Suite et fin du défi de Sora aujourd'hui, qui clôturera la quatrième salle du Manoir Oblivion!
On vous invite à plonger dans les plus grandes peurs actuelles de notre cher élu de la Keyblade...
Qui derrière ses grands sourires souffre peut-être d'un poids qui pèse sur ses épaules.
Bonne lecture!
Sora sentit ses pieds atterrir à nouveau dans du sable. Néanmoins, l'environnement où il se trouvait à présent était non seulement plongé dans le noir, mais était aussi traversé de violentes rafales de vent de tempête qui faisaient cliqueter nerveusement la chaîne métallique de son collier contre ses clavicules. Le jeune homme cligna plusieurs fois des paupières afin de laisser ses yeux s'habituer à l'obscurité. Enfin, il réalisa qu'il se trouvait à nouveau sur l'Île de la Destinée… mais en pleine destruction par les Ténèbres. Alors que des palmiers se faisaient déraciner par le typhon derrière lui, Sora baissa le menton sur ses vêtements pour confirmer son pressentiment: oui, il avait repris son corps de quatorze ans. Celui-là même qu'il avait lorsque son monde avait été avalé par les Ténèbres, à cause de sa serrure qui avait été déverrouillée par Riku. Celui-là même qu'il avait quand il avait reçu pour la première fois…
La Keyblade.
A peine eut-il pensé à l'arme mythique qu'elle se matérialisa devant lui, dans une lumière aveuglante dans la noirceur de ce souvenir cauchemardesque. Lévitant à quelques centimètres de sa main, la lame argentée de Chaîne Royale scintillait de pouvoir, et de magie, attendant que son maître ne daigne l'accepter.
Voici la Keyblade. Tu en es son Porteur.
Sora refusa d'y toucher. Il tourna son visage de jeune garçon vers le ciel ravagé par la tempête environnante et s'écria, d'une voix qui n'avait pas encore mué et qui le surprit lui-même:
"Et pourquoi me l'avoir donnée? Hein? Vu qu'apparemment je fais n'importe quoi avec."
Tu es l'Élu de la Keyblade.
"C'est pas une réponse! s'irrita Sora en serrant les poings. Et l'Elu de quoi exactement? De qui?! Et je suis supposé en faire quoi de ce titre?!"
Un jour, c'est toi qui ouvriras la porte…
"Je sais même pas de quelle porte vous me parlez! s'époumona Sora pour se faire entendre par-dessus le vacarme des éclairs. Je croyais que je l'avais déjà ouverte après ma bataille contre Xemnas, mais apparemment non vu que vous me harcelez la nuit avec cette phrase!"
Cette fois-ci, la voix se fit plus agressive, plus autoritaire et reprit simultanément à un coup de foudre zébrant soudain les cieux enténébrés:
"Ne me déçois pas! Pas comme toutes ces personnes qui comptent sur toi, et que tu n'as pas pu aider!"
Sora voulut se défendre lorsque des dizaines de Sans-Cœurs apparurent bientôt tout autour de lui, l'encerclant de leur danse macabre hésitante, jaillissant du sable comme d'un gouffre de noirceur sans fond. Cette fois-ci, le jeune garçon voulut se saisir de la Keyblade, toujours sagement stationnée à ses côtés, lorsqu'il croisa le regard jaune insectoïde de la première ombre à sa portée… et il lui semblait voir en transparence de sa tête ronde, derrière ses antennes, le visage d'Aqua. Sentant son cœur s'emballer, Sora recula une de ses grandes chaussures jaunes en arrière, alors qu'il reconnaissait, parmi les victimes des Ténèbres qui l'entouraient, les visages de Ventus, Terra, Axel, Kairi, Roxas, Donald, Dingo, Mickey, Riku, Iwako...et Hayate. Des larmes de remords et de culpabilité lui montant aux yeux, le jeune garçon, se rappelant soudainement de la présence de l'objet protecteur, chercha en tous sens la présence de la tasse sur la plage de sable noir… en vain.
"Non…" fit-il du bout des lèvres tout en reculant devant la horde de Sans-Cœurs qui l'acculait vers le bord de mer glacé, miroir d'encre aqueuse.
Le cœur en panique, Sora jeta sa tête dans toutes les directions, cherchant un quelconque échappatoire. Lorsqu'enfin il repéra le cadre argenté d'un nouveau tableau providentiel, il n'y réfléchit pas à vingt fois: il prit son élan et courut, de toutes ses forces, vers lui.
Pour s'y jeter tout entier.
...
