[MaJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour à tous et bienvenue sur ce quatrième chapitre... Des petites nouvelles de l'avancée de l'histoire, j'en suis actuellement à l'écriture du vingt-sixième chapitre. On dirait que j'ai des trucs à dire... Tous les chapitres ne se valent pas et y'a encore du boulot de réécriture à faire mais, ça avance tranquillement...
Aujourd'hui, nous revenons un peu sur l'histoire de Pansy et, comme pour les deux chapitres précédents, l'histoire se situe toujours en septembre 2000, avec des allers/retours entre passé et présent... J'espère que ma vision ne sera pas trop caricaturale...
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Comme d'hab, je remercie infiniment les reviewers et les followers et n'hésitez pas à commenter, que vous soyez convaincus ou non par l'histoire !
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Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 4 - Pansy
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Pansy effaça pour la sixième fois ce qu'elle venait d'inscrire sur le parchemin magiquement blanchi. Le seul début de cette lettre lui posait problème. Comment aborde-t-on quelqu'un qu'on a martyrisé pendant des années ?
Elle avait espéré pouvoir commencer, en ce mois de septembre, une formation en Magizoologie. Si elle n'avait jamais réellement apprécié les cours de ce lourdaud de Hagrid lorsqu'elle était à Poudlard, elle avait toujours eu un don avec les animaux et les créatures magiques.
Travailler avec eux, les étudier, les soigner, avait toujours été un de ses désirs les plus secrets. Pendant des années, elle s'était imaginé que cela resterait un rêve profondément enfoui sous un monceau de frustration.
Sa voie était déjà toute tracée, à l'époque.
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Élevée dans une famille de Sang-Pur du Nord de l'Écosse, elle avait commencé, bon gré, mal gré, à participer aux Rallyes dès l'âge de quinze ans.
A chaque bal de l'hiver, à chaque soirée dansante de l'été, son carnet ne désemplissait pas. Elle était loin d'être laide, quoi qu'en disent les jaloux, et sa famille avait une réputation tout à fait convenable. Elle représentait un parti idéal et en assumait la charge parfaitement.
Parmi les prétendants à la dot Parkinson, son père faisait le tri. Il rayait le nom des cousins pas assez éloignés risquant de dépraver sa descendance, les soupirants trop médiocres pour s'intéresser réellement à eux, les jeunes hommes à la réputation trop sulfureuse, et classait les autres par ordre de priorité.
S'il n'avait pu se résoudre à lui imposer arbitrairement un conjoint convenable, il n'en était pas moins resté inconcevable pour lui que sa fille ait le loisir de choisir quelqu'un de moindre ascendance. Il y avait des critères à remplir, des exigences à respecter.
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Elle avait toujours su cela et avait docilement suivi les directives familiales. De la liste établie par son père, un nom avait rapidement pris le pas sur les autres. Théo. Théodore était un bon parti.
Diggins aussi, se dégageait de la masse mais il était de dix-sept ans son aîné. A choisir entre son camarade de promo et un vieux garçon, Pansy s'était progressivement fait à l'idée d'épouser le fils Nott.
Il n'était peut-être pas très beau, mais il n'était pas le plus repoussant. Il n'était pas toujours très sympathique mais n'était généralement pas méchant. Et il était d'une intelligence rare. C'était un des meilleurs élèves de sa promotion. Il talonnait de peu Granger, cette Miss Parfaite qui explosait tous les records !
Poussée par son père, elle dansait souvent avec lui lors des Rallyes. Théo se tenait à une distance raisonnable d'elle et ne lui marchait pas sur les pieds.
Elle babillait convenablement, sans pour autant l'abreuver de propos superficiels, comme on le lui avait appris, et il l'écoutait poliment. Il était discret, aussi. Ce petit côté un peu secret le rendait attirant, finalement, dans ses yeux de jeune fille.
Ils ne s'entendaient pas bien à proprement parler. Il ne serait sûrement jamais devenu son meilleur ami spontanément mais ils n'avaient pas à faire d'efforts pour se fréquenter. C'était facile et elle se convainquait qu'il représentait son avenir. Un avenir simple et paisible.
Elle y croyait presque. Durant près de deux ans, il lui avait fait la cour, sans fioriture ni passion mais seulement conformément à la coutume.
