MàJ Août 2021

Note de l'autrice : Bonjour à tous ! Aujourd'hui nous nous penchons sur l'histoire de Harry. J'ai une affection particulière pour ce chapitre qui est bien torturé... Forcément, quand on est le sauveur du monde, on est plus perturbé que la moyenne... Et c'est toujours un peu plus compliqué, non ?

N'hésitez pas à réagir ! Je suis impatiente de savoir ce que vous en pensez !

D'ailleurs, j'en profite pour indiquer qu'une mini RAR anonyme (sscg) est dispo ici : https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 186030960 (slash) 1 (slash dièse) 186030960

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Avertissement : Cette fic est, je le rappelle, au rating M. Ce chapitre comporte un langage et des scènes explicites, notamment sans consentement, pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes (diantre, cette note ôte toutsuspens... ça me chafouine)

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Bonne lecture et à très vite !

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Chapitre 17 – Harry

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Harry venait encore de passer une de ces journées trop longues. De celles dont il avait régulièrement l'impression que jamais elles ne finissaient.

Il avait été convoqué au Ministère pour une série de rendez-vous tous plus ennuyeux les uns que les autres avec différents Hauts-Fonctionnaires.

Le gouvernement avait besoin de relancer l'enthousiasme de l'opinion publique, la morosité prenant définitivement le pas sur la ferveur des années passées. Kingsley se disait, bien à propos, qu'un coup de pouce du Survivant serait plus que bienvenu pour fédérer les foules autour de leur prochain projet de relance de la croissance économique.

Harry n'y était pas fondamentalement réfractaire mais, clairement, il n'y connaissait rien. Il était tout à fait capable d'applaudir l'édiction de lois améliorant la politique sociale, comme cela avait été le cas quelques mois en arrière lors de la parution du décret de tolérance lycanthropique mais l'économie, il n'en pipait mot.

Il avait eu l'impression de subir un lavage de cerveau particulièrement acharné ce jour-là, entendant parler de récession, d'offre et de demande, de biens et de services, de distribution des richesses, de taxations, d'agriculture, d'industrialisation, de mercantilisme, de rendement, d'avantages comparatifs, de demandes réciproques, de constantes et de variables, de... il avait surtout eu mal à la tête.

Sa migraine ne le quittait plus depuis le milieu de l'après-midi. Les mots et les concepts se mélangeaient dans un marasme brumeux et, la présence de l'horrible Skeeters à quelques mètres de lui à chaque fois qu'il s'était accordé une pause en vagabondant dans les couloirs du Ministère n'avait rien arrangé. Elle réussissait même à le retrouver lorsqu'il passait d'un Département à un autre par des passages secrets.

Cette femme avait un radar, il en était persuadé. Un radar à Élu !

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En arrivant chez lui, il croisa Mrs Anderson qui s'inquiétait de ne plus voir Ginny depuis plus d'une semaine. « Elle m'avait pourtant dit qu'elle passerait me voir pendant ses vacances... C'est dommage, je l'aime bien, votre petite femme... ». Il lui sourit tristement avant d'excuser sa compagne, une fois de plus.

Les pulsations dans sa tête s'amplifiaient à mesure qu'il montait lourdement les marches jusqu'à son appartement. Il savait déjà ce qu'il y trouverait. Ginny serait toujours en pyjama, enroulée dans ce plaid, qu'il ne pouvait plus voir en peinture, couchée en chien de fusil dans le canapé. Ou sur le carrelage de la salle de bain. Ou en train de faire ses valises pour repartir chez sa mère.

Il se sentait dépassé dernièrement. Il ne savait plus quoi faire pour la sortir de son état léthargique. Quand elle avait commencé l'entraînement avec les Harpies, en novembre dernier, ils avaient retrouvé un vrai semblant de bonheur. Au début. Comme une certaine insouciance. Progressivement, l'euphorie avait laissé place au quotidien mais là encore, ils semblaient parfaitement en harmonie à ses yeux.