Il atterrit maladroitement sur un sol d'acier froid et s'étala de tout son long dans un cri aigu. Tout en s'asseyant douloureusement par terre, Sora attrapa sa gorge de sa main, inquiet quant au son qui venait de s'en échapper. Ce fut là qu'il les vit… ses minuscules mains, et ses minuscules jambes dépassant d'un court short rouge…
Il était redevenu un petit enfant. Peut-être d'environ quatre ou cinq ans. Et un coup d'œil autour de lui, lui indiqua qu'il se trouvait contre toute logique, dans le cockpit du vaisseau gummi.
Enfin…
Une version immense et surdimensionnée du poste de contrôle. Et étrangement vide et silencieuse: en effet, les trois sièges de pilotage avaient déserté la salle si familière, ainsi que les sonneries régulières des différentes machines de navigation.
Sora se releva et fit quelques pas dans le lieu vide, cherchant ce qu'il devait y voir, ou ce qu'il devait y faire… mais jamais, enfant, il n'était monté dans le gummi. Ainsi, il ne vivait clairement plus un souvenir… le Manoir était en train de jouer avec son esprit.
Ne sachant que faire d'autre, Sora laissa son regard bleuté vagabonder par le hublot de la cabine, se perdant dans l'infinité d'étoiles qui illuminaient la factice galaxie visible devant lui. Il y eut, soudainement, une pluie de météorites jaillissant de l'inconnu et se perdant, en l'espace d'un battement de cils, dans le vide stellaire. Miroitement de son esprit et de son cœur perturbés, le visage de Ventus lui sembla se découper autour de l'une des étoiles filantes. Le jeune homme blond posait clairement son regard triste sur Sora. Puis, il détourna la tête, de déception et de lassitude, et l'étoile qui le symbolisait continua sa course incessante, s'éloignant à des kilomètres du vaisseau gummi où Sora le regardait, impuissant. Sa petite poitrine d'enfant serrée par une profonde tristesse, il hurla alors, misérablement:
"NON! Reviens! Ne me laisse pas tout seul!"
Il avait crié ces mots par pur réflexe. Mais il ignorait au fond quelle était leur signification. C'était son cœur qui les avait verbalisés, et non sa tête. Car en effet… Sora se retrouva alors, solitaire, sans armes, sans compagnons, sans son corps de jeune adulte, à la merci de ce défi qui n'avait à ses yeux, pas le moindre sens. De fatigue et de désespoir, l'enfant qu'il était redevenu se laissa tomber à genoux alors que de lourdes larmes de panique commençaient à rouler sur ses joues potelées.
"Je suis désolé... "
Puis, la tristesse laissant place à la rage, il fixa la galaxie de ses grands yeux innocents paradoxalement plissés par l'ire d'un jeune homme courroucé.
"Je suis DÉSOLÉ de pas arriver à tous vous aider! mais moi on m'a JAMAIS demandé si je voulais être l'Elu! JAMAIS!"
A cause de l'émotion, sa voix fluette se brisa dans sa trachée et il continua entre deux sanglots:
"... Et je peux pas faire tout ça… tout seul… ça fait juste beaucoup trop de responsabilités…"
"Pourtant tu es l'Élu. Tu te dois d'être digne."
Encore cette voix… Mais cette fois-ci, clairement, même si le timbre était proche, elle n'avait pas la même intonation que Naminé. Or, ce ton-là, Sora le connaissait. Il le connaissait même très bien…
C'était la voix de Hayate.
Au même instant, Sora nota qu'un objet se dirigeait, mollement, flottant paisiblement dans le vide galactique, en direction du hublot du vaisseau. Il plissa les yeux et son cœur se figea d'effroi en reconnaissant le visage endormi de la jeune femme pour laquelle il n'avait de cesse de devenir meilleur. Se rendant soudain compte que, s'il ne faisait pas pivoter le vaisseau, elle allait continuer sa dérive spatiale sans qu'il puisse la rejoindre, il courut jusqu'aux manettes. Mais, paniqué, il réalisa que compte tenu de sa petite taille actuelle et de l'absence du siège du capitaine, il était physiquement incapable d'atteindre le panneau de contrôle. Il jeta un regard fiévreux en direction de la vitre et, notant que le corps d'Hayate s'éloignait toujours plus de lui, il hurla:
"NON!"
Sora sursauta en entendant soudain un bruit de verre brisé. Il se retourna vivement et reconnut les restes, éclatés, de la tasse transparente qui avait jadis contenue ses trois amis. Il se précipita et, tout en s'infligeant des micros lésions aux doigts en farfouillant dans les éclats, il se mit à la recherche de Riku, Iwako et Hayate. Ils n'étaient pas là… ou du moins, il ne pouvait plus les voir. Cependant, il finit par découvrir la carte du Chariot retournée sous un morceau de verre plus grand que les autres.
