Nous, nous ne sommes pas morts! Juste très occupés par la reprise du travail.
Aujourd'hui, chapitre avec 2 narrations, Riku/Sora. Nos héros repartent gentiment à l'aventure et l'ambiance change quelque peu...
Petites références cachées: une de Kuzco et l'autre de Atlantide.
Bonne lecture!
Accroupi devant un tiroir ouvert, Riku lissait amoureusement les plis de la veste qu'il tenait entre les mains, observant avec émotion les divers détails du vêtement noir aux accents jaunes confectionné par les mains délicates de Iwako. Plongeant son visage dans le cuir du perfecto, un grand sourire niait étirant ses lèvres pâles, Riku ne pût empêcher son esprit infatué de voyager dans les méandres de ses souvenirs, se remémorant le soir avant leur départ de la Tour de Yen Sid.
Assise sur une couverture au centre d'un champ recouvert de fleurs sauvages illuminées par l'iridescence de la tombée du jour, Iwako l'attendait, un cercle à broder entre les mains alors que ses doigts agiles faisaient danser l'aiguille telle une sirène plongeant puis bondissant hors de l'eau. Sous les yeux fascinés de Riku, qui s'approchait de la jeune femme à qui il avait donné rendez-vous plus tôt dans la journeé, il vit un motif complexe se dessiner sur le tissu noir qu'elle tenait entre les mains tandis que de sa bouche fermée s'échappait une mélodie aux tonalités parfaitement fausses accompagnant les gestes fluides de la magicienne. Entendant l'approche de son compagnon, la jeune femme leva finalement les yeux de son oeuvre et un large sourire étira rapidement ses lèvres généreuses, interrompant derechef son fredonnement dissonnant. Posant son matériel de broderie à côté d'elle, la jeune femme leva une main vers Riku, l'invitant silencieusement à l'aider à se redresser. Celui-ci ne se fit bien évidemment pas prier: le coeur battant, le Maître de la Keyblade attrapa les phalanges de la jeune femme, l'aidant à se relever alors que son regard turquoise suivait avec une velleité grandissante le jeu d'ombre que réalisaient les épais cils bleus de la couturière sur ses iris améthystes.
"Alors comme ça, tu me prépares une surprise", lâcha-t-elle finalement, une expression espiègle illuminant son visage ovale.
"Oui. Enfin, si on peut encore appeler ça une surprise, murmura misérablement Riku, en se passant une main gênée dans les cheveux. A vrai dire, je voulais te les montrer bien avant mais… il y a eu une….interruption."
"Ah oui, répondit Iwako en riant. La fameuse "brève" interruption de ton clone maléfique."
D'un geste tendre, elle caressa de son pouce la tempe du Porteur, un soubresaut d'amertume faisant subtilement trembler ses paupières dont la forme en amande avait été accentuée par l'application d'un fard à paupière cuivré.
"Cette fois-ci, proclama-t-elle avec sévérité en caressant doucement le visage angulaire de son compagnon. Je ne te lâcherai pas des yeux."
"Je n'en demande pas plus, répondit Riku, un sourire étirant ses lèvres alors que ses oreilles rougissaient sous l'attention que lui portait la jeune femme. Après… je…je dois t'avouer que mon idée de cadeau était quelque peu étrange. On pourrait dire que…je me suis fait un cadeau de moi à moi… pour toi… Enfin, ça n'a aucun sens. Donc… Je ne te cache pas que Sora m'a aidé, c'était son idée, son design… mais…"
Finalement, le jeune homme retira une petite boîte d'une de ses poches de pantalon et la posa délicatement au milieu de la paume d'Iwako avant de reprendre:
"Je voulais toujours avoir une partie de toi auprès de moi. Je voulais te montrer que même quand on ne se voit pas, je pense à toi…"
Sur ces mots, le Maître de la Keyblade ouvrit le boîtier et, sous l'éclat flamboyant du crépuscule se reflétant dans le cristal, une kyrielle de fragments lumineux se dispersèrent sur la peau opaline de la magicienne qui posa rapidement une main délicate sur sa bouche entre-ouverte. Devant l'expression d'émerveillement de la magicienne, Riku observa fièrement le contenu de son cadeau: au centre d'un coussin en velours bleu étaient posées deux boucles d'oreilles aux finitions identiques. L'une d'entre elle était sertie de la larme cristalisée d'Iwako incorporée à une monture argentée et reliée par une fine chaînette munie d'un anneau de métal. Le second bijou ressemblait en tout point à sa jumelle si ce n'est que l'unique larme avait été remplacée par une multitude de minuscules diamants formant une fleur.
