[MaJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Hmmm... ça sent le Serpentard, par ici ! Draco apprend la vie aujourd'hui et nous fait part de ses découvertes et de ses interrogations... Enfin, en gros... Et comme je le disais la dernière fois, je ne suis toujours pas très très satisfaite de ce chapitre. Je trouve qu'il y a quelques bonnes bases pour faire un chapitre sympa mais je n'aime pas trop l'agencement que j'en ai fait... Brèfle !
Sinon, au risque de vous faire maronner (et mariner), je suis impatiente de vous présenter le chapitre de la semaine prochaine que j'aime beaucoup et qui (enfin, dirons certains) rentre davantage dans l'Histoire (avec un grand H). 'Fin... Vous m'direz ça lundi prochain... Trêve de blabla !
Enfin, si, encore un mot. Je vous remercie de lire mes gribouilles, comme toujours, surtout que vous êtes quand même assez nombreux. Du coup - favoritisme, bonjour - je remercie encore plus fort les 0,00001 pour cent qui reviewent ! Merci et ne vous inquiétez pas, vous pouvez continuer à me donner vos impressions, questions, critiques, je ne m'en lasse pas !
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Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 16 – Draco
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Draco se lança un sort de désillusion en quittant l'hôpital Sainte-Mangouste et transplana aussitôt. A choisir, il aurait préféré atterrir directement dans son salon pour retrouver la chaleur de son appartement mais il ne pouvait se le permettre, en plein après-midi.
Peu après leur aménagement, Hermione avait jugé bon de se lier d'amitié avec les moldues du dessus. Et évidemment, la brune refusait en bloc qu'il puisse les traumatiser en surgissant ici ou là, sans préavis aucun.
Au début, il râlait, légèrement désappointé par cette nouvelle contrainte. Au fil du temps, il avait cependant appris à apprécier cette nouvelle routine. Son point de chute préféré restait la petite allée verdoyante proche de Carmelite Monastery Gardens. La proximité de la résidence pour vieux moldus mabouls, la Alan Morkill House [1], permettait quelques libertés bienvenues.
Il pouvait en effet transplaner à tout heure du jour ou de la nuit. Il apparaissait et disparaissait sans se soucier des regards indiscrets. Le coin était tranquille et, pour tout dire, qui allait croire les élucubrations de personnes âgées connues pour leurs dégénérescences cérébrales et leurs propos incohérents ?
Pour rejoindre Kensal Road, il devait ensuite marcher près d'un quart d'heure d'un bon pas. Il aimait bien voir les moldus évoluer dans leur environnement urbain, telles des fourmis effrénées. Ils s'agitaient, courraient ça et là, criaient après les chauffeurs de bus, hélaient des tas de ferrailles sur roues...
Parfois, Draco se mettait à rêver qu'il utilisait, lui aussi, une de ces voitures. Certaines avaient réellement du cachet, surtout celles garées le long de sa rue. Et puis, il adorait entendre le bruit des moteurs vrombir et la conduite semblait réellement être amusante. Il avait de plus en plus souvent envie d'apprendre à s'en servir.
Hermione lui avait bien expliqué deux ou trois petites choses. Il fallait passer des vitesses pour avancer, il y avait des pédales pour embrayer, freiner et accélérer ou rétrograder, elles roulaient avec du pétrole raffiné et ce genre de choses mais, en réalité elle n'y connaissait rien. Elle aussi avait passé son adolescence à Poudlard, loin du monde moldu, et elle n'avait jamais appris à conduire.
Londubat et Loufoca savaient, eux, mais ils étaient tellement lunaires que Draco n'avait toujours pas réussi à se résoudre à leur poser la question. Et maintenant qu'ils étaient littéralement repartis à l'autre bout de la planète, il n'était pas près d'arriver à les convaincre de lui apprendre les rudiments de la conduite de ces voitures !
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En tout cas, il ne regrettait pas d'avoir cédé en s'installant dans le monde moldu. Leur relatif anonymat dans cette capitale grouillante leur garantissait une indéniable tranquillité d'esprit.