"Les amis… souffla Sora de sa voix de jeune garçon tout en collant la carte sur son cœur de ses deux petites mains, tout en fermant des yeux soulagés. Merci pour le coup de pouce."
Leur intervention avait en effet suffisamment réveillé la raison de l'Élu, engourdie par le maléfice du Manoir Oblivion, pour lui permettre de relire les mots notés sur le Chariot:
"Précipitation, responsabilités, solitude, échec".
Songeur, Sora tourna à nouveau son attention sur la Hayate illusoire qui dérivait dans l'espace, comme dans le coma. Soudain, comme si tout le puzzle absurde qu'il devait résoudre s'assemblait de lui-même dans son esprit, une subite réalisation saisit le garçon: la peur de l'échec.
C'était cela, qu'il devait perdre. Et cette Hayate…
"C'est toi…" murmura Sora en comprenant, tout prenant brusquement sens alors qu'il la dévisageait avec de grands yeux.
C'est toi qui représente ma plus grande peur de l'échec, confirma-t-il intérieurement.
Après quelques minutes d'hésitation, la poitrine soulevée par un souffle de stress et de questionnements affolés, Sora finit par se ressaisir : il savait à présent ce qu'il devait faire. Et même si, dans la réalité, la peur de ne pas réussir lui tiraillait souvent le ventre, ici, dans cette illusion, il pouvait la surmonter. Il s'en sentait brusquement capable, le cœur mû par un sentiment bien plus fort que la peur.
"En tant qu'élu, je vaux peut-être pas grand-chose… soupira-t-il de résignation tout en s'avançant vers le poste de contrôle, pour juger de la distance qu'il lui restait à parcourir. Mais j'en ai marre qu'on pense juste que je réussis tout par chance…"
Tout en parlant, Sora commença à chercher des pièces dans la cabine. N'importe quoi: des bouts de métaux rouillés, des prises à arracher, des câbles à connecter entre eux pour faire une corde… Il rassembla ainsi une sorte de pile de différents déchets métalliques là où aurait dû se trouver le siège du capitaine et, tout en passant différentes pièces en revue, il reprit à voix haute:
"Je suis...pas un incapable…''
Tout le long de son monologue, le petit Sora empilait divers morceaux de plaques métalliques les unes sur les autres, peinant à trouver les bonnes pièces dans son monticule de débris.
'' Je sais faire des choses, même si c'est pas celles qu'on attend initialement de moi… ''
Il se passa une main sur le front, avant de tirer sur deux câbles, vérifiant ainsi leur résistance. Puis il en lança un au-dessus du mur de grimpe qui prenait forme devant lui, afin de s'aider à y monter les dernières pièces.
'' ...parfois ça me prend juste... plus de temps que certaines personnes, parce que je réfléchis plus lentement…"
S'aidant efin de l'escalier paradoxal qu'il venait de terminer, mélange dissonant de divers matériaux, il grimpa difficilement jusqu'aux commandes, gêné par ses courtes jambes. Il se hissa péniblement sur le panneau de contrôle et, un léger sourire apparaissant sur son visage d'enfant espiègle, il admit:
"... je suis peut-être pas très futé, mais j'en ai marre que tout le monde décide de ma vie pour moi…"
Joignant symboliquement le geste à la parole, il posa sa petite main sur un large bouton.
"Je veux pouvoir prendre mes propres choix, déclara-t-il à la cantonade. Même s'ils paraissent absurdes, ou bizarres, et ne suivent aucune logique. Et j'accepterai mes responsabilités, quand on me laissera le contrôle de ma vie!"
Avec un mélange de fierté et d'impatience, Sora appuya sur le voyant de toutes ses forces, ce qui activa le téléporteur. Il se retrouva, à son tour, de l'autre côté du hublot. Telle une plume à présent, allégé du poids qui alourdissait son cœur, et respirant à pleins poumons malgré l'absence d'oxygène qu'il y aurait dû avoir dans l'espace, il se laissa porter par un courant inexistant. Comme réveillée par sa simple présence, la figure illusoire de Hayate ouvrit doucement les lourdes paupières de ses grands yeux ronds. Elle semblait chuter vers l'arrière, à demi-consciente. Sora, par réflexe, tendit son fragile petit bras dans sa direction, cherchant à l'atteindre. Comprenant la manœuvre, la jeune femme imita son geste, faiblement. Au fur et à mesure de leur lente chute dans le firmament étoilé, Sora sentit son corps s'épaissir et s'endurcir, reprenant peu à peu son corps de jeune adulte. Enfin, tandis que des larmes de joie imbibaient ses yeux océan, le jeune homme parvint à attraper fermement la main d'Hayate, il l'amena à lui et la serra tendrement dans ses bras. Une vive lueur fissura alors le corps d'illusion de la jeune femme qui se transforma. Se matérialisa dans une étincelle, au creux des deux mains de Sora ouvertes en signe d'offrande, une nouvelle carte blanche. Sur celle-ci était représenté un adorable renard bleu ciel, aux longues oreilles et dont le front était orné d'une petite corne. Sous sa queue touffue étaient notés les mots:
"N°6. L'Amoureux. Cœur, tendresse, engagement, choix."
