Suite de la "pause", "point de sauvegarde" bien méritée de nos héros au coeur du Manoir Oblivion!
Un peu moins délire, ce chapitre va encore nous permettre de faire parler Sora avec ses autres compagnons, sachant qu'il a déjà pu échanger avec Iwako.
On espère que vous aurez du plaisir à lire la fin!
"... Et si tu n'aimes pas le destin qu'on t'impose, change-le. Choisis-en un autre."
Le temps parut se figer durant quelques secondes après l'énonciation de cette dernière phrase de la magicienne. Sora, comme fasciné, observa plus attentivement la jeune femme: celle-ci arborait un mystérieux sourire dans la commissure de ses lèvres couleur corail, tandis qu'elle fixait le visage du jeune homme de ses deux beaux yeux en amande, éclairés par ses iris pétillantes de magie. C'était comme si elle tentait de lui faire passer un code, ou un message secret… peut-être un conseil. Mais Sora n'eut pas le temps de lui demander pourquoi elle lui disait ça qu'il sentit une puissante poigne se refermer sur son épaule. Il leva le menton et constata que l'imposante stature de Riku le surplombait avec néanmoins beaucoup de calme.
"Je peux te l'emprunter?" demanda diligemment le jeune Maître de la Keyblade à l'adresse d'Iwako.
"Oui je te le laisse… répondit en souriant la jeune femme tout en levant un bras pour appeler Hayate. Ça tombe bien, j'allais justement aller m'enfermer dans la tente. Je meurs d'envie de me passer de l'eau sur le visage..."
"Et défense d'entrer avant qu'on soit toutes les deux sorties, menaça Hayate tout en soulevant la bouilloire décorative et multi-usage pour la poser comme de rien sur son épaule. Ai-je été claire?"
Comme elle foudroyait les deux jeunes hommes du groupe de son regard acéré, Riku et Sora se raidirent, mal à l'aise, avant que l'élu ne se remette debout, offensé:
"Hey! Pour qui tu nous prends? Ça fait des mois qu'on voyage ensemble dans le même vaisseau…on est pas des pervers!"
"Je confirme, ajouta Riku en croisant les bras. Nous sommes des gens intègres, nous."
"Je n'aime pas beaucoup tes insinuations…" siffla la défenseuse en fixant le jeune Maître de la Keyblade.
"Haya? se plaignit Iwako qui s'impatientait devant la tente. Tu peux venir avec l'eau? Sinon elle va refroidir…"
Riku attendit que la forme vindicative et lourdement armée d'un chaudron empli d'eau bouillante disparaisse dans la salle de bain en toile avant de tirer Sora par le bras, l'éloignant de ce fait le plus possible des deux jeunes femmes.
"Je sais marcher tout seul tu sais…" râla le jeune homme sous sa frange brune, tout en acceptant néanmoins son sort.
"Parle moins fort…"
Sora ne put empêcher son sourcil gauche de partir se loger sur son front: le comportement de son meilleur ami était pour le moins atypique… voire déroutant. Une fois à demi-camouflé derrière l'un des pots de fleurs survivants de la salle, le jeune Maître vérifia, tel un loup en pleine garde de nuit, que les filles n'étaient plus en vue. Puis, toujours aussi mystérieux, il farfouilla dans la poche de son veston, comme s'il allait lui transmettre les codes d'une base spatiale secrète obtenus au prix du sacrifice de nombreuses vies humaines…
"Riku qu'est-ce que tu fabriques…?" se moqua gentiment Sora en mettant ses mains sur ses hanches.
Comme pour répondre à demi à sa question, son meilleur ami déplia son épaisse main pour lui dévoiler, en son centre, un minuscule bijou d'une incroyable beauté: un cristal aux multiples facettes scintillantes et finement taillé en forme de larme. Profondément étonné que son ami soit en possession de pareil bijou, Sora releva des yeux interrogateurs en direction de ceux, cyan, de Riku.
"C'est Iwako."
Ce devait être une tentative d'explication gênée de la part du grand argenté qui, fidèle à lui-même, était incapable de s'exprimer clairement lorsqu'il s'agissait de la magicienne…
"Elle t'a offert ça?" voulut comprendre Sora.
