[MaJ Août 2021]
Note de l'auteur : Bonjour, bonjour ! Aujourd'hui, c'est Pansy qui nous permet de continuer à tisser notre histoire. C'est un chapitre (que je trouve) rapide, pas parce qu'il est plus court que les autres mais parce qu'il se lit plus vite que la moyenne, peut-être... Il est plus léger que le précédent, dans la forme et dans le fond... En tout cas, il ouvre sur pas mal de pistes pour les chapitres suivants...
Petite précision parce qu'il n'est pas toujours évident pour ceux qui ne font pas trop attention aux indices temporels, de se repérer dans la chronologie mais il y a une logique... Depuis le chapitre 13, c'est un chapitre = un personnage = un mois (de l'année 2001). "Hannah" se passe en janvier, "Théo" en février, "Luna" en mars et ainsi de suite. Le chapitre Harry II concernait donc le mois de juin et l'action de celui-ci se passe en juillet...
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N'hésitez pas à me faire part de vos spéculations et de vos critiques suite à votre lecture ! Ça m'embêterait de me fourvoyer sans que personne ne me prévienne de la mauvaise route entreprise ! ^-^
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Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 18 – Pansy
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- « Ce n'était donc pas une légende ! »
Pansy qui se tenait accroupie devant son fils releva la tête brusquement, évitant de justesse un torticolis fulgurant. Elle ne s'attendait pas à le voir la surplomber de toute sa hauteur alors qu'elle s'évertuait - vainement semblait-il - à faire accepter à Ashley de garder ses maudites chaussures aux pieds.
- « Voilà donc ton petit bâtard ! »
Elle retint un hoquet de surprise et agrippa le bras de son fils, le rapprochant d'elle instinctivement. L'homme se baissa à son tour. Il s'accroupit, croisant les bras sur ses genoux.
- « Je ne vais pas le bouffer, ton gosse ! ». Il tendit une main nonchalante. « Salut toi. Je suis sûr que ta maman a oublié de te parler de moi ! »
Ashley regarda cette grande main tendue vers lui, curieux. Il fit mine de s'en approcher mais Pansy ramena son fils vers elle à nouveau.
- « Qu'est-ce que tu veux ?
- Je suis ravi de te voir, moi aussi ! »
D'un regard furieux, elle se releva, prenant le petit dans ses bras.
- « M'man ?
- Ce n'est rien Ash', on s'en va !
- Le prend pas comme ça, Pans', on peut discuter, non ?
Se retournant vivement vers lui, elle lui redemanda ce qu'il désirait.
- « Mais rien, enfin ! Je t'ai juste vue là et j'ai eu envie de te parler, c'est tout !
- …
- On a failli se marier, j'ai bien le droit de me préoccuper de ce que tu deviens, non ?
- …
- Je ne me rappelais pas que tu étais aussi bornée !
- …
- M'man ?
- Attends, Ash' »
Pansy déposa son fils au sol, tenant fermement sa petite main pour qu'il ne coure pas aux quatre vents. Elle était troublée. Plus que ce qu'elle n'aurait imaginé. Elle reprit d'un ton las, se surprenant elle-même.
- « Je vais bien Théo...
- Tu as l'air fatiguée...
- Je suis nouvellement roturière et mère célibataire. Tu t'attendais à quoi ?
- …
- M'maaaan ?
- Oui, on y va Ash'.
- Attends ! Tu ne veux pas boire un thé, pour se rappeler du bon vieux temps ?
- Du bon vieux temps ? Tu veux dire la guerre, la violence, les humiliations ? Tu veux parler de quoi exactement Théo ? De Vo... Voldemort ? »
Ils frissonnèrent de concert quand elle osa le défier en prononçant le nom du Lord Noir, presque dans un murmure.
- « Non. Non. Bien sûr que non ! Je ne pensais pas à cette période précisément... Juste, tu sais, prendre des nouvelles, essayer de renouer...
- Pour quoi faire, Théo ? Tu voudrais reprendre où on s'était arrêtés ? Comme si tout ça n'avait pas existé ?
- … Non mais je,
- Tu espères quoi ? M'épouser comme c'était prévu ? Adopter Ashley ? Le faire passer pour ton fils ?
