[MaJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! C'est au péril de ma vie que j'arrive à poster la suite avec une ponctualité sans faille ! Ouf ! L'honneur est sauve !
Cette fois-ci, je vous propose de vous installer bien tranquillement dans un fauteuil et de vous arrêter dans la tête d'un adepte de la pyrotechnie.Inutile de le présenter davantage, vous savez de qui nous parlons ! Et on reviendra très très vite sur l'histoire de nos loulous HG/DM... Juste, pas aujourd'hui ;-)
Je vous invite à nouveau à être attentif au rating et à le respecter sinon, c'est à vos risques et périls ! De la même manière, si l'idée de deux hommes ensemble vous insupporte, je vous invite à changer de page...
Et je transmets toujours de chaleureux remerciements à ceux et celles qui laissent des reviews (vous arrêtez pas, hein ! J'aime vos zavis!), ceux qui followent et ceux qui mettent à fav (hésitez pas à reviewer, je mange pas et je ne mord pas plus!).
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Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 9 – Seamus
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Assis sur le tapis persan face à un feu de cheminée, Seamus, le dos collé au canapé en cuir, pencha la tête en arrière en fermant les yeux.
Les épaules encadrées par une paire de jambes, il avait presque envie de ronronner en sentant les mains expertes passer dans ses cheveux fins, caresser son front et fondre délicieusement jusqu'à sa nuque. Il se laissait docilement manipuler, profitant de ce massage improvisé, en cette veille de Noël.
Il savait que, demain, il ferait bruyamment la fête en famille alors que son compagnon resterait seul chez lui, comme chaque année. Il regrettait de ne pas pouvoir l'amener avec lui mais, il ne fallait quand même pas exagérer. Aucun d'eux n'arriverait à l'assumer comme ça, aussi vite, sans préambule.
Chassant au loin ces considérations, il savourait ce moment. Il n'en était pas moins obligé de reconnaître qu'il n'imaginait pas, quelques mois en arrière, se retrouver un jour dans cette position-là.
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Quand Blaise l'avait embrassé, la première fois, s'il avait été particulièrement surpris, il ne lui en avait pas tenu rigueur. L'alcool, le jeu, l'amitié fraternelle et virile… Ils avaient dérapé mais, qui n'avait jamais connu ça ?
Il était passé outre, comme un événement négligeable. Ce n'était pas vraiment comme si il y avait réellement prêté attention, finalement.
La fois suivante était déjà plus déconcertante. Et ils n'avaient plus l'excuse de l'alcool. Le repousser lui avait traversé l'esprit un quart de seconde mais, sans réfléchir, il s'était laissé plonger. Pour essayer. Parce qu'il fallait toujours tout essayer au moins une fois dans sa vie.
Il avait trouvé ça étrange. Vraiment étrange. Ce baiser respirait la virilité. Les lèvres de Blaise n'étaient pas douces, ni parfumées d'un baume fruité. Sa langue n'était pas timide et sa mâchoire était carrée et drue au toucher.
Il était resté obnubilé, en l'embrassant, par les courts poils de sa barbe, rasés le matin même mais qui repoussaient déjà et qu'il sentait sous ses doigts. Il n'avait pas pu s'empêcher de les caresser et, quand sa main s'était égarée sur son cou, il avait encore été surpris de ne pas sentir une masse de cheveux souples.
Blaise portait de fines nattes collées à son crâne, qui s'arrêtaient à la base de sa nuque. Et sa nuque, justement, n'était ni fine et ni délicate. Sous ses doigts, Seamus sentait la chair et les muscles. Tout en lui respirait l'homme à plein nez.
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Il avait fait glisser sa paume jusqu'à une épaule puissante. Massive. Virile. Il n'avait pas osé continuer sa route. C'était trop inhabituel. Trop déstabilisant.
Quand ils avaient cessé de s'embrasser, ils s'étaient souris, comme si tout ce qui venait de se passer avait été normal. Seamus s'était appuyé sur l'épaule de Blaise, sentant ses trapèzes rouler sous ses doigts.
