C'est au tour de Sora de passer à travers son propre défi du Manoir Oblivion!
Ses souvenirs, on les connait tous... mais lesquels vont être choisis pour le pousser à bout?
Et quelle est la peur ou le défaut qu'il devra perdre?
Les quatre héros de la Keyblade, humainement tous de retour au centre d'un long couloir blanc plâtre du Manoir Oblivion, s'observèrent un instant sans dire mots, perplexes quant à la scène qu'ils venaient de contempler et qui leur semblait tout à la fois irréelle, et profondément solennelle.
"...Comment? finit par lâcher Hayate, déroutée, en se tournant vers Iwako. Les Oracles étaient-ils une partie du défi ou… étaient-ce des fantômes, eux aussi?"
"Je… hésita la magicienne en posant une main délicate sur son bustier. J'ignore réellement ce que nous venons de voir, pour être honnête."
"Ils ont précisé… se remémorra Riku en rangeant sa carte dans sa poche, et qui représentait maintenant un guerrier chevauchant un puissant cheval à six pattes. Que j'étais le dernier Maître à avoir franchi les portes de la citadelle... mais parlaient-ils du Manoir Oblivion? Ou… de son passé?"
"J'en sais absolument rien… admit Sora sans réserve. Mais une chose est sûre… c'était BEAUCOUP trop COOL!"
Prenant son meilleur ami par surprise, l'Elu de la Keyblade se jeta brutalement sur lui pour lui imposer une puissante étreinte amicale.
"Mais lâche-moi!" se plaignit Riku en se débattant vivement afin de ne pas perdre l'équilibre, sous le regard amusé d'Hayate et celui, attendri, d'Iwako.
Sora croisa soudain le regard turquoise électrique de son meilleur ami et, redevenant brusquement calme, le dévisagea sans retenue. Le jeune Maître de la Keyblade tira sa nuque en arrière pour tenter de mettre le plus de distance possible avec le visage du jeune homme brun et grommela, les paupières plissées dans une mimique fatiguée:
"Tes changements d'humeur subites sont un peu flippants, tu sais…"
"Riku…?" lâcha enfin Sora en se reculant pour libérer son ami, tout en pointant sa joue d'un grand doigt à demi ganté.
Le jeune homme aux cheveux argentés fronça ses sourcils puis se décida à se passer l'index et le majeur à l'endroit qu'indiquait Sora. Lorsque le jeune homme plaça sa main devant lui et nota le sang sur ses phalanges, il ne put s'empêcher d'ouvrir de grands yeux étonnés. Oui, Sora n'était pas fou: Riku avait bel et bien une belle blessure qui lui traversait la joue.
"Iwako avait raison, affirma Hayate en jetant un flacon de potion au jeune Maître qui l'avala d'une traite, faisant immédiatement disparaître l'entaille. Ce défi a été truqué par une entité extérieure. Et cette entité a réellement attaqué Riku."
"Donc on n'est pas seuls dans le Manoir? osa demander Sora en jetant des regards inquiets tout autour d'eux. Enfin, je veux dire à part Eraqus... mais il compte pas vraiment vu que c'est un fantôme…"
Comme Iwako ne répondait pas et fixait la prochaine porte jaune auréolin sous ses sourcils arqués, Riku se permit de lui demander:
"Tu sens encore cette présence?"
La magicienne, sans doute trop concentrée sur la traque de sa proie invisible, ne répondit pas et se contenta de lever un gracieux bras laiteux devant elle, en direction de la prochaine salle d'épreuves. Tandis que les pointes bleu ciel de ses longs cheveux marin caressaient ses cuisses à cause d'un vent magique émanant d'elle-même, le bout de ses ongles se mit à luire d'une aura chaleureuse… au même instant, les contours du corps de Riku s'enflammèrent soudain d'une sombre aura violacée et menaçante. Alors que Sora déglutissait bruyamment de malaise, Hayate, sans la moindre expression faciale, fit immédiatement un pas de côté pour s'éloigner du jeune homme irradiant les Ténèbres.
"Tu étais vraiment obligée de faire ça devant tout le monde…?" soupira misérablement Riku à l'adresse d'Iwako.
La magicienne détourna son attention de la porte, restée incolore, et posa un regard allarmé sur le corps du jeune Maître, qui affichait toujours de manière fort voyante son identité secrète. D'un vif coup de poignet, Iwako désactiva le sort de détection tout en s'excusant, terriblement gênée:
"Oh désolée! ce n'était pas pour toi! je voulais juste m'assurer qu'il ne nous attendait pas au prochain défi!"