"Oui, admit Riku en détournant légèrement le regard, sans doute pour cacher les prémisses d'un rosissement de pommettes. C'est l'une de ses larmes… elle s'est cristallisée. Me demande pas comment…"
Encore plus impressionné par l'objet symbolique, Sora ouvrit sa main gantée. Riku y déposa délicatement le cristal tout en déclarant, du tac-au-tac:
"J'ai trop peur de le casser. Mais toi je sais que t'aimes bien ça… vu que tu te fabriquais tous tes accessoires toi-même sur l'Ile…alors…"
"Attends… réalisa soudain Sora en ouvrant de grands yeux bleus flattés, tout en baissant le ton en regardant par-dessus son épaule. Tu veux que je te fasse un bijou avec la larme d'Iwako?!"
"Oui… chuchota Riku en se prenant le menton, comme un père inquiet pour son fils devant aller aux urgences. Mais tu crois que c'est possible? Ça ne risque pas de briser la pierre?"
"Normalement c'est bon… confirma Sora en examinant le cristal coincé entre son pouce et son index, à la lumière blanchâtre de la pièce. Faut juste pas percer n'importe où… je dois avoir les bons outils dans le vaisseau… mais on est d'accord que… ce serait pour toi?"
Riku se racla la gorge et se passa une main hésitante dans ses cheveux courts et argentés avant d'admettre la vérité d'un rapide hochement de menton.
"Oooohhhh Rikuuu c'est trop mignooooon!" minauda Sora en ne pouvant empêcher son cœur de romantique d'exprimer toute sa joie.
"Si c'est pour te foutre de moi j'irai demander aux Mogs de me le faire…" trancha son meilleur ami au visage rosé tout en tendant le bras pour récupérer la larme.
"Mais je me fous pas de toi! se défendit Sora en agrippant le cristal de ses deux mains, comme s'il s'agissait d'un anneau de pouvoir dont il refusait de se défaire. Et je VEUX le faire! Tu vas voir, ce sera super! Par contre heu…"
Le jeune élu se calma et leva un sourcil interrogateur en demandant:
"Tu veux quoi comme bijou au fait? Un collier?"
"Je sais pas mais pas un collier, déclara Riku au comble de l'indécision et tirant sur son t-shirt gris avec réfutation. ça va me faire chier en combat… ça va s'accrocher partout ou m'étrangler…"
Le jeune homme posa un instant son regard turquoise sur le pendentif en forme de couronne de Sora et haussa les épaules en admettant:
"Je sais du reste pas comment tu fais, toi. ça te gêne pas?"
"Le secret… plaisanta l'Elu de la Keyblade en tirant fièrement sur les maillons de métal qui retenaient la couronne. C'est d'avoir une grosse chaîne! Ah mais…"
Le jeune homme examina à nouveau le cristal d'Iwako et se prit le menton d'une main en marmonnant à moitié perdu dans ses réflexions artisanales:
"...non. ça irait pas avec le cristal, une grosse chaîne… le bijou est trop finement taillé et il brille pas mal… faudrait de l'argent… mais je crois que j'ai que des maillons mat…"
Tombant sans doute des nues, Riku, la mâchoire tombante, dévisagea Sora comme s'il s'agissait d'un parfait inconnu. Perplexe, il finit par lui faire part de sa réalisation:
"Depuis quand t'as autant de sens de la mode toi? enfin… t'as toujours été le mec avec le plus d'accessoires quand on allait sur l'île… par contre à l'époque t'avais vraiment des goûts vestimentaires… de chiottes. Avouons-le. Rien que de repenser à ton espèce de juste-au-corps-bizarre j'ai les yeux qui piquent…"
"HEY! l'arrêta Sora, qui n'avait déjà que trop honte de ce passé démodé. On en parle de tes braies qui servaient à rien et que tu mettais par-dessus tes pantalons trop grands et que tu perdais tout le temps parce que ça se décrochait de ta ceinture?"
"Tu marques un douloureux point… concéda Riku mains sur les hanches, jetant son cou puissant en arrière avec un rictus nerveux. N'en parlons plus jamais."
