[MaJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Aujourd'hui, nous nous arrêtons sur le cas de Ron, ses états-d'âmes et son quotidien... Forcément, on en saura également davantage sur un autre personnage devenu central dans la vie du rouquin...
N'hésitez pas à reviewer, surtout que ces trois chapitres, Luna, Ron et le suivant sont loin d'être mes préférés... Le début et la suite sont bien meilleurs au niveau du style d'écriture en tout cas (enfin, c'est l'impression que j'ai...). Concernant l'histoire et bien, c'est vous qui me direz à terme, si c'est ou non digne d'intérêt... ^^
Et comme d'hab, merci pour vos retours, n'hésitez pas à continuer, ou à commencer si ce n'est pas encore le cas, à me donner votre opinion et vos critiques !
.
Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 15 – Ron
.
Affalé sur une banquette du Puffapod's Grove, Ron jeta un regard circulaire à la salle. George avait décidé de fêter son anniversaire en grande pompe cette année. Peu importait que ce premier avril ait lieu un soir de semaine, il n'avait accepté aucun refus. De qui que ce fut.
Le cadet Weasley se demandait encore ce qu'il était passé par la tête de son frère bien que, finalement, il n'était plus réellement étonné de ses frasques. Depuis deux ans, chacun de ses anniversaires réservait son lot de surprises.
L'année précédente, George était allé rejoindre Charlie et avait passé une semaine entière de beuverie dans sa réserve de dragons avant de rentrer à Londres. Leur aîné avait eu les plus grandes difficultés à s'en remettre et en parlait encore aujourd'hui avec des tremblements dans la voix.
Si, encore, il n'y avait eu que des excès éthyliques… malheureusement, George s'était également entiché, là-bas, d'une dragonnière. Et leur histoire avait été aussi courte que dévastatrice. Principalement pour elle.
L'année d'avant, encore, il s'était retrouvé dans un plan sordide avec deux femmes de petites vertus qui lui avaient grassement fait les poches quand il s'était assoupi après un coït tragi-comique.
Ron aurait préféré ne rien en savoir mais son frère ne manquait jamais de lui raconter les détails les plus turpides de ses faits d'armes, s'il pouvait se permettre de nommer ainsi ses aventures nocturnes.
.
Avant la disparition de Fred, jamais George ne se serait conduit de la sorte. Jamais n'aurait-il manqué de respect à son prochain, homme ou femme, ou tenu des propos outranciers tels qu'il le faisait désormais. Mais avant de le perdre, jamais n'avait-il, non plus, ressenti le besoin constant de régurgiter sa vie comme maintenant.
En apparence pourtant George semblait toujours joyeux, avenant, un modèle de réussite. Dans les moments les plus intimes par contre il pouvait être abject, ne respectant plus rien ni personne, et surtout pas lui-même.
Les femmes, il les prenait et les jetait. L'amitié, il n'y croyait plus vraiment, sauf lorsqu'il était trop saoul pour se rappeler qu'il ne devait compter sur personne. Il ne voulait plus aimer.
L'amour, quel qu'il soit, celui qu'il éprouvait pour les femmes, celui pour les proches, celui pour la famille... l'amour gâchait tout. Aimer, c'était perdre. Et il ne voulait plus perdre personne.
Il avait décidé de ne plus rien ressentir. Plus jamais.
En public, il se montrait affable, discutait, riait, faisait semblant d'écouter mais surtout, il s'attachait à ne pas s'attacher, justement.
Ron savait, lui. Ils étaient toujours fourrés ensemble, au travail et en dehors. Il voyait bien comment réagissait l'autre. Ce qu'il montrait en façade et ce qu'il essayait de cacher.
Il l'avait entendu, aussi, après quelques verres de trop, lui dire ses quatre vérités. Lui dire à quel point il avait envie de brûler la chandelle par les deux bouts.
Peut-être pour vivre ce que Fred ne vivrait plus jamais, peut-être pour le rejoindre plus vite. Il n'était pas bien sûr mais Ron s'était alors fait une promesse. Il devait rester à ses côtés, pour le protéger.
