Il y avait un chapitre "Souvenir Perdu", il en fallait donc un qui s'appelle "Tendre Promesse"!
Plus sérieusement, après la fin de la scène avec Ventus, le chapitre se compose d'une petite pause "romance", car... Nsperis en avait besoin! Scène écrite avec la chanson de Nickelback "Staeliite", qui a grandement inspiré la scène (à écouter en parallèle sur Youtube!).
Bonne lecture...
PS: attention à ne pas regarder l'illustration avant d'avoir fini le chapitre!

Tandis que Ventus se laissait tomber lourdement sur le sofa derrière lui, le Livre des Prophéties toujours ouverts sur ses deux paumes, Sora enfila son marcel gris sombre abandonné dans le salon avant de passer sa tête, à l'envers, par-dessus le vieux manuscrit pour observer les quelques gribouillages dans la marge, intrigué. Riku, quant à lui, était allé chercher Iwako et Hayate, qui le suivaient à présent au pas de course. Une fois toute l'équipe au complet, le Maître de la Keyblade posa deux yeux turquoise brillantes de curiosité sur le jeune homme blond décontenancé et décida de le passer à la question:

"Ventus… S'il s'agit bien de ton écriture, elle est en ancien langage. Mais arrives-tu seulement à le lire?"

Iwako et Hayate se penchèrent conjointement par-dessus le sofa, derrière Ven, qui fronçait ses sourcils blonds pour tenter de déchiffrer sa propre plume.

"Je… hésita-t-il. Je crois que oui… j'arrive à lire: Intéressant, mais quel lien avec la mission?"

Riku darda ses yeux sur les deux jeunes femmes qui avaient également traduit le texte, en attente de leur approbation.

"C'est… confirma Iwako en tombant des nues. C'est aussi comme cela que je lis ces mots…"

"Donc, trancha Riku en croisant ses bras tout en baissant la tête. Ventus a non seulement écrit dans ce Livre des Prophéties, mais il est également capable de lire et d'écrire dans la langue des Prophètes…?"

"C'est dingue… souffla l'ancien élève d'Eraqus qui n'en revenait pas lui-même. Mais comment j'ai pu oublier une chose pareille…?"

"Attendez! les arrêta Sora qui essayait de tout suivre. C'est surtout que ça veut dire que ce Livre que vous passez des heures à traduire tous les jours, c'est celui de VEN à la base! Comment Xehanort l'a eu?"

Hayate se prit le menton et commença une intense réflexion dont elle fit immédiatement part à tous ses compagnons:

"De deux choses l'une: Xehanort avait en sa possession deux Livres. Celui qu'il a volé à Eraqus, ici même, et celui-ci, qui semble appartenir à Ventus. Je pense qu'il a dû le lui prendre à l'époque où il est devenu son Maître, soit dès sa découverte à la Nécropole des Keyblades. Ce qui ne peut signifier qu'une seule chose: Ventus était le possesseur du Livre AVANT son amnésie, donc durant une partie des 11 premières années de sa vie…"

"Mais… intervint Iwako, sceptique. Pourquoi un enfant était-il en possession d'un Livre des Prophéties?"

"Oui et de quelle "mission" veut-il parler dans sa note?" surenchérit Riku, dont les méninges chauffaient tout autant que ceux de leur défenseuse.

Le jeune Maître de la Keyblade eût à peine prononcé le mot "mission" que Ventus se prit violemment le crâne entre les deux mains en poussant un faible gémissement douloureux. Iwako, inquiète, s'envola par-dessus le canapé d'un bond gracieux et vint se placer en face de lui, pour observer médicalement ses réflexes oculaires. Après oscultation, la jeune femme tourna deux yeux couleur améthyste vers ses compagnons et expliqua:

"Il… faudrait essayer de ne pas trop le surmener. On dirait qu'il est proche d'un état post-traumatique."

"C'est sa mémoire qui a un sérieux problème, trancha Hayate en allant entourer de ses mains le Livre toujours ouvert sur les genoux du jeune homme blond. Et je subodore que ce n'est pas "normal". Quelqu'un, ou quelque chose, l'a sans doute effacée."

