Nsperis revient aujourd'hui pour publier la première partie d'un chapitre qui n'a cessé de s'allonger!
En effet, très inspiré d'avoir retrouvé Sora et d'écrire à nouveau dans sa peau, la suite du monde promet d'envoyer la pâtée!
Ceci est la suite directe de "une clé pour nous guider". Bonne lecture!
PS: l'entier du chapitre a été écrit en écoutant la chanson "Invincible" de Skillet.
Une fois la lumière du portail interspatial de Yen Sid résorbée, Sora dut cligner plusieurs fois des paupières, ébloui, et entendit la porte stellaire se refermer dans son dos dans un bruit sec. Lorsque ses pupilles se furent habituées à leur nouvel environnement, le jeune homme faillit avaler sa langue en découvrant le monde dans lequel ils venaient de pénétrer: loin de la désolation de la Fin du Monde et du paysage pluvieux et triste d'Illusipolis, le nouveau quartier général de l'ennemi était une magnifique cité blanche constituée de centaines de maisonnettes fleuries, toutes plus accueillantes les unes que les autres. Les ruelles pavées sous les grandes chaussures jaunes et noires de Sora, d'une propreté exemplaire, semblaient parcourir les méandres d'un îlot urbain surmonté d'une resplandissante citadelle, dont les décorations dorées miroitaient royalement, un soleil estival révélant toute leur splendeur. Sora, après avoir remarqué qu'ils étaient apparus sur une sorte de débarcadère, leva la tête lorsqu'il entendit un bruit de rouages lourds et sourds. Il nota alors la présence de gigantesques câbles transportant ce qui ressemblaient à des cabines et qui semblaient ingénieusement actionnés par d'impressionnantes éoliennes cuivrées, qui tournaient paisiblement grâce à une brise maritime. Lorsque le jeune Élu de la Keyblade se retourna pour admirer un magnifique océan azuré, qui lui renvoya le reflet de dizaines de cité-îlots similaires tout autour d'eux, l'odeur du sel marin le piqua d'un bref élan de nostalgie dirigé vers son monde natal…
"Par Kingdom Hearts… souffla Hayate à sa droite. Cet endroit est une merveille…"
Le jeune homme nota l'admiration dans les yeux célestine de sa compagne, et eut un douloureux pincement au coeur, sachant que sa prochaine réplique allait sans doute briser tout l'émerveillement qu'il lisait actuellement sur le visage rond de la défenseuse:
"Scala machin chose… Le monde scellé. On est arrivé. Maintenant, on doit vite retrouver Riku et Iwako!"
Hayate sembla se reprendre et dévisagea son compagnon avec une moue amusée tout en le corrigeant:
"Scala ad Caelum. Cela signifie, "les escaliers du ciel"...ou "qui mènent au ciel", si je devais être plus précise… Mais tu as raison. Ne nous égarons pas dans notre quête, la magnificence de ce monde est peut-être un piège!"
A peine eut-elle terminé sa phrase qu'un puissant roulement de tambours parcourut le sol pavé sous les semelles de l'Elu, faisant trembler sa voûte plantaire et vibrer toute sa colonne vertébrale. Les deux jeunes gens se dévisagèrent alors que le bruit caractéristique d'un raz-de-marrée retentissait dans leur dos, venant d'une quelconque abysse maritime hors de leur champ de vision.
"Qu'est-ce que c'est…?" osa demander Sora, de moins en moins rassuré.
"Un tremblement de terre…? hypothétisa Hayate en pliant les genoux pour garder son équilibre. Ou peut-être une explosion?"
