ce n'est pas ta personne qui est la cause de cette réaction. Ce n'est pas toi, que j'ai sentie mettre en péril mes protections…"

Sora et Iwako relevèrent d'un même mouvement leurs mentons vers le vieux sorcier, intrigués.

"Iwako… reprit ce dernier en ouvrant dramatiquement une main devant lui, faisant de ce fait briller la poitrine de la jeune femme d'une chaude lueur ocre. J'ai toujours été conscient de ton affinité avec les Ténèbres. Mais j'ai appris, au travers de Riku, qu'elles n'étaient pas forcément à craindre, si elles étaient maîtrisées. Et contrairement à Hayate, qui en est pratiquement incapable, tu as tout de suite été douée dans le maniement des arcanes magiques les plus poussées… En revanche, ce que j'avais toujours trouvé... étrange… venant de ton être... semble se confirmer. Tu dois le sentir également, à présent, je présume?"

Au plus grand étonnement de Sora, qui en exorbita les yeux de surprise, la lueur orangée entourant le buste de la jeune femme se sépara soudainement en deux, prenant deux couleurs distinctes: la première, saphirine, prenant nettement le dessus sur la seconde, améthyste foncée. Iwako, nullement surprise, baissa ses yeux à présent du même éclat que la deuxième teinte et soupira:

"Oui… il y a comme… une deuxième présence en moi. Elle… elle a pris le contrôle de mon corps, lors de notre affrontement contre la Gardienne de la Terre…C'est ce qui m'a fait craindre d'être une Chercheuse des Ténèbres. Mais je me trompais, manifestement..."

Yen Sid coupa son sortilège de détection, qui fit cesser la lueur sur le corps d'Iwako et la jeune femme lâcha enfin la main de Sora pour la porter à sa poitrine. Avec espoir, elle demanda au mage:

"Maître! Savez-vous de quoi il s'agit?"

"Je ne peux en être certain… explicita le sorcier en pesant chacun de ses mots de sa voix chaude. Mais il semble qu'un fragment de ton coeur soit relié à celui… de quelqu'un d'autre. Ou… de quelque chose, d'autre. C'est cette entité qui parvient parfois à agir à travers toi, utilisant tes Ténèbres à la manière des créatures des ombres avec les Entre-Chemins…"

"Mes Ténèbres sont… comprit Iwako en ouvrant de grands yeux surpris. Comme une sorte de… pont? Pour… cette présence?"

"C'est probable, admit le Sage avec réserve. Mais dis-moi… que s'est-il passé, il y a quelques minutes, pour qu'elle s'éveille?"

Voyant sa meilleure amie baisser la tête, honteuse et hésitante, Sora se décida à prendre le relais et continuer à lui dire toute la vérité:

"Elle a senti la Boîte."

Cette simple et courte phrase provoqua un élargissement fantasque des yeux surdimensionnés du vieux sorcier. Toujours aussi estomaqué, il demanda:

"De quelle… boîte… voulez-vous parler?"

"Nous ne vous avions pas prévenu, avoua Sora en serrant les poings le long de son corps tout en baissant humblement la tête. Mais nous avions trouvé un grand coffre aux fermoires argentés dans le monde de Jack… mais il nous a été volé par Maléfique. Puis d'après ce que Iwa a senti juste avant… maintenant il est encore passé à quelqu'un d'autre. On ne sait pas ce que c'est que ce truc, mais Iwa le "sent" et semble liée à lui."

Si Yen Sid avait pu s'asseoir dans son siège de bureau pour se remettre du choc, il l'aurait sans doute fait sans hésitation. Tentant de se reprendre, il se passa lentement la main sur le visage, geste qu'il ne faisait jamais de coutume, et qui prouvait son grand désarroi aux yeux de Sora.

"Maître vous allez bien?" s'inquiéta Iwako en tendant une main rassurante vers lui.

"Cette Boîte… parvint à lâcher le Sage en regardant dans le vague. C'est une relique des temps passés… elle date de bien avant la Guerre des Keyblade… et fait partie de nombreuses légendes. Xehanort et Maléfique la convoitaient déjà, pour des raisons diverses, lorsque nous étions jeunes, et Eraqus connaissait son existence de par sa famille… Le fait que vous l'ayez trouvée si facilement alors que les plus grands chercheurs et magiciens des Mondes n'aient pu mettre la main dessus…"

Yen Sid les fixa tout deux d'un air à la fois sévère et halluciné avant de prononcer la fin de sa réalisation:

"... cela ne peut être qu'un signe du Destin."