- Non, ce n'est pas,
- Alors quoi ? Qu'est-ce qui t'amène à venir voir la pute Parkinson ? » cracha-t-elle un ton plus bas. « Parce que tu crois que je ne sais pas ce qu'on murmure derrière mon dos ? Tu crois que je ne sais pas ce que racontent ceux qui se disaient mes amis ?
- Pansy, je n'ai jamais pensé que tu étais une... enfin, ça. Je tiens à toi. On allait se marier, je t'estimais je... je me suis juste dit que ce serait bien d'avoir de tes nouvelles, maintenant que ta famille n'a plus à avoir peur que tu me parles. C'est tout.
- … Je suis désolée, Théo. Je crois que je suis un peu à cran, en fait.
- Je peux réitérer ma proposition, alors ?
- … Peut-être. » osa-t-elle répondre doucement après une hésitation. « Peut-être que ce serait bien qu'on aille prendre un thé, un jour. »
Toujours un peu dubitative, elle sortit cependant un bout de parchemin. Elle ne risquait rien, finalement, en y griffonnant le code d'accès à son réseau de Cheminette. Elle lui tendit le palimpseste en essayant de répondre à son sourire, incertaine.
Elle baissa ensuite les yeux sur Ashley qui, bien décidé à jouer au sauvageon, avait encore ôté ses petits souliers et s'agrippait fermement à sa robe qui traînait au sol. Dans un soupir, elle les ramassa d'une main avant de reprendre le garçon dans ses bras. Ils étaient vraiment trop en retard pour qu'ils marchent jusqu'à la prochaine Cheminée Publique.
Après un dernier regard à Théo qui glissait, l'air songeur, le parchemin dans sa poche, elle lui tourna le dos et s'éloigna à pas rapides.
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- « Je suis désolée d'être en retard ! » s'exclama Pansy en époussetant les restes de suie accrochés à ses vêtements. « Ashley refuse de garder ses chaussures plus de cinq minutes d'affilée et... » elle se pencha vers Draco pour que lui seul entende « … j'ai rencontré Théo !
- Oh ! » ne put-il s'empêcher de s'exclamer « Grang' ma belle ? Tu peux t'occuper d'Ashley un moment ? »
Elle acquiesça et attira le petit contre elle pour un énorme câlin alors qu'il protestait en riant aux éclats « Nan ! Nan ! ». Teddy se joignit à eux en tapant dans ses mains tandis que Victoire s'exclamait « Et moi, et moi ! », désireuse, elle aussi, de chatouilles.
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- « Qu'est-ce qu'il voulait ?
- Je ne sais pas... Prendre de mes nouvelles ?
- …
- On s'est croisé par hasard, dans le parc à côté du Chaudron Baveur... Il avait l'air... sincère... enfin, je ne sais pas...
- Tu lui as dit que tu étais en route pour la fête d'anniversaire d'une énième Belette, en compagnie d'un orphelin mi loup-garou, mi métamorphomage, d'une Sang-de-Bourbe, de Saint-Potter et de traîtres à leur sang tels que Blaise ou moi ?
- … Non, évidemment...
- Évidemment...
- J'aurais cru qu'il me cracherait dessus le jour où on se recroiserait, après tout ce qu'il s'est passé mais... je ne sais pas quoi en penser, Draco. On devait se marier.
- Dans une autre vie, Pans'.
- Oui... »
Il la regardait froncer les sourcils et il pouvait presque voir toutes les questions qu'elle se posait défiler dans ses yeux qui, eux, n'arrivaient pas à se fixer sur un point précis.
- « Tu as envie de le revoir ?
- Qui ça ? » Interrompit une nouvelle voix qui les fit sursauter de concert.
- « Mêle-toi de tes fesses Potty ! »
Harry, qui venait d'entrer dans cellier de la Chaumière au Coquillage où ils avaient trouvé refuge, haussa les épaules et récupéra deux packs de Bièraubeurre. Lorsqu'il s'apprêta à repasser la porte en sens inverse, il leur adressa une grimace ridicule en criant,
- « Miooooone ! Ton chéri il fait encore des cachotteries avec Parkinson ! »
Draco haussa les sourcils, dépité, lui lançant un « Très mature, Potter, vraiment très mature ! », celui-ci s'enfuyant dans un éclat de rire. Il avait au moins eu le mérite d'amener momentanément un sourire sur les lèvres de Pansy.
