Suite et fin du défi de Riku!
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En avance!
Parce qu'à nos yeux, il se passait vraiment pas grand chose dans le dernier chapitre donc... on poste déjà celui-ci et faudra attendre une bonne semaine et demi pour le début de Sora.
Dans le dernier chapitre: Riku, en prise avec les spectres de son passé, est en train d'affronter son pire ennemi: lui-même.

Surgirent alors de l'obscurité alentours, apparaissant dans une ruelle sombre et mal éclairée ou sortant d'un portail de ténèbres dans un bruit sourd… les quatre autres versions de Riku issues de ses souvenirs déjà visités. Et, tels les spectres de sa culpabilité venant inlassablement le tourmenter, ils se mirent à le narguer de leurs sourires narquois et de leurs regards hautains.

Riku se redressa, hésitant visiblement à faire apparaître sa Keyblade, et lâcha entre ses dents, irrité:

"Je ne comprends pas… "

D'un geste las, il farfouilla dans la poche liée par une lanière à sa cuisse et en sortit la carte du Mat qu'il regarda comme une parfaite traîtresse.

"Je sais que je dois "perdre" quelque chose… mais je ne sais pas quoi faire contre ses visions…ou alors…?"

Sans crier gare, l'un de ses homologues fondit sur lui, Point du Jour brandie au-dessus de sa tête, en signe d'attaque. Riku aux cheveux courts (c'est comme cela que Sora parvenait le plus rapidement à le discerner des autres) ne tenta pas même une parade et se contenta de… se téléporter. C'est du moins comme cela que l'Elu de la Keyblade comprit son déplacement rapide sur la gauche, sorte d'esquive ombrageuse sur le côté.

"Tu fuis sale lâche? intervint le Riku du Manoir Oblivion en lui envoyant une sphère obscure en pleine figure, que Riku dévia à l'aide de Garde du Maître. Je te l'avais dit, non? De nous deux, c'est moi, la meilleure version…"

"Ne pas les combattre ne semble pas être la bonne solution… en conclut Riku à voix haute, tout en parant un coup de pied en traître venant de sa version portant une jupe. Très bien alors…"

Agrippant le manche de l'arme d'Eraqus entre ses deux poings fermes, Riku du présent en planta la pointe dans le béton sombre devant lui, ce qui déclencha un violent tremblement de terre qui déstabilisa toutes ses copies diaboliques l'espace d'un instant. Le jeune Maître profita de cette accalmie pour effectuer un puissant tranché en l'air, devant lui, qui projeta une lame de lumière en direction de ses homonculi les plus proches. Ceux-ci reculèrent d'un bon mètre devant leur élément contraire et, satisfait, Riku se redressa et jaugea d'un regard sûr.

"C'est tout ce que tu sais faire?" se moqua sa version des Îles du Destin en se redressant, sans la moindre blessure apparente.

"Tu te refuses à utiliser les Ténèbres c'est ça? ironisa le Ansem en manteau noir. Pourtant tu sais que tu es moins puissant sans elles…"

Sans la moindre pitié, les cinq Riku fondirent sur leur héritier futur, enchaînant attaques fourbes, magie surpuissante et lasers chaotiques en tout genre. Sora fut impressionné par la capacité d'esquive et de riposte de son meilleur ami, qui ne se fit pas toucher plus de cinq ou sept fois malgré le nombre clairement désavantageux de ses adversaires… peut-être parce qu'il connaissait toutes leurs stratégies, les pratiquant (ou les ayant pratiqué) lui-même? L'admiration de l'Elu se mua pourtant bien vite en crainte lorsqu'il remarqua que le jeune Maître reculait toujours plus sous les assauts conjoints des illusions mémorielles, sa joue finissant même par subir un tranché net d'une fausse Point du Jour, ce qui la fit abondamment saigner.

"Ce n'est pas normal…" intervint la voix paniquée d'Iwako derrière sa vitre en forme de pétale.

"Ce ne sont que des hallucinations, la rassura Hayate. La douleur est présente, mais les blessures sont tout aussi factices que les personnes qui nous les infligent…"

"Non… infirma la magicienne en baissant le ton. Ce défi n'est pas comme les deux autres… je sens que quelque chose cloche… mais je n'arrive pas à dire quoi."

"L'épreuve de Riku bug? résuma Sora à sa manière, outré. Y a moyen de le signaler à Eraqus vous pensez?"

