[MaJ Août 2021]

Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Et c'est reparti pour un tour ! Aujourd'hui, on s'intéresse à un personnage au passé trouble, sûr de lui et bien décidé. Décidé à quoi ? Vous finirez bien par le savoir ! vous en apprendrez également un peu plus sur les djeuns du côté obscur de la force...

En attendant, j'en profite pour, une fois de plus, vous remercier pour vos reviews, pour vos followings et vos favs et n'hésitez pas à me laisser vos commentaires, que je m'améliore, Par Salazar !

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Avertissement : Le contenu du texte ne reflète pas mes pensées mais celles du personnage... C'est valable pour tous les chapitres mais mieux vaut préciser, concernant des sujets "sensibles"...

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Bonne lecture et à très vite !


Chapitre 13 – Théodore

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Théo poussa doucement la porte numéro neuf du 57 de l'Allée Orageuse, espérant qu'elle ne grince pas sur ses gonds. Il arrivait avec déjà une bonne demi-heure de retard et ne souhaitait absolument pas se faire davantage remarquer.

Dès que l'entrebâillement fut suffisant, il se glissa sans bruit dans la salle et se laissa couler contre le mur. Devant lui, il comptait douze rangées de sièges dans lesquelles étaient installés des hommes et femmes de tous poils, serrés en rangs d'oignons.

Il repéra bien quelques sièges vides mais les rejoindre l'aurait obligé à déranger tout le monde. Glissant ses mains dans son dos, il s'appuya à la tapisserie d'un vieux vert anisé. Le public était pris d'un silence quasi religieux, à l'écoute d'Edgar Portarol.

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Portarol était, à proprement parler, LE nouveau leader de la Mouvance Nationaliste Sorcière de Grande-Bretagne. S'il arrivait, à l'avenir, à rallier assez de monde à sa cause, ce que la presse appelait ironiquement « La Grogne Silencieuse » [1] pourrait magnifiquement chambouler l'ordre établi. Théo en était persuadé.

Il avait un charisme suffisant pour lancer un mouvement de grande ampleur qui pourrait faire tomber le gouvernement Shacklebot et ses idées avant-gardistes saugrenues.

D'ici deux ans, il serait peut-être possible d'organiser de nouvelles élections et de remettre en place des valeurs sûres dans cette société sorcière complètement à la dérive.

Théo s'était toujours intéressé à la politique. Son père l'avait initié depuis tout jeune en l'amenant à des meetings, lui faisant lire d'abord des parchemins dépliants puis des Manifestes, l'obligeant à réfléchir au prisme des possibles, débattant encore et encore.

Peu conscient du fait que ses sources d'informations aient été subtilement orientées, il avait progressivement adhéré aux mêmes valeurs que son père. Il avait toujours de meilleurs arguments que les siens et il était tellement impliqué qu'il ne pouvait que suivre son exemple.

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Sir Nott était, en effet, un fervent militant de la Cause Sorcière depuis son plus jeune âge. Il avait d'ailleurs bataillé ferme, de sa verve légendaire, pour faire entrer le prédécesseur de Portarol au gouvernement, des décennies en amont.

Et s'il n'avait jamais pu être élu Ministre, évidemment, il avait tout de même obtenu le premier siège de son Parti au Magenmagot, sous le gouvernement de Bagnold [2].

Rapidement, d'autres membres du Parti l'avaient rejoint, investissant différentes instances gouvernementales alors que Fudge prenait la direction du Ministère. Lorsque Son Excellence, le Lord Noir, était réapparu, Sir Nott s'était montré extatique.

Rapidement, son père avait transmis son enthousiasme à Théo et il avait eu l'espoir de voir enfin naître le monde idéal qu'il imaginait. Le jeune garçon avait alors intégré rapidement la Jeune Garde Tabou. Là, il avait retrouvé Millie, Draco et d'autres fils et filles de Mangemorts prêts à embrasser La Cause.

Ils n'avaient pas eu énormément de missions avant d'être inclus dans le Cercle Principal mais, les adolescents qu'ils étaient avaient régulièrement menés des débats enflammés, élaborant des stratégies d'action pour les décennies à venir, une fois le Lord Noir au pouvoir.

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La seule règle de la Jeune Garde Tabou était qu'il ne fallait pas en prononcer le nom. Il en avait ressenti, comme les autres membres, une grande frustration, alors qu'ils ne désiraient tous que ardemment afficher leurs engagements à l'époque.

Obéissant aux règles de Son Excellence toutefois ils étaient restés discrets. Il en était allé à la fois de leur survie, le Lord n'étant pas encore à l'époque en état de grâce, et de la survie de la Cause.