Sora retomba alors lourdement sur le dallage de marbre blanc d'un palier du Manoir Oblivion, sa nouvelle carte toujours flottante au-dessus de ses paumes gantées. Mais contrairement aux derniers couloirs de la citadelle, longilignes et identiques, celui-ci était de forme ronde, comme s'il se trouvait au centre d'une tour. S'il y avait à nouveau une porte surmontée d'un nombre en son extrémité, il y avait également un étrange escalier en colimaçon la traversait de part en part, vrillant sur lui-même comme à l'infini dans un sens, et dans un autre…
"J'ai bien cru que tu allais pas y arriver à un moment…"
La voix grave de Riku ramena enfin totalement Sora à la réalité. Le jeune Maître marchait vers lui en se passant une main dans ses cheveux courts et argentés, tandis qu'Iwako lui faisait un chaleureux signe de la main. Derrière eux enfin, avançait Hayate. Elle fuyait clairement le regard de l'Elu de la Keyblade et regardait le sol à ses pieds, comme perdue dans de sombres pensées. Sora sentit immédiatement ses joues s'empourprer: piégé par sa propre panique, il avait totalement oublié que ses amis avaient pu assister à l'intégralité de son épreuve. La fin y compris. Et il trouva tout cela soudain particulièrement gênant…
"Sora… commença Iwako d'une voix douce en posant deux doigts sur son biceps. Je ne savais pas que le poids de tes responsabilités te pesait autant… Si ça te reprend, tu sais que je suis là si tu veux en parler ?"
"Merci… souffla le jeune homme reconnaissant. Je le ferai, promis."
"Allez fais voir! lâcha Riku en arrachant la carte des mains de l'Elu pour l'analyser. Quoi ? L'amoureux?"
"Hey! s'insurgea le jeune homme en tentant de la récupérer. J'y peux rien moi! Et j'échange quand tu veux: pourquoi je peux pas avoir la Force moi aussi?"
"Oh mais non je trouve que ça te va parfaitement! se moqua Riku en coinçant la tête de Sora dans le creux de son bras puissant pour lui ébouriffer ses cheveux en pics. Après tout, t'es notre gros bébé d'amour…"
"Arrête lâche-moi!" s'irrita à moitié l'Elu en se dégageant vers l'arrière, sauvant sa tignasse du poing ravageur de son meilleur ami.
"Tu as vraiment cette impression?"
Sora ne comprit pas tout de suite que la voix qui venait de prononcer ces paroles pleines d'incertitude était celle de Hayate. Tombant des nues, et ne sachant pas vraiment la réponse qu'elle attendait de lui, le jeune homme s'écarta de Riku pour poser une moue interrogative sur la défenseuse, dont les sourcils roses tombaient de tristesse au-dessus de ses yeux célestine.
"Quelle impression?" demanda-t-il finalement en levant ses deux paumes vers le ciel, ne comprenant pas l'origine de son état.
"Celle comme quoi… explicita la jeune femme en cherchant ses mots… Tu as l'impression que les autres décident sans cesse à ta place. Et te privent de ton propre libre-arbitre."
Elle faisait directement référence à ce qu'il avait verbalisé durant son épreuve. Craignant qu'elle ne l'ait pris trop personnellement, en souvenir notamment de sa culpabilité quant à ses décisions dans le monde de Pocahontas, Sora se gratta nerveusement l'arrière de la nuque tout en se justifiant rapidement:
"Oui parfois. Mais c'est plus parce que Yen Sid et d'autres me rabâchent tout le temps le mot "élu" aux oreilles… Et aussi parce que je me sens mal de pas avoir encore trouvé de Gardiens… Mais c'est vraiment pas de toi dont je parlais, si ça peut te rassurer."