"Je vais essayer!" décida Iwako avant de se plonger dans une sorte de mutisme, sans doute une forme de transe magique.

Une bonne minute passa, durant laquelle Riku subit encore divers coups et blessures. Puis la voix frustrée de la magicienne éclata:

"Rien!"

"Que fait-on alors?" s'enquit Hayate, qui s'impatientait visiblement.

"Si quelqu'un est en train de tricher pour le faire perdre… affirma la voix agacée d'Iwako. Alors je ne vois pas pourquoi je me retiendrai…"

Sous le regard admiratif de Sora, l'Eclaireuse commença bientôt à générer des vagues de flux magique. Les ondes de choc quasi invisibles se propagèrent, tels des ronds dans l'eau, tout autour de Riku, créant un bouclier protecteur qui tint enfin à distance tous les assaillants qui ne laissaient pas une minute de répit au jeune Maître de la Keyblade. Ce dernier, baissant subitement le regard sur son bijou protecteur, souffla avec un timide sourire de gratitude:

"Iwako…"

"Tu as réussi à briser la règle de Manoir Oblivion! s'étouffa Hayate. On n'est pas sensé pouvoir aider les autres dans leurs défis!"

"Je ne tiendrai pas longtemps cela dit…" grinça la voix de la magicienne en plein effort.

"Riku! appela Sora en rencontrant les yeux turquoise de son gargantuesque ami, qui les entendait à nouveau. La carte! Il y a forcément un indice avec! Les filles ont compris quoi faire en la relisant!"

Le jeune homme aux courts cheveux argentés parcourut à nouveau la carte du regard, et maugréa, presque colérique:

"Mais comment "perdre" mon passé? ça n'a aucun sens!"

"Précisément... "

C'était la voix mielleuse d'Ansem. Le Sans-Cœur avait réussi à briser le sort de protection d'Iwako et flottait paisiblement devant Riku, le dévorant de ses yeux jaunes démentiels, ce qui ne rappela que trop à Sora leur dernier face-à-face à Zootopia…

"..tu ne peux pas t'en débarrasser. Ton passé fait partie de toi, tout comme tes Ténèbres…"

Les dents serrées par la colère, le jeune Maître de la Keyblade recula d'un pas devant son némésis, et cause actuelle du fragment de Xehanort dans son cœur. Le Sans-Cœur lui sourit, tout en claquant des doigts… alors que les cinq autres versions de Riku restaient impassibles, telles des gardiens assoupis, le décor changea encore une fois tout autour d'eux, abandonnant la noirceur lunaire et urbaine d'Illusiopolis pour se muer en la chaude et tropicale lumière estivale de l'Ile de la Destinée. Un nouveau Riku se découpa dans le paysage, se relevant devant un tas de bois (sans doute une échelle) en pleine construction. Derrière lui, un lourd massif de plantes grasses décorait une jolie cascade d'eau fraîche et grimpait le long d'un gigantesque palmier, au sommet duquel Sora ne se souvenait que trop bien de leur nuit passée à dormir dans une cabane. Le Riku actuel était bien plus jeune que les derniers...peut-être avait-il sept ou huit ans… et il semblait regarder avec amertume quelque chose sur la plage, devant lui. Sora fit pivoter son regard et nota avec une pointe de remords sa propre vision miniature en train de rire et jouer avec d'autres enfants, sans doute Wakka, Tidus et Selphie, alors que son meilleur ami restait seul, à l'écart, semblait-il volontairement. Cela s'était-il vraiment passé comme cela? L'Elu de la Keyblade n'avait pas souvenir d'avoir ignoré son ami de la sorte pourtant… à moins que…? qu'il ne l'ait pas remarqué à cause de son jeune âge?

En proie à de mornes doutes, Sora remarqua alors qu'une autre enfant, à la robe blanche et aux cheveux de feu, venait de se joindre à leur joyeuse bande. Kairi, comprit-il immédiatement. Derrière elle vinrent conjointement deux adultes, grandes figures détonantes et sombres se détachant de manière contrastée dans ce souvenir d'enfance insouciant. L'un des intrus sur leur îlot secret, une femme magnifique aux soyeux cheveux argentés emprisonnés en un chignon strict, posa de jolis yeux noisette sur Kairi en la hélant d'une voix chantante:

"Ma chérie? Non, reviens trésor. Nous n'allons pas rester. Et ne touche pas cela voyons, tu risques de te faire mal."