La mise en place du plan d'action de Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom avait été un travail de longue haleine mais Théo s'était réjoui de l'arrivée d'Ombrage à Poudlard pendant sa cinquième année.

Bien qu'elle n'ait pas été officiellement ralliée à leurs rangs, les Jeunes Garde Tabou de Poudlard avaient pu profiter de sa présence pour créer la Brigade Inquisitoriale qui s'était avéré être, pour eux, une couverture parfaite pour recruter les Mangemorts de demain au sein de l'école de Sorcellerie.

Théodore avait mené son petit bonhomme de chemin, bon an mal an, jusqu'à l'été après sa sixième année où il avait eu l'honneur d'entrer dans le Cercle Principal.

Recevoir la Marque des Ténèbres n'avait pas été une partie de plaisir. Il avait même eu un mal de chien ! Il avait réussi, il ne savait toujours pas comment, à ne pas crier comme un damné au milieu des Mangemorts aguerris qui le regardaient être tatoué mais il avait eu beaucoup plus de difficulté à retenir les larmes qui avaient spontanément coulées de ses yeux.

Personne ne s'en était offusqué. Il n'y avait pas eu de moquerie ou de sourire goguenard, pas même de Draco qui avait pourtant la critique facile depuis son plus jeune âge. Ils en étaient tous passés par-là avant lui et savaient à quel point le marquage faisait souffrir le martyr.

Il s'était étonné également de ne pas avoir tourné de l'œil à la vue du sang s'écoulant de son avant-bras. Il se souvenait s'être dit qu'il était fou qu'un corps puisse en contenir autant. Il était encore plus fou qu'il ait pu y en avoir autant sur le sol sans qu'il n'y succombe, d'ailleurs.

Il avait eu de la fièvre pendant trois jours et avait dû garder le lit tout ce temps. Ce n'était qu'après, lorsqu'il s'était relevé, qu'il avait été intronisé officiellement et avait reçu sa robe et son masque. Les choses sérieuses avaient alors commencé.

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Lorsqu'il avait été intégré aux premières missions, il n'y avait pris aucun plaisir. Il n'était pas sadique. Tuer n'était pas un jeu. Jamais. Mais il n'avait pas la sensiblerie de Draco. Lui avait toujours pu encaisser d'assumer ses actes, barbares ou non.

Il savait sans aucun doute que la torture et la mort étaient un passage obligé pour que son rêve aboutisse et leur permette de renaître dans un monde meilleur, un monde porté par la magie et où les sorciers n'auraient plus à se cacher misérablement.

Il avait suivi les ordres sans broncher, prenant parfois des initiatives saluées par sa hiérarchie. Il était fait pour ce monde-là, fait pour lutter pour ses idées. Il ne regrettait rien. Aucun de ses actes.

Quand la bataille finale avait commencé, il était encore dans l'enceinte de Poudlard.

Accroché au bras de Pansy quand le Lord Noir avait pris la parole, ils s'étaient fait expulsés impérieusement de la Grande Salle par le vieux concierge de l'école et il n'avait pu s'échapper.

Sa fiancée, dans un état second, ne lâchait pas son bras, des mômes l'entouraient et il s'était toujours fait un point d'honneur de ne pas toucher aux gosses. Deux professeurs aguerris fermaient la marche. Essayer de s'enfuir aurait été suicidaire.

Millie, Vince, Draco, et d'autres avaient pu s'éclipser. Tout le temps où il était resté enfermé, il s'était demandé avec anxiété ce qu'il se passait. Il s'était inquiété pour son père et ses amis. Il s'était posé des dizaines de questions sur ce qui lui arriverait. Peut-être le prendrait-on pour un déserteur ?!

Et tout s'était terminé. Aussi vite que ça n'avait commencé.

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Il avait rejoint la Grande-Salle et s'était fait discret. Il avait rejoint Draco et ses parents qui, hébétés, lui avaient appris le décès de son père. Définitivement orphelin, Théo avait passé l'été l'angoisse au ventre, ne sachant pas ce qu'il adviendrait de lui.

Il avait eu à régler des milliards de démarches administratives, à répondre à des centaines de questions, à rencontrer des dizaines d'Aurors.

Il avait été préparé, au sein de la Jeune Garde Tabou, aux interrogatoires. Il avait anticipé qu'on puisse enquêter sur ses affiliations, qu'on le menace, qu'on le persécute. L'appellation du « Côté de la Lumière » le faisait bien rire ! Ils étaient aussi ripoux et malhonnêtes que les autres !