Elle y avait répondu, dignement et sans effusion, simplement en ne rejetant pas ses attentions puis, les derniers mois, en lui réservant l'exclusivité de son temps lors des événements mondains.
Ils avaient été éduqués ainsi et se pliaient aux mœurs attendus et, à la fin de leur sixième année à Poudlard, leur mariage à venir dans les quatre ans au plus tard n'était plus un secret pour personne.
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A cette époque, Pansy ne soupirait pas, ne se plaignait pas, et se réjouissait même en public lorsque Daphnée ou Millicent abordaient la question de ses fiançailles. Elles n'avaient jamais eu à subir toutes ces simagrées, elles.
Millie était mariée, ou c'était tout comme, depuis sa plus tendre enfance, à Franz Steinberg II, un de ses cousins germain de sept ans son aîné. Il ne restait que la dernière formalité à accomplir, la noce en elle-même, qui était prévue dès l'obtention de ses ASPIC.
Daphnée, quant à elle, faisait partie, comme Draco, de ces familles du Sud de l'Angleterre, plus laxistes, si tant est que ce mot ait pu avoir la moindre signification dans ce milieu.
Les règles étaient les mêmes, les mondanités guère différentes, et pourtant l'aristocratie du Sud avait abandonné ces pratiques maritales depuis la fin du dix-neuvième, toisant les « Nordistes » tels des rustauds archaïques.
Les « rustauds » en question pensaient, eux, que les « Sudistes » n'était qu'une bande de « hippies dégénérés par le libéralisme » mais, ils évitaient de crier leur avis sur tous les toits. Ils avaient encore un semblant de dignité, eux.
Combien de ces couples qui avaient succombé aux affres de l'amour ou à un coup de foudre n'avaient-ils pas tout bonnement fini par détruire la réputation d'une famille ?
Bien sûr, rares étaient les sorciers et sorcières de leur rangs qui divorçaient mais les disparitions étranges d'un des deux conjoints, l'adultère, voire même, parfois, la polygamie, n'étaient même plus un secret de polichinelle.
Un mariage arrangé bien préparé, par contre, était une assurance de prospérité et de longévité. Les époux avaient le temps d'apprendre à se connaître, à se faire confiance, à devenir amis. S'ils avaient de la chance, un amour sincère naissait et ils pouvaient être emportés par la passion. Et ces familles décadentes du Sud osaient les traiter de croquants [1] ?
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Pansy était tout à fait prête à devenir Lady Nott lorsque le Professeur Dumbledore était tombé de la tour d'astronomie à l'aube de l'été 1997. Seulement, à ce moment, les cartes s'étaient mises à bouger. Imperceptiblement.
Son père, déjà souvent absent du domicile familial, n'avait pas été là de l'été. Théo était constamment sous tension et avait raté deux bals au mois de juillet, la mettant dans l'embarras le plus total. Draco ne répondait plus à ses lettres et avait verrouillé sa cheminée personnelle. Tout comme Millie.
Seule Daphnée répondait à l'appel mais, empêtrée comme elle l'était dans une histoire d'amour à sens unique, son oreille s'était faite distraite. L'été avait été dur mais, ce n'était rien en comparaison à sa dernière année à Poudlard.
Rogue, nouveau directeur de l'école, était absent ou tout comme. Les Mangemorts envahissaient les couloirs et les Carrow s'en donnaient à cœur joie sur chaque élève, maltraitant indifféremment sang-mêlés et sang-purs.
Les seuls qui étaient épargnés étaient ceux qui portaient la Marque. Elle avait mis du temps à s'en rendre compte mais, cela ne faisait aucun doute. Elle avait été terrorisée, toute cette année-là, ne trouvant à aucun moment un quelconque appui autour d'elle.
Ni de Draco, ni de Théo, ni de Blaise, ni de quiconque. Elle s'était sentie tellement seule.
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Comme son futur mari, Millie avait reçu la Marque des Ténèbres rapidement. Théo, lui, faisait parader Pansy à son bras, lui soufflant souvent à l'oreille de se faire tatouer elle aussi. Pour son bien. Un engagement politique comme prémisse à leur union à venir.
