Suite du monde de Disney, où la Team Riku se précipitent vers l'origine du bruit cataclysmique entendu plus tôt.
En parallèle, la Team Kairi commence ses recherches...
Petit jeu: nous avons caché des références à des attractions du parc Disney dans la plupart des chapitres liés à ce monde... saurez-vous les trouver?

Sora, Riku, Iwako et Hayate n'eurent pas à chercher bien longtemps le point d'origine des hurlements dans la Salle cachée sous le trône: non loin des escaliers secrets menant au souterrain courait à présent une longue craquelure dans le sol, cicatrice noire jurant avec les dalles de nacre étincelantes pavant la salle. La garde royale se trouvait déjà sur place, évacuant les habitants pris au piège sous l'une des colonnes écroulées. Sora repéra rapidement Donald et Dingo dans ce capharnaüm et se hâta de les rejoindre. Voyant que le magicien royal ainsi que le garde, armé de son bouclier, mettaient toute leur magie et leur force pour retenir un pan entier de la pièce en train de s'affaisser, Sora enquêta:

"Qu'est-ce qu'il se passe avec ce mur?! C'est le tremblement de terre qui a fait ça?"

"Ce n'était pas un tremblement de terre…" fit une voix chevrotante que l'Élu de la Keyblade n'avait pas entendu depuis des lustres.

Dans un grand POUF! retentissant, nul autre que Merlin l'Enchanteur apparut soudain aux côtés de Donald. Le mage retroussa ses longues manches mauves (à croire que tous les magiciens portaient du violet) et projeta sa magie contre la paroi à l'aide de ses longs et maigres bras. La structure parut se stabiliser alors que Merlin tournait son visage caché sous sa barbe blanche vers les quatre guerriers de la Keyblade et leur expliquait:

"C'est le grand Nihilisme!"

"Le grand Nihi-quoi?" répéta Sora en se mettant à pousser un bout de mur, vite imité par Hayate et Riku.

"C'est comme cela que j'ai nommé la force chaotique qui s'abat sur ce monde depuis des mois! précisa Merlin alors qu'Iwako brandissait son sceptre d'une main, joignant sa magie à la sienne pour le soulager. Comme Lea et Kairi ont scellé le cœur de ce monde, il est impossible que les Ténèbres soient à l'origine de cette destruction. En continuant mes recherches et en étudiant le terrain, il est apparu qu'il n'y avait tout bonnement aucune explication logique à ces événements! C'est comme si une force surnaturelle s'était mise à grignoter ce monde un peu plus chaque jour!"

"C'est le grand trou que j'ai dû apercevoir! comprit Iwako avant de faire pivoter ses yeux améthystes en direction de la paroi monumentale. Attendez… Alors c'est cela que nous retenons?! La force chaotique?"

"J'ai bien peur qu'elle ait commencé à s'en prendre au hall de la Pierre Angulaire… soupira soudain la voix de la Reine Minnie, qui trottinait en leur direction, escortée d'un garde et de Max. Il faut faire remonter tous les habitants vers la Salle du Trône, Capitaine!"

"Oui Majesté! accepta Dingo, son bouclier rond toujours levé au-dessus du crâne pour empêcher la colonne de s'affaisser davantage. Gardes vous avez entendu? Commencez à rassembler tout le monde et faites-les monter par l'escalier au plus vite!"

"Avant qu'il ne s'effondwe!" ajouta Donald, qui regardait la structure en colimaçon d'un oeil alarmé.

Tous les animaux en armure présents s'éparpillèrent promptement aux quatre coins de la haute salle et Max s'apprêtait à faire de même lorsqu'un cri désespéré retentit à leur droite.

"Daisy?" reconnut Donald, la cherchant d'un regard paniqué tout en relâchant sa concentration magique.

La cane blanche ne tarda pas à venir à eux et tomba dans les bras de son mari en gémissant, éperdue:

"Donald les enfants! Ils…Ils..!"

Elle reprit son souffle avant de terminer:

"Ils sont tombés dans la crevasse!"

"QWAAAA?! paniqua tout à fait le magicien royal en tirant dramatiquement sur son bec. Qui?"

"Riri, Zaza… lâcha Daisy, les larmes aux yeux. Et Roxane, qui essayait de les retenir."

A l'évocation du dernier nom, Sora vit clairement la truffe de Max palpiter et le garde revint sur ses pas pour se pencher vers la femme de Donald en la questionnant, précipitamment:

"Où sont-ils tombés?"