Il s'était relevé et lui avait dit « A demain ». Comme s'ils avaient vraiment prévu de se revoir le lendemain. Ce qui n'était pourtant pas le cas. C'était sorti tout seul, comme une proposition implicite.
Il n'avait pas dormi de la nuit. Il s'était posé des milliards de questions. Est-ce que c'était normal ? Est-ce que Blaise le testait ? Pourquoi ? Comment ? Est-ce qu'il viendrait le lendemain ?
Et s'il ne venait pas ? Qu'est-ce que lui préférait ? Blaise l'avait embrassé. Deux fois. Est-ce que c'était à Seamus de faire le prochain pas ? Est-ce qu'il y aurait même une prochaine fois ? Et puis pourquoi se poser autant de questions ?!
Les réponses étaient arrivées au compte-goutte. Le lendemain soir, déjà, Blaise sonnait à sa porte. Quand il lui avait ouvert la porte, le métis avait levé deux sacs en papier estampillés « Abraxas – Traiteur Magique » [1] à hauteur de son visage.
« Du libanais, ça te dit ? » et il avait à peine eu le temps de lui répondre que le métis passait la porte dans un flot de paroles, sans se départir de son mordant habituel.
Blaise avait monopolisé une partie de la conversation et Seamus l'avait silencieusement remercié. Ils avaient ri et il s'était détendu. C'était presque normal. Et il avait eu besoin de cette normalité-là pour avancer. Sans cela, tout restait trop inconcevable !
Pourtant, quand la soirée avait touché à sa fin et que Seamus l'avait raccompagné à sa porte, il n'avait pas pu s'empêcher de lui saisir le bras. Un bras solide, sec et musclé.
Il s'y était agrippé et avait rapproché leurs corps, juste comme ça. Concentré sur des pensées brouillonnes et indémêlables, il avait fixé les lèvres de Blaise, étonnamment silencieux, en fronçant les sourcils.
Quand il les avait vues frémir, ses lèvres, dans une esquisse de sourire, il les avait happées. Juste pour voir si c'était toujours normal.
Il n'avait pas vraiment réussi à déterminer si ça l'était mais il avait eu une certitude. Il avait aimé. Il en était sûr, cette fois. Alors, ils avaient recommencé, d'autres fois. Chastement, au début.
Seamus voulait prendre son temps. C'était trop perturbant, de découvrir le corps d'un homme sous ses mains, pour ne pas prendre son temps.
Il avait trouvé ça bizarre, d'ailleurs, en l'embrassant, de ne pas sentir de poitrine s'écraser sur son torse. Il avait l'habitude des seins, et aimait cette sensation, sentir des courbes arrondies collées à lui. D'habitude.
Il avait eu un fou rire, la première fois qu'il avait passé la main sous la chemise de Blaise. Il avait senti ses abdominaux sous ses doigts et une ligne de poils courait de son nombril jusqu'à la ceinture de son pantalon. Son torse était large et fort.
Il y avait une cicatrice, aussi, sur son flanc. Et sa peau était douce. Mais, rien à voir avec la douceur d'une femme. Il se surprenait à chaque fois de trouver ça juste, finalement. C'était juste et semblait être la bonne chose à faire.
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Il s'était mis à flipper quand il avait senti l'érection de Blaise contre sa cuisse. C'était le même jour, d'ailleurs, où il avait glissé ses mains sous sa chemise. Il avait senti ce membre dur, qui n'était pas le sien, et avait hoqueté sous la surprise.
Il s'était rendu compte que son propre corps réagissait et il avait trouvé ça effrayant. Avec une femme, la suite était tellement évidente. Avec un homme, il était obligé de faire marcher son imagination et c'était proprement terrifiant.
Il n'avait jamais pensé sentir un sexe en lui, un jour. Il n'avait jamais imaginé s'insérer dans le corps d'un homme. Il lui avait paru inconcevable, jusque-là, d'avoir ce genre de pratique. C'était un sujet tabou. Pourtant, il n'avait pas eu envie de reculer. Il flippait mais refusait de faire marche arrière.
