Suite et fin de la partie Riwako écrite par Lirae!
Ventus s'est retrouvé, malgré lui, à organiser un rendez-vous amoureux entre Iwako et Riku... Mais comment ce dernier va-t-il réagir à l'arrivée inattendue de la magicienne?
Parfaitement surpris par la soudaine apparence de sa promise, Riku, penaud, fut momentanément ébloui par la scène devant ses yeux. Alors que la nuit était enfin tombée, les pétales blancs des fleurs désormais entièrement ouvertes illuminaient les environs d'une éphémère lumière fluorescente. Au sein de ce décor envoûtant se tenait Iwako, ses longs cheveux déliés soulevés par un brise légère tandis que sa peau opaline semblait capter le scintillement des astres nocturnes au-dessus de leurs têtes. Subjugué par l'image de la magicienne s'avançant vers lui d'un pas si léger qu'elle semblait flotter, Riku ne parvint qu'à balbutier une réponse vaguement intelligible.
« I-Iwako ? » répondit-il bêtement, la fixant de ses iris tremblantes alors qu'un sourire envoûtant dansait sur les lèvres corail de la jeune femme.
« Oui, c'est bien moi », confirma la magicienne en affichant un air amusé, le corps légèrement penché en avant alors qu'elle semblait attendre quelque chose de la part de Riku.
Dans un soubresaut, ce dernier enleva précipitamment sa veste sous le regard surpris d'Iwako. Puis, d'un mouvement involontairement maniéré, il posa la veste dans l'herbe, une main repassant précipitamment sur les divers plis de tissus pour les lisser.
« Ah », tenta-t-il à nouveau, la gorge sèche. « Je t'en prie, assieds-toi. »
La jeune femme s'avança vers Riku et se laissa tomber d'un mouvement élégant sur un pan de la veste noir, relevant la tête afin de fixer le jeune homme, qui se contenta de la regarder d'un air interrogateur. Face à l'incrédulité du jeune porteur, la bonne humeur de la magicienne sembla faner quelque peu.
« Ven m'a dit que tu m'attendais sur le terrain d'entraînement parce que tu devais me parler, mais tu n'y étais pas. Il s'est... trompé ? » tenta-elle d'esquisser comme explication à sa venue.
« Il a sûrement dû y avoir une sorte de malentendu », répondit Riku en haussant un sourcil confus, acceptant toutefois avec gratitude la présence de l'élue de son cœur en lieu et place de Ventus. « Mais je ne comprends pas comment il a pu confondre : viens t'entrainer avec moi et préviens Iwako que je l'attendrais. »
« Il a fui ! » comprit-elle subitement, un rire s'échappant de sa gorge. « Il m'a bien eue ! Je m'étais fait des films. »
« Comment ça ? »
« Ce n'est rien », répondit la magicienne. Son expression épanouie semblant subtilement fanée alors qu'elle balaya l'air de sa main comme pour écarter le sujet, avant de continuer. « Alors, qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Ah », répliqua Riku, hésitant. « Les fleurs. »
Une étincelle de compréhension illumina brièvement les iris améthyste de la jeune femme, qui papillonna des cils, examinant enfin la clairière où ils se trouvaient.
« Il y en a tellement ! » s'exclama-t-elle en observant l'étendue parsemée de fleurs luminescentes d'un œil admiratif. « Comme celle dans ta chambre ! Elles sont magnifiques... »
« Oui », murmura Riku en cachant son visage, gêné, derrière sa frange argentée. « Comme toi...»
D'abord surprise, le sourire de la magicienne prit un air taquin tandis qu'elle observait le jeune homme aux cheveux d'argent assis parmi une myriade de fleurs blanches luisantes.
« Je dirais plutôt comme toi », affirma-t-elle en effleurant du bout de ses doigts une des mèches du Maître de la Keyblade, lequel ne put s'empêcher de frémir suite à ce bref et inattendu contact. « Je te ferais volontiers une couronne avec. »
S'imaginant soudain avec un tel ornement floral sur la tête, Riku écarquilla les yeux, outré, et secoua la tête.