Daisy lui indiqua l'endroit, proche de l'escalier, d'un doigt blanc. Max se ruait déjà dans la direction quand le plafond au-dessus d'eux émit un terrible craquement. Donald, à regret, quitta les bras de sa femme pour reprendre sa position et leva sa canne de mage ornée d'une étoile au-dessus de lui, entammant à nouveau son incantation protectrice. Le canard tourna deux grands yeux suppliant vers Sora et souffla:

"Sowa va l'aider je t'en pwie… WiWi et Zaza sont mes neveux…"

"Mais et le mur…?"

"Nous le retiendrons aussi longtemps que possible, assura Merlin, dont le front moite était magiquement épongé par un mouchoir doté d'une vie propre. Hâtez-vous!"

Comme comprenant l'urgence, plusieurs habitants du château Disney vinrent au secours de leurs leaders et prirent la place des quatre guerriers de la Keyblade, retenant de leurs corps la force destructrice qui menaçait leur vie en chaque instant.

"On va retrouver les enfants, assura Sora en fixant Donald et Dingo tout en serrant le poing devant lui. C'est promis."

Les Porteurs de Keyblade retrouvèrent bientôt Max accroupit devant la brèche qui menaçait de couper ce monde en deux. Sora, après avoir observé le gouffre devant eux, fut inquiété par un détail que releva bientôt Riku à haute voix:

"La fente est trop étroite… Nous n'arriverons jamais à passer par là."

Le fils de Dingo se redressa, ce qui fit cliqueter son armure, et leur lança un regard noir (tout l'inverse de son père) avant de déclarer:

"Je n'ai pas besoin de votre aide."

"Sauf que c'est complètement stupide de vouloir descendre là-dessous tout seul, s'irrita, contre toute attente, Riku. Et si tu restais bloqué toi aussi?"

"J'ignore ce que les Porteurs de Keyblade t'ont fait, ajouta Hayate en croisant ses bras sous sa poitrine enveloppée dans un crop top magenta. Mais sache que la gloire ne nous intéresse pas: et le temps joue contre nous. Il va te falloir notre force…"

"...et notre magie! enchaîna Iwako en subtilisant la Clé des Éléments dans la poche de Riku, sous le regard stupéfait de ce dernier. Nous sommes capables de manipuler la terre… Ne me dis pas que ce ne sera pas pratique une fois là-dessous…?"

Le lieutenant les dévisagea, serra les poings le long de son corps, puis grogna (sans doute de frustration) avant de partir en trombe vers le fond du hall en ordonnant:

"Dépêchez-vous."

A la plus grande surprise de Sora, Max les conduisit devant une étrange cage mécanique, dont le métal rouillé ne lui inspirait cependant pas grande confiance…

"Un monte-charge…" reconnut Riku alors qu'Hayate et Iwako entraient à l'intérieur de la machine à la suite de l'habitant de Disney.

"Oui, admit le lieutenant en fermant la grille de fer sur eux, une fois qu'ils furent tous montés à bord. Le château a été construit sur une ancienne mine, qui a été désaffectée il y a des années. Cet ascenseur nous permettra de rejoindre les enfants…"

"Désaffectée? répéta Iwako, soudain tout aussi alarmée que Sora. Attendez: est-on au moins sûrs que ce monte-charge fonctionne encore convenablement?"

Max observa la magicienne d'un œil morne, avant d'abaisser dans un soupir las un levier du mouvement le plus nonchalant que Sora ait jamais vu. Les propulser tous aux enfers n'avait pas l'air de le gêner le moins du monde… Décidément, ce mini Dingo plaisait de moins en moins à l'Élu de la Keyblade, songea ce dernier en dévisageant le garde d'un œil mauvais. Dans un cri de vieux chat qu'on étrangle, la cage de fer entama alors sa descente, glissant sur ses chaînes dans un boucan de tous les diables et secouant tous ses usagers à chaque passage de poulie rouillée et récalcitrante. Riku, Iwako et Hayate restaient mutiques, se contentant de jeter parfois de fugaces mais non moins angoissés coups d'œil à leur embarcation hasardeuse à chaque bruit suspect. Sora de son côté, pour calmer ses nerfs à fleur de peau, avait fermé les yeux et se récitait le mantra suivant: tout va bien se passer, tout va bien se passer, tout va bien…

CRRRRIIIIIIII!

Un grincement de crécerelle sortit le jeune élu de sa séance de méditation de fortune. Le monte-charge s'était stoppé au beau milieu des ténèbres. Sora, levant deux yeux bleus terrifiés au-dessus d'eux, lâcha d'une voix tremblante:

"ça…s'est coincé c'est ça…?"