Sora se demanda un instant si l'ancien Maître de la Keyblade n'avait pas usé de sa magie en psalmodiant ces derniers mots, car ils vibrèrent en lui comme une voix résonnant dans une caverne. Il sentit Iwako frissonner également à ses côtés. Les deux jeunes gens ne purent ajouter la moindre parole car Yen Sid reprit bientôt, visiblement soucieux:

"Iwako je te le conjure… ne pars pas à la recherche de cet objet maudit. Qu'il soit lié à toi ou non, tu risques de…"

La voix du vieux mage s'éteignit dans sa gorge et Sora, pour la première fois, put apercevoir l'homme qui se cachait derrière son masque de froideur analytique et de placidité apparente: il s'agissait d'un gentil vieillard, véritablement anxieux pour eux mais complètement dépassé par la tournure et l'ampleur que prenaient les événements. Lorsqu'il redressa son visage à la longue barbe grise, Yen Sid posa un regard terriblement mélancolique sur Iwako et ajouta, sur le ton de la confidence:

"J'ai connu une femme… pour laquelle j'avais beaucoup d'estime, qui s'est abandonnée aux Ténèbres et qui s'est perdue elle-même, aveuglée par la recherche insensée du pouvoir de cet artefact… et mon coeur ne peut s'empêcher de craindre qu'il t'arrive le même sort…"

"Maître… souffla Sora en osant briser toute forme de politesse hiérarchique afin de mettre une main empathique sur le bras du vieil homme. On laissera jamais Iwako toute seule face à ses Ténèbres, vous le savez bien…"

"Oui et… ajouta la magicienne en approchant son visage de porcelaine du faciès ridé en face d'elle. Je n'avais pas la moindre intention d'aller chercher cette Boîte, Maître… elle m'effraie bien trop."

Après avoir esquissé une bribe de sourire au-dessus de sa barbe, Yen Sid se redressa difficilement, aidé par ses deux jeunes disciples.

"Vous avez raison… vos coeurs sont puissants, lorsqu'ils résonnent à l'unisson… Mais, pour plus de sécurité…"

Le Sage agrippa la frêle épaule de la magicienne à l'aide d'une de ses grandes main et ajouta, à la manière d'une requête:

"Cela me rassurerait grandement si tu ne t'éloignais pas trop de Hayate… la puissance de la lumière contenue au sein de son coeur influence les Ténèbres du tien… Créant une forme d'équilibre… cela, tu dois le sentir également."

"Oui… admit Iwako avec un sourire rassurant. Ne vous en faites pas, je n'arriverai pas si facilement à me débarrasser de Hayate…"

Assis seul face à un plateau d'échecs déserté par ses pièces, Xehanort l'ancien se lissait lentement la barbe, d'un air méditatif. L'on pouvait apercevoir, dépassant à moitié d'une des larges poches de sa tunique de scientifique, l'épaisse couverture bleue nuit d'un Livre des Prophéties fort abîmé. Les prunelles orangées du vieux Porteur de Keyblade se posèrent bientôt sur une imposante malle entreposée dans un coin de la spacieuse pièce, non loin d'un cristal de Lux tournoyant sur lui-même à l'intérieur d'un anneau doré. Un silence apaisant régnait dans la salle, exception faite d'un puissant tic tac chanté par une grande pendule accrochée au-dessus de la porte principale.

Un bruit de vortex sourd, caractéristique de l'ouverture d'un portail obscure, retentit soudain derrière Xehanort, qui ne bougea pas d'une pouce, alors que la silhouette reconnaissable de Braig apparaissait à ses côtés.

"Alors le vioque, déjà de retour?"

Comme attiré par sa force mystérieuse, le Chercheur tourna brusquement son visage balafré vers le coffre que fixait toujours son maître et, l'espace d'un fugace instant, son unique oeil ambré brilla d'une intense passion. Puis il se ressaisit, se passa une main sur le haut du crâne pour lisser ses cheveux bi-colore, et poussa un sifflement strident:

"Bah chapeau! T'as enfin réussi à mettre tes mains sur ce truc! Et je suppose que t'as aussi réglé son compte à la vieille bique?"

Xehanort ne jugea pas nécessaire de répondre. Il tourna néanmoins son regard acéré vers son apprenti et le jaugea un instant, comme hésitant à le châtier pour son manque de respect... Braig, nullement effrayé, alla jusqu'à la Boîte et en fit le tour, l'examinant tout en usant de mimiques qui semblaient exagérées. Finalement, il posa ses mains sur ses hanches et demanda, l'air de rien:

"Et alors? Tu vas en faire quoi maintenant?"