« C'est hors de question ! »
« Pourquoi ? » protesta la magicienne. « Ça t'irait si bien ! »
« Je… » commença le jeune homme tout en effectuant des voltiges cérébrales, cherchant une excuse pour ne pas admettre qu'il aurait tout simplement trop honte. « Je ne veux pas tuer les fleurs ! »
« Oui, c'est vrai », reconnut Iwako en hochant la tête, cependant visiblement déçue. « Tu as sans doute raison… ce serait dommage. »
C'est alors que Riku sentit la main de la jeune femme se glisser presque naturellement dans la sienne. Leurs doigts s'entrelaçaient dans une étreinte amoureuse alors qu'elle posait sa somptueuse chevelure bleutée sur son épaule. Ne s'attendant pas à cette soudaine proximité, le dos droit comme une planche et sa seconde main posées maladroitement sur son genou, le jeune homme avait l'impression que son cœur s'était brusquement échappé par sa bouche, afin d'y replonger la seconde d'après et de rejoindre un orchestre amateur dans sa poitrine. Depuis peu, la seule présence de la jeune femme à ses côtés le rendait nerveux et impatient : il cherchait incessamment le contact avec elle mais ne voulait pas risquer de la mettre mal à l'aise. Sentant la chaleur de sa peau contre sa paume, les sens de Riku étaient comme accentués, conscients de chaque mouvement d'Iwako, de chacun de ses cheveux soyeux qui caressaient subtilement l'épiderme non recouvert par son t-shirt. Alors qu'il se forçait à regarder en face de lui, la gorge sèche et priant pour qu'Iwako ne remarque pas la sueur qui se formait à présent dans sa nuque, il sursauta presque quand la jeune femme reprit parole.
« Je suis un peu déçue », admit-elle doucement, provocant la perte totale de tous les moyens de Riku. « Ventus, cet escroc, m'a donné de faux espoirs... »
Les mots de la magicienne s'éteignirent dans sa gorge, visiblement incertaine, tandis que Riku fixait d'un air paniqué le haut de son crâne. « Des faux espoirs ? » répéta-t-il dans sa tête. Attendait-elle quelque chose de lui ? Cela faisait effectivement un moment qu'il préparait un scénario de déclaration romantique, souhaitant avouer une fois pour toutes, officiellement, ses sentiments envers la magicienne. Il se doutait que la jeune femme devait ressentir quelque chose pour lui également mais il ne savait à quel point elle était prête à réellement s'engager, compte tenu notamment de la guerre qui guettait l'horizon de leur futur et des diverses incertitudes liées à leur condition respective. Avec tous ces problèmes, Riku n'était pas encore parvenu à trouver le courage de lui demander de rester à ses côtés, bien qu'il souhaitât, du plus profond de son âme, ne jamais la perdre. La peur l'en avait empêché… Toutefois, dans l'immédiat, il n'était pas prêt. C'était si soudain ! Il n'avait pas révisé son texte ! Il n'avait pas la boucle d'oreille qu'il avait si soigneusement préparée pour faire comprendre à la jeune femme qu'il voulait garder un fragment d'elle auprès de lui en tout temps. Alors que le Maître de la Keyblade paniquait pitoyablement, le corps figé, Iwako releva ses grands yeux entourés de longs cils noirs vers les siens.
« Riku, je ne veux plus attendre », murmura-t-elle, l'émotion faisant trembler ses iris violacées. « Rien n'est certain dans ma vie : ni mon futur, ni mon passé. J'aimerais avoir quelque chose dont je n'ai pas besoin de douter en permanence… »
Demeurant stupidement mutique, Riku savait qu'il devait dire quelque chose mais sa nervosité lui coupa momentanément la parole. Orateur peu habile qu'il était, à tout le moins quand il s'agissait d'exprimer ses sentiments, il n'arrivait pas à formuler en paroles ce qu'il ressentait pour la magicienne.
« I-Iwako », bégaya-t-il, penaud, tandis qu'il aperçut le reflet de son faciès ahuri dans les grands yeux en amandes lui faisant face, se perdant entièrement dans les profondeurs violacées du regard de la magicienne.
« Je voulais te laisser prendre les devants », soupira finalement Iwako, esquissant un sourire dépité face au silence prolongé du jeune homme. « Mais je crains qu'à ce rythme on n'arrive nulle part. »
D'un mouvement décidé, la jeune femme abandonna le bout de tissu sur lequel elle était jusqu'alors assise et se plaça directement devant Riku, le torse penché en avant.
« Est-ce que tu m'apprécies, Riku ? » s'enquit-elle en plongeant son regard dans le sien.
Celui-ci ne parvint qu'à hocher bêtement la tête, les mots lui manquant toujours misérablement.