Courant mars, l'entraîneur de Ginny lui avait appris qu'elle et ses coéquipières auraient des vacances imposées, à la fin du mois de mai, pour se requinquer pendant l'intersaison. Et elle avait commencé à déchanter.

Harry ne savait pas si c'était la perspective de se retrouver seule avec lui sans plus aucun prétexte pouvant détourner son attention de la crise qui les guettait ou si l'arrivée d'une nouvelle nièce en était la cause principale, l'expression de la joie de sa famille étant particulièrement bruyante. Sûrement un peu des deux.

Quelle qu'ait été la raison, depuis un mois et demi, il l'avait vue plonger progressivement. Elle souriait moins déjà, trouvait toujours un moyen pour qu'ils soient rarement seuls chez eux et avait moins le temps de discuter, de se poser et partager quoique ce soit seulement avec lui.

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Ses premiers jours de vacances, elle les avait souvent passés en pyjama mais, elle semblait encore faire des efforts. Elle se levait le matin avec lui et ils préparaient le petit-déjeuner ensemble.

Elle s'occupait quand il n'était pas là et le faisait taire d'un baiser quand il voulait être sérieux. Elle sortait même, certains soirs, voir son frère, une amie ou une autre.

Au bout d'une semaine, il s'était rendu compte qu'elle commençait à repousser les invitations pour mieux les oublier et, finalement, elle se retrouvait à passer ses journées enfermée entre leurs quatre murs.

Il ne s'aperçut pas tout de suite qu'elle laissait la maison végéter en son absence. Pourtant, plus d'une fois, il était rentré en plein après-midi pour la voir sur le canapé, un livre qu'elle ne lisait pas posé sur les genoux.

Désormais, il ne pouvait plus rater les bols du petit-déjeuner qui restaient jusqu'au soir à l'endroit exact où il les avait laissés le matin même. Pas plus qu'il pouvait ignorer la tâche de thé renversé qui avait séché sur le comptoir et en auréolait la surface. Ou le trognon de pomme oublié dans un coin, noircit de n'avoir pas bougé de place de la journée.

Depuis peu, elle avait abandonné l'idée même de faire semblant de lire et il la trouvait affalée ou allongée sur le canapé. Elle le saluait à peine et ne décrochait plus un mot ou presque de la soirée.

Le déclic semblait vraiment s'être opéré à la naissance de Dominique. Il avait été obligé de constater qu'il y avait un avant et un après la rencontre avec la petite sœur de Victoire.

Quand elle était née, Harry avait presque dû traîner Ginny par la manche pour qu'elle accepte de se rendre à Sainte-Mangouste. Sur place, elle avait salué Fleur et le bébé et avait souri à sa famille mais depuis, quand il rentrait chez eux, il la trouvait généralement prostrée quelque part.

Il lui proposait de sortir, d'aller voir ses parents ou ses frères, d'aller au restaurant, de se confier à lui. Rien n'y faisait. Il ne savait plus quoi lui dire ni comment lui parler.

Il esquissait des gestes de soutien mais n'y croyait même plus vraiment. Lui, il aimait la Ginny fougueuse, celle qui avait du caractère, qui criait et riait. Celle-là, il ne la reconnaissait pas. Il ne la comprenait pas.

Il savait bien qu'il y avait eu des signes avant-coureurs. Que déjà, un jour ou une nuit, certains mois en arrière, il l'avait trouvée accablée et en dessous de tout. Mais tout semblait différent alors. C'était ponctuel. Il s'était presque dit que c'était négligeable, que tout le monde avait des coups de mou, parfois.

Harry se sentait tellement perdu qu'il se mettait à chercher le moindre prétexte pour quitter l'appartement. Il lui en voulait, ce soir, de se laisser abattre une fois de plus. Il détestait la sentir si égoïste qu'elle ne voyait pas sa souffrance à lui.