Le cataclysme ne dura que quelques secondes, cependant les deux jeunes gens n'eurent pas le temps de se poser de plus amples questions sur son origine que Souvenir Perdu apparut dans la main d'Hayate dans un entrelacs d'étoiles noires, rapidement imitée par Tendre Promesse, qui jaillit dans un léger tintement dans le poing serré de Sora, qui l'attrapa rapidement avec sa seconde paume, pliant les genoux et prenant instinctivement sa position de combat habituelle. Alors qu'une dizaine de Nouvelles Ombres et de Similis de type ninja apparaissaient tout autour d'eux, la défenseuse se rapprocha de Sora en lâchant avec sarcasme:
"Le comité de bienvenue est plutôt zélé par ici, je dois bien l'admettre…"
Le jeune homme sourit malgré toute la précarité de la situation en dévisageant le profile martial de la jeune femme qui se tenait, droite, fière et confiante, à ses côtés: il savait que tant que Hayate serait avec lui, il se sentirait comme invincible, sa force allumant en lui le feu du courage. Sora lui répondit donc avec une certaine fougue, tout en fronçant ses sourcils en V alors qu'une seconde horde d'ennemis des Ténèbres se ruaient déjà vers eux depuis l'autre extrémité de l'embarcadère:
"Je te couvre… A toi l'honneur!"
Ne se faisant pas prier, Hayate détala brusquement en direction du cœur de la cité portuaire, tranchant sur son passage, à l'aide d'habiles moulinets aériens de sa brutale lame noire, les corps des Sans-Coeurs qui osaient lui barrer la route. Sora la suivait de près, utilisant sa lame blanche pour lancer des sortilèges de Brasier sans s'arrêter de courir, faisant exploser dans les airs tous les Similis qui sautaient régulièrement sur la défenseuse. Quand les deux Porteurs de Keyblades parvinrent au centre d'une grande place ronde dont le dallage rosé rappelait les étranges arabesques noircissant le Livre des Prophéties, le jeune homme souffla sur une mèche brune qui lui barrait la vue et se mit dos à dos avec sa partenaire, réalisant qu'une nouvelle armada d'adversaires, dont des Similis de type faucheurs, fondaient déjà sur eux à une vitesse ahurissante. A croire que leurs coeurs étaient la seule pitance que ces créatures aient eu à se mettre sous la dent depuis des semaines!
"Ensemble?" proposa Sora en ouvrant sa grande main en direction de l'épaule d'Hayate, lui révélant la Clé du Feu qui brillait d'une chaude aura rougeoyante.
"Hm! fit Hayate suivi d'un claquement de langue satisfait. Comme cette fois-ci nos opposants ne sont ni Iwako ni Ventus, je propose que l'on montre à ces misérables de quel bois on se chauffe…"
Reproduisant alors les mouvements qu'ils avaient inventés lors de leur duel amical à la Contrée du Départ, l'Élu de la Keyblade et la défenseuse relâchèrent simultanément toute la puissance magique contenue dans leurs Clés des Éléments respectives, générant un véritable cône d'air enflammé tout autour d'eux, dont les murs de braises incandescentes se répandirent telle une vague de mort ardente sur tous les êtres des Ténèbres présents dans leur périmètre. Une fois l'attaque combinée achevée, Sora se passa l'avant-bras sous la frange pour y chasser des perles de transpiration (dues à la fournaise qu'ils avaient générée) et nota rapidement que le sol nacré de la ville avait fondu par endroit, l'Air ayant augmenté exponentiellement la chaleur du Feu de la Clé du jeune homme. Malheureusement, la mystérieuse cité leur réservait une surprise des plus déconvenues. En lieu et place d'une fanfare de victoire bien méritée, une sorte de voix métallique et éraillée, semblable à un signal d'alarme, résonna bientôt tout autour des deux Porteurs de Keyblades:
"Un appareil de communication étranger a été retrouvé au port. Un intrus se trouve dans ce monde. Il se fait passer pour Neo Riku. Capturez-le mais ne l'éliminez pas. Je répète…"