Il laissait George déraper, souvent, mais était toujours prêt à le rattraper au besoin. Il savait au fond de lui que cette mission qu'il s'était imposée était vouée à l'échec. Il essayait, malgré tout, de la mener à bien. Tant bien que mal.
.
Ce soir-là, en observant la fête privatisée qui battait son plein, Ron se demandait, une fois de plus, ce qui avait bien pu traverser l'esprit de son frère pour s'imaginer que réunir tant de personnes, tellement disparates, en ce lieu, puisse être une bonne idée.
Il avait l'impression de se retrouver quelques années en arrière, au bal de Noël du Tournoi des Trois Sorciers. Avec quelques alliances incongrues en sus.
Quelques tables plus loin, sur sa gauche, Ginny riait aux éclats, serrée dans les bras de Harry, se moquant probablement de Dean qui, à quelques mètres de là, réalisait une abominable démonstration de la Danse des Boursoufs en trémoussant son popotin.
Seamus était accoudé au bar avec cet idiot de Zabini et ils semblaient se disputer allègrement les charmes de la nouvelle serveuse, cette jolie brune avec sa haute queue de cheval et ses jambes interminables.
La Parkinson boudait, assise sur un tabouret quelques mètres plus loin, les bras croisés sur sa poitrine, une moue dédaigneuse plaquée au visage, dévisageant quiconque s'approchait d'elle.
Hannah, derrière son comptoir, regardait George en secouant la tête tristement alors que lui hurlait de rire, pris en sandwich entre Angelina et une autre fille que Ron ne reconnaissait pas. Elles se frottaient lascivement à lui, probablement déjà bien trop éméchées pour leur bien.
Lee riait aux éclats, encourageant les filles dans leur démonstration d'affection et Olivier semblait déjà prêt à quitter les lieux. Il était évident qu'il avait passé l'âge de ces bêtises. Ce n'était pas pour rien que Bill était lui-même rentré rejoindre femme et enfant une bonne heure plus tôt, en soupirant.
Patricia, Keneth et bon nombre d'anciens camarades de George dont Ron avait oublié les noms dansaient, insouciants, bavardaient, se claquaient le dos et se séduisaient mutuellement, heureux de se retrouver aussi nombreux au même endroit, au même moment. Les occasions se faisaient rares, désormais.
.
Ron sentit sa banquette s'affaisser légèrement et aperçut du coin de l'œil son frère, Percy. Il secouait doucement la tête, ses courtes mèches rousses balayant son front alors qu'il s'asseyait à ses côtés.
- « On devrait peut-être lui dire de se calmer, tu ne crois pas ?
- Laisse-le s'amuser encore un peu. Il ne fait rien de mal...
- … pour l'instant.
- Pour l'instant. » Confirma Ron. « Ne t'inquiète pas, je veille sur lui.
- Oui... Je suis content de ne pas avoir amené Audrey. Tu ne la trouves pas étrange, toi, cette soirée ? »
Le cadet Weasley eut un sourire en coin, un peu désabusé et ses yeux se portèrent sur sa droite, involontairement.
.
Il essayait, depuis au moins trois-quarts d'heure, d'éviter ce coin précis de la salle. Il n'avait, réellement, aucune envie de voir le spectacle qui l'y attendait. Hermione, puisqu'il s'agissait d'elle, portait une robe lilas cintrée à la taille.
Une jolie robe qui ressemblait à celle qu'elle avait étrennée pour le mariage de Bill et Fleur, pensa le rouquin un peu nostalgique. Lors de la noce, il avait été tellement ému de la voir dans cette robe près du corps, elle, toujours adepte de tenues confortables, qu'il en avait bafouillé.
Aujourd'hui encore, à la voir aussi à l'aise avec son corps, son décolleté ouvert et ses genoux découverts, il se sentait frissonner. Bien sûr, leur rupture ne datait plus d'hier mais elle n'en restait pas moins la seule fille, la seule femme, d'ailleurs, qu'il n'ait jamais aimé.
Il avait tout fait pour ne pas la regarder. Il refusait de la voir aussi resplendissante aux côtés de Malefoy. Il ne trouvait définitivement pas normal qu'elle semble heureuse avec ce type, qui, sans aucune pudeur, arborait l'insigne de son ignominie sur son avant-bras, son haut noir à manches courtes ne cachant rien de l'indélébile Marque des Ténèbres.