"C'est dommage, siffla Hayate ironique en tirant négligemment sur la manche de la veste de Riku. C'était charmant cette couleur. Ça réhaussait ton teint blafard…"
Sora ne put s'empêcher de pouffer de rire face à la remarque de la défenseuse et Riku lui jeta un coup d'oeil incertain. Enfin, son meilleur ami se détendit en voyant le sourire d'Hayate et le malaise d'Iwako et, comprenant sans doute que ses trois amis se fichaient pas mal de ce qu'ils venaient de voir (car étant déjà au courant), il esquissa un rapide sourire sur ses lèvres rose bisque et dit à la magicienne:
"T'en fais pas. Au moins on sait que ça va pas recommencer à la prochaine épreuve. Merci d'avoir vérifié."
La jeune femme aux yeux améthyste se calma et rendit un sourire pulpeux et rassuré au jeune Maître de la Keyblade, qui détourna directement le regard. Sans doute de gêne, comprit Sora, amusé par la timidité de son meilleur ami.
"Mais donc tu as vraiment senti un Chercheur durant le défi de Riku?" voulut savoir, sérieuse, Hayate en dévisageant sa meilleure amie.
"Je n'en suis pas sûre… admit Iwako triturant nerveusement une mèche bleue. Mais son aura y ressemblait fortement… après, j'ai peut-être été… perturbée… par celle de Riku."
"C'est vrai que Riku est perturbant…" plaisanta à son tour Sora en lançant un clin d'oeil à la magicienne.
Riku ouvrait la bouche pour rétorquer quelque chose de cinglant quand une vive douleur aux tempes fit pousser un petit cri de surprise à Sora. Tout en serrant ses dents, il attrapa soudain sa tête entre ses deux mains gantées et ferma les yeux: entraient comme en cascade dans sa mémoire, des scènes rapides, chaotiques et violentes… un combat. Sora se revit briser une quantité impressionnante de cartes dans sa paume alors que son puissant adversaire, un homme musculeux à la foisonnante chevelure de roses, lui jetait une gigantesque faucille en pleine figure. Sora se souvint essayer d'atteindre le mur opposé, dans le dos de son assaillant. Quelqu'un y était attaché par de larges tiges de rosiers… mais qui?
Sora rouvrit soudain ses yeux océan, à l'instant même où le souvenir du corps noirâtre de son ennemi se dématérialisait dans son esprit.
"Ca va?" s'inquiètèrent de concert Riku et Hayate en allant à lui.
"Ce sont ses souvenirs du Manoir Oblivion qui ressurgissent à chaque nouveau palier que l'on franchit…expliqua sereinement Iwako tout en posant un ongle contre sa propre tempe. C'est comme si le sceau sur sa mémoire se brisait petit à petit."
"Alors t'es en train de tout récupérer… saisit Riku tout en se redressant, sceptique. Naminé m'avait pourtant présenté ton oubli comme quelque chose d'irréversible…de quoi tu te rappelles?"
"Marluxia… lâcha Sora en baissant tristement les yeux sur ses paumes ouvertes. C'est moi qui l'ai tué ici… c'est de ça que Lauriam voulait se venger, dans le monde de Raiponce… "
Comprenant enfin qu'il était, en quelque sorte, la cause des souffrances de la défenseuse, Sora ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil douloureux en direction de Hayate. Puis il tourna son regard vers la porte au fond du couloir blanc, marquée d'un grand 4 en son centre.
"Bon, décida l'Elu de la Keyblade en gravissant les trois marches l'y menant. Terminons ça le plus vite possible."
D'un geste qu'il lui semblait à présent se remémorer, le jeune homme leva le bras devant son visage alors qu'une rafale magique soulevait sa veste noire en tous sens. Une carte apparut dans sa main à demi-fermée. Y était dessiné une sorte de long train noir flottant sur des rails invisibles et dont la locomotive possédait un dérangeant et morbide visage fantômatique.
"N°7, lut-il à voix haute. Le Chariot. Précipitation, responsabilités, solitude...échec".
A l'énonciation du dernier mot, et alors que la cloison s'ouvrait dans un grand flash lumineux devant lui, l'Elu de la Keyblade fut pris d'une hésitation et reposa le grand pied qu'il s'apprêtait à mettre devant lui. Contemplant la carte avec incertitude, il sentit soudain la main de Riku agripper fermement son épaule.