Bien sûr, leurs voisins moldus leur avaient rapidement attribué une réputation d'excentriques mais, en attendant, ils n'avaient toujours pas été découverts par les Matamagics et vaquaient quasiment librement à leurs occupations sans se sentir constamment épiés.
La première étape avait été de se trouver de faux patronymes. Ils n'avaient pas cherché à être originaux et avaient signé leur bail des noms de « Smith & Thornton ». En réalité, ils ne se souvenaient jamais lequel d'entre eux était supposé être Smith et qui était Thornton. Et à chaque fois que les voisins les interpellaient en utilisant leurs noms d'emprunt, ils oubliaient que c'était bien à eux qu'on s'adressait.
Ils ne réagissaient pas et ils avaient pris l'habitude de les entendre chuchoter sur leur passage, les traitant de poseurs arrogants autant que de lunatiques suffisants. Draco n'en était pas réellement affecté, finalement. Ces caractéristiques n'étaient guère différentes de celles que les sorciers lui attribuaient jusque-là.
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Rapidement, Hermione avait inscrit leurs nouveaux noms sur la boîte en fer du rez-de-chaussée, celle qui devait recevoir le courrier moldu. Et tout aussi rapidement, cette même boîte était devenue le sujet de conversation favori de la concierge de l'immeuble.
En effet, elle s'était rapidement aperçue que le facteur ne s'arrêtait jamais devant leur boîte pour y glisser des lettres et que ni lui, ni Hermione, ne vérifiaient jamais son contenu en rentrant du travail.
Par contre, elle les voyait souvent redescendre en début de soirée et récupérer de gros paquets emballés dans du papier kraft. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, trouvait ça louche et ne se cachait pas de souligner ses soupçons, affirmant, à qui voulait l'entendre, qu'ils n'étaient que des junkies.
Draco arrivait encore à se retenir de lui jeter un petit sort inoffensif pour qu'elle oublie de s'intéresser à eux mais il ne savait pas combien de temps il tiendrait. Et ce n'était pas comme s'il pouvait réellement lui expliquer leur arrangement avec le patron de chez Abraxas !
Avec Hermione, ils avaient très vite abandonné l'idée d'être un jour de grands Chefs cuisiniers. A la place, ils avaient souscrit un abonnement chez le traiteur sorcier, en toute discrétion.
Pour préserver leur anonymat, ils avaient laissé comme consigne aux livreurs de déposer leurs commandes dans la boîte en fer aux noms de Smith & Thornton. Le couple adressait directement un versement mensuel au traiteur depuis un compte confidentiel de Gringott's, leur permettant, toujours, de conserver le secret sur leur identité.
La création de ce nouveau compte, loin d'être une sinécure, les avait fait suer sang et eau. Heureusement, la brune conservait encore des relations, elle. Seul l'appui de Gripsec, un Gobelin redevable à la brune, avait permis la discrétion dont ils avaient besoin. En tout cas, depuis, ils laissaient beaucoup trop d'argent dans ces merveilleux plats préparés par le traiteur cosmopolite.
Pourtant, cela ne les empêchait pas de devoir, tous les mois voire, parfois, plusieurs fois par mois, partir en quête d'un supermarché ou d'une épicerie moldue.
Il n'y avait que peu de commerces à proximité de leur immeuble et se rendre dans ces magasins était toujours une expédition. Soit ils marchaient pendant bien trop de temps pour des pieds engoncés dans des chaussures de ville, soit ils devaient prendre le métro.
Primo, Draco n'aimait pas mettre des baskets quand il n'était pas à l'hôpital et deuzio, ce tube bizarre et grouillant de monde sous la terre le rendait systématiquement claustrophobe. Forcément, les courses devenaient rapidement une plaie pour le pauvre sorcier qu'il était.
Et puis, il avait beau faire, il ne concevait vraiment pas ce qui était super dans ces magasins qui n'avaient rien de marchés. Les marchés devaient être de plein air, présenter des étals et permettaient des négoces. Là, ce n'était pas le cas. Il ne comprenait d'ailleurs pas plus pourquoi Hermione s'acharnait à parler d'« épicerie ». Il le trouvait étrange, ce nom.