D'un geste sec, la jeune femme à la crinière rose referma le manuscrit dans un bruit sourd, ce qui fit sursauter Ven. Le jeune homme se passa la main sur son visage en sueur et sourit nerveusement, fermant ses paupières:

"Je suis désolé les amis… Je ne vous suis pas d'une grande aide."

"Te biles pas pour ça, le rassura Sora en passant un pouce sous son nez en trompette. Ca finira bien par revenir! Et en attendant par contre, c'est sûr, c'est Hayate et Riku qui vont obséder sur ce Livre deux fois plus…"

"J'essaierai de vous aider comme je peux…" assura tout de même Ventus à l'adresse des deux linguistes du groupe.

"Il suffit! ordonna la magicienne et soigneuse de la Team Riku. Maintenant, on arrête de se torturer les méninges et on essaie de profiter de cette belle journée calme et reposante, d'accord? Je crois que tout le monde en a bien besoin. On reprendra nos recherches de quêtes, indices et autres choses incompréhensibles plus tard…Et vous deux je vous préviens…"

La jeune femme à la longue tresse bleutée pointa Hayate et Riku d'un doigt accusateur, les foudroyant du regard, ce qui les fit instinctivement reculer de quelques pas.

"... si je vous surprends à harceler ce pauvre Ventus de questions, je cache ce satané Livre pour de bon! C'est compris?"

Après un coup d'oeil dépité en direction du manuscrit mystérieux, les deux Porteurs de Keyblades acceptèrent la condition dans un soupire résigné, avant de vouloir quitter la salle pour vaquer à d'autres occupations. Mais Iwako les arrêta d'un sortilège barrière et ordonna encore:

"Ah et ne fuyez pas si vite au terrain d'entraînement: il reste la lessive à terminer, les vivres restantes à calculer, l'aspirateur et les toilettes à faire. Je pense qu'à 5, on aura vite fait de tout terminer, mais il nous faut la participation de tout le monde."

Sora jeta un coup d'oeil à Ventus, qui souriait tendrement en regardant la magicienne de dos devant lui. Puis il tourna la tête vers l'Élu et, croisant son regard, sentit qu'il devait donner une explication quant à son affection des tâches ménagères:

"Elle me rappelle Aqua… elle aussi ne manquait pas de nous rappeler nos corvées, avec Terra."

L'équipe des cinq Porteurs passa donc sa journée à récurer les sols, ranger les armoires et étendre leurs différents vêtements propres dans la cour de la Contrée, profitant du soleil printanier qui semblait toujours y briller de mille feux. La joie était néanmoins au rendez-vous, Sora ayant réussi à brancher la radio du vaisseau sur les communicateurs du gummi, pour diffuser de la musique entraînante dans les différentes salles. Le soir venu, épuisés, chacun regagna sa cabine respective, n'ayant pas même le courage de remonter les marches du manoir pour regagner le dortoire des élèves. Seul Sora veilla tard dans la nuit, accoudé à son bureau dans la cabine du capitaine. La langue coincée entre ses dents à cause de la concentration, et une lampe frontale de fortune accrochée dans ses cheveux en pics, le jeune homme terminait l'accroche de la boucle d'oreille qu'il fabriquait pour Riku avec la larme cristallisée d'Iwako. Comme il avait constamment peur d'abimer le bijour si précieux, il s'y était repris à plusieurs fois pour le sertissage et avait finalement opté pour une double attache, n'en déplaise à son meilleur ami.

"Pfffiou… lâcha-t-il lorsque la dernière chaînette fut accrochée au bijou. Fini!"

Satisfait de lui-même, et assoiffé, Sora s'étira puis décida de prendre une pause bien méritée avant d'aller enfin se coucher. Il sortit silencieusement de sa cabine, en se jurant de bientôt se décider à remettre une porte devant celle-ci… Lorsqu'il ouvrit la porte du réfrigérateur dans la cuisine, la lumière qui en jaillit vint illuminer le petit salon annexé, et le jeune homme nota alors la présence d'une masse humaine affalée sur un des sofa. Il s'en approcha à pas de loups et reconnut sans grand mal Hayate, la tête posée sur un coude qui cachait un livre. Sora en déduisit qu'elle avait dut s'endormir en pleine lecture et alla chercher une petite couverture dont il recouvrit délicatement la jeune femme. Comme l'on retire un morceau de son trésor à un dragon, le jeune homme prit précautionneusement l'ouvrage sur lequel elle veillait, pour le remplacer par un coussin, tout de même plus confortable pour dormir. Il allait se caler à ses côtés sur le canapé lorsqu'il nota un reflet argenté dans sa masse de cheveux. Il reconnut alors, agréablement surpris, la barrette en forme de couronne qu'elle portait jadis et ne put empêcher sa main de relever tendrement une mèche blonde pour la révéler intégralement.