Il avait laissé son plan se dérouler. Il avait fait en sorte de reprendre une vie quasiment normale, faisant profil bas, conservant le contact avec ceux qui n'avaient pas trop peur des conséquences en le fréquentant ouvertement, s'inscrivant au programme d'Homologation A Distance d'Étude en Sorcellerie, comme ses anciens camarades.

Il avait suivi les procès successifs, ceux des Mangemorts de la première génération et ceux de la sienne. Les premiers étaient quasiment tous systématiquement condamnés à Azkaban, certains quelques années, d'autres à vie. Peu étaient passés entre les mailles du filet qui s'était abattu sur eux.

Il s'était demandé, à cette époque, si la peine de mort n'aurait pas été préférable pour les prisonniers mais le nouveau gouvernement avait répudié les Détraqueurs. Et, sans recourir à leurs baisers mortels, il savait qu'il était illusoire que dans ce gouvernement ils agissent comme des hommes et aillent au bout de leurs actes. Comme si la rédemption existait en ce bas monde !

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Millie et Greg avaient été condamnés, eux aussi. A vingt-cinq ans sans rémission possible pour elle, à perpétuité pour lui. Pourquoi eux avaient été soumis au Véritaserum et pas lui restait un mystère. Vince, de son côté, avait payé le prix fort en disparaissant au combat.

Blaise et Pansy, eux, n'avaient pas été inquiétés. Ils n'étaient même pas tatoués, c'était bien plus simple pour ceux qui ne s'étaient jamais vraiment engagés.

Il fut surpris, par contre, que Draco s'en sorte aussi bien. Bien qu'il ait peu participé aux raids, personne n'ignorait qu'il était l'instigateur de la disparition de Dumbledore ! Il n'avait pu avoir aucun détail de ce qui s'était dit au procès tenu à huis clos mais, il avait eu confiance en Draco.

Il s'était dit alors que lui aussi pourrait peut-être bénéficier d'une certaine clémence. Contrairement à tant d'autres, il n'avait pas réellement livré la dernière bataille. Personne n'avait à savoir que c'était contre son gré.

Son propre procès eut lieu le 25 mars 1999. Théo venait de recevoir les résultats de ses ASPIC, réussis avec brio, son mariage avec Pansy s'était déjà envolé depuis une éternité et il savait que les audiences du Magenmagot étaient la dernière épreuve qu'il devait traverser.

Les témoins s'étaient succédé, certains en sa faveur, d'autres moins, et les débats avaient duré longtemps. Toute sa défense reposait sur une supposée prise de conscience de dernière minute l'ayant conduit à se tenir éloigné du combat final. Et en la prière exaucée de ne pas l'obliger à boire la potion de vérité.

Le Magenmagot avait eu besoin de plusieurs jours pour statuer sur son cas. Il avait franchement douté d'arriver à berner tout le monde avec ses discours et pourtant, il s'en était très bien tiré finalement.

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Il avait écopé de six mois fermes à Azkaban. Six mois, ce n'était rien à son âge et, sans les Détraqueurs, ce séjour en prison avait été un parcours de santé, ou presque.

Il avait été placé dans l'Aile des Dévoyés, réservée aux jeunes de moins de vingt ans. Là, il y avait retrouvé Millie, Greg, d'autres Jeunes Gardes Tabou de son âge et quelques adolescents dont la réputation les précédait.

Il avait eu à suivre des cours Civimagiques, à raison de dix heures par semaine. Les autres aussi, parfois plus, parfois moins, chacun avait son propre profil.

Au bout de quatre mois, il avait offert ses services pour apprendre à lire et à écrire à deux jeunes condamnés d'une quinzaine d'années, sans réelle éducation depuis leur plus tendre enfance.

Cette initiative avait créé des émules et un certain nombre de prisonniers analphabètes ou illettrés avaient requis ses services.

Il s'était proposé, depuis sa sortie, pour venir une journée par semaine continuer à donner des cours bénévolement, ce qui avait enthousiasmé Eléonor Bolton l'utopiste qui cherchait à révolutionner la Justice Magique avec son programme de Rédemption Pénitentiaire.

Lui, il était gagnant sur tous les plans. Il aimait indéniablement transmettre son savoir et forger les esprits et il s'amusait beaucoup à donner des cours.

Cependant, s'il n'avait eu d'autres bénéfices, il aurait sûrement abandonné cet élan charitable dès sa liberté retrouvée. Il n'avait jamais été un grand altruiste ! Ce qui l'intéressait, par contre, était bien les bons points qu'il accumulait dans son dossier. Son Maginstructeur était absolument enthousiasmé par sa dévotion nouvelle.