Les boutiques où elle l'amenait vendaient de tout, sauf des épices, justement. Il y avait bien ces choses en poudre dans de fins bocaux transparents mais, elles ne valaient réellement pas les vraies épices, celles qu'il pouvait trouver chez les sorciers.
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Aussi, à force de faire des courses et de vivre avec Hermione, il était, à son grand désarroi, devenu incollable sur l'hygiène féminine. Il aurait préféré s'abstenir évidemment mais, elle ne lui avait jamais réellement laissé le choix.
Avant elle, il ne s'était jamais intéressé à ces questions tribales. Jamais au grand jamais. Sa mère, Merci Merlin, avait toujours été d'une grande discrétion à ce sujet. Elle possédait sa propre salle d'eau et Draco n'avait jamais eu à côtoyer les objets de torture qu'elle utilisait sur elle, quels qu'ils soient.
Désormais, il avait parfois l'impression d'être devenu un expert ès sciences sur tout ce qui concernait les protections hygiéniques, les savons intimes ou l'épilation sorcière comme moldue. Ce qui ne l'empêchait pas, d'ailleurs, de continuer à grimacer à chaque fois qu'il se voyait traîner dans un rayonnage de ce type.
Il grignait d'autant plus que, dans ces mêmes rayons, se trouvaient d'autres atrocités, exposées les unes à la suite des autres sur des colonnes indiscrètes.
Dès le départ, il avait refusé de s'intéresser aux produits destinés aux hommes. A quoi bon utiliser un rasoir mécanique quand un sort permettait un rasage parfait assorti d'une peau aussi douce que celle d'un nouveau-né ? Par contre, il avait rapidement été intrigué par les boîtes aux couleurs aussi variées qu'attractives qui attiraient immédiatement l'œil, posées dans un coin.
Elles étaient parées de dessins, parfois celui d'un ballon oblong, d'autre fois d'un carré d'aluminium boursouflé par un petit cercle. Il en avait, un jour, saisi deux boites et s'était esquinté les yeux en tentant de lire les toutes petites notes inscrites au dos, curieux d'en comprendre l'usage.
Tout concentré à sa tâche qu'il l'était, il n'avait remarqué le ricanement de deux jeunes filles que lorsque celui d'Hermione s'était joint au leur. Elle s'était esclaffée en surgissant à ses côtés, avant de lui expliquer l'usage de ces ballons en latex.
Les traits de Draco s'étaient progressivement crispés à l'idée d'avoir à se « coiffer » d'un de ces trucs et le rire de la brune avait redoublé. Rapidement, il avait éloigné les boîtes de lui comme si elles étaient contagieuses et avait fait promettre à la brune presque en tremblant, de ne jamais au grand jamais l'obliger à enfiler cette création de l'Enfer.
Elle lui avait rétorqué, sans perdre sa bonne humeur, que tant qu'ils pensaient à prendre leurs précautions avec les protections magiques dont ils disposaient, ils n'auraient pas à utiliser de préservatifs. Il n'avait été soulagé que jusqu'à ce qu'elle ajoute, en riant, qu'il ne savait pas ce qu'il ratait. Certains de ces machins étaient, soi-disant, spécialement créés pour les jeux intimes.
Il préférait ne pas savoir. Encore moins depuis qu'il avait remarqué qu'il en existait des trop colorés, des striés, des granulés et d'autres phosphorescents. Les potions et les inventions du monde sorcier, déjà souvent assez tordues comme cela, lui suffisaient amplement !
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Si la corvée des courses était, en elle-même, une épreuve, le rapatriement de celle-ci jusqu'à leur appartement n'était pas moins source de contrariété. Draco avait beau continuer de penser qu'il serait beaucoup plus simple de réduire d'un sort leurs achats à la taille d'une boîte d'allumettes, Hermione insistait pour s'interdire toute magie dans le monde moldu.
Il ne pouvait que lui donner raison sur ce point. En effet, leur appartement était protégé par un entrelacs compliqué de sorts et permettait certaines libertés mais, au dehors, les mouvements répétés de magie les rendaient plus repérables parmi les moldus. Et plus vulnérables.