"A la base, avoua Riku en soulevant la pièce étant destinée à sa tendre moitié, j'étais un peu gêné à l'idée de porter une boucle d'oreille si…"fantaisiste" mais…Je crois que Sora a parfaitement cerné tes goûts et… Celle-ci est pour toi. Elle te plait?"
"OUI! s'écria soudainement Iwako en lançant ses bras autour du cou de Riku, qui s'empressa de remettre les deux bijoux en sécurité sur leur coussinet d'exposition. Je les adore! J'ai hâte de te voir avec! Tu seras si beau!"
"Parce que tu ne me trouves pas beau? s'inquiéta sincèrement le Maître de la Keyblade en posant une main sur le bas du dos de la magicienne, la soutenant dans son étreinte alors qu'il la fixait d'un air apeuré.
"Ne dis pas de bêtises, répondit derechef Iwako en posant ses deux paumes sur les joues de Riku. Tu es magnifique. D'ailleurs…"
Tandis que la jeune femme se dégagait doucement des bras de son compagnon - qui ne la laissa partir qu'à contre-coeur - elle ramassa une sacoches qu'elle avait posée par terre et en sortit des vêtements soigneusements pliés.
"J'ai aussi quelque chose pour toi, annonça t-elle fièrement en dépliant un perfecto à manches courtes décoré de carreaux gris et jaunes sur les extrémités. J'ai "recyclé" les manteaux de l'organisation qu'on a "emprunté" lors de notre passage au quartier général du Mal pour nous faire de nouveaux costumes! Ils sont donc résistants aux ténèbres des entre-mondes et j'ai pu coordonner nos hauts: on a la même décoration sur la poitrine et j'ai pris un tissu qui va mettre en valeur tes pectoraux et accentuer tes clavicules! Pour ton confort, tu pourras porter un sweat à capuche blanc en complément de la veste et j'ai conservé tes pantalons trois-quart, puisque tu sembles les apprécier…."
Soudain, le discours passioné de la jeune femme prit fin abrutement et Riku vit ses joues s'empourprer, ses yeux améthystes évitant le regard intrigué du Maître de la Keyblade en se focalisant sur l'herbe.
"Je…je me suis emportée, admit-elle en cachant les nouveaux vêtements derrière son dos. Les vêtements de couple c'est peut-être un peu excessif, j'imagine…"
Avant qu'elle n'eut le temps de terminer sa phrase cependant, le jeune porteur rangea une des longues mèches de la jeune femme derrière son oreille et s'empressa d'interrompre ses paroles autodérisoires par un baiser langoureux, ses doigts s'étant glissés dans la chevelure somptueuse d'Iwako alors qu'il la serra amoureusement contre lui de son autre main. Rapidement, le corps crispé de la jeune femme se relâcha entièrement, se fondant dans le torse de son amant alors que le monde s'éteignait autour d'eux.
Sortant de ses agréables souvenirs avec un sourire parfaitement stupide accroché aux lèvres, la béatitude du jeune homme s'envola malheureusement très rapidement quand un tremblement parcourut les murs du vaisseau Gummi. Inquiet, le Maître de la Keyblade enfila rapidement sa nouvelle veste et s'empressa de rejoindre Sora dans le cockpit. En effet, il savait que l'Élu avait renoncé au sommeil depuis près d'une journée, refusant de quitter le poste de contrôle sous prétexte qu'ils n'avaient pas une minute à perdre. Ne souhaitant pas entamer un conflit avec le leader non-officiel de leur équipage qui semblait très à cran, le Maître de la Keyblade n'avait pas insisté davantage et avait laissé Sora s'adonner à son obsession. Mais depuis peu, les tremblements parcourant le vaisseau semblaient se multiplier, indiquant que leur pilote piquait sans doute du nez à intervalle régulier. Estimant qu'un décès précoce dans le vide intersidéral n'était certainement pas la fin héroïque dont ils rêvaient tous, Riku décida qu'il était temps de forcer son meilleur ami à retourner dans son lit. Avant d'accéder à la tête du vaisseau, le jeune homme s'arrêta brièvement à la cuisine et prépara un chocolat chaud décoré de mini-marshmallow qu'il attrapa d'un poing décidé avant de continuer sa route vers le poste de contrôle. Ouvrant le sas, il vit immédiatement l'arrière des cheveux en pic du capitaine défraîchi et s'avança d'un pas décidé vers lui, posant la tasse fumante sous le nez de l'Élu.
"Si tu continues comme ça, releva Riku d'un air nostalgiquement moqueur. Tu vas tous nous tuer."