Elle avait refusé. Ce n'était même pas une question de conviction. Elle ne voulait pas avoir mal. Elle ne voulait pas souffrir. Et elle savait qu'elle souffrirait. Il lui suffisait de voir Draco s'enfoncer chaque jour un peu plus dans la dépression et la rage depuis l'an passé. Il semblait presque s'écrouler sous la pression, n'étant plus que l'ombre de lui-même.
Les mois s'étaient écoulés lentement, les morts s'accumulant, l'espoir s'amenuisant et Potter ne donnant plus de nouvelles. Il avait disparu de la surface de la terre, avec ses acolytes.
Les Gryffondors les plus âgés revenus au château s'en étaient donné à cœur joie eux aussi, provoquant et maltraitant tous ceux qui n'étaient pas dans leur camp.
A chaque punition qu'ils recevaient, chaque retenue qu'ils enduraient, chaque sort qui les touchait, ils se vengeaient au centuple. Ils n'avaient eu qu'un seul mot d'ordre. « Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre-nous ».
Elle savait, comme tous, que les jumeaux de la famille de rouquins leur faisaient parvenir leurs produits en exclusivité, même après qu'ils aient été obligés de mettre la clé sous la porte. Personne ne savait comment ils avaient maintenu le contact mais personne n'ignorait qu'ils participaient dans l'ombre au désordre public.
Pansy n'aurait jamais cru voir un jour un tel déploiement de vengeance chez les Rouges et Ors, eux à la réputation si sage, au cœur censé être si pur. A leur niveau, pourtant, ils faisaient un carnage, entraînant dans leur sillage quelques élèves des autres Maisons.
Cette dernière année avait été une farce. Une triste farce. Cependant, elle ne leur en avait pas tenu rigueur. Comment aurait-il pu en être autrement ? Elle les comprenait. Tout comme elle ne pouvait ignorer que la guerre changeait le monde, les gens et les idées préconçues.
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Elle s'était sentie au bord du gouffre, longtemps. Jusqu'à ce jour de mai où, réunis dans la Grande Salle, il était apparu. Le Survivant. Tel un héros.
Le Lord Noir avait alors fait une annonce et elle n'avait pas pu s'empêcher de crier. « Mais il est là ! Potter est là ! Que quelqu'un l'attrape » ! La panique !
Elle avait juste voulu que tout s'arrête et son cri était parti tout seul. Le professeur McGonagall lui avait répondu, elle n'avait pas écouté. Rusard lui avait attrapé le bras et l'avait guidée au fil des couloirs du château puis à travers des passages secrets.
Et elle avait attendu. Encore, et encore, et encore.
Le temps ne s'écoulait plus alors qu'elle entendait la destruction partout autour d'elle. La peur ne la quittait plus, non plus.
Elle ne savait même pas qui était à ses côtés, ceux qui étaient avec elle, dans la pénombre. Incapable de voir ce qui l'entourait, tétanisée.
Puis, un homme était venu les chercher. Un Auror, probablement. Ils l'avaient suivi, dans un silence lourd, parcourant le chemin en sens inverse jusqu'à la Grande-Salle.
Ils l'avaient vue détruite, des morts par dizaines jonchaient le sol, recouverts pudiquement d'étoffes de tissus. Des familles, des élèves, des professeurs, des inconnus séchaient déjà leurs larmes. La bataille s'était terminée plusieurs heures auparavant.
Certains croquaient un fruit ou un morceau de pain du bout des dents, sans vraiment faire attention à ce que des Elfes, encore plus crasseux que d'habitude, leur distribuaient mécaniquement.
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Elle avait erré dans la salle, cherchant du regard un soutien qui n'était pas venu. Comment aurait-il pu en être autrement ?
Ses pas l'avaient guidée jusqu'à un couloir puis un autre et finalement, à une alcôve où elle avait trouvé Harry Potter en personne, seul, adossé dans l'ombre, les yeux clos.
Elle s'était approchée de lui, avait saisi son haut déjà bien amoché à pleines mains, impulsivement, désespérément. « Potter ! Je suis désolée, merci, merci, je suis désolée ». Ses mots, décousus, énoncés dans une triste litanie, devaient ressembler à quelque chose comme ça. Elle n'était plus très sûre.
Elle pleurait, s'accrochait, l'agrippait. Elle ne savait pas vraiment de quoi elle s'était excusée mais, enfin, elle s'était sentie soulagée. Harry, lui, n'avait pas bougé. Il s'était senti happé. Sorti de sa torpeur, il avait ouvert grand les yeux.