"C'est juste des mots écrits sur une carte pourrie dans un manoir bizarre, le rassura-t-il en langage Sora. C'est pas le Livre des Prophéties."
"Oui et on a tous réussi jusque là", renchérit Iwako en lui souriant.
"Même Riku", plaisanta Hayate en levant les bras au ciel, l'air incrédule.
"Comment ça même Riku? répéta l'accusé en foudroyant la défenseuse du regard.
Sora reprit un peu confiance en lui et sourit chaleureusement à ses trois amis, avant de prendre une grande inspiration et de passer le seuil de la salle de l'épreuve que le Manoir avait concoctée pour lui...
…
Sora fut surpris de ne pas sentir son corps se transformer comme lors des trois autres passages de porte. Il papillonna donc des paupières, toujours bien humain, pour regarder où il avait atterri. Et il ne put s'empêcher de lâcher un hoquet de surprise en reconnaissant l'étrange palier fait de vitraux multiclores, planté au beau milieu d'un vide noir et sans fonds, qu'il visitait parfois en rêves… Mis à part son propre portrait représenté en multiples éclats de verre colorés sous ses pieds, de deux ou trois mètres plus grand que l'original, il ne semblait rien y avoir, accroché ici, au milieu de nulle part… Par réflexe, Sora chercha donc du regard ses trois amis, prêt à ne pas le reconnaître au premier coup d'oeil.
"On est LA!" s'écria la petite voix fluette d'Iwako, quelque part vers le sol scintillant.
Intrigué, l'Elu de la Keyblade s'accroupit et vit alors une simple tasse transparente posée à même le sol. A l'intérieur, appuyée contre sa surface ovoïdale, la magicienne, de quelques dix centimètres de haut, lui faisait de grands signes de la main. Notant la présence d'Hayate et Riku, bras croisés, derrière elle, Sora se saisit précautionneusement de la tasse et la releva, simultanément à son propre mouvement de corps, pour les examiner à hauteur de ses yeux.
Une tasse de chocolat chaud… comprit-il. Le voilà, son objet rassurant.
"Vous êtes…" commença-t-il en fronçant son nez en trompette.
"Non, tenta de l'arrêter Riku miniature. Pas de commentaires."
"...trop mignons", termina malgré tout Sora en souriant à ses amis lilliputiens.
L'espace d'une seconde, il eut un flash étrange… il lui sembla se souvenir d'avoir été pris au piège d'une trappe à souris, et de s'être battu contre un énorme chat noir et blanc… Décontenancé, il ouvrit de grands yeux bleu.
"Encore un souvenir?" supposa Hayate en le regardant depuis dessous.
"Oui… hésita Sora en jetant un coup d'oeil à son torse. Mais pas le mien, je crois…"
"On dirait qu'on se trouve sur un Palier de l'Eveil… supposa Riku en jetant des regards tout autour de sa prison de verre. Mais je ne pense pas qu'on soit réellement dans le coeur de Sora…"
"Non c'est bien une illusion", trancha Iwako dont les yeux pétillants de magie scannaient la pièce.
Un grand bruit résonna soudain dans le silence de la vacuité du lieu et Sora tourna vivement la tête pour voir se matérialiser au-dessus d'eux, telle le vol d'un millier de colombes s'élevant vers les cieux nocturnes, un véritable nuage d'objets rigides et rectangulaires. Le jeune homme fronça les paupières mais ne parvint pas à déterminer la nature des choses qui voltigeaient maintenant en cercle à des mètres de lui. Enfin, leur danse tourbillonnaire cessa et l'un des objets se détacha du reste de sa colonnade, se parachutant vers le sol. Et là, s'arrêtant à un mètre de Sora, en pleine lévitation… se tenait un large tableau dont le magnifique cadre d'argent fin était composé de motifs complexes et royaux, entremêlant lignes droites et volutes arrondies. Tel un écran de téléviseur, la peinture en son centre s'anima alors, repassant, comme lorsque l'on remonte une vieille cassette, un souvenir que Sora avait de Yen Sid.
"Plonge dans les toiles de tes souvenirs, Elu de la Keyblade. Et confronte la vérité."
Sora releva brutalement la tête, cherchant la provenance de la voix.
"Naminé?" tenta-t-il, reconnaissant un peu son timbre.