Sora eut à peine le temps de réaliser que la voix de Lauriam venait de sortir d'un Sans-Coeur dont la bouche lui rappelait comiquement une trompette, qu'il se sentit poussé contre un mur d'albâtre et qu'une main se plaqua contre sa bouche. Alors que leurs deux Keyblades disparaissaient dans des gerbes de couleurs antithétiques, l'Élu réalisa qu'Hayate les avait cachés dans une ruelle étriquée, étroitement camouflée dans l'ombre de deux maisons aux charmants volets bleus. Alors que Sora sentait le souffle chaud et accéléré de la jeune femme de son coeur sur ses propres joues, ses yeux océan suivirent sans un mot une horde d'énormes Similis berserkers se traîner lourdement dans la grande rue devant eux, déplaçant leur lourd corps massif à l'aide de leurs mortelles Claymores. Les Similis étaient un type d'ennemis, de par leur nature, plus puissants que les Sans-Coeurs. Or ce n'était pas tant leur nombre qui inquiétait à présent Sora mais plutôt leur variété… Que tant de Similis différents soient rassemblés au même endroit ne pouvait signifier qu'une seule chose: leurs maîtres, à savoir des anciens Membres de l'Organisation XIII devenus Chercheurs des Ténèbres à la solde de Xehanort, devaient tous se trouver actuellement dans ce monde… Le jeune homme savait qu'Hayate et lui pouvaient se débarrasser aisément des sous-fifres. En revanche, l'idée d'affronter une dizaine de Chercheurs simultanément n'augurait rien de bon! Tandis que la jeune femme libérait enfin les lèvres de Sora tout en levant son visage barré d'une cicatrice en direction du ciel d'un bleu paradisiaque dans le but de réécouter le message d'alerte qui repassait en boucle, elle murmura avec ironie:
"Sacré Riku... Plutôt futé, mais il semble être dans de beaux draps maintenant…"
Sora frissonna lorsqu'il réalisa que la jeune femme était toujours collée à son dos et fit un pas de côté pour remettre un peu de distance physique entre eux, sans quoi ( il en était bien conscient) il ne serait pas capable de garder les idées tout à fait claires!
"Mais où est-ce qu'il peut bien être?" demanda le jeune homme à sa compagne en chuchotant hâtivement, inquiet pour son meilleur ami.
"En toute logique, supposa Hayate, dont les yeux de cristal scrutaient nerveusement le ciel au-dessus d'elle. Il doit être à la recherche d'Iwako."
"On doit trouver un moyen de leur signaler notre présence au plus vite! décida Sora. On peut pas rester cachés ici jusqu'à ce qu'ils attrapent Riku ou fassent du mal à Iwa!"
Il vit les yeux clairs d'Hayate s'agiter dans ses orbites, comme si elle était en train de rapidement parcourir une liste d'actions possibles devant elle. Puis, brusquement, la jeune femme s'attrapa la tête de ses deux mains. Tandis que les respirations de la Défenseuse devinrent plus profondes et horriblement hâtives, elle posa une main tremblante sur un mur, comme pour s'empêcher de tanguer. Pris de court par ce qui ressemblait à une sorte d'attaque psychique, Sora baissa la tête pour mieux examiner la jeune femme et aperçut un inquiétant craquellement apparaître le long d'une de ses joues perlées de tâches. Le jeune homme posa une main sur le dos de la défenseuse et demanda d'une voix empreinte d'appréhension:
"Haya? ça va?"
Un sombre murmure, sorte de gémissement répétitif, sortait des lèvres mi-closes de la défenseuse. Sora dut se pencher un peu plus vers elle pour entendre ce qu'elle marmonnait: lorsqu'il rencontra ses yeux gris et froids désertés de tout iris, il ne sut si l'aspect physique de la jeune femme était plus préoccuppant que les mots qui s'échappaient de sa bouche:
"...la protéger…Je dois la protéger…Je dois la protéger… Je dois…"
Ne sachant que faire d'autre pour la ramener à la réalité, l'Élu de la Keyblade se saisit des épaules de la défenseuse de ses deux grandes mains, la força à se redresser et la secoua tout en s'exclamant:
"Haya! Reprends-toi! J'ai besoin que tu restes avec moi!"
La brutalité de son action porta heureusement ses fruits et la jeune femme ébroua finalement sa tignasse de gauche à droite, cessant de psalmodier son inquiétante tirade monotone. Quand Sora croisa à nouveau son regard, il avait repris sa traditionnelle couleur bleutée célestine. Cependant, la "brisure", semblable à de la porcelaine écaillée, était toujours visible sur sa pommette.