"...je ne dormais pas…"

La voix rouillée et endormie de Hayate indiqua qu'il l'avait réveillée par son geste. L'oeil embrumé et brillant de fatigue qu'elle posa sur lui tout en se défendant enfantinement de son état fit sourire Sora, qui s'installa confortablement dans le canapé, en lui répondant, amusé:

"Ah oui? Et pourquoi tu avais les yeux fermés alors? Hein ?"

Tel un chat paresseux, Hayate s'assit sur le canapé, ce qui fit tomber la couverture sur ses hanches. Elle se frotta un oeil de son petit poing, avant de lever un menton fier en direction de Sora, marmonnant:

"Je les reposais. Mais je montais la garde."

"Mouais… fit Sora peu convaincu, et taquin. Et les ronflements, c'était pour faire fuir les ennemis?"

Hayate lui lança un regard mi-vexé, mi-amusé avant de se défendre en attaquant: elle mit un petit coup d'épaule contre celle de Sora qui, joueur, lui rendit doucement la pareille. Leur jeu de ping-pong d'épaules dura quelques instants durant lesquels les deux jeunes gens étalèrent un franc sourire sur leurs lèvres, avant qu'Hayate ne se redresse en riant, tout en reprenant un ton faussement sérieux:

"Très bien, j'avoue ma défaite: j'admets m'être assoupie. Satisfait?"

Sora pencha la tête sur le côté, profitant de pouvoir la voir si joyeuse, et lui sourit de toutes ses dents, victorieux. Cependant, Hayate détourna vivement la tête pour tenter de cacher le livre qu'elle lisait avec tant d'acharnement. Mais Sora fut plus rapide: il se jeta en avant, se saisit de l'ouvrage, et le leva au-dessus de sa tête sous les plaintes de la jeune femme:

"Rends-le moi!"

"C'est quoi comme livre? demanda le jeune Élu en cherchant le titre sur la couverture alors qu'Hayate se couchait pesque sur lui pour attraper l'objet. Yvain, le chevalier au lion?"

La jeune femme lui arracha le roman des mains, irritée par son vol, et bougonna:

"C'est un ouvrage récréatif… Ce n'est pas une lecture sérieuse. Si c'est pour te payer ma tête…"

"Mais non, la rassura Sora en riant gentiment. Je me paye pas ta tête! Je suis curieux, c'est tout. ça parle de quoi?"

La gêne passée, Hayate redevint sérieuse et, tout en évitant le regard du jeune homme assis à ses côtés, entreprit de résumer l'oeuvre:

"C'est une histoire assez basique de chevalerie: la reine ne peut quitter la fontaine magique qu'elle protège et elle a besoin d'un protecteur pour celle-ci. Par devoir, elle épouse le chevalier qui a tué son ancien protecteur, Yvain. Leur amour est...compliqué. Lui est tiraillé par sa fidélité pour elle, et son besoin d'aventures, car il doit augmenter sa bravoure et ses qualités chevaleresques, ne se sentant pas digne de sa dame."

Au fut et à mesure de l'explication du scénario, Sora ouvrit de grands yeux bleus surpris: il savait qu'Hayate aimait les histoires de chevalerie mais la romance qu'elle venait de décrire… elle avait comme un air de familiarité pour lui… Ce fut pour cette raison qu'il demanda des précisions:

"Et Yvain… il y arrive? A devenir digne de sa dame?"

"Je l'ignore… avoua Hayate avec une sorte de passion dans la voix, en levant l'ouvrage devant elle. Je n'ai pas encore terminé le livre. Mais je n'arrivais pas à m'arrêter, car je suis arrivée au moment clé où Yvain a gagné une nouvelle identité, après être devenu fou de chagrin d'avoir perdu l'amour de sa dame et après avoir sauvé un mystérieux lion, qui semble, pour moi, être comme un double de lui-même…"

"...ça a l'air compliqué cette histoire…" commenta Sora nerveusement, tout en se grattant la nuque.

