[MaJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Et on continue ! Cette fois-ci, on va parler d'un de mes couples préférés (bien que je n'ai jamais essayé de lire une fic centrée sur eux, c'est étrange...). Je suis un peu partie en live par moment, j'espère que vous m'en excuserez.
J'en profite pour rappeler que cette fic est au rating M et que ce n'est pas pour rien, langage, histoire, situations... Et évidemment quelques scènes un peu trop citronnées pour des yeux chastes, disséminées par-ci, par-là.On ne se refait pas... Merci d'en tenir compte.
A nouveau, tous mes remerciements aux revieweuses (il me semble qu'il n'y a que des damoiselles), aux followers et aux 'favowers', n'hésitez point à laisser une trace de votre passage !
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Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 8 – Neville
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Ils avaient été obligés de reprendre de l'altitude pour ne pas se faire repérer. La vieille Ford Anglia [1] faisait de plus en plus des siennes et elle avait subitement décidé, alors qu'ils survolaient le golfe de Gascogne, de redevenir visible.
En pleine mer, ils auraient pu se permettre de conduire à basse altitude sans être dissimulés sous un sort mais il était hors de question qu'ils se fassent repérer maintenant ! Ils doutaient franchement que les pêcheurs poitevins aient l'habitude de voir des voitures bleues fendre tranquillement les nuages…
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Neville compatissait avec cette pauvre bagnole, devenue leur compagnon de route depuis maintenant deux ans. D'autant plus qu'elle subissait depuis presque trois heures la conduite sportive de Luna et qu'il leur faudrait encore probablement deux heures de plus avant qu'ils ne puissent se permettre de rejoindre la terre ferme.
A la nuit tombée, descendre à découvert resterait plus discret. Il y aurait déjà moins de risques de se faire repérer et, alors sur le plancher des vaches, ils pourraient trouver ce qui clochait. Et s'ils n'y arrivaient pas, ils pourraient rouler à la moldue, quitte à prendre le drôle de bateau qui embarquait des tonnes de voitures pour traverser la Manche.
Ce serait - certes - plus long, mais ils n'étaient plus à une semaine près !
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Avec sa blonde, Neville venait de passer les dix derniers mois en Afrique. Ils avaient exploré le nord du continent, de janvier à mars, découvrant principalement les pays berbères et le Maghreb.
Ils avaient constamment été surpris de voir à quel point la magie tenait une place centrale dans l'inconscient moldu, là-bas. Surtout que les différences culturelles faisaient que les croyances de ces moldus ne ressemblaient pas à des élucubrations loufoques comme ce qu'ils avaient pu entendre dans les pays de l'Est l'année précédente.
Il était fou de voir ces deux mondes aussi bien intégrés l'un à l'autre ! Évidemment, comme trop fréquemment et sans surprise, les sorciers étaient considérés comme davantage nuisibles que bénéfiques. Des ensorceleurs de tajines et des empoisonneurs de thés verts !
Cependant, il n'était pas rare de traverser des villages où une vraie sorcière, connue et reconnue comme telle par ses voisins moldus, tenait une place centrale dans l'organisation du hameau. Il était agréable de constater qu'elle y inspirait le respect, malgré le relent de crainte que ressentaient les autochtones.
Ils semblaient vivre en harmonie, bien différemment de ce qu'ils avaient l'habitude de voir dans les pays occidentaux. Dire qu'ils avaient été dépaysés, après la Guerre menée par le Lord Noir en Grande-Bretagne, était un euphémisme.
S'ils n'avaient pu découvrir de nouvelles espèces exotiques, ils avaient, par contre, pu étudier la faune et la flore méditerranéenne et leurs particularités. Ils en avaient réellement pris plein les yeux et, ce qui les avait le plus amusés, était les artefacts magiques qu'ils avaient dégotés pour leurs proches.
Ils revenaient avec tout un tas de talismans et d'amulettes à leur transmettre, principalement pour les protéger et leur apporter bonheur et prospérité. Ils connaissaient également de nouveaux sorts de magie ancestrale portant le mauvais œil mais, il ne les avaient pas vraiment testés.