"Qu'est-ce que tu as?" voulut comprendre le jeune homme, serrant une paume encore alarmée autour du biceps de la guerrière.
"Je l'ignore… admit sa compagne en caressant d'un doigt hagard son étrange blessure. J'ai… eu comme une absence… cela doit être à cause du manque de sommeil…Que disais-tu?"
Sora la dévisagea en fronçant les sourcils, peu convaincu par sa justification. Néanmoins, ils n'avaient pas vraiment le temps de prendre du repos: chaque minute passée en territoire ennemi les mettait non seulement en danger, mais les éloignait de leur objectif: retrouver Riku et Iwako.
"Je disais, reprit-il donc, qu'on ne peut pas rester cachés ici. On doit trouver un moyen de montrer à Riku et Iwako qu'on est dans le même monde qu'eux. Mais on ne peut pas risquer de se faire attraper non p…!"
Une soudaine idée frappa l'esprit de l'Élu de la Keyblade, qui ne termina jamais sa phrase et enchaîna, promptement, avec une proposition impétueuse:
"Et si on faisait diversion?! Je propose d'attirer les Sans-Coeurs et les Similis dans un coin de la ville, puis on pourra s'enfuir en sens contraire! ça ferait un max de bruit, signalant notre présence, et on pourrait en profiter pour aller vers cette grosse citadelle: ça ressemble à un Q.G. Iwako est sans doute emprisonnée là-bas!"
Hayate papillonna plusieurs fois de ses longs cils roses, éberluée. Après quoi elle ricana et demanda d'un ton qu'il aurait qualifié d'admiratif:
"Qui dois-je donc remercier pour t'avoir enfin enseigné l'utilisation efficace de stratagèmes militaires?"
La question, pourtant posée innocemment, doucha subitement tout l'enthousiasme de Sora pour laisser place à une amère réalité: elle avait oublié…
"Toi…" lâcha-t-il du bout des lèvres, ne pouvant cacher sa peine.
Hayate se rembrunit, son timide sourire se résorbant à mesure que la culpabilité prenait sa place sur ses traits. Sora ouvrait la bouche pour s'excuser, mais Hayate, ne perdant pas le nord, secoua sa crinière rose en tous sens et trancha, froidement mais sans méchanceté:
"Tu n'as pas besoin de te répandre en excuses, tu n'y es pour rien. C'est moins important qu'Iwako et Riku… Et justement…"
La jeune femme sortit une longue carte de l'une de ses poches, qu'elle plaça devant son visage en déclarant alors:
"Je pense avoir trouvé une diversion… de taille."
Comprenant la manœuvre en reconnaissant la carte d'invocation, Sora leva un pouce devant lui pour lui signifier qu'il approuvait ce plan. Sans plus attendre, Hayate jeta en l'air l'objet gagné dans le Manoir Oblivion, après quoi elle le brisa d'un violent coup de pied pour libérer son pouvoir et ordonna:
"Brynhildr! S'il te plaît: donne-nous le temps d'atteindre la citadelle!"
La gigantesque femme protégée par son armure vermeille se matérialisa progressivement au-dessus de leur tête, son corps massif à peine visible entre les deux toîts des maisons où ils se cachaient. La chimère parut tout à fait comprendre la stratégie de sa maîtresse, car elle se contenta d'hocher la tête avant de sauter, dans un bond de titan, dans la direction opposée à la forteresse blanche qui les surplombait de son ombre.
"Ne traînons pas! s'exclama Hayate en partant en trombe dans un dédale de ruelles tout en faisant signe à Sora de la suivre. Ce bâtiment a l'air de dominer toute la ville: même si Iwako et Riku ne s'y trouvent pas, de là-haut on sera plus en mesure de les repérer!"