Le petit garçon qu'était Riku assistait, de même que son homologue adulte, à la scène familiale en serrant ses poings. Une claire frustration émanait du regard turquoise de l'enfant à présent.

Ce fut alors que la deuxième silhouette, s'avérant être celle du maire en personne, vint se placer de toute sa hauteur droit devant le petit Riku, comme l'écrasant par l'ombre de sa carrure militaire. Sora discerna rapidement des yeux aux mêmes éclats turquoise se braquer sur son meilleur ami avant qu'une voix, dure, sèche et sévère, ne s'élève en résonnant de par sa puissance dans les brides du souvenir:

"Que fais-tu encore avec ces garnements? Je te l'ai déjà répété cent fois: ces sont de terribles fréquentations indignes de ton rang. Tu vas tout de suite arrêter ces enfantillages et revenir sur la côte avec nous: ton cours de piano va bientôt commencer."

"Père… tenta une petite voix frêle. Kairi a eu le droit de jouer un peu avec Sora ce matin, alors pourquoi je n'aurais pas le droit moi aussi? Juste de temps en temps?"

"Je n'ai pas à me justifier auprès de toi, trancha sans compassion l'homme en levant une main noire de menaces à l'encontre de son fils. Nous rentrons."

Le garçonnet aux cheveux d'argent écarquilla ses grands yeux cyan de peur alors que la puissante poigne du maire se refermait sur son petit bras et, tandis qu'il le tirait à sa suite en direction des barques qui les ramèneraient sur la terre ferme, le petit Riku tirait sur son épaule en sens inverse, désespérément. Ses yeux turquoise emplis de larmes, il tourna brusquement sa tête en direction de l'amas de végétation à côté de la cascade où l'entrée d'une grotte s'y dessinait indistinctement…

"Tu le sais très bien Riku… recommença la voix d'Ansem tout en apparaissant dans le songe enfoui tel un cauchemar flottant. J'attends juste le bon moment. Ce moment où tu ouvriras totalement ton cœur aux Ténèbres et que tu te laisseras submerger par elles… Et comme à l'époque, quand tu as ouvert la porte de ton monde et que tu l'as DÉTRUIT par cet acte, je pourrai à nouveau m'emparer de ton corps…"

"Oh Riku…" souffla Iwako avec empathie, tandis que Sora sentait son cœur se serrer à la vue des souvenirs de l'enfance malheureuse de son meilleur ami.

L'Elu de la Keyblade, peiné, tourna son attention sur le vrai Riku, pensant le voir totalement ravagé par la colère envers lui-même, ou envers le Sans-Cœur de leur pire ennemi qui ruinait sa vie depuis tant d'années déjà. Mais contre toute attente, le jeune homme de dix-neuf ans avait totalement ignoré les remarques du Chercheur et observait, comme hypnotisé, son lui-passé être traîné de force par son père, tentant inutilement de planter ses talons dans le sable de la plage pour l'en empêcher.

"Ce n'est qu'un gamin…" souffla le jeune homme pour lui-même.

"Que dis-tu?" intervint Ansem, perplexe.

"Je n'étais qu'un gamin… répéta Riku en souriant de travers alors qu'il cachait son visage d'une main honteuse. Toutes les décisions stupides que j'aie pues prendre, tous les mensonges que j'ai pu avaler… c'est juste parce que j'étais un gosse. Un gosse qui souffrait de sa solitude, et de se faire systématiquement étouffer par une pseudo-famille…"

Sous le regard effrayé et ambré d'Ansem cette fois-ci, Riku ressortit la carte du Mat de son pantalon et la relut en souriant tristement.

"Ma culpabilité… c'est elle, qu'il faut que je perde pour avancer…"

Tandis que le souvenir d'enfance commençait à s'effacer, s'effritant tout autour d'eux tels des grains de sable soufflés par une brise marine, et que le maire, sa femme, et ses deux enfants s'éloignaient sur des barques de bois, Riku posa sur lui-même un regard profondément doux et presque paternel en soufflant d'une voix sereine, comme réchauffée par un profond sentiment de soulagement:

"Je te pardonne…"

A peine eut-il prononcé ces mots que de titanesques murailles jaillirent du sol tout autour du jeune homme, érigeant en l'accéléré, à la manière de ruines se ré-assemblant à l'inverse de la course du temps, une impressionnante salle des trônes. Au centre de celle-ci reposait une magnifique table ronde de marbre, incrustée de divers pierreries, et entourées de cinq chaises taillées dans du chêne brut.