Ils avaient pris leur temps, avant de sauter le pas. Et Seamus s'était bien vite aperçu qu'il n'était pas le seul à avoir peur, bien au contraire.
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Ils s'étaient tous deux retrouvés nus pour la première fois fin octobre, le soir de son anniversaire [2]. L'euphorie de la fête aidant, ils s'étaient montrés entreprenants mais, une fois en tenue d'Adam, ils n'avaient plus pu que se regarder en tremblant.
C'était une chose, de sentir des bouts de corps sous leurs doigts, s'en était une autre de les voir se matérialiser totalement devant soi.
Ils ne s'étaient pas regardés pendant de longues minutes. Ou plutôt si, ils s'étaient scrutés, mutuellement, inspectant chaque recoin du corps exposé devant eux. Le découvrant de manière totalement indécente. Leurs yeux, eux, avaient mis du temps à se rencontrer.
Ils s'étaient souris, gauchement, et Blaise s'était avancé, réduisant l'espace entre eux. Seamus avait tendu le bras pour saisir sa nuque et l'embrasser brusquement. Juste pour briser leur torpeur.
Ils avaient resserré leurs corps, torse contre torse, cuisses contre cuisses. Ils s'étaient sentis grisés par leurs érections qui se frôlaient, se touchaient, sans qu'ils ne contrôlent rien. Ils avaient été excités comme jamais ils ne l'avaient été jusqu'alors.
Leurs mains étaient parties en exploration. Blaise s'accrochait à ses pectoraux alors que les paumes de Seamus coulaient inexorablement vers ses fesses. Pris d'une impulsion soudaine, le blond avait alors fondu à genoux, ses mains descendant tout aussi vite le long des cuisses brunes.
Frissonnants, ils avaient tous deux cessé de respirer lorsque le souffle chaud de l'irlandais avait caressé la hampe érigée de Blaise. Ils s'étaient consultés d'un regard, émus et incertains.
Seamus, pris d'un courage typiquement Gryffondorien, avait doucement approché sa main de l'entrejambe du métis. Hésitant sur la marche à suivre, sa respiration s'était accélérée alors qu'il ourlait doucement sa bouche, prêt à l'embrasser en tremblant.
Blaise avait alors inspiré fortement avant de lui saisir la nuque et de reculer son bassin.
- « Non ! Attends ! C'est trop…. Intime… »
Sa voix n'était qu'un souffle. Un murmure. Seamus avait fermé les yeux, le remerciant en silence, comme soulagé. Il ne savait pas comment il avait trouvé la force d'aller jusque-là mais il ne s'était définitivement pas senti prêt, en fait.
Blaise s'était à son tour agenouillé face à lui et avait saisi ses lèvres. Et l'irlandais s'était laissé faire, apaisé, basculant sur le dos et accueillant son corps contre le sien. Son dos s'était arqué, il avait rapproché leurs bassins et enroulé une jambe autour de ses hanches.
Il avait apprécié les frictions et soupiré sans honte jusqu'à ce qu'il sente une main, la main de Blaise, effleurer sa verge gonflée. Il avait ouvert grands les yeux en cessant de respirer. C'était… fantastique…
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Avec un sourire coquin, le métis l'avait caressé doucement. Il l'avait embrassé et, quand il s'était mordu la lèvre, Seamus l'avait retourné sur le dos, saisissant doucement sa virilité.
Il s'était alors appliqué à agacer son gland du pouce, à cajoler ses bourses et enserrer son sexe sous sa paume chaude. Ils s'étaient caressés avec lenteur, dans des pressions minutieuses, gémissant de plaisir jusqu'à se libérer dans un grognement rauque, repus et satisfaits.
Poisseux et collants, ils étaient restés là, le dos sur le sol de la chambre, côte-à-côte, leurs mains se frôlant, leurs jambes se touchant à peine, essoufflés et extatiques.