Alors que le jeune homme emboîtait le pas précipité de sa compagne, il entendit un assourdissant vacarme dans son dos, lui confirmant que Brynhildr avait commencé son massacre guerrier vers le quartier portuaire qu'ils venaient enfin de quitter. Les deux jeunes gens couraient à en perdre haleine, dérapant dans les ruelles ombragées de Scala ad Caelum, évitant les places centrales en tournant au dernier moment dans un passage de traverse encombré d'affiches. Ce fut alors qu'un nouveau message, prononcé cette fois-ci par la voix sans émotions d'Ansem, retentit au-dessus de leur tête tel un compte à rebours funeste:
"D'autres Porteurs ont infiltré la ville. Ils se cachent dans les faubourgs. Leur vie nous importe peu. Débusquez-les et éliminez-les. Ils ne doivent en aucun cas aider la prisonnière à s'échapper."
Sora sentit une goutte de transpiration rouler le long de sa nuque, et ce n'était pas tant à cause de l'effort physique qu'il venait de réaliser, qu'à cause de l'angoisse d'être massacré par une armée de Chercheurs des Ténèbres.
"Là on est mal! commenta-t-il en se camouflant derrière une étale encombrée de fruits et légumes frais, accroupi derrière Hayate. Qu'est-ce qu'on fait maintenant?!"
La jeune femme reprit son souffle après quoi elle se permit un sourire amusé et tourna vers lui deux yeux cristalins ainsi qu'un poing fermé en déclarant:
"Je crois que l'heure n'est plus à la subtilité, ce qui risque de beaucoup te plaire…"
Voyant la Clé de l'Air briller d'une lueur turquoise dans l'autre paume de la défenseuse, Sora saisit le message et agrippa fermement l'avant-bras de la jeune femme aux cheveux roses, se souvenant de ce qu'elle avait été capable de faire dans le Manoir Oblivion. Hayate réalisa un bond si rapide et puissant que Sora sentit son estomac partir dans ses talons et son cerveau mit quelques secondes à réaliser qu'ils se trouvaient à présent à plusieurs mètres au-dessus des toitures de la ville, fonçant à toute vitesse en direction de l' impressionnante citadelle blanche repérée tantôt. Sora crut apercevoir une énorme machine mécanique nichée sous la bâtisse grillagée lorsqu'il reçut un douloureux choc en pleine poitrine. La surprise lui fit lâcher la main d'Hayate et il dévia de sa trajectoire, allant terminer sa course aérienne sur la toiture d'une grande maison de nacre, les tuiles vertes éclatant sur son passage alors qu'il serrait les dents en tentant tant bien que mal de protéger sa tête des ses bras en prévision de son imminent impact. Finissant son vol plané dans un mur encombré de boîtes aux lettres, il parvint de justesse à éviter un pot de fleurs qui alla se briser entre ses jambes alors qu'il voyait, paniqué, le corps d'Hayate s'écraser brutalement contre une autre façade de marbre dans un bruit mat.
"Je t'avais bien dit qu'ils finiraient par sortir de leur cachette…"
Sora reconnut la voix chantonnante de Lauriam avant de voir sa désagréable chevelure saumonée. Le Chercheur de Ténèbres déposa sa faucille démesurément grande à ses côtés, debout sereinement sur le balcon d'un bâtiment adjacent, le fixant de ses yeux couleur de sève. L'Élu de la Keyblade, en tentant d'ignorer son dos ankylosé, sauta sur ses jambes et fit apparaître son arme blanche tout en cherchant la personne à qui l'ancien chef du Manoir Oblivion venait de s'adresser. Quel ne fut pas son dépit de reconnaître les mèches blondes et folles de la harpie qui semblait bien décidée à s'acharner sur Hayate et lui…
"Oh oui tu as raizon, minauda Arlène en s'évantant à l'aide d'une rangée de poignards coincés entre ses doigts gantés. Les inzectes finizent touzours par zortir de leur trou…"
Sora abaissa ses épaules crispées, déconcentré par le ridicule zozotement de la Nymphe Furieuse. Tandis que les deux Chercheurs planaient en sa direction, leurs manteaux noirs voletant telles des capes derrière eux, le jeune homme plissa les paupières pour tenter de discerner l'origine de ce nouveau problème de prononciation… Il se put s'empêcher de pouffer de rire derrière une de ses grandes mains en réalisant que plusieurs dents manquaient à présent au sourire mauvais de la Chercheuse blonde. Était-ce vraiment lui qui l'avait défigurée à ce point? Malgré la précarité de sa situation, une partie de Sora ne résista pas à l'envie de provoquer cette abominable bonne-femme:
"Quel sourire ravageur! minauda-t-il en croisant ses bras sur son torse. Mais excuse-moi: j'ai pas bien compris ce que t'as dit…"
"Ne te moque pas de moi vermine! vociféra la Chercheuse en le pointant de ses doigts acérés. Z'est entièrement de TA FAUTE zi ze zui dans zet état!"