« Tu m'apprécies… » continua la magicienne en posant une main sur le sol devant elle, diminuant la distance qui les séparait. « Plus qu'une amie ? »
Toujours si ridiculement tendu, le jeune homme dont le corps s'était subtilement penché en arrière dans un geste de fuite, attendit un instant, hésitant, avant de s'avancer à son tour et de hocher à nouveau la tête. D'un geste plein de douceur, les doigts de la jeune femme se posèrent sur les hautes pommettes de son interlocuteur toujours cloué sur place, son index jouant brièvement avec ses mèches argentées.
« Est-ce que tu me trouves belle ? » continua la jeune femme d'une voix douce, une profonde affection se lisant dans ses prunelles brillantes de toute splendeur.
A court de souffle, le jeune homme, irrémédiablement fasciné par chaque parole qui s'échappait de la bouche d'Iwako, ne put que répéter, à plusieurs reprises successives, le lamentable mouvement de tête qui lui servait désormais de seul moyen de communication... Esquissant un magnifique sourire qui atteignit le coin de ses yeux, lui donnant un air subtilement facétieux, la magicienne s'avança encore davantage vers le jeune homme. Se trouvant pratiquement blottie contre le torse musclé du Maître de la Keyblade, son visage pâle était si proche de celui de Riku qu'il sentit son souffle chaud sur sa propre peau, parcourue de chair de poule. Il était à présent si près d'elle qu'il pouvait compter les cils sur ses paupières semi-closes, leurs cheveux bleus et argentés s'entremêlant entre leurs fronts telle une galaxie. Il sentit le nez de la jeune femme effleurer les sien subtilement, quand elle demanda dans un chuchotement nerveux :
« Est-ce que tu me trouves… attirante ? ».
Dans une inspiration haletante, Riku ferma les yeux et franchit finalement de son propre gré les derniers millimètres qui les séparaient encore l'un de l'autre. Posant ses lèvres sur celles de la jeune femme, l'une de ses mains caressait amoureusement sa joue recouverte de trois grains de beauté avant de se glisser, tout d'abord hésitante, dans sa soyeuse chevelure. L'odeur de freesia qui émanait du corps élancé de la magicienne se mélangeait à l'arôme omniprésent des Belles de Nuits en pleine floraison qui les entouraient de toute part, enivrant l'esprit déjà embrumé du jeune porteur. Iwako avait glissé ses bras autour des larges épaules de son amant, qui s'était empressé de la soulever d'un mouvement puissant de bras afin d'annihiler les derniers micro-espaces qui l'éloignaient encore du corps brûlant de l'élue de son cœur. Leurs souffles respectifs s'unissaient dans des halètements fiévreux et le cœur du jeune homme s'enflammait de bonheur alors qu'il ressentait la profonde convoitise de la magicienne dans chacune de ses caresses. Riku, qui se rendit alors compte d'avoir avidement dérobé le souffle de la jeune femme, se retira afin de lui permettre de calmer sa respiration. Front contre front, leurs regards électrifiés ne quittaient pas le visage de l'autre et le Maître de la Keyblade se perdit dans l'admiration des joues empourprées de sa bien-aimée.
« Et..et bien », lâcha-t-elle enfin entre deux expirations saccadées, penchant la tête sur le côté avec un sourire exalté. « J-je ne m'attendais pas à ça... »
Pensant qu'elle faisait sans doute référence à son incapacité totale de mouvement préalable, Riku se permit d'éclater de rire alors qu'il s'abandonnait dans un câlin reconnaissant, son visage enfoui dans la nuque de Iwako.
« J'ai moi aussi trop d'incertitudes dans ma vie », admit le Maître de la Keyblade dans un murmure plein d'affection. « J'ai jamais été sûr de quoi que ce soit : de ma famille, de qui je suis, de qui je serai. J'ai toujours été perdu, désorienté…mais plus maintenant. Pas à ton sujet… »
Alors que le jeune porteur sentit les bras couleur d'ivoire de la jeune femme se resserrer autour de ses épaules voutées, il répétait incessamment dans sa tête ces trois mots qu'il voulait lui communiquer et finit par murmurer, d'une voix si timide et étouffée qu'elle ne l'entendit sûrement pas, ces paroles qu'il n'avait plus utilisées depuis sa plus tendre enfance :
« Je t'aime… »
Confronté à la peau claire du cou de la jeune femme, il se permit d'y déposer un bref baiser maladroit et sentit la jeune femme frémir intensément entre ses bras. Malheureusement, une des mains d'Iwako atterrit aussitôt sur le visage angulaire de Riku et le repoussa vers l'arrière. Celui-ci aperçut l'adorable expression d'affolement sur le visage enflammé de la magicienne qui s'exclama en rougissant de plus belle.