Il s'en voulait et culpabilisait, tant de ses pensées qu'il ne maîtrisait pas que de son sentiment d'impuissance. Il trouvait ça trop dur, de vivre de cette manière. Il ne s'était pas tant battu pour en arriver là.

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Il passa la porte d'entrée en fermant les paupières, espérant se tromper, et la retrouver vive, un sourire accroché aux lèvres, pimpante et pétillante. Seulement, comme il s'y attendait, il la retrouva pelotonnée dans le canapé, les yeux dans le vide, son vieux sweater déchiré sur le dos qu'elle n'avait pas quitté depuis quatre jours, un horrible chignon lâche emmêlant ses cheveux ternis.

Il ne la salua pas. Il n'était même pas sûr qu'elle l'ait entendu rentrer, de toute manière. Il se dirigea directement dans la cuisine, d'un pas lent et lâcha bruyamment sa besace.

Il se servit un verre de Bourbiceberg qu'il avala cul sec les yeux rivés sur Ginny qui ne bougeait toujours pas, puis un second, qu'il engloutit tout aussi rapidement avant de s'appuyer des deux mains sur le comptoir.

Il voulait la faire réagir. Il le fallait. Il en allait de leur survie à tous les deux.

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Il retira sa veste de costume qu'il jeta négligemment sur un grand tabouret, desserra sa cravate et ôta les deux premiers boutons de sa chemise. Il enleva chaussures et chaussettes, profitant de la fraîcheur du carrelage sur ses plantes de pieds espérant vainement remettre ses idées en place.

Ginny ne cillait toujours pas. Rien. Atone, absente, comme morte. Passant sa main dans ses cheveux en soupirant, il avança d'un pas lent jusqu'au canapé avant de s'accroupir devant elle et de l'appeler doucement.

Elle ferma les yeux avant de détourner la tête du côté opposé. Harry déglutit, sentant comme un poignard s'abattre dans sa poitrine. Il avait tellement mal qu'il aurait pu en tomber à la renverse.

Il saisit le menton de la rouquine sans douceur, forçant son beau visage à se tourner vers lui.

- « Ginny, regarde-moi !

- Laisse-moi.

- S'il te plaît...

- …

- Regarde-moi, bordel »

Il n'aimait pas lui imposer ce qu'elle ne voulait pas mais il devait la faire réagir. Quand elle posa les yeux sur lui, il ressentit son vide. Son regard n'exprimait rien. Aussi inhabité que lorsqu'il était fixé au plafond, quelques instants plus tôt.

Il agrippa son épaule, l'obligeant à se relever et à se secouer.

- « Qu'est-ce que tu fais ! Laisse-moi.

- …

- Tu me fais mal, arrête », cria-t-elle en le repoussant.

Se relevant de toute sa hauteur, il saisit à nouveau son bras qu'il tira brusquement et lorsqu'elle fut debout, lui arracha son sweat-shirt alors qu'elle recommençait à se débattre.

- « Je peux plus Ginny, ça suffit. Tu vas te lever, tu vas prendre une douche et tu vas t'habiller !

- Laisse-moi tranquille ! Va-t'en.

- Tu m'emmerdes ! Tu entends ça ? Faut que t'arrêtes maintenant !

Elle résistait toujours lorsqu'il réussit à lui enlever son tee-shirt sale et qu'il laissa choir son survêtement à ses pieds.

Subitement gênée de sa quasi nudité, n'ayant plus qu'une vieille culotte lui recouvrant les hanches, son pantalon aux chevilles, Ginny croisa fermement ses bras sur sa poitrine. Pour se cacher, un peu, se protéger, sûrement.

- « Qu'est-ce que tu veux Harry ? Me blesser ? M'humilier ? Ça ne te suffit pas que j'aille mal ?

- Putain, mais qu'est-ce que tu racontes ? » souffla-t-il, incrédule, en faisant un pas en arrière.