Sans un mot en guise de réplique, Sora leva son visage délavé vers son ami d'enfance, qui réalisa avec horreur que de terribles cernes bleutées creusaient le dessous des yeux de leur pilote.
"Ah ouais, c'est grave", admit alors Riku en s'asseyant aux côtés de Sora. Tu ne penses pas qu'il serait mieux que tu te reposes un peu? Je suis là, tu sais. Je peux prendre le contrôle un moment pendant que tu vas dormir quelques heures…"
"On est bientôt arrivé… répondit finalement Sora en se passant une main sur son visage blafard, se relevant tout en s'emparant de la tasse de chocolat chaud. Mais je crois que tu as raison… si je veux servir à quelque chose je ne peux pas débarquer dans mon état actuel…"
…
Après deux jours de voyage spatial durant lesquels les deux jeunes hommes se passèrent la barre à intervalles plus ou moins réguliers, leur carte de navigation leur indiqua qu'ils n'étaient enfin plus qu'à quelques années lumières du monde de Disney. Une fois relativement proches de leur destination, Sora fit sortir le vaisseau de l'hyperespace et Riku, qui était resté à ses côtés comme co-pilote (et sûrement aussi parce qu'il s'inquiétait pour lui), commença à se redresser dans son siège pour observer l'espace qui s'offrait devant eux, de l'autre côté de la vitre du cockpit.
"Est-ce que… hésita le jeune Maître. Je me trompe ou le château Disney devrait être ici?"
La mâchoire crispée et l'esprit encombré de sombres pensées, Sora dut faire un effort sur-humain pour desserrer les dents et paraître calme pour répondre à son meilleur ami.
"Hautvent a bien détecté un truc… confirma le capitaine en vérifiant son écran de bord, qui renvoyait sur son visage une lumière verte blafarde. Mais c'est bizarre…"
Les deux amis levèrent conjointement leurs visages vers les haut-parleurs, d'où sortit la voix métallique d'Iwako, qui paraissait quelque peu empruntée:
"Salle des Machines à cockpit… On… On devrait être en vue du monde d'après l'astronavigateur…"
Sora échangea un regard lourd de sens avec Riku, qui grommela, en fronçant ses sourcils argentés sur son front plissé de méfiance:
"ça ne me dit rien qui vaille… On devrait se faire discret."
Après avoir opiné du chef, l'Élu de la Keyblade alluma sa radio d'une pichenette rapide sur un bouton et déclara, à tout l'équipage:
"Je passe en mode furtif. Ne tirez pas, sauf ordre contraire de ma part."
Un puissant bruit de choc obligea pilote et co-pilote à tourner la tête depuis leurs sièges. Fort heureusement, il ne s'agissait que d'Hayate, qui s'était laissée tombée de la tourelle pour venir les rejoindre. La jeune femme vint directement aggriper le dossier du siège du capitaine et passa son visage par-dessus le tableau de bord, ses yeux cristallins rivés sur l'espace devant elle.
"Je ne discerne rien. C'est comme si… la lumière du soleil ne parvenait plus à atteindre ce coin de la galaxie…"
"J'enclenche les phares avant?" demanda Riku en réaction à cet inquiétant constat.
Sora lui répondit par un mouvement assertif de tête et, lorsque le jeune Maître de la Keyblade eut relevé le levier actionnant l'activation des feux spatiaux du vaisseau, le jeune Elu de la Keyblade sentit son souffle se couper. Hayate, tout aussi abasourdie, parvint néanmoins à appeler, via le système de communication interne:
"Iwa… Viens nous rejoindre dans la cabine de pilotage."
"J'arrive."
A peine la magicienne se fut téléportée par les ombres et re-matérialisée dans un écran de fumée aux côtés de Hayate et Riku qu'elle porta ses deux mains à sa bouche, étouffant à moitié une exclamation apeurée:
"Mais… que s'est-il passé ici?"
Devant les quatre Porteurs de Keyblade, de l'autre côté de la vitre du cockpit, s'étalait ce qui ressemblait à un champ d'astéroïdes particulièrement dense et disparate. Or, alors que les débris heurtaient passivement la coque de Hautvent, Sora coupa les réacteurs, permettant de ce fait au vaisseau de continuer son avancée grâce à la force de poussée accumulée jusque là. L'Élu et son meilleur ami finirent par détacher leur ceinture de sécurité et rejoindre leurs deux compagnes pour observer, en un silence presque sépulcral, ce qui n'était autre que des fragments de monde flottant dans le vide froid de l'espace. Sora sentit son cœur se serrer dans sa poitrine alors qu'il reconnaissait un portrait, rongé par la glace, du Roi Mickey, ainsi qu'une statue végétale d'un musicien décapité, qui ornait jadis le jardin du cloître du château. Le jeune homme posa sa grande main gantée contre le double vitrage alors qu'une petite poupée rappelant un chat vint rebondir contre le parebrise, lui indiquant que les dégâts matériels étaient peut-être moindre en comparaison de la perte de centaines de vies...