« Ç-ça suffit ! ! » l'admonesta alors qu'elle posa une main opaline à l'endroit où Riku avait apposé son baisé furtif. « Les autres doivent nous attendre pour manger ! »
« J'ai pas faim », protesta le Maître de la Keyblade avec le plus grand sérieux du monde alors qu'Iwako s'était relevée, époussetant désormais ses vêtements.
Interrompant son geste, Riku attrapa gentiment une des mains de la magicienne et la regarda avec adoration.
« Reste avec moi… » murmura-t-il tendrement en la sollicitant du regard. « Juste toi et moi. »
« Tu ne vas quand même pas me laisser y retourner seule », répondit-elle d'un air enjoué en détournant la tête, échouant cependant à dissimuler ses oreilles empourprées par l'embarras.
S'avouant finalement vaincu, les épaules du jeune porteur s'affaissèrent tristement, celui-ci ne souhaitant rien de plus que de rester dans ce champ de fleur en compagnie de l'élue de son cœur. Alors qu'il empoignait sa veste restée au sol, la jeune femme s'avançait déjà en direction du chemin de ronde menant à l'académie sous le regard plein de tendresse du Maître de la Keyblade. Puis, elle s'arrêta, sa fine silhouette illuminée par l'éclat de la lune alors qu'elle se tourna vers Riku, la main tendue en guise d'invitation.
« Tu viens ? » lui demanda-t-elle d'un timbre timide, lequel contrastait de manière impressionnante avec sa précédente audace.
Avec un sourire si radieux qu'il pouvait illuminer la nuit, le jeune Maître de la Keyblade se leva aussitôt, s'élançant en direction de sa bien-aimée et ils marchèrent, main dans la main, jusqu'au sommet entouré d'étoiles.
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Ventus venait de poser un énorme plat de nouilles sautées au poulet au milieu de la table autour de laquelle étaient déjà assis tous les habitants du vaisseau gummi. Comme de coutume, Sora commença par se servir une portion conséquente puis, restant un bref instant suspendu dans ses pensées, s'empressa de prendre l'assiette d'Hayate pour y décharger sa pince remplie de pâtes dégoulinantes de sauce. Pendant ce temps, Riku, qui faisait usuellement partie des premiers à se jeter sur la nourriture telle une bête affamée, se contentait de regarder dans le vide, un sourire béat sur son visage habituellement si impassible. Comme un daltonien découvrant toutes les nuances de couleurs jusqu'alors inconnues, le monde semblait resplendir de beauté et Riku se sentait palpiter d'une sensation de bonheur et de ravissement profond.
"Ventus, interpella-t-il subitement l'ancien élève d'Eraqus, le fixant droit dans les yeux alors que celui-ci se figeait tel un écureuil pris sur le fait. Si un jour tu as besoin de mon aide, tu peux me demander n'importe quoi. J'ai une dette envers toi."
Le jeune homme blond resta de marbre, si perdu que Riku eût l'impression de voir un énorme point d'interrogation se former au-dessus de sa tête, avant d'esquisser un sourire incertain et de répondre:
"Euh, merci?"
"Ça y est, murmura à son tour Hayate en pointant le Maître de la Keyblade d'une fourchette accusatrice. Son cerveau semble avoir finalement cessé tout fonctionnement. Cela devait se produire tôt ou tard."
Alors que l'ensemble de la tablée semblait attendre l'habituelle réplique sanglante du jeune homme, celui-ci se contenta d'hausser les épaules et d'adresser un honnête sourire en direction de la défenseuse, trop heureux pour se laisser provoquer.
"Tu sais Hayate, soupira-t-il en fermant les yeux. Je ne t'ai jamais avoué à quel point tu occupais une place d'honneur dans mon estime. J'admire ton esprit analytique et ton courage sans faille. Merci d'être mon amie et de m'accepter malgré tous mes défauts."
Sous les yeux tétanisés de l'équipage, le visage rond de Hayate perdit brusquement toute coloration et une sincère inquiétude se lut dans ses yeux célestine.