Comme il ne reçut aucune réponse, le jeune homme cala la précieuse tasse contenant ses amis contre son coeur et, de son bras libre, attrapa le rebord le plus bas du tableau. Il sauta agilement à l'intérieur, passant à travers comme dans de l'eau, et atterrit sur le parquet boisé du bureau de Yen Sid. Le mage le fixait de ses grands yeux exorbités, comme attendant quelque chose de sa part. Sora nota rapidement que la longueur de ses vêtements parraissait plus importante, notamment au niveau des jambes… Mais c'était sans doute le fruit de son imagination.
"Maître…?" essaya Sora sans trop savoir si son souvenir allait lui répondre.
"Sora… commença enfin le vieux sage d'un ton cérémonieux. Vos destins sont entrelacés."
"De qui parlez-vous?"
"Mais seul le pouvoir qui sommeille en toi… le Pouvoir de l'Eveil, peut la sauver."
"Il doit parler de Aqua, intervint la voix grave de Riku. J'étais là aussi."
L'Elu de la Keyblade laissa tomber, avec soulagement, son regard sur ses trois amis dans la tasse. Il resserra son étreinte sur elle: s'il les entendait toujours, c'est que tout allait bien.
Pour l'instant.
Devant lui, comme un disque rayé, Yen Sid reprit:
"Sora… tu es donc notre seule...et notre meilleure chance d'arriver à la sauver. Elle, mais aussi Ventus, et Terra."
"Oui… intervint à nouveau la voix féminine omniprésente. De la chance, tu en as beaucoup. C'est du reste elle que tu sembles utiliser pour trouver les Gardiens…"
A cette dure énonciation de la réalité, la gorge de Sora se serra: oui, il savait qu'il avait reçu comme mission de réunir les Sept Gardiens de Lumière. Et oui… il savait pertinemment qu'il n'en avait encore trouvé aucun.
"J'ai pas oublié! se défendit le jeune homme en levant le menton vers le plafond. On a juste… aucun espèce d'indice pour savoir qui ils sont!"
"De toute manière j'ai donné la mission à Lea et Kairi à présent… reprit Yen Sid, qui n'était clairement plus un simple souvenir à présent. Je suppose que la chance de l'Elu ne suffira pas pour cette mission…"
"Je comptais pas les chercher avec de la chance…" gronda Sora en fermant son poing libre d'agacement.
"Pourtant c'est exactement comme cela que tu as trouvé le Pouvoir de l'Eveil",
trancha froidement la voix de femme.
Sans que Sora ne puisse rétorquer quoi que ce soit, il fut projeté hors du souvenir et s'écrasa brutalement, sur tout un flanc, contre les vitraux du palier de départ. Alors qu'il se relevait douloureusement en vérifiant soigneusement l'état de ses amis au fond de la tasse en verre, le jeune homme vit descendre à lui un second tableau, figurant cette fois-ci l'arbre à Paopou de L'Ille de la Destinée.
"N'aie pas peur. Avance. Toujours plus loin dans ta mémoire."
Sora fronça ses yeux bleu tout en jetant un coup d'oeil circonspect aux Ténèbres l'entourant: oui, la voix avait clairement un timbre similaire à celui de Naminé. Mais ce n'était positivement pas elle qui lui parlait. Suspicieux, et ne sachant pas vraiment à quoi rimait cette balade à travers des souvenirs truqués, l'Elu assura sa prise sur ses ami avant de sauter, comme on passe une palissade en pleine course, dans le second cadre argenté.
Il se retrouva baigné de la chaude lueur du couchant de son île natale. Mais il savait malheureusement qu'il s'agissait juste d'une puissante illusion. Il nota un poids soudain dans sa paume et leva le bras à hauteur de nombril: y était contenu une bouteille. Une bouteille avec un message à l'intérieur.
"La lettre du roi", se souvint Sora en déposant la tasse avec ses amis dans le sable, pour pouvoir ouvrir le bouchon du récipient.
Au moment de jeter le morceau de liège, le jeune homme remarqua alors clairement que ses habits avaient changé: cette double ceinture jaune croisée sur ses jambes et les plaquettes métalliques qui allourdissaient ses épaules… plus de doute possible, il portait les vêtements de ses quinze ans. Peut-être même… qu'il avait également, 15 ans. Voulant s'en assurer, il baissa le regard vers ses amis. Lorsqu'il croisa le regard améthyste d'Iwako, celle-ci soupira, comprenant sa question muette:
"Oui… tu as positivement rajeuni."