Ils en avaient été réduits à acheter un machin à roulettes pour entreposer leurs sacs et ne plus avoir besoin de les porter. Un « Kädi » ou quelque chose comme ça. Ce truc était pratique, c'était indéniable, mais Draco continuait à trouver ridicule de traîner cette machine derrière eux.
Il avait cédé, malgré tout, et allait régulièrement - trop à son goût - faire les courses avec ce « Kädi », en râlant pour la forme. Par contre, il était tout bonnement hors de question qu'il y aille sans elle. Elle, elle faisait ce qu'elle voulait. Mais il ne fallait tout de même pas exagérer ! Elle avait accepté ce veto facilement, cependant.
Ils savaient trop bien, l'un comme l'autre, qu'en allant aux courses seul, il y avait trop de risques que Draco, agacé par une de ces petites vieilles trop lente et trop bavarde ou par une bande de mioches trop turbulents, utilise sa baguette pour tous les Stupéfixer. Et puis il ne se rappelait jamais du taux de change entre l'argent moldu et sorcier.
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Dans ces moments-là, il se disait, souvent, que les deux Elfes de Maison de la famille Malefoy lui manquaient réellement. S'il avait appris à utiliser les sorts de ménage en un clin d'œil, il n'avait rien trouvé pour parer à la corvée des courses.
Il avait bien proposé à Hermione de tenter d'en rappeler un à leurs côtés, arguant qu'il pourrait, ni vu ni connu, remplir leur frigo et leurs placards sans qu'il ne soit obligé de vivre constamment avec eux mais rien n'y avait fait.
Déjà, elle lui avait confirmé ce qu'il soupçonnait déjà. Les Elfes avaient été libérés contre leur gré par le Magenmagot, juste après la Guerre. Il savait désormais de source sûre que Lucius, avant d'être enfermé à Azkaban, avait été contraint et forcé de leur offrir des vêtements et qu'ils avaient dû être embauchés ailleurs, depuis.
Dans une autre famille, c'était impensable pour un Elfe libéré mais probablement à Poudlard, comme Dobby, l'Elfe des Malefoy que Potter avait habillé des années auparavant. Où ils étaient allés dans un Orphelinat Sorcier. Ou peut-être même au Ministère.
Il n'en savait rien en fait mais la brune s'était tellement énervée et lui avait tant fait la morale quand il avait proposé l'idée qu'après, ils ne s'étaient plus parlés pendant une semaine complète. Et il avait encore abdiqué.
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Forcément, Draco avait beau s'adapter avec une étonnante facilité à cette nouvelle vie, il continuait, parfois, à se demander dans quelle galère il avait bien pu se fourrer en acceptant de suivre Hermione dans ce monde dénué de magie !
Il allait de découvertes en découvertes, c'était un fait ! Certaines étaient plus agréables que d'autres, c'était indéniable ! Et d'ailleurs, ce n'était même pas aussi désagréable que ce qu'il avait craint !
Sa nouvelle vie lui paraissait parfois spartiate, à lui qui avait été habitué à vivre dans le luxe et l'opulence mais, il s'y était habitué et ne la trouvait même pas étrange. Non, ce qui était étrange, il fallait bien le dire, étaient les moldus eux-mêmes.
Souvent, Draco avait l'impression d'évoluer dans un monde parallèle où il devait se compliquer bizarrement la vie en étant obligé, à chaque fois que les voisines étaient là ou quand ils étaient en présence d'un public, de prendre une éponge pour faire la vaisselle alors qu'un sort aurait pu régler l'affaire en dix secondes.
D'accord, il ne détestait pas faire la vaisselle, en fait. Il trouvait même que ça le détendait de mettre ses mains dans de l'eau chaude et mousseuse pour frotter les assiettes. C'était dépaysant, un peu comme être en vacances dans un pays étranger. Et puis, il aimait bien le four avec des ondes qu'il trouvait plutôt pratique et les machines pour le linge.
Oui, leur machine à laver était franchement marrante ! Surtout depuis que, avec Hermione, ils s'étaient accidentellement retrouvés contre la leur, puis sur elle, pendant la bagatelle. Elle vibrait juste comme il fallait quand elle était en marche.