- « J'en connais un qui va avoir mal au crâne, demain, s'il continue sur cette lancée !
- Ne change pas de sujet, jeune fille ! Tu comptes le revoir ?
- Je n'en sais rien, Draco ! On était 'juste' destinés à finir notre vie ensemble, ça ne s'efface pas d'un coup de baguette magique quand même !
- … Tu étais vraiment amoureuse de lui, alors ? » Demanda-t-il, étonné.
Pansy haussa les épaules en se mordant l'intérieur des joues. Elle faisait souvent ce geste lorsqu'elle était gênée, créant une fossette sur sa pommette gauche, comme lorsqu'elle souriait.
- « C'était... facile, avec Théo.
- Ce n'est pas forcément mieux, quand c'est facile...
- Hmm...
- Et Pans'... N'oublie pas qu'Ash' reste un bâtard... Je doute que Théo ait changé au point d'accepter ça.
- Tu es vraiment obligé d'utiliser ce mot, Draco ?!
- C'est celui qu'il utilisera, comme tous les autres. Il faut bien que tu l'entendes pour ne pas te laisser démonter !
- Je sais mais c'est mon fils ! Mon fils ! Ce n'est pas un bâtard ! »
Draco la prit dans ses bras alors que les larmes montaient aux yeux de la jeune femme.
- « Tu dois t'en foutre, Pans', de ce que les gens disent. Il faut que tu t'en foutes ! C'est un bâtard, t'es une garce, je suis un enfoiré et Blaise est un queutard. On s'en fout. Rien ne nous atteint. Tu entends. Jamais. »
Elle rit doucement, se mouchant presque dans la chemise du blond.
- « On est invincibles, c'est ça ?
- C'est ça Pans', on est invincibles. Alors maintenant, tu sèches ses larmes qui n'ont rien à faire là, tu redresses tes épaules, tu lèves la tête et tu restes fière. Capitche ?
- Capitche. » confirma-t-elle en essayant d'avoir l'air convaincue.
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Ils rejoignirent le salon qui grouillait de monde, des dizaines de gosses courant en riant bruyamment de tous les côtés, de petits groupes d'adultes disséminés à droite à gauche papotant gaiement. C'était vraiment une joyeuse foire d'empoigne d'où dominait le roux.
Blaise, surgi de nulle part, s'agrippa aux épaules de Pansy
- « Sauve-moi ! Sauve-moi Pans' ! Les Weasley ! Ils sont partout ! Ils veulent ma mort ! » Ignorant son éclat de rire, il continua « Sérieusement, les gars ! Vous m'avez abandonné au milieu de ces...
- Tu dramatises pas du tout, bien sûr... » Fut-il interrompu par Hermione qui se tournant vers Draco continua « Alors, comme ça, il paraît que vous complotiez dans un coin sombre ? »
Pansy se mordit la lèvre, arborant une moue de petite fille prise en faute tandis que le blond prenait un air innocent, absolument factice. La Gryffondor, jouant leur jeu, fronça les sourcils en posant les mains sur ses hanches.
Elle n'était pas de taille à tenir ce rôle de mégère jalouse et possessive bien longtemps, surtout pas quand le blond se mettait à fourrer brusquement sa tête dans son cou. Il avait toujours le don de la faire frissonner en toute circonstance.
Il la fit pivoter sur elle-même et se colla à son dos, enlaçant sa taille, sa tête reprenant sa place au creux de son épaule.
- « Weasley est là ?
- Lequel ? Tu vas devoir être un peu plus précis aujourd'hui ?
- À ton avis ? Y'en a pas trente-six avec qui nos rencontres sont compliquées ?
- Là », désigna Hermione du menton.
Pansy s'éloigna à la recherche d'Ashley. Ce n'était pas que leur conversation ne l'intéressait pas mais... si, finalement. Elle se désintéressait complètement de leur conflit avec le plus jeune des fils Weasley.
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Sortant dans le jardin, elle trouva son bébé à cheval sur un balai qui paraissait immense entre ses petites jambes potelées.
- « George Weasley ! Qu'est-ce que tu fais par Salazar !
- Oh, oh ! Je crois que la fête est finie, Ash' !