Ron s'était contraint à les ignorer et avait très bien réussi jusque-là. Jusqu'à cette seconde précise. Désormais, il la voyait rire alors que le blond se penchait dans son cou. Il n'aimait pas ça. Ils n'avaient pas à se montrer leur affection publiquement, ainsi.
C'était vulgaire. C'était indécent. Ce n'était pas bien.
.
Ses yeux ne purent s'empêcher de quitter le visage trop heureux de la brune et dévièrent le long de son corps. Involontairement. Un autre automatisme. Le seul moyen que son esprit trouvait pour fuir le spectacle de leurs visages si proches, si heureux.
Plusieurs mètres séparaient sa table de la leur et, pourtant, Ron ne pouvait manquer la poitrine de Hermione, cette poitrine qui, avant, tenait parfaitement dans ses mains, se soulever rapidement, comme si elle venait de courir un marathon.
Il n'eut besoin que de quelques secondes pour se rendre compte de l'absence des mains de Malefoy au-dessus de la table et son regard continua de glisser. Presque contre sa volonté. Machinalement.
Il ne put pas rater cette main, trop pâle dans la lumière noire du Night-Club, qui s'aventurait tranquillement sous le tissu fluide, caressant la peau de la brune. Non, il ne le put pas.
Pas plus qu'il ne put s'empêcher d'imaginer la chair de poule de ses cuisses sous la pulpe de ses propres doigts. Et elle riait.
Elle riait en tentant de repousser la main intrusive et Ron se sentait bouleversé, ne sachant pas s'il devait être jaloux, outré, envieux ou écœuré du spectacle. Il était conscient, par contre, que cette scène n'aurait jamais pu se produire à l'époque où ils étaient ensembles.
Hermione n'était plus la même.
Avant, jamais elle n'aurait autorisé quiconque à la toucher ainsi, devant autant de monde. Elle ne l'aurait jamais autorisé, lui. Et pourtant, il n'avait aucun doute des sentiments qu'elle lui avait portés.
Elle l'avait aimé. Il le savait et rien ne pourrait jamais remettre cette conviction en question. Il n'en savait pas moins que jamais elle n'avait eu l'air de le désirer autant qu'elle semblait désirer Malefoy en cet instant.
Jamais elle n'avait eu cette pulsion quasi animale qu'il lisait dans ses gestes, dans ses mimiques et ses soupirs.
Ron commençait à respirer plus difficilement. Comme si l'air s'alourdissait. Comme si chaque inspiration était une épreuve à elle seule.
- « Tssss... Il y en a qui n'ont aucune tenue ! On n'est pas dans un lupanar, ici ! »
Surpris par cette évidence qui résonnait dans son esprit, il se tourna à nouveau vers Percy, hochant vigoureusement la tête pour approuver ses dires.
Son frère avait beau parler des démonstrations particulièrement explicites de George avec chaque donzelle qui osait croiser sa route, il ne pouvait qu'être d'accord. Son... ex... et l'autre Serpentard ne valaient guère mieux, présentement.
.
Ron ne retint pas Percy quand il lui indiqua en avoir assez vu et préférer quitter les lieux quelques minutes plus tard. Il ne put pas davantage s'empêcher de, de nouveau, tourner la tête vers sa droite aussitôt son frère parti.
Hermione et Draco avaient quitté la table mais il n'eut besoin que d'une fraction de seconde pour voir un éclat lilas poussé par une masse noire, assortie de cheveux trop blonds pour être honnêtes, passer derrière une porte de service.
Un instant presque hébété, il se sentit tout aussi vite nauséeux. Ou tout comme. Ils étaient dégoûtants. Tout bonnement dégoûtants. S'il ne s'était pas retenu, Ron serait bien allé les surprendre pour la traiter de pute.
Il ne pensait pas vraiment qu'elle méritait ce qualificatif mais il n'en était pas moins persuadé qu'une fille qui se respectait ne faisait pas ce qu'elle était en train de faire. Pas comme ça, pas avec autant de risques d'être surprise par n'importe qui.
.