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Il ne l'avait jamais vue aussi fragile, aussi déconnectée. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait dans sa tête torturée mais il n'en était pas moins hors de lui.

Elle se mit à pleurer, cachant son visage dans ses mains, les épaules voûtées et il ne put le supporter. Il avait trop mal, à la voir ainsi.

Il s'approcha d'elle et l'enlaça, lui murmurant de lui expliquer ce qu'il lui arrivait, qu'il avait besoin de comprendre pour l'aider mais aucun son ne franchissait les lèvres de la jolie rousse. Il continua, longtemps, désespérant de la faire réagir.

Lorsqu'elle retrouva un semblant de souffle, il éloigna légèrement leurs visages, pour ancrer ses yeux dans les siens. Elle gardait les paupières baissées, la tête rentrée dans les épaules. Elle avait presque l'air d'une enfant.

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Il souleva son menton pour l'embrasser doucement mais, elle le repoussa. Il saisit son épaule fermement et s'y agrippa encore, l'empêchant de se dérober.

Il maintint sa nuque avec sûrement trop de vigueur et franchit la barrière de ses lèvres, l'obligeant à le goûter, à être présente, à sentir qu'elle n'était pas seule, qu'il était bel et bien là. Il n'aimait vraiment pas l'obliger. Sa conscience n'aimait pas la forcer.

Ginny, c'était sa femme, sa compagne, son amante. Son corps, il l'aimait depuis si longtemps. Son âme, il la trouvait si belle. Mais, sa fougue, il ne la voyait plus.

Elle lui manquait. Terriblement. Tout se mélangeait, il n'arrivait plus à réfléchir clairement. Il entendait ses mots, qui lui disaient d'arrêter mais, c'était Ginny. Elle ne pouvait pas vraiment le penser. Il était à elle. Elle était à lui. Ils étaient ensemble. Il ne voulait que son bien. Il était là, pour elle.

Il était excité, en l'embrassant, de la sentir se débattre sous sa poigne. Une pensée fugace lui indiqua qu'il était horrible d'être attisé parce qu'elle cherchait à le repousser, plantant ses ongles dans ses bras, essayant de le faire reculer mais la pensée qu'elle était farouchement vivante, finalement, prit le pas sur ses vagues scrupules.

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Sans lâcher sa nuque qu'il contenait d'une main ferme, il caressa son flanc de l'autre, rejoignant sa poitrine ronde. Elle cherchait toujours à l'éloigner de lui, essayant de frapper son torse mais il ne s'arrêtait pas.

Il rejoignit son unique sous-vêtement et glissa un doigt sous le tissu cotonneux. Il effleura sa peau, l'obligea à accepter sa présence en explorant ses chairs. Elle continuait à se débattre faiblement mais cela lui demandait trop d'énergie. Harry était trop fort pour elle même s'il ne s'en rendait pas compte.

Il ne réfléchissait plus. Il se rendit bien compte que le corps de Ginny ne répondait pas vraiment à ses attouchements mais il était devenu tellement habituel pour eux, ces derniers mois, de devoir utiliser des lubrifiants qu'il trouvait presque que c'était normal.

Il retira sa main et repoussa Ginny sur le canapé, invoquant sans même chercher sa baguette le petit tube qui ne les quittait jamais pendant leurs ébats.

Il déboucla rapidement sa ceinture et déboutonna aussi vite son pantalon de toile. Il ne voyait pas les yeux de Ginny s'embuer. Il ne la regardait pas vraiment.

Il se pencha sur elle, embrassa la peau sous le lobe de son oreille et chemina jusqu'à son ventre en effleurant sa peau et ses seins, tout en entamant de lents va-et-vient sur sa verge érigée, l'enduisant de la substance huileuse de leur lubrifiant.

Il ne fit même pas attention au fait qu'elle avait arrêté de se débattre. Totalement. Il remonta dans son cou et y nicha sa tête alors qu'il prenait brusquement possession de son intimité. Il ne vit pas les larmes perler aux coins de ses yeux alors qu'il la pénétrait sans douceur, ignorant simplement la rudesse de ses propres coups de reins.