"Je pense même savoir comment… déclara Hayate. Cela se produit à chaque fois que tu passes un tableau. Donc plus tu feras de sauts dans ton passé…"
"Plus tu rajeuniras, comprit Riku. Bon. Relis cette lettre, qu'on en finisse."
"Sora… trois coeurs sont connectés au tien. Tu es qui tu es grâce à ces gens. Mais ils sont actuellement en souffrance. Et tu es le seul qui puisse arrêter leur tristesse. Ils ont besoin de toi. Il est possible que tout ton voyage t'ait préparé à cette nouvelle tâche qui t'incombe. J'aurais dû savoir qu'il n'existe pas de coïncidences. Seulement un lien, menant à une large chaîne d'événements."
"Aqua… lâcha l'Elu de la Keyblade en refermant tristement le papier humide. Ven, et Terra."
A peine eut-il prononcé leurs noms que leurs images, telles que Sora les avait vues en dernier, se matérialisèrent tout autour de lui, à demi cachées par le contre-jour généré par le soleil mourant, derrière eux.
"Sora…" commença la voix mélancolique de Terra.
L'Elu de la Keyblade fronça les yeux et parvint enfin à voir les pourtours du jeune homme: celui-ci avait, traits pour traits, l'apparence de Xemnas. Et Sora ne put réprimer un frisson d'horreur en notant qu'il lui manquait un bras… celui-là même qu'il lui avait tranché, en pleine Fusion avec Riku.
"Oublie-moi, reprit le Terra-Xemnas. Tu n'arriveras jamais à me sauver. Tu n'étais peut-être pas la bonne personne…"
"Non! s'exclama Sora, se sentant à la fois coupable et offusqué. On trouvera un moyen de te sortir de là! ça...ça prendra juste peut-être un peu de temps."
"Douze ans…"
Ce fut cette fois-ci la voix d'Aqua qui s'éleva dans le crépuscule. Sora abaissa ses sourcils de tristesse et découvrant ses habits rougâtres et ses yeux orangés. Ne trouvant pas les mots pour s'excuser auprès d'elle, il leva simplement une main en sa direction… qu'elle ignora.
"J'ai attendu douze longues années que quelqu'un vienne me chercher. Et tu es arrivé trop tard… Ton Pouvoir de l'Eveil n'a pas marché. Il a seulement éveillé le coeur de Xehanort en moi."
"Aqua… souffla Sora, dont le coeur était serré dans un étau à présent. Je voulais pas faire ça… j'ai pas fait exprès…"
"J'espère que tu sauras ce que tu fais quand tu vas me retrouver…"
La voix étrangement dure de Ventus s'était élevée dans les airs. Le jeune homme, vêtu de son armure émeraude, comme dans le dernier souvenir qu'il avait partagé avec lui, le regardait avec un mélange de colère et d'attente.
"Le Pouvoir de l'Eveil. Si tu échoues à l'utiliser correctement sur moi… je sais pas ce qu'il va m'arriver. Et tu n'as pas le droit à l'erreur. Tu es le SEUL qui puisse le faire…"
"...Car tu es l'Elu de la Keyblade »,
termina la voix féminine, résonnant contre les parois de l'esprit de Sora.
"Ca suffit! cria-t-il en direction du ciel qui se dématérialisait pour redevenir la noirceur vide du faux palier de l'Eveil. Je SAIS que j'ai fait des erreurs, et je SAIS que j'ai beaucoup de responsabilités! Mais comment voulez-vous que je sache toujours ce qui est juste? On m'a pas donné de manuel le jour où j'ai reçu la Keyblade!"
Pour la troisième fois, un tableau se détacha de l'essaim de ses semblables et vint léviter à quelques mètres devant Sora, attendant patiemment qu'il le traverse.
"Y' en a marre", grogna le jeune homme en prenant de l'élan pour plonger violemment à l'intérieur cette fois-ci.
Dans sa précipitation et sa colère, Sora ne remarqua pas qu'il avait oublié, abandonnée dans le sable de ses souvenirs, la tasse contenant ses précieux amis…
Suite et fin la semaine prochaine!
Mais... ça semble pas bien parti pour Sora...
Et toujours, petit défi: quelles sont les invocations présentes sur les cartes de nos héros?