"Le mécanisme doit être un peu rouillé, commenta Max en tirant sur son levier de contrôle, semblant tranquille mais n'en menant pas large. ça ne devrait pas tarder à repart….?!"

Le fils de Dingo ne termina jamais sa phrase car un effroyable son métallique de câble tendu puis brisé éclata soudain quelque part au-dessus de leurs têtes. Au comble de la terreur, tous nos héros sentirent le sol se dérober sous leurs pieds alors que leur ascenseur entamait une rapide chute libre en direction des entrailles de la terre. Sora avait l'habitude de voler, planer ou même effectuer des plongeons depuis le haut de gratte-ciels. Mais à chaque fois la chute était maîtrisée et surtout, ne le condamnait pas à terminer sa course écrabouillé en bas d'une tour de huit étages car emprisonné contre son gré dans un clapier à souris! Ce fut notamment pour cette raison que le jeune homme rejoignit la chorale de hurlements de ses amis qui, pour la plupart, essayaient de s'agripper au grillage ou à une partie de corps indéterminée (bras, jambes, pieds, oreille de chien) qui passait dans son champ de vision. Seule Iwako parvenait à garder une certaine élégance, utilisant ses pouvoirs de lévitation pour maintenir sa fine silhouette au même endroit dans le cube de fer. Sora cependant dut cesser de l'observer, car les centaines de mèches de cheveux bleus pareilles à des algues qui dansaient sauvagement tout autour d'elle ne faisaient que le ramener à l'inéluctable vérité: ils prenaient de plus en plus de vitesse et allaient bientôt mourir écrasés. Quelque part sur sa gauche, la voix de Riku s'éleva soudain telle une plainte lancinante:

"La… Clé….d…"

"QUOIIII?!" hurla Sora, qui ne parvenait pas à comprendre son meilleur ami à cause du vent qui vociférait à ses oreilles.

"LA CLE DE L'AIR!" parvint finalement à s'époumoner le Maître de la Keyblade.

Comme reprenant le contrôle sur leurs émotions, les quatre Porteurs échangèrent un regard stratégique avant de se repositionner dans l'ascenseur en totale et parfaite coordination: Hayate, après avoir sorti la-dite clé de la poche de sa veste en cuir, la lança à Sora avant de se retourner de manière à sortir ses mains de la cage en fer pour agripper les câbles extérieurs. Tout en lâchant des cris de douleur à cause du frottement qui devait lui brûler les paumes, la défenseuse entreprit de ralentir leur chute à l'aide de sa force herculéenne, vite mimiquée par Riku qui lui, tenta de redresser le levier à côté de Max à la force de ses bras. Pendant ce temps, Sora rejoignit Iwako pour combiner leur magie astrale, accueillant la Clé de l'Air entre leurs paumes ouvertes alors qu'ils baissaient le menton et fermaient tous deux les yeux pour charger en puissance le sortilège élémentaire. Lorsque la bulle magique explosa tout autour de l'ascenseur, le piégeant dans une tornade de vent ralentissant considérablement sa course, le monte-charge venait tout juste de sortir de sa cheminée, leur dévoilant l'entrée de trois galeries souterraines à demi-effondrées. Une fois l'ascenseur atterrit dans un grand CLONG, les Porteurs ainsi que Max s'en extirpèrent vivement et Sora réalisa alors que ce qui lui avait paru une interminable chute vers une mort certaine avait dû, en réalité, se dérouler sur quelques minutes… L'Élu reprit bien vite ses esprits et chercha urgemment sa défenseuse du regard:

"Haya! Tes mains…?"

Après quelques secondes d'hésitation gênée, la jeune femme à la crinière rose (encore plus emmêlée que d'habitude) lui révéla les deux paumes ensanglantées qu'elle avait tenté de dissimuler dans son dos. Le jeune homme s'empressa d'apposer ses grandes mains sur les siennes et d'effectuer un sort de soin, dont la douce lueur vert d'eau illumina le visage d'Hayate de manière irréelle.

"Merci… lâcha-t-elle en retirant doucement ses doigts des siens avant la fin du soin. Mais garde ta magie curative pour les enfants: ils en auront plus utilité que moi. Ce n'était qu'une égratignure."