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Évidemment, ils avaient renouvelé l'expérience, de nombreuses fois, depuis. Ils avaient redécouvert la masturbation, ensemble, et trouvaient ça extraordinaire. C'était nouveau et grisant mais, il leur avait fallu plusieurs semaines avant d'oser aller plus loin.
C'était Blaise qui avait finalement franchi le pas. Il en gardait le souvenir d'un moment un peu fou mais, n'était-ce pas toujours le cas, avec lui ?
Ce jour-là, Seamus était passé prendre Dean à la fin de sa journée chez Ollivander sur un coup de tête et ils étaient partis dîner chez « Monsieur Benedict », un de ces restaurants gastronomiques en vogue du Chemin de Traverse.
Là, ils avaient aperçu Blaise installé à une table en compagnie de deux femmes d'âge mûr et d'un homme tout aussi mature, dégustant galamment ce qui semblait être une sorte de gigot à la menthe revisité.
Ils s'étaient souris quand leurs regards s'étaient croisés puis ignorés autant que possible. Ils avaient un secret d'alcôve à protéger.
Pourtant, Seamus n'avait pu s'empêcher de voir Blaise, une fois son plat terminé, s'éloigner après une légère révérence et rejoindre d'un pas souple ce qui était probablement les commodités.
Ils ne s'étaient pas vus en tête à tête depuis plus de trois jours et, envoyant valser tous ses principes, Seamus s'était excusé auprès de Dean et avait abandonné son entrée, déjà au trois-quarts entamée.
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Il avait doucement ouvert la porte des toilettes communes, redoutant la présence d'autres hommes. Il n'y en avait qu'un qu'il avait eu envie de voir en cet instant. Il avait prudemment fait un pas dans la pièce immaculée à la plomberie dorée et avait senti une main agripper durement son col.
Retenant un hoquet de surprise, il s'était vu traîné jusqu'à une cabine. Blaise, puisque ce ne pouvait être quelqu'un d'autre, avait fermé la porte d'un sort et s'était aussitôt jeté sur sa bouche.
Seamus avait répondu à son baiser sauvage en riant doucement, rire qui s'était finalement coincé dans sa gorge quand il avait senti sa ceinture être dénouée prestement.
- « Qu'est-ce que tu.
- Chhhht, tais-toi, on n'a pas le temps » avait chuchoté son assaillant.
- « Blai… Tu… Oh… Oh ! Merlin… »
Il n'avait pas eu le temps d'avoir un propos cohérent qu'une bouche chaude saisissait son membre sur toute sa longueur. Il avait senti ses jambes flageoler et avait fait claquer ses mains sur les parois de la cabine, s'y accrochant du mieux qu'il le pouvait alors qu'une langue mutine s'amusait à le faire craquer.
S'il avait déjà été pris en bouche, plus d'une fois, il ne pouvait que reconnaître être définitivement entre des mains expertes. Blaise savait exactement comment le toucher pour le faire plier.
C'était maladroit, comme n'importe quelle première fois mais, c'était presque encore plus excitant. Il connaissait les points sensibles. Il savait comment s'attaquer à son gland, comment s'attarder sur ses bourses, comment aspirer, comment lécher et comment exercer LA pression qui fait chavirer.
Il ne lui avait suffi que de quelques minutes pour que Seamus jouisse dans un soubresaut. Il avait répandu sans vergogne sa semence dans l'antre chaude de son amant qui avait dégluti en fermant les yeux avant de fourrer sa langue dans sa bouche, lui faisant profiter de sa turpitude dans un sourire moqueur.
Seamus s'était alors laissé choir mollement sur la cuvette des toilettes, le cœur battant à mille à l'heure alors que Blaise s'était dignement redressé, un grand sourire aux lèvres et les yeux pétillants.
Il avait enlevé une poussière imaginaire sur son pantalon parfaitement ajusté, avait inutilement resserré sa cravate et déverrouillé la porte avec une tranquillité incroyable.
- « Bien ! Une bonne chose de faite !
- ….