Il jouit, sans une once de plaisir, parfaitement conscient de s'être seulement vidé. Rien de plus. Il savait que c'était moche et ne comprenait même pas pourquoi il s'était laissé aller. Il se sentait juste complètement malheureux.

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Il se retira, gauchement, se relevant en ne sachant que faire de son corps. Il se sentait mal et les sillons humides toujours visibles sur les joues de Ginny n'arrangeaient rien.

Il comprenait, seulement, ce qu'il venait de faire. Que, contrairement à d'habitude, elle ne voulait vraiment pas de lui. Qu'il l'avait forcée.

Horrifié, il s'accroupit face à elle, avachie dans une position grotesque. Elle était obscène, affalée dans le canapé, les cuisses écartées, les bras ballants, le visage dénué d'expression.

Il la supplia de lui pardonner, soufflant des mots d'amour ponctués d'excuses qui semblaient plates et ridicules. Léthargique à nouveau, Ginny fixait un point derrière lui, semblant à peine respirer. Il avait l'impression qu'elle cherchait à se fondre au canapé, à ne plus exister.

Il la prit dans ses bras, la soulevant doucement, et la transporta à travers l'appartement. Il l'assit dans la douche, ôta ses propres vêtements froissés et se glissa derrière elle. Il laissa l'eau dégouliner sur eux et la lava, scrupuleusement, sentant des larmes lui monter aux yeux à son tour.

Elle se laissa faire, mollement. Elle le sentait frotter ses bras, son ventre, ses jambes et elle avait encore envie de pleurer. Elle en avait envie mais, ne s'en sentait même plus la force.

Elle se rendait bien compte qu'il évitait de toucher ses parties intimes, qu'il se sentait coupable et qu'il ne savait plus quoi faire. Elle savait qu'ils étaient malheureux et elle s'en voulait, de lui faire subir sa détresse. Elle ne lui en voulait même pas, à lui. C'était elle, la fautive.

Elle ne se supportait plus et ne souhaitait qu'une chose, qu'il se rende compte qu'elle n'était qu'une horrible personne. Qu'il ne méritait pas qu'elle partage sa vie.

Il avait besoin de mieux. D'une fille heureuse, d'une femme forte, d'une qui saurait être mère et lui offrirait l'avenir qu'il désirait. Elle, elle n'en était pas capable et elle lui en voulait de s'accrocher à elle. Il valait mieux. Il méritait mieux.

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Harry continuait à psalmodier des excuses à son oreille quand elle se retourna. Elle saisit brusquement la main du brun et la posa entre ses cuisses.

- « Qu'est-ce que tu … ? » Commença-t-il essayant de retirer sa main.

Elle la pressa plus fort en saisissant son poignet et l'embrassa violemment, mordant sa lèvre inférieure.

- « Baise-moi, Harry.

- Qu...quoi ? »

Jamais il ne l'avait entendue aussi vulgaire. Il la regarda, les sourcils froncés, incrédule.

- « Baise-moi », souffla-t-elle entre deux caresses de ses lèvres. « S'il te plaît. S'il te plaît, Harry... »

Il se sentait étouffer. Le poignard revenait à la charge et triturait sa poitrine. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait vraiment pas la satisfaire. Il ne comprenait rien.

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Ginny, elle, ne pouvait que s'en rendre compte. Il n'arrivait pas à répondre à ses baisers. Il restait désespérément mou, se tenait le ventre d'un bras dans l'espoir vain de faire cesser cette bizarre sensation de coups de poignard, son autre main perdue et immobile sur le vagin de la rousse.

Elle n'en tenait cure. Elle glissa ses fines mains sur la peau du brun, embrassa sa mâchoire, toucha son sexe indolent. Chacun son tour, se dit-il tristement.