Sora voulut se défendre et rétorquer que l'absence de peau sur sa chair était, selon lui, plus que la définition d'une "égratignure", cependant Max ne lui en laissa pas le temps. Avançant d'un pas aveugle dans l'obscurité, il se figea devant un goulet à leur gauche, en déclarant avec un mélange de colère et de panique:

"C'est pas vrai! Un des tunnels est bouché!"

Riku, après un rapide coup d'œil turquoise amusé en direction de ses amis, marcha jusqu'à la hauteur du lieutenant et, tout en maintenant fermement la Clé de la Terre dans son poing droit, frappa la roche devant lui avec une brutalité élégamment maîtrisée. Le mur se dissolut intégralement en pluie de gravats qui roulèrent jusqu'à la pointe des bottes de métal de Max, qui en resta bouche bée.

"Tu disais?" le railla Riku en levant un sourcil amusé en direction du chien.

Voyant Max grogner derrière ses deux canines blanches dépassant de ses babines, Iwako interposa sa délicate personne entre les deux jeunes hommes et détourna intelligemment la conversation:

"Les trois voies sont dégagées à présent. Mais sais-tu par où mener les recherches, Max?"

Se focalisant à nouveau sur sa tâche, le lieutenant dévisagea la magicienne puis passa en revue toutes les ouvertures béantes qui s'offraient à eux avant d'avouer, en baissant la tête de dépit:

"Non… La brèche peut les avoir fait tomber n'importe où. Il va falloir tout fouiller…"

"Et vite, rappela Hayate en levant deux yeux célestes en direction de la voûte rocheuse à plusieurs mètres au-dessus d'eux. J'ignore de combien de temps nous disposons avant que Donald, Dingo et Merlin ne puissent plus empêcher le château de littéralement nous tomber sur la tête..."

Sora, qui avait plissé ses paupières durant toute la conversation à la recherche d'un fanion quelconque à allumer pour leur permettre de se repérer dans la mine, repéra enfin plusieurs lampes à huile disposées dans une alcôve striée de toiles d'araignées, juste derrière le dos de Max.

"Même si j'aime pas ça, déclara-t-il en faisant apparaître Tendre Promesse pour la pointer vers les lampes. On va devoir se séparer pour aller plus vite dans les recherches. Et un peu de lumière ne sera pas de trop pour nous aider!… Brasier!"

A peine le sort de feu eut-il généré ses premières flammèches au bout de la lame de sa Keyblade que Sora sentit tout son corps happé vers l'arrière. Il protégea par réflexe son visage de la fournaise qui s'abattait sur eux alors qu'une puissante détonation les avalait tous dans le ventre de la terre…

Ventus recula précipitamment la tête pour protéger sa barbichette, dangereusement proche de la petite flamme que Lea venait d'allumer, tel un briquet, au bout de son long index droit. L'ancien Numéro VIII, dont les cheveux rouges étaient à présent retenus par une queue de cheval basse, approcha son visage anguleux d'un mur de briques devant lui, examinant les jointures de plâtre d'un œil d'expert en infiltration.

"Ah ça… commenta-t-il d'un ton admiratif. C'est du bel ouvrage!"

"Lea…? l'appela Kairi en mettant ses mains sur le bas de sa robe rose à carreaux. La question était: peut-on passer par là ou pas?"

"Ah oui pardon! s'excusa le grand rouquin en secouant sa main pour "éteindre" son doigt. Par là aucune chance: y a plus aucune brèche exploitable là-dedans. C'est du comme neuf!"

"C'est pas vrai! soupira Ventus en allant abattre son poing enserré dans un gantelet contre la brique orangée la plus proche. J'ai aucune idée de comment atteindre le manoir sans passer par ce mur… Il y avait un énorme trou dans mes souvenirs…"

"Je peux le faire péter si vous voulez…" proposa Lea en haussant des épaules désinvoltes, terrifiant par la même occasion une grand-mère qui promenait son chien dans la rue.

"On ne va rien faire péter du tout! s'offusqua Kairi en levant un visage estomaqué en direction de ses deux compagnons masculins, de bien une tête plus grands qu'elle. On va commencer par demander aux habitants s'ils connaissent un autre chemin, comme des gens civilisés…"

Laissant en plan les deux anciens Similis, la Princesse de Coeur se détourna d'eux et essaya de rattraper la vieille dame au détour d'une ruelle, bras levé en signe de sollicitation.

"Elle vient bien d'insinuer que j'ai aucune manière là, on est d'accord?" questionna Lea en croisant deux bras vexés sur son torse.