Cela dit, il avait quand même l'impression d'être en représentation permanente, en jouant au moldu.
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Au gré de ses pérégrinations, Draco avait également découvert le phélétone, ce machin qu'on collait à l'oreille pour communiquer avec les gens, à distance. Il aurait bien aimé en utiliser malheureusement, il semblait bien que ces engins ne fonctionnaient pas avec la magie.
D'ailleurs, les voisines ne cessaient de se plaindre de la mauvaise réception qu'il y avait dans leur appartement. Hermione et lui s'étaient résignés et ne communiquaient que par hiboux inter-postés avec leurs proches. Ils trouvaient dommage de n'avoir aucun moyen plus discret mais ils n'avaient pas vraiment le choix.
Ils ne pouvaient définitivement pas créer une cheminée artificielle et continuer à garder leur anonymat. Créer un canal de communication demandait nécessairement à entamer de trop nombreuses démarches auprès du Ministère et des Services Postaux sorciers et, en moins d'une semaine, ils prenaient le risque que la terre entière sache où et comment les retrouver, ce qui était hors de question.
Finalement, ils se contentaient amplement de leurs boîtes postales respectives au service de Traitement du Courrier du Chemin de Traverse pour les courriers courants et Campbell pouvait traiter les urgences. Leurs proches, eux, utilisaient à foison les volatiles de tous 'poils'. C'était bien là où le bât blessait.
Ils agaçaient parfaitement le voisinage. Surtout cette maudite concierge qui ne pouvait s'empêcher de se plaindre, trop régulièrement, de la propension qu'avaient des chouettes et des hiboux à faire le pied de grue sur leur petit balcon, parfois pendant des heures. « Vous ne devriez pas les nourrir, vous savez, c'est aussi nuisible que les pigeons, ces oiseaux-là ! ».
Leur fonctionnement était loin d'être parfait mais Hermione et Draco s'en accommodaient. Ils passaient déjà pour des excentriques, dans leur quartier, avec leurs robes étranges, leur vocabulaire parfois incongru et les odeurs bizarres qui se diffusaient depuis chez eux quand ils se mettaient à fabriquer des potions. Ils n'étaient plus à deux ou trois hiboux près.
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A l'intérieur de l'appartement, sans les moldues du dessus, Draco aimait bien la vie qu'il menait avec Hermione. Elle n'était pas toujours facile à vivre mais ils arrivaient à se pondérer l'un et l'autre.
Elle parlait trop mais il la faisait taire d'un baiser. Il était maniaque mais elle s'évertuait à lui faire accepter qu'une pile de livres d'un mètre dix avait tout à fait sa place sur le sol des toilettes. Harry n'était plus venu les déranger à des heures indues depuis près de deux mois et le blond ne se lassait pas de sentir la peau d'Hermione frémir sous ses doigts.
Il n'aurait jamais cru que leur histoire tiendrait la route. Il avait pris ce qui venait presque en haussant les épaules. Il s'était dit qu'il laisserait les événements arriver, l'un après l'autre et qu'il aviserait ensuite mais, plus le temps passait, plus il se rendait compte que leur histoire fonctionnait presque sans fausse note.
Ils se disputaient de temps en temps mais ne s'engueulaient pas vraiment. Ils boudaient parfois, ils parlaient souvent. Il ne se lassait pas de la voir, de la sentir ou de la toucher. Ils acceptaient, tous les deux, de renoncer à certaines choses. Parfois à contre cœur d'ailleurs mais, finalement, ne le regrettaient pas.
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Draco poussa la porte du petit immeuble résidentiel en soupirant. Il n'était pas réellement un citadin, quand même. Les grands espaces verts lui manquaient.
Souvent, il avait seulement l'envie de prendre son balai et sentir le vent fouetter son visage, ce qui n'était pas chose aisée en habitant en plein centre-ville. L'avantage, par contre, est qu'il avait là un prétexte idéal pour se rendre régulièrement chez Blaise. Ils passaient alors des heures et des heures à voler, côte à côte, faisaient la course et finissaient affalés dans un champ ou à l'orée d'un bois.