Il n'avait pas reconnu la voix qui lui murmurait ce qui ressemblait à des remerciements et des excuses étouffés dans son torse. Il n'avait vu que des cheveux noirs, brillants dans la pénombre et des mains fines qui se cramponnaient à lui, comme à une bouée de sauvetage.
Il l'avait laissée faire, cette fille. Pas longtemps. Puis il avait saisi ses épaules pour lui faire lâcher prise et l'observer. Quand il l'avait reconnue, une larme avait coulé sur sa joue et il l'avait serré contre lui une fraction de seconde avant de la repousser brusquement et de s'éloigner.
Il s'était senti soulagé, lui aussi, à cet instant. Parce qu'il venait de comprendre que c'était fini. La guerre, les querelles, il comprenait qu'elles étaient derrière lui et il avait été soulagé. Pourtant, il avait eu mal aussi.
Il savait que c'était trop cruel d'être soulagé. Que ce n'était pas réel. Une chimère. Il y avait encore trop de souffrances, prêtes à le transpercer. C'était encore loin d'être fini. Ce n'était qu'un nouveau départ.
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Pansy, elle, avait déconnecté. Elle ne s'était pas aperçue qu'elle était rentrée chez elle et que l'été s'était écoulé lentement. A l'automne, Daphnée lui avait parlé du programme HADES [2] et elle s'était inscrite aux cours par correspondance de Poudlard.
Elle avait attendu le procès de ses parents qui n'était venu qu'au mois de mars 1999. Lady Parkinson n'avait pas été inquiétée et son père était mis à l'épreuve. Le Magenmagot n'avait pas assez de preuves probantes. Seulement des rumeurs et des « on-dit ».
Théo, lui, portait la menace d'un enfermement à Azkaban, telle une épée de Damoclès. Il n'avait plus été question qu'elle l'épouse. La réputation des Parkinson, déjà mise à mal, en était l'enjeu. Ils ne pouvaient se permettre de s'associer à un Mangemort reconnu.
Lord Parkinson avait commencé à régler les derniers détails du mariage de sa fille avec le vieux Diggins avant même le début du procès de son ex-fiancé.
A la seule pensée de cet homme qui approchait inexorablement de la quarantaine, elle avait ressenti des frissons désagréables parcourir son corps. Et une idée fixe avait commencé à se développer, insidieusement.
Plus qu'une idée, c'était un mot qui s'ancrait de plus en plus dans l'esprit de Pansy. Un seul petit mot. Court et clair. Limpide.
Non.
Non, elle ne voulait pas épouser Diggins. Non, elle ne voulait pas devenir une Lady. Non, elle ne voulait pas prendre le thé dans un jardin d'hiver.
Non.
Non. Non. Non !
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C'est, obnubilée par ce tout petit mot, qu'elle s'était rendue, en juin 1999, à la fête qu'avait organisée Daphnée pour le solstice d'été. Une soirée pour célébrer cette année de reconstruction, une soirée pour célébrer la réussite de leur diplôme, une soirée pour célébrer la nouvelle vie qui s'offrait à eux.
Elle avait bu plus que de raison, ce soir-là. Pour la première fois de sa vie. Elle avait refusé de se contrôler.
Elle avait perdu toute maîtrise. Elle s'est laissée aller à ses envies, sans limite. Pour la première fois.
Oubliées, ses valeurs. Oubliée, sa dignité. Elle avait donné son corps à cet homme, presque un étranger, elle le connaissait si peu, sans s'en rendre vraiment compte. Sans calculer.
Elle avait tout envoyé valser. Juste comme ça. D'un coup de rein. Depuis ? Depuis elle avait découvert la vie.
Elle trouvait ça dur, difficile et douloureux. Ce n'était pas rose tous les jours, loin de là. Elle apprenait à s'émanciper et à faire des choix. Elle apprenait à suivre ses désirs tout en essayant d'être responsable. Elle pleurait encore parfois, de se sentir si seule. Mais, elle avait Ashley.