"Ok mais ça résout pas ton problème… reprit Sora en gonflant une joue tout en analysant le cristal du bout de ses énormes doigts… et si je la montais en boucle d'oreille?"
"Je te demande pardon?"
Devant le mouvement de sourcils argentés réfractaire de son meilleur ami, Sora en déduisit qu'il assimilait les boucles d'oreilles à quelque chose de féminin… ainsi, il s'empressa de lever un pouce encourageant devant lui et, souriant, précisa:
"Une boucle d'oreille virile?"
Riku parut analyser la proposition cette fois-ci. Néanmoins, il ne semblait toujours pas vraiment convaincu:
"... tu penses vraiment que je porterai bien une boucle d'oreille? et puis… j'ai même pas les oreilles percées…"
"Mais oui c'est ce qu'il te faut! renchérrit l'Elu de la Keyblade en tirant sur son lobe auditif pour lui indiquer l'endroit. C'est pratique en combat, et une fois qu'elle est là, t'as pas besoin de l'enlever si je mets une accroche simple et courte. En plus, ça te donnera un peu un style bad boy, comme Leon. En plus, comme la pierre brille pas mal, un peu comme un strass, ça fera ressortir l'éclat de tes yeux!"
Riku, tout d'abord sans voix devant ce déchaînement de compliments étranges, se massa lentement l'arrêt du nez. Puis il lâcha une sorte de rire soufflé, mi-amusé, mi-gêné.
"Toi… tu traînes trop souvent avec Iwako…"
"Aller je te fais ça! s'enthousiasma Sora en plaçant le précieux cristal au creux d'un amas de mouchoirs (propres) puis au fond de la poche de son veston, côté cœur. Au pire, on peut toujours changer si on a une autre idée!"
Laissant un instant sa fierté de côté, Riku lui rendit un sourire en guise de sincères remerciements.
"La tente est libre si ça vous intéresse."
Hayate, surgie de nulle part, avait déclamé son annonce sans la moindre introduction, faisant de ce fait légèrement sursauter les deux jeunes hommes. Sora se permit de dévisager la jeune femme quelques instants: les quelques gouttelettes dégoulinant de ses cheveux saumonés et peignés laissaient supposer qu'elle avait dû finir par se vider le sceau d'eau sur la tête. Son teint, encore plus rose que de coutume, rafraichissait son visage arrondi, mêlant tâches de son et larmes d'eau claire au-dessus d'une bouche boudeuse en forme de pomme. Sora ne put s'empêcher de sourire en la voyant ainsi: comment une femme pouvait-elle être à la fois aussi tranchante dans sa voix et aussi adorable sur son physique?
"Iwako vous demande de l'aide pour ranger le camp après, reprit la jeune femme tout en montrant la septième porte du Manoir du doigt. Moi je vais aller voir un peu s'il y a une quelconque forme d'énigme pour la suite…"
"Compris", répondit Riku alors que la défenseuse s'éloignait déjà d'eux, se dirigeant droit sur son objectif de quête.
Sora, à moitié perdu dans une douce rêverie, ne pipa mot. Il se contentait, comme à moitié endormi, de la regarder s'éloigner de lui, fasciné par le mouvement de balancier que produisait son corps… Pourquoi n'avait-il rien dit? Pourquoi n'avait-elle regardé que son meilleur ami et avait évité les yeux de l'élu? Pourquoi Sora se sentait-il si démuni à chaque fois qu'il se retrouvait dans la même pièce que Hayate, loin de l'ardeur du combat et du vacarme de multiples affrontements? Ce sentiment d'incertitude, plus encore que de la déception ou de la tristesse, devenait de plus en plus insurmontable…
Riku suivit le regard de son meilleur ami et, en déduisant une quelconque réflexion interne, lâcha juste:
"Va lui parler."
"Mais COMMENT lui parler? soupira Sora en ébouriffant les cheveux de ses deux mains, dépité. L'approche directe a pas marché, ni celle plus subtile… dans les deux cas j'ai l'impression qu'elle me fuit ou m'évite… ça me rend dingue. C'est ni oui, ni non... "
Sora se laissa choir à même le sol, jambes écartées, comme s'il venait de se faire terrasser lors d'un duel d'épée particulièrement épuisant.