"Oh oui! soupira la jeune femme en reposant le livre sur la table du salon. Mais Yvain est plutôt obstiné, alors je ne pense pas qu'il va baisser les bras si facilement…"

Sora, se sentant de plus en plus proche de ce "Yvain", ne put s'empêcher de sourire tendrement à la jeune femme de son coeur: oui, lui non plus ne baisserait jamais les bras, Ventus avait raison: Hayate valait toutes les peines du monde. La jeune femme papillonna plusieurs fois des paupières devant son regard peut-être trop insistant, avant d'admettre, méditative:

"Tu sais… parfois j'ai l'impression que nous sommes tous les personnages d'une histoire. Et que toutes les fictions ont une base de réalité… peut-être, comme un écho de différentes vies au travers des différents mondes. D'après l'auteur de "Histoire de la Guerre des Keyblades", tous les mondes, symbolisés par des étoiles dans le firmament, auraient été jadis connectés les uns aux autres… Tu ne trouves pas cela incroyable?"

"Attends! explosa soudain Sora, dont le discours de la jeune femme avait donné une idée. Il faut que tu voies quelque chose!"

Pris d'un élan d'énergie, le jeune homme sauta par-dessus le canapé pour aller frapper un nouvel interrupteur mural: il revint ensuite au pas de course vers Hayate et lui prit les mains, la forçant à se mettre debout et la conduisant au centre du salon.

"Sora qu'est-ce que tu…?" s'enquit la défenseuse, sur ses gardes.

"Regarde !" dit simplement le jeune homme en levant le menton vers sa dernière création.

Le toit de Hautevent commença alors à s'ouvrir, un peu à la manière d'un capot automobile, et révéla aux deux jeunes gens le ciel empli d'étoiles étincelantes au-dessus d'eux, accrochées telles des perles lumineuses dans la toile bleu sombre de la nuit. Fier de sa manoeuvre "romantique", Sora commenta, en regardant le ciel qui se dévoilait progressivement à eux:

"Toute ma vie, j'ai rêvé de découvrir tous ces mondes. Je l'ai espéré toute mon enfance, alors que ce n'était qu'une simple légende que les adultes nous racontaient pour nous endormir. Et aujourd'hui, je suis à des années lumières de mon Île, qui doit être un tout petit point brillant dans cet énorme univers… alors je me dis, que t'as raison. Toutes les histoires sont peut-être vraies, quelque part, là-bas."

"C'est… murmura la jeune femme dont les yeux étaient rivés sur la voix lactée. C'est magnifique…"

Les yeux clairs et cristallins d'Hayate permettaient aux étoiles de s'y refléter intégralement, pigmentant ses iris brillantes de dizaines de petites lumières cosmiques. Sora, ayant toujours les mains de la jeune femme dans les siennes, les serra plus fort et se sentit comme soudain isolé du bruit du monde, de leur quête, et du tumulte de tous leurs soucis. Il savoura la solitude et la sérénité de ce moment privilégié et si rare, durant lequel Hayate et lui semblaient perdus au milieu des étoiles, dans un moment d'éternité partagé. Il repensa fugacement au poème sur le Ciel et la Lumière qu'il avait lu dans le carnet de Naminé et plongea quelques instants dans une rêverie éveillée, à l'intérieur de laquelle il s'imagina danser avec Hayate autour de la lune, tournoyant avec elle dans les cieux comme un satellite autour d'une étoile brillante, jusqu'aux premières lueurs du jour...

"Incroyable! s'exclama soudain la jeune femme à la crinière rose en pointant quelque chose du doigt. Une pluie d'étoiles filantes!"