"Par Kingdom Hearts… souffla Iwako. Dites-moi que nous n'arrivons pas trop tard…"
Un silence endeuillé suivit ses paroles quand, à la surprise commune, Hayate lança un doigt en direction d'une masse triangulaire, camouflée par de plus gros gravats spatiaux.
"Là! Il me semble avoir vu de la lumière!"
L'espoir guidant ses gestes paniqués, Sora sauta par-dessus le panneau de contrôle et reprit sa place dans le siège du pilote tout en rallumant les réacteurs latéraux à leur puissance minimale.
"Allons voir!"
Il déplaça habilement Hautvent au travers des ruines flottantes du monde qu'il avait visité jadis, jusqu'à ce que l'équipage se retrouve face à un unique bâtiment qui semblait encore intact. Sora aurait reconnu entre mille ses imposantes colonnes blanches doriques, ses balcons décorés d'arabesques dorées et ses multiples tourelles cachées sous des toitures aux briques bleu roi…
"Le château Disney…" murmura-t-il, sous le choc.
"C'est tout ce qu'il reste du monde…" lâcha Iwako à sa droite, confirmant ses craintes.
"Mais je ne vois aucune lumière aux fenêtres… trancha Riku en observant l'édifice fantôme, plongé dans le noir comme tout le secteur. Hayate, es-tu certaine de ce que tu as vu?"
Tous les visages se tournèrent vers la défenseuse, dont les yeux couleur de ciel passaient sans cesse du bâtiment rescapé à ses trois amis, un nuage de doute obscurcissant son regard.
"Vous… osa-t-elle finalement intervenir. Vous ne la voyez donc pas?"
Sora avait beau plisser les paupières, aucune lueur d'aucune sorte n'éclairait les hautes fenêtres de la citadelle flottante dans l'espace. Néanmoins, il n'en croyait pas moins Hayate pour autant:
"Lumière ou pas, annonça-t-il en coupant définitivement les réacteurs cette fois-ci. Je propose d'aller voir ce qu'il se passe."
"Oui, accepta Riku en croisant les bras. Mais je ne pense pas que de poser le vaisseau sur ce monde soit une bonne idée… C'est plus sûr de le laisser en orbite."
"On pourrait juste se téléporter sur place?" proposa encore Iwako en cherchant l'approbation de Sora de ses yeux améthyste en amande.
"Bonne idée! accepta l'Élu en courant jusqu'au socle de transfert. Ne perdons pas de temps!"
…
Les quatre guerriers de la Keyblade apparurent dans un flash vert électrique devant deux gigantesques portes blanches et rosées, fermées à double tours et condamnées à l'aide de caisses et meubles brisés placés là dans un geste d'urgence. Devant eux s'étendait la titanesque salle du trône. Si, comme dans les souvenirs de Sora, les hautes colonnes blanches qui l'encadrement de part et d'autre, le long tapis rouge menant au trône et le siège royal au fond de la pièce étaient toujours présents, on pouvait à présent à peine apercevoir les lieux à cause des dizaines et des dizaines de personnes qui avaient établis des campements de fortune ici et là. La majesté de la salle avait disparu derrière des toiles de tente tirées de chaque côté du tapis central, qui faisait office de chemin à présent, régulièrement traversé par les habitants du monde qui portaient un sac de provision ou poussaient un chariot remplis de couvertures propres. Sora prit la tête du groupe et entreprit de traverser ce qui ressemblait à un camp de réfugiés, posant des yeux attristés sur les autochtones dont le regard de félins, de canidés ou d'herbivores semblait comme lui lancer des appels à l'aide silencieux.
"Je les trouve terriblement peu nombreux…" souffla discrètement Riku.