Les yeux jaunâtres de Xehanort se déplacèrent dans leurs orbites pour aller se poser sur une Keyblade grisâtre, décorée d'une tête de Bouc, fixée au mur au-dessus du Chercheur de Ténèbres. Ce dernier suivit le regard de celui dont il possédait un fragment de coeur et s'exclama alors, faussement excité:

"Ooooouh... tu vas l'ouvrir?"

Enfin, Xehanort poussa un profond soupir et se décida à répondre, tout en se relevant péniblement:

"Personne ne le peut."

Braig abaissa ses épaules de déception et bougonna, d'une voix fatiguée:

"Laisse-moi deviner… c'est encore une histoire de clé, c'est ça?"

"Oui…" admit le vieux scientifique tout en levant une main devant lui, qui se mit à grésiller.

Alors que l'Inommée apparaissait dans de petits éclairs de Ténèbres bleutés dans la paume de son maître, Braig haussa les épaules tout en râlant:

"Je vois le genre… Môssieur sait très bien de quelle clé il s'agit mais ne veut pas partager l'info avec son gentil toutou? Ca commence à bien faire tu sais. Depuis le temps qu'on se connaît… tu veux pas changer de rengaine? Après tout, j'étais déjà de ton côté quand ce sale gosse de Te…"

Braig laissa ses mots en suspens et Xehanort, croyant à un nouveau tour de sa part, ne réagit pas tout de suite. Néanmoins, lorsqu'il nota que plus aucun bruit ne se faisait entendre dans la salle, pas même le son de l'horloge, il tenta de faire un pas devant lui, voulant vérifier sa théorie: se rendant compte qu'il ne pouvait plus se mouvoir et que ses craintes étaient fondées, il ferma lourdement ses paupières sur ses yeux, une des seules parties de son corps encore movible. Lorsqu'il les rouvrit, une jeune femme, elle aussi vêtue d'une blouse de scientifique, se tenait devant lui et le foudroyait de ses yeux argentés.

"Kros… parvint à articuler Xehanort, pris dans son piège temporel. Que me vaut le plaisir de ta visite?"

"Misérable vermine… vomit derechef la Gardienne du Temps en lui jetant un regard empli de haine. Quand cesseras-tu donc de contrecarrer le moindre de mes plans?"

Elle fit volte-face d'un mouvement colérique, ce qui fit claquer son manteau blanc, et se dirigea vers la Boîte, ignorant tout à fait la présence de Braig, bouche ouverte, figé en pleine tirade et ressemblant à la statue d'une parodie d'acteur dramatique. Profitant de l'inattention de la Gardienne, Xehanort activa le contre-sort qu'il avait chargé durant ce laps de temps: l'oeil turquoise emprisonné dans le manche de sa Keyblade se mit à vibrer dans son socle, propageant également quelques ondulations magiques dans l'air tout autour de son Porteur. La pendule dorée au-dessus de la porte émit un faible "tic" et Enna Kros se retourna, le visage horrifié:

"...Quoi?!"

Bien que le faciès en sueur à cause de la dépense d'énergie astrale, Xehanort se redressa soudainement tout en levant la Scrutatrice devant lui, brisant en centaines d'éclats la bulle temporelle qui le retenait prisonnier. D'un oeil mauvais, il menaçait la femme en face de lui de la pointe de sa lame, nullement apeuré.

"NON! rugit Kros en levant un bras vengeur au-dessus de sa tête, prête à asséner une redoutable attaque au visage de son opposant. Cela, je ne te le permettrai PAS, INSOLENT!"

Une effroyable détonation assourdit Xehanort et lui projeta au visage une quantité ahurissante de gravats et de poussière de plâtre. Il ne put retenir une quinte de toux caverneuse et dut se protéger la bouche d'un revers de main. Néanmoins, lorsque le nuage blanchâtre se dissipa devant lui, il ne put retenir un sourire moqueur s'allonger sur son visage diabolique: Enna Kros avait détruit la quasi totalité du sol devant lui, dont les derniers morceaux gravitaient à présent autour d'elle, tels les satellites d'une lune. Xehanort, quant à lui, se tenait sur le dernier îlot de dallage, qui surplombait le vide en-dessous de lui, laissant apercevoir à son rescapé l'étendue de l'eau qui clapotait calmement à des centaines de mètres sous ses pieds. Après avoir observé le bras de Kros, toujours en l'air mais comme retenu par une main invisible, ainsi que l'expression faciale de profonde frustration de la jeune femme, le vieux scientifique ne put retenir un ricanement de mépris:

"Me croyais-tu assez stupide pour attaquer une Gardienne? Je connais certaines de vos règles… et je sais pertinemment que vous ne pouvez pas tuer de mortels…"

Kros le fusilla du regard, puis abaissa finalement sa main tout en tirant sur le gant qui la recouvrait, pour le ré-ajuster, dans un geste agacé.