D'autres fois, Draco partait simplement passer quelques jours à Lulworth Cove, écouter les vagues s'écraser sur les roches, marcher à flanc de falaise et sentir les embruns. Certaines fois, Hermione l'accompagnait et ils se croyaient en week-end. Ces journées-là étaient comme des pauses bienvenues et ils revenaient prêts à affronter de nouveau le tourbillon de la vie.
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Lorsqu'il glissa la clé dans la serrure et ouvrit tranquillement la porte, des éclats de rires l'accueillirent, suivis d'un tonitruant « Tonton ! Tonton ! ». Il eut un sourire en coin.
Draco avait beau être le cousin au deuxième degré du môme - ou quelque chose comme ça - sans Hermione, ils ne se seraient probablement jamais vus de leur vie. Mais le petit avait décrété qu'elle était sa Tata, alors, inévitablement, il s'était vu affublé du statut de Tonton.
Potter avait souvent grimacé au début mais il finissait par s'en accommoder. Forcément. En tant que parrain, Harry avait tout de même la meilleure place de pièce rapportée dans la famille recomposée de Teddy.
Le blond les rejoignit, narguant discrètement le Survivant, et s'installa en tailleur sur le tapis avec eux. « Regarde ! ». L'enfant, à quatre pattes au milieu des adultes, se concentra, plissant les yeux et crispant tellement son visage que ses joues rougirent aussitôt, une petite veine palpitant sur son front.
Ses traits s'allongèrent doucement, son nez et sa bouche se rejoignant pour former un museau pointu au bout duquel trônait une truffe noire et luisante. La peau de ses joues se recouvrit d'un mignon duvet de poils, comme son front puis l'ensemble de son visage.
Ils se trouvaient nez à nez avec la tête d'un bébé loup, souriant de toutes ses dents de lait, petites et carrées, incongrues sur cette bouille poilue. Le plus saugrenu était probablement qu'il avait gardé son corps d'enfant, ce qui rendait cette vision vraiment troublante.
Teddy se concentrait encore plus fortement sous les encouragements des adultes s'extasiant chacun leur tour quand, tout à coup, le derrière de son short s'agita brusquement, une queue touffue s'extirpant difficilement de sa couche.
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Ils applaudirent bruyamment et le petit, trop heureux de ses exploits, retrouva sa forme habituelle. Il se coucha sur le flanc, épuisé, souriant, observant les mines réjouies qui lui étaient adressées.
- « Oh ! Teddy ! Mon bébé ! » s'exclama Hermione
- « Ouiii ! Bravo ! Bravo ! » Renchérit Harry d'une voix enfantine, applaudissant dans ses mains et le faisant rire
- « C'est très bien mon Trésor ! Mais tu ne dois pas le refaire trop souvent, hein ! D'accord ! Ça demande beaucoup, beaucoup d'énergie !
- Écoutez-là, la rabat-joie ! » lança Draco dans un clin d'œil, Harry s'esclaffant à son tour.
- « Harry ! Ne te ligue pas contre moi avec lui ! Tu sais que j'ai raison ! Viens mon bouchon ! On va faire la sieste ! »
Hermione prit Teddy dans ses bras, laissant les garçons se moquer ouvertement de sa propension à trouver des surnoms ridicules au gamin.
- « Ta Belette est à l'entraînement ?
- Non », répondit le Survivant en levant les yeux au ciel, « elle voulait prendre un peu de temps pour elle, à la maison alors je me suis dit que j'allais venir vous embêter un peu
- Comme d'habitude », soupira le blond dramatiquement, un sourire pointant au coin de ses lèvres.
Verdict ? Vous aussi, vous avez envie d'adopter une fouine, de la prendre par la main et de lui apprendre la vie ?!
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Alan Morkill House [1] : Maisons de retraite londoniennes (au moins londoniennes, si ce n'est également d'ailleurs, ma culture ne va pas si loin) accueillant des personnes âgées atteintes de pathologies démentielles type Alzheimer et troubles apparentés.