Ventus, peu sûr de la réponse à donner, se contenta de faire la moue et de hausser les épaules. Après quoi il ne put s'empêcher de promener son regard sur les toitures familières, de pourpre et de safran, qui s'élevaient au-dessus d'eux et qui se confondaient avec la toile du ciel peints de couleurs automnales… Un étrange sentiment lui enserra le cœur alors qu'il entendit et aperçut le tram tourner à un angle de rue…

"Allez avoue… plaisanta Lea en penchant son buste vers lui. Le vieux t'a rien dit du tout sur la Cité du Crépuscule: t'avais juste envie de revenir."

"Yen Sid m'a vraiment dit de venir fouiller le vieux Manoir quand je lui ai posé des questions sur l'invocation apparue au-dessus de Hayate, se défendit Ven en soutenant le regard émeraude du jeune homme. Mais je ne peux pas nier que…"

Ventus parcourut encore une fois les pavés couleur citrouille devant lui ainsi que les affiches multicolores annonçant le prochain tournoi de Struggle accrochées aux murs fauve des maisonnettes de la Cité du Crépuscule. Une brise rafraîchissante fit alors ployer les fleurs décorant les fenêtres avant de venir virevolter en direction du jeune homme pour jouer, à la manière d'un enfant espiègle, avec les mèches blondes de sa frange en dégradé.

"... ça me fait effectivement plaisir d'être ici, admit-il avec un sourire nostalgique en levant les yeux vers la Tour de l'Horloge, qui dominait la ville. Je veux dire: d'être vraiment ici. J'ai l'impression d'être de retour dans un monde familier, mais en vérité, c'est la première fois que j'y mets les pieds. J'ai… parfois de la peine à me dire que tout ce que j'ai vécu n'était pas réel, était seulement "virtuel"..."

Lea posa deux iris emplis d'empathie sur lui, avant que sa main ne vienne agripper l'épaule visible par l'ouverture du kimono de son ami, signalant par ce geste fraternel qu'il compatissait à son désarroi. Puis une voix masculine, terriblement familière aux oreilles de Ven, appela soudain de l'autre bout de la rue:

"Eh mais c'est… Kairi?!"

Ventus fit volte-face et, le cœur battant la chamade dans son poitrail, il dévisagea le jeune homme d'environ dix-huit ans qui courait en direction de la Princesse de Coeur aux cheveux auburn. Si l'habitant de la Cité du Crépuscule avait troqué son long t-shirt rouge contre un ensemble noir et blanc de la marque "Street Dog" et remplacé son foulard violet sombre contre un châle orange strié de jaune, les cheveux en pétard noirs dépassant de son bandeau frontal ainsi que les yeux en amande du garçon firent remonter en Roxas tout une salve de flashs mémoriels: le départ avorté pour la plage, les glaces à l'eau de mer partagées au sommet de la tour, la résolution des sept mystères et enfin, l'ordinateur caché dans les sous-sols du vieux manoir… Les souvenirs de Roxas se mêlant à de fortes émotions, Ventus plaqua soudain une grande main contre son torse pour apaiser son cœur qui menaçait d'exploser.

"Oh Pence! fit soudain Kairi tandis que Lea et l'ancien élève d'Eraqus la rejoignaient. ça fait plaisir de te revoir!"

"Et moi donc! s'exclama le garçon en plissant de joie ses yeux en amande. La dernière que je t'ai vue tu te faisais enlever par…"

Pence fit coulisser ses iris marron glacé en direction de Lea et son expression faciale changea dramatiquement du tout au tout en quelques fractions de secondes, passant de la réjouissance à la terreur.

"ça y est… maugréa Lea en se passant une main fatiguée sur la face. C'est reparti pour un tour…"

"Qu'est-ce que ce type fait avec toi?!" s'étrangla le pauvre citadin en pointant le rouquin d'un index tremblant.

Kairi prit le temps d'expliquer rapidement à Pence (sans entrer dans les détails concernant la différence entre un Simili et son être d'origine) que Lea n'était plus le même homme et qu'à présent il était leur allié, voire même plus la concernant…

"Alors Sora et toi… tenta de comprendre Pence en s'adressant toujours à la Princesse. Vous ne vous êtes jamais retrouvés, finalement…?"

"On peut résumer ça comme ça oui… admit la jeune femme avec une pointe d'amertume dans la voix. Nos chemins se sont écartés l'un de l'autre, mais notre amitié s'en est trouvée renforcée d'une certaine manière…"

"Ah je comprends, c'est comme mes amis et moi…conclut Pence en haussant les épaules. On s'envoie souvent des lettres avec Olette, parce qu'elle est partie étudier à l'université dans une autre ville. Et Hayner travaille maintenant avec son père, donc il a plus trop de vacances pendant l'été…"

"Et toi? demanda Kairi, sans doute pour changer subtilement de sujet. Qu'est-ce que tu fais maintenant?"