"Riku!? s'exclama la guerrière en se levant de table, alarmée, s'approchant de lui afin de tirer ses deux joues vers le bas avec ses pouces, de sorte à lui permettre d'observer de plus près les yeux turquoise du Maître de la Keyblade. Tu es malade? Tu as de la fièvre? Iwako, fais un soin, quelque chose ne va pas! Il est en plein délire!"
"Cesse, intervint calmement Riku en écartant les mains anxieuses de la jeune femme. Je suis seulement de bonne humeur, il n'y a pas lieu de s'inquiéter."
"C'est contre nature", répliqua cependant Hayate en secouant la tête, posant une main sous son menton avant d'écarquiller les yeux, horrifiée. Xehanort, tu ne nous auras pas! Sors de ce corps !"
"On se calme, intrevint alors hâtivement la voix d'Iwako qui s'interposa entre les deux Porteurs, une pince de nourriture à la main. Riku est en excellente santé – je vous l'assure – alors arrêtons ce cinéma et mangeons."
"C'est vrai, continua Ventus en aspirant une nouille rebelle dépassant d'entre ses lèvres. Je ne pense pas que Xehanort se ferait passer pour Riku en… affichant une expression de joie profonde. Je ne le pense même pas capable d'éprouver un tel bonheur."
"Tu as sans doute raison" lâcha finalement Hayate en rejoignant sa place à côté de Sora, qui semblait se contenter d'observer la situation. Cela étant, s'il continue à afficher cette expression stupide, je risque de régurgiter mon repas."
Imperturbable, Riku ignora les insultes de la défenseuse et le débat concernant sa santé mentale, laissant son esprit s'évader librement dans ses souvenirs avec Iwako. Empli de contentement, son cœur s'envolait allégrement dans sa poitrine alors qu'une succession d'images défilaient dans sa tête. Il songea brièvement au chemin parcouru depuis leur rencontre à tous les deux, notamment à la subtile expression de dégoût que la magicienne affichait autrefois alors qu'elle s'essuyait les mains après avoir ausculté Riku. Se rappelant alors de leur baiser passionné sous la pleine lune, le Maître de la Keyblade se mit à ricaner bêtement, savourant sa victoire sur l'hypocondrie maladive de sa promise. Perdu dans ses rêveries, Riku avait complètement oublié l'existence de son assiette, remplie à n'en plus pouvoir, et de ses compagnons, dont une partie continuait à l'observer, interdite. Ses songes utopiques furent finalement interrompus quand il sentit une douce caresse sur ses phalanges. Jetant un regard sous la table, il vit la main pâle d'Iwako se poser prudemment sur la sienne, laquelle était mollement posée sur sa cuisse. Souriant de plus belle et sentant son coeur s'emballer, Riku entrelaça ses doigts rugueux avec ceux, fin et délicats, de la magicienne. Alors qu'il sentait la chaleur caractérisitque d'une euphorie profonde lui monter au visage, il aperçut du coin de l'oeil les joues de porcelaine de la jeune femme s'embraser également. Celle-ci s'empressa alors d'attraper un verre d'eau de sa main libre et en prit une gorgée hâtive, cachant quelque peu son expression adorablement gênée des autres membres de l'équipage.
C'est alors que Riku sentit un regard perçant lui venir depuis le bout de la table. Levant les yeux, il repéra les iris bleutés de Sora, qui le fixait avec une expression de suspicion marquée, tout en mâchant avec acharnement un bout de poulet visiblement très coriace. Riku leva un sourcil en direction de son meilleur ami, interrogateur. En guise de réponse, les pupilles de l'élu de la Keyblade s'agitèrent violemment, se posant alternativement sur Iwako et Riku à l'image d'une manche de tennis de table oculaire. Face à l'expression pleine d'attente de Sora, Riku esquissa un nouveau sourire et, fermant les yeux, adressa un discret hochement de tête en direction du jeune homme manifestement dévoré par la curiosité. Ce dernier écarquilla brutalement les yeux, excité, et ressembla brièvement à un ballon de baudruche sur le point d'exploser. Craignant ainsi le pire, le Maître de la Keyblade le fixa gravement, lui intimant silencieusement qu'ils allaient en "parler plus tard".
Lirae, par souci de toujours bien faire, vous demande votre avis sur cette scène (délicate et tant attendue!) entre nos deux protagonistes.
Qu'avez-vous pensé des réactions des personnages?
Merci d'avance pour vos retours!