Elle continua à le supplier et, les larmes de Harry se mêlant à l'eau de la douche qui ruisselait sur eux, il eut pitié d'elle. La situation était absolument pathétique alors il céda.

Il caressa ses bras laiteux et embrassa ses lèvres, pour la faire taire. Pour ne plus entendre ces mots dans sa bouche. Il l'allongea sous lui et embrassa son corps. Doucement, délicatement. Il ne voulait plus lui faire mal. Il essayait, du mieux que possible, de la satisfaire mais, ce n'était pas assez.

Ginny ne voulait pas de romantisme. Elle ne voulait pas qu'il l'aime. Elle ne voulait pas qu'il lui montre à quel point elle était précieuse. Elle voulait qu'il soit brusque, qu'il la maltraite, presque. Parce que c'était tout ce qu'elle méritait, elle.

Elle le griffa et mordit son épaule. Elle eut un sourire animal quand il montra sa douleur et le repoussa violemment. Elle l'obligea à se retourner et se frotta lascivement à lui. Elle appuyait fortement sur les épaules de Harry, plaquant totalement son dos au carrelage.

Elle soupirait impudiquement, lui susurrant des mots vulgaires, lui répétant qu'il devait la prendre comme il prendrait une inconnue dans un bar, comme une fille de rien. Il sentit son corps le trahir alors que son esprit lui hurlait de ne pas entrer dans ce jeu morbide.

Le sang recommençait doucement à affluer vers son membre et, avant-même qu'il ne soit totalement dur, Ginny s'en saisit pour le guider jusqu'à elle. Elle prit les mains du brun, les posa sur ses seins et chaloupa ses hanches avec force soupirs.

Elle criait, se mordait les lèvres, en rajoutait encore et encore. Il savait bien qu'elle faisait semblant et ça ne rendait cet étrange rapport qu'encore plus horrifiant. D'un coup de rein plus fort qu'un autre, leurs corps se dessoudèrent, sa verge ripant contre le ventre de la rousse.

Il eut un hoquet de douleur dont elle n'eut que faire, le prenant en main, prête à reprendre au même point. Sa voix ne fut qu'une supplique.

- « Arrête. S'il te plaît Ginny, arrête

- Tu ne peux pas me faire ça Harry, pas maintenant »

Il la laissa faire à nouveau, se sentant tristement débander. Il se trouvait vraiment trop pathétique. Tous les deux.

Il posa ses mains sur les fesses de Ginny, se redressa, collant leurs corps, l'invitant à enrouler ses jambes sur ses hanches et réussit non sans difficulté à se mettre à genoux.

Il la plaqua au mur de la douche derrière elle, brusquement, et la pilonna sans délicatesse, meurtrissant son dos contre les carreaux en céramique. Un coup, un autre et encore un.

Il sentait ses genoux s'écorcher sur le sol. Il était sûr que, s'il regardait, il verrait du sang dilué par l'eau s'écouler vers la bonde.

Elle, elle continuait à crier. Elle griffait son dos en l'incitant à la prendre plus fort, à lui faire plus mal. Sa tête cognait contre le mur et elle s'en foutait. Elle en rajoutait, même.

Il se vida. Encore une fois. Sans aucun plaisir. Encore une fois. Il se retira aussitôt et recula jusqu'au mur opposé, s'y appuyant, écœuré.

Elle se laissa glisser à genoux et, à quatre pattes sur le sol de la douche, laissa l'eau la rincer. Comme si ce simple geste pouvait l'absoudre de ses péchés.

Lui aussi, aurait aimé qu'on efface tout ce qu'il venait de se passer. Mais, ni l'un, ni l'autre, n'étaient prêt à recevoir une grâce quelconque.

En silence, ils se levèrent tour à tour, se séchèrent sans se regarder, se mirent en tenue de nuit et partirent se coucher, en se tournant le dos.

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Verdict ? Vous vous y attendiez ? A votre avis, qu'est-ce que ça laisse présager pour la suite ?