- Ce fut un plaisir. A bientôt, Seams ! »
Et il était parti, sans autre cérémonie. Le blond avait encore eu besoin de plusieurs minutes pour retrouver ses esprits et rejoindre Dean qui s'impatientait. Il n'avait alors pas pu s'empêcher de regarder son amant et s'était vu rougir de le voir lécher sa petite cuillère.
C'était peut-être son imagination qui avait rendu ce geste si suggestif mais, il ne pouvait que constater s'être aussitôt senti à l'étroit dans son pantalon.
Cette fois-ci avait sans conteste été un peu folle. Rien à voir avec leur première fois, en fait.
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Cette première fois, il en gardait des souvenirs partagés. Elle n'était pas si lointaine, finalement. Quelques semaines en amont.
Après une soirée comme tant d'autres, en regardant Blaise offrir un sourire éclatant aux derniers convives qui rentraient chez eux, Seamus s'était dit que c'était peut-être le bon moment. Juste comme ça, sans avoir besoin d'argumenter davantage.
Ils en avaient envie tous les deux. D'en savoir plus, de connaître de nouvelles sensations, de découvrir ce que c'était, faire l'amour avec un autre homme.
Ils avaient passé la nuit ensemble, ce qui arrivait encore rarement. C'était trop risqué et impliquait trop de choses, tandis qu'ils continuaient à fonctionner sur des non-dits. Ils s'étaient couchés chastement et ce n'était qu'à son réveil que Seamus avait sauté le pas.
Il s'était réveillé le torse collé au dos de Blaise, son sexe durci, frôlant la commissure de ses fesses. En souriant, il avait impulsivement léché sa nuque, de la pointe de sa langue, en frottant doucement son bassin tout contre le métis, accentuant la pression de sa hampe.
Un gémissement endormi lui avait répondu et il avait parcouru son flanc du bout des doigts, s'attardant sur sa cicatrice et lui tirant un « Seams ? », un peu pâteux, entre deux frissons.
Il avait continué à faire glisser sa bouche sur son cou, puis, sur son épaule, et Blaise s'était lentement tourné sur le dos.
Les yeux mi-clos, un sourire tranquille aux lèvres, il avait caressé son torse et le blond n'avait pu s'empêcher de se mordre la lèvre. Il était un appel à la luxure et il lui avait répondu sans tarder.
Se penchant au-dessus du brun, il avait continué à cheminer doucement, saisissant un téton, traçant un sillon de sa langue jusqu'à son nombril. Il avait embrassé le haut de sa cuisse et caressé son entrejambe. Il y avait posé les lèvres, l'avait léché et lui avait tiré des sons rauques.
Jusque-là encore un peu passif, Blaise s'était éveillé, glissant une main dans ses cheveux, s'y agrippant, le ramenant jusqu'à sa bouche. Il y avait faufilé sa langue et ils avaient bataillé, avec volupté.
Ils avaient, comme si souvent, frotté leurs érections en gémissant. Les mains de Blaise s'étaient imperceptiblement rapprochées des fesses de l'irlandais qui soupirait, appréciait et s'impatientait. Il avait glissé un doigt entre les globes fermes alors que leurs respirations s'accéléraient.
D'un regard, Seamus l'avait encouragé lorsque le doigt avait enfin effleuré son anneau de chair. Il crevait de trouille, il n'y avait pas d'autre mot, mais il l'avait incité à continuer. C'était étrange et flippant parce qu'il ne savait pas à quoi s'attendre mais l'envie de savoir le tiraillait trop.
Il s'était trouvé un peu bête, à ce moment, de s'apercevoir que la sensation de ce doigt qui lui massait cette partie du corps, si intime, le laissait presque indifférent. Il n'y faisait pas vraiment attention, finalement. Il avait préféré se concentrer sur ses autres ressentis, sur son désir et son excitation.
Il n'y fit pas attention jusqu'à ce que Blaise le ramène à sa bouche, ce doigt, et qu'il le lèche consciencieusement tout en dévorant Seamus du regard. Un summum d'érotisme qui coinça un son étranglé dans sa gorge.