- Non mais ça va pas ?! C'est un bébé, Nom d'une Citrouille ! Et toi, tu le laisses faire ? » s'indigna-t-elle en pointant Harry du doigt.
- « Hey ! »
Elle n'en avait cure de passer pour une mère surprotectrice. Son fils était vraiment trop jeune pour monter sur un balai, quand bien même ce balai était celui de Teddy.
Du haut de ses trois ans, il faisait ce qu'il voulait mais Ashley arrivait à peine à monter et descendre des escaliers tout seul !
Et ce n'était pas parce qu'il n'était qu'à quelques centimètres du sol seulement ou qu'un adulte retenait les brins de l'engin, l'empêchant de s'éloigner vraiment, qu'elle allait être rassurée ! Cet adulte-là était loin d'être responsable, pas plus que ne l'était Celui-Qui-A-Survécu, semblait-il !
- « Vous n'êtes que des imbéciles ! Qu'est-ce qui m'a pris, par Salazar, de fréquenter des gens comme vous ?
- Ooooh ! Tu me fends le cœur » s'exclama Harry en la contournant pour entourer ses épaules, s'appuyant sur son dos.
Elle leva les yeux au ciel mais ne put empêcher un léger sourire d'incurver ses lèvres.
- « Je voudrais bien faire semblant de croire que tu es responsable si tu n'étais pas déjà à moitié pompette alors qu'il n'est même pas encore l'heure du goûter !
- Ooooh ! Je vais te dire un secret » lança Harry subitement.
Il l'amena à l'écart en la tirant par le bras, mimant exagérément la scène d'une confidence. Elle se laissa faire, en haussant un sourcil, après avoir lâché Ashley qui partit en courant vers l'intérieur de la Chaumière.
- « J'ai une bonne excuse pour picoler !
- Tu m'en diras tant !
- Je vais être papa ! Alors fallait bien ouvrir l'Hydromel, tu vois ! »
Pansy écarquilla les yeux alors qu'il lui offrait un sourire resplendissant, bombant le torse, fier comme un hippogriffe.
- « Tu veux dire que... »
- « Mais tu dis rien, hein ! » s'exclama-t-il après avoir hoché vigoureusement la tête en signe d'approbation. « C'est le tout, tout, tout, début ! On n'est pas censé le dire déjà !
- Tu es un idiot Potter ! Tu te rends compte que je ne suis pas exactement la première personne à qui tu aurais dû en parler ?
- Meuh non, t'es bête ! Je l'ai déjà dit à Hermione, quand même. N'importe quoi !
- Je vois... Et combien d'autres personnes connaissent déjà la bonne nouvelle ?
- Personne, j'te dis ! C'est un secret ! Chhhht !
- Tu restes un idiot de me l'avoir dit ! »
Harry reprit son sérieux et déclara solennellement, en secouant son index devant le visage de la brune.
- « Tu sais garder un secret, toi ! Personne sait qui est le papa d'Ashley ! Tu vas garder mon secret, comme le tien !
- Ah, Potter, Potter, Potter ! Je sais garder MES secrets, ce n'est pas pour autant que je garderais les tiens ! Qu'est-ce que j'y gagne, hein ?
Elle avait beau sourire, Harry ne savait pas sur quel pied danser avec elle. Il n'arrivait jamais à déterminer quand elle plaisantait et quand elle était sérieuse. Elle gardait, comme dans leur jeunesse, cette attitude un peu précieuse, son nez droit relevé bien haut, dans cette position hautaine qui la rendait incroyablement réfrigérante.
Ses cheveux presque noirs, coupés en un carré plongeant toujours impeccable lui donnait cet air sévère mais diablement affriolant en même temps. Elle avait un petit air de dominatrice polissonne dont elle n'avait pas conscience mais qui le déstabilisait toujours.
- « Ne t'en fais pas, imbécile, je serais une tombe ! Tu peux recommencer à respirer ! » lança-t-elle en riant avant de repartir à la recherche du chenapan qui lui servait de fils.
Verdict ? Vous avez aimé les relations entre Serpentards ? Quelles hypothèses avez-vous pour la suite ? Je ne doute pas que vous vous posiez quelques questions concernant les événements du chap précédents et les révélations à la fin de celui-là. Vous souhaitez proposer vos spéculations ? ^-^