Ils n'étaient pas totalement convaincus que tous les objets récoltés fonctionnaient réellement, pas plus que certains de ces rituels marocains particulièrement cocasses à mettre en œuvre. Cela dit, ils ne pouvaient nier être particulièrement heureux, tous deux, depuis le début de leur périple africain !
Si ce n'était pas une preuve en soit, ça !
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Après leur long crochet par l'Égypte, où les relations de Bill leur avaient été bien utiles et où ils rencontrèrent Anhour, un descendant direct de Khéops, ce fantastique sorcier qui avait participé à ériger les pyramides des siècles en amont, ils s'étaient installés quelques temps à Madagascar.
La saison sèche venait de commencer mais les pistes, encore boueuses, étaient difficilement praticables. C'est après avoir caché la vieille Ford qu'ils partirent à pied sur les routes, transplanant simplement d'un point à un autre lorsqu'ils n'arrivaient plus à avancer, trop fatigués ou enlisés dans des marécages.
De ce périple-ci, ils ramenaient du Ravinala, cette plante que des moldus malgaches avaient volée aux sorciers quelques millénaires en arrière et dont ils vantaient les vertus désaltérantes. Ils l'appelaient, sur l'île, « La Plante du Voyageur ». Ces moldus ! Ils n'avaient pas la moindre idée de sa réelle valeur, notamment dans la fabrication de potions de guérison !
Dans leurs bagages, ils avaient également ajouté de la poudre de baobab, des branches de palétuviers cueillis dans des mangroves fantastiques sur les côtes de l'île et toutes sortes de bois précieux.
Slughorn et Pomona en seraient ravis ! L'exportation de ses plantes était loin d'être une sinécure et coûtait habituellement les yeux de la tête. Neville n'avait aucun doute, son professeur préféré parviendrait prochainement à cultiver à grande échelle une partie de ces plans. Il faudrait simplement créer une nouvelle serre à Poudlard et la Directrice McGonagall ne le leur refuserait sûrement pas.
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En juin, ils avaient rédigé un dossier spécial de dix pages dans le Chicaneur sur le Pouralouf, un animal étrange adoptant généralement la forme d'un lémurien, capable d'arrêter le temps autour de lui.
Neville en avait fait les frais un de ces jours de grosse chaleur. Apercevant enfin la forme d'un plan d'eau, il commençait à ôter sa chemise tout en courant, prêt à y plonger allègrement quand il s'était vu stoppé dans sa course et s'était écrasé au sol comme sous le coup d'un sortilège de Stupéfixion.
Il avait senti son nez craquer en touchant terre et le rire de Luna qui tintait à ses oreilles un instant plus tôt s'était bloqué dans sa gorge. Elle l'avait rejoint, paniquée, l'interpellant bruyamment.
A aucun moment elle n'avait prêté garde au petit animal, assis sur ses pattes arrières à quelques mètres de là qui, lassé par ses cris, avait alors tendu ses pattes avant, la réduisant, elle aussi, au silence et à l'immobilité.
Figée comme une statue, elle l'avait vu passer en soupirant, devant elle. Elle voyait littéralement, pour la première fois de sa vie, un lémurien soupirer de lassitude !
Pendant plus de dix minutes, ils n'avaient pu, ni l'un, ni l'autre, faire le moindre mouvement. Leurs corps avaient progressivement retrouvé leurs mobilités et ils étaient partis en quête de ce drôle d'animal.
L'étudier n'avait pas été tâche facile ! Déjà, le seul moyen de le distinguer d'un vrai Lémurien était de l'obliger à figer le monde autour de lui. Pour cela, ils avaient vite compris qu'il fallait, soit l'énerver, soit le lasser, soit le provoquer. Alors, seulement, il arrêtait le temps et poursuivait tranquillement sa route, d'un pas traînant.
Ils s'étaient extasiés longtemps devant cette merveilleuse défense face aux prédateurs de tous poils ! Malgré tout, le voir en action nécessitait une bonne stratégie. Ils n'arrivaient à rien en se faisant immobiliser tous les deux en même temps, ce qui finissait inévitablement par se produire.