"Les filles c'est tellement compliqué…" râla le jeune Elu de la Keyblade en laissant tomber sa nuque en arrière.
Riku ne put s'empêcher de lâcher un petit "humh!" nasal dont il avait le secret et qui signifiait tant "je te comprends", que "tu me fais rire" ou "ça me rappelle moi" (oui, Sora commençait de mieux en mieux à décrypter Riku avec le temps). Enfin, le jeune homme aux cheveux argentés se releva pour fouiller dans une de ses grandes poches de pantalon, méthodiquement. Puis il s'accroupit à la hauteur de Sora et, plongeant ses deux yeux turquoise au regard sincère sur lui, pointa le torse du jeune homme d'un doigt en lui ordonnant gentiment:
"Parle-lui avec "ça". Et pas avec "ça"."
Joignant le geste à la parole, Riku se permit de mettre une petite frappe sur la tête de Sora, sans doute pour l'aider à se ressaisir. Le jeune homme fronça ses sourcils en V irrité, ouvrant la bouche pour dire à Riku qu'il n'avait pas besoin de le maltraiter pour lui faire comprendre ça, mais son meilleur ami ne lui en laissant pas le temps. D'un geste sûr et avec un léger sourire satisfait aux commissures de ses lèvres, le jeune Maître de la Keyblade lui tendit une feuille de papier et un stylo.
"Parle-lui en "Hayate". Parle-lui avec un langage qu'elle comprend et qui la touche… écris."
Surpris, Sora observa quelques secondes le bout de papier qu'il lui tendait, un peu perturbé… lui qui n'avait même jamais écrit de journal intime! Ecrire une lettre d'amour?!
"Réfléchis pas, ordonna Riku en lui collant le feuillet contre le torse et le stylo dans la main. Ecris juste ce que tu penses là, maintenant, tout de suite. Et tu le lui donnes. De la manière que tu veux."
Ayant décidé qu'il en avait déjà trop fait et qu'il était sans doute fatigué de jouer les confidents pour la journée, Riku se releva sans un mot de plus et s'en alla aider Iwako à compter les vivres et ranger le campement, mains dans les poches et visiblement fier de sa sortie de scène. Sora, de son côté, était stupidement resté fesses contre terre, tel un clochard. Il tourna la tête en direction de la silhouette de Hayate, toujours debout devant la septième porte et soupira bruyamment… oui, son meilleur ami avait forcément raison sur ce point: elle serait obligée de lire ce qu'il lui écrirait. Mais que lui dire?
Se grattant la tête, et restant le regard vissé sur la page blanche et tout aussi vide que la pièce du Manoir où ils se trouvaient actuellement, le jeune homme tourna et retourna tout ce qu'il avait dans la tête… sans rien trouver qui ne soit exagéré, ridicule ou qui ne lui ressemblait pas du tout. Enfin, après rage et désespoir mental, Sora finit par suivre le conseil de Riku et écrire les premiers mots qui lui passèrent par l'esprit:
"Quant on serat sorti d'ici, il faudra que je te dize quelque chose que j'ai sur le coeur depuis lontemps… et j'aimerai que tu m'écoute jusqu'au bout cette fois-si. S'il te plaît."
Sachant pertinemment qu'il avait écrit ces phrases dans un français approximatif, et qu'elles n'avaient pas vraiment de sens détachées de leur contexte, Sora se relut avec le stylo coincé entre le nez et la lèvre supérieure et hésita un instant à tout déchirer et à abandonner… puis, se rappelant avec amertume son défi dans le Manoir, et sa propre peur de l'échec que la première carte qu'il avait reçu lui conseillait de surmonter, il inspira un bon coup et sauta sur ses jambes en rangeant le stylo dans une poche et en allant à l'encontre de la défenseuse. Parvenu aux pieds des escaliers menant à la septième porte, le jeune homme observa le dos de la jeune femme de ses pensées, la distance de quelques marches et la hauteur qui les séparaient actuellement lui paraissant soudain énorme, et infranchissable. Figé par le stress et la peur, il ne parvenait pas à faire le premier pas. Il baissa à nouveau le regard sur la lettre qu'il tenait dans la main et réfléchit: comment la lui donner?