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Lorsque le doigt quitta la bouche de Blaise, Seamus y enfonça sa langue, fort, loin, comme si il avait voulu l'aspirer tout entier. C'était instinctif, animal et, aussi, le meilleur moyen de ne pas penser. Ne pas penser à ce doigt qui, déjà, pénétrait lentement son corps.
Sa langue, perdue dans la bouche de Blaise, leurs dents s'entrechoquant, il pouvait ne pas prêter attention à la gêne que ce doigt provoquait. Jusqu'à ce qu'il ait besoin de respirer.
C'est à ce moment qu'il avait senti des fourmillements. Étranges. Bizarres. Ce n'était pas foncièrement désagréable. Simplement déstabilisant.
Il avait fermé les yeux et, en appui sur ses avant-bras, au-dessus de Blaise, il avait essayé de se concentrer sur ses sensations. Il voulait ressentir du plaisir. C'était nécessaire.
Son amant, sous lui, entamait de lents va-et-vient de ce doigt, effrayé par l'étroitesse de l'orifice qu'il pénétrait. Entre deux baisers sur la gorge de Seamus, il guettait le moindre signe de douleur, le moindre plissement de paupières, la moindre grimace.
Le métis ne pouvait s'empêcher de durcir davantage à l'idée d'explorer cette contrée encore vierge. Si étroite que l'idée même de s'y glisser l'amenait au bord de la jouissance. Il était si tendu qu'il en avait mal.
Toujours aussi lentement, il avait retiré son doigt, s'attirant un regard curieux et frustré de Seamus qui commençait à peine à s'apercevoir que son corps répondait positivement à ce toucher tellement particulier.
Blaise avait alors appelé à lui une petite boite carrée dont il avait sorti une fiole. La fameuse fiole achetée en secret chez les Weasley. Offrant un sourire confiant à Seamus, tout en espérant secrètement ne pas s'être fait rouler par le rouquin facétieux, il avait enduit lentement ses mains du liquide rosâtre avant de proposer au blond d'en faire autant sur son érection.
Seamus, appliqué à offrir la meilleure caresse possible à son amant, ne se rendit pas vraiment compte que deux doigts avaient à nouveau pris place dans son anneau de chair. Il s'en aperçut, par contre, lorsqu'ils s'agitèrent doucement dans son corps. C'était étonnamment frais.
C'était d'ailleurs toujours étrange sans être désagréable. Il ressentait davantage les fourmillements perturbants. Il ne prenait pas vraiment son pied mais il aimait le corps de Blaise, le toucher et qu'il le touche. C'était bien là le plus important.
Il grimaça lorsque les doigts le quittèrent malgré la bouche posée sur son cou qui suçait hardiment sa peau. Le geste était, peut-être, juste un peu trop brusque pour que ce soit réellement bon.
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Il se laissa faire, en tremblant, quand Blaise le poussa doucement et qu'il se pencha sur son dos. Il s'allongea docilement sur le ventre, fermant les yeux, redoutant ce qui allait suivre autant qu'il l'attendait.
Il apprécia les baisers dans son dos, du creux des reins jusqu'à sa nuque. Il fut excité lorsqu'il sentit la hampe de Blaise se frotter entre ses fesses. Il y rapprocha instinctivement son bassin quand il sentit une douce morsure sur son épaule.
Il glapit sans retenue lorsqu'il sentit le gland de son amant caresser son entrée. Son cœur battait à cent à l'heure alors que Blaise guettait un signe de fuite qui ne venait pas.
Il s'agrippa violemment aux draps, contractant ses fesses, quand il ressentit la pénétration lente, ce qui fit gémir Blaise. Merlin que c'était serré ! Si son amant avait fait le moindre mouvement, même microscopique, le brun aurait joui dans la seconde.
Se concentrant sur sa respiration erratique, en appui sur ses mains, il avait fermé les yeux, attendant que Seamus se détende. Juste un peu. Juste assez pour aller plus loin.