"T'en serais pas là si t'avais pas essayé de crever un œil à ma copine! se défendit Sora, sans se départir de son sourire moqueur. Et tu sais ce qu'on dit: oeil pour oeil, dent pour dent…"
Arlène fulminait littéralement de rage à présent, au plus grand contentement de l'Élu, dont une partie de lui étant étrangement satisfaite de voir l'ancienne Simili dans un état aussi misérable. Alors qu'elle s'apprêtait à lui lancer ses poignards électrifiés en plein cœur, son acolyte huma la rose qu'il tenait entre deux doigts et décida d'intervenir.
"Du calme… souffla calmement Lauriam à ses côtés tout en fixant Sora de ses yeux ambrés. J'ai moi aussi un compte à régler avec ce garçon… Et tu as entendu notre vénérable "Ansem": maintenant que nous l'avons retrouvé, nous allons pouvoir nous en donner à coeur joie…"
Un sadique sourire édenté étira les joues angulaires d'Arlène, alors qu'elle ricanait hystériquement et ajoutait:
"Ne le tue pas tout de zuite z'il te plaît… Z'ai d'abord un travail des plus artiztique à terminer: après tout, le gamin n'a pas encore rezu ma zignature en pleine figure…"
Comprenant que la Chercheuse faisait référence à la cicatrice faciale dont elle avait affublé deux de ses amis, Sora métamorphosa Tendre Promesse en bouclier en prévision du double combat qui l'attendait et glissa lentement sa main dans la poche de son pantacourt. Il activa un mur de flammes autour de lui grâce à la Clé du Feu et attendit le début des hostilités.
Mais ni lui, ni les deux Chercheurs qui lui faisaient face n'anticipèrent le typhon qui leur tomba dessus.
Avec une impressionnante furtivité, Hayate s'était glissée derrière les deux belligérants et, au moment où ils s'y attendaient le moins, avait utilisé sa Keyblade à la manière d'une batte de baseball: le large mouvement de balancier de la lame, accompagné par une rafale de vent générée par la puissance élémentaire de la Clé de l'Air, projeta brusquement Arlène et Lauriam dans les cieux, telles deux vulgaires poupées désarticulées, et Sora suivit leur course aérienne du regard jusqu'à leur point de chute. Dans un discret petit "plouf" lointain dans la mer azuréenne qui entourait leur îlot urbain, le jeune homme vit disparaître les deux points noirs qu'étaient devenus ses ennemis mortels. Estomaqué, il tourna un visage à la fois impressionné et estomaqué en direction de la défenseuse, qui pointa sa cicatrice faciale en lâchant, visiblement à bout de patience:
"Ventus et moi avons déjà fait les frais des talents "artistiques" de cette odieuse mégère. Hors de question qu'elle puisse recommencer sur l'un de nous! Mais hâtons-nous de décamper d'ici: ils ne vont pas nous oublier très longtemps et je pense qu'ils seront d'une humeur massacrante lorsqu'ils reviendront à la charge…"
Nos 4 héros sont à présent dans le même monde... Mais parviendront-ils à se retrouver et à fuir avant que des hordes d'ennemis ne leur tombent dessus?
Et malgré le ton plutôt "comique" de la fin, un détail vous a-t-il perturbé durant ce chapitre?