Subitement, une idée lui vint! Il s'accroupit et débuta un rapide et méthodique pliage, technique qu'il avait jadis perfectionné sur les bancs de l'école. Lorsque le jeune homme se redressa, il tenait un fier avion de papier à la pointe bien droite du bout des doigts. Fier de sa créativité et de sa création, il mit un pied en arrière et, après avoir pris la meilleure pose aérodynamique possible, envoya le petit projectile enfantin contenant tout l'espoir de son cœur amoureux en haut de l'escalier où se tenait la femme, inaccessible, qu'il aimait tant. Perdue dans ses analyses et ses énigmes, Hayate ne vit pas l'avion zigzaguer dans sa direction. En revanche, elle baissa la tête lorsque le message émit un léger bruit de papier froissé en atterrissant à ses pieds. Sans hésitation, et semblant intriguée, elle se pencha, ramassa la lettre, et défit le pliage pour la lire. La jeune femme lui tournait toujours le dos, ainsi Sora ne put voir son expression faciale… mais cela n'empêcha pas son cœur de tambouriner dans sa poitrine comprimée par l'appréhension. Lorsqu'elle eut fini sa lecture, elle tint la lettre un instant devant elle, immobile. Puis, comme prise d'un subit élan d'inspiration, Hayate retourna le papier, le colla contre la cloison de la porte jaune devant elle et sortit un stylo de sa poche de veste (Sora avait du reste vue juste en pariant qu'elle avait toujours de quoi écrire sur elle). Et elle se mit à écrire. A la vitesse de la lumière et sans interruption.
Elle lui répondait, comprit Sora avec un mélange d'espoir et de crainte.
Lorsqu'enfin elle eût terminé, la jeune femme se passa une main satisfaite dans sa crinière rose et entreprit de replier la lettre, de manière à lui redonner sa forme initiale aviaire. Lorsqu'elle se retourna pour la lancer, elle se figea quelques instants en notant la présence de son destinataire en bas des marches.
Sora ne bougea pas d'un cil. Il attendait. Il aurait attendu toute la journée s'il le fallait.
Enfin, Hayate lui adressa un timide sourire, puis lui renvoya l'avion. Les iris océan de Sora suivirent le frêle bout de papier tourbillonner chaotiquement, et avec hésitation, jusqu'à lui. Mais le tir était habile, et il n'eut qu'à lever le bras pour réceptionner le projectile. Fébrile, il le déplia rapidement et en dévora avec impatience le contenu des yeux:
"Je t'écouterai jusqu'au bout, c'est promis. Mais j'aurai moi aussi quelque chose à t'avouer. Une vérité que je t'ai cachée depuis trop longtemps et qui alourdit un peu plus mon cœur chaque jour qui passe… je te la dois. Cependant, je te préviens qu'une fois cette vérité révélée, il te faudra faire un choix. Tu seras libre de décider ce que bon te semble.
Je ne veux pas te faire peur, mais je veux juste que tu sois prêt."
Le ton était décidé et ferme, mais néanmoins gentil. Sora était rassuré quant à la promesse de l'écouter jusqu'au bout mais... de quelle "vérité" parlait-elle? Etait-ce un bon présage pour lui, ou non? Et enfin… de quel "choix" voulait-elle parler?
Le cœur perdu et l'esprit chamboulé, Sora releva un visage interrogateur en direction de Hayate, qui se contenta de continuer à lui sourire avec une sorte de mélancolie soulagée, du haut des marches. Semblant quelque peu gênée, elle passa un bras dans son dos et attrapa nerveusement son autre triceps. Cette pose… réalisa Sora en fronçant ses sourcils tout en se touchant la tempe du bout des doigts. Il avait comme une dérangeante impression de déjà-vu. Il avait déjà vécu un moment similaire… mais où? Avec qui?
Qui est la personne qui hante les souvenirs de Sora sans parvenir à revenir à la surface de sa mémoire?
Réponses il y aura, dans la suite du Manoir Oblivion!