"Tu devineras jamais! se réjouit alors le noiraud en jetant ses bras en l'air. Je travaille à l'administration de la ville! Le maire m'a engagé comme stagiaire pour gérer les divertissements. Du coup, on a maintenant un cinéma open air dans un des squares. Vous devriez aller y faire un tour!"

Pence porta son regard sur Ventus de manière plus attentive, pour la première fois depuis son arrivée. Il plissa les paupières tout en étudiant lentement les traits du visage de grand blond avant de soudain écarquiller les yeux et de l'interroger directement:

"Et toi c'est...Roxas?"

Ventus sentit un intense sentiment de soulagement embraser ses poumons tandis qu'il prenait une profonde inspiration d'allégresse: alors c'était réellement possible? Que son coeur se souvienne de lui malgré le fait que le Simili de Sora avait seulement rencontré son double? C'était… absolument miraculeux.

"Oui… finit par répondre Ven qui ne put empêcher ses yeux de se mouiller d'euphorie. Oui c'est mon nom. Co-comment… est-ce que tu me connais?"

"Je sais plus… hésita Pence en prenant son menton rondouillet entre deux doigts. Je crois que Sora nous avait montré une photo de toi…Est-ce que tu viens de…"

Pence regarda par-dessus son épaule puis baissa le ton avant de murmurer:

"...de l'autre Cité du Crépuscule?"

"On peut dire ça oui… lâcha Ven en souriant tout en essuyant rapidement une larme qui avait roulé sur sa joue. Ravi de te rencontrer, Pence."

L'ami de Hayner et Olette lui serra la main avant de se tourner vers Lea et Kairi et de les questionner:

"Sora et lui sont pas frères par hasard? Je dis ça pas seulement pour la ressemblance physique mais… ça leur prend vraiment si souvent de pleurer?"

"C'est des grands sensibles… répondit Lea en faisant un pas en avant pour recentrer la conversation. Par contre si j'ai bien compris tu connais bien la ville toi?"

"Comme ma poche! affirma fièrement le garçon en frappant son torse du plat de la main. Vous cherchez quelque chose? Je peux vous aider?"

"La vieille bâtisse dans la forêt… commença Lea en jetant dédaigneusement son pouce derrière lui pour pointer le mur de brique. Tu sais pas comment y aller par hasard?"

"Heu… hésita subitement le noiraud. Le maire a fait murer le passage il y a un an parce qu'il y a eu des accidents avec des enfants… On n'y aura pas accès avant la fin des travaux de restauration…Mais pourquoi vous voulez aller là-bas? A moins que…"

Répétant son jeu d'espion plus que suspect, Pence ajouta tout bas, mimiquant un langage secret:

"...vous voulez de nouveau aller de l'autre côté?"

Lea et Kairi tournèrent conjointement leurs visages incertains en direction de Ven, qui se passa une main nerveuse dans les cheveux avant d'admettre, diplomatiquement:

"Pas besoin cette fois mais… Il est arrivé quelque chose de bizarre à une amie et on a toutes les raisons de penser qu'il doit y avoir des informations dans le vieux manoir. Ce serait lié à quelque chose de très ancien…"

"Hmmm… réfléchit Pence. Je ne sais pas quand le manoir a été construit, mais il paraît que c'est le plus vieil édifice de la Cité du Crépuscule! Un de mes profs au lycée parlait souvent des statues historiques qu'il y avait là-bas ou de livres impossibles à déchiffrer…"

"Et ces livres impossibles à déchiffrer sont toujours dans le manoir?" continua à enquêter Ventus tout en lançant un coup d'œil complice à Lea et Kairi.

"Oui! confirma Pence tout en commençant à descendre la rue en direction des panneaux indicateurs annonçant la place des fêtes. Venez, suivez-moi! Je vais vous montrer par où passer… Mais on est d'accord que c'est pas moi qui vous aurait montré le chemin?"

"On ne t'aura ni vu, ni entendu…" assura Lea en emboîtant le pas du jeune citadin, ses yeux émeraudes brillant de malice.

Avez-vous compris ce qu'il s'est passé du côté de la Team Riku?
Et qu'avez-vous pensé de la scène du côté de Kairi and co.?
A très bientôt pour la suite de ces chapitres en diptyque!