Ils en étaient vite arrivés à la conclusion qu'il fallait que l'un d'eux se laisse attaquer au besoin, et il revenait à l'autre d'observer et d'étudier l'étrange petit animal à distance, avec le plus de discrétion possible.
Neville avait toujours été la maladresse incarnée et Luna avait les plus grandes difficultés à garder les pieds sur terre trop longtemps. Ils décidèrent donc, en toute logique, de systématiquement jouer à Chaudron, Baguette, Pensine [2] pour déterminer le rôle de chacun.
Force était de constater le manque de talent de Neville à ce jeu ! Par contre, il était devenu, au fil de ces semaines, un as de l'auto-réparation de cloison nasale.
Ils ne voulurent jamais révéler d'où leur était venue l'idée de baptiser cette bestiole étrange le Plouralouf mais, ce nom avait longtemps continué de les faire rire bruyamment.
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Au milieu du mois de juillet, ils rejoignaient l'Afrique Subsaharienne, exploraient le désert, passaient plusieurs semaines dans le golfe de Guinée. Ils découvraient le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Cameroun, avant de rejoindre le Congo puis le Tchad, et de tracer tranquillement leur route vers le Rwanda.
En septembre, ils atteignaient l'Afrique Australe, traversaient l'Angola, le Mozambique et le Zimbabwe, parmi d'autres pays tous plus dépaysants les uns que les autres, la tête pleine de nouvelles connaissances en magie vaudou.
Quand ils décidèrent de rentrer chez eux, début novembre, la plante de leurs pieds était cornée, leur peau burinée par le soleil et leurs corps amincis par les conditions de vie particulière de ce continent trop sec et trop chaud ou des guerres civiles de moldues n'avaient de cesse de naître et de s'éteindre.
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Neville, sortant de ses pensées, regarda Luna du coin de l'œil. Si elle n'avait jamais été bien épaisse, elle était désormais quasiment filiforme. Ses cheveux, un peu filasses, lui arrivaient au creux des reins et avaient pris une douce teinte dorée de lumière.
Ses joues creusées faisaient encore davantage ressortir ses immenses yeux et pourtant, peu importaient ses cernes, il la trouvait toujours plus belle avec ses airs éthérés et son sourire rêveur aux lèvres.
Il posa sa main sur le genou de la blonde en souriant et s'aperçut que la nuit était tombée. Il tira sereinement sur le levier rouge du tableau de bord et alors que la Ford entamait une descente en douceur, réinstalla sa main à sa place, sur la cuisse de sa douce.
Leurs regards se croisèrent et, dans un charmant sourire, presque timide, il fit progresser ses doigts le long de sa jambe fine. Doucement, précieusement. Il entendit son rire clair alors qu'elle resserrait ses cuisses, entravant totalement sa main.
Baissant la tête, il la regarda par en dessous, levant un sourcil interrogateur. Elle rit, encore, avant de se laisser glisser, un peu, sur son siège et de lui libérer le passage jusqu'à ses dessous en coton.
La voiture atterrit dans un léger soubresaut alors qu'il sentait sous ses doigts la moiteur de son sous-vêtement. Il l'effleura délicatement, son index dessinant de fines arabesques sur le tissu aux couleurs pastel.
Elle gémit, accrochant ses mains délicates à son siège, ses genoux cognant doucement contre le volant. Un léger rire franchit ses lèvres quand il souleva le tissu et glissa sur sa peau. Elle ferma les yeux en se mordant les lèvres quand son doigt s'enfonça en elle.
Repoussant sa culotte en se contorsionnant, elle pivota légèrement, son dos contre la portière de la voiture, ses jambes ripant aux différents leviers. Indifférente aux bleus qu'elle aurait le lendemain, elle souffla de plaisir quand la bouche de Neville vint titiller son bouton de chair et s'agrippa à ses cheveux.
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Ce n'est que plusieurs heures plus tard qu'ils se réveillèrent, sur la banquette arrière, un rayon de soleil traversant les vitres sales de la voiture illuminant graduellement leurs visages.
Ils passèrent la portière en s'étirant et baillant, murmurèrent rapidement un sort de réchauffement, la chaleur constamment maintenue dans la voiture les ayant momentanément rendus oublieux des frimas de novembre.