Un autre avantage, et non des moindres, était qu'avec ces visites régulières, il touchait tout un pan de la population carcérale, avec la bénédiction du Ministère.

Des inconnus à embrigader, des partisans à remotiver, des amis à épauler. Il pouvait, tous, les former, les informer, et développer avec eux des plans sur la comète pour plus tard, après Azkaban. Ensemble, ils arriveraient sûrement à faire bouger les lignes en réformant la société toute entière !

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Depuis son procès, Théo portait, comme tous les condamnés, une Trace et elle n'était pas prête d'être un jour levée. Ses moindres mouvements étaient épiés et étudiés. Il devait, lui aussi, faire du LARD maintenant qu'il avait quitté la prison.

Il avait écopé d'un travail de manutention, au sein de l'équipe ROME ; La Reconstruction Outre-Magique Entreprizzz. Lui qui avait toujours été davantage intellectuel que manuel, il s'était alors dit que la vie était particulièrement ironique !

Bien qu'à contre-cœur, il s'acquittait cependant de sa tâche avec un dévouement et une ponctualité sans faille. Pas qu'il s'y soit jamais plu mais, sa réinsertion devait nécessairement en passer par-là. Par-là, et par les rencontres hebdomadaires avec l'agent Gomberg qui suivait son dossier.

Le plus frustrant pour Théo était probablement l'interdiction absolue de s'affilier ou de prendre part, à nouveau, à quelque mouvement politique que ce soit.

Il prenait de gros risques, d'ailleurs, en se rendant aux rencontres clandestines de Portarol mais il se sentait transporté quand il pouvait, enfin, entendre ses discours sérieux et participer même de loin aux débats enflammés.

Il se rendait bien compte que ces réunions ressemblaient davantage à de la propagande qu'autre chose, chaque convive étant trié sur le volet et déjà acquis à la cause mais, s'il ne pouvait se rendre aux meetings officiels, il refusait de raccrocher complètement sa baguette en tournant le dos à ses convictions.

Il avait des idées et il trouvait important de se battre pour elles. Même si la bataille n'était qu'intellectuelle. Il savait bien qu'un jour, il finirait sûrement par se faire prendre par des Aurors à la sortie d'une rencontre ou d'une autre. Ils n'étaient pas bêtes.

Ils découvriraient tôt ou tard l'existence de ces réunions clandestines. Il préférait simplement ne pas penser à ce qui lui arriverait quand on saurait qu'il contrevenait aux règles de sa condamnation.

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Théo applaudit avec le public à un bon mot de Portarol sur la dégénérescence du Ministère. Le Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques venait tout bonnement d'établir une série de décrets améliorant les conditions de vie des Lycanthropes, après deux ans de lavage de cerveau auprès du public.

Ses Monstres étaient désormais autorisés à être instruits, ce qui était déjà aberrant en soit, à se marier, ce qui était tout bonnement inadmissible, à se mélanger ouvertement à la population, ce qui était écœurant mais, pire que tout, un décret les autorisait dès maintenant à se reproduire, au mépris de toutes les Lois de la Nature.

Il y avait vraiment de quoi avoir la nausée et, évidemment, c'était là l'œuvre d'un Weasley, cette famille de dégénérés. Théo se souvenait très bien du plus jeune, celui qu'ils appelaient La Belette avec Draco. Il était entré à Poudlard en même temps qu'eux.

Il s'était entendu traiter de consanguin par cet imbécile mais lui se disait que, pour qu'il y ait autant de tares génétiques que dans cette famille de rouquemoutes, le plus consanguin des deux n'était probablement pas celui qu'il croyait. Il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il leur manquait une case, à cette famille d'amoureux des moldus.

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Ses pensées s'égarant au fil des couloirs de Poudlard, Théodore perdit le fil de ce que Portarol racontait. Il n'arrivait toujours par à croire ce qu'il se passait entre la Granger et Draco. Une soi-disant histoire d'amour dont la presse se repaissait inlassablement.

Parfois, il se disait que Draco était extrêmement malin et jouait un jeu parfait, sans fausse-note, pour réhabiliter son nom. La plupart du temps, il se disait juste qu'il avait retourné sa veste et il s'en sentait dégoûté. Vraiment.

Théo s'évertuait à essayer de reconstruire un scénario cohérent pour expliquer ce qui avait pu se passer dans l'esprit tordu du jeune Malefoy mais il restait bloqué dans une sorte d'obscurité.