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Ce bébé, son bébé, était toute sa vie. Son univers. Elle avait repris son poste d'archiviste depuis un peu moins de trois mois, sur des horaires arrangés. Se séparer de lui avait été un déchirement. Elle savait pourtant qu'il était entre de bonnes mains, à la Magicrècherie d'Angelina, à Oxford [3].
Elle n'aurait jamais imaginé, plus jeune, qu'un enfant lui coûterait aussi cher. L'argent n'avait jamais été un problème pour elle. Elle avait toujours eu ce qu'elle voulait, quand elle voulait, s'entourant de superflu, de fanfreluches et de produits dernier cri, toujours à la pointe de la mode sorcière.
Aujourd'hui, elle devait compter le moindre Gallion, la moindre Mornille et la moindre Noise. Elle arrivait à peine à payer son loyer chaque mois alors elle s'était vite rendu compte qu'il lui serait impossible de poursuivre des études cette année.
Elle ne voulait pas abandonner son rêve. Pas après tout ce qu'elle avait traversé. Elle ne le pouvait pas. Elle devait juste le repousser. Pour plus tard. Plus tard, mais pas jamais.
C'est ce qui l'avait décidée à écrire ce courrier. Sa volonté, et Seamus.
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Seams, la première fois qu'elle l'avait revu, l'an passé, chez Blaise, elle ne l'avait pas reconnu. Elle ne l'avait jamais vraiment remarqué, avant, à Poudlard.
Ce soir-là, elle avait juste vu un grand blond qui jouait à faire brûler une pierre en riant aux éclats.
Elle avait juste vu un homme prévenant l'aider à se relever de ce fauteuil trop bas sur lequel elle s'était affalée et que ses dix kilos de trop, son ventre bien trop arrondi à moins de deux mois de son terme, l'empêchaient de quitter.
Elle avait juste vu Blaise rire comme bien trop rarement, avec cet irlandais, et elle s'était dit qu'il méritait finalement d'être connu, ce mec fasciné par la pyrotechnie.
Ils avaient parlé, quelques fois, depuis, de leurs vies et il lui avait donné l'idée de la contacter pour profiter de son expérience et garder un pied dans la Magizoologie.
Pansy avait trouvé ça idiot, d'abord. Puis elle s'était penchée sur le magazine dont il lui avait parlé. Elle l'avait lu, en riant moqueusement d'abord, puis s'était surprise à apprécier. Elle n'en revenait toujours pas d'être fascinée par ce torchon mais elle était obligée de se rendre à l'évidence.
C'était bon !
L'idée de lui écrire s'était progressivement insinuée en elle. Il fallait absolument qu'elle échange avec cette folle parce qu'elle avait l'air passionnante, tout simplement.
A la fin de chaque nouvel article du Chicaneur, une adresse indiquait la prochaine position où l'on pouvait contacter 'Lunève' [4]. C'était son seul moyen d'arriver à toucher Loufoca Lovegood et il fallait qu'elle trouve comment commencer cette foutue lettre.
Elle avait repoussé l'échéance trop longtemps et il était hors de question qu'elle manque encore le coche. Si elle devait attendre le mois prochain pour récupérer son nouveau point de chute, elle ne le ferait jamais. Surtout qu'Ashley faisait ses dents et qu'il avait besoin de toute son attention.
Elle le savait. Il fallait le faire tout de suite.
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Verdict ? Que pensez-vous de ce petit détour par l'aristocratie sorcière ? Pas trop frustrés de ne toujours pas connaître l'identité du père d'Ashley ? Une idée sur ce mystérieux géniteur (dont, oui, oui, vous finirez bien par connaître l'identité, vous aussi) ?
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Croquants [1] : Pedzouilles, ploucs, rustauds…
HADES [2] : CQAP - programme de cours par correspondance, sur le modèle moldu, pour permettre aux jeunes combattants de la Guerre Noire de valider leur diplôme à distance en évitant la surpopulation scolaire. HADES, Homologation À Distance des Études Sorcières.
Magicrècherie d'Angelina, à Oxford [3] : CQAP - affaire florissante créée par Angelina Johnson. Une crèche Montessorienne pour petits sorciers. Si c'est pas la classe !
'Lunève' [4] : CQAP - nom de plume de Luna et Neville qui rédigent leur « Carnet de Voyage » régulièrement dans le Chicaneur, exposant leurs découvertes et leurs péripéties d'explorateurs naturalistes.