Ils observèrent les alentours dont ils s'étaient désintéressés la veille et constatèrent se trouver au beau milieu d'un champ. Colza, blé ou pomme-de-terre, peu importait ce qui était cultivé ici.
Le sol était au repos à l'approche de l'hiver et, s'ils ne voulaient rester embourbés dans la terre humide, il fallait en sortir rapidement.
Neville s'installa au volant et fit démarrer la voiture qui, bien décidée à ne pas abîmer davantage ses amortisseurs après cette longue année d'exil et cette dernière nuit tumultueuse, refusa d'avancer. Luna dû lui jeter un Locomotor Barda pour qu'elle daigne, enfin, s'animer.
La Ford Anglia avança alors cahin-caha jusqu'à la route, suivie par une blonde dans une robe à fleurs, totalement improbable dans ce décor aux températures qui frôlaient le zéro.
Pourtant, la jeune femme préférait de loin marcher encore un peu, endolorie par tout le chemin déjà parcouru en position assise et déjà fatiguée de la route à parcourir encore, quitte à passer une fois de plus pour une hurluberlue. Elle avait l'habitude !
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Une fois la vieille carcasse bleue garée sur le bas-côté, le couple d'explorateurs dénicha des manteaux et rejoignit, toujours à pied, le village voisin qu'ils avaient aperçu au loin. De là, ils envoyèrent une première lettre parfaitement cachetée à Augusta et une seconde à Xénophilius.
Ils n'avaient pas le temps de trouver le service postal Sorcier de ce trou paumé. Ils savaient bien qu'il y avait davantage de probabilité que leurs courriers arrivent après eux, vu les difficultés qu'avaient les deux services postaux, magique et moldu, à se coordonner, qui plus est lorsqu'il fallait passer par un pays étranger mais ils voulaient absolument rassurer leurs familles en cas de retard.
En effet, leurs proches s'attendaient à les voir arriver d'un instant à l'autre et ce ne serait définitivement pas le cas. Si au moins l'un d'entre eux avait accepté de prendre un téléphone… Mais allez demander à un vieux loufoque paranoïaque et à une vieille rombière attachée à sa plume mécanique de s'intéresser aux technologies moldues et vous comprendrez pourquoi ils eurent à en passer par là !
Ils avaient beau gentiment railler leurs aînés, Neville, comme Luna, était impatient de les revoir. Ils avaient tant vécu ces derniers mois, tant appris, qu'ils brûlaient de leur faire partager leurs expériences. Ils s'imaginaient déjà les saouler de paroles au point de se faire renvoyer aussitôt vers leur prochaine expédition un coup de pied aux fesses !
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Ils avaient prévu de rester deux ou trois mois en Angleterre, le temps de voir le plus de monde possible. Franck et Alice avaient la primeur de la liste. Pomona ensuite, bien sûr. Et le vieux Toots [3] n'arrivait pas loin derrière. Passer voir leurs amis tenait évidemment une place de choix dans leur programme.
Ron leur avait réservé une surprise, avait-il dit, mais ils n'avaient pas la moindre idée de ce que ce pouvait être. Ils en trépignaient d'impatience, le rouquin ayant toujours eu une imagination remarquable, comme tout le reste de sa fratrie.
Dean leur avait dit, dans une de ses dernières lettres, avoir créé une baguette [4] qu'il pensait parfaite pour Luna. Elle était longue de 20.7 centimètres, de forme oblongue, en bois d'ébène, presque noire, avait-il dit.
Son cœur était constitué d'une queue de Niffleur et il semblait persuadé qu'elle en aurait absolument besoin pour dénicher des Ronflak Cornus. Comme il avait tout de suite pensé à elle, en la terminant, il y avait gravé, en son honneur, une représentation de la constellation de Cassiopée. Il espérait ne pas s'être trompé et que cette baguette adopterait immédiatement Luna.
Elle avait ri aux éclats à la lecture de son courrier et était pressée de l'essayer. D'autant plus depuis que Harry leur avait dit avoir déjà testé ses premiers essais de fabrications et qu'il semblait être en bonne voie pour rattraper le génie d'Ollivander.