"... je suppose… reprit Xehanort en abaissant sa Keyblade. Que c'est pour cela que tu as choisi ces quatre porteurs, n'est-ce pas? Tu en as fait tes élus… et tu leur a demandé de m'éliminer, je me trompe?"

Enna leva fièrement le menton, ce qui déroula sa belle chevelure de marbre tout autour de son visage altier. Elle refusa de lui répondre, se contentant de le dévisager avec condescendance.

"Où as-tu été les dénicher? reprit le vieillard de sa voix rauque, intrigué. Dans quel monde? A quelle époque? A moins que …"

Les iris démentiels de Xehanort brillèrent un instant d'une lueur malsaine avant qu'il n'ajoute:

"... à moins qu'elles ne soient une de tes créations, instruments de ta vengeance à mon égard?"

Kros haussa un sourcil courroucé avant de faire à nouveau un pas vers l'immense coffre aux fermoires d'argent. Xehanort claqua alors des doigts et le fit disparaître soudain, comme avalé par une faille temporelle. A nouveau, l'oeil sur la Scrutatrice se mit à frémir. Devant tant d'insolence, Kros serra les poings et tourna un visage convulsé par la rage en sa direction, des larmes de profonde ire embuant même les bords de ses yeux acérés:

"Comment oses-tu te servir de cette clé contre MOI?"

"Son dernier Porteur n'en avait visiblement plus utilité lorsqu'il a décidé de s'en débarrasser... "lâcha Xehanort.

"Tu n'es qu'un misérable voleur, et un profanateur… fulmina Kros. Cette Keyblade et la Boîte sont des artefacts SACRÉS! Tu n'as pas le droit de les posséder, tu n'as jamais été désigné!"

"Et tu as choisi ces gamins parce que tu les trouvais plus méritants que moi? Plus intelligents? Plus puissants?"

Le Maître des Chercheurs lâcha un rire qui résonna, caverneux, sur les murs encore entiers de la salle brisée avant qu'il ne reprenne, hilare:

"Combien de fois ont-ils failli y laisser la vie? Combien de fois ont-ils provoqué un désastre par leurs actes? Et ont-ils déjà réussi à mettre la main sur un seul gardien de Lumière? Tes pions sont pitoyables, Kros. Je pourrai les briser d'un claquement de doigts…"

Xehanort fixa la femme en face de lui, une démence colérique dansant dans son regard, et il grogna avec fiel:

"Vous, les Gardiens… vous jouez avec le destin des mortels comme des enfants gâtés avec de pauvres sauterelles… Tout ce qu'il se passe actuellement, je sais que c'est de votre f…!?"

Xehanort porta brusquement sa main à sa bouche, qui refusait obstinément de s'ouvrir à nouveau. Kros avait encore sa délicate main ouverte à côté de son visage, un sourire profondément satisfait affiché sur ses lèvres rouges:

"Je ne peux peut-être pas te tuer, blasphémateur, mais je peux tout de même te faire regretter tes paroles... "

Enna disparut puis se retrouva presque simultanément à quelques centimètres du visage ridé et effaré du Chercheur, le dévisageant avec un mélange de sensualité et de sadisme:

"Essaie encore une fois de remonter dans le temps, et je t'enverrai ma Liche pour t'arracher le coeur… règle divine, ou pas."

La Gardienne du Temps se volatilisa alors subitement, faisant éclater la pendule de la pièce qui tomba au sol dans un assourdissant fracas métallique, répandant les rouages de ses entrailles tout autour de Xehanort qui, à genoux, tentait de calmer son souffle paniqué tout en se tenant la gorge, terrifié.

A quoi est relié le coeur de Iwako?
Yen Sid a-t-il raison d'avoir peur de la Boîte?
Et Xehanort a-t-il vu juste concernant l'origine des filles?
Les mystères semblent s'épaissir et pourtant, les réponses feront bientôt surface...