"Vous avez vu? intervint Hayate à l'adresse de Sora et Iwako. Il y a un dessin au centre de la table…"

En effet, Sora y nota alors une intrigante représentation d'un être humain, épurée et éthérée, qui était figurée en position du lotus, à la frontière exacte d'un ciel nocturne et d'une journée ensoleillée, à la manière d'un Yang et d'un Yin. Comme mû par un quelconque instinct, Riku alla vers la table ronde, prit appui sur elle, et y grimpa d'un bond leste, afin d'aller s'asseoir au centre exact du dessin. Une fois en tailleur, le jeune homme ferma ses paupières et se laissa tomber, aux yeux de Sora, dans une sorte de repos méditatif. Iwako, toujours enfermée dans le verre de l'Eclaireuse, lâcha un petit soupir étonné lorsque les cinq Riku maléfiques se transfigurèrent, dans un éblouissant flash lumineux, en cinq hommes et femmes vêtues de longues toges colorées. Le jeune Maître rouvrit lentement ses yeux turquoise brillant pour les poser sur les cinq inconnus… chacun d'entre eux portaient sur le haut du crâne ainsi que sur les épaules, une épaisse capeline décorée de divers motifs dorés et cristaux tintant à chaque mouvement. Leurs visages, et donc leur identité, demeuraient un mystère néanmoins: en effet, des masques d'animaux recouvraient leurs traits, ne laissant en tout et pour tout dépasser que leurs lèvres.

"Qui êtes-vous?" demanda Riku, intrigué.

"Tes précurseurs, répondit un homme à l'impressionnant masque de Licorne. Nous sommes ici pour te transmettre notre héritage…"

Ses quatre confrères et consœurs vinrent se placer devant le jeune Maître de la Keyblade qui, sur ses gardes, avait quitté sa position assise pour s'accroupir sur la table. Aux côtés de Sora, la voix étranglée d'Hayate souffla, avec un profond respect:

"Ce sont… les premiers Maîtres de la Keyblade…les Cinq Prophètes..."

"En tant que dernier Maître de la Keyblade à avoir franchi les portes de cette citadelle, reprit l'homme qui paraissait être le chef à l'adresse de Riku. Tu as su te montrer digne de ce titre. Néanmoins, prends garde à toujours maîtriser tes passions…"

"Ta jalousie…" cita une jeune femme au masque de serpent.

"Ton avarice", continua une jeune fille déguisée en renarde.

"Ta paresse", assura un homme ours à la puissante carrure.

"Ta gourmandise…" siffla un jeune homme derrière son museau de léopard.

"Et surtout ta colère", termina l'homme au masque de créature mythologique. C'est par la maîtrise de tes émotions que tu parviendras à garder l'équilibre entre Lumen, et Umbra. C'est uniquement ta peur, qui peut te mener à un échec."

"Et prends garde, intervint la fille renarde. Car il y a beaucoup de peur en toi."

"Or la peur est le chemin qui mène aux Ténèbres…" menaça le garçon léopard.

"Et la peur mène irrémédiablement à la colère…" expliqua l'homme ursidé.

"La colère mène à la haine", continua la femme serpent.

"Et enfin la haine… termina tristement l'homme licorne. Mène à la souffrance…."

Il fit une pause. La carte du Mat s'éleva soudain de la poche de Riku et alla flotter dans la grande paume noblement ouverte du leader des anciens Maîtres du Passé. Elle brilla d'une intense lumière blanche, changeant son aspect. L'homme la rendit à Riku, qui l'attrapa en vol et la lut à voix haute:

"N°11. La Force. Volonté. Courage. Détermination. Maîtrise."

"Voici la lumière du passé, reprit encore l'homme au masque équestre. Ainsi que notre sagesse… qu'elles te donnent la Force, de ne jamais céder face au désespoir."

"Que ton Cœur, soit la Clé qui te guide, jeune Maître" récitèrent en chœur les cinq prophètes.

Puis ils disparurent doucement tels des mirages d'un autre temps, chimères égarées au cœur d'un palais d'illusions, dont les murs sans âme réapparaissaient déjà tout autour de Riku, Sora, Iwako et Hayate...

L'étrange épreuve de Riku est terminée mais engendre plusieurs questions...
Qui était en train de "tricher"?
Et que signifiait la "fin" de son défi?

Et petite question bonus:
A quel jeu vidéo PS2 le titre du chapitre fait-il référence? XD