La dernière année, avant la chute du Lord, il ne s'était pas étonné des réserves qu'avait eu Draco. Participer aux missions, mener des raids, torturer, n'était pas chose facile. Pour personne. Et le blond n'avait jamais été bien courageux.

Il fallait arriver à suffisamment compartimenter son esprit pour parer à la culpabilité d'ôter des vies. Il fallait avoir le cœur bien accroché et croire en ses convictions. Tout le monde n'en était pas capable et il n'en avait jamais voulu à ceux qui s'impliquaient moins que lui, tant qu'ils accordaient leurs convictions à leurs modes de vie.

Lorsqu'il y avait eu le procès du fils Malefoy, des doutes s'étaient insinués en lui. Tout le monde n'avait pas eu le loisir d'obtenir des audiences à huis-clos. Il appréciait Draco et avait, à l'époque, une certaine confiance en lui. Il avait aussitôt balayé ses craintes d'un revers de la main.

Pendant leur semaine d'ASPIC, Théodore avait docilement suivi ceux qu'il considérait comme ses amis quand ils s'étaient mêlés aux autres élèves. L'image qu'ils véhiculaient par cette simple entorse était trop précieuse pour passer à côté.

Il avait sondé Draco, essayé de voir la stratégie derrière la manœuvre mais il n'en avait rien tiré. Il s'était dit que ce n'était pas grave. Comme une erreur de passage, un moment de faiblesse, mais qu'ils rebondiraient après, quand tout ce serait tassé, quand ils auraient tous été jugés.

Quand il s'était vu parqué à Azkaban, Blaise et Draco lui avaient rendu visite au moins une fois par mois. Il avait été fier qu'ils ne lui tournent pas le dos et qu'ils assument leur amitié malgré les réticences du Magenmagot qui voyait leurs liens d'un mauvais œil.

Au fil des visites, il avait entendu parler d'un Gryffondor, puis d'un autre, puis d'un né moldu et d'une autre. Ils en avaient débattu violemment, s'insultant parfois, s'engueulant de plus en plus souvent.

A la fin de l'été, Théo leur avait fait savoir qu'il ne voulait plus de leurs visites. Elles étaient plus néfastes qu'autre chose. Il tenait à ses convictions. Et ce n'était pas Millie qui l'aurait contredit. Ils avaient fait bloc et les avaient sortis de leur vie. Les garçons, eux, n'avaient pas insisté.

A sa sortie de prison, il avait croisé Blaise une fois et avait accepté de prendre un thé avec lui mais il n'avait pas été consolé d'apprendre que rien n'avait changé. Que de nouvelles alliances se créaient, avec les Pseudo-Héros-de-Guerre, et qu'elles n'avaient rien de stratégique.

Il avait alors coupé les ponts. Définitivement.

Le bouquet était sans conteste arrivé lorsque les torchons qui servaient de journaux s'étaient emparés de rumeurs autour de la romance entre Granger et Draco.

Théo avait eu du mal à y croire mais les photos étaient assez parlantes pour ne pas laisser beaucoup de doutes. Et rapidement, il avait pu croiser ce nouveau couple au détour d'une rue, s'affichant fièrement.

Il était écœuré de la facilité avec laquelle le jeune Malefoy reniait leurs valeurs et bravait sa famille. Narcissa était à ramasser à la petite cuillère. Il le voyait bien, quand il allait donner ses cours à Azkaban.

Il s'arrangeait pour lui donner des informations en douce, ou des potions réconfortantes mais elle allait mal. Toujours plus mal. Davantage encore avec les difficultés qu'elle avait à voir son époux.

Et Draco, lui, semblait n'en avoir rien à faire. Toujours à s'afficher avec la parfaite Miss-Je-Sais-Tout, trahissant son sang, reniant père et mère.

Un jour, s'il le pouvait, Théo lui montrerait, ce qu'on faisait aux traîtres. Parce que désormais, à chaque fois qu'il pensait à Draco, il avait l'impression de recevoir un coup de poing dans l'estomac. A chaque fois. Trahison, incompréhension, écœurement, tout y passait.

Narcissa ne méritait pas ça. Aucune mère ne méritait ça. Et il savait de quoi il parlait. Lui, il n'en avait pas eu, de mère.


Verdict ? Que pensez-vous de ce Théodore, légèrement extrême ?

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« La Grogne Silencieuse » [1] : CQAP, voir l'épilogue pour se souvenir de quoi il en retourne !

Bagnold [2] : Millicent Bagnold est Ministre de la Magie de 1980 à 1990. Fudge lui succède en 1990, jusqu'en 1996. [Source : WikiHP].