Nullement convaincue, la jeune femme baissa alors ses iris de ciel vers le dallage blanc du Manoir, songeuse. Enfin, contre toute attente, elle redressa sa tête ronde et chercha le contact visuel avec Riku. Ce dernier avait les bras croisés sur le torse et lui répondit par un haussement de sourcil argenté parfaitement incompréhensible aux yeux de Sora. Cependant, un rapide échange visuel avec Iwako le rassura sur un point: il n'était pas le seul à ne pas comprendre ce qu'il se tramait entre les deux statues grecques du groupe.
"Cela me fait souffrir de l'admettre… soupira Hayate à l'adresse du jeune Maître de la Keyblade. Mais tu avais raison…"
"Tu es sincère? s'étonna l'argenté en affichant un sourire sardonique sur ses lèvres. Et bien… je pense qu'il faut nous attendre à une tempête de grêle dans ce Manoir…"
"Excusez-moi… intervint finalement Iwako d'un ton quelque peu irrité en posant ses mains sur ses fines hanches. Mais on peut savoir de quoi vous parlez, tous les deux? Qu'est-ce que vous avez manigancé à la Tour quand on n'était pas là… à part vous taper dessus?"
"Je lui ai un peu appris la vie… plaisanta Riku en haussant des épaules désinvoltes tandis qu'Hayate le dévisageait avec une sourde colère. Rien de bien incroyable pour nous, mais pour elle…"
"C'est à ta tête que je vais apprendre la vie… le menaça la défenseuse en faisant bruyamment craquer ses phalanges gantées. Jusqu'à ce que la vie elle-même ne reconnaisse plus ton visage…"
"Okay faites comme si je n'avais jamais posé la question! s'exclama Iwako en riant nerveusement tout en s'interposant entre un Riku aux anges et une Hayate à l'aura démoniaque. Je pense qu'on a tous besoin d'une bonne pause, n'est-ce pas Sora?"
Un coup d'œil appuyé de la magicienne incita Sora à hausser la voix tout en déclarant:
"Mais quelle bonne idée Iwa! J'avais justement un p'tit creux!"
"Mais tu ne penses donc qu'à manger?" se plaignit la jeune femme aux cheveux bleus en le dévisageant avec abandon.
"Attendez, les arrêta soudain Riku, bien trop sérieux, en levant des yeux turquoise hésitants en direction du ciel. Maître Eraqus ne nous avait pas dit qu'il viendrait nous donner la suite des instructions à la cinquième porte?"
Se souvenant conjointement des paroles du fantôme, les quatre porteurs de Keyblade se turent et débutèrent une étrange danse avec leurs têtes respectives, virevoltant de droite, de gauche, de haut en bas, à la recherche d'un quelconque signe de vie ectoplasmique.
"Il doit faire sa sieste de revenant, en conclut Sora après une minute de silence sans réponses. Je propose donc…"
Avec une fière théâtralité, le jeune homme ressortit la tente Mog miniature de sa poche et, tout en appuyant sur son pompon rouge, s'exclama:
"... de camper ici!"
Tandis qu'Hayate et Iwako opinaient du chef devant la tente en train de reprendre sa taille normale dans un grand nuage magique, Riku, toujours aussi paranoïaque, désigna du pouce l'escalier derrière lui en lâchant:
"Ici? Avec ce gouffre dont on ne sait même pas où il mène? Quelque chose pourrait en sortir…"
"C'est vrai, admit Hayate en croisant les bras sous sa poitrine. Je propose donc des tours de garde pendant que nous serons assoupis. Pour protéger la princesse..."
Réalisant qu'elle parlait de Riku, grâce au vile coup-d'œil que la défenseuse venait de lancer à la victime de sa boutade, Sora ne put réprimer une sorte de rire de cochon qui retrouva sa liberté au travers de ses narines. Iwako elle-même dut cacher un sourire derrière une main pudique, pour ne pas trop heurter la virilité de l'homme de ses pensées. Ce dernier se contenta rendre un cérémonieux doigt d'honneur à la jeune femme aux cheveux roses avant de se détourner et d'aider Iwako à couper les tranches de pain qui leur feraient office de sandwich.
...
Cachée par la pénombre, et profitant de l'angle mort des quatre porteurs, une silhouette encapuchonnée se tenait sur les premières marches descendant dans les sous-sols du Manoir Oblivion, observant avec intérêt le joyeux petit groupe insouciant s'activer autour d'un repas bien mérité…
Il y a avait une claire référence à FF15 vers la fin... l'avez-vous trouvée?
Et quelle est la dernière invocation sur la carte de Sora?
Qui est la silhouette les observant?
Et pour la semaine prochaine (ou celle d'après, on essaie de garder un rythme pas facile!) nos héros vont faire une petite pause avant le 5ème palier... et on vous a concocter un bon chapitre bien léger