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L'irlandais, lui, n'arrivait plus à respirer. Une larme avait coulé d'elle-même sur sa joue, incontrôlable, et son sexe avait instantanément flanché mollement. Il avait eu besoin de longues secondes pour retrouver un semblant de souffle. Inspirant et expirant profondément, il avait recherché les effets de la lotion.
Derrière la douleur, il la sentait, cette sorte de fraîcheur, se répandre. Les fourmillements prenaient de l'ampleur. Et il y avait ces petites décharges qui n'avaient rien de naturelles mais qui vibraient légèrement en lui. Ses chairs étaient loin d'être anesthésiées, contrairement à ce qu'il avait pensé quand seuls des doigts l'avaient pénétré.
Le sentant se relâcher progressivement, Blaise s'était enfoncé davantage, sa gorge grognant alors que le corps du blond l'épousait parfaitement. Trop parfaitement. Quand il avait senti les mains de Seamus s'agripper instinctivement à ses cuisses, le corps tendu, les omoplates du blond se rencontrant presque, il n'avait pu s'empêcher d'entrer totalement en lui, brusquement.
Il avait senti les ongles s'enfoncer dans sa peau et s'était penché en avant, collant son torse au dos de son amant, caressant ses bras jusqu'à ses mains. Il en avait délicatement massé les paumes de ses pouces, comme une invitation à desserrer leur prise.
Il s'était excusé, au creux de son oreille, en murmurant doucement. Il serait plus doux. C'était une promesse. Le blond avait vaguement hoché la tête et Blaise avait enlacé leurs doigts avant de remonter leurs bras au-dessus de leurs têtes. « Ça va aller ? ». La demande était tout aussi douce et Seamus, les yeux clos, avait de nouveau opiné du chef.
Allongé sur lui de tout son long, son corps pressé au sien, Blaise avait lentement mues ses hanches, incapable de retenir ses gémissements. Ça n'avait duré que quelques secondes, pas même une minute, avant qu'il ne se répande en lui. Seamus avait à peine eu le temps de s'y habituer, finalement. A peine eu le temps de sentir son propre sexe retrouver un peu de vigueur.
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Quand il avait joui, deux larmes s'étaient échappées des yeux du métis, surpris. Parce que c'était trop bon, trop beau et trop intime. Parce qu'il savait que ce qu'il venait de se passer était capital. Il savait que Seams s'était totalement donné à lui et que c'était important. Essentiel, même.
Il s'était retiré précautionneusement, avait essuyé ses joues discrètement, peu désireux de trahir son émotion, et s'était appliqué à offrir la meilleure fellation qui soit à son amant. Parce qu'il le méritait. Et qu'il aimait son corps. Et que son goût était incomparable.
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Cette première fois avait vraiment été particulière. Dans tous les sens du terme.
Seamus ne savait pas trop comment il avait réussi à ne pas être découragé. Mais il ne regrettait définitivement pas d'avoir réessayé. Ni d'avoir inversé les rôles. Avec l'entraînement, il s'apercevait qu'il vivait, avec Blaise, les meilleures parties de jambes en l'air qui soient. Parce qu'elles étaient spéciales et uniques. Et avec la tendresse, qui plus est. Il n'avait définitivement pas à se plaindre !
Verdict ? Ça va ? Z'avez pas eu trop chaud ? C'est malheureux, cette météo qui fait des siennes, dernièrement ! Bon, cela dit, j'espère que ce slash (mon tout premier, je suis émue !) restait crédible. J'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre mais p't'être qu'il est nul à lire...
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Abraxas [1]: CQAP - On ne parle pas ici du grand-père de Draco mais bien du traiteur et livreur sorcier de Cuisine du Monde, apparu dans CQAP.
Anniversaire de Seamus [2] : J'ai décidé, en accord avec moi-même, que Seamus était né le 10 octobre 1979 (si Hermione est née en 79, pourquoi pas d'autres ?!). Oui, c'est comme ça… Comme JKR n'a rien précisé...