"Ah? se réjouit Sora en souriant. Sur l'Île de la Destinée, il y a une coutume: quand on voit une étoile filante, on doit faire un vœu. Mais on ne doit surtout pas dire de quoi il s'agit exactement, sinon il risque de ne pas se réaliser…"

Lorsqu'il baissa les yeux sur Hayate, elle le regardait avec aphasie, se contentant d'observer le visage du jeune homme au-dessus du sien avec intérêt, comme si elle tentait de traduire l'un de ses mystérieux manuscrits. Petit à petit, Sora la sentit se détendre, puis elle plaça ses mains jointes devant elle en signe de prière et ferma les yeux, sans doute en train de formuler mentalement son souhait. Le jeune Elu de la Keyblade, quant à lui, leva ses yeux océan vers le ciel de nuit et souhaita de tout son coeur trouver un moyen de briser la malédiction de Kros, pour pouvoir passer le reste de sa vie avec la jeune femme qui l'avait oublié mais qu'il aimait tant. Après quelques instants de silence, Sora se tourna vers Hayate et demanda, d'une voix douce:

"Alors…? Tu as trouvé un joli voeu à faire?"

"J'ai… hésita la jeune femme en baissant le regard, fuyant celui de Sora. J'ai souhaité retrouver ce que j'avais perdu…"

D'un geste las, la jeune femme se détourna de l'Elu et perdit progressivement le sourire jadis accroché à ses jolies lèvres rouges. Inquiet, Sora osa demander:

"...ça va?"

Refusant toujours de le regarder, Hayate attrapa son propre bras balafré et déclara du bout des lèvres:

"Je crois… que je te dois des excuses..."

"Hein? s'étonna Sora en reculant sa tête de surprise. Pour quoi?"

"Je… hésita Hayate en abaissant ses sourcils roses de tristesse. Je suis arrivée à la conclusion que, d'une manière ou d'une autre, c'est toi… que j'ai oublié dans le Manoir…"

Ce fut comme si un éclair de douleur traversait le cœur de Sora de part en part. Alors elle avait déjà compris? songea-t-il en baissant la tête, cachant son regard triste derrière trois mèches brunes. Il serra les poings le long de son corps tout en prenant une expression sérieuse: comment gérer la situation maintenant?

"A ta réaction j'en déduis donc que tu le savais, affirma Hayate d'une voix sans timbre. Et que j'ai sans doute choisi de t'oublier consciemment…"

Sora releva brusquement la tête, ce qui fit voleter ses cheveux en pics vers le haut, et ses yeux bleu océan rencontrèrent ceux, célestes et mélancoliques, de la jeune femme, cachés sous sa mèche dorée. Le jeune homme ouvrit la bouche mais les mots se dérobèrent instantanément à sa pensée… il referma donc ses lèvres et jura à mi-mots entre ses dents serrées.

"Je suis sincèrement navrée Sora… ajouta Hayate, compréhensive et honteuse, en levant un bras en sa direction, avant de se raviser. Je...ne sais pas pourquoi j'ai pris une décision aussi horrible… J'ai l'impression d'être un…"

"C'était pas ta faute! intervint promptement Sora, pour la couper, avec passion. Tu n'avais pas le choix ! C'est...même moi qui t'ai poussé à me choisir, d'une certaine manière…"

Un frisson parcouru l'échine de Sora au souvenir de son passage au travers du mur qui avait détaché son âme de son corps. Le jeune homme détourna ensuite le regard, de crainte qu'Hayate n'y voit une vérité qu'il ne voulait pas qu'elle affronte si tôt. Cependant la jeune femme, loin d'être suspicieuse, ouvrit de grands yeux bleu célestine interloqués.

"Pourquoi…? s'étonna-t-elle, véritablement surprise. Pourquoi avoir fait une chose pareille?"

Sora fronça ses sourcils en V sur ses yeux et tourna un visage grave en direction de la défenseuse, avouant avec sérieux:

"Parce que tu allais mourir. C'était... le seul moyen."

Hayate, au comble de l'incompréhension, posa plusieurs doigts sur ses lèvres qu'elle commença à tapoter alors qu'elle tentait de résoudre cette illogisme à voix haute:

"Cela n'a strictement aucun sens…vraiment... il y a comme une donnée qui me manque pour comprendre toute cette situation, et même vous n'avez pas l'air de savoir exactement le souvenir que j'ai décidé d'effacer, à l'origine de la chaîne… et pourquoi j'ai perdu presque 1 an de bribes de souvenirs te concernant…?"