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Dean leur avait également appris que Seamus semblait entretenir, depuis quelque temps, une relation secrète et sulfureuse.
Il n'en savait pas plus, le blond restant particulièrement discret sur le sujet mais il avait remarqué qu'il ne se tordait plus le cou en dévisageant les demoiselles en fleurs, ce qui n'arrivait que lorsqu'il partageait son temps avec l'une d'elle.
Il ajoutait qu'il souriait souvent béatement sans raison et surtout, surtout, il rougissait dès qu'on abordait la question de sa vie affective. Il aurait même fait exploser des verres, incapable de contrôler sa magie, au cours d'une soirée où tous ses amis avaient tenté de lui tirer les vers du nez !
Seamus, lui, ne leur avait rien dit dans ces lettres mais, ce n'était pas un argument suffisant pour remettre en doute la parole de Dean. Neville brûlait d'en savoir plus !
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La… relation… de Hermione et Draco Malefoy l'avait davantage troublé. En toute honnêteté, il se sentait presque encore en état de choc. Personne, pas même la jeune femme, n'avait abordé la question dans les courriers qu'ils échangeaient régulièrement et, eux, ne s'amusaient pas vraiment à lire les ragots de la presse.
Ce n'est que lorsque Luna avait entamé une correspondance totalement improbable avec Pansy Parkinson qu'il avait appris la nouvelle.
L'ancienne Serpentard avait adressé un courrier à 'Lunève', en septembre dernier. Elle semblait ignorer s'adresser à Luna, qui avait pourtant été une de ces cibles favorites de moquerie à Poudlard. Et si elle savait déjà, lors de sa première lettre, à qui elle s'adressait, elle n'en avait rien montré.
Le texte était simple et impersonnel mais curieux et intéressé par leurs découvertes. Luna avait ri alors qu'il fronçait les sourcils. Il avait encore du mal à comprendre comment elle acceptait toujours, avec autant de facilité, d'excuser les erreurs des autres.
Dans la minute, la blonde s'était saisie d'une plume. « Il ne faut jamais fermer les portes, Nev, sinon, tu risques d'écraser les Berphiles ». Les Berphiles… Il ne comptait même plus le nombre d'espèces, réelles ou fictives, dont il était ignare, avec elle.
Toujours est-il qu'une correspondance assidue avait commencé entre les deux jeunes femmes qui parlaient principalement de soins aux créatures magiques, d'espèces animales méconnues, et de trucs de zoologistes auxquels il s'intéressait de loin.
Pourtant, fin octobre, une partie de la lettre de Pansy Parkinson, ce devait au moins être déjà la troisième qu'elles échangeaient, s'adressait particulièrement à lui.
« Comme tu le sais sûrement, Draco et Granger emménagent à NH le mois prochain. Je n'y connais pas grand-chose, en symbolique des plantes mais, je me disais que Londubat pourrait peut-être avoir une idée qui leur corresponde et qui ne choque pas les moldus qui passeraient à proximité de leurs fenêtres. Je ne voudrais pas… »
Ginny avait confirmé ! Ils s'étaient empressés de se rendre à CapeTown et avaient monopolisé le canal de Cheminette d'un hôtel sorcier luxueux pour la joindre et en savoir plus. Elle leur avait montré une boîte avec des articles de journaux, des photos, déblatérant sur les réactions des uns et des autres... Ils avaient eu du mal à l'arrêter !
S'il était resté bouche-bée, complètement abasourdi, Luna s'était montrée enthousiaste. Elle trouvait cette nouvelle fantastique et n'avait pu s'empêcher de plaider en leur faveur.
- « Je t'avais bien dit, que le grand blond c'était un mec bien ! Et si Hermione l'aime, c'est forcément quelqu'un de bien !
- Malefoy, Luna ! On parle de Malefoy !
- Oui, je sais bien. Celui-là même qui chantait avec tes parents dans le jardin thérapeutique à Noël !