- « Perce' est rentré !
- Je sais », répondit Ron en souriant à sa sœur qui s'affalait à son tour à ses côtés. Il continua en riant doucement « Il ne reste plus que nous pour empêcher George de jeter l'opprobre sur les Weasley !
- « Oh, ça te va bien de dire ça, RonRon ! Je te rappelle que tu ne faisais pas mieux il y a quelques années à lécher la poire de LavLav dans tous les coins de Poudlard !
- Aaaah ! La fougue de la jeunesse, sœurette !... Tu me diras, il y en a que la maturité n'a pas su arrêter... »
Ils hésitaient entre prendre un air moqueur, face à la foule s'éreintant sur la piste de danse, ou un faciès blasé des dérapages plus ou moins contrôlés des uns et des autres.
- « Don Juan n'est pas avec toi ?
- Il cherche Hermione » répondit Ginny en levant les yeux au ciel. Ce surnom restait un peu trop ironique à son goût. « Tu ne l'as pas vue ? »
Ron grimaça. Il aspira une longue goulée de sa boisson avant de rétorquer d'un ton sarcastique, sa paille toujours entre les dents,
- « C'est exactement ce qu'il fallait pour compléter le tableau ! Un plan à trois !
- Pardon ?
- Elle est en train de s'envoyer en l'air avec la fouine, 'Tranquille Méline' !
- Oh...
- Oui, oh ! Du coup, je suggérais qu'il les rejoigne ! Je suis sûr qu'ils s'amuseraient comme des petits fous maintenant qu'ils sont les meilleurs amis du monde !
- Ron ! » Averti Ginny, « Qu'est-ce qu'on avait dit ?!
- Oui, oui, je sais, on évite les sujets qui fâchent sur ton 'compagnon' ou mon ex. » récita-t-il en souriant, « n'empêche, je me serais bien passé de cette vision-là.
- … Je suis désolée Ron... »
Il haussa les épaules. Résigné.
- « Tu les as vraiment vus... enfin... tu vois ?
- Non... Juste s'éclipser par-là bas »
Les yeux fixés sur le pan de mur qu'il venait de lui indiquer d'un geste vague, Ginny garda le silence de longues secondes.
- « Je trouve que tu ne le prends pas trop mal, finalement...
- … Ouais... Je trouve aussi... de toute façon, je l'avais perdue bien avant que La Fouine entre en jeu...
- Peut-être qu'il serait temps de... tu sais... je ne sais pas... enterrer la hache de guerre...
- … Non, ça, je ne peux pas, Gin'... Ce n'est pas la Hermione que j'ai connue. La mienne se respecte plus que ça et...
- Ron », prévint sa sœur « Elle...
- N'essaie même pas, Gin'. Je ne veux pas savoir et je ne reviendrais pas en arrière. J'ai tiré un trait sur tout ça.
- …
- Mais, faudra pas qu'elle compte sur moi le jour où elle se cassera les dents. Et tôt ou tard, ça arrivera, avec un mec comme ça.
- Il... ne te fâche pas Ron mais... C'est plutôt un mec bien, finalement. Enfin... il n'a pas l'air si mal que ça, tu sais... il la traite bien…
- … Je sais surtout qu'on ressort de plusieurs années de guerre et de batailles et qu'on s'aveugle plus facilement. Son jeu, c'est de la poudre aux yeux. Et vous verrez, un jour. Vous verrez. Ce sera trop tard mais... »
Il laissa sa phrase en suspens. Il n'y avait pas besoin de mots. Ginny ne répondit pas. C'était inutile. Ce n'était que l'éternel même débat stérile qui tournait en boucle entre eux.
L'un disait noir quand l'autre disait blanc. Peu importait le nombre de fois où ils abordaient la question, ils savaient, tous deux, qu'ils n'avançaient pas d'un iota.
- « Allez, viens Ronnie ! Il est grand temps que tu rencontres quelqu'un ! » S'exclama alors la cadette en l'entraînant sur la piste de danse.
Verdict ? Que pensez-vous de mon Ronnie ? J'l'aime bien moi, ce gros bêta parfois un peu trop droit dans ses bottes et définitivement trop susceptible !