Sora, ne désirant pas la voir se tourmenter encore longtemps comme cela, fit un pas un sa direction et se saisit de ses épaules à l'aide de ses grandes mains, la forçant à lui faire face. La jeune femme, déstabilisée, le dévisagea des pieds à la tête plusieurs fois, mais ne dit rien.

"Haya… l'appela le jeune homme d'une voix qu'il voulait douce. Arrête de te torturer à essayer de retrouver ce souvenir. C'est pas grave, tu m'entends?"

"Mais… rétorqua la jeune femme dont les yeux cristallin brillaient dangeureusement. J'ai de plus en plus l'impression d'avoir perdu quelque chose de réellementimportant…"

Sora eut la soudaine envie de tout lui révéler, de tout lui dévoiler: leur fusion, leur amour, son choix face à Eraqus… Cependant, les conseils d'Iwako se rappelèrent tout aussi rapidement à sa mémoire et il ne put que se rendre à l'évidence: Hayate semblait déjà suffisamment s'en vouloir et lui rappeler le réel enjeu de son oubli ne pouvait que la déstabiliser davantage, voire faire naître en elle un sentiment de haine dirigé contre sa propre personne. De plus, Iwako craignait que Hayate se "force" à retomber amoureuse, ce que Sora voulait éviter à tout prix...Décidant donc d'employer la manière douce, le jeune homme entreprit de lui remonter simplement le moral. Il lui sourit et, d'un ton jovial et optimiste, il déclara:

"Et alors? C'est qu'un souvenir! Ok, ça doit pas mal compliquer tout le fil de ta mémoire… mais au final, personne n'est mort, non? Et grâce à toi, Ventus peut maintenant être avec nous! T'en… t'en fais pas pour moi."

Il lâcha les épaules de la jeune femme pour pouvoir frapper son torse du plat de la main droite, ce qui fit cliqueter la chaîne de son collier, en ajoutant:

"Au final, moi, tu m'as pas perdu, non? C'est pas le plus important?"

Hayate, ne sachant plus que répondre, baissa un instant le regard, avant de redresser son chef et de rendre un faible sourire à Sora:

"Mais d'où te vient toute cette nouvelle assurance…?" lâcha-t-elle avec une pointe d'amusement dans la voix.

Sora lui sourit de toutes ses dents, ravi de la voir rassurée, puis attrappa le petit doigt de la jeune femme, qu'il enlaça du sien. Avec sincérité, il déclama alors une tirade pleine d'espoir:

"Je sais que ça va peut-être n'avoir aucun sens pour toi, mais je te promets que quoi qu'il arrive dans le futur, je ferai toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour être avec toi. Et que même si j'arrive pas à récupérer tout ce que tu as perdu, je te promets de te créer pleins de nouveaux souvenirs! Peut-être même meilleurs que les anciens! Av...Avec moi."

Après quelques secondes d'hésitation, Hayate hocha la tête et resserra son oriculaire autour de celui du jeune homme, acceptant sa promesse. Contre toute attente, une larme roula sur la joue balafrée de Hayate, qui en fut la première surprise. Elle porta une main hésitante à sa pommette tachetée puis plaça la larme accrochée à son doigt à hauteur de ses yeux, étonnée. Puis, un puissant flash lumineux les éblouit tous deux, les forçant à fermer leurs paupières pour protéger leurs yeux habitués à l'obscurité du ciel étoilé, seule lumière au-dessus d'eux. Lorsque Sora parvint à rouvrir les siens, il fut également surpris de sentir un nouveau poids dans sa main directrice. Il tourna alors vivement la tête et nota, en oubliant de respirer quelques secondes, la présence d'une nouvelle Keyblade dans son poing fermé: cette pointe à cinq branches bleutées, cette courte double lame fine et argentée et cette garde aux ailes d'anges blanches et dorées… Sora connaissait cette Keyblade, pour l'avoir déjà maniée de par le passé. Sous le regard intrigué d'Hayate, le jeune Élu éleva l'arme devant lui, entre leurs visages, et la nomma avec un accent de nostalgie dans la voix:

"Tendre Promesse…"

Malgré le ton très romantique, on a quand même caché 2-3 indices sur les personnages... saurez-vous les trouver?
Et nous avons doublement choisi cette Keyblade car son nom en anglais est "oathkeeper", littéralement "gardienne du voeu", ce qui allait parfaitement avec la scène également.