Iwako, de son côté, semblait souffrir à la place des rescapés de Disney, ses grands yeux brillants de compassion alors qu'elle regardait tout autour d'elle. Le petit groupe de Porteurs avait presque atteint les quelques marches bleues menant au trône de nacre lorsque leur magicienne partit en courant en direction de ce qui ressemblait à un couple de bovins. Sans attendre la permission, Iwako s'agenouilla promptement vers la femme, ses longs cheveux bleus se déployant tout autour d'elle à la manière d'une cape nocturne, et elle apposa deux paumes sur la jambe de sa patiente. Une fois la lueur verte du soin disparue, l'homme à cornes esquissa un bref sourire en direction de la soigneuse et lâcha un discret:
"Merci…"
"Beaucoup de monde ici a besoin d'aide… affirma Riku en faisant un tour d'horizon de la salle de ses yeux turquoise irisés de jaunes. Mais je ne vois ni gardes, ni reine, et…"
"...Aucun signe de Donald et Dingo…termina Sora dans un soupir tout en tirant son gummiphone de sa poche. Je peux essayer de les appeler, même s'ils ne m'ont pas répondu les dernières fois où j'ai essayé."
Le jeune homme aux cheveux bruns en bataille avait à peine commencé à composer le numéro de ses amis perdus de vue qu'Hayate, restée silencieuse jusque-là, monta jusqu'au trône, qu'elle observa un instant avec une intense curiosité. Enfin, au plus grand étonnement de Sora qui en lâcha son téléphone spatiale par terre, la jeune femme aux cheveux fraise vanille s'assit sans le moindre respect sur la chaise royale et attendit passivement que quelque chose se produise, ses petites mains tâtant les accoudoirs presque machinalement.
"On peut savoir ce que tu fabriques à part nous attirer des ennuis?" s'irrita Riku en fusillant la défenseuse du regard.
"La lumière, lâcha mystérieusement Hayate qui fronçait à présent ses sourcils roses de concentration. Elle émane du sol à cet endroit même…Je sens sa chaleur. Il doit bien y avoir un passage."
"Elle a raison… admit Iwako en scannant les pieds du trône de ses yeux violets scintillants. Je sens une énorme source de magie juste en-dessous de nous."
"Attends… se souvint brusquement Sora en dévisageant Hayate avec ahurissement. Tu aurais senti la Pierre Angulaire de Lumière depuis le gummi!?"
"La quoi?" s'étouffa Riku à sa droite, en analysant Sora sous toutes ses coutures. Tu sais ce qu'il y a là-dessous?"
"Ha! s'écria brusquement et victorieusement Hayate en sautant en bas du trône, la main gauche toujours sous l'accoudoir. Je te tiens!"
Après un discret "clic", le sol sur lequel les quatre Porteurs de Keyblade se tenaient commença à trembler, puis à coulisser sur la droite, révélant un escalier inondé de lumière sous le siège royal, ce qui provoqua une série de soupirs parmi la foule d'habitants aux traits animaliers qui avaient assisté à la scène.
"Le passage secret de Minnie! s'exclama Sora en rejoignant Hayate pour poser deux yeux admiratifs sur elle. Haya t'es géniale!"
La jeune femme se contenta de lui sourire humblement en retour, quelque peu gênée, tandis qu'Iwako s'avançait discrètement vers eux en murmurant:
"Je crois qu'on est loin d'être passés inaperçus…"
"Dépêchons-nous de disparaître alors." ordonna Riku en poussant hâtivement Sora et Hayate dans l'ouverture rectangulaire, tout en jetant des regards inquiets derrière lui.
L'Élu de la Keyblade s'engagea alors dans un escalier en colimaçon qui fit remonter en lui plusieurs souvenirs de son passage au Château Disney: la reine Minnie bloquée dans la bibliothèque, puis lui demandant de l'escorter dans une salle du trône remplie de Sans-Coeurs, pour finir par une confrontation avec Maléfique dans les sous-sols, alors infesté de ronces. A l'époque, la Pierre protectrice du monde avait été attaquée dans le passé grâce à une ruse de Maléfique et Patibulaire, sa disparition signant la fin du château Disney. Est-ce que la lumière de la Pierre était encore menacée? Et était-elle à l'origine du cataclysme qui semblait rongé le monde? Plongé au cœur de ses réflexions tourmentées, Sora ne se rendit pas tout de suite compte du fait qu'il était parvenu en bas des marches tournoyantes, et encore moins que deux lances s'étaient subitement croisées devant son nez en trompette.
Une voix jeune, quoiqu'autoritaire, aboya alors les ordres suivants:
"Halte! Qui êtes-vous? Et comment êtes-vous arrivés ici?"
Qui pensez-vous être la personne qui les arrête?
Et avez-vous repéré des comportements étranges de la part de nos héros?
PS: pour des raisons de temps, Lirae ne pourrait plus prendre en charge de PDV Riku pendant un certain nombre de chapitre... Mais on écrit toujours ensemble, pas de crainte!