- ...Oh, Merlin… » souffla-t-il « J'espérais effacer cette image de mon esprit… »
L'hiver dernier, Neville s'était plus d'une fois senti déstabilisé. Il avait revu Draco souvent, à Sainte-Magouste mais avait dû à chaque fois se pincer pour s'assurer de ne pas être en train de rêver.
Il l'avait entendu chanter sous la menace de cette imposante femme qui dirigeait le Service, l'avait vu offrir des cadeaux aux patients avec un sourire éclatant et l'avait écouté rassurer un gamin violet qui pleurait toutes les larmes de son corps.
Il avait aussi vu ses propres parents rire sur le passage du blond, comme ils le faisaient avec leurs proches, il avait écouté sa grand-mère faire son éloge de long en large, entendu Harry prendre sa défense pour justifier le froid qu'il y avait dans sa relation avec Ron…
Si même Hermione avait craqué, il ne pouvait que se répéter que le monde était définitivement tombé sur la tête depuis que Voldemort avait succombé ! Ou alors, c'était à cause des Joncheruines. Oui, ça devait être ça. Les Joncheruines étaient en train de conquérir le monde, atomisant les cervelles de ses amis au passage !
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Perdu dans ses réflexions, il ne s'aperçut pas avoir rejoint la côte bretonne. La route était paisible et la compagnie de sa blonde toujours agréable, même dans le silence. Elle dessinait de gracieuses arabesques sur sa paume, pendant que la voiture décidait elle-même des changements de vitesses et il sentait une agréable chair de poule hérisser les poils de son avant-bras.
Ils décidèrent de faire une halte et de reprendre la route dans l'après-midi, après un bon repas et une sieste digestive. Ils rejoindraient la Haute-Normandie dans la soirée et, s'ils n'étaient pas trop fatigués, pourraient tenter de survoler la Manche.
Si la Ford Anglia refusait toujours de se rendre invisible, il était une fois de plus préférable d'attendre la nuit. Ou peut-être fallait-il tout simplement repousser jusqu'au lendemain…
Il ne se sentait vraiment pas de faire les cinq heures que durait la traversée sans escale. Avec le bateau, ils n'auraient pas à se concentrer. Ils n'auraient qu'à se laisser voguer tranquillement sur les flots. Et, une fois à Portsmouth, ils ne seraient plus qu'à deux heures de route de Londres.
Là, tout serait plus facile. Ils laisseraient la voiture à George qui la rapatrierait au Terrier. Ils pourraient ensuite voir ce qui clochait, la désencrasser et la remettre à neuf. Il y avait sûrement des tonnes de sable incrusté dans le moteur et dans les rouages mécaniques.
Ils pourraient passer à Sainte-Mangouste voir ses parents puis aller serrer Augusta et Xénophilius dans leurs bras. Molly préparerait probablement un banquet gargantuesque dont ils sortiraient repus et somnolents.
Oh, il trépignait d'impatience et, plus les heures passaient, plus il sentait Luna fébrile. Ils étaient excités comme des enfants prêts à ouvrir leurs cadeaux sous le sapin !
Verdict ? Cette petite virée dans la tête de Neville vous a-t-elle plu ? J'admet, j'admet, c'est plus un chapitre de transition qu'autre chose... A votre avis, à qui le tour sur le prochain chapitre ?
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Ford Anglia [1] : Mais oui, rappelez-vous ! Dans CQAP, Arthur cède sa précieuse voiture à Neville et sa charmante compagne, après qu'ils l'aient retapée en famille (ou tout comme) et qu'ils aient passé leur permis moldu, ces jeunes fous !
Chaudron, Baguette, Pensine [2] :Variante sorcière de Pierre, Papier, Ciseaux.
vieux Toots [3] : Tilden Toots est un personnage créé par JKR. Dans CQAP, Neville et Luna font sa connaissance en raison de leur passion commune pour la nature. Toots parle souvent des articles de Lunève dans son émission de radio sorcière.
Dean [avait créé] une baguette [4] : CQAP – Dean devient l'apprenti d'Ollivander qui, se sentant vieillir et sans descendance, décide d'apprendre à ce jeune homme qu'il a appris à connaître pendant leur captivité, tout ce qu